La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Archie Bronson Outfit

Wild Crush

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« Wild Crush » constitue mon premier plongeon dans l’univers très particulier d’Archie Bronson Outfit. Pourtant la formation anglaise a publié son premier elpee, « Fur », en 2004. Après 10 années d’existence, elle a donc décidé de graver son quatrième opus, « Wild Crush ». Originaire de Bath (dans le Somerset), ville notoire pour ses bains romains, elle s’est établie rapidement à Londres. La musique d’Archie Bronson Outfit ne navigue pas en eaux paisibles, mais plutôt agitées. Réunissant Sam Windett (voix et guitare), le nouveau venu Kristian Robinson (basse et guitare) et Mark ‘Arp’ Cleveland (batterie), le trio déteste les étiquettes. Et revendique même une indépendance de style. Qu’on pourrait quand même qualifier de sauvage. Et de particulièrement ample. Les changements de tempo sont légion et le saxo brouille la moindre ligne de conduite. Entre le mélodique et touchant « Love to Pin You Down », le détraqué, stoner et fuzzy « Two Doves On A Lake », l’hymnique « Hunch Your Body, Love Somebody » et le plus solennel « In White Relief » –j’en suis persuadé–, « Wild crush » offre une multitude d’alternatives. Si les lignes de basse sont caoutchouteuses et les parties rythmiques impressionnantes, la voix demeure néanmoins chaude et vibrante … Un opus difficilement identifiable, mais diablement réussi. Hormis les Liars, je connais très peu de groupes qui défendent une telle liberté de ton aussi chèrement acquise…

 

Archie Bronson Outfit

That’s Just The Way It Is

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Les trois gaillards d’Archie Bronson Outfit connaissent la Belgique presque jusqu’au bout des ongles. Ce soir, au Het Depot de Louvain, le trio originaire de Bath effectuait son neuvième passage en 2010 dans notre pays ! Une affection que le public belge lui rend bien. Normal, lorsqu’on est responsable d’un disque aussi impeccable que « Coconut ».

Impeccable, ce n’est pas le premier adjectif qui vient en tête lorsque l’on pense à la SNCB. Peu habitué à prendre le train, je perçois, ce soir, la joie qu’éprouvent les navetteurs en pénétrant dans le hall de gare pour y découvrir que leur train enregistre une bonne demi-heure de retard. C’est donc en pleine prestation de The Victorian English Gentlemens Club que je débarque dans l’enceinte de Het Depot, une salle qui a l’énorme avantage de se situer juste en face de la gare. Prestation un peu morne de la première partie, qui n’a pas retenu mon attention.

Ensuite, c’est au tour du trio briton d’entrer en scène. Affublé de gandouras originales, Archie Bronson Outfit place la soirée sous le signe du « Coconut ». « One Up On Yourself » et « Magnetic Warrior » ouvrent le bal pour un public un peu clairsemé mais tout sourire. D’autant plus lorsque les trois hommes embrayent sur des extraits de l’énorme « Derdang Derdang ». « Kink » et l’incontournable « Cherry Lips » décoincent petit à petit les bassins de l’assistance. « Butterflies » sera l’unique incursion au sein de « Fur », le premier élément discographique de la bande. Très discrets, les trois hommes se contentent d’enchaîner les morceaux en plaçant des remerciements ici et là. Leur blues psyché s’occupe du reste. Et en balançant des bombes comme « Dead Funny », « Harness (Bliss) » et « Dart For My Sweetheart », lors du rappel, pas besoin d’en faire beaucoup plus. Simple mais efficace.

(Organisation : Het Depot)

Archie Bronson Outfit

Wild Wild Quest

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Ils sont trois. Mais aujourd'hui, le triptyque se passera de Dorian, resté à la maison. Sur la capitale, il pleut des cordes. Un temps typiquement belge. Typiquement anglais aussi. Pour cette sortie bruxelloise, les Londoniens Sam Windett (voix, guitare) et Mark Cleveland (batterie) sont comme à la maison : entre une bière fraîche et une pluie glaciale. La barbe touffue et le poil soyeux, les deux musiciens semblent encore mal réveillés. Mais bien assez pour nous évoquer les dernières aventures d'Archie Bronson Outfit, leur groupe. Auteurs d'un deuxième album (« Derdang Derdang ») foudroyant, les Anglais se montrent pourtant modestes quand il s'agit de défendre leur empire…

Parlez-nous de votre rencontre, de vos premiers pas musicaux ?

