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Downtown Boys

Le luxe public de Downtown Boys

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Le nouvel elpee de Downtown Boys ; « Public luxury », paraîtra le 26 juin 2026. Successeur de « Cost of Living », ce disque marque une nouvelle étape pour le groupe, tant sur le plan musical que politique.

Pour accompagner cette annonce, les Downtown Boys partagent un premier extrait massif : « No Me Jodas » ainsi que son clip officiel. Réalisée par John McKay, la vidéo capture le groupe en pleine décharge d’énergie face à un public survolté dans un petit club de Brooklyn, et met également en scène le Mariachi Internacional Tapatío de Álvaro Paulino. Et il est à voir et écouter ici.

Co‑produit par Joey La Neve DeFrancesco et l’ingénieur du son Seth Manchester, « Public Luxury » a été enregistré au studio Machines With Magnets à Pawtucket (Rhode Island) et masterisé par Heba Kadry. Le long playing recèle notamment « The City Begins », « Sirena », « Viva La Rosa », « You’re a Ghost », le morceau‑titre, ainsi que plusieurs chansons chantées intégralement en espagnol.

Sur « Public Luxury », les Downtown Boys poursuivent leur trajectoire singulière, mêlant punk, indie et influences latines, tout en plaçant la politique et le collectif au cœur de leur propos. Le combo décrit cet album comme le plus vaste et le plus proche de l’intensité de leurs concerts à ce jour : un son cathartique, dense et fédérateur.

Pensé comme une affirmation radicale —‘tout pour tout le monde’ — « Public Luxury » s’inscrit dans la continuité idéologique de « Full Communism », tout en regardant résolument vers l’avenir. Un disque puissant, urgent et profondément vivant, à l’image d’un groupe qui n’a jamais cessé d’avancer.

 

 

Down The Lees

Un single pour Down The Lees, en attendant la suite…

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A l’origine, Down The Lees était le projet solo de la Canadienne Laura Lee. Elle enregistre alors 3 albums, un Ep et quelques singles. Puis elle débarque en Belgique. Et le projet devient trio, en compagnie des Gantois Jonathan Frederix (drums) et Kwinten Gluehorse (basse). Malheureusement, à la suite de la pandémie, l’association n’a pas survécu. Pourtant, le dernier album, "Bury The Sun", enregistré par le célèbre Steve Albini, avait tenu toutes ses promesses.

Laura Lee Schultz a joué quelques concerts solos en ligne et a commencé à écrire de nouveaux morceaux, dans l'espoir de collaborer avec d'autres musiciens. Mais l’incertitude prolongée l’a forcée à retourner au Canada. Sa santé mentale en a pris un coup, mais elle a toutefois canalisé ses doutes et sa dépression dans l'écriture de ses chansons, ce qui a donné naissance à une musique vulnérable et introspective. Premier single de Down the Lees depuis plus de trois ans, "Dead and Over" capture les émotions brutes de la tristesse, de la frustration, de la colère et de l’anxiété qui l’ont imprégnés depuis le début de la pandémie. "Dead and Over" devait être le chant du cygne pour Down The Lees. Il annonce probablement une résurrection. D’autant plus que Laura s’est entourée de nouveaux musiciens. Le single sortira le 31 mars 2023. Et si vous souhaitez en connaître davantage sur le sujet, on vous invite à vous rendre sur la page ‘Artistes’ de Down The Lees, en cliquant sur son nom, dans le cadre ‘Informations complémentaires’…

 

Downtown Boys

Cost of Living

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Ces ‘gars de banlieue’ sont des punks ! Issus de Providence (Rhode Islands), ils sévissent depuis 2011 en manifestant un esprit de rébellion commun contre le capitalisme, l’homophobie, les suprématistes blancs et toutes formes de fascisme, à travers une expression sonore dominée par le saxo de Joey La Neve DeFrancesco et la voix puissante de Victoria Ruiz. Sur ce second LP, produit par Guy Picciotto (Fugazi), les Downtown Boys conservent leur esprit diablement politisé (mais en adoptant un ton souvent optimiste !) tout en élargissant leur audience via ce passage sur la toujours mythique maison Sub Pop. Telle une série d’uppercuts assénée à Trump, le gang se sert de ses instruments pour le remettre à sa place et ce dès l’inaugural « A Wall » dézinguant le mur entre les USA et le Mexique. Que ce soit en anglais ou en espagnol, les fougueux Downtown Boys ravivent l’esprit punk de fort belle manière !

