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Anderson, Rabin & Wakeman

Dites Yes, mais surtout ne le répétez à personne…

C'est un véritable évènement auquel nous assistons, ce soir, au Cirque Royal : le retour de Yes, la formation légendaire de rock progressif, dans un line up inédit, puisqu’il réunit Jon Anderson, le chanteur et fondateur, Rick Wakeman, le claviériste le plus important dans l'histoire du groupe ainsi que Trevor Rabin, le guitariste du combo, de 82 à 94. Pour de sombres raisons de droits, le trio ne peut pas utiliser le nom de 'Yes' ; donc il se produit sous l’appellation ‘Anderson, Rabin & Wakeman (ARW)'. Cette 'trinité' est complétée par Lee Pomeroy, à la basse (Archive, It Bites), et Louis Molino III, à la batterie.

En lever de rideau, les musiciens interprètent « Cinema », un instrumental tiré de « 90125 », l'elpee référence paru en 1983, au sein duquel figure l'énorme hit, « Owner of A Lonely Heart ». Vers la fin du morceau, la frêle et petite silhouette de Jon Anderson apparaît. Ce qui déclenche une véritable ovation, au sein de la foule. A 72 ans, le chanteur porte le poids de son âge sur les épaules mais son visage est toujours aussi lumineux et souriant. 'One, two, three, four !', balance-t-il, avant que la formation n’attaque « Perpetual Change », un titre remontant à 1971.

Dès le départ, on constate que, non seulement le groupe est au point ; mais, plus important encore, Jon Anderson est tout simplement parfait au chant. Sa voix n'a rien perdu de sa précision et de sa clarté, même lorsqu’elle monte dans les octaves.

La setlist parcourt toutes les périodes de la carrière de Yes et l'âme de Chris Squire plane au-dessus de ses anciens partenaires. Le bassiste, également membre fondateur, est décédé en 2015. Jon Anderson dédie donc « Long Distance Runaround » et « Fish (Schindleria Praematurus) » à cette figure tutélaire du rock progressif. 'Je suis heureux d'avoir travaillé pendant toutes ces années avec Chris', avoue-t-il. 'Il était un peu fou, mais c'était un gars très rock'n’roll ! Et son morceau s'appelle « Fish » parce né sous le signe du Poisson, il aimait s’attarder pendant des heures dans son bain !' Lee Pomeroy s'acquitte d'ailleurs impeccablement du légendaire solo de basse exécuté, comme il se doit, sur une Rickenbacker.

Quant à Trevor Rabin, particulièrement radieux, il a l'air en pleine forme. Il a mis sa carrière de compositeur de musiques de films entre parenthèses afin de pouvoir participer à cette tournée. Il a avoué, via Facebook, que ce choix n’a pas été simple pour lui. Et pour cause, pas évident de se replonger dans les complexités musicales de Yes, après 20 années d’absence. Au cours du set, il va d’ailleurs commettre quelques petites imperfections. Pendant « Changes », il se perd même entre ses pédales d'effets de guitare (il a perdu les pédales, en somme), au point de devoir s'arrêter en s'excusant : 'Give me one second'. Une petite erreur vite pardonnée, au vu de la prestation de ce virtuose, de ce surdoué à la guitare…

En parlant de virtuosité, on en vient tout naturellement au Maître des claviers, Rick Wakeman, probablement le plus grand claviériste de l'histoire du Rock. Tout comme il y a 30 ans, il a revêtu sa cape de velours et se dresse derrière une forêt de claviers disposés en arc de cercle. Seul son ventre, plus arrondi, le trahit –il affiche quand même 67 ans au compteur ! Aussi à l'aise dans les classiques comme « Heart of the Sunrise » que les extraits de « 90125 », auquel il n'a pourtant pas participé, il va connaître son plus grand moment de gloire sur « Awaken », un des nombreux 'magnum opus' de Yes, un extrait du chef-d'oeuvre « Going For The One » (1977). L'intro au piano est époustouflante mais ce sont surtout les sonorités d'orgue qui vous flanquent la chair de poule. Pendant le long passage plus 'ambient', au milieu de la compo, on n'entend pas une mouche voler. Jon Anderson joue quelques notes à la harpe et prélude une lente valse médiévale, rappelant Dead Can Dance. La chanson s'envole ensuite à travers une progression hallucinante de voix et d'harmonies pour retomber doucement et venir mourir sur le tapis diaphane de la voix d'Anderson. Parfait !

