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Dead Can Dance

Anastasis

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Seize longues années que Lisa Gerrard et Brendan Perry n’avaient plus enregistré d’album ensemble. Ils s’étaient séparés en 1998, pour embrasser chacun de leur côté, une carrière individuelle. Hormis le ‘Golden Globe’, décerné pour la musique du long métrage ‘Gladiator’, écrite en compagnie du compositeur Hans Zimmer, et malgré plusieurs collaborations opérées avec Klaus Schulze ainsi que de nombreuses participations à des B.O. de films, son aventure en solitaire n’a pas vraiment été couronnée de succès. Et à l’exception du remarquable « Ark », publié en 2010 et de ses multiples coopérations (menées en particulier auprès de feu Hector Zazou), Brendan n’a pas davantage réussi son parcours en solitaire.

« Anastasis » constitue le 8ème opus de Dead Can Dance. Une œuvre partagée en 8 pistes, au cours de laquelle les ex-époux ne se partagent le chant qu’à une seule reprise. Soit sur le celtique « Return of the she-kin ». Mêlant arrangements symphoniques et électroniques à l’instrumentation organique exotique (dulcimer, yangquin, etc.), l’elpee recèle une majorité de compos visionnaires, cinématiques. Et notamment en début de parcours. A l’instar de « Children of the sun », dont les lyrics dénoncent les dérives de la société moderne, une plage somptueuse, enrichie de cuivres énigmatiques et d’interventions de clavecin. Des plus spirituels et orientaux « Anabasis », « Agape » (Natacha Atlas ?) et « Kilo », trois morceaux magnifiés par le contralto éthéré de Lisa. De son côté, le baryton de Perry s’impose sur la valse enlevée et mystique « Opium » et tout au long d’« Amnesia », compo pourtant plus accessible, élégante, mais ténébreuse et envoûtante, abordée dans l’esprit du dernier long playing solo de Brendan. Ainsi que lors du final indolent, planant, « All in good time », au cours duquel il monte la voix. « Anastasis » est un mot grec signifiant ‘Résurrection’. Le titre de cet album ne pouvait pas être mieux choisi…

 

Dead Can Dance

La Renaissance de Dead Can Dance

Le titre du tout récent elpee, "Anastasis" (‘Renaissance’ en grec) avait annoncé la couleur. C'est bel et bien à une renaissance que nous avons assisté le 29 septembre dernier, lors du concert archi-soldout accordé par Dead Can Dance, au Cirque Royal. La précédente visite de la formation datait de 2005 (au Bozar) et au niveau discographique, la dernière production originale remontait à 1996 (“Spiritchaser”). Il était donc grand temps de tirer le moribond de son sommeil profond et de l’inviter à réintégrer la danse...

Très bel oxymoron ‘Dead Can Dance’ (‘Le Mort Peut Danser’) est symbolisé par l’image figurant sur la pochette du premier album éponyme du combo. Il date de 1984. On y voit un masque guinéen en bois, un objet qui prouve que ce matériau noble, bien que mort, peut continuer à danser lorsqu'il est utilisé dans le cadre de cérémonies rituelles. Emmené par l'Anglo-irlandais Brendan Perry et l'Australienne Lisa Gerrard, Dead Can Dance est, au début de sa carrière, soit début des eighties, un des fers de lance du label 4AD, à l’instar de Bauhaus et Cocteau Twins. Au fil de leur longue carrière et de leur succès sans cesse croissant, ils ont glissé progressivement de la cold-wave vers des musiques d'inspiration classique, gothique et médiévale aux sonorités incantatoires voire occultes, pour aboutir enfin dans une ‘fusion world music’, empruntant des sonorités aux musiques traditionnelles nord-africaine, sud-américaine et asiatique.

