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Black Rebel Motorcycle Club

Black Rebel Motorcycle Club, Night Beats, De Roma, Anvers le 6 décembre 2025 – Photos

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S’il y a bien un groupe qui refuse d’être enfermé dans une case, c’est Black Rebel Motorcycle Club. À De Roma, ils célèbrent le vingtième anniversaire de leur légendaire album « Howl » : une ode à la liberté d’une vie baignée dans le pur rock.

À une époque dominée par la pop colorée et le hip-hop, Black Rebel Motorcycle Club vous emmène dans un voyage à travers l’histoire du rock authentique. Les membres du groupe, Peter Hayes (chant, guitare), Robert Levon Been (chant, basse) et Leah Shapiro (batterie), n’hésitent pas à puiser dans la riche histoire musicale de leur pays natal. Blues, rock’n’roll, roots, americana, une touche de psychédélisme, tout cela se retrouve dans les morceaux complexes du groupe américain.

En gravant « How »l (2005), Black Rebel Motorcycle Club s’est imposé, peu de temps après son premier album « B.R.M.C. » (2001) et le suivant « Take Them On, On Your Own » (2003), il y a vingt ans. Grâce à un son singulier et des prestations scéniques charismatiques, il est rapidement devenu l’un des groupes de rock américains les plus emblématiques des deux dernières décennies.

Une setlist constituée de classiques de « Howl », complétée par de nouveaux morceaux.

La formation américaine Night Beats assure la première partie. Eux aussi proposent un savoureux mélange de rock, de psychédélisme et de garage (page ‘Artistes’ ici

(Source : De Roma)

N’hésitez pas à jeter un œil aux photos :

BRMC

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/8907-black-rebel-motorcycle-club-06-12-2025

Night Beats

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/8908-night-beats-06-12-2025

Organisation : De Roma,

 

 

Black Rebel Motorcycle Club

Pas dans son trip...

Seule date prévue dans notre pays pour les BRMC, qu'on avait vus trois fois l'année dernière, dont à l'AB Club pour un concert mémorable, tout en puissance et déliquescence psychédéliques. On attendait donc beaucoup de nos rebelles préférés en motocyclette, surtout que leur deuxième album, « Take Them On, On Your Own », confirme tout le bien qu'on pense d'eux. Pas de bol : ce concert fût décevant. Les raisons : l'heure tardive (23h), pas de première partie pour se mettre dans le bain, un light show et un son pourris – une torture pour les yeux et les oreilles. La setlist, pourtant, était parfaite : « Six Barrel Shotgun », « Stop », « US Government », « Spread Your Love » d'entrée, ça fait mal. Puis « Love Burns », « We're All In Love » et bien d'autres, malheureusement noyés dans un déluge d'overdubs qui finirent par annihiler toute tentative d'abandon sensoriel. D'habitude, les BRMC jouent à fond la carte de l'ambiance – fumigènes, obscurité, son tournoyant qui prend aux tripes. Cette fois, c'était pompon, d'autant plus que le public était lui aussi d'une raideur agaçante (beaucoup de m'as-tu-vu n'ayant guère d'affection pour le rock'n'roll, mais puisque c'est « aware »…). Rien n'y fera, même pas un « Whatever Happened To My Rock'n'Roll » incendiaire, pourtant un des meilleurs tubes « garage » de ces deux dernières années. Il faut dire que cette lumière blanche éclairant la salle entière, toutes les trente secondes, avaient de quoi refroidir le plus endurci des fans : sans cette frontière indispensable entre le public et le groupe (la salle en général plongée dans l'obscurité pour concentrer l'attention du public sur la scène), il devenait bien difficile de ne pas regarder les trois rockeurs comme un groupe en show case, jamais vraiment dans leur trip, et nous avec. Pas cool.

Black Rebel Motorcycle Club

Miracle californien?

