Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Les R’tardataires

A prendre au second degré…

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Les R'tardataires sont toujours à l'heure. Pas vraiment, puisque si leur set était annoncé pour 20h00 pétantes, il a débuté à 20h30 précises. Vu la maigre assistance je crains alors le flop. Heureusement, dès que les musicos montent sur le podium, le public va commencer curieusement à affluer. Dont de nombreux Liégeois. Venus en car, pour la plupart, ils sont restés coincés dans les embouteillages (NDR : sommet européen oblige). Et lorsque le reste de la foule est arrivée, plus moyen de bouger le petit orteil. Donc, contrat déjà rempli avant le début du concert. Ne restait plus qu’aux artistes à faire le reste. Et ils vont se montrer largement à la hauteur. Un show de 110 minutes, sans la moindre pause. Tout comme lors des Francos 2014, les Les R’tardataires vont nous mettre un feu d'enfer.

Le crew est mené de main de maître par deux Mc's : Max (Maxime Lacroix) et Ced (Cédric Chiappe). Ils sont épaulés par quatre musicos : Benoît Lesage à la basse, Andréa Monticciolla aux claviers, Aurelien Wynant aux drums, Sébastien Hogge à la guitare et Dj Nsk aux platines. Ils l'avaient annoncé via les réseaux sociaux : la soirée allait être particulière est chargée de surprises. Et pour cause, quelques invités vont participer à la fête, dont 'Daddycookiz' d'Atomic Spliff and The Rebel Dubz et le gratteur Chicos y Mendez. Sans oublier Terence Deepijan, un grand rigolo plutôt talentueux, préposé aux congas, qui avait participé aux sessions d’enregistrement de leur dernier elpee.  

Après une petite intro, Max et Céd déboulent sur les planches. Ils ont l'air particulièrement en forme. De suite, ils chauffent le public et font monter la pression. Ils sont incapables de rester en place une seule seconde et vont littéralement mouiller leur chemise, tout au long du show. Qui s’ouvre par « En Retard ». Ce n'est pas le cas. « Onanaoo » embraie, dans un climat digne de Kingston. Une compo aux lyrics plutôt cocasses. Et la foule jumpe ‘sec’. « C'est Grillé » baigne dans une atmosphère reggae. Il n’y manque plus que le ganja. Max et Céd se rapprochent du bord de l’estrade afin de nous raconter une petite histoire : « Les Escargots-DF ».

Retour back stage avant de revenir masqués pour « Martiens ». Les paroles sont à prendre au second degré. Et elles sont vraiment drôles. « Zion » évoque inévitablement Bob et ses Wailers. Après « Interlude Lucky Peterson », Max et Ced vident les lieux. Mais on s’en doute, ils préparent une descente de police dans l’hémicycle. Les deux flics réapparaissent alors, revêtus de leurs gilets pare-balles, sur lesquels est mentionné le mot 'Poulet', afin d’attaquer « Chopons Les/22, Fais Tourner ». Cocasse ! Et c'est la folie sur le dancefloor. Place ensuite à la cover du « Kiss » de Prince. Andréa s'époumone. Il est soutenu par Dj Nsk aux platines. Des images de pendules dont les aiguilles tournent sont projetées sur des écrans ronds, situés sur le dôme, au-dessus de la scène. Les 'deux furieux' ont enfilé des tee-shirts signés 'B'. J’ignorais qu’ils bossaient à la SNCB. Daddy Cookiz rejoint la troupe sur le podium, pour un « Good Vibes » décapant. Cap une nouvelle fois vers Kingston. A travers une chanson de l’artiste invité. L’ambiance monte encore d'un cran dans la fosse. Le public est de plus en plus bouillant.

Pas étonnant, car le retour des deux Mc’s se précise et se concrétise à travers une version dantesque de « La Folie Des Glandeurs ». Ils ont enfilé des pyjamas et des peignoirs bleus. Et chaussé des charentaises. C’est un morceau qui fait également l’objet d’une vidéo hilarante (voir ici). Elle raconte le parcours d’un être humain délaissé qui se laisse aller. A prendre au second degré, bien sûr. Mais qui reflète parfaitement la dure réalité de la vie. Changement de déguisement pour Max et Ced qui font leur come-back. Ils portent maintenant des lunettes fumées. « A la pêche aux moules » ? C’est une chanson d’amour proposée sous la forme d’un rap consistant. « P'tit Dylan » opère une petite incursion dans l'univers manouche de Django Reinhardt. Et ils sont doués les musicos. Ils sont même capables de mettre n’importe quel style musical à la sauce rap. Ce qui explique sans doute pourquoi, leur musique touche un large public. C’est au tour de Chicos Y Mendez aka David Méndez Yépez de faire son apparition. Pour deux pièces de résistance. Tout d’abord « Rien De Nouveau Sous la Pluie », un titre à la coloration latino étonnante. Qu’il chante. Et puis « Di Llo Mas Fuerte », au cours duquel, il joue de la guitare. Dans un climat réminiscent de Rodrigo Y Gabriela, des Buenas Ondas voire de Manu Chao. La fin du set approche. Un p'tit ska pour la route ? C’est « Natural ». D’autant que cette chanson raille les filles qui se maquillent ou ont recours à la chirurgie esthétique. Et « C'est Bon » clôt le concert. Au départ, j’avais du mal à accrocher. Aujourd’hui, je la digère plus facilement.  

Pour le rappel, Les R’tardataires reviennent déguisés en curés. Une belle chorale. « Mamy Blues » nous entraîne dans le delta pour conter l'aventure d'une petite vieille oubliée à la maison de retraite. Un message terriblement réaliste.

Et le set de s’achever par « Soirée Mousse », contexte idéal pour une distribution de 'pt'ites chopes'. Le concert est passé très vite. Les gars ont assumé 'grave'. On sent qu’ils on pris de la bouteille et sont prêts à faire les grandes scènes.

(Organisation : Le Botanique)

Les R’tardataires

Ne pas en perdre une seconde…

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Les R'tardataires sont venus présenter leur nouvel opus, « Rien ne sert de courir », au Reflektor de Liège, ce samedi 21 mai. C’est la release party. Et elle se déroule devant leur public, venu en nombre. C’est même sold out. Un auditoire réunissant toues les générations, et même des petites têtes blondes. Manifestement, ces rappeurs ratissent large. La structure de la salle est idéale et l'acoustique y est parfaite.

En supporting act, les organisateurs ont décidé d’inviter Ya-Ourt. Aka Karim Billion, il est issu de Langres, en Haute-Marne. Autodidacte, il se sert uniquement de sa voix, qu’il triture, pour produire différents effets ou reproduire toute une panoplie d’instruments. En quelque sorte, il pratique du Human Beat Box. Il vient de publier un Ep 4 titres, intitulé « Ya-Play ». Garanti sans le moindre… instrument !

L’univers de cet artiste est complètement décalé. Le personnage est haut en couleur. Il adopte un style vestimentaire panaché, à l’instar de ses influences musicales éclectiques. Aujourd’hui, il a enfilé une veste napoléonienne et a coiffé une casquette de rappeur bigarrée. Il s’installe derrière une table devant laquelle est tendue une toile noire. Il explique le fonctionnement de sa loop machine et de la tablette placée devant lui. Un principe apparemment bien compris par l’auditoire. C’est le micro dans les mains qu’il entame ses performances vocales. Il est ainsi aussi bien capable d’imiter les sonorités de basse que celles d’une guitare. Assez interactif, son trip nous entraîne d’abord du côté de Kingston. Un périple de 40 minutes qui va se révéler plein de surprises…

Karim chante également en ‘Yaourt’, soit une technique au cours de laquelle l’artiste émet des sons, des onomatopées ou des syllabes (yéyé, aï, yaw, woud, noï, for, si, yem, etc.) susceptibles de ressembler à un idiome qui existe. Mais qui n’existe pas. Et pourtant, le mélomane lambda a l’impression que le baragouin utilisé est cohérent. Surtout s’il ne connaît pas l’anglais, que Karim essaie de faire passer comme tel. Musicalement, les compos touchent un peu à tous les styles, depuis le rock au reggae, en passant par le blues, l'électro, le rap, le funk, le trip hop, l’afro beat et la world (surtout balkanique). Bref, le spectacle de Ya-Ourt a bien chauffé la salle.  

Une toile est tendue derrière le drummer. On peut y lire pour l’instant le nom du groupe : ‘Les R’tadataires’. Mais elle va surtout servir à la projection de clips. « Intro » ouvre le set, un morceau qui à travers des métaphores, telles le vol d'un papillon ou un coucher de soleil, évoque le stress de l’existence. Les être humains sont pressés. Au propre comme au figuré. Et seuls survivront, le fort, le roi ou le surhomme. Mais également Les R'tardataires. Les vidéos symbolisent le temps qui défile. Le set embraie par le titre maître du nouvel elpee. Max et Ced sont assis sur un tabouret et bénéficient du concours d’un duo de cuivres, omniprésent, pour attaquer ce reggae. « Rien ne sert de courir ». Ce n’est pas la course contre la montre. On a même le temps. Un tonnerre d'applaudissement salue cette compo taillée pour la bande FM. « On Choisit Pas » constitue la suite logique. Un morceau imprimé sur un tempo latino et aux textes totalement décalés : ‘On doit sortir les doigts du cul, on ne choisit pas sa famille, ni ses parents. Il faut avoir les pieds sur terre’. Aux cuivres, Antoine et Seb s’imposent à nouveau. Tout en occupant l’espace scénique, Max et Ced font monter graduellement la pression.

Place ensuite à un petit medley réunissant des titres issus du premier LP, « Je Suis En Retard / Pêche Aux Moules / Onanaoo ». Une ode à la drague aux paroles explicites. Enfin, pour ce qui concerne les moules. Max et Ced vont rechercher des petits paniers d'osiers avant d’aborder le premier single issu du dernier long playing, « Forêt Enchantée ». Préface au mélodica par le claviériste (Quentin Nguyen) et clappements de mains préparent la cueillette des framboises. Une satire des dessins animés signés Walt Disney. Schizo, Blanche Neige parle aux oiseaux. Merlin s'est suicidé. Les Aristochats ont piqué pompes et oseille. Un scénario tramé sur un cocktail de ska et de reggae remis au goût du jour. Drummer, Aurélien Wynant souffle dans un pipeau. Look à la Angus Young, Sébastien Hogge soutient l’ensemble de sa guitare rythmique. Les guests se succèdent. Dont deux vocalistes qui entament « Rien De Nouveau », sur un tempo latino. « Rêve Américain » met le cap vers le Nouveau Continent. Et tout particulièrement New York ; comparé… à la Cité Ardente. Un morceau sculpté dans le hip hop, même si les cuivres lui servent de fil conducteur. Ced et Max frappent dans les mains et commencent à mettre le souk. « Zion » repart vers Kingston, mais en se référant à Babylone. Des images de mécanismes d’horlogerie trottent sur l’écran.  

« Interlude James Brown - I Feel Good » prélude l'hilarant « Les Biftons ». Question existentielle et nerf de la guerre. Bouillant, le gratteur semble hanté successivement par Angus Young et Jimi Hendrix, notamment lorsqu’il frotte les cordes de sa gratte dans son cou. Ced y met un terme. Musclé, « Rock It » émarge au métal. Même si le délire est plutôt pop. Le public rentre dans le jeu et hue les MC's. Ced et Max reprennent place sur les tabourets. Entretemps, la musique oscille du jazz à la techno, en passant par le ska, le rap et le rock. Une forme de pot-pourri interactif. « Bienvenue Au Saloon » est bercé par un rythme country voire américana. 'Tonton' apporte à boire aux musicos. Idéal pour amorcer une histoire –à prendre évidemment au second degré– consacrée à un alcoolique. Le très radiophonique « Monte Le Level » clôt le show, une compo qui nous catapulte une dernière fois, en Jamaïque. Une fin de spectacle qui provoque une véritable ovation dans le public.  

« Chopons Les » entame le rappel. Ced et Max ont enfilé leurs gilets pare-balles, sur lesquels est mentionné dans le dos ‘POULET’. L’objectif est de niquer la police. Mais sur un ton humoristique. Le délire est complet. « Natural » est une chanson d’amour. Au cours de laquelle la foule est invitée à s’accroupir, avant de participer à un jump collectif. Les invités reviennent sur l’estrade pour vivre un périple censé nous conduire de l'Afrique profonde à l'Amérique du Sud. Et le spectacle de s’achever par « Les Parasites » (NDR : dont la vidéo est visible ici).

Votre serviteur a passé une excellente soirée en compagnie des R'tardataires dont le spectacle à taille humaine méritait de ne pas en perdre une seconde…

(Organisation : Reflektor)

Les R’tardataires

Horaire décalé…

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Ce vendredi 18 juillet, les R’tardataires ont ouvert le festival des Franfofolies sur la scène ' Ice Watch' du Village FrancoFou. Pas un challenge facile. Mais ils s’en sont bien tirés. Il y avait du peuple et la prestation a été bien accueillie. Les R'tardataires ont été lauréats du ‘Franc'Off’ et finaliste de la ‘Biennale de la Chanson Française’, en 2013. Une belle carte de visite. A l’issue du concert, Cédric et Max, les deux vocalistes ont accepté de nous accorder un entretien. Rendez-vous pris dans le hall de l'Hôtel Radisson Blu Palace de Spa, et pas question d’être en retard…

 

Les R’tardataires qui intitulent leur album « Mieux Vaut Tard que Jamais », c’est un peu un poncif ?

Cédric Chiappe (Céd) : Il faut bien qu'on arrive un jour. Les R'tardataires, c'est bien. Etre en retard, c'est beau. A un certain moment, il faut qu'on arrive. Et puis tout le monde est concerné. Aussi bien toi que moi. Il vaut mieux tard que jamais...
Maxime Lacroix (Max) : Ce titre, nous l’avions choisi, un an et demi avant sa sortie. On a déduit que dans le contexte, il n'était pas mal du tout.

Quelques mots sur votre parcours ?

Céd : Nous avons démarré en 2010. On a enregistré un album démo tous les deux. Nous avions déjà adopté le style qui allait devenir celui des R'tardataires. Mais on voulait immédiatement bosser en compagnie de musiciens. Pendant trois ans, on a beaucoup tourné à Liège. Ce qui nous a permis de réunir une bonne base de fans. Et puis, on a eu la chance de gagner deux ou trois concours : La Biennale de La Chanson Française et les Franc'Offs qui nous ont permis de nous produire, aujourd'hui. On a joué aux Ardentes, la semaine dernière Nous partons à Montréal pour le ‘coup de coeur francophone’, en novembre. Parcours simplifié, mais non moins beau.

On en arrive inévitablement à vos influences musicales ?

Céd : Le rap français, bien sûr. Le reggae, le ragga.
Max : Pour les autres musiciens du groupe : le funk, le rock, le jazz.

Dans vos textes vous avez constamment recours à la dérision. Et puis ils sont décalés. C’est une ligne de conduite ?

Céd : Oui, ce besoin de dérision est essentiel. Dès la première démo, nous nous en servions déjà. Nous essayons d’aborder les événements au second degré. Comme j’essaie de le faire maintenant. Et c’est un gros effort. Les textes sont donc volontairement décalés. Nous abordons des sujets sérieux sous cet angle. C'est notre kiff.

Des exemples ?

Céd : Les textes ? C'est de la merde. Sinon, franchement, on raconte la vie de tous les jours. Des mammys qu’on place dans les maisons de retraite, qu’on oublie et laisse mourir dans les homes. Des sans-abri, dont tout le monde s'en fout. Des martiens qui décident de passer leurs vacances sur la terre. Des filles qui sont belles au naturel. Des trucs parfois sans importance qui nous font bien rire. Tout ce qui nous passe par l’esprit et susceptible de faire une bonne chanson.
Max : De tout et de rien. De la folie des glandeurs. Des soirées ‘mousse’.

Votre clip « 22, fais tourner », est plutôt drôle ? D'où vous est venu l'idée du scénario ?

Céd : Pas pour remuer la merde. La réalité reste la réalité et la police n'est pas toujours... On caricature à mort. C'est à cause des décisions gouvernementales que les policiers se retrouvent parfois dans des situations délicates. On le remarque au quotidien. C’est un problème que nous dénonçons. Et que nous étalons au grand jour…
Max : Au départ, notre intention n’est pas de pleurer sur notre triste sort. Ce n’est pas la police, mais plutôt le système que l'on caricature. Et ensuite, comme les flics incarnent le système, ils deviennent les boucs émissaires…  

Vous utilisez également la toile et surtout les réseaux sociaux, pour communiquer ? Est-ce, pour vous, un maillon essentiel dans le processus de promo ?

Céd : Quand tu fais un clip aujourd’hui, il est très facile de le poster sur internet.
Max : Pour nous, non. Mais si tu veux un max de visibilité, tu n'as pas le choix. Il n'y a pas d'autre moyen aussi efficace. Tu dois faire ta propre pub via Internet. Et gérer ta promo. Tu passes par Facebook et c'est parti. Avant, ce n’était pas le cas. Ce qui change tout pour un groupe.

Prince vous aimez ?

Max : Un tout petit peu.

Et le rappeur Makyzard ?

Céd : Ah oui que l'on connaît ! C'est tout bon. On avait partagé une petite scène avec lui au Live and Stage à Chênée. Après son set on s’était un peu lancé dans l’exercice du free style. Il est terrible ce gars et en plus il crée de la très bonne musique. Son guitariste est un vrai malade mental. Il n'y a pas que lui d'ailleurs. Ses musiciens sont hors pairs. Il chope des mots qui viennent du public et les transforme en chanson. Nous avons un peu perdu cette discipline. Mais il n’est pas dit qu’on n’y reviendra pas. Quand tu explores ce créneau, tu participes à la culture hip hop. Improviser sur des mots en ‘live’, c’est très difficile à réaliser…

Sur les planches, vous libérez de l’énergie positive, non ?

Céd : Absolument ; on met toute notre énergie négative dans nos chaussures et puis on y va. Oui, à fond. Le but est de se marrer. Sur scène, devant la foule, on n'a pas envie de débarquer comme des mollassons. On souhaite que ça pète. Et en même temps, on se fait plaisir. On cherche à chauffer la foule et qu’elle jumpe avec nous. On n’est pas du genre à interpréter des chansons tristes destinées à faire pleurer les gens. Ce n'est pas notre style. Même dans les textes, on positive. La scène, c'est primordial pour nous !
Max : Good Vibrations. Le délire général du groupe c'est qu'il faut positiver un peu.

Après les Ardentes, vous ouvrez les Francos à 13h00, un joli défi pour vous ?

Céd : Oui un vendredi, c'est un challenge et on a bien relevé le défi. Du moins, je pense. Il y avait du monde malgré la chaleur. Il y avait du soleil et nos compos ont apporté au public un certain réconfort.

Votre rap est coloré, métissé, même. C’est dans l’esprit de notre musique ?

Céd : Sympa comme réflexion. C'est le but aussi. Toujours sur une base hip hop, mais bien colorée.
Max : En fait, ce feeling reflète les influences des autres musiciens. Que ce soit du reggae, ska, du latino ou de la drum&bass, quand on se lance, c’est à fond les manettes…

Quels sont vos trois albums de chevet ?

Céd : « L'Ecole du Micro d'Argent » d’IAM, le premier de Féfé, « Les Jeunes A La Retraite » et « X Raisons » de Saïan Supa.
Max : Idem que Céd. Celui de Raggasonic aussi.

Le concert qui vous a le plus fait flasher ?

Max : Celui de de Stromae aux Ardentes. C'est un grand malade, ce type. Son show à l’américaine est d’une grande précision. Mais quand tu tournes, tu te rends compte du taf qu'il y a derrière. C'est une vraie machine de guerre. Depuis deux ans, il a fameusement évolué. Au point de vue technique, c'est pointu et le top.
Céd : Perso, celui de IAM qui a accordé un show à l'ancienne. Un sommet !

Les R’tardataires

Mieux Vaut Tard Que Jamais

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Liège est un véritable vivier de talents. Si l’écurie JauneOrange héberge une multitude de formations et d’artistes pop/rock, quand on parle de hip hop, on évoque immédiatement Starflam. Et bien sûr, Akro, dont il a été longtemps le porte-flambeau. Dans le style, il faudra bientôt y ajourer les R'tardataires. Drivé de main de maître par deux Mc's : Max (Maxime Lacroix) et Ced (Cédric Chiappe), le crew implique également le bassiste Benoît Lesage, la claviériste Andréa Monticciolla, le drummer Aurelien Wynant, le guitariste Sébastien Hogge et Dj Nsk aux platines.

Le lauréats du Franc'Off 2013 sont revenus sur les terres de leurs méfaits cette année. Et franchement, leur show était épatant. Malgré un soleil de plomb, ils sont parvenus à mettre le souk dans l’auditoire, grâce à leur rap teinté de funk, de ska, de musique manouche, de rock, de disco, mais aussi de reggae et de rythmes latino. Truffés de calembours, leurs textes respectent la rime. Mais ils sont à prendre au second degré. Ils traitent tout simplement de la vie quotidienne, des coups de coeurs, des regrets, du blues des vieux, du dérapage de la justice et parfois de la police. Ils malmènent également les préjugés dont est trop souvent victime leur hip hop. 

« Intro » présente brièvement le groupe. Dynamisé par ses rythmes latino et tout particulièrement cubains, « Rien de nouveau sous la pluie » (feat Xamanek) inclut un texte en espagnol. Caractérisé par ses lyrics cocasses mais légers, « L'homme ne sait pas ce qu'il veut » nous entraîne à Kingston. La musique passe bien la rampe. Quand au message, il est terriblement réaliste : l'homme ne sait pas ce qu'il veut...