En lever de rideau du spectacle, nous ne sommes donc pas étonnés de découvrir un autre duo spécialisé dans la ‘world music’, en l’occurrence Vladiswar Nadishana, multi-instrumentiste sibérien et David Kuckhermann, percussionniste berlinois. A l’aide de leurs instruments traditionnels, ils nous emportent dans un univers sonore suscitant l'évasion. L'instrument central du duo est un ‘hang’ ou ‘hangdrum’, une sorte de ‘steel drum’ ovale, épousant la forme d’une soucoupe volante. Cette première partie pleine de finesse et de sensibilité nous prépare idéalement au voyage qui va suivre...

Quand Dead Can Dance prend possession du podium, un tonnerre d'applaudissements remplit le Cirque Royal. Avant même d'avoir joué une seule note, la formation reçoit une véritable ovation. Les premières nappes de synthé de “Children Of The Sun” résonnent alors et c'est le premier morceau d'« Anastasis », une composition réminiscente du mouvement ‘flower power'. Majestueux et autoritaire, le baryton profond de Brendan Perry remplit l'espace. Il a le visage buriné et une barbichette grisonnante. On dirait un sage habité par son art. Lisa Gerrard est magnifique. Elle est drapée dans une robe en velours marron ; un brocart brodé d’or et d’argent flotte sur ses épaules.

Dès le second morceau, “Anabasis”, nous retrouvons précisément sa voix sublime de contre-alto, probablement la plus belle, féminine, au monde. Enchanteresse, vibrante, ample et sombre, sa tessiture est chaude et ronde. Comme dans la plupart de ses compositions, Gerrard chante dans un langage propre qu'elle a développé dès l'âge de 12 ans, une ‘idioglossie’ étrange et hermétique, aux consonances arabiques. Une atmosphère envoûtante baigne alors la salle ; touché, le public frissonne de bonheur.

Dans l'ensemble, la setlist est composée majoritairement d'extraits d'« Anastasis » mais le groupe opère quand même quelques incursions dans sa très riche discographie. Un son de triangle et quelques notes de yangqin, le dulcimer chinois, résonnent enfin. Le public applaudit car il a reconnu “Rakim”, extrait de “Toward The Within”, l'opus ‘live’ publié en 1994. C'est principalement Perry qui chante sur ce morceau aux accents africains. Même tonalité chez “Kiko”, peut-être la plus belle plage d'« Anastasis ». La voix hypnotique de Gerrard y répond aux lignes répétitives de bouzouki dispensées par Perry. Au milieu de la compo, un magnifique moment éclot quand la rythmique très singulière (une 'time signature' 4/4-5/4) associée aux superbes harmonies et au solo de bouzouki, crée comme une marche ténébreuse d'une profonde intensité. D'une poignante splendeur...

Brendan Perry présente ensuite “Lamma Bada”, une vieille chanson traditionnelle de l'Andalousie mauresque. Ecrite dans une langue arabe ancestrale, elle relate la peine de quelqu’un qui souffre de l'amour qu'il porte à une autre personne qui se trouve de l'autre côté d'une pièce. Perry y étale toute sa maestria à la guitare fretless 12 cordes.

Après « Agape » et « Amnesia », deux autres nouveaux titres, un peu moins puissants, vient un autre moment clé du concert, le sublime « Sanvean », interprété de maîtresse façon par Gerrard. Elle l’avait composé en 1993, en compagnie d’Andrew Claxton, pensant à sa famille, qu'elle avait laissée en Australie. Sur le tapis de violons dessiné aux claviers par Jules Maxwell, elle entame cette mélodie belle à pleurer. On n'entend pas une mouche voler et le moment est magique. Le public est crucifié par la perfection mélancolique qui se libère d’une expression sonore qui tient en son sein tout l'amour du monde. Voir la vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=ZxpBsb4Nojw

“Nierika” reprend le chemin de l’Afrique. Extrait de “Spiritchaser”, c’est un des trop rares moments au cours desquels le couple échange leurs voix. Perry y révèle également ses talents de percussionniste, un tambour serré entre ses jambes. Ensuite, place à “Opium”, dont les tonalités asiatiques sont enrichies par les douces notes de hangdrum.

