Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Charles Bradley

Décès du chanteur de soul Charles Bradley

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Né le 5 novembre 1948 à Gainesville en Floride, Charles Edward Bradley est décédé ce 23 septembre à Brooklyn, dans l’arrondissement de New-York, entouré de sa famille, ses amis, y compris les membres des groupes avec lesquels il a travaillé ces dernières années : Menahan Street Band, His Extraordinaires, Budos Band et Jimmy Hill Allstarz, sa toute première formation. Il luttait contre un cancer depuis quelques années, maladie qu’il l’a récemment rattrapé. Tout en assumant un job de cuisinier, pendant plus de deux décennies, il a chanté, sans avoir pourtant de groupe fixe. Ce n’est qu’à l’âge de 51 ans que sa carrière a véritablement commencé. Il a d’ailleurs enregistré son premier single en 2001 et ses trois albums entre 2011 et 2016. Grand admirateur de James Brown, il avait choisi le pseudo Black Velvet, pour se produire sur scène. Une grande voix de la soul vient de disparaître…

RIP

Brad Stivers

Took you long enough

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Brad Stivers est né en Californie. Il apprend d’abord à jouer du trombone et du saxophone. Mais lorsque sa famille s'installe dans l'état de Washington, il tombe sous le charme de la guitare et commence à écouter des bluesmen, et tout particulièrement BB King, Stevie Ray Vaughan et Joe Louis Walker. Il file alors dans le Colorado où il fonde, en 2014, son premier groupe, Bad Brad & The Fat Cats. Il représente son état à l'International Blues Challenge de Memphis où il atteint la finale. Il se fixe enfin à Austin, au Texas, où il vit toujours. Ce qui lui permet de fréquenter les meilleurs clubs locaux comme le Continental Club et l’Antones. Après avoir publié son premier elpee solo, "American Music", il signe chez Vizztone, label pour lequel il grave ce nouvel opus, en mai dernier. 

Rock'n'roll pur, court, direct et efficace, "2,000 miles" ouvre la plaque. Brad possède une très bonne voix, mais comme si elle sortait tout droit d’un juke-box, au cours des 60’s. Traduit en succès par Ray Charles, en 1966, le nerveux "You're just about to lose your clown" en est un nouvel exemple. La section rythmique structure la trame. La voix s’emporte. Invité, Mark Wilson prend son envol au saxophone avant de céder le relais aux cordes du leader. Qui sont omniprésentes tout au long du rockabilly bien dynamique "Put it down". La voix de Brad est bien mise en relief tout au long du funky r&b "Took you long enough". Légèrement rocailleuse elle évolue au sein d’un registre étonnant. En outre, elle dialogue avec les courtes séries de notes dispensées par les cordes. "Here we go again" est une autre compo qui figurait au répertoire de Ray Charles. Une ballade subtilement dépouillée, attaquée en formule trio. Brad et Miss Emily Gimble se partagent les vocaux. Cette dernière se consacre au piano et Eric Przygocki, à la contrebasse. A l’instar du morceau précédent, la suite se révèle un peu plus paisible. En 1971, le soulman O.V Wright publiait "Nickel and a nail". Roy Buchanan a repris ce titre en 1985. Brad et Malford Milligan nous en proposent une nouvelle version qui se distingue par des interventions remarquables, à l'orgue Hammond, du producteur texan Bukka Allen. Ce qui n’empêche pas Stivers de prendre un bel envol sur ses cordes. Un sommet de cet opus! "One night of sin" est issu de la plume du néo-orléanais Dani Bartholomew, une compo reprise par Joe Cocker. Adorable, d’une simplicité et d’une efficacité déconcertantes, la nouvelle adaptation est instrumentale. "Can't wait" campe un shuffle solide et explosif. Très texan aussi. Et bien dans l’esprit du regretté concitoyen d'Austin, Stevie Ray Vaughan. "Save me" est un slow blues de référence. Chargée de reverb, la gratte produit un effet dramatique saisissant, alors que la voix colle parfaitement au morceau. Le long playing s’achève par une cover du notoire "Cold sweat" de James Brown, en version instrumentale. La section rythmique trace la ligne de conduite funk et la guitare est une dernière fois mise en exergue...

