Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

logo_musiczine

Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (8 Items)

Brigitte Fontaine

Brigitte Fontaine a ressorti sa platine de vinyles…

Écrit par

Brigitte Fontaine, est de retour pour un album de haut vol, poétique et mélodique, entre transe krautrock, rock garage et chaabi.

Produit par The Limiñanas, « Pick Up » (titre choisi en référence au retour des vinyles), a été enregistré en grande partie à Perpignan, dans le home-studio du combo.

Les compositions du fidèle Areski Belkacem se sont parées de l'énergie saturée de guitares fuzz, d'amplis à lampes et d'orgues déchainés. Riche en images sensuelles, « Pick Up » s'impose comme une déclaration d'amour au simple fait d'être vivant, notamment dans le bouleversant « Cantilène », porté par l'ampleur enveloppante d'une musique de film, qui navigue quelque part entre celle de Morricone et de Roubaix.

Si Brigitte y évoque ses aspirations mystiques et ses souffrances physiques, elle parvient à leur donner une dimension universelle. Plus qu'une plainte, elle lance un appel à se raccrocher aux attaches qui nous aident à supporter notre condition mortelle. La révolte de Brigitte Fontaine s'exprime également dans plusieurs plages de « Pick Up », comme « Neuf trois » ou « Crevards, miteux, pauvres errants », véritable profession de foi intemporelle.

Accessible et bouleversant, « Pick Up » s'impose comme la porte d'entrée idéale pour découvrir enfin Brigitte Fontaine, cette enfant terrible qui aura traversé l'existence en restant, à tout âge, malicieuse, sauvage et rebelle, mais jamais adulte.

« Cantilène » est en écoute

 

 

Brigitte

Une danse des sentiments…

Écrit par

Le Festival Des Libertés s’ouvre par le concert de Brigitte, au Théâtre National. Cet événement constitue le rendez-vous automnal des défenseurs des droits humains, des agitatrices de réflexion, des amateurs de subversion, des brasseuses de diversité et des inventeurs de possible. S’y déroulent une multitude de documentaires, de débats, de spectacles, d’expositions et, bien sûr, de concerts. Toutes les formes d’expression se concentrent sur leur époque, engagées dans une démarche critique, inspirées par la promotion d’un monde plus juste et mélangées dans une ambiance conviviale et festive qui fait aussi sa renommée. 

Le concert est soldout. Le duo Brigitte réunit Aurélie Saada et Sylvie Hoarau. Elles viennent de fêter les dix ans de scène du duo, en publiant un troisième elpee baptisé « Nues », un disque qui leur colle parfaitement à la peau (?!?!?). Une décennie que cette paire glamour et langoureuse apporte un vent de fraîcheur à la chanson française.

Réalisatrice, Aurélie Saada est la plus sexy. Elle nous parle avec humour et passion de ses deux filles, Shalom et Scarlett, de leur père, de son paternel, de ses déboires ou passages à vide au cours desquels elles le soutenaient. Elle porte des bagues à chaque doigt comme dans « Le tourbillon de la vie », une chanson que Jeanne Moreau interprétait pour le film « Jules et Jim », en 1962. Plus réservée, Sylvie Hoarau est chaussée de lunettes rondes qui lui confèrent un air intello, mais pas coincé. Sur les planches, ce sont de véritables show girls.

Le podium est recouvert d’une cinquantaine de serpents factices qui portent en bouche une lampe. Six colonnes en tout ! Sans oublier les grappes de raisins, les serpentins et les colliers de fleurs. Et au milieu du jeu de quilles, en hauteur, trône une tête de taureau bien illuminée. Probablement celle qui représente Apis, le symbole de la force physique, de la fertilité et de la puissance sexuelle… Le décor est planté.