Pour clôturer le concert, comme prévu, rien de tel que le plus grand hit de Yes : « Owner of A Lonely Heart ». Ici, aussi, l'interprétation est brillante ; en outre, ARW nous réserve deux surprises. D'abord, Rick Wakeman enfile son clavier portable. Lui et Rabin descendent d’abord dans la fosse, puis accèdent aux gradins, afin d’y jouer leur partition ; et ce pour le plus grand bonheur des spectateurs. Ils reviennent ensuite sur le podium, moment choisi par le band pour adresser, au cours du morceau, un clin d'oeil au « Sunshine of Your Love » de Cream. Le final est paroxystique et suivi d'une très longue acclamation.

En rappel, « Roundabout » est dispensé dans une ambiance très électrique ; de nombreux spectateurs ont d’ailleurs quitté leur siège pour s’approcher du podium. Quand les cinq musiciens saluent et quittent les planches, ils ont la banane aux lèvres et sont visiblement très heureux d'avoir partagé ce moment en compagnie de leurs fans. Pour ces derniers, comme pour votre serviteur, cette expérience, chargée d'émotions fortes, restera inoubliable. Le trio travaille, semble-t-il, sur de nouvelles compos et laisse entrevoir la publication d'un nouvel opus. Et pourquoi ne pas reformer un Yes (quasi) au complet en rejoignant Alan White et Steve Howe? Une perspective que nous appelons de nos voeux !

Setlist :

Cinema
Perpetual Change
Hold On
I've Seen All Good People
Drum Solo
Lift Me Up
And You and I
Rhythm of Love
Heart of the Sunrise
Changes
Long Distance Runaround
The Fish (Schindleria Praematurus)
Awaken
Owner of a Lonely Heart
(with Cream's 'Sunshine of Your Love')

Encore:

Roundabout

(Organisation: Gracia Live)

 

 

Ian Anderson

Thick as a brick / Live in Iceland (cd + dvd)

Écrit par

Ian Anderson a mis un terme définitif à l’aventure de son Jethro Tull, en 2012. La suite de son aventure, il la signe sous son propre nom. Fondée en décembre 1967, la formation a publié 21 albums dans un style né du fruit d’un cocktail de rock (parfois hard), de blues (le tout premier album), de folk celtique et de classique. Suivant les époques, il penchera d’ailleurs davantage vers l’un ou l’autre genre. De toute sa discographie, il faut reconnaître que « Thick as a brick » constitue son chef d’œuvre. Enregistré en 1972, il s’agit du véritable premier opus de prog pour le band de Blackpool. Quarante années plus tard, il lui a donné une suite. Qui recèle quelques bons moments, mais n’atteint pas le niveau du premier volet.

Et dans la foulée, Ian Anderson et son backing group sont partis en tournée pour interpréter les deux tomes de ces concepts, gros comme deux briques… Ces disques ont été immortalisés à Reykjavík, en Islande. Première constatation, la voix de Ian est toujours aussi nasillarde et emphatique, mais elle a perdu de sa puissance. Heureusement, elle est remarquablement compensée par celle de Ryan O’Donnell, dont le jeu de scène théâtral fait absolument merveille. Et les autres musicos affichent une homogénéité à toute épreuve, malgré ce solo de batterie rituel, qui fait quand même un peu ringard. La flûte champêtre d’Anderson n’a de cesse d’ensorceler l’auditoire. Et puis, Ian a le soin d’apporter sa touche d’humour bien personnelle (NDR : les mauvaises langues diront grivois). Le second volet de « Thick as a brick » est inévitablement moins intéressant, mais tient quand même la route, vu le talent des instrumentistes. La qualité du son est indéniable, ce qui rend peut-être l’ensemble un peu trop propret, quand on a connu les prestations ‘live’ instinctives du Tull.

Le Dvd nous réserve une interview de Ian Anderson ainsi que quelques bonus tracks accordés dans le cadre du festival de Montreux, la même année.