 

Brad Wilson

Power Blues Guitar Live

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La musique de ce chanteur/guitariste/compositeur macère dans le blues/rock californien. L'an dernier, il avait gravé un elpee de toute bonne facture, "Blues thunder". Brad est tout à fait à l'aise sur les planches. Il multiplie d’ailleurs les concerts, tant en Californie qu’en Europe. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a décidé de publier ce "Power Blues Guitar Live", flanqué de son Rollin' Blues Thunder Band. Au menu, treize plages, parmi lesquelles figurent reprises et compositions personnelles.

En guise d’échauffement, le combo adapte un des plus célèbres titres de Muddy Waters, "Got my mojo working". Chaude, la voix de Wilson tient la route ; mais c’est surtout sur sa Fender Stratocaster qu’il se distingue. Il ne tient pas en place et profite de la moindre occasion pour mettre le feu. "I'm tore down" est imprimé sur un tempo semblable, une compo popularisée –il y a belle lurette– par le géant Freddie King. Dès qu’il en a l’opportunité, Brad se réserve des billets de sortie afin de maltraiter son instrument. Le rythme retombe tout au long du long blues lent "I can't quit you baby", un morceau issu de la plume de Willie Dixon, pour lequel Otis Rush avait décroché son premier succès en 1956. Les interventions de gratte sont gémissantes, mais elles ne suscitent jamais l’ennui. Chouette blues/rock, "All kinds of a fool" semble hanté par feu l’Irlandais Rory Gallagher. Brad nous réserve quelques covers de titres notoires. Dont "Born under a bad sign", un hit d’Albert King qui date de 1967, et l'inévitable "Sweet home Chicago" de Robert Johnson. Mais également une excellent version du "I just want to make love to you" de Willie Dixon, mais imprimée sur un mid tempo. Et manifestement sur cette piste, il est inspiré par Jimmy Page. Une dextérité qu’il démontre de nouveau sur "She moves me". Encore un titre de Dixon : "Spoonful". Mais il est abordé sous la forme d’un medley. Une plage qui met bien en exergue le talent du batteur (Thaxter Daggs ou Kofi Baker?) Signé Muddy Waters, "Standing around crying" constitue le second blues lent, un morceau qui libère beaucoup d'intensité dramatique. En fin de concert, Brad nous réserve un dernier slow blues, en l’occurrence le classique de T-Bone Walker, "Stormy Monday", une compo tapissée par l’orgue de Kirk Nelson. Bref, en accordant cet excellent set, par ailleurs particulièrement énergique, Wilson a démontré la large palette de son potentiel, face au public.

L’elpee recèle un bonus track. Une compo indolente signée par le Californien, "I'm still breathing" (NDR : elle figure sur l’album "Hands on the wheel"). Nelson se consacre au piano électrique et Joe Robb au saxophone.

 

Charles Bradley

Un Pasteur d’amour…

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Nouveau phénomène sur la scène soul contemporaine, le New-yorkais Charles Bradley se produisait sur les planches du Cirque Royal, ce jeudi 7 avril. Malgré ses 67 balais, on ne peut pas dire que ce soit un vétéran sur la scène musicale. Et pour cause, il n’a été découvert que tardivement ; en outre, son premier album, n’est paru qu’en 2012. Faut dire que sa vie tumultueuse a plus que probablement retardé son éclosion. D’ailleurs, il faut reconnaître que sa signature sur le label Daptone, constitue un petit miracle. Et l’artiste est venu défendre son dernier né de sa très courte discographie, « Changes », qui vient à peine de sortir en Belgique.