Les nanas sont soutenues par quatre musicos ; en l’occurrence un guitariste, un bassiste, un drummer et une claviériste. Elles apparaissent dans des longues robes blanches, dignes de celles de mariées, des toilettes signées Alexis Mabille, leur couturier fétiche. Des accords de gratte semi-acoustiques et d’ivoires ouvrent délicatement « Palladium » (NDR : très fréquentée au cours des sixties et des seventies par, notamment, Salvador Dali et les Beatles, le Bus Palladium est une boîte parisienne branchée ; Téléphone y a même enregistré son premier 45trs en ‘live’). Comme deux sirènes, elles ondulent déjà langoureusement le corps. Les textes sont explicites : ‘On boira du rock'n'roll, sur des vieux hits a la gomme’. Le set nous entraîne dans une forme de danse des sentiments, valsant au gré des chansons de « Nues », un album dont le message féministe s’inspire tour à tour de Lilith, Marie Leveau, Zelda Fitzgerald ou encore Frida Kahlo, à travers des histoires de femmes, de sœurs, de filles, de mères, d’amantes et d’amies. Certaines d’entre elles s’extirpent des clichés en misant sur la sincérité. Ainsi « Zelda » nous entraîne dans le Paris des années folles. Le recours au piano y est plus fréquent, et le sémillant « La Baby Doll De Mon Amour », un morceau electro/funky/disco en est une belle illustration. Caractérisé par ses rythmes endiablés, « Hier Encore » s’enfonce dans la culture malienne. Nos deux dames entonnent un vibrant « Ma benz » a cappella. A vous flanquer des frissons partout !  

La seconde partie va se révéler davantage intimiste et acoustique. Alors que les filles ont pris place sur un banc, les musicos sont tous en ligne à l’avant du podium, pour attaquer « Cœur de chewing-gum », le drummer s’asseyant sur un cajon face à des percus africaines. Et enthousiaste, la foule reprend le refrain en chœur. Le gratteur a opté pour la pedal steel alors que Sylvie est armée de sa Gibson de couleur brune pour « Insomniaque », une compo qui baigne au sein d’un climat western. Aurélie dédie « Mon Intime Etranger » à son père, une chanson vraiment bouleversante : ‘Il paraît qu'on reproduit les schémas. Ma mère est psychanalyste, ça ne m'a pas empêché de reproduire les schémas, hein maman?’’. Puis, un sanglot dans la voix, elle précise : ‘Cette chanson est pour le père de mes filles’. Après le dansant « Paris », « La Morsure » nous emmène en Afrique du Nord et plus exactement en Tunisie, là d’où est originaire Aurélie Saada. Le morceau évoque une femme blessée qui essaye d’aimer et de se laisser aimer. Evoquant la difficulté de quitter un homme qui la détruit, « Sauvez Ma Peau » rend hommage à Michel Berger, France Gall et surtout Véronique Sanson. Un bel hommage à ces icônes de la chanson française. Et après les inévitables « A Bouche Que Tu Veux » et « Oh La La », le concert s’achève par un « Battez Vous » démentiel. Les artistes saluent le public et sont longuement applaudis.

Deux morceaux seront accordés lors du rappel. Tout d’abord « La Vengeance d’Une Louve », moment propice aux déhanchements sensuels. Dos à dos, elles se trémoussent indolemment et menacent : ‘Touche pas à mon homme, sinon je te mange tout cru’. On suppose que le message est passé. Elles en profitent encore pour prendre un dernier bain de foule, alors que la foule est invitée à s’asseoir, pendant le morceau final, « La goutte de Sel De Tes Larmes », une compo qui fait fondre les cœurs, comme neige au soleil. Et c’est en triomphe que Brigitte quitte les planches…

Setlist : « Palladium », « La Baby Doll De Mon Idole », « Tomboy Manque », « Plurielle », « Suzanne », «  Zelda », « Hier Encore », « Ma Benz », « Cœur de Chewing Gum », « English Song », « Insomniaque », « Monsieur je t’Aime », « Mon Intime Etranger », « Carnivore », «  La Morsure », « Paris », « Sauvez Ma Peau », « J’Sais Pas », « A Bouche Que Tu Veux », « Oh La La », « Battez Vous ».

Rappel : « La Vengeance d’Une Louve », « La goutte de Sel De Tes Larmes ».

(Organisation : Festival Des Libertés et Bruxelles Laïque)

Brigitte

A bouche que veux-tu (Edition Deluxe)

Écrit par

Retour de la femme à deux têtes.