 

The Broken Circle Breakdown Bluegrass Band

La boucle est-elle bouclée ?

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Ce lundi 15 décembre, les couloirs de l'Ancienne Belgique sont fréquentés soit par des passionnés de Bluegrass ou des fans du film « The Broken Circle Breakdown » (également intitulé « Alabama Monroe ») de Félix Van Groningen, paru il y a déjà deux ans. Un long métrage qui avait décroché le César du meilleur film étranger. La formation s’était déjà produite il y a plusieurs mois dans la même salle, et y repassait donc pour plusieurs dates, dont trois sont sold out. Et de nouveau, la troupe est venue nous interpréter une B.O. addictive écrite par Bjorn Eriksson (du duo Eriksson/Delcroix), le moustachu au chapeau de cow-boy caché dans l'ombre des deux acteurs/chanteurs Veerle Baetens et Johan Heldenbergh.

Le moins que l'on puisse dire c'est que la frénésie autour de ce phénomène ne s'est pas estompée. La foule, un mix entre des vieux de la vieille, fans de Johnny Cash ou de Bill Monroe (fondateur du bluegrass), et des jeunes disciples du style, est excitée ; et dès que les sept musicos montent sur l’estrade, soit vers 20h45, les applaudissements et les cris fusent. Dès les premières notes de « Will The Circle Be Unbroken », le public est conquis. Il faut dire que le jeu de scène est particulièrement sympathique. Tous réunis autour d'un micro d'ambiance, chacun à leur tour, les musiciens y vont de leur solo. Ainsi, la mandoline, le banjo, la contrebasse et tous les instruments inhérents au bluegrass se succèdent. Les nombreuses groupies présentes de la salle chantent à tue-tête les titres phares de la BO. Et pour compléter la setlist, le groupe reprend des classiques du country/folk américain comme « I Think Twice, It's Alright » de Bob Dylan ou le superbe « Go to Sleep Little Babe », chanté a cappella.

L'ambiance est enfiévrée. Les deux chanteurs, Veerle Baetens et Johan Heldenbergh, outre leur talent à maîtriser leur organe, sont de fameux entertainers. Avant de se lancer dans la musique, Johan Heldenbergh a certainement dû exceller dans l'art de l'impro. Entre chaque morceau, il se lance dans des monologues interminables qui font mouche  à chaque reprise. Aussi, quand le concert est terminé, on se rend seulement compte qu’il a duré plus de 2h.

Un spectacle parfait au cours duquel les références au film ont été nombreuses. Mais, hormis, les chansons issues de la BO, seules des reprises ont été jouées et donc... rien de neuf à l’horizon. Aussi, plusieurs questions me taraudent l’esprit. Quel sera le futur de The Broken Circle Breakdown Bluegrass Band ? L’écriture de nouveaux titres est-elle envisageable ? Et dans la foulée, l’organisation d’une nouvelle tournée ? Ou alors la boucle est-elle bouclée ?

(Organisation AB)

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Melt Yourself Down

Melt Yourself Down

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Alors que les cendres du groupe londonien de free-jazz Acoutic Ladyland sont encore chaudes, le leader et saxophoniste Pete Wareham monte un nouveau projet et le baptise Melt Yourself Down. Histoire de ne pas être trop perdu, il a fait appel à son ancienne collègue Ruth Goller afin de tenir la basse. On retrouve derrière les fûts Tom Skinner. Un deuxième saxophoniste (Shabaka Hutchins), un claviériste (Leafcutter John), un percussionniste (Satin Singh) et un chanteur (Kushal Gaya) complètent le line up du band.