« Sur terre en vacances » lorgne vers Puppetmastaz. Il n’y manque que les scratches et les marionnettes. « Les Escargots-DF » relate le destin d’un gastéropode sur fond de comics américains. Du reggae, encore pour « C'est grillé », qui se consume jusque la dernière bouffée de ganja. « En R'Tard » se réfère à leur patronyme, mais également au rythme de vie que nous impose la société contemporaine. Et pas question d'arriver après l’heure…

D’une durée de moins d’une minute, « Interlude (Michel Feilner) » opère un lien naturel avec « La folie des glandeurs ». Les chômeurs, les ratés, les assistés sont souvent délaissés. S'ils s'ennuient, qu'ils travaillent. Du boulot, il y en a... « C'est bon » me botte moins. Sur un air emprunté au bayou, « Mamy Blues » s’intéresse aux petits vieux oubliés dans les maisons de retraite. Interpellant ! Vous connaissez Al ? Non pas Capone, mais Zheimer. Comme tout le monde, un jour tu feras sa connaissance, et on t'oubliera. « Natural » est un ska à part. « 22, fait tourner ! » raille la police à l’appui de certains dérapages commis par son personnel. La Justice en prend également pour son grade, à cause de son inertie. Décapante et désopilante, leur vidéo mérite que vous vous y attardiez (voir ici ?!?!?) « Zion » nous replonge dans l’univers de Bob Marley & The Wailers. Sur fond de scratches, « Soirée Mousse » décrit le parcours d’un jeune, la nuit, qui ne dispose que d’une cannette. 

« On remet les pendules à l'heure » (feat Daddy Cookiz et Hpk) ou quand le raggamuffin prend totalement le dessus. Chico et ses Gypsy sont venus apporter leur concours à « Le p'tit Dylan », un petit bonhomme qui vit dans un camp de gitans dont les parents sont divorcés. Une histoire banale quoi, celle d’un manouche dans la ville…

Et pour tenir en haleine, rien de tel qu’une « Chanson Cachée »…

Les R'tardataires se produiront à La Rotonde du Botanique le 23/10, à l'Entrepôt d'Arlon le 27/09/2014 et dans le cadre du Festival Musique à La Source de Chaudfontaine le 18/10/2014. Dépêchez-vous à vous procurer vos places, il n’y en aura plus pour les retardataires…

Data

Skywriter

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Tiens, il est sympa le nouveau Justice ! Ou tout du moins ce qui aurait facilement pu être la nouvelle fournée du duo electro. Une chose est certaine, ce n’est pas l’originalité qui fera pousser des ailes au producteur français Data. Mais ce dernier compense cette carence par une bonne dose de beats bien capitonnés. A l’instar des terribles « Aerius Light » et « Nightmare ». Bien que ses influences soient on ne peut plus évidentes (Daft Punk, Giorgio Moroder, Justice,…), il parvient toujours à se faire pardonner son manque d’authenticité en dénichant la petite note salvatrice.

Mais, on ne peut décemment lui pardonner –c’est un détail qui a son importance– d’avoir embauché Sebastien Grainger (ex-Death From Above 1979) le temps de deux morceaux, sans parvenir à tirer profit des énormes vocalises du Canadien. Les déjections pop « One In A Million » et « Rapture » font carrément tache. Idem pour le titre-maître, un duo inutile échangé en compagnie de Benjamin Diamond. Mais ce dernier se réserve cependant une apparition autrement plus réussie sur l’agréablement funky « So Much In Love ». De quoi sauver les meubles. « Skywriter » de Data est donc de ces instantanés qui se dégustent tant que c’est encore chaud…

 

Datarock

Datarock Datarock

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Le duo norvégien Datarock n’est pas du genre à se creuser les méninges trop longtemps. Ah ça, non ! L’art de la subversion, il le concède gracieusement aux autres. Datarock, lui, préfère agir dans la simplicité, le commun, le ‘déjà entendu’. Un petit coup de synthé kitsh par ci, un petit coup de guitare par là et une voix monotone pour arroser le tout. En deux temps trois mouvements, la formation réussit l’exploit de faire chier son monde, sans aucune gêne. Bien au contraire, elle en est fière et en fait carrément son fond de commerce, n’hésitant pas à publier deux versions du même recueil (contenant quelques variations dans la tracklist). Dans son infinie sagesse, elle permettra tout de même à l’auditeur de se réveiller à quelques reprises (« I Used To Dance With My Daddy », « The Most Beautiful Girl », « Fa-Fa-Fa » et « Ganguro Girl »). Juste assez pour transformer ce « Datarock Datarock » en disque aussi vite écouté qu’oublié.