Apparaissant comme une figure d’opposition manifeste, le duo Brigitte, nous gratifie d’une édition spéciale de son second opus « A bouche, que veux-tu ».

Sorti sur sa propre boîte de production labellisée, ce long playing baigne dans un océan de funk, de reggae et disco.

Décrochant pour cet opus un disque de Platine, Aurélie Saada et Sylvie Hoarau ont vite surfé sur la vague du succès et ont, de ce fait, écumé les festivals d’été, oscillant ici et là entre sensualité assumée, féminisme déplacé et réflexions pas toujours fair-play sur l'air du temps.

Elles commercialisent aujourd’hui un joli coffret rose pailleté estampillé « Edition collector » recelant une manne de bonnes surprises. Dont deux disques !

Le premier propose une lecture conventionnelle de l’album. Mais pas que ! La chanson éponyme se multiplie pour y subir un lifting taillé clubbing ! Un peu facile et sans grand intérêt patrimonial !

La vraie bonne surprise, par contre, provient du second support. Encouragées à offrir une palette plus intimiste de leur répertoire, ces artistes, en devenir, livrent un sept titres sous l’orchestration d’un homme, Paul Rouger, menant de main de maître douze cordes, trois cuivres et une flûte !

L’exercice est tout bonnement surprenant ! L’angle d’écoute devient tout à coup nettement plus évident ! Plus fluide aussi ! La beauté musicale et le grain de voix éraillé, presque enfantin pour le coup, des gonzesses, se marient naturellement au gré des ondulations sonores. Comme une évidence ! Tout simplement magnifique ! 

Baignant dans un environnement plutôt ouaté, les mots se posent sur les notes, comme les mains d’un homme sur le corps de sa partenaire ! Délicatement, sensuellement, avec beaucoup de douceur et de volupté ! Un régal pour les oreilles !

Subitement, les compositions originelles deviennent une erreur presque involontaire que l’on s’obligerait, sans regret, à oublier !

La seconde surprise, plus anecdotique, celle-là, touche le packaging. Quinze clichés pris façon polaroïd. Comme si ces demoiselles, qui ne viennent pas de Rochefort, avaient besoin de se rappeler l’instantané nostalgique d’une vie faite de jolis souvenirs ! A voir …

Brigitte

Brigitte ou BB ?

Écrit par

Le concert est sold out. Nécessaire donc de débarquer plus tôt pour se procurer une bonne place. Pas de problème. Il est 18h30, j’arrive dans les premiers. Je remarque la présence de familles qui ont amené de jeunes enfants. Et je les félicite de permettre à leur progéniture de faire découvrir de tels spectacles et ainsi d’initier nos petites tête blondes, à la culture.

Il y a un peu plus de deux ans que j'ai vu les Brigitte en concert. Le supporting act est assuré par Chat, un duo réunissant Charlène Juarez au chant et aux synthétiseurs ainsi que Joseph aka Céline à la gratte acoustique et également aux claviers. Teintée d’une pointe d’électro judicieuse, leur musique mêle variété, pop et rock et est interprétée dans la langue de Voltaire. Chat a publié un album en 2009, « Folie douce » et un Ep, « Le coeur », en 2013.

Le set de Chat s’ouvre par « Let Me Go » ; mais si le titre est en anglais, les textes sont exprimés en français. « American Boy » est un hit décroché par la chanteuse britannique Estelle Swaray et le rappeur/producteur américain Kanye West. En duo. Il remonte à 2008. Le titre a été composé par Will.i.am des Black Eyed Peas. Il reprend le sample du morceau « Impatient » sur l'album « Songs About Girls » de Will.i.am. La version est adaptée en français. Ce qui aurait dû changer de l'originale, mais y ressemble très fort. Pas assez percutante à mon goût. Et le couple d’achever sa prestation par « I Love You ». Un spectacle agréable, un peu court (25’), mais sans plus ; en outre, un peu gâché par la brouhaha de la foule dans la fosse.

Changement de matos, avant d’accueillir la tête d’affiche.