Peu enclin à respecter les codes, Melt Yourself Down se plaît à brouiller les pistes et apparaît comme un réel OVNI musical. Difficile de rester en place à l’écoute de ce premier album. Les Anglais n’hésitent pas à teinter de nuances orientales, de l’afro-jazz ou de la musique latino. Dynamisant le tout d’énergie punk et la saupoudrant de quelques particules d’électro. Un sacré fourre-tout donc ! Mais pour un résultat impressionnant. Car ça groove ! C’est hypnotique. Au chant, Kushal Gaya, le shaman, semble littéralement possédé. Les saxophones sont épileptiques. Et le plus extraordinaire c’est qu’au final, les huit morceaux restent accessibles.

Cet album devrait plaire aux amateurs de musique du monde mais pas seulement, car Melt Yourself Down parvient à transgresser les frontières et transcender les genres. N’hésitez donc pas à vous y plonger. Sensations fortes assurées !

 

Face Down

The Long Lost Future

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Après avoir publié un Ep prometteur, mais qui affichait encore trop clairement ses influences, les Parisiens de Face Down transforment aisément l’essai tout au long de « The Long Lost Future », un premier album qui, s’il est la conséquence logique de « The Runaway », marque aussi le passage du groupe dans la cour des grands. Difficile en effet de reprocher quoi que ce soit à ce brûlot southern metal mâtiné de thrash qui, s’il reste marqué par l’influence de Pantera, Down ou Black Label Society (qui ne l’est pas dans ce genre de musique ?), se démarque malgré tout de l’ombre des instigateurs du genre. Le (nouveau) chanteur ne singe pas Phil Anselmo, le guitariste ne reprend pas à son compte le son unique de Dimebag ou de Zakk Wylde, seuls comptent ici la puissance, le groove, sans oublier un sens de la mélodie omniprésent. De quoi rendre l’ensemble d’une cohérence impressionnante. La production est aux petits oignons, le son énorme, les compos solides et sans temps mort, une totale réussite, qui rivalise sans peine avec ses modèles. C’est à se demander pourquoi une grosse maison de disques (ou même une petite, genre Big Vin Records, le label de Vinnie Paul) ne les a pas encore repérés !

 

Face Down

The Runaway (Ep)

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Ne vous fiez pas aux origines pseudo-parisiennes de Face Down. De cœur, ce combo imbibé au ‘Jack Daniels’ et à l’huile de vidange est bel et bien originaire du sud de chez Barack Obama. Les courageux (inconscients ?) qui oseraient mettre cette affirmation en doute prennent le risque de se prendre cinq bastos gros calibre dans le stetson en posant une oreille sur « The Runaway ».

N’allez pas croire non plus, jetant un œil sur l’artwork (superbe au demeurant) de cet Ep cinq titres, que ces cinq Français se la jouent ‘country’ ou ‘rock sudiste’. Face Down n’est pas le nouveau Stocks. Et ses influences ‘southern’ ne sont pas à chercher dans le rock texan des seventies, mais plutôt dans le trash/sludge louisianais de la dernière décennie.

Bref, si vous ne l’avez pas encore capté, Face Down c’est du lourd ! « The Runaway » est un mélange fumant entre trash goove metal dévastateur de Pantera et sludge metal burné de Down. Warren, au chant, semble avoir le même fournisseur de cordes vocales que Phil Aselmo. Derrière lui, ses quatre acolytes bâtissent un mur sonore qui aurait très bien pu, à lui seul, provoquer les ravages de l’ouragan Katrina.

Pour un premier essai autoproduit, le son est carrément énorme : tellement compact qu’on se demande comment on peut entendre aussi distinctement la basse rageuse d’Alban et la batterie rouleau compresseur de Logan que les guitares brutales de Cédric et J.A. Un Ep percutant qui laisse présager le meilleur pour l’avenir. Bon sang, mais qu’est-ce qu’ils attendent pour nous concocter un album complet ?

Recommandé par votre médecin ; et à de très fortes doses !

Majestic Downfall

Temple of Guilt

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Début des années 90, un nouveau style de metal émerge en Europe. Une musique doom,  pachydermique et dépressive combinée à des vocaux death metal. Les fers de lance du genre répondent aux patronymes d’Anathema et de My Dying Bride en Angleterre, Tiamat en Suède ou encore Celestial Season chez nos voisins bataves. Hormis My Dying Bride, tous ces groupes ont depuis adouci leur musique ; cependant, le ‘doom/death’ s’est perpétué à travers de nouvelles formations comme Saturnus, Swallow The Sun ou encore November’s Doom.