Malgré cette reconnaissance tardive, la salle est sold out ; et l’auditoire est impatient de découvrir les déhanchements de ce nouveau golden ‘papy-soul’. Sur les planches, il est soutenu par un fameux collectif de 7 musicos, dont les indispensables cuivres et orgues. Et manifestement, il sait s’entourer. Sa formation, judicieusement baptisée His Extraordinaries, va se révéler irréprochable d’un bout à l’autre du show. Mention spéciale à l’organiste qui avait la lourde tâche de chauffer la salle pour annoncer le soulman avant son entrée, mais également combler les intermèdes entre ses changements de costumes et moments de récupération. Après une intro instrumentale, caractérisée par son groove irrésistible, l’artiste déboule sur l’estrade, vêtu d’un costume pailleté digne de James Brown (NDR : qu’il avait d’ailleurs découvert en live, à New-York, en 62). Malgré une condition physique limitée liée à son âge (et ses excès ?), Charles Bradley parvient, dès le départ, à combler son auditoire grâce à son incroyable voix et une présence charismatique. Il transcende ses morceaux et les transforme en condensés d’émotions parfois difficilement supportables, à l’instar du final bouleversant « Whi is It so Hard ? », morceau qui retrace son parcours de vie qui l’a entraîné de Brooklyn à la Floride, en passant par l’Alaska, tout en rappelant l’épisode de l’abandon par sa mère dès ses 8 mois (NDR : qu’il retrouvera à l’âge de 8 ans). Véritable showman, il prend beaucoup du plaisir en ‘live’ et communique beaucoup avec son public. Il parvient même à créer des connexions à travers l’évocation des récents attentats bruxellois. Mais avant tout, l’Américain annonce être là pour partager son amour… et il va le démontrer tout au long du concert qui atteindra son apothéose lors du rappel, quand il décide de serrer les mains de ses fans comme un pasteur évangéliste, dans une église baptiste de la ‘bible-belt’, du Sud des Etats-Unis. Il se permet même un lancer de roses… Pas ridicule pour un sou, tant le geste cadre avec le personnage et l’esprit du concert. Mais on retiendra avant tout l’excellence des morceaux et l’osmose incroyable entre l’artiste et son groupe, une synergie qui permet au chanteur de réaliser ses rêves totalement et librement. Définitivement le ‘feelgood’ concert de la semaine…

(Organisation : Live Nation)

 

 

Brad Vickers

That's what they say

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Brad Vickers nous vient de Long Island, sur la côte Est, non loin de New York. Il y drive ses Vestapolitans. C’est-à-dire une section rythmique constituée du batteur Bill Rankin et de la bassiste Margey Peters. "That's what they say" constitue son cinquième elpee. Il fait suite à "Le Blues Hot", paru en 2008, "Stuck with the blues", en 2010, "Travelling blues", en 2011 et "Great day in the morning", en 2013. La musique creuse au sein des racines, qu’elles soient blues, folk ou ragtime ; mais elles sont teintées d’une bonne dose de rock'n'roll. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Fat Rabbit. Etabli à Montclair, dans le New Jersey, il appartient au guitariste Dave Fross.

L’opus s’ouvre par deux traditionnels issu des années 30, au cours desquels Brad se sert du bottleneck. Tout d’abord "Seminole blues", un blues composé par Tampa Red, en 1937. Puis la cover du "Don't you love your daddy no more?" de Leadbelly. Accrocheuse, la version baigne dans un jazz d’époque. Dave Gross s’y consacre à la mandoline, Matt Cowan au sax baryton et surtout Jim Davis à la clarinette. En général, le reste du tracklisting est partagé entre la plume de Vickers et de Miss Peters. Souligné par les violons de Charles Burnham et de Margey Peters, le ragtime blues "If you leave me now" est imprimé sur un tempo enlevé. Burnham est toujours à l’archet pour un autre traditionnel, "Everything about you is blue". Soutenu par le concours de deux saxophones ténor, et repris en cœur par Brad et Margey,  "Another lonesome road" consomme une légère dose de rock'n'roll. "That's what they say" opère un retour au blues basique, dépouillé. Folklorique, "Mountain sparrow" est une invitation à la danse. Gross double banjo et mandoline alors que Margey se consacre au violon. "Fightin'" est interprété presque a capella. Seuls quelques claquements de mains et de modestes percussions épaulent les voix de Brad, Margey, Dave Gross et de Mikey Junior, invité pour la circonstance, tout au long de ce morceau qu’on pourrait comparer à une work song, voire à un gospel dépouillé. Excellent ! Séduisant, "Don't you change a thing" est sculpté dans un country/rock'n'roll. Le rythme s’est envolé. La voix de Brad passe bien la rampe face au violon de Miss Peters. Bref intermède, "Wishing well" est un prétexte à la danse populaire. Margey chante "Mama's cookin'", un country/boogie balisé par les saxophones de Cowan et Davis. "21st Century Rag" revient aux racines, un ragtime dominé par les interventions enchanteresses de deux violons et chanté en duo par Brad et Margey. Vickers ne boude pas le rock'n'roll ; et tout particulièrement l’originel. A l’instar de "The Secret", une plage au cours de laquelle s’illustrent les saxophonistes ainsi que les ivoires de Dave Gross. "Having a ball" est probablement la meilleure compo de l’opus. Un swing rockin' blues léger, mais terriblement efficace. Profitant de la solide ligne de basse, les cordes électriques de Dave Gross peuvent enfin décoller. Et le titre final est également très réussi. Sobre, simple et élégant, il met en exergue trois voix féminines, celles de Margey Peters, Christine Santelli et Gina Sicilia, sur un lit de cordes naturelles, dispensées par la mandoline et une gratte sur laquelle glisse un bottleneck…