Soudain, des coups de timbale déchirent le voile d'un orgue solennel. Nous sommes le “Host Of Seraphim”, emprunté à “Serpent's Egg”. On est à nouveau replongé dans la période gothique de DCD, qui restera pour de nombreux fans la plus marquante. Notamment parce que les deux protagonistes étaient alors un couple à la ville et que leurs compositions étaient marquées du sceau de la passion. Voir la vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=BlehmMmzOlI. Notons d'ailleurs que “Host Of Seraphim” est un des morceaux les plus connus du combo, car il a servi pour de nombreuses musiques de films.

On quitte quelque peu l'ambiance grave pour la légèreté de "Ime Prezakias", une Rembetika, un genre musical de la Grèce des années 30. Le titre signifie ‘Je suis un drogué’ et sous le rythme persan et chaloupant du morceau, les lumières jaunes et or dansent sur le voilage de carreaux noirs qui drape le fond de la scène.

Lisa Gerrard prend le relais pour nous réserver son morceau solo le plus couronné de succès, « Now We Are Free », composé avec Hans Zimmer pour la bande originale du film Gladiators (2000), une musique qui avait valu au duo un ‘Golden Globe Award’. Les mains posées sur son pupitre, elle ferme les yeux pour contrôler chaque souffle que produit sa voix. Un break aux accents africains laisse ensuite place à la complainte finale, sublime.

Le spectacle se termine ensuite tout en douceur par « All In Good Time », une lente mélopée de Perry, peut-être pas le morceau idéal pour terminer un set ; mais lorsque les musiciens se retirent, c'est un véritable vacarme qui gronde pour imposer un rappel.

Revenus sur l’estrade, ils jouent le très indien "The Ubiquitous Mr. Lovegrove", tiré d''Into The Labyrinth” (93), suivi du vibrant "Dreams Made Flesh", un morceau créé par Perry et Gerrard pour l'album «  I'll End In Tears » du collectif 4AD, This Mortal Coil. Perry rejoint maintenant Lisa Gerrard pour l'accompagner au yangqin et on est touchés de voir l'ancien couple à nouveau côte à côte (voir la vidéo http://www.youtube.com/watch?v=iryLWYBJ4mQ ).

Lors du second rappel, cet album enregistré en 1984 est à nouveau mis en exergue. A travers « Song To The Siren », que Perry interprète également lors de ses concerts en solitaire. Sa version est plus proche de l'originale de Tim Buckley et Larry Beckett (1970) que celle de This Mortal Coil... Superbe ! Enfin, empreint d'une élégance toute celtique, « The Return Of The She-King » permet à Astrid Williamson, préposée aux claviers et backing vocals, de révéler la pureté de sa voix qui répond en écho à Gerrard. A ce moment, les spots dessinent des arabesques de lumière sur la scène et on se sent comme dans un rêve médiéval. Perry rejoint ensuite les deux chanteuses pour former un chœur qui clôture la chanson dans un magnifique a capella. Voir la vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=SowPy3CSMkM

En point d'orgue à ce concert inoubliable, Lisa Gerrard reviendra pour interpréter « Wandering Star », une plage qui figure sur son dernier elpee solo, « The Silver Tree » (2006).

Au moment de quitter le Cirque Royal, on a la gorge serrée tant l'émotion était intense. Bien sûr, on aurait préféré écouter une majorité d'anciens morceaux. Bien sûr, la setlist aurait pu privilégier davantage de titres rythmés, surtout en fin de parcours ; mais force est de constater que Dead Can Dance a tout à fait réussi son come-back. Après avoir assisté à un de leurs concerts en 1993, dans le cadre de la tournée « Into The Labyrinth », je puis affirmer qu’ils n'ont rien perdu de leurs aptitudes. Duo divin, Dead Can Dance est de retour ; et c'est comme s'il n'était jamais parti...