Les Brigitte, ce sont deux nanas sexy qui ont la classe. Un duo qui réunit Aurélie Saada et Sylvie Hoarau. Leur premier album, « Et vous, tu m'aimes ? », est sorti en 2011. Il recèle les singles « Battez-vous », « La Vengeance D'une Louve » et « Oh La La ». L’elpee est devenu double disque de platine et leur a permis d’être récompensées aux Victoires de la Musique. L’année suivante, paraît le deuxième LP. Baptisé « Encore », y figurent « Allumez le feu », une chanson qu’Obispo avait refilée à Halliday, et une adaptation du « I Want Your Sex » de George Michael, très explicite. Un disque qui se consacre essentiellement à des reprises…

Printemps 2014, elles créent la surprise en lançant l"Elaboratoire Tour", une tournée de 11 concerts intimistes où elles présentent en avant-première, au public, quelques-unes des chansons du nouvel opus. Le rendez-vous partagé est réussi. Brigitte affiche complet sur chacune des dates. En automne, paraît leur nouveau long playing tant attendu, « A bouche que veux-tu », et elles reprennent la route pour accomplir une nouvelle tournée qui passait donc l’AB ce 31 janvier 2015. Pour y défendre leur dernier essai, publié en novembre dernier, « A bouche que tu veux »…

Lors de leur dernier périple, que ce soit au Botanique, au Cirque Royal ou pour les festivals, le décor était plutôt champêtre. Les chèvres ont été remplacées par une panthère, un tigre et un flamand rose. Le cadre est donc devenu tropical et sauvage. Les deux félines sont plutôt farouches et sensuelles dans leurs longues robes noires pailletées, fendues du côté droit jusqu'à l'aine, et ouvertes dans le dos, en forme de coeur. Elles sont le fruit de la création d'Alexis Mabille.

Il est 21h00 tapantes. Un petit coup de torche électrique du podium vers la table de mixage et les lumières de la salle s’éteignent, la musique d'ambiance s'interrompt et la toile tendue sur la scène tombe. Une silhouette féminine se glisse et vient se planter devant le micro central. Les rampes de spots illuminent cette silhouette qui se dédouble. Les filles attaquent « L'échappée Belle », le morceau d'ouverture du nouvel opus, « À Bouche Que Veux-Tu ». « Oh Charlie Chéri » est certainement dédié au drame qui a secoué Paris, il y a peu de temps. La chorégraphie est empreinte d'une grande sensualité. Les filles se contorsionnent, les corps se rapprochent et la fusion est totale. Différentes, les deux voix semblent adopter la formule de question/réponse. Les applaudissements fusent. Le public est chaud et l'accueil est chaleureux. Et elles en sont parfaitement conscientes. Les musicos du backing group sont discrets mais efficaces. Tout particulièrement la section rythmique basse/batterie. Parfois, le set s’emballe et devient plus électro et surtout dansant. Les paroles de « Coeur De Chewing Gum » jouent sur la métaphore : ‘Moi j'ai le coeur comme du chewing-gum, tu me goûtes et je te colle’. « Embrassez Vous » est une invitation que je cautionne. « Je Veux Un Enfant » : ici le message est clair. J'adhère. Et quand on passe à « À Bouche Que Veux-Tu », le délire dans la fosse est total. « Ma Benz » est une reprise de Supreme NTM. Elle est revisitée et même différente de leur version proposée lorsque j’ai vu ces 'Belles Dames', la dernière fois. Mon voisin de droite est aux anges. Il me signale pourtant qu'il adore le rock. Je lui réponds, qu’on y est en plein dedans. De temps à autre, elles empoignent soit une guitare, soit un autre instrument pour le bonheur des fans agglutinés devant l’estrade. Où il doit faire particulièrement chaud. Didier est bien installé au balcon. Confortablement assis, il savoure le spectacle. Après le très hot, « La Vengeance d'Une Louve », la setlist embraie par « Le Déclin », « Les Filles Ne Pleurent Pas », « J'Sais Pas », « La Poudrière », « Plurielle » et « Jésus Sex Symbol », avant de terminer par « Hier Encore ». Et au cours du premier ‘Encore’, elles vont nous réserver « Battez-Vous ». Acclamations nourries.