New York Dolls, Stooges, AC/DC,… Le DJ balance la grosse artillerie pour faire mousser la foule, venue en masse ce soir-là pour accueillir comme il se doit les nouveaux messies du rock'n'roll (oui, encore !), compagnons d'équipée d'Angus Young, de Jim Morrison et de Jason Pierce. Leur nom : les Black Rebel Motorcycle Club, un trio de Californiens fort en gueule, dont le nom est emprunté aux loubards à perfecto du film The Wild One. Et c'est vrai qu'à les voir sur scène, on les imagine bien chevaucher une grosse cylindrée sur les routes poussiéreuses de l'Amérique profonde, avec Steppenwolf comme bande son idéale et les disques du Velvet bien planqués dans le coffre de leur siège…

Un concert du Black Rebel Motorcycle Club, c'est donc une chevauchée fantastique à travers l'histoire cahoteuse du rock'n'roll de l'Oncle Sam, d'Iggy aux Strokes, de Slade aux Dandy Warhols. Sur scène, les guitares en vrille, la batterie épileptique, le chant névrosé et plaintif, tout cela concourt à faire de leur musique une descente hypnotique dans les tréfonds les plus fiévreux de notre inconscient. Pourtant, l'impression d'avoir déjà entendu cette voix, ces riffs quelque part (Joy Division, Stone Roses, Primal Scream,... ?) angoisse, inquiète, déstabilise, mais les volutes psychédéliques et les refrains en boucle finiront par nous tétaniser, et la musique des BRMC de se transformer alors en expérience extatique digne de celles des Merry Pranksters. En déployant leurs morceaux en spirales interminables de reverbs sous LSD, les Black Rebel Motorcycle Club nous entraînent dans un trip hallucinant, à bord duquel le Grateful Dead taperait une jam' avec Frank Black et Bez des Happy Mondays. What ever happened to my rock'n'roll ? ", chante le guitariste en fin de concert… C'est simple, mon vieux, il lui est juste arrivé un petit miracle, et ce miracle, il nous vient de Californie.

Black Rebel Motorcycle Club

Specter at the feast

Après le décès de Michael Bean en 2010 (fondateur de The Call et père du bassiste Robert Levon Been) le trio de LA a décidé de prendre du recul. Il a donc attendu trois ans avant de publier un nouvel opus, un disque sur lequel figure une reprise du papa décédé. « Specter at the feast » trempe dans une forme de pop/rock’n’roll shoegaze, ténébreux, parfois légèrement teinté de blues, mais susceptible de donner naissance à des compos puissantes ; à l’instar du triptyque « Hate the taste », « Rival » et « Teenage disease », des compos marécageuses, solides, intrigantes, excitantes, cinglantes et contagieuses. Et c’est manifestement dans ce domaine que le BRMC est le plus performant.

Quelques plages durent plus de 6 minutes. « Fire Walker », le morceau d’entrée. Et puis les deux pistes finales « Sell it » et « Lose Yourself », cette dernière atteignant même les 8’39. Si « Let the day begin » et « Funny games sont encore chargés d’adrénaline, la formation se permet aussi de lever le pied. Ce n’est pas neuf, puisque sur ses derniers elpees, elle avait déjà tenté l’exercice de style. Ainsi « Lullaby », « Some kind og ghost » et « Sometimes de light » baignent au sein d’un climat paisible. Une face de leur musique plus lumineuse et également une belle démonstration que BRMC est capable de maîtriser un plus large spectre d’écriture.

 

