La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

logo_musiczine

Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (3 Items)

Art Brut

Art Brut vs Satan

Écrit par

Deux ans après concocté « It’s a bit complicated », un album mi-figue mi-raisin, Art Brut nous propose « Art Brut vs Satan » ; et manifestement, le quatuor anglais semble avoir retrouvé leur fougue originelle. Mais si ce groupe est parvenu à résister à l’épreuve du temps (la formation est née en 2003), il le doit à la présence de son chanteur charismatique Eddie Argos. Trop de vocalistes insulaires chantent de la même manière. Et souvent d’un timbre cristallin, modelé après de longues heures de mixage. Ce n’est pas le cas d’Eddie. Le sien est naturel ; et il en assume les limites qui peuvent parfois se révéler discordantes, comme sur « Slap dash for no cash » ou encore « Twist and Shout ». A dire vrai, il ne chante pas, il scande ses textes en ne cachant pas son accent typiquement britannique. Et c’est ce qui en fait son charme. En outre, Argos aborde dans ses lyrics, les problèmes de tous les jours. Les siens et puis ceux de celles ou ceux qui l’entourent. Des morceaux de sa vie, de nos vies. Simplement, en y apportant sa touche d’humour personnelle. Qui ne s’est jamais réveillé avec une cuite mémorable en se demandant ce qui lui était arrivé la veille ? « Alcoholics Unanimous » nous le rappelle. Trouver un job d’étudiant en ces temps de crise, n’est pas une sinécure. « Summer job » s’en soucie. Et en final, au cours duquel le groupe élabore un formidable crescendo de plus de sept minutes, « Mysterious Bruises » se souvient d’une nouvelle nuit agitée d’Argos.

« Art Brut vs Satan » a été enregistré en à peine deux semaines sous la houlette de Frank Black. L’ex-Pixies les a emmenés au sein de ses propres studios, dans l’Oregon. Chaque titre est un tube potentiel. A travers son punk-rock, Art Brut ne cherche certainement pas à révolutionner la face du monde, mais tout simplement à prendre son pied et à inviter ses aficionados à faire de même, sans se soucier du reste.

 

Art Brut

Bang Bang Rock & Roll (special edition)

Écrit par

Avant de jouir d’une distribution digne de ce nom, Art Brut en a chié. Beaucoup. Trop. Finalement, le petit label Fierce Panda leur a laissé une chance. Notre chance en quelque sorte. L’année dernière, nous découvrions donc « Bang Bang Rock & Roll », premier album miracle de ces sympathiques Londoniens. Nous vous en disions tant de bien (voir l’élogieuse chronique de G.E.). Aujourd’hui, Art Brut est signé sur une Major. La terre tourne à l’envers : dans le sens des musiciens, à contresens des desiderata de l’industrie musicale.

Comment explique-t-on qu’en 2005, Art Brut se soit fait balancer de toutes les maisons de disques ? Qu’en 2006, ces mêmes maisons de disques viennent leur déposer une valisette de diamants pour les héberger ? Plusieurs raisons sont avancées : un sens aiguisé de l’observation, un super patronyme, des refrains idiots à gueuler comme des sots et un accent britannique caractéristique. A faire tomber les irréductibles fans de Blur et Pulp. Au chant, la verve d’Eddie Argos fait des ravages : « Formed a Band », « Bang Bang Rock & Roll », « My Little Brother », « Bad Week-end ». Il y a plus d’un an que la mayonnaise n’est pas prête de tourner ! En cause, une distribution internationale appropriée et un disque bonus du plus bel effet. De nouvelles chansons sans ambitions viennent ainsi donner une bonne leçon aux productions prétentieuses de bon nombre de leurs contemporains. Et toujours de chouettes histoires : celle d’un gars qui se fait frapper à l’école (un fan de rock ? Un fan d’Art brut en 2005 ?) sur « These Animal Menswear » ou, encore, celle d’un type gratouillant dans sa chambre en se prenant pour une star (Art Brut en 2005 ?) sur « Maternity Ward ». Sans oublier les versions live des grands moments du disque (« Rusted Guns of Milan », « Modern Art »). Bref, vous l’aurez compris : Art Brut, c’est fort !

Art Brut

Bang Bang Rock and Roll

On ignore si Eddie Argos, le leader d’Art Brut, aime Dubuffet et Warhol, mais en tout cas il aime le rock’n’roll. Rien de plus simple, certes, que d’en jouer : la preuve par ce disque, qui mixe à l’arrache tous les plans foireux du rock, en deux temps trois accords, sans oublier l’humour, à la Jonathan Richman. L’Art Brut se voulait spontané, sans prétentions culturelles et sans démarche intellectuelle. Il faut pourtant voir derrière ces 12 titres en apparence simplets l’un des discours actuels les plus malins sur le rock, son business et ses tares, et ses plaisirs aussi. En ruminant d’une voix hachée (à peine chantée) ses historiettes sur l’amour, la musique, L.A., le Velvet Underground et le NME, Eddie Argos se pose en penseur postmoderne d’un genre musical qui bien souvent se mord la queue. Peut-on parler d’autocritique (le rock est mort, vive le rock !), de mise en abîme à la Debord (la « société du spectacle rock ») ? Moins bêtes qu’ils en ont l’air, les rockeurs d’Art Brut viennent de pondre un disque drôle, jubilatoire, parce qu’ils se moquent d’eux-mêmes et de leur « art » tout en pondant de sacrés tubes (« Formed A Band », « My Little Brother »). De l’art du quotidien, de l’analyse sociale et musicale, les bons refrains et l’attitude en plus. Ces types ont tout compris : s’ils font partie du cirque rock’n’roll, ce ne sont pas eux les clowns. Du rock’n’roll, certes, mais dont la mise en scène participe à sa propre critique. Pas cons, les mecs !