Dix-huit ans plus tard et à huit mille kilomètres de là, Jacobo –sorte de Rémi Bricka du heavy metal mexicain– décide de rendre hommage à ces groupes cultes des nineties en formant, à lui tout seul, Majestic Downfall un projet doom/death imaginé dans la plus pure lignée de ses idoles européennes. Jacobo n’est pas un nouveau venu sur la scène metal. Il a joué plus de 10 ans au sein du combo mexicain Antiqua ; en outre, il avait déjà édité en 2008, « Man Made Paradise », une petite perle trash/death mélodique au sein de Ticket To Hell, son autre groupe personnel. (NDR : à vous procurer, si vous l’avez loupé).

S’étalant sur 56 minutes pour seulement 5 chansons, « Temple Of Guilt » entre tout à fait dans les canons du genre. La musique est lente et lourde, éclairée par la présence de claviers majestueux. Les vocaux sont proches de ceux de Darren J. White, le vocaliste historique d’Anathema. Les ambiances sont à la fois malsaines et mélancoliques. Si Jacobo aime bien travailler seul, il sait s’entourer de musiciens de session lorsque le besoin s’en fait sentir. Il a donc laissé le soin à Porncho, le cogneur du groupe death mélodique mexicain « The Ill Over Death », le soin de s’occuper des parties de batterie.

Il faut s’en douter, les compositions de Jacobo n’apportent rien de neuf au genre ; mais la production est excellente et surpasse de loin celle des premières œuvres d’Anathema ou de My Dying Bride. « Temple of Guilt » est un très bel hommage aux groupes cités ci-dessus. Vivement la suite.

A déconseiller cependant aux personnes suicidaires ou dépressives.

Downpilot

Like you believe it

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Allègrement passé inaperçu chez nous, le premier album de Downpilot a pourtant reçu un accueil plus que chaleureux Outre-Atlantique. Alors que le deuxième bambin du multi-instrumentiste Paul Hiraga nous tombe dans les mains, pas plus d’écho de la presse spécialisée, encéphalogramme définitivement plat. Le projet a pourtant de quoi plaire ou au pire, interpeller. En effet, Hiraga est soutenu à la production et à la batterie par Tucker Martine, principal artisan des disques de la délicate et essentielle Laura Veirs (qu’il accompagne même en tournée), possède un enviable timbre de voix et un sens imparable de la mélodie. Mais voilà, le problème de cette Americana, est sans doute qu’elle est trop « américaine » pour séduire en nos contrées. Là où, Laura Veirs cajole l’Humanité, Wilco tutoie les étoiles ; et lorsque Jesse Sykes parle aux âmes maudites, Downpilot semble se cantonner à son bercail. Reste quelques belles envolées, « Tiny California » que ne renierait pas Jeff Tweedy ou « Antwerp » (‘Antwerp is listening, its gray docks are glistening’), seule apparente exception à son tempérament casanier.