 

Brett Anderson

Slow attack

Écrit par

Pour enregistrer son troisième opus solo, l’ex-Suede (NDR: accessoirement ex-Tears) a reçu le concours de Leo Abrahams à la production, un personnage devenu notoire pour avoir mis en forme des œuvres –notamment– de Brian Eno, Brian Ferry, Marianne Faithfull ou encore Starsailor. Et ce disque, Leo le marque de son empreinte. Un peu comme si « Wilderness », le précédent elpee de Brett (NDR : remarquable, par ailleurs), avait bénéficié d’arrangements un peu plus aventureux et sophistiqués. Et pour cause, outre la guitare acoustique, le piano, le violoncelle et les percus rencontrés sur le cd précédent, les compos sont régulièrement soutenues par un quatuor à cordes, quelques chœurs, un zeste de basse, un soupçon de clarinette et un chouia de drums. Pas de quoi la jouer maximaliste, mais un univers sonore manifestement moins dépouillé. Ce qui n’empêche pas les 11 compos de cette œuvre de se révéler aussi mélancoliques et bouleversantes que légères et délicates, la voix falsetto d’Anderson se chargeant de communiquer la charge émotionnelle nécessaire et suffisante pour vous communiquer le spleen, le reste de la journée…

Brett Anderson

Wilderness

Écrit par

Je dois avouer que la première fois que j’ai écouté cet opus, il m’a plutôt pompé l’air. Et c’est après avoir lu les critiques, parfois dithyrambiques, de la presse internationale, consacrées à ce disque, que j’ai décidé de l’écouter d’une oreille plus attentive. Brett Anderson est donc l’ex-chanteur de Suede. De Tears également ; mais vous avez déjà plus que probablement oublié cet épisode. Et « Wilderness » constitue son deuxième album solo. On connaissait l’artiste pour en remettre trois couches dans la confection des arrangements de ses compos et puis pour ses vocalises grandiloquentes ; mais on n’imaginait pas qu’il aurait été capable de la jouer minimaliste. C’est sans doute la raison pour laquelle les chansons de cet elpee n’accrochent pas instantanément. En fait, découpé en 9 chansons, l’œuvre (NDR : qui ne va pas au-delà des 32 minutes) embrasse un dépouillement extrême : un violoncelle (NDR joué remarquablement par Amy Langley) ; et puis du piano, de la guitare (NDR : surtout acoustique), et quelques percus que se réserve Brett. Sans oublier sa voix qui trame les mélodies. Une voix toujours androgyne, mais dont le timbre peut parfois emprunter un timbre plus grave, déchirant, voire éraillé, comme si Anderson avait décidé de se mettre dans la peau d’un crooner. Seule Emmanuelle Seigner vient apporter sa participation, de sa voix sensuelle, à « Back to you ». Et hormis le plus complexe et audacieux « Funeral Mantra », l’album baigne constamment dans la mélancolie. On a même l’impression que Brett est mal dans sa peau quand nous il ouvre son cœur, dans un élan de sincérité bouleversant. Bref, cet opus de très bonne facture aurait pu mériter le prix d’excellence, si les compos avaient manifesté davantage de relief voire même de rythme…

 

Miller Anderson

Chameleon

Écrit par

Miller Anderson est écossais. Mais ce chanteur/guitariste/compositeur s’est établi en Allemagne depuis un bon bout de temps. Son parcours musical est bien rempli. Ses débuts remontent à 1965, lorsqu’il militait au sein des Royal Crests. Mais c'est en 68 qu'il se fait connaître. Le batteur Keef Hartley vient alors d'être viré des Bluesbreakers de John Mayall. Il monte aussitôt son Keef Hartley Band et engage Anderson comme chanteur et guitariste. L'aventure durera jusqu'en 1971 et sera ponctuée de cinq albums. En 73, Miller grave son premier elpee solo "Bright city". Et dans la foulée un second : "Hemlock". En 74, il rejoint Savoy Brown. Le temps d’accomplir une tournée et de concocter un album intitulé "Boogie Brothers". Particularité, ce combo disposait de trois gratteurs : Kim Simmonds, Stan Webb (Chicken Shack) et Anderson. Ce dernier va ensuite connaître une vie musicale agitée. Et pour cause, il sévit successivement au sein de Blood, Sweat & Tears et de T Rex, accompagne Donovan, puis se charge de la basse chez Chicken Shack et Mountain. En 85, Spencer Davis le contacte pour remonter son SD Group, une formule qui renaîtra chaque année. En 1998, il enregistre "Celtic moon", un elpee pour lequel il reçoit la collaboration de musiciens allemands et de Colin Hodgkinson à la basse. Et enfin, "Blueaheart" voit le jour en 2003. Pour que votre info soit complète, sachez encore qu’il existe la collection "Miller Anderson – The best of (with the Keef Hartley Band)".