Mark : Nous sommes des amis d'enfance. Nous nous sommes rencontrés à l'école. Bref, on peut dire que nous avons grandi ensemble. A l'origine, nous habitions un patelin paumé. Près de Bath, dans l'ouest de l'Angleterre. Pour situer, ce n'est pas très loin de Bristol. Après l'école, on se faisait un peu chier. Alors, on s'est tourné vers la musique, en fondant ce groupe, juste avant de partir pour Londres et entrer à l'Université. Notre nom ? Vous connaissez Buffalo Bill ? Archie Bronson Outfit est à chercher de ce côté. Dans les plaines sauvages du « Wild West ». Nous aimons cet univers : sauvage…

Et « Derdang, Derdang » ? Est-ce un album de cow-boys ?

M. : L'intitulé de notre album signifie plusieurs choses. A première vue, cela ressemble à un non-sens. Et puis, c'est aussi une onomatopée, un enchaînement syllabiques qui résonne. Ecoute : « Derdang, Derdang » ! Encore : « Derdang, Derdang » ! C'est la batterie et la guitare. Et puis, si vous séparez les mots, on retrouve 'Der' de 'Derivative' et 'Dang' de 'Damnation'. Et si on enlève le 'D' du milieu, l'assemblage ressemble à 'Deranged'. En gros, cela ressemble à beaucoup de choses et, en même temps, à rien de vraiment précis. C'est un titre d'album dadaïste en quelque sorte.

Vous êtes signés chez Domino Records, la maison mère de Sons and Daughters, Franz Ferdinand, The Kills et autres Arctic Monkeys. Ne craignez vous pas que ces groupes ne vous fassent de l'ombre ?

Sam : Pour notre part, on trouve que c'est intéressant de se retrouver sur cette structure. C'est bon d'être sur ce label. Et tu sais pourquoi ? Parce qu'il est bon ! Nous avons eu l'occasion de rencontrer tous les groupes que tu mentionnes et de faire des concerts avec eux. C'est une chose fabuleuse que d'être assimilé à ces formations. Ils sont sensationnels. Par contre, je pense que le succès que connaît actuellement les Arctic Monkeys est un peu différent. C'est quelque chose d'énorme, un truc difficile à évaluer. Pour l'instant, nous sommes plus discrets. Pour le moment…

Comment êtes-vous atterris chez Domino ?

M. : Nous avons signé chez Domino suite à notre rencontre avec Laurence Bell, le patron de Domino Records. L'histoire de cette rencontre est assez chouette. Elle s'est produite près de chez nous. Un soir, on se baladait avec l'idée d'aller boire un verre. Au cours de cette promenade, on est passé devant un pub. A l'intérieur, c'était la fête. Le propriétaire du pub célébrait son anniversaire. A ce moment précis, nous ne savions pas encore que ce type était un copain de Laurence. Nous lui avons demandé si nous pouvions jouer quelques chansons pour son anniversaire. Le gars s'est montré vachement enthousiaste. Nous avons donc installé notre matériel et joué quelques chansons dans une ambiance délétère de fin de soirée. Après le concert, un mec est venu nous trouver pour parler du groupe, de nos ambitions, etc. Quelques semaines plus tard, le même gars revenait nous voir lors d'un de nos concerts. Ce jour-là, il s'est présenté : « Laurence Bell, Domino Records. Seriez-vous intéressés de signer chez Domino ? ». Tu m'étonnes ! Là, nous avons conclu un contrat pour trois albums…

Quelle est, selon vous, la principale différence entre « Fur » et « Derdang Derdang » ?

M. : Nous percevons une évolution entre ces deux albums. Mais nous n'avons pas cherché consciemment à la provoquer. Durant les six mois qui ont précédé l'enregistrement de « Derdang Derdang », j'ai commencé à écrire les chansons à la maison, à écouter pas mal de nouvelles choses, des musiques très différentes. Avec du recul, je perçois ce processus comme un mécanisme organique. Faust, Son House, des vieux groupes psychédéliques suédois, The Gun Club, etc. La gestation de ces découvertes a fait partie intégrante du processus de composition de « Derdang Derdang ». Cependant, je ne pense pas que nous ayons changé notre identité au pied de ces découvertes musicales. Tout simplement, elles ont fait partie de notre processus d'écriture.

Dans "Dead Funny", vous chantez: 'I'm a disco dancer and I wanna dance for you'. Est-ce ironique ou êtes vous réellement des gogo dancers cachés ?