System Of A Down

Hypnotize

Deux albums en l’espace de six mois, qui forment un diptyque féroce : « Mesmerize/Hypnotize », beau plan d’attaque pour envahir les ondes et les oreilles des fans de metal pas trop con, un poil au-dessus de la mêlée. Il n’empêche : à regarder le compteur de notre chaîne hi-fi à la fin de chaque disque, on se demande pourquoi ne pas avoir réuni le tout sur un seul bout de plastique ? C’est sans doute plus chic, et plus conceptuel. Il n’empêche : il n’y a pas de différences énormes entre cet « Hypnotize » et son prédécesseur. Moins de r’n’b quand même (rappel : « BOYB »). A la place, les Arméno-Américains ont pondu une grosse daube de single (l’affreux titre éponyme, plus mou du genou qu’un tube de Trivium), et d’autres machins grandguignolesques un peu limite (« Banana banana banana terracotta » !!!). Le gros problème vient de Daron Malakian. Il compose toujours la plupart des morceaux, mais s’est mis en tête - pour ces deux disques - qu’il avait une belle voix… Eh ben non ! Il chante comme un cartoon qui aurait trop écouté du metal en 1985, en s’habillant comme tel, bref : c’est moche. Mieux : sur « Stealing Society » il s’essaie même au rap et on dirait presque un vieux Living Colour. Pour le reste on a droit à du bon SOAD, avec double pédale, le Grand Huit question couplets/refrain, et des textes engagés, parce que c’est la guerre (de dieu !). Un bon « Attack » dans la figure, et on comprend pourquoi Slayer les aime... D’autant qu’ils ont les mêmes coupes de cheveux (aaargh). A noter le slow qui tue, « Lonely Day », bientôt à la télé. Il est certain qu’à ce moment-là, les SOAD finiront bien par trébucher vers la consécration : tapis FM, costumes Armani, et candidature pour les prochaines présidentielles. C’est la Turquie qui va morfler.

Engine Down

Engine Down

Tristounet l’emocore ! Même si c’est dit à l’aide de grosses guitares qui hurlent et une rythmique qui frôle l’épilepsie… Schéma classique : un type, la vingtaine et l’idéalisme à fleur de peau, se dit un matin en se levant du pied gauche que la vie - merde ! - n’est pas facile tous les jours… Alors il propose à ses potes rencontrés au lycée de fonder un groupe, ‘comme une sorte d’exorcisme’. L’un d’entre eux aimerait bien l’appeler M.I.L.F. (« Mothers I Like To Fuck »), parce que tous les soirs il se branche sur le web pour mater des trentenaires copuler en Technicolor. Sa mère, pourtant, lui avait dit d’arrêter : ‘Si ça continue on va nous couper la ligne !’, lui dit-elle un soir de Star Ac’, en épluchant des pommes de terre. Alors ils ont tranché : plus de cul, et comme nom de groupe ‘Enginedown’ (‘C’est plus sympa, en plus il sonne comme angine’, déclara l’un d’entre eux à la sortie de l’amphi). Ils prirent rapidement les devants, en s’inspirant des disques critiqués dans le Kerrang. Schéma classique : At The Drive-In, Cursive, Sparta, Hot Water Music,… Le batteur aurait préféré ‘faire un truc à la Motley Crüe’, mais selon l’avis général ‘c’est l’émotion qui compte, et puis ça plaît aux filles’. Résultat : un premier disque d’EMO comme on en trouve partout, ‘d’une sensibilité attachante’, ‘d’une mélancolie post-pubère’… Et Vincent Delerm dans cette histoire ? Tout le monde s’en fout, et c’est bien là le problème.

The Washdown

Yes to Everything

‘Oui à tout’, à condition d’aimer le rock’n’roll à la scandinave (Hives, Fireside), les jérémiades punk-pop d’Hot Hot Heat, le rimmel qui coule, les poses de Casablancas, la dynamique « one, two, three, four », les basses rutilantes, les guitares qu’on fracasse à la fin des concerts, les refrains à siffler sous la douche ou devant le miroir en gigotant des lombaires, les badges Johnny Thunders épinglés sur le revers d’un perfecto élimé acheté en seconde main chez « Under Elvis », les top 5 idiots du genre « les 5 meilleurs groupe garage punk de ces deux dernières années », le Rock & Folk et ses couv’ avec Keith Richards, les riffs d’enfer, l’efficacité au lieu de l’originalité, la mode, les revival consuméristes, les pubs Levi’s, le fait de se croire branché parce qu’on écoute les Rapture et les Walkmen, la lecture de ce genre de critiques qui ressasse à tout va les mêmes clichés rock depuis des lustres… « Oui, mais c’est quoi encore, le rock’n’roll ? », se demande l’auditeur lambda qui ne sait plus où donner de l’oreille depuis un certain « Is This It ? ». The Washdown ? Sans doute. Peut-être. Allez savoir… Oui. Non. Peu importe. A vrai dire on ne sait plus trop.