Ce nouvel opus nous permet de découvrir un autre don artistique de Miller, puisqu'il a choisi une de ses peintures pour illustrer la pochette. En fait, l’homme possède de multiples facettes. C’est un véritable caméléon. Sur ce disque, il nous étale sa palette musicale embrassant des styles aussi divers que le blues, le rock, le folk et la chanson. Des synthés ouvrent "City blues". La guitare et l’orgue de Frank Tisher se joignent rapidement à l’expression sonore. Miller a toujours une bonne voix. En outre, cet excellent chanteur possède un timbre chargé d’expression. Dans un style concis, clair et très mélodique, la guitare est brillante. La mélodie de "By the light" est bien ciselée, une chanson aux arrangements particulièrement solides. "Bad mouth mama" est un blues rock bien rythmé. Blues lent, "Fog on the highway" permet à Miller d’étaler ses qualités vocales tout en dispensant un excellent solo. Son chant est encore bien mis en valeur sur le remuant "Little brother". Empruntant un riff à Albert King, son "Me and my woman" est sans doute la meilleure plage de l’elpee. Le morceau communique beaucoup de vibrations. Les interventions à la guitare sont bien senties. Anderson se libère et passe progressivement à la slide. Miller se réserve "Rich man, poor man" en solitaire, un folk blues limité à sa voix, ses cordes acoustiques et l'harmonica. "Eye on the prize" baigne au sein d’une sonorité très british blues. A cause de l’orgue rappelant même celui du "Gimme some lovin" de Spencer Davis Group, à l'époque où Stevie Winwood était aux commandes. Cet orgue Hammond enveloppe la voix chaleureuse d’Anderson, sur "The dreamer", une lente ballade majestueuse. Et en finale, il dédie "Sing your song" à son vieil ami Ian Hunter (Mott the Hoople), en compagnie duquel il avait joué dans les sixties. Une chanson fort sympathique.

 

Anderson

Weradioanderson

Écrit par
Le duo Anderson ne compte pas un an d’existence, mais il peut déjà être fier d’avoir été sacré meilleur espoir 2004 de la scène pop-rock hollandaise. Dans la foulée, la formation a sorti ce 1er album “Weradioanderson”. A l’écoute entre autre du délicat “Top of the Hill”, on ne peut s’empêcher de penser que Bas van Nienes et Jeroen van der Werken ont beaucoup – mais alors là vraiment beaucoup – écouté les norvégiens Kings of Convenience. Même univers sonore ciselé, mariage identique de la guitare acoustique et des claviers synthétiques, harmonies vocales semblablement légères (“As the Ocean Rises”) et chansons également mélo-romantiques. A l’instar de leur compatriote Zoetemelk (6 fois 2e du Tour de France), Anderson ne sont que d’appliqués suceurs de roues pop. A souligner le très beau packaging (carte routière et photos de vacances des années 50).

Laurie Anderson

The ugly one with the jewels and other short stories

Enregistré au printemps dernier, lors du concert accordé au Sadler's Wells Theater de Londres, cet album met en exergue des extraits de son livre "Stories from the nerve bible", bouquin consacré à vingt années de carrière artistique. Dix-huit fragments, parmi lesquels figurent plusieurs extraits de son opus concocté en octobre dernier, "Bright Red". Mais pas de chant. Laurie effectue une lecture vivante de ses textes en s'accompagnant tantôt d'un clavier, tantôt d'un violon. Le minimalisme est ici poussé à l'extrême, puisque cinq plages seulement bénéficient d'un apport instrumental complémentaire. Notamment "Maria Teresa Teresa Maria", sur laquelle Brian Eno vient donner un petit coup de clavier.

 

Ian Anderson

Divinities / Twelve dances with god

Écrit par

Compositeur/flûtiste/chanteur/guitariste/showman du légendaire Jethro Tull, Ian Anderson vient d'enregistrer, à la demande d'EMI, un disque de musique totalement instrumentale. De musique de chambre pour flûte et orchestre, si vous préférez. Une formule, à première vue très classique, mais qui par le soin apporté aux arrangements prend une tournure plus contemporaine. Des arrangements que se partagent Leon Philipps, Andrew Giddings, nouvelle pièce maîtresse du Tull, et bien sûr Ian Anderson, qui cumule pour la circonstance les fonctions de producteur. Un excellent exercice de style qui témoigne de l'intérêt porté par Anderson aux différentes formes de religions et de cultures, mais exercice totalement à contre-courant de notre époque. Découpée en douze mouvements, caractérisée par le recours à la clarinette, le hautbois, le violon, le violoncelle, la harpe, le cor, la trompette et bien sûr les différentes flûtes que se réserve l'artiste, cette œuvre se rapproche davantage des envolées atmosphériques ‘mikeoldfieldiennes’ que du format classico/rock épousé par le célèbre single "Bourée" en 1969. A conseiller vivement aux mélomanes dont l'horloge n'est plus que "Living in the past"...