M. : Nous aimons beaucoup danser. Mais dans cette chanson, il y a effectivement une grande part d'ironie. C'est parti d'une blague sur l'aspect sexuel de la chose. Mais bon, je ne prétends pas être un 'disco dancer'…

Sur « Derdang Derdang », une de vos chansons est intitulée Modern Lovers. Est-ce un clin d'œil au groupe de Jonathan Richman ?

M. : Pas vraiment. Toujours est-il que nous sommes de grands admirateurs des Modern Lovers. Pourtant, aucun titre de notre album ne se rapproche de l'univers des Modern Lovers. Notre chanson parle de la manière dont deux personnes s'engagent sur le chemin de l'amour. Mais qu'importe… Ce n'est en aucun cas une référence à Jonathan Richman et son groupe !

Peu importe vos références, vos préférences. Attardons nous sur vos connaissances musicales… le temps d'un petit blind test :

Devendra Banhart : « I Feel Just Like A Child » - Crippel Crow (2005)

M. : Quelle magnifique production ! Le son est génial, luxuriant… Mais c'est quoi ? Devendra Banhart ? J'en ai beaucoup entendu parler. Sincèrement, je n'avais jamais pris la peine d'écouter. On dirait de la musique de hippie. Mais faut reconnaître que ça sonne vachement bien…

S. : Moi non plus, je n'avais jamais entendu ça auparavant. Ben, ce n'est pas mon truc… Peut-être que cela nécessite plusieurs écoutes. Certains artistes me demandent davantage de temps pour pénétrer leur univers…

M. : N'empêche que le son est fabuleux. Même si ce type semble être un putain de hippie. Et que je déteste les hippies !

The Gun Club : « Sex Beat » - Fire Of Love (1981)

M. : Sans hésitation, c'est le Gun Club ! Nous adulons ce groupe. Cependant, « Fire Of Love » n'est pas mon album préféré. Je trouve que sur « Death Party » les intonations de Jeffrey Lee Pierce sont encore plus tranchantes. Sinon, sur « Fire Of Love », ma chanson favorite reste « Ghost On The Highway » : un putain de classique !

The Eighties Matchbox B-Line Disaster : « Psychosis Safari » - Hörse of the Dög (2002)

M. : Mhhhhmm, c'est bon…

S. : Le son déchire vraiment. Eighties Matchbox ?

M. : Je n'avais jamais entendu cette chanson. Mais il paraît que ces types sont des bêtes. Ils viennent de Brighton. Merde, faut que j'achète ce disque !

The Hives : « Two-Timing Touch And Broken Bones » - Tyrannosaurus Hives (2004)

M. : On dirait Iggy Pop. Mais ce n'est pas Iggy Pop…

S. : Evidemment ! Je sais, c'est… Putain, je l'ai sur le bout de la langue… Ce sont les Detroit Cobras ? Euh non,…

M. : Ce sont les Hives ! Cette chanson figure sur leur dernier album. J'ai le premier, « Barely Legal ». Personnellement, je n'oserai pas me déguiser comme un pingouin. Mais impossible de leur jeter la pierre : ces mecs ont l'air trop cool ! Tu peux dire ou écrire ce que tu veux. Mais ces types ont un sacré style vestimentaire… Quand ce disque est sorti, la presse les a balancé sur le compte du 'retour du rock'. Je n'apprécie pas ce mouvement. C'est beaucoup de rififi pour pas grand-chose. Cela dit, j'adore les White Stripes. Ces deux-là sont capables de pondre des chansons phénoménales, des tubes qui défient les lois du commerce. Si on se retrouve si bien dans la musique de Jack et Meg White, c'est peut-être parce que nous partageons certaines références communes : le blues et quelques albums mythiques…

Daft Punk : « Rock'n'Roll » - « Homework » (1996)

M. : Je trouve ça naze… Quand j'avais 16 ans ou 17 ans… Bref, quand j'étais plus jeune, j'écoutais parfois ce genre de trucs. Mais les goûts évoluent et je ne me retrouve plus vraiment à travers la musique électronique.

S. : Moi j'aime bien leur vidéo avec les dessins animés. Cette histoire hallucinée guidée par une trame de Manga japonais. C'était une bonne idée.

