Les Hoodoomen sont issus de la Normandie. De la région de Caen, très exactement. Fondé en 1996, le line up impliquait à l'époque Pascal Fouquet à la guitare, Thierry Hau à l'harmonica, et pour section rythmique, une histoire de famille partagée entre Bernard et Francis Marie, respectivement bassiste et drummer. Il y a trois ans, Thierry a cependant été remplacé par le chanteur/harmoniciste Philippe Brière. En 2002, la formation a remporté le Tremplin Blues-sur-Seine, un concours qui cerne bien les valeurs du blues français. Son premier elpee, "Blues", est paru en 2000. Le second , "Keep on dreamin'", deux ans plus tard. Février dernier, les Hoodoomen ont enregistré leur set au House of Live de Paris. Un événement immortalisé sur ce nouvel elpee sous-titré "House of Live presents from the West Coast the Hoodoomen on stage". Il faut dire que la formation a forgé sa réputation sur les planches, et il est intelligent de leur part de ne pas avoir attendu plus longtemps pour commettre ce disque 'live'. Pour la circonstance, ils ont reçu le concours de Fabien Saussaye, au piano.
La formation appose immédiatement sa signature sur "Hoodoomen theme", en présentant les solistes. Instantanément, cette ouverture sent bon la West Coast et met en exergue, tour à tour l'harmonica, l'orgue et la guitare. Maintenant, je comprends mieux pourquoi ce band alimente le haut du panier hexagonal. Sa musicalité n'est jamais prise en défaut, et puis la cette section rythmique libère un de ces grooves! Le swing et le jump s'entremêlent tout au long de "Shake it", une plage signée par l'harmoniciste californien Johnny Dyer. Le jeu aux six cordes de Pascal Fouquet semble camper un compromis entre l'école de la West Coast et celle du Texas (Albert Collins, T-Bone). Pour interpréter le "Yeah, yeah, yeah" de Joe Liggins, l'ensemble prend la direction de la Nouvelle Orléans. Nous sommes plongés dans le zydeco. L'invité Philippe Sauret est au frottoir. Fabien joue du piano qui roule. Francis impressionne aux percussions. Tout semble si facile! Balayé par le cri du coyote de Philippe, leur "Like a coyote" est un solide shuffle comme on peut les produire à Austin ou Dallas. Pascal y joue au feeling comme un Anson Funderburgh des bons jours. Philippe n'est pas en reste. Il souffle comme un possédé. Il a parfaitement assimilé le jeu des grands. Les Hoodoomen enfilent avec talent plusieurs classiques. Tout d'abord le blues lent de T-Bone Walker, "Stormy Monday". L'accompagnement de Fabien au piano est brillant. La partie de guitare exacerbe tous nos sens. "Further on up the road", ensuite. Une compo très jump, soutenue brillamment par un harmo à la Piazza. "Just your fool" de Little Walter, également. "You don't have to go" de Jimmy Reed, encore. L'inspiration made in Chicago est omniprésente. Et même "My girl Josephine" de Fats Domino, qui transpire cette bonne humeur débordante de la Nouvelle Orléans. "Little bitty pretty one" est un exercice de style pour le talentueux Philippe Brière à l'harmonica. "But nothin' else" nous emmène en Louisiane, du côté des swamps, adressant au passage un clin d'œil à Guitar Slim. Tout au long du solide boogie "Quarantine", Pascal passe en revue ses goûts en matière de cordes, un instrumental au cours duquel Fabien se trémousse aux ivoires. Cet excellent album 'live' brille par la qualité de ses compositions, et démontre que cette formation possède un registre particulièrement ample.