Setlist

Children of the Sun
Anabasis

Rakim
Kiko
Lamma Bada
Agape
Amnesia
Sanvean
Nierika
Opium
The Host of Seraphim
Ime Prezakias
Now We Are Free
All in Good Time

Encore:

The Ubiquitous Mr. Lovegrove
Dreams Made Flesh (cover of This Mortal Coil)

Encore 2:

Song to the Siren (cover of Tim Buckley)
Return of the She-King

Encore 3:
Wandering Star

 

Can D

Down by the 66

Écrit par

L’air chaud qui balayait la poussière de cette nuit printanière me soufflait à l’oreille la présence de quelques vieilles légendes locales. Ici où cowboys et indiens se côtoient, à présent, ce soir, les esprits prendraient corps et possession de cette ville fantôme. Dans l’embrasure rougeoyante du mythique endroit, je m’engouffrai, en proie à quelques tentations. Mescaline et squelette dansant, sueur et tremblements, rendez-vous avec le diable et ses enfants…

D’abord, la foule à traverser. L’autochtone est de sortie ce soir ; et me frayant un passage à travers cette marée humaine, je me poste au-devant de la scène. C’est qu’on m’a dit le plus grand bien de ces suppôts de Satan qui ouvrent le bal.

Fair, Blatt & Hill, c’est du costaud, du lourd, ça cogne et ça rend sourd. Des musicos vachement balèzes, pour un son orageux qui chevauche l’apocalypse. Le bassiste n’a peut-être pas la peau sur les os ce soir, mais les nerfs de sa 4 cordes se tendent à l’extrême, palpitent et claquent sous ses doigts agiles. Le guitariste-chanteur éructe et psalmodie en manifestant un détachement propre à un Jay Mascis mû en Josh Homme (où l’inverse ?) et le batteur martèle  ses fûts et cuivres sans retenue. Haletant comme un pur sang entraîné dans une course frénétique, le Stoner Psychadélic Rock de ces trois Liégeois se fond comme la lave des volcans dans la terre fertile.

Assisté dans leur performance par l’artiste graphique Yves Budin qui du reste, marque de son pinceau toute leur esthétique, le combo donne de la boule Quiès à retordre à celles et ceux qui étaient venus sans méfiance assister à un concert Pop. En résulte un enthousiasme modéré, si ce n’est dans le chef de quelques joyeux drilles tous acquis à la cause FB&H. Pour ma part, je suis définitivement rassuré sur l’avenir du Rock en région liégeoise.

Vient ensuite le tour des Can D, au pays desquels on s’amuse, on pleure, on rit. Emmenés par la foi et l’impressionnante maîtrise de ses membres, le set dévoile le contenu de l’album « Help Yourself », dont c’est ici, la présentation officielle. Baptême du feu pour cette plaque electro résolument tournée vers la Pop qui mêle le son des années quatre-vingt (on pense à Human League ou Orchestral Manœuvre in the Dark) à un Rock plus contemporain. Le chanteur possède une voix parfaite pour ce type de musique et le claviériste assure la grande part d’originalité du son Can D.

Au sein du paysage sonore de notre mère patrie, ce groupe possède un potentiel propre à plaire à un large public. Quant à savoir si les horizons extraterritoriaux s’ouvriront à eux, il est sans doute encore tôt pour se prononcer, mais il est un fait qu’ils méritent bien plus qu’une attention focalisée sur l’est du pays.

Proposant en guise d’interlude une version acoustique rehaussée par la présence d’un accordéon et d’un harmonica sur le morceau « Happy thought » et le single « Chill Out », servi à deux reprises (le répertoire ne justifiant pas encore de rappels à rallonge), ce set prouve qu’en l’espace de quelques années, le Rock belge, même à petite échelle, a gagné en maturité. Il s’est émancipé et surtout a gravi les échelons qui le séparaient des grosses pointures.