Elles accordent un second rappel pour y chanter « Oh La La », a capella. C'est déjà fini, le show est passé trop rapidement. Démonstratif, le public était à point et les Brigitte semblaient vraiment enchantées de l’accueil reçu.

(Organisation : Ancienne Belgique et Nada Booking)

Brigitte

A bouche que veux-tu

Écrit par

‘Vient ce jour, ma peau ne sait plus attendre. Viens cours, des papillons au creux du ventre …’ Non, il ne s’agit pas de l’appel d’une femme quelconque en manque d’amour, mais celui d’un des titres du nouvel album de Brigitte.

Qui ça ? Mais oui, ce duo improbable réunissant Aurélie Saada et Sylvie Hoarau. Deux gonzesses pour un plaisir… pluriel !

Avant d’être ‘en couple’, elles ont participé à divers projets musicaux (Mayane Delem et Vendetta). Elles se sont rencontrées en 2007 par le biais d’un ami musicien et ont formé ce tandem, référence à Brigitte Bardot, Brigitte Fontaine et Brigitte Lahaie. 

La reconnaissance médiatique viendra grâce à l’étonnante reprise du “Ma Benz” de N.T.M., en 2010. Joey Starr, himself, la qualifiera de ‘chaud très chocolat’. C’est dire !

"Et vous, tu m’aimes ?", sorti en 2011, leur valu un double disque de platine. Plus de 200 000 exemplaires ont été écoulés en France. Excusez du peu ! Les filles frappent à nouveau très fort en publiant un nouvel opus baptisé "A bouche que veux-tu". Il est dans les bacs depuis le 17 novembre 2014. 

Elles revendiquent, ici, haut et fort, leur féminité (de manière un peu poussive !) en revenant flanquées de perruques à frange, maquillées d’un rouge à lèvres pétant, vêtues de jupes moulantes et chaussées de talons aiguilles. Les uns estimeront que cet accoutrement sert de carapace pour se protéger. Les autres de déguisement pour se distinguer. 

Exit donc les débuts au look néo-hippie et place aux ‘seventies’ ! Chez Brigitte, tout est pensé, réfléchi, marqueté jusqu’au moindre détail ! Elles ont pour l’occasion créé leur propre boîte de production labellisée ‘B.Records’.

Ce disque est né de discussions entre filles, des désirs et de plaisirs assumés, d’une soif de  liberté. Il transpire de douceur, de sensualité, de volupté, de coquineries... et de double sens. Un régal que je vous invite à consommer par doses homéopathiques, puisqu’il recèle seulement dix titres. Insuffisant ? Non ! Au contraire, intelligemment prescrit !

Brigitte se défend d’être la porte-parole des mouvements féministes. Néanmoins, certains textes tels que « Les filles ne pleurent pas » véhiculent un message éloquent et transcendant de liberté exprimé par les femmes contemporaines. S’agirait-il du fruit de cette contradiction que seul le sexe faible peut expliquer (« J’sais pas ») !

Servi par des mots (plus ou moins) explicites, le genre est dépoussiéré et revisité. Musicalement, l’inspiration puise dans le funk, le reggae, mais surtout et largement dans le disco. 

Le titre « Embrassez-vous », véritable ode à l’amour, me subjugue, m’enflamme, m’embrase.  Je m’extase et je jouis véritablement de plaisir… à l’écoute de l’organe doux et harmonieux de ce duo de choc et de charme !

Le prochain virage sera-t-il toujours aussi sexy ? Je brûle d’impatience !

 

Brigitte

Schizophrénie singulière pour identité plurielle

Écrit par

Chanson française ? Pas mon truc ! Trop snob pour ça. Vieux principes à la con, rarement démentis. Néanmoins, quelques exceptions notables sont tellement évidentes, qu’il serait obscène de les citer. Mais aucun attrait, en général, pour ce qui vient de l’Hexagone ou qui s’exprime dans la langue de Voltaire. Tout au plus quelques trucs sympas, de temps à autre. Mais rien qui ne rivalise avec la vraie musique, celle qui parle aux tripes. Chanson française = variété avariée. Quoique…

Entendu par hasard cette Brigitte, un soir d’été 2011. Vaguement scotché, tentative vaine de feindre l’indifférence. Quelque chose de spécial. Suffisant pour titiller ma curiosité. Allez, je tente le coup. Surtout pour vérifier de plus près que tout ce foin n’est pas mérité. « Et vous, est-ce que tu m’aimes ? » interroge l’album.

Après avoir vu ton spectacle, je te répondrai, ma petite dame. C’est jeudi, c’est l’hiver, et je me déplace pour tes beaux yeux. Alors montre-moi ce que tu as dans le ventre, Brigitte !

Salle bondée. Public qui ressemble à un autre, et pourtant, je sens bien que ce n’est pas le même. L’intrus, c’est moi. Je m’assieds dans les gradins.

Deux boucs campent sur le devant de la scène. Deux boucs et misère ! Prêts à en découdre avec le public. Prêts à livrer une joute avec moi. Deux boucs. Dualité. A l’image de cette fameuse Brigitte dont je ne sais rien ou en tout cas pas grand-chose. Etre bicéphale à la voix dédoublée. Tantôt brune, tantôt blonde, souvent les deux. Justement, la voici, justement, les voilà.

Enveloppées d’atours mystérieux. Costumes de cérémonies. Capes de jais et visages masqués. Entourées de musiciens affublés comme dans ‘Orange Mécanique’. Ça souffle le show et l’effroi. Je suis sceptique, mais bon public. Je contemple d’un œil Kubrick.

« Embrasse moi et tais toi » chante(nt) elle(s) d’une même voix.

Puis tombent les masques. Et qu’apparaissent strass et paillettes. Robes d’argents aux reflets captivants. Tenues de soirées pour enfin commencer. La sensuelle Brigitte décide de s’installer.

Fâchée sur ses kilos qui l’ennuient parfois,  Brigitte semble malgré tout, bien faire le poids.

‘Si j’avais le cœur comme de la pierre, j’embraserais tous les garçons de la terre’. Elle semble drôle et émouvante, elle a des atouts pour me plaire.

In English pleaze, Lady Brigitte singz sometimes like a cow, but I must admit, qu’elle en fait pas trop.

Les notes de guitares se renversent sous le charme de la belle. She’s singing very well. Puis Brigitte prends du poil de la bête. C’est la vengeance du loup.

Brigitte se déshabille. Se met à nu face au public. Ses musiciens s’éclipsent. La laissant se dévoiler avec pudeur et émotion. La voix étranglée lors d’un final subtilement amer, Brigitte s’en prend à cette nature qui lui refuse d’être mère.

Quand Brigitte pleure, se sont des larmes à double tranchant.

Ma gorge se noue et je découvre une Brigitte sensible et fragile. Ou bien est-ce là une manœuvre fort habile ? Le nœud se desserre et on passe au plat de résistance, après un petit crochet par un beau dimanche.

C’est l’heure du hit et l’ambiance monte de quelques crans. Clap ! Clap ! Dans les mains. Tout le monde s’amuse bien.

Gangster, voyou, dans sa Benz Benz Benz, Brigitte te veut à genoux.

Brigitte aime le soir, qu’on lui raconte des histoires. Des histoires de gangsters. Noires, comme une nuit polar.

Brigitte aime se faire femme aussi. Terriblement désirable. Version lumineuse, brillante et bandante d’un « I want your sex » débordant de sensualité. Brigitte sait jouer de ses charmes. Sans complexe face au business.

Candide et espiègle, elle s’abandonne au cœur d’un éclairage pourpre.

Quand Brigitte s’en va, c’est l’espace d’un instant, le temps de troquer sa tenue argentée pour une parure dorée qui illumine le cirque à ses pieds.

Pécheresse sans remords, Brigitte aime le Rock & Roll.

Plus sauvage que jamais, le regard enfiévré, son corps ondulant sous les caresses du succès.

Brigitte s’en va. Brigitte s’en vient. Brigitte s’éclipse et nous revient.

A cappella, sans d’autre filet que ses deux voix, elle subjugue l’auditoire en maîtresse du soir.

Humour au bord d’un verre, un dernier verre, juste un dernier ver.

Avant de prendre congé de nous, Brigitte envoie un dernier uppercut. “Eye of the Tiger”, en guise de chute.

Brigitte s’efface, la foule plébiscite. Brigitte a conquis tout le monde et je l’en félicite.

Ma réaction est mitigée vis-à-vis de l’aspect ‘grande messe pour foule en liesse’ et je suis passablement irrité par l’aspect ultra professionnel de ce show extrêmement bien huilé. Finalement, j’avais presqu’oublié que je m’étais bien amusé. Je l’avais dit : pas ma tasse de thé. Mais au final, j’en aurais presque redemandé !

(Organisation : Botanique)

Brigitte

Et vous, tu m’aimes ?

Écrit par

On ne les présente plus. Les deux fausses frangines qui font honneur à toutes les Brigitte du monde sont rapidement passées de secret bien gardé au statut de phénomène Pop. Ce, grâce à une reprise imparable. Celle de « Ma Benz » de NTM, revue et corrigée à la sauce séraphique. Et un premier single, « Battez-Vous », auquel aucun ‘radiophile’ n’a pu échapper. Les deux Brigitte, sont depuis devenues les coqueluches des gens cool. Parce qu’un Buzz à la française, ça marche aussi. Pour preuve, une Orangerie sold-out en l’espace de quelques semaines. Sylvie Hoarau, la brune, et Aurélie Maggiori, la blonde, ont tapé dans l’œil du label Wagram fin 2010 et la suite de l’histoire, on la connaît. Les filles multiplient leurs apparitions scéniques et publient en avril dernier « Et vous, tu m’aimes ? » un premier disque qui, sans être exceptionnel, se défend plutôt bien.

Les irrésistibles « Oh La La », « La Vengeance d’une Louve » et « Après Minuit », pour ne citer qu’eux se distinguent surtout par leurs textes cocasses et le mariage d’influences qu’elles y étalent. Le duo, aidé par Albin de la Simone et Camille Bazbaz sur une large partie du disque, ne sont pas ce que l’on peut appeler de grandes chanteuses mais leur personnalités atypiques et présence scénique font de Brigitte une valeur sûre de la scène francophone. Et pas que. Car les filles s’égosillent également en anglais. Chose dont elles devraient par ailleurs s’abstenir tant les morceaux interprétés (partiellement) dans la langue de Shakespeare sont les plus dispensables de la galette (« Jesus Sex Symbol », « English Song »). « Et vous, tu m’aimes ? » est un disque charmant. Ni plus, ni moins. Pour autant qu’on adhère au style des deux jolies demoiselles.

Live : 07/12/2011 au Botanique (Complet) et 26/01/2012 au Cirque Royal.

 

Brigitte Fontaine

Kekeland

Écrit par

‘Des asticots dans l'héroïne/ça me dégoûte pour de bon/ Dorénavant je bois du gin/avec des sorbets au marron’. Qui oserait ouvrir un album par de tels propos ? Qui pourrait chanter " I'm God's Nightmare " sans sombrer dans le ridicule ? Avec son audace, son tempérament, son chant allumé et ses cautions rock (Sonic Youth, Noir Désir et M, on a déjà vu pire comme coups de main), Brigitte Fontaine doit en décourager plus d'un : à soixante balais (enfin, j'imagine, un peu plus ou un peu moins, on ne va pas chicaner), elle renvoie dans leur chambre d'ado, tous ces petits groupes qui imaginent tenir les composantes d'un album, en fredonnant quelques mots timides. " Kekeland " s'ouvre sur quatre morceaux extraordinaires, un quart d'heure de bonheur intense, violent (" Baby boom boom " cogne comme un vieux Noir Désir), sombre (" Demi-clocharde " avec son rideau de guitares à la Sonic Youth) ou gai comme ce " Y'a des zazous " qui mériterait d'être un tube gigantesque. Les invités prestigieux guident les excès, transcendent la folie de Brigitte Fontaine. Hors norme et irrésistible.