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Dr John

Dr John vient de signer son propre acte de décès…

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Malcolm John Rebennack, alias Dr John, encore surnommé the Night Tripper, est décédé d'une crise cardiaque ce 6 juin. Il était âgé de 77 ans. Il était déjà entré dans la légende de son vivant. Il avait débuté comme guitariste mais après s’être blessé à l’index, suite à une bagarre, il s’était recyclé aux claviers. C’est donc comme pianiste qu’il va devenir une figure marquante de la cité musicale de la Nouvelle-Orléans.

Vers 13 ans, Rebennack avait rencontré le professeur Longhair. Impressionné par le look flamboyant et le style musical du professeur, il commence à jouer avec lui et entame sa carrière comme musicien professionnel

Il était profondément imprégné de sa Louisiane natale dont il avait cultivé les styles musicaux, le blues, le jazz, le funk, le zydeco, le boogie woogie, sans oublier la culture vaudou et la célébration du Mardi Gras. Il avait une voix de fausset rauque, très caractéristique.   

Au cours de sa longue carrière il a exploré diverses facettes du rock’n’roll, et en particulier le psychédélisme. Il avait aussi souvent rencontré des problèmes à cause de l'usage de stupéfiants. Une période sise entre la fin des sixties et le début des seventies, durant laquelle, il avait gravé ses premiers albums, devenus légendaires, comme "Gris Gris", "Remedies" ou encore "Sun, Moon & Herbs". Il atteindra le sommet de son art à travers les opus "Gumbo", en 1972, et "In the right place", en 1973, un disque qui recèle son énorme hit "Right place, wrong time".

Il laisse une importante discographie, à la fois comme musicien, compositeur et producteur. Dr John avait été intronisé au Rock'n'roll Hall of Fame.

RIP

Dr John

Locked down

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Le vieux sorcier louisianais vient encore de frapper fort! De son véritable nom Malcolm Rebennack, ce chanteur/créateur/guitariste et surtout pianiste possède une longue carrière musicale derrière lui. Malgré ses 71 balais, il est toujours aussi extraverti et excentrique ; en outre, ce résident de la Nouvelle Orléans n’a jamais laissé quiconque indifférent. Inspiré à l’origine par le mythique pianiste local Professor Longhair, sa première œuvre “Gris Gris” remonte à 1968. Ce disciple avoué de la culture vaudou nous livrait les premiers secrets de sa médecine, sur “Remedies” en 70 et “Sun, moon & herbs” en 71.

Les influences de notre toubib sont multiples : le blues, le jazz, le rock’n’roll, le boogie woogie, le funk et naturellement le zydeco. Il va rapidement se voir décerner le pseudo de Dr John. En particulier dès la sortie de “Dr John : The Night Rripper”. Et puis à cause de ses prestations scéniques extravagantes et ses costumes inspirés du Mardi Gras néo-orléanais.

Nous sommes en 2012, et le bon docteur parvient encore à étonner. Pour enregistrer “Locked down” il a reçu la collaboration de Dan Auerbach des Black Keys. Ce dernier joue de la guitare et assure la production. Les sessions se sont déroulées à Nashville, dans le Tennessee. Finalement, ils étaient six en studio pour concocter cet elpee, une équipe qui se partage l’écriture des plages.

Et c’est bien à un travail d’équipe auquel on assiste tout au long de cette œuvre. Une constatation déjà bien illustrée sur le titre ouverture, le fameux “Locked down”. A l’exception du Docteur, tous les musiciens sont crédités de percussions et de chœurs. Métallique, la guitare de Dan nous plonge dans le Delta du Mississippi. De quoi manifestement apporter une touche de fraîcheur et d’originalité. Soutenu par toute cette machine rythmique, le brave Mac chante d’un timbre nasillard, mais ses inflexions sont souveraines. La “Revolution” sonore est bien en marche. Le concours d’Auerbach est déterminant tout au long de ce R&B novateur et d’une puissance inouïe. De toute évidence, “Big shot” nous invite à rejoindre New Orleans, le berceau du jazz traditionnel, mais le style est ici revisité par les percus et le saxophone de Brian Olive, de manière à atteindre un format intemporel. Fresque de notre société moderne, “Ice age” est une excellente compo qui met bien en valeur les vocaux, mais aussi les différents instruments et en particulier les percus. Faut dire que le travail de mise en forme est impeccable. Tout comme “Getaway”, au cours duquel on entend distinctement tous les instrus. En outre, les interventions de basse prodiguées par Nick Movshon sont assez extraordinaires alors que la sortie finale d’Auerbach sur les cordes est aussi redoutable qu’acide. Les cordes saturées d’écho qui introduisent “You lie” sont un véritable délice. Le front rythmique qui rejoint l’expression sonore est dominé par le saxophone. Un funk blues absolument superbe. Un hommage est rendu au dieu cubain sur “Eleggua”, une plage mystérieuse, envoûtante, ésotérique même, propice à la transe qu’alimentent les percussions exotiques. “My children, my angels” baigne enfin dans un peu de douceur, un cri d’amour et de passion répercuté par un chant paisible que balisent un piano électrique mélodique et une guitare au bord de la déchirure. L’elpee s’achève par “God’s sure good”, un R&B classique, dansant et agréable. Un excellent album. Son meilleur depuis bien longtemps.