Ne reste plus qu’à conquérir le monde.

Via la route 66 ?

(Organisation : Spirit of 66)

 

Viva L’American Death Ray Music

In the Meantime…

Écrit par

Le secret le mieux gardé de la culture rock indépendante s’évangélise peut-être sous les paroles de Viva L’American Death Ray Music. Les mélomanes qui éprouvent une certaine « sympathie pour l’industrie du disque » ne peuvent passer à côté de ce quatrième album. Impossible ! En huit titres, le trio touche à l’essence de Televison, caresse les doux rêves proto-punk du Velvet. Ces grandes références n’effraient guère ces missionnaires éclairs du rock’n’roll. Pire, la liste des clins d’œil s’allonge : Roxy Music, Galaxy 500 ou The Modern Lovers enrichissent encore un catalogue référentiel étoffé. Derrière la batterie, on retrouve Jeffrey Bouck, figure hippie croisée dans la troupe ensoleillée de Polyphonic Spree. A la guitare et au chant, Nicholas Ray prend la mesure des lignes de basse de Harlan T. Bobo. Ensemble, les trois garçons tissent des toiles mélodiques perforées de refrains entêtants. Des hymnes à l’indépendance, à la joie de griffer ses chansons en toute liberté. Sur « Same Suit Different Tie », la formation parvient à raviver la flamme garage rock attisée par les Stripes sous l’étendard de « De Stijl ». Plus âpre, singulièrement rock’n’roll, Viva L’American Death Ray Music semble traverser les époques pour n’en retenir que l’essentiel. Passion, débauche et grands frissons.

Viva L’American Death Ray Music

A new commotion, a different tension

Écrit par
Nicholas Ray forme en 1998 un quintet au doux nom d’American Death Ray. Juste le temps pour la bande de Memphis de sortir deux albums salués par la critique que Mr Ray décide d’échanger deux musicos contre deux noms : Viva l’American Death Ray Music est maintenant un trio. Qui, à l’occasion de ce « A New Commotion, A Different Tension », resserre quelques boulons. Car à l’évidence Mr Ray s’est longtemps baigné dans les eaux du Velvet Underground (courant « White Light/White Heat ») et, entre autres cascades new wave US, de Television. Les 10 chansons balancées ici reposent bien sûr sur la répétition métronomique d’un gimmick rythmique simple et groovy (les incontournables « Blue Cars » et « New Commotion »), où les riffs secs de Mr Ray délivrent une énergie purement rock’n’roll (les indispensables « The New Age », « Oh! Libertine » ou « Any Given Hour »). Le tout servi par une production brute, comme aux glorieux temps de Pussy Galore. Bref, un pur moment de jouissance électrique issu de la mythique Memphis, loin des artifices friqués de la déferlante New York. The Strokes est mort ! Viva l’American Death Ray Music !

Dead Can Dance

Wake

Écrit par

Considéré à l'origine comme un maître de la musique gothique symphonique, Dead Can Dance va évoluer de plus en plus vers un univers sonore davantage influencé par la world, expérimentant au passage le chant grégorien, le folklore celte, la Renaissance, Le Moyen-Orient et les rythmes du Brésil et de l'Afrique occidentale Jusqu'en 1998, année de leur séparation. Mais le plus remarquable et le plus paradoxal, c'est que ce duo australien est parvenu à séduire un public rock, à l'aide d'une musique qui ne doit pratiquement rien au style. Enfin, pas tout à fait, puisque son premier elpee (NDR : éponyme) impliquait une instrumentation électrique et acoustique tout à fait conventionnelle. Nonobstant la présence de " Frontier " sous sa version démo et l'inédit " The lotus eaters ", ce double CD risque de faire double emploi pour celles et ceux qui se sont procurés le " Box set ". M'enfin, j'ai l'impression qu'il s'adressait avant tout aux aficionados. Pour les autres, et en particulier pour les profanes, ce " Wake " synthétise parfaitement l'œuvre de ce duo aussie. Un duo partagé entre Lisa Gerrard, vocaliste à la voix pure, céleste, presque mystique qui se servait d'une sorte de zither chinois, le Yang Ch'in, et Brenda Perry, multi-instumentiste doué d'un baryton profond, qui s'intéressait beaucoup à la musique médiévale, mais aussi africaine, matière qu'il avait d'ailleurs approchée en accomplissant des études d'anthropologie.

Dead Can Dance

Spiritchaser

Après avoir exploré une multitude de cultures musicales conventionnelles - du néo classique au baroque en passant par le celtique, le gothique, l'ambient et bien d'autres -, historiques - élisabéthaine, liturgique et chant grégorien -; ethniques - orientale, balkanique, arabe, hindoue, africaine -, Dead Can Dance en est revenu à une forme plus proche de ses débuts. Qui remontent déjà à 1981. Attention, pas ceux du premier album éponyme qui lui avait valu d'être comparé à Cocteau Twins. Mais bien du deuxième, " Spleen and ideal ". " Spiritchaser ", septième album studio du duo australien renoue avec ce style si élégant qui lui avait permis d'agréger le mysticisme oriental, la mélancolie britannique et la world music. Un album beaucoup moins impénétrable que " Aaion " ou " Into the labyrinth ", mais toujours aussi déroutant et fascinant. DCD y laisse une grande place aux percussions et aux rythmes. Africains, bien sûr, mais hantés par le spectre du vaudou. Et puis latino-américains. Brésiliens et péruviens pour être plus précis. Si le fragile équilibre entre la voix éthérée, exceptionnelle de Lisa Gerrard et celle plus terne, mais tellement vibrante de Brendan est préservé, on remarque surtout une mise en valeur du sens mélodique par l'instrumentation aussi bien folklorique que technologique. Une œuvre qui devrait ravir les fans de world music impressionniste…

 

Dead Can Dance

Toward the within

Fondé au tout début des eighties, Dead Can Dance explorait à l'origine un univers ‘cold’, atmosphérique, sensiblement proche de Cocteau Twins. Ce n'est qu'à partir de 1987, soit lors de la sortie du troisième elpee, "Within the realm of a dyin' sun", que le concept australien s'est transformé en projet hautement intellectuel. S'inspirant tantôt de la musique ethnique (chinoise, gallique, indienne, latino-américaine, maghrébine, etc.), tantôt de la musique médiévale, et en particulier séculaire et liturgique du XIème siècle. Aujourd'hui, son expression n'a plus grand chose à voir avec le rock. Enregistré au Mayfair Theatre de Santa Monica en Californie, et découpé en quinze fragments, parmi lesquels figurent douze inédits, "Toward the within" est destiné à sonoriser un film vidéo du même nom. Malheureusement, ni l'inflexion vocale de Brandon Perry, ni le timbre délicat, fragile de Lisa Gerrard, ne parviennent à transcender ces mélodies semi-exotiques, au goût ‘world’ franchement morose...

 

Duncan Dhu

Piedras

Depuis la sortie d'"Autobiografia", Mikel Erentxum et Diego Vasallo ont privilégié leurs expérimentations individuelles au détriment de Duncan Dhu. Une situation que nous pensions sincèrement peu favorable à la survie du groupe. Il faut croire que leurs aventures en solitaire n'ont pas été concluantes, puisque le duo basque vient de se reformer. Malheureusement, ce "Piedras" n'a ni l'étoffe, ni le caractère du célèbre "Cry For Our Time". Seuls "Abandonar" et "Bulbare" échappent à la critique. Les neuf autres compositions se vautrant dans un soft pop jazz aussi terne que "Dreamland" d'Aztec Camera et pompeux que l'"Eldorado" d'Electric Light Orchestra. Une déception !