 

Brad Wilson

Blues Thunder

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Issu de Los Angeles, Brad Wilson est chanteur/guitariste. Son style ? Le blues rock. Sa discographie personnelle est importante et son écriture prolifique. Son dernier opus, "Hand on the wheel",  s'était très bien vendu. L’artiste jouit d’une excellente réputation en ‘live’, surtout lorsqu’il est flanqué de son backing band. Qui implique aujourd’hui le bassiste Brian Beal, le drummer Amrik Sandhule, le claviériste Kirk Nelson, et l’harmoniciste Tumbleweed Mooney.

Les douze compos de "Blues Thunder" sont signées par Wilson. Il possède un son de gratte très caractéristique. Et elle s’éclate dès les premières mesures de la ballade "Is it any wonder". Limpide, sa ligne de conduite est mélodieuse et les arrangements sont discrets mais efficaces. Plus rythmé, "Change it up" libère davantage de groove. L'orgue s’est bien infiltré, le refrain est repris en chœur par les musicos ; mais c’est bien la six cordes qui tire son épingle du jeu. La voix de Wilson est naturellement puissante et autoritaire. Tendre ballade, "Blue shadows" concède des accents jazzyfiants. Les interventions au piano acoustique sont savoureuses. La voix est claire et empreinte de passion. Les sonorités de cordes sont largement amplifiées et évoquent celles de Gary Moore, lorsqu’il s’abandonne dans la délicatesse. Tombleweed Mooney souffle dans son harmo –et il est convaincant– tout au long de "Step by step", une piste franchement plus blues, au sein de laquelle Brad injecte un max d’énergie. Le titre maître est offensif ; un rockin' blues au rythme accrocheur, malgré les accès de guitare métalliques et frénétiques. "Let's go barefootin' it" est imprimé sur le Bo Diddley beat. Amrik brille au percus. Orgue et harmo se complètent à la perfection. Une des meilleures plages de l'opus ! Brad chante un peu à la manière de Bruce Springsteen –et c’est un compliment !– tout au long de la très jolie ballade roots, "My faith has been broken", un superbe morceau auquel l'orgue communique une chaleur intense. Autre ballade, blues dans l’inspiration et quasi pop dans son approche, "Cool runnin'" adresse un clin d'œil à Gregg Allman. A cause des sonorités aux accents sudistes ; et puis de la voix, ici très proche de celle du natif de Nashville. "Home" trempe dans l’americana. Les sèches ouvrent la piste dans la quiétude, avant d’emprunter un tempo soutenu. Chargé de jump et de swing, "Black coffee at sunrise" émarge au rockabilly, un titre balisé par cette voix naturellement impérieuse. Excellent ! Blues lent, "Sugar sweet" est sans doute la compo la plus complexe. Tant à cause des vocaux que de l’instrumentation ; et notamment de cette gratte particulièrement tourmentée. Une dernière ballade pour la route : "Never again". Majestueuse, bénéficiant d’arrangements soignés, elle révèle une guitare bien plus aventureuse, au cœur d’une mise en forme irréprochable… 

 

Bad Brad

Take a walk with me - Live in the studio

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Bad Brad, c'est le projet de Brad Stivers, un chanteur/guitariste originaire du Wisconsin. Agé de 23 ans seulement, il s’est établi du côté de Denver, dans le Colorado. Bad avait représenté la Société de blues du Colorado à l'International Blues Challenge de Memphis, en 2011.

