L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

logo_musiczine

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (21 Items)

Missy Elliott

The Cookbook

Au menu du nouveau festin concocté par Missy Elliott, toujours aucun danger d’indigestion, ni de surcharge pondérale. La preuve : dans le livret, Missy pose en Scarlett O’Hara, et elle est presque mince. Sans doute est-ce dû à un nouveau régime minceur, à base de samples un peu couillons mais efficaces (« Clear » de Cybotron alias Juan Atkins sur « Lose Control », la scie « Apache » des Shadows sur l’autre tube « We Run This », et du Slick Rick par-ci par-là) et de hip hop facétieux mais sans conservateurs (ni trop de colorants)… Certes, il reste un peu de couenne (le r’n’b de « Can’t Stop », de « 4 My Man » et de « My Struggles », feat. Mary J. Blige), mais l’essentiel est composé de tracks qui valent bien une bonne heure de spinning. Autre constat : les Neptunes, encore une fois, réussissent la gageure d’écrire un gros hit, taillé pour le dancefloor (l’épatant « On & On »), et Timbaland prouve qu’il a encore de beaux restes (« Joy » et « Partytime », en apéritif). Missy Elliott s’essaie même au crunk sur « Click Clack », qui comme c’est écrit claque plus fort qu’une fessée sur le c... de Lil’ Jon. Plus forte qu’une biatche en plan serré dans un clip de 50 Cent, Missy Elliott prouve une fois n’est pas coutume que le hip hop n’est pas qu’une histoire d’hommes. « Please stand uuuup !!! »

Mike Elliott

Elliott and The Audio Kings

Écrit par

Ce trio de blues/rock est canadien. Issu de Waterloo, dans l’Ontario, très exactement. Son leader, le chanteur/guitariste Mike Elliott a milité au sein du Daddy Longlegs, un groupe de garage blues local, avant de monter son propre projet. Il a ainsi recruté le drummer Johnny Sauder et le contrebassiste Scott Fitzpatrick, comme section rythmique. Et qu’il a baptisée The Audio Kings. Eponyme, cet opus constitue le premier elpee du combo et réunit onze plages signées par Elliott.

Dès le départ, la formule trio s’impose. Très rock’n’roll et clairement jump, "When they say about you" est parfaitement balisé par la section rythmique. De quoi permettre au leader, dès qu’il en a l’opportunité, de prendre un billet de sortie sur ses cordes. Volubile, il étale également toute sa technique sur sa gratte. Tout au long du boogie "One of a king", Elliott ne laisse pas le moindre espace disponible. "What tomorrow brings" est imprimé sur un tempo plus lent. Le drumming se charge de swing. Un swing entretenu par la basse acoustique de Scott sur "Friday night". La voix est limitée, mais la créativité sur les cordes est constamment présente. Les musicos reprennent en chœur le refