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Damien Saez

Le manifeste qui sonne la révolte…

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Damien Saez n’a jamais été le plus tendre des chanteurs francophones. Mais ses textes onttoujours reflété un certain engagement et ressemblé à un appel à la révolte. Aujourd’hui, plus que jamais, ce côté rebelle se confirme. En ce moment, il « Manifeste » partout en France. Il a posé, le temps d’une soirée, ses revendications, en chansons, sur les planches de Forest National.

D’une douceur rude, rugueuse et aussi belle que ‘démangeante’, Saez fait un peu son cinéma, laissant le public seul face à une jeune fille au regard profond, projetée sur l’écran géant. Elle aussi est belle et sombre ; le noir et blanc accentuant chaque expression qu’elle affiche dans une justesse touchante. Mais surtout, elle dégaine les mots, aussi précisément qu’un cow-boy dégaine son colt ; comme lui, elle égratigne, elle blesse, elle frappe de plein fouet quiconque la regarde, l’écoute. C’est une poésie magnifiquement ténébreuse. Damien l’accompagne au piano, comme si une bande son prenait vie en direct.

« L’humaniste », extrait du « Manifeste », ouvre le bal. Un bal militant qui, pendant plus de trois heures, prend aux tripes, donne des envies de révolution. Un bal aussi où tout le monde n’entrera pas dans la danse, n’écoutant à priori que trop superficiellement les paroles de ces compositions toutes plus fortes les unes que les autres. Mais non Saez ne se prend pas pour un justicier, il n’est pas venu au bal, masqué. Il chante et crie parfois, son indignation. Et il invite chacun à l’accompagner.

‘Depuis le début de la tournée, on aimait bien, parfois on pouvait chanter 4h. Et puis Bruxelles… Ville européenne… Couvre-feu à 11h.’ Il provoque, il punche. Et ce n’est clairement pas de l’ordre de la remarque courtoise ; c’est plutôt une vraie pique, une lance.

Après un début de set placé sous des morceaux aux airs calmes, mais aux airs seulement, dans lequel l’artiste a donné aux « Enfants paradis » la « Fin des mondes », il offre quelque chose de plus rock grâce à « Betty ». Et avec elle, Damien s’emballe. Finies les berceuses, il balance, il envoie toute la colère qui résonne dans ses chansons, libérant toute sa puissance verbale. « Mon terroriste » va permettre aux spectateurs, venus festoyer, de se divertir, de bouger, de danser, bien aidés par un accordéoniste qui colore magistralement les compos, en choisissant le ton exact. Mais ce terroriste va aussi combler les autres, ceux venus pour écouter ce que le chanteur raconte, ceux qui savent qu’ils ne ressortiront pas, le cerveau et le coeur indemnes de cette soirée. Et cette division va être renforcée par un intermède provocant sur « Des p’tits sous ».

Saez règle ensuite ses comptes par une « Lettre apolitique ». L’ambiance est particulière. Ce n’est pas un Forest National complètement enflammé qui est face au chanteur. Un public en manque de repères, en manque de chansons phare de l’artiste. Jusque là, il a fallu se contenter « Des p’tits sous », de « J’hallucine » et de « Into the Wild ». Mais la suite rattrape quelque peu cette absence de répertoire plus ancien. Saez va ressortir de sa boîte l’elpee « J’accuse ». C’est un peu comme si l’assistance recevait enfin sa dose. C’est un soulagement, une peur qui s’envole. Il est vrai que rien n’est jamais sûr chez cet OVNI de l’industrie musicale…

Et puis arrive le double moment de consécration de cette soirée. La douce poésie de « Jeunesse lève-toi », non moins revendicatrice, emmène cette fin de spectacle dans une autre dimension. Mais comme chaque fois, l’incroyable « J’veux qu’on baise sur ma tombe » touche, émeut. Hallucinante poésie noire, extraordinaire moment d’osmose… Comme si cette chanson appartenait à chaque fan présent, comme si Damien Saez était un ami d’enfance. Les yeux se ferment, chacun se construit son image, bercé par cette mélodie reconnaissable entre dix mille. Une rivière noire a coulé pendant des heures, mais sa noirceur remonte, sa misérable pollution retourne d’où elle vient. La rivière se purifie, elle émet de nouveau son joli bruit, elle est de nouveau belle. Mais elle chuchote, elle supplie que cet épisode ne se reproduise plus, de l’aider à empêcher que la noirceur ne l’envahisse de nouveau. Il faudra veiller, rester vigilant, rester ouvert et, ensemble, combattre, ruser, se défendre de toutes les forces que la nature a procuré à chaque être de raison.

La très jolie clôture sur « Tu y crois » en deviendrait presque anecdotique. Une soirée pleine de merveilles.

Cette chronique a été sans conteste la plus difficile que j’ai eu à écrire. Je n’ai jamais autant effacé, recommencé, repris, hésité… Comment relater un moment unique sans se tromper, sans se laisser tromper par les mots? Comment vous expliquer toute la symbolique d’un jeune garçon qui monte sur scène pour lever le poing aux côtés de Damien ? Mon affection musicale est marquée depuis de nombreuses années par les oeuvres de Saez. Ce n’est pas le plus beau concert auquel j’ai assisté. Mais mes émotions, mes sentiments, mes réflexions lui disent merci. Mon coeur et mon cerveau fonctionneront mieux encore. Je suis ressorti de cette salle avec une profonde envie de révolte.

Enfin, ce ne sont pas ces raisons qui ont rendu difficile l’écriture. Non, pas du tout. J’ai eu honte. Honte de coucher de si pauvres mots pour en raconter de si beaux. Ceux de la plume même de Damien Saez. Il n’a pas la voix la plus attrayante de la chanson française ; mais bon sang, quelle qualité d’écriture, quelle justesse, quelle noirceur, et pourtant pleine d’espoir. Ses textes paraissent parfois débarquer d’un autre monde que celui dans lequel est ancré la musique d’aujourd’hui. Et ces paroles qui prennent vie ont encore tellement plus d’impact quand elles sont livrées en live. Il était impossible de lui rendre véritablement justice ici. Vu toute l’admiration que je lui porte, je m’en excuse…

(Organisation : Live Nation)

Damien Saez

J’accuse

Écrit par

Après « Jours étranges », « God blesse », « Debbie », « Varsovie/L'Alhambra/Paris » et « Yellow Tricycle », « J'accuse » constitue déjà le sixième opus de Damien Daez. Ce rocker français, au phrasé quelque peu inhabituel, ne fait pas dans la dentelle. Tout au long de cet elpee, on a droit à l’artillerie lourde, du moins en ce qui concerne ses textes.

La place quelque peu abandonnée par Noir Désir, depuis le ‘crochet à Vilnius’, opéré par Bertrand Cantat, a vite été convoitée par des groupes ou chanteurs venus d’horizons divers (Luke, Eiffel, …) Damien Saez en révolutionnaire averti pousse à gauche et à droite afin de pouvoir occuper l’espace laissé vacant, par ce petit jeu de la chaise musicale…

Les thèmes abordés dans ses chansons sont toujours d'actualité et reflètent la pensée collective depuis une décennie. En ces moments de crise et paradoxalement en pleine jouissance/dérive (NDR : biffez la mention inutile) de la société de consommation, Saez s’érige un peu en donneur de leçons ; il devrait toutefois faire attention de ne pas devenir ce qu’il a facilement tendance à critiquer. Je m’explique, à force de critiquer un système et surtout un business dont il fait partie intégrante ; et bien en gros, il crache un peu dans la soupe, qu’il nous sert… Néanmoins, il a toujours les yeux grands ouverts sur le monde qui nous entoure et ses textes sont résolument engagés. Ouais, on n’est vraiment pas loin de Noir Désir, CQFD.

Ne retenir cependant que cet aspect du personnage serait un peu réducteur. D’abord, Saez est un vrai artiste ! Quelqu’un qui plaît ou qui dérange, c’est selon. Lorsqu’il dit : ‘Oh non, l'homme descend pas du singe il descend plutôt du mouton’ on a fait un peu le tour du propriétaire. Il dénonce, accuse, et assume ! Il dit ce que tout le monde pense tout bas ou ce que les gens ne veulent pas voir. La musique est un art non ? Et un art, c'est sensé nous faire passer un véritable message.

Cet album, comme l'indique le titre, est un fameux message, c’est même une dénonciation. Mais pas une dénonciation vague, comme le font la plupart des artistes pseudo engagés. Saez, lui, met le doigt sur ce qui ne va pas, en accusant le machisme social, la manipulation des médias, la croissance de la société de consommation... Les phrases s'enchaînent, s’entrechoquent. On a l'impression d’entendre un tourbillon de mots se déverser sur une musique violente, agressive ; en un mot, rock.

« J’accuse » premier single issu de l’album du même nom est déjà devenu un hymne dans lequel chacun peut aisément s’identifier. Ce titre à lui seul résume les 13 autres compos écrites, composées et interprétées par cet écorché vif. Le prochain sera sans aucun doute « Des p’tits sous » qui est du même tonneau. Une fois de plus un texte qui fait mouche souligné par une ‘mélodie’ accrocheuse en diable.

Le petit Zola de la chanson française s’appelle Saez, Damien Saez. On n’a pas fini d’en parler… Pour l’énergie qu’il dégage dans ses chansons, pour l’ambiance qu’il doit créer dans les salles, il faut vite se procurer un sésame et aller ‘râler’ avec lui sur notre ‘condition humaine’…