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Gangsters d'Amour

En pensant à Jeff…

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Masque obligatoire et espace entre chaque siège afin de respecter la bulle familiale, lors du concert des Gangsters d’Amour, ce samedi, à la ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve.

Un bref historique, d’abord. En 1978, le regretté Bodart avait fondé Aphrodisiax, un groupe au sein duquel militait Jean Castin, un copain d’école de votre serviteur, à la basse. A l’actif de ce combo, un single pop/punk autoproduit. Chanté en français, il s’intitule « Sexe Symbole ».

C’est en 1982 que Jean-François Bodart, surnommé Jeff, forme Gangsters d’Amour. Le patronyme de la formation est tiré d’une chanson de Starshooter, groupe mythique de la scène punk lyonnaise des années 80, auquel Jean-François voue à l’époque un véritable culte. L’aventure va durer de 1982 à 1992. Soit dix ans, au cours desquels Gangsters d’Amour va publier deux albums et une dizaine de singles. Puis Jeff entame une carrières solo ponctuée de cinq elpees, en l'espace de 13 ans. Victime d’un accident cérébral, il décède en mai 2008.

Les Gangsters d’Amour étaient réputés pour leur énergie communicative. Les musicos se produisaient sur scène en costume croisé, borsalino et chaussures deux-tons. Sous la formule d’un big band, ils pouvaient compter sur le soutien d’une section de cuivres et de danseurs-choristes (Los Drogenbos).

En 2019, Louis Petyt, le fils de l’ancien claviériste, décédé il y a vingt ans, propose aux anciens camarades de son paternel de remonter le groupe et de repartir en tournée. 10 membres répondent présent, dont le bassiste originel Pep Romeo. Trompettiste, Louis s’est intégré à la section de cuivres à laquelle participe également le tromboniste Henri-Olivier Pector et l’autre trompettiste Vince Roméo. Vincent Warin se charge des percus, Jean-Marc Pitance des drums, Pierre Gillet des claviers, de l’accordéon et de la gratte semi-acoustique et Daniel Lenoir de la guitare électrique. Parmi Los Drogenbos, on retrouve Cédric aux chœurs, alors que le lead vocal est dévolu à l’acteur Philippe Résimont.

Le set s’ouvre par « Panne De Secteur ». D’emblée, les ‘ouah !’ fusent dans l’auditoire. Philippe et Cédric semblent montés sur ressorts et sautent constamment en incitant le public (masqué) à applaudir et à danser (on ne peut pas !) La folie furieuse s’est installée dès les premières secondes de la prestation. Faut dire que les jeunes du combo assurent… Plus soul/jazz, « Tireur Fou » déclenche un duel entre la section de cuivres et la section rythmique forte de 3 musiciens. Résimont est manifestement à l’aise sur les planches, et si sa voix a davantage de groove que le regretté Jeff, on parfois l’impression qu’il éprouve plus de difficultés à reprendre son souffle. La machine à hits est lancée. Pendant « Adieu les corps », les ivoires ont cédé le relais aux sonorités Hammond. Les cuivres s’en donnent à cœur joie tout au long de « Mort sur le Nil », avant que les cordes ne prennent le relais. « Baron Rouge », « Guerilla » et « Coûte Que Coûte » embraient tout naturellement. Cette succession de tubes fait monter la température au sein du public. Pour « Charlie », le claviériste s’assied sur le bord de son estrade et se concentre sur la gratte semi-acoustique. Philippe s’efface et on entend la voix de Jeff, alors que l’intervention à la trompette plonge l’auditoire au sein d’un climat empreint de sérénité… Le claviériste empoigne un accordéon pour « Désirs Noirs », un morceau pour lequel Louis Petyt se consacre aux vocaux. Il chante impeccablement dans un registre qui rappelle… Jeff…

Résimont récupère son micro pour « SOS Barracuda », une chanson reprise en chœur par la foule. Il plaisante en signalant qu’il ne connait pas les paroles et tourne la page, en y joignant le geste à la parole. « Chère Déborah » est entamé sous un tonnerre d’applaudissements…

Véritable bête de scène, Résimont se révèle très réactif et provoque souvent les rires aux premiers rangs. Tout au long de « Meurtre A Hawaï » et « Tora Tora » le light show brille de mille feux. Et le set de s’achever par « Willy ne Pense qu’à Ça ». Dommage que le groupe n’ait pas prévu de nouvelle compo.  

Mais il revient pour un rappel au cours duquel il va nous réserver la cover de Jacques Dutronc, « Et moi et moi », puis en apothéose, et pour la seconde fois, l’incontournable « Coûte Que Coûte ». Les vieux fans sont aux anges et les jeunes découvrent ce qui se faisait de mieux, dans les années 80, sur la scène noir-jaune-rouge. Jeff Bodart peut être fier de ce que ses Gangsters d’Amour sont encore capables de faire aujourd’hui. Et depuis le paradis des musicos, il a dû apprécier…

Setlist : « Panne De Secteur », « Tireur Fou », « Adieu Les Corps », « Mort Sur Le Nil », « Baron Rouge », « Guerilla », « Coûte Que Coûte », Charlie », Désirs Noirs », « SOS Barracuda », « Chère Deborah », « Meurtre A Hawaï », « Tora Tora », « Willy ne Pense qu’à Ça »

Rappel : « Et moi et moi » (Cover Jacques Dutronc »), « Coûte Que Coûte »

(Organisation : La Ferme du Biéreau)

Amour

Rayé, Chaloupé

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Amour est un projet qui réunit les trois membres du Singe Blanc, Mr. Verdun (moitié de Thee Verdun) et Mr.Marcaille (moitié de Violon Profond). Un concept qui implique donc deux basses, une batterie, un violoncelle et une contrebasse. Qui dit mieux ?

Cette concentration d’adeptes de post-math-jazz-rock expérimental ne pouvait déboucher que sur un pot-pourri musical décalé. Pourtant, on ne peut pas dire que la musique d’Amour sombre dans un univers aussi impénétrable que chez les formations susvisées. Les influences du Singe Blanc sont certainement les plus marquées, mais un peu comme si son style était devenu maniéré. D’ailleurs, exit les onomatopées, c’est dans la langue française que sont écrits les textes. Enfin, quand on les comprend. C’est d’ailleurs une marge que je n’oserai franchir. Sans quoi chez Amour, on retrouve ces breaks si caractéristiques des formations hexagonales du style. Interventions de basses et contrebasse forment la texture, pendant que la ligne de violoncelle ondule au-dessus du flux sonore

Perso j’aurais espéré davantage de surprise chez Amour. « Rayé, Chaloupé » était une occasion unique pour y parvenir. Surtout vu l’originalité de la formule. Conclusion, ce disque s’adresse surtout aux fans du style. Pas davantage. Dommage !

 

Tijuana Mon Amour Broadcasting Inc.

Cold Jubilee (Of The Snowqueen)

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Au marché des disques incontournables, certains emballages sont particulièrement colorés et bénéficient d’une publicité aussi criarde que racoleuse. D’autres, en revanche, ne payent pas de mine et se contentent de simplicité et de discrétion. C’est le cas de Tijuana Mon Amour Broadcasting Inc. venu y présenter « Cold Jubilee (Of The Snowqueen) » leur dernier opus.

Ni le nom, ni l’emballage qui l’enveloppe ne laissent présager son contenu. Il faudra même passer l’intro intitulée “Exit” pour se rendre vraiment compte de la fantastique galette en question. Livrant un “Living In The Future” délicieusement jazzy, le trip hop pointe directement le bout de son nez au grand dam de mes voisins, allergiques chroniques de basses en tout genre. De par le piano et la batterie qui frappe méthodiquement ses fûts, les 12 plages réunies sur « Cold Jubilee (Of The Snowqueen) » s’arment au fur et à mesure de mélancolie (“Next Room” un délice de basse) et de cuivres, soulevant parfois même un coin d’electro venu transformer les ballades nostalgique en lo-fi ingénue. Quand apparaît le violon, nous ne nous sentons presque plus dignes de le recevoir tant son charme nous atteint. En accompagnateur de qualité, la voix de Mathias Petzold vient poser un ton juste sur le travail de ses acolytes et encenser les compositions performantes de l’album.

Quarante minutes pour un elpee, c’est honnête. Mais compte tenu de sa qualité, on a vite fait de se le réécouter directement pour prolonger le bien-être qu’il engendre. Idéal pour la saison, le froid qui lèche vos fenêtres sera repoussé de manière sévère tant la chaleur diffusée par cette galette est brûlante. Un extraordinaire album, que je suis ravi de classer au top de ce que j’ai pu écouter dernièrement.

Glamour Puss

Wire & wood

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Issue du New Brunswick, sur la façade atlantique, cette formation canadienne est née en 1994. Elle vient cependant de signer un contrat chez NothernBlues, le label si dynamique du pays des Grands Lacs. Ce quintette comptait déjà trois albums à son actif : "Glamour Puss Blues Band" (1997), "Blues du Jour" (1999) et "Electric & alive" (2001). Particularité : les cinq membres du groupe chantent. La majorité des compositions est signée par le claviériste Roger Cormier et le guitariste Travis Furlong.

Introduit par le saxophone de Don Rodgers et la guitare de Travis, "Kitty kitty" suinte le pur R&B funkysant. Roger Cormier chante d'une voix grave. Dès leur première sortie, les cordes de Travis démontrent déjà une valeur certaine, mais aussi l'élégance du jeu. Roger a également écrit "I don't know how to win your love" dans un même style dansant. Les cordes sont gouailleuses. Le sax de Don souligne bien le rythme. Travis se fait plus rocker sur un shuffle issu de sa plume : "Hollow man". Il chante lui aussi d'une voix assurée, puissante et un rien graveleuse. Constituée de Ron Dupuis aux drums et de Paul Boudreau à la basse, la section rythmique est parfaitement soudée. L'orgue Hammond de Roger Cormier s'autorise un solo. L'impulsion se fait plus rock encore pour "Don't you worry". Furlong semble hanté par le Cream. A cause du chant aux intonations empruntées à Jack Bruce, et des petites phrases de guitare que n'aurait pas boudées le Clapton de l'époque. Cette impression passéiste est accentuée par le jeu d'orgue de Cormier, pas éloigné d'un Jon Lord. "You're reach & I'm poor" marque un changement important et prend la direction du Sud, de la Louisiane pour être plus précis. Ici, c'est le zydeco qui s'installe. Le rythme est syncopé. Roger est passé au piano. Le saxophone se libère totalement au cœur de cette ambiance frénétique, pendant que Travis assure, de manière convaincante, sur un dobro acoustique. Les Glamour Puss se sentent bien chez eux dans les bayous. Roger a empoigné l'accordéon. Le violon et les guitares acoustiques se mêlent à la fête. "Wire & wood" est une superbe complainte acoustique très roots. Les échanges de guitares opérés entre les invités, Michael Jerome Browne et Charlie A'Court, sont réellement enthousiasmants et éclatants. Mais ces deux musiciens canadiens ne sont pas nés de la dernière pluie. Charlie n'a que 25 ans. Issu de Halifax, il jouit d'une solide réputation. Particulièrement prisé dans les milieux folk roots, Michael Jerome est un brillant multi-instrumentiste. Roger chante son "If you miss me". Un très beau blues lent, mélodique, souligné par les lignes pures de la guitare dont les notes sont dispensées avec tellement de parcimonie. Un très beau moment qui me rappelle le "I need your love so bad" de Ray Charles. La seule reprise de l'album est le "Boom boom" de John Lee Hooker. La version est bien nerveuse mais pas indispensable. On s'y attendait : "Dangereuse" est un bon blues rythmé, un blues des marais chanté en français. Le sax sort de sa coquille. La guitare travaille en réverbération contrôlée avant d'éclater dans un solo cinglant. Excellent ! "Six feet down" est un excellent boogie R&B, partagé entre sax, piano et guitares. "Million-air" est un autre blues lent, plus classique, proche d'un bon BB King. L'opus recèle deux plages instrumentales : le swing "Swingin' cin" et "Blues for Sheila", un fragment empreint d'émotion décontractée. En finale, le cajun "Mama connaît pas le zydeco" nous plonge dans la bonne humeur. Un morceau enrichi par le violon de Browne. Produit par Michael Jerome Browne, ce fort bon album ne démarre réellement qu'après les 4 premières plages. Il faut avouer que ce ne sont pas les plus excitantes.