 

Dr John

City that care forgot

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Le ‘Night Tripper’ participe depuis très longtemps à la vie musicale de la Nouvelle Orléans, une cité qui a pourtant cruellement souffert des ravages de l'ouragan Katrina, et dont une bonne partie de sa population a été forcée de vider les lieux. Ce qui n’a pas empêché notre bon docteur de délivrer inlassablement ses prescriptions sonores. De son véritable nom Malcolm Rebennack, Dr John est aujourd’hui âgé de 67 ans. Il squatte les scènes musicales depuis les fifties. Il a composé et joué de la guitare pour des célébrités locales comme Professor Longhair et Art Neville. Il a entamé sa carrière personnelle au cœur des sixties. A l’époque, il dispensait un curieux cocktail de funk, de R&B, d'exotisme et de psychédélisme, hanté par une sorte de culture vaudou. Victime d’une manipulation maladroite d’arme à feu, il était entre-temps passé de la guitare aux claviers, au piano et à l’orgue. Il devient alors responsable d’elpees qui vont maquer son époque comme "Gris gris" en 1968, "Sun, moon and herbs" en 71 ou encore "In the right place" en 73. Pour enregistrer « City that care forgot », John est épaulé par sa formation : le Lower 911. C’est-à-dire le guitariste John Fohl, le drummer/percussionniste Herman Ernest III et le bassiste David Barard.

Dès les premières mesures de  "Keep on doin'", la musique baigne au sein d’un climat funky. Et la présence d’une section de cuivres n’y est pas étrangère. La voix de fausset du docteur est caractérisée par sa nonchalance habituelle. Tous les musiciens collaborent aux chœurs. "Time for a change" trempe dans une même solution sonore. Eric Clapton apporte son concours à la guitare. Son toucher aux six cordes est immédiatement saisissable. Willie Nelson participe à "Promises, promises". Le chant semble joyeux. Mais c’est loin d’être le cas. La réalité est toute autre. L’heure est grave. Souligné par un chant gospel participatif, le piano alerte de John anime les débats. ‘Le chemin pour la Maison Blanche est pavé de mensonges. Les enfants ont faim. Ils souffrent. Ils pleurent et meurent dans les rues’. Notre terre n'est décidément pas faite pour tout le monde! Les Créodelphic Strings colorent de leurs violons la ballade lente "You might be surprised". Le funk hypnotique refait surface sur "Dream warrior". John est passé à l'orgue. Il a revêtu le kimono du samouraï. Ce combattant du rêve brandit son glaive pour protéger les rivières et bayous louisianais. Le mysticisme vaudou plane. Le climat passe au jazz New Orleans sur "Black gold". Il évoque le rôle de cet or noir, si prisé par les financiers. La trompette et les saxophones marquent le rythme! L'amertume de l'artiste s'accentue davantage sur "We gettin' there", une compo au cours de laquelle on relève la présence de Terence Blanchard, l’ex trompettiste des Jazz Messengers. Les cordes de Clapton enrichissent deux autres plages. Tout d’abord "Stripped away". Ses partenaires en profitent pour libérer une dose maximum de groove. Et puis le titre maître. Une ballade majestueuse mais tellement critique sur le sort de la cité ravagée. Son sentiment douleur ne faiblit pas sur le titre suivant. Le docteur s’interroge même sur l’implacable "Say whut?". Ballade paresseuse "My people need a second line" se mue en dixieland dévastateur, lors de l’intervention de Troy ‘Trombone’ Shorty Andrews (ce jeune prodige tromboniste n’a que 22 ans !), rejoint par son frère aîné James, à la trompette (c’est aussi le leader du New Birth Brass Band).  Cet album d’excellente facture s’achève par "Save our wetlands", une prière dont les accents plaisants sont dispensés sur un mode zydeco. En outre Terence Simien, un des meilleurs artistes de ce style, y partage les vocaux.