Black Rebel Motorcycle Club

Take them on, on your own

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Lors de la sortie de leur premier album éponyme, j'en avais conclu que si vous aimez ou avez aimé Jesus & Mary Chain, le Velvet Underground, My Bloody Valentine et Joy Division, vous adorerez la musique de BRMC ! A cause de leur rock'n roll sauvage, ténébreux et bruitiste, dont les ballades lancinantes, fiévreuses et soniques s'impriment sur un tempo implacable. " Take them on, on your own " ne se contente cependant plus de reproduire le même schéma. Il va plus loin. Oh oui ! Bien sûr ! L'électricité est toujours aussi subversive, venimeuse, féroce, croustillante, menaçante, implacable, et j'en passe. Rappelant inévitablement, sur plusieurs fragments, J&MC. Les vocaux nonchalants, visionnaires, qui véhiculent des lyrics tantôt philosophiques, tantôt psychotiques, tantôt rebelles, continuent de macérer dans un climat ténébreux, en projetant des images en noir et blanc peuplées de personnages aussi controversés que Lester Bangs, Marlon Brando, Jim et William Reid, Iggy Pop ou encore Noël Gallagher. Et même de Bush et de toute sa clique. A travers une chanson dont le titre est sans équivoque : " U.S. governement ". Mais le champ des influences s'est considérablement élargi. A un tel point, qu'au plus je l'écoute, au plus j'en découvre. Depuis le magnétisme malsain exercé par " Gimme shelter " des Stones sur " We're all in love " à la frénésie stoogienne dispensée tout au long de " Going under ", en passant par la noisy de type 'shoegazing' (Ride ?), concédée tout au long de " Shade of blue ", la ligne claire instituée par Sad Lovers & Giants (NDR : à force d'en parler, vous finirez bien par vous pencher sur ce mythe mésestimé) qui illumine le très beau " Suddenly " et la britpop hymnique, électrique et vivifiante puisée dans l'Oasis de " Defenitely Mabe ", chez l'implacable " Stop " et le vibrant " In like the rose ". Sans oublier le très beau et soft " And I'm aching", un fragment purement est simplement sculpté dans les cordes de la guitare acoustique. En finale, les sept minutes de " Heart + soul " replongent dans l'univers glauque de J&MC, en libérant une adrénaline à la fois malsaine et redoutable. Un must !

Black Rebel Motorcycle Club

Il y a toujours un message à faire passer...

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Lors de la sortie de leur premier opus éponyme, j'en avais conclu que si vous aimez ou avez aimé Jesus & Mary Chain, Le Velvet Underground, My Bloody Valentine et Joy Division, vous adorerez la musique de BRMC. A cause de leur musique sauvage, ténébreuse et bruitiste, dont les ballades lancinantes, fiévreuses et soniques s'impriment sur un tempo implacable. Mais le Black Rebel Motorcycle Club (NDR : patronyme choisi en hommage au nom du gang de motards emmené par Marlon Brando dans 'L'équipée sauvage', un film qui remonte à 1952) se veut avant tout authentique, reprenant le flambeau de ses illustres prédécesseurs pour perpétuer la tradition du rock'n roll. Et leur second opus, " Take them on, on your own ", en est la plus belle illustration. Rencontre avec Robert Levon Been, chanteur/bassiste et co-compositeur du trio californien…

Alors Black Rebel Motorcycle Club ou BRMC ? A l'instar des formations qui ont réduit leur nom par les initiales, la formation californienne ne risque-t-elle pas, un jour, d'être tentée de suivre le même chemin. "C'est étrange, car à l'origine nous nous appelions BRMC. Mais lorsque nos Cds sont arrivés dans les bacs des disquaires, personne ne parvenait à mettre la main dessus. En fait, ils étaient classés dans le répertoire 'BR' au lieu de 'BL'. Donc, on a dû se résoudre à reprendre le patronyme dans son intégralité. Ce qui est amusant, c'est qu'aujourd'hui tu me demandes si un jour nous pourrions faire le chemin inverse. Franchement, je n'en sais trop rien..."

Black Rebel s'est forgé une réputation de groupe réservé, parlant peu. C'est un peu leur modus vivendi. " Nous avons toujours voulu mettre notre musique en avant plutôt que le groupe. Mais il est exact que depuis quelque temps, on se pose des questions. Notamment depuis que nous avons été invités aux MTV awards. Nous y avions joué 'live'. Et les journalistes, les médias, s'intéressaient plus à notre prestation qu'à la raison pour laquelle nous avions décroché ce prix. J'avais le sentiment que pour eux la musique était devenue accessoire. Qu'ils ne comprenaient pas notre langage. Pourtant, il y a toujours un message à faire passer, même si personne ne prend la peine de l'écouter. Mais il est vrai que pour l'instant, nous sommes un peu à la croisée des chemins… " Etonnant, lorsqu'on sait qu'un jour, un des musiciens du combo a déclaré 'Notre musique signifie plus pour le public, qu'elle signifie pour nous !' Ce qui méritait une explication. Robert reconnaît que cette phrase possède un poids énorme. " Tout dépend de l'interprétation qu'on lui donne. Je ne me souviens plus de l'endroit où on a tenu ce discours, mais nous l'assumons. Lorsque je vois l'étincelle dans les yeux de nos fans, j'y lis le bonheur. Et ils le manifestent plus spontanément que nous. Mais composer, enregistrer, se produire en public et assumer du bonheur en même temps, c'est un peu beaucoup. J'admets que nous produisions un certain effet sur les gens, mais je veux garder mes distances par rapport à ce phénomène…"