Down Home Super Trio

In the house

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« In the house » constitue le 5ème volume de série "Live at Lucerne". Le Down Home Super Trio réunit l'harmoniciste RJ Mischo, le guitariste Frank Goldwasser (NDR : célèbre pour son sobriquet 'Paris Slim') et l'infatigable batteur Richard Innes. Une œuvre immortalisée ‘live’ lors leur passage au festival de Lucerne, le 15 novembre 2003. Et pour une bonne tranche de downhome blues !
 
L’opus s’ouvre par le "If you dig me let me know" de Goldwasser. Une plage très enlevée réminiscente de Jimmy Reed. Même que RJ Mischo prend ici le rôle de Jimmy et Frank celui d'Eddie Taylor au chant. Le "Sister taught me guitar" d'Eddie Campbell est facilement reconnaissable à son intro. Le souffle de Mischo est puissant et inspiré. Du RJ des grands jours. Il chante cette plage avec une grande vivacité, l'harmo sur le coin des lèvres, prêt à bondir à tout instant. "Candle is burning low" est un blues lent, terrestre, très Chicago southside. Il nous transporte au coeur des fifties, dans la Cité des Vents. La voix de Goldwasser n'est pas parfaite. On imagine facilement celle (NDR : d'outre tombe) de Howlin' Wolf intervenir sur cette plage. Et c'est justement à ce dernier que RJ veut rendre justice en chantant le "Just can't stay" de Don Nix. Un exotisme discret envahit le trio pour attaquer le bref "Blues King Mambo", une compo signée Alfred Harris. Un moment de dépouillement très bien restitué. RJ est seul sur les rails pour attaquer son "Keep on running". Il l’exécute tout en souffle, talonné par ses seules percussions. Mischo se libère et s’autorise les célèbres effets de whooping, du mythique Sonny Terry. Une ombre se dessine à l'arrière scène. Celle d’Alex Schultz, une guitare à la main. Quel bonheur de revoir et de réentendre ce géant californien du jump blues. Un musicien jusqu'au bout des ongles, capable de jouer de tout avec le même bonheur. Il nous invite au "Grand Casino", un instrumental créé à la seconde. Un blues très lent inspiré par les lieux : le Casino de Lucerne. Schultz s’y montre impérial de finesse, de technique et de feeling. Le trio se lance alors dans le "Going down the line" d'Earl Hooker, un boogie speedé. Les musiciens sont chauffés à blanc. Le public est très réceptif et participe à la fête. Le chant de RJ est impeccable. Billy Flynn et Goldwasser attaquent leurs cordes avec une certaine dose de violence, avant de les faire exploser. Mischo est maître de la scène. Il émerveille par sa vivacité et son dynamisme tout au long de "They try to kill me". Il en perd sans doute la voix, car Goldwasser reprend les parties vocales pour les trois dernières plages. Un RJ sans voix mais toujours le souffle long sur "Just don't care'. Il fait pleurer son harmo ; une technique à laquelle il a souvent recours sur ses propres albums. Frank a pris le pouvoir pour interpréter son "Homesick blues" : un hommage à ses maîtres face aux percussions tribales d'Innes (NDR : ce drummer d’exception a été de tous les bons coups du blues, au cours des 25 dernières années : Hollywood Fats Band, Fabulous Thunderbirds, Lynwood Slim, Rod Piazza, William Clarke, Kid Ramos, Kim Wilson et bien d'autres). Pour clôturer le concert, Frank prend son bottleneck et rappelle sur scène Billy Flynn. Cet autre fin slider, réputé pour ses coups de slide à la Elmore James, rejoint ses compagnons dans le Southside de Chicago pour y chanter le "Bloody tears" de Willie Dixon. Le bonheur! J'avais déjà eu l’occasion d’assister à un set du Down Home Super Trio. Au Spring Blues Festival d'Ecaussinnes, en mai 2003. Mischo, Goldwasser mais aussi le guitariste Steve Freund s’étaient produits sans Richard Innes ; mais cette expérience valait déjà son pesant d’or. Et si vous appréciez ce style musical, je vous invite à découvrir les albums de RJ Mischo et de Frank Goldwasser, parus sur le label Crosscut.