 

Dr John

Mercenary

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Alias Mac Rebennack, Dr John est aujourd'hui âgé de 65 ans. Ses premières apparitions remontent à la fin des années 50, lorsqu’il évolue comme guitariste et pianiste dans sa bonne ville de New Orleans. Il joue du R&B qu’il a mâtiné de rock, contaminé par la folie du Mardi Gras, tout en injectant une touche personnelle de musique ‘voodoo’. A l’époque, il participe à des enregistrements pour Professor Longhair, Frankie Ford et Joe Tex. En manipulant une arme à feu, il est victime d’un accident qui lui abîme une main. Il décide alors de se concentrer uniquement au piano! En 1968, sa notoriété est acquise. Il vient alors d’enregistrer son premier album "Gris Gris", un disque qui mêle habilement R&B pur et dur, funk coloré, vaudou et psychédélisme. Dans la foulée il commet quelques excellents albums : "The sun, moon & herbs" en 71, en compagnie de Mick Jagger et Eric Clapton, "Gumbo" en 72 et "In the right place" en 73. Aujourd’hui notre bon Docteur est responsable d’une impressionnante discographie.

Son nouvel opus, "Mercenary", est consacré à l'œuvre de Johnny Mercer, un artiste populaire américain qui écrivit pas moins de 1.500 chansons pour lui et bien d'autres. Mercer était né en 1909 à Savannah, en Georgie. Il est décédé en 1976, à Los Angeles. Il écrivait, chantait (notamment dans l'orchestre de Benny Goodman) et assurait la production. Il fut également un des fondateurs du label Reprise. En 1942 ! Il est également un de ceux qui firent la promotion et la gloire de Nat King Cole.

En ouverture, "Blues in the night" est superbe. Cette plage embrasse un schéma purement roots, avant de céder le relais au funky R&B. Un style naturel qui transpire de cette cité magique de la Nouvelle Orléans. Tout y est : la voix nasillarde de Mac, son piano syncopé et les cris de quelques cuivres qui paraphrasent le chant. Herbert Hardinty s’y autorise déjà une escapade sur son saxophone ténor. "You must have been a beautiful baby" marque un retour au format quartet de base. Un petit bijou que John fait sien dans son essence louisianaise, en se limitant aux claviers, la guitare rythmique de John Fohl et la section rythmique (NDR : composée de David Barard à la basse et Herman Ernest III aux dums). De son timbre de fausset, sensiblement las, Dr John drive "Personality", une ballade indolente balayée par la trompette tout aussi somnolente de Charles Miller. Autre ballade, "Hit the road to Dreamland" pourrait servir de bande sonore à une comédie de Broadway ou celle d’un film tourné à Hollywood. La voix naturelle de notre praticien fait sienne cette chanson composée il y a longtemps. John adapte "I'm an old cow hand", un instrumental qu’il interprète avec tout le respect de son éducation néo-orléanaise. L'atmosphère devient cabaret, comme pour souligner les déhanchements voluptueux d'une stripteaseuse d'un bar glauque du carré français. Hardinty susurre dans son saxophone pour dévoiler ce "Dream". John murmure du bout des lèvres, avec une grande douceur, un savoureux "Lazy Bones", une compo que Mercer composa en compagnie de Hoagy Carmichael. Songwriter très prolifique dans le domaine du jazz léger, il était également un vieil et indéfectible ami de Louis Armstrong. Manifestement, Dr John parvient à transposer dans son registre, tout en maintenant le climat musical de sa cité, des chansons d'un autre temps. Et on se surprend même à reprendre, avec ses musiciens, les chœurs de "That old black magic". D’une grande profondeur dans la voix, il chante "Come rain or come shine". Le piano soutient le motif rythmique de ce blues, tandis que les cordes de Fohl, déformées par l'écho, vont et viennent à l'avant-plan. Délicieux! "Moor river" est probablement une des meilleures chansons de cet opus. Un morceau que Mercer cosigna avec Henry Mancini. Le timbre de voix de notre Night Tripper sied parfaitement à cette plage. Autre instrumental qui aurait également pu servir de B.O. pour musique de film, "Tangerine" clôture la part consacrée à l'écriture de Mercer. Dr John se met lui-même dans la peau d’un mercenaire pour concéder son "I ain't no Johnny Mercer". Il respecte cependant parfaitement le fil conducteur de l’opus. Il tape nerveusement et rythmiquement sur son piano tandis qu'il souligne son chant de courtes phrases à l'orgue Hammond. Pour nous saluer, il délivre une tranche épaisse de son R&B gumbo, festif, et largement cuivré, en interprétant "Save the bones for Henry Jones" que Mercer chantait en duo avec Nat King Cole. Notre bon vieux docteur vient de commettre un tout bon album !