Les Fat Cats se résument à un duo. Soit le frère de Brad, Alec, à la batterie et Nick ‘Cottonseed’ Clark, à l’harmonica. Le team avait publié "Eyes on the prize", l'année dernière ! Les Fat Cats, c'est avant tout un groupe de planches et ce n'est donc pas une surprise si cet elpee a été immortalisé ‘live’ au studio Colorado Sound.

L’intro est plutôt primaire. "Take a walk with me" manifeste une agressivité naturelle rappelant Hound Dog Taylor. Pas de fioritures, l’impact est direct. La voix brute, la guitare omniprésente. Nick Clark est venu souffler sur "Leghound". Cet harmoniciste talentueux rappelle Sonny Boy Williamson II. Brad ne desserre pas l'étreinte. Le kid de Denver met le feu à "Ego trip", un boogie endiablé. Le jeu des questions et réponses s'installe entre la guitare et l'harmonica. "Take it easy" est attaqué en formule trio. Pour la circonstance, c’est la six cordes qui tire son épingle du jeu. Sans grande subtilité mais avec fluidité et efficacité. "Going to the country" cavale au grand galop. La voix est bien maîtrisée. Une compo parfaitement équilibrée. La guitare concède des accents métalliques à "Headin' out". La voix est nasillarde. L'harmonica s’adapte parfaitement à l'ensemble. Une plage qui me fait penser aux punchers de Los Angeles, et tout particulièrement au regretté Lester Butler ainsi qu’aux Mama's Boys de Johnny Mastro. Le tempo ralentit enfin pour céder le relais au blues lent espéré. Brad vit ce blues. Il force son chant dans une atmosphère volontairement dépouillée. L'harmo de Clark est bien présent et en gémissant, la guitare concède des accents tragiques. "Lucky man" opère un changement de trajectoire et nous entraîne en Louisiane. Percussions syncopées et interventions de slide parcimonieuses caractérisent ce blues inspiré du gospel. Une rythmique dont le profil semble emprunté à Jimmy Reed canalise "Runnin' me down", une piste imprimée sur un tempo nonchalant, caractéristique du swamp blues, au cours de laquelle l'harmonica pousse des cris stridents. "See my way" s’attarde en Louisiane, mais plus près du pays cajun, une compo légèrement zydeco, propice à insérer tout naturellement dans le décor, un accordéon, en l’occurrence celui de l'invité Dwight Carrier. "Man on the move" opère un retour au blues rock, un shuffle à la texane, sans concession, hanté par le souvenir de Stevie Ray Vaughan. "Train down south" est bien implanté dans le Sud. La voix est aussi caverneuse que celle d'Omar Dykes, alors que la guitare devient incontrôlable. Le long playing s’achève par "UMA", un instrumental sculpté dans un surf bien métallique…

 

Brad Wilson

Blues Magic

Écrit par

Né en Californie, Brad Wilson est chanteur, guitariste et compositeur. Il est bien imbibé de blues et d'american roots. Il était au service de la chanteuse Kathy McDonald, avant de rejoindre Los Angeles, où il milite au sein de groupes de rock et métal. En 2003, il décide d’embrasser une carrière individuelle. Sa discographie est plus que respectable. Et pour cause, il compte près de quinze albums à son actif. Pour enregistrer "Blues Magic", il a reçu le concours du drummer Adam Gust, du bassiste Brian Beal et du claviériste Kirk Nelson. Un disque paru voici quelques mois. Pas son dernier, car il vient de publier "Hands on the wheel", chez Music Avenue/Blues Boulevard.

Le titre maître ouvre les hostilités. Un excellent blues roots aux accents exotiques, abordé dans un style proche de Santana. "Sugar sweet" poursuit dans un style assez semblable. Imprimé par la section rythmique et les claviers, le tempo est répétitif. Plutôt coriace, la guitare se sert de cette assise pour décoller. De bonne facture, "Hot stuff" est une compo dansante, sculptée dans le R&B funky. La partie de cordes est très soignée. Brad a le bon goût de ne pas en remettre une couche. Il respecte la cadence adoptée. Une plage parfaitement mise en forme, par ailleurs. Blues lent, "My one desire" trahit des intonations jazz. Une piste digne de feu Gary Moore, lorsqu’il dispensait parcimonieusement ses notes, dans ce registre. Une approche qu’on retrouve sur "I'm still breathin". Wilson a une bonne voix et il la met au service de ses compositions. "Cryin' lonely teardrops" lorgne vers le soul blues, un titre imprimé sur un mid tempo et caractérisé par un superbe solo en picking. Plus southern rock, "Roll with me" et "Raining in my heart"évoluent aux confins de l’univers sudiste du Marshall Tucker Band voire de Greg Allman. L’orgue tapisse le décor sonore et la six cordes est bien chaude. Blues rock classique, "The road back to you" adopte un profil semblable à celui du Cream. Le riff est bien lourd. Comme à l’époque glorieuse de Beck et Clapton. Même la voix évoque Jack Bruce. Solide Chicago blues shuffle, "Nobody but you" est particulièrement saignant. Tant la guitare que le tempo. Hormis la gratte de Wilson, "On a summer day" privilégie le format acoustique, une ballade americana empreinte de délicatesse. Et c’est dans ce style folk que "Wintergreen" clôt le long playing…

 

Brad Vickers

Great day in the morning

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Brad Vickers est issu de Long Island, près de New York. Ce bluesman a baptisé son backing group –drôle d’idée !–Vestapolitans ; encore que le patronyme pourrait émaner d’un tuning de guitare imaginé à Sébastopol ! A ce jour, il avait publié trois albums personnels ; et le dernier, "Travellin four", était paru en 2011. Très blues, il s’inspirait de mythes du style comme Tampa Red, Leroy Carr ou J.B Lenoir. Pour enregistrer ce nouvel opus, Brad a voulu explorer un autre filon, plonger plus loin dans le passé, au cœur des roots tout particulièrement, en se frottant au ragtime et au skiffle. Margy Peters à la basse, Bill Rankin aux drums et VD King au banjo constituent ses Vestapolitans. Lors des sessions, il a reçu le concours de quelques invités.

Brad chante son "Little gem" sur un tempo enlevé, proche du rock'n'roll. Il est soutenu par Jim Davis et Matt Cowan aux saxophones, Dave Gross à la basse (NDR : c’est également ce jeune producteur qui se charge de la mise en forme de l’elpee) et Margey Peters aux backing vocaux ainsi qu’au violon. Dynamique, "Train goin' Westward bound" baigne dans une atmosphère rétro. Les cuivres sont toujours présents. Epaulé par les interventions d’une mandoline et d’un banjo, Brad a opté pour le bottleneck. Caractérisé par la présence des violons de Margey et de Charles Burnham, "Saving string rag" trempe dans le pur ragtime. Blues champêtre et acoustique, "Sit down and walk" est une compo fort bien ficelée. Pour la circonstance, Brad est uniquement secondé par sa section rythmique. Le violon de Burnham nous entraîne au sein d’un climat western swing, tout au long de l’entraînant, et même dansant "Great day in the morning". Margey se réserve les vocaux sur "Saturday blues". Cool, l’ambiance rappelle les vieilles demeures du Mississippi. Vivifiantes, les percus de Rankin adoptent un rythme soutenu, comparable à celui du chemin de fer sur "Chapter and verse". Retour au blues, sur "It's a good life", une plage rythmée, tout en swing, alimentée par les ivoires et les saxophones. Deux reprises sur ce long playing. Tout d’abord "Frisco town", un titre signé Memphis Minnie. L’atmosphère est bien rendue, grâce au violon de Miss Peters. "Anna Lou blues" ensuite. Le recours au bootleneck est particulièrement subtil, tout au long de cette piste issue de la plume de Tampa Red. Brad est rejoint par les chœurs de deux vocalistes notoires sur la côte Est des States, Christine Santelli et Gina Sicilia, sur "The way it's got to be", un blues très rythmé, dansant, souligné par les interventions des deux saxophones. Baum est passé à l'orgue Hammond, lorsque Christine et Gina chantent en gospel, l’excellent "Together for good". Morceau traditionnel, "Dallas blues" clôt le long playing. Une piste proche du séculaire Dixieland, interprétée tout en décontraction, dans l’esprit de ce style jazz de la première époque, plage au cours de laquelle violons, mandoline et clarinette sont à la fête…

 

Brad

United we Stand

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Brad est le projet parallèle de Stone Gossard, illustre guitariste de Pearl Jam, qu’il mène à un rythme de sénateur (NDR : il n’a publié que 5 albums en 20 ans) en compagnie de Regan Hagar (Satchel), Shawn Smith (Pigeonhead, Satchel) et Keith Lowe. Leur lieu de rencontre ?  Seattle.