Laurie Anderson

Bright Red

Après cinq années de silence, l'ancienne coqueluche de l'avant-garde new-yorkaise a décidé de refaire surface. En enregistrant un nouvel opus. Sous la houlette de Brian Eno. Pas seulement à la production. Mais également aux claviers, aux collages et aux manipulations de bandes. Une session qui a également bénéficié du concours de quelques invités notoires, parmi lesquels nous avons remarqué la présence du guitariste Adrian Belew (Gabriel, Bowie) et surtout de Lou Reed pour la seule et unique composition "In our sleep". Il la cosigne, partage le chant et y joue de la guitare. Un album très climatique, habilement sculpté dans la muzak ou le minimalisme qui incite à la méditation. En général les lyrics de Laurie explorent les aspects les plus sombres de l'expérience humaine ou se murent dans la solitude glacée. Un périple ou une attitude qu'elle mâche impersonnellement, humoristiquement, d'une voix confidentielle, versatile et magnétique. Pop art !

 

Anderson Bruford Wakeman Howe

An Evening Of Yes Music Plus

Pour ceux qui l'ignorent encore (ça rime), Anderson, Bruford, Wakeman et Howe sont les ex-musiciens de Yes depuis que Chris Squire a gagné ce fameux procès destiné à s'octroyer l'attribution du patronyme. "An Evening Of Yes Music Plus" propose, en un box de deux CD, la plupart des classiques du groupe enregistrés ‘live’ par le quatuor en 1989. Le premier disque épingle ainsi "Time And A Word", "Owner Of A Lonely Heart", "Long Distance Runaround" et "And You And I", mais dans des adaptations acoustiques. Alors que le second inclut "Close To The Edge", "Heart Of The Sunrise" et "Roundabout" dans des versions étirées pour ne pas dire tirées en longueur...

 

Jon Anderson

Olias of Sunhillow

Écrit par

Jon Anderson est le très charismatique chanteur du groupe Yes. En 1976, il s'est lancé dans un premier travail en solo. Au sens propre du terme, puisqu'il assumera à lui seul composition, interprétation (tous les instruments!) et production. Résultat des courses : il accouche d'un véritable chef-d'oeuvre. Certes, on y décèle des points communs avec Yes, dont Anderson est quand même l'un des principaux compositeurs. De son groupe, il conserve la facette la plus douce, celle des séquences lentes et majestueuses, lumineuses et angéliques. Mais l'essentiel de son inspiration, il le puise ailleurs: en effet, de belles mélopées aux senteurs d'Orient tracent les grandes lignes de ce bel ouvrage finement tissé. Soulignées par quelques sonorités exotiques échappées d'instruments traditionnels et de quelques rythmes tribaux. La guitare classique s'invite avec bonheur sur plusieurs plages. Pour le reste, à l'instar de quelques pionniers, Jon convoque des synthés. Mais alors que Tangerine Dream et autres Schulze de l'époque se complaisent dans l'expérimentation, les ambiances erratiques ou les sonorités froides, Jon va asservir ses machines aux mélodies et à l'émotion. Il truffe son oeuvre de sonorités chaudes et atypiques, de thèmes accrocheurs et entêtés, survolés par sa superbe voix, souvent démultipliée. De la grandiose intro au final enjoué et optimiste, une musique fluide, souvent planante et éthérée, arrive à nous intriguer avant de définitivement nous séduire. Tout comme l'improbable pochette qui emballe ce concept album. Au moment de sa sortie, le vinyle n'obtiendra qu'un succès d'estime. D'une part, il est éclipsé par le dernier opus majeur de Yes (« Going for the One »), qui le suit de trop près. D'autre part, à cette époque, presse et public commencent à se désintéresser massivement du Prog. Néanmoins, il annonce la future collaboration entre Jon & Vangelis, qui très épisodiquement restituera un niveau de qualité aussi respectable.