Wire : « Three Girl Rhumba » - Pink Flag (1978)

M. : Tata ta poum, tata ta poum… C'est Wire !

S. : Sur scène, on reprend parfois cette chanson…

M. : C'est d'ailleurs un des titres que nous avons joué le jour où nous avons rencontré Laurence Bell. En gros, c'est une porte d'entrée vers Domino…

LCD Soundsystem : « Tribulations » - LCD Soundsystem (2005)

M. : J'avais pensé reconnaître la voix. Mais, en fait, je ne vois pas de qui il s'agit… LCD Soundsystem ? C'est donc ça ! Je connaissais de nom. Ce sont des Américains, non ? Ce gars produit The Rapture. Là, je trouve que c'est un bon groupe…

Coldplay : « Yellow » - Parachutes (2000)

S. et M. : Coldplay !

M. : Je ne voudrais pas me justifier de reconnaître cette chanson aussi vite mais elle passe partout et tout le temps. En Angleterre, ils sont un peu comme Robbie Williams : partout ! C'est vraiment trop propre… Aujourd'hui, ils sont même parvenu à créer une vague de suiveurs. Je pense notamment à cet insupportable James Blunt. Toute cette musique nous paraît insignifiante.

The Stooges : « T.V. Eye » - Fun House (1970)

M. : Ah oui, nous sommes des fans inconditionnels ! J'ai vu Iggy et ses Stooges l'été dernier à l'occasion du Reading Festival. Ils étaient incroyables. Et, quand on y pense, leur influence sur la musique est énorme.

S. : On doit bien avouer qu'on est plus branchés sur des vieux trucs, genre Stooges, Wire ou Gun Club. Nous aimons également écouter de nouveaux groupes. Mais pas tous : seulement les meilleurs…

M. : Aujourd'hui, en Angleterre, si on veut écouter de la bonne musique, il faut absolument écouter Part Chimp ! Et il ne faudra jamais oublier Clinic. Et de garder un œil sur un nouveau groupe londonien excellent : Vincent Vincent And the Vilains.

Archie Bronson Outfit

Derdang Derdang

Écrit par

Tagada tagada, voilà les Bronson. « Derdang Derdang », y a plus personne. C’étaient Archie Bronson. Les nouveaux canonniers de l’artillerie Domino vont mettre tout le monde d’accord. Après plusieurs virées dans les pubs du quartier en 2005, les trois lascars débarquaient, Guinness à la main, en compagnie de « Fur », premier album défroqué, pour roter et ripailler. A poil, forcément. En 2006, nos fêtards ont ‘déguinzé’. Et ça va faire mal ! Les arsouilles d’alors sont devenus des rockeurs. Des vrais, des coureurs de riffs. Le trio a posé la bouteille, écouté les Stooges, Wire, Jon Spencer et s’est inscrit au Gun Club. A l’heure du deuxième album, ce sont des tueurs, dignes héritiers de leur bataillon. Mais ils nous auront prévenus : « Dead Funny, Don’t Worry ». Cependant, avant de mourir heureux, il convient de vivre les claques soniques de « Derdang Derdang », ce nouvel album qui s’épelle telle une armée au galop. En éclaireur, « Cherry Lips » pose les jalons d’une indubitable victoire. Ensuite, à l’abordage : d’un chant de naufragé perturbé, « Kink » noie raison et passion. Les corps chavirent, les riffs déchirent. Les cris de « Dart For My Sweetheart » tranchent l’air, transpercent les chairs. La reddition est inévitable. Les mains sur la tête, les pieds liés, nous suivrons ce chemin : « Derdang Derdang », toujours plus vite, « Derdang Derdang ».

Archie Bronson Outfit

Fur

Le label Domino oserait-il faire marche arrière en signant ce trio biberonné au pub-rock des années septante, du genre Ian Dury meets Motörhead ? Que les Franz Ferdinand se rassurent : leur trône de nouveaux princes pop-rock ne risque pas d’être piqué par ce trio malpoli (et mal dégrossi)… Sans doute trop occupé à ‘aphoner’ des pintes au bar du coin, entre deux répètes à la bourre. Parfois, quand l’alcool descend au creux de leur estomac, les trois lascars se réveillent : c’est la gueule de bois, que tapisse en fond sonore « Tonight’s The Night » de Neil Young (« On The Shore »). Ces types sont la face noire et cradingue du rock bien coiffé de leurs compères de label : ils rotent au micro et ne se lavent qu’en fin de semaine. Etrange : c’est Jamie Cullum des Kills qui produit. On ne le savait pas portés sur la bouteille.