A première écoute, il est frappant d’entendre la similarité vocale entre Shawn Smith et… Eddie Vedder ! Son timbre de voix rappelle en effet, à s’y méprendre, celui du charismatique leader de Pearl Jam, même si Smith se révèle pus posé, donc moins exubérant, tout au long de cet exercice de style. La musique de Brad nous replonge dans les années 90. Pas la peine de chercher une once d’originalité sur ce « United We Stand ». Simplement, les nostalgiques du son ‘made in Seattle’ risquent fort de succomber aux riffs de guitares qui sculptent des hits tels que « A Reason to be in my Skin » ou « Bound in Time ». Pourtant, le reste des compos de ce très honorable nouvel elpee pondu par cette bande de vétérans américains, se révèle plus léger, et même quasiment pop. Stone Gossard semble avoir pris du plaisir en publiant un opus au cours duquel l’aspect mélodique est devenu aussi important que son approche percutante du rock. Un avant-goût du futur album de Pearl Jam ?

 

Paul Brady

Hooba Dooba

Écrit par

Paul Brady est irlandais. Du Nord, très exactement. Chanteur, guitariste, auteur et compositeur, il est âgé de 63 ans. Ses premiers pas musicaux, il les a accomplis au cours des sixties, au sein de formations de R&B et soul. Il est ensuite emporté par la vague du folklore irlandais qui était alors emmenée par les Dubliners. Il rejoint ensuite un groupe d'irish folk : les Johnstons. Une aventure ponctuée de sept albums! En 1972, il rejoint Planxty ; mais son style n’a pas changé. Sa première œuvre individuelle, il la publie en 1978 : "Welcome here kind stranger". Sculpté dans le folk, cet elpee est très bien accueilli par la critique. Depuis, il a aligné une douzaine d'albums, dont le précédent, "Say what you feel" remontait à 2005.

Ce nouvel opus, il a commencé à l'enregistrer dans son propre studio. Sis dans les faubourgs de Dublin. Fin 2008. Lors des toutes premières sessions, il bossait en compagnie de son batteur, Liam Genockey. Puis, il a invité sa bassiste, Jennifer Maidman, à tracer quelques lignes, à l’aide de son instrument. Paul ajoute alors ses propres interventions : aux guitares, au bouzouki, à la mandoline, aux claviers et percussions. Début 2009, Billy Shanley et Anto Drennan prodiguent leur concours aux grattes électriques et Rod McVey le sien à l’orgue Hammond et à l’accordéon. Paul est un perfectionniste. Il sollicite Jerry Douglass pour enrichir la solution sonore de sa lap steel guitare. Depuis son domicile de Nashville. Puis, il invite Fiachra Trench à réunir un ensemble de cordes. Ce n’est qu’après ce long travail de préparation que Mr. Brady va enfin se consacrer au mixage et à la production. Et en 2010, il publie enfin ce "Hooba Dooba" ; un opus réunissant douze chansons, dont onze compositions personnelles et une reprise du "You won't see me" des Beatles, qui figurait sur "Rubber soul".