Gordon Downie

Battle of the Nudes

Écrit par

Pour ceux qui s’en souviennent, les Tragically Hip ont beaucoup fait parler d’eux au cours des années 90. Ils ont d’ailleurs souvent figuré sur les affiches des festivals de l’époque. Gordon Downie était le frontman de cette formation qui n’a par ailleurs jamais pondu quoi que ce soit de vraiment emballant. On pourrait établir à peu près le même commentaire pour la plaque solo de Gordon. Il se fend ici de quelques tranches de rock épique où le bruit et le volume prodigués cachent bien mal la faiblesse des mélodies. Sa voix qui rappelle quelque peu Michael Stipe s’avère d’ailleurs assez vite crispante, même si l’album ne dure que 37 minutes. On retiendra cependant quelques ballades folk très réussies : « Into the Night », « Willow Logic », « Steeplechase ». Un bien maigre butin, insuffisant pour que Gordon gagne sa « bataille », surtout s’il est tout nu.

The Washdown

The Washdown (Ep)

Écrit par

Le doute n'est plus permis. Après avoir écouté le second titre de cet ep, mon opinion était sans appel : non, The Washdown ne sera pas de sitôt le nouveau Fugazi. Motif : le chant qui parcourt ce rock faussement punk est trop poppy. Par contre, le timing des morceaux est un gros avantage. Ayant remarqué qu'il n'y avait pas grand chose à rajouter au genre, The Washdown a préféré ne pas faire durer interminablement les choses. Je pensais disposer de suffisamment de temps pour rédiger la chronique de cet Ep. Raté, la formation l'a bouclée avant moi.

 

Jason Downs

White boy with a feather

Écrit par

Par son habile mélange de country et de hip hop, Jason Downs aurait du créer la surprise. Ce n'est malheureusement pas le cas. Et à mon humble avis, il aurait mieux fait d'en rester à la musique country, car la fusion des deux styles n'a pas eu l'effet escompté. Il y a bien quelques beats puisés dans le hip hop, mais si peu a mon goût (NDR : m'enfin les goûts et les couleurs ne se discutent pas). Sur cet opus, le morceau le plus intéressant et le plus original est le titre maître. Une composition autobiographique racontant l'histoire d'un jeune homme paumé du Maryland qui débarque à New York avec une plume dans les cheveux avant de rencontrer le rappeur milk et devenir une star... Reconnaissons quand même que Jason Downs a réalisé quelque chose qui devient de plus en plus rare dans le monde de la musique : oser innover.

 

3 Doors Down

The better life

Écrit par

Avant d'enregistrer ce premier album, ce quartette a certainement dû beaucoup écouter Alice In Chains et Soundgarden. Puis décidé d'injecter dans son expression sonore une bonne dose d'acoustique et quelques samples ; histoire de mieux faire passer la pilule. Personnellement, ce type de métal, qui bénéficie pourtant ici de la mise en forme impeccable de Paul Ebersold (Sister Hazel) et de Toby Wright (Alice In Chains, Korn) aux manettes, me reste sur l'estomac…

 

System Of A Down

Toxicity

Écrit par

Combien de groupes peuvent se vanter de faire entrer à nouveau leur excellent premier album (1998) dans les charts à la sortie du deuxième ? Peu. System of a down l'a fait. Tant de monde était passé à côté en son temps ? Ou SOAD est-il réellement la ‘next big thing’ ? Il y a fort à parier. Partant de l'adage : ‘on ne change pas une équipe qui gagne’, " Toxicity " est de nouveau produit par Rick Rubin ; mixé par Andy Wallace, le tout supervisé par Daron Malakian, guitariste de son état et par Serj Tankian, chanteur du combo. Résultat des courses, SOAD vient peut-être de commettre l'attentat bactériologique tant craint. En tout cas toujours engagé politiquement, " Toxicity " est hautement contagieux : pas un moment faible (allez, si : " Chop suey " et j'apprends que c'est un single) ; vocaux toujours aussi délirants, alternants furie, lyrisme et mélodie rendent au final cette plaque exemplaire en de nombreux points. Que se soit au niveau de la cohérence et de l'imprévisibilité des morceaux ou dans une intensité jamais mise en défaut. La plaque coule, harmonieuse, d'une traite. Et que ceux qui les attendaient au tournant aillent se rhabiller, non seulement SOAD confirme sa (son) (in)différence au genre (néo-je sais plus quoi en l'occurrence), mais en profite également pour affirmer la paternité de son style propre. Bref, pour tout ceux qui découvrent : à écouter à plein tubes ; pour les autres, la touche repeat s'use certainement déjà. ‘Jump, pogo…’ ! Hop, Cd de la semaine.