" Mais de là à ce que 'Stop !' la première chanson du nouvel opus confesse 'Nous ne vous aimons pas, nous essayons seulement de vous juger', il y a manifestement un pas difficile à franchir. Robert s'explique : " Si je me souviens bien, cette chanson a été écrite à Londres, lors de notre premier périple sur le Vieux Continent. A cette époque, nous étions un peu paranos. Nous nous posions beaucoup de questions. L'intérêt que nous portaient les gens nous paraissait un peu trop soudain. Ils nous considéraient comme le groupe dans le vent. Un hype ! Et nous n'aimions pas beaucoup nous retrouver dans cette position. Lors d'un set accordé dans un petit club à Londres, j'ai eu l'impression que c'était le message que le public nous adressait. Il n'aimait pas vraiment le groupe. Il était venu, non pas pour nous voir, mais pour être vu. Alors, lors d'une jam, sur laquelle reposaient une ligne de basse et le jeu de batterie, j'ai commencé à improviser ces paroles. Je ne pense pas qu'une telle situation pourrait encore se reproduire aujourd'hui, mais si elle survenait encore, je réagirais différemment. En chantant pour eux plutôt que de les haïr. Plutôt que de leur dire d'aller se faire foutre. C'est dans ce contexte qu'il faut replacer ces mots… 'Stop !' est une chanson qui a été composée sur scène. Nous jouions ce morceau à la fin de chaque spectacle, parce que nous ne voulions pas terminer notre set sur une note calme. Nous voulions qu'elle s'achève sur un mode rock. Avec du volume. Quatre titres sont issus de prestations 'live'. 'Heart & soul', par exemple. Nous avons réalisé les prises à quatre endroits différents : Paris, Tokyo, Londres et… (NDR : à cet instant quelqu'un est entré dans le local pour aller prendre une bière dans le frigidaire. Et j'ai cru comprendre… Los Angeles). Les versions étaient bien sûr différentes ; mais ensuite on a essayé de mettre toutes les pièces du puzzle ensemble en n'en sélectionnant que les meilleures. Pour atteindre une forme d'apogée au niveau du son. On en a fait en quelque sorte, un 'best of'… "

Sur leur nouvel album figure une composition à caractère politique, 'US governement'. A ma connaissance, elle constitue leur seule concession dans ce domaine. Alors, engagement ou accident ? " Tout est accident ! Même se retrouver au sein d'un groupe. En fait, cette chanson a été écrite à nos débuts. Il y a longtemps. A l'époque, nous la jouions déjà 'live'. Très, très fort ! Et nous la réservions à la 'b side' de notre premier disque. Mais au moment où nous allions le sortir, le 11 septembre est arrivé ; et face au désarroi des victimes, nous pensions qu'il était inutile d'en rajouter une couche. Mais au fil du temps, nous avons commencé à la maîtriser de mieux en mieux sur scène ; et, pour ne pas désavouer nos fans, nous en avons conclu qu'il serait ridicule de la cacher sur une flip side… " Paradoxal, lorsqu'on sait qu'à leurs débuts, la formation avait déclaré qu'ils n'avaient pas uniquement l'intention de s'adresser à un public bien ciblé. Aux cool kids, en particulier. Et que s'ils se rendaient compte que c'était le cas, ils changeraient de fusil d'épaule. " Cet épisode remonte également aux débuts du groupe. Nous vivions à San Francisco. Nous étions dans le trou. Mais on essayait d'en sortir. On cherchait à gagner les faveurs du public. Nous n'appartenions à aucune scène. Nous étions considérés comme un groupe local. Bien sûr, je n'ai rien contre les groupes locaux. Mais si à SF il existe de nombreuses scènes impliquant de nombreux groupes, nous avons eu un mal de chien à y trouver notre place. Encore que je me demande si nous l'avons un jour trouvée ou si nous la trouverons un jour. Et je pense que ce n'est pas plus mal. Regarde la 'New York revolution' ! Ou si tu préfères, la musique de la nouvelle génération. Les médias veulent absolument enfermer tous les groupes qui y émargent dans le même sac. Du formatage ! Nous ne voulons surtout pas y être associés. Et encore moins récupérés. C'est une campagne de marketing, à laquelle nous refusons de souscrire ! Nous voulons créer de la musique qui plaise à tout le monde. Depuis la jeune fille au vieillard, plutôt que de cibler un public particulier. 'Cool kids f*****g !'

En parlant de formatage, aurait-il un œuf à peler avec les Strokes, les White Stripes, Interpol, les Warlocks et les Kills ? " Je ne mettrai pas les Kills dans le même sac. Ce sont des groupes qui possèdent d'indéniables qualités artistiques. Mais ils sont différents. Et on n'a pas le même feeling. J'apprécie plus particulièrement les White Stripes, Interpol et les Warlocks. On a joué avec ces derniers à Los Angeles. Devant 20 personnes. Ils sont authentiques et véhiculent un esprit bien personnel. C'est la raison pour laquelle je pense qu'ils sont respectables ; mais on ne peut pas dire que tout ces groupes soient rock'n'roll. Ils font de la pop. Seul leur déguisement est rock'n roll. Ils n'écrivent pas des chansons hymniques qui portent les gens, mais cherchent un mode d'évasion. Pour nous, notre devise est 'Stay awake !' (Restons éveillés !). Maintenant, je suis conscient qu'aujourd'hui, il faut plaire aux jeunes. Et que pour y parvenir, il faut soigner les pochettes, accorder des interviews, remplir les pages des magazines. Mais nous, on veut aller au-delà de tout ce strass. Avoir une démarche plus profonde… " Peut-être dans l'esprit des Stones. A cet égard, 'We're all in love' me semble tellement hanté par l'esprit des Stones ? Et en particulier par la composition 'Gimme shelter'… " C'est la meilleure chanson que les Stones ont écrite depuis 1970 ! On ne nie pas l'évidence. Et il est vrai que nous essayons de faire revivre l'esprit de cette époque. Dans le domaine de l'amour, tu peux être en compagnie de quelqu'un, mais en même temps très éloigné de cette personne. Et cette tension est terrible. Mais dans le même ordre d'idées, lorsque tu es éloigné de cette personne, tu ressens de l'espoir, de l'optimisme, au plus profond de toi-même. Il existe en nous cette idée d'euphorie de l'amour, lorsque vous êtes éloigné de l'autre. Comme si vous viviez une profonde angoisse. Du 'non dit' ! Car vous pouvez côtoyer l'autre, sans déclarer votre flamme. Cette situation existe. Vous ne pouvez pas la voir, l'entendre ou la toucher, mais vous savez que ce sentiment brûle au plus profond de votre âme… "

Lorsqu'on écoute la musique de BRMC, on ne peut s'empêcher de penser au Velvet Underground, à Joy Division et surtout à Jesus & Mary Chain. Les prestations 'live' baignent même dans un nuage de fumée, comme chez le défunt J&MC. Des comparaisons qui reviennent régulièrement chez la plupart des journalistes. Mais qu'en pense notre interlocuteur ? " Je ne sais pas. Contrairement aux apparences, les comparaisons, ce n'est pas mon fort. Chacune de ces formations pratique de la bonne musique. Ce sont, quelque part, des légendes. Et être comparés à ces légendes, c'est un compliment. D'autre part, il y a sans doute une certaine paresse de la part des médias qui se contentent de telles analogies. Car, il existe autre chose derrière tout cela. Maintenant, il est exact que tous les groupes passent par le stade des comparaisons ; c'est la transition nécessaire avant de parvenir à acquérir sa propre identité…" 

Par contre, Robert voue une grande admiration au défunt groupe britannique The Verve. " Un groupe génial, expérimental. Qui était parvenu à pousser le son dans ses limites. Un concentré d'énergie. Aussi bien à travers la musique que les lyrics. Mais lorsque Nick McCabe est parti, tout s'est écroulé. A ce moment là, je me suis rendu compte que l'univers de la musique avait perdu quelque chose de vital. Tout ce qui a suivi 'Nothern soul' n'a plus jamais eu la même dimension. Triste ! Ce groupe était fantastique, parce que sa musique évoluait sans cesse. J'ai assisté à trois de leurs sets 'live', dont un à San Francisco. C'est ce que j'ai vu de meilleur sur scène à ce jour. Tout comme le Primal Scream… " Ah, bon ! (NDR : le seul concert de Primal Scream, auquel votre serviteur a assisté fût tout bonnement catastrophique. Il y a presque 20 ans. A l'AB de Bruxelles. Je lui ai donc fait part de mon étonnement. Et il s'est simplement mis à rire. Faut croire que la bande à Bobby Gillepsie a fait d'énormes progrès sur les planches. Enfin, au bout de deux décennies, ce serait quand même dommage de ne pas être parvenu à s'améliorer. Attention, je parle bien de prestation scénique ! Les albums de Primal Scream sont, pour la plupart, de petits bijoux. Dont acte !)

Petit détail amusant, le père de Robert, n'est autre que Michaël Been, le leader du défunt Call, une formation fondée en 1979, dont le premier opus est une petite merveille. Ce qui avait d'ailleurs, à l'époque, poussé Peter Gabriel à les soutenir. J'avais même lu, dans un article, que Michaël était devenu le manager de BRMC. Bob rectifie. " Non, pas du tout. Il est le responsable du mixing lors de nos tournées " Donc, quelque part, il apporte son expérience au groupe. Robert semble assez gêné d'en parler. " J'ai beaucoup de mal à expliquer sa contribution. Je savais qu'il était capable de faire du rock'n'roll. Mais il est âgé de 47 ans. Il est difficile de parler de son père quand il ne fait pas un métier comme Monsieur tout le monde. Qu'il n'est pas garagiste ! Je me mets à sa place. On attend que je confesse qu'il m'a procuré des conseils, mais non, ce n'est pas le cas. Il mixe, et puis c'est tout. Le monde de la musique est tellement chaotique. Il change constamment. Dans ce domaine, il n'existe pas de règle d'or. Ce n'est déjà pas facile de parler de nous. D'expliquer les raisons pour lesquelles vous prenez telle décision, signez sur tel label. Alors, parler de son père… Je pense que du moment que vous fonctionnez à l'instinct, le reste… "

Merci à Vincent Devos

 

Black Rebel Motorcycle Club

BRMC

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Alors là, franchement, il faut avouer que le patronyme du groupe a de quoi interpeller. En fait, ce trio californien a tout simplement emprunté ce nom au gang de bikers de Marlon Brando, qui sévissait dans le film " The wild one ". Annonçant ainsi à l'instar de la pochette, la couleur ( ?!?!?) de leur musique : noire et blanche ! Ainsi, si vous aimez ou avez aimé Jesus & Mary Chain, le Velvet Underground, My Bloody Valentine et Joy Division, vous adorerez la musique de BRMC ! D'autant plus que leur album éponyme est, dans le style, épatant. Que ce soit à travers le rock'n roll sauvage, ténébreux et bruitiste, imprimé sur un tempo implacable, ou les ballades lancinantes, fiévreuses et soniques. Parce que leurs mélodies infectées de sonorités sales, acérées, saturées, distordues, sont produites par une coagulation crépusculaire, mais terriblement efficace, de cordes de guitare acoustique et électrique. Un must !