"Cry it out" donne le ton. Un titre taillé dans un pop rock de toute bonne facture. Le timbre vocal de Paul est franc et clair. Il est soutenu par des chœurs. La conjugaison de l'orgue Hammond de McVey et du Farfisa de Brady confèrent une coloration particulière à cette ouverture. "Rainbow" baigne au sein d’une atmosphère exotique, chaleureuse. La lap steel de Jerry Douglas et l'accordéon de Rod nous transportent sous des îles ensoleillées. Bien jolie ballade folk, enrichie de chœurs, de cordes et bénéficiant de superbes arrangements, "The price of fame" véhicule des accents country. Bercée par des flots de violons et de violoncelles, "One more today" campe une chanson d'amour bouleversante, empreinte d’une grande intensité. "The winner's ball" change de cap. Une chanson funky soul destinée à la piste de danse. L’elpee recèle encore quelque ‘love songs’ trempées dans le folk. Tout d’abord, "Luck of the draw", une chanson qu'il avait écrite pour Bonnie Raitt. "Mother and son", ensuite. Une plage balisée par le piano et illuminée par l'ensemble de cordes. Et enfin la finale "Living the mystery", une compo au cours de laquelle, son fils Colm est venu souffler timidement dans un harmonica. "Follow that star" est certainement le morceau que je préfère. Il emprunte son profil à vieux blues à peine dépoussiéré. La voix prend de la hauteur, le piano roadhouse s’impose, pendant que la guitare bien sentie s’illustre. "Money to burn" nous replonge dans l’univers de son folklore irlandais. Sa version du "You won't see me" des Fab Four est respectueuse de l’originale. Composée par Lennon et McCartney, cette ballade n'était pas une des chansons les plus connues du célèbre quartet de Liverpool. Son ton devient grave lorsqu’il évoque les guerres légitimées par la religion et la terreur qui en émane, sur "Over the border".

 

Brad

Interiors

Considéré, à l’origine, comme un projet éphémère, Brad vient d’avoir la bonne idée de sortir un deuxième album. Excellente idée, d’autant plus qu’à l’instar de son premier " Shame ", cet " Interiors " est de la même veine. Et, on pense, ici plus particulièrement à " Secret girl ", qui réverbère des échos de " Search and Destroy " des Stooges, à la ballade ténébreuse, languissante, 'procolharumesque' " Upon my shoulders ", ainsi qu’au funkysant, 'lennykravitzien' " Sweet al George ". Autre bonne nouvelle, le line up n’a pas changé. On y retrouve donc toujours Shawn Philipps (Pigeonhead, Satchel), Regan Hagar (Satchel), Stone Gossard (Pearl Jam) et le solitaire Jeremy Tobback (NDR : rien à voir avec l’intérieur ! ! !). Pour enregistrer cet opus, le groupe a quand même reçu le concours de Mike Mc Cready (Pearl Jam) sur " The day brings ", à la guitare, et du producteur Brendan O’Brian sur trois autres. A la six cordes sur le dépouillé, presque ‘harvestien’ (Neil Young ?) " Some never come home ", le mid tempo " Lift ", ainsi qu’ " I don’t know ", fragment sur lequel il se réserve également les claviers. Un disque dont les mélodies qui rôdent, secouées par une foultitude de sous courants rythmiques, fouillent au plus profond de l’émotion. Une sensation amplifiée par les timbres vocaux de Shawn et de Jeremy. Le premier vibrant, déchiré par la détresse, le second, falsetto, aussi limpide que celui de Robert Wyatt.

 

Labradford

Prazision LP

Labradford nous entraîne dans une spirale multidimensionnelle à la découverte de paysages psychédéliques chatoyants, cosmiquement paisibles. Réduit depuis peu à un duo composé de Carter Brown et de Mark Nelson, Labradford croit fermement à la dimension spirituelle de l'exploration sonore. La voix est volontairement sous-employée, confessionnelle, enfouie profondément à l'intérieur du brouillard instrumental. Les drums absents à l'instar d’Hugo Largo. Rien que des cordes de guitares, des synthés et une pléiade de pédales de distorsion. A conseiller aux consommateurs d'ambient qui regrettent les élucubrations sonores commises par Eno et Fripp au cours des seventies...

 

Labradford

A stable reference

Bien qu'enregistrant sur le label néo-zélandais Flying Nun, Labradford nous vient des States. De Virginie très exactement. Un trio qui ne dépareille cependant pas dans l'écurie antipodale. Explorant les multiples facettes du pouvoir de l'écho et de la réverbération. A l'aide d'une instrumentation très basique, il faut le souligner. Guitare, basse, claviers et chant, pour être plus précis. Nuances et bourdonnements délicats alimentent ainsi une procession de climats indistincts, parfois à la dérive, tantôt orageux, sinistres, célestes ou cathédralesques, que traverse un chuchotement presque spectral englouti sous les flots instrumentaux. Main rencontre Eyeless In Gaza!