 

Downliners Sect

Sect appeal

Écrit par

Le Downliners Sect est arrivé au début des années 60, dans la vague qui nous a permis de connaître les Rolling Stones, Yardbirds et autres Pretty Things. Le groupe touchait à tout. Au R&B, au rock'n'roll, à la country, au beat, etc. Il n’a connu qu'un succès d'estime ; trop insignifiant sans doute pour agiter la vague R&B, mais pas assez pop pour remuer celle des beat groups. Il possédait pourtant de sérieux atouts, parce qu’il pouvait compter sur ses musiciens chanteurs, Terry Gibson, Don Craine et Keith Grant.

Le Sect a connu une nouvelle jeunesse dans les 70’s lors de l'avènement du pub rock de Dr Feelgood et les Kursaal Flyers. Reformés à la fin des 70s, ils sortiront deux albums, dont "Showbiz" (NDR : qui a déjà été réédité par Indigo et "Live in the 1980s"). Cet opus est ici présent, enrichi de 4 titres enregistrés en mai 80. Les trois musiciens susvisés sont ici flanqués du chanteur harmoniciste Paul Tiller (un ancien des Black Cat Bones) et de Rod De'Ath, un personnage qui a longtemps été longtemps le batteur de Rory Gallagher.

"You ain't done me right" est un titre accrocheur mais qui sonne très… Status Quo. "Blue night" vaut pour sa belle partie d'harmonica de Tiller. "Rhythm 'n' booze" est un rock'n'roll proche de Chuck Berry, avec une voix trop propre. L'album live est plus tranché, brut, sale. Nous sommes toujours en 80 avec les mêmes musiciens. L'énergie déborde, sans pour autant dépasser celle du Nine Below Zero de la même époque. Les plages qui dégagent le plus sont les meilleures. Et en particulier "Got my mojo working" ainsi que le fameux "Sect appeal", dont le rythme est pompé sur le riff de Bo Diddley. Quand ils chantent le "Love potion n°9" de Leiber et Stoller, on croirait entendre les Beatles des tous débuts. Manifestement ils sont le plus à l'aise dans le rock'n'roll. Ils foncent, dévastent et emballent "Back in the USA" et "Sweet little 16" de Berry. Et même d'autres canons tels que "Wee wee baby" ou "Nursery rhyme" de Diddley. Rien (ou presque) n'échappe au rouleau compresseur. Seule la conclusion ("Shake your moneymaker " et "Route 66") qui emprunte un ton trop approximatif, a été bâclée…

 

Downset

Do we speak a dead language

Deuxième opus pour ce quartette californien (Los Angeles) qui pratique un hardcore/trash/metal fort proche de Rage Against The Machine. C'est à dire largement teinté de hip hop et de punk. Si musicalement, Downset n'apporte pas grand chose de neuf, lyriquement, il se montre à la hauteur de ses congénères, dénonçant, entre autres, les problèmes socio-politico-économiques nés de la course effrénée au néo libéralisme menée par la classe dirigeante yankee…

 

Downset

Downset

Issu de Los Angeles, ce quintet semble vouloir adopter un profil comparable à Rage Against The Machine et à Living Colour. Un hardcore trempé dans le trash metal et filtré dans le hip hop que souligne le vocal irascible, dévastateur du vocaliste, qui répond chez Downset au nom de Ray Oropeza. Un style qui sert essentiellement à véhiculer un message, un cri de désespoir, de frustration et de rage s'élevant des ghettos qui peuplent LA. Tout y passe. L'économie, la philosophie, le racisme, le sexisme, l'insécurité sur fond social et politique. Une forme de protestation bien dans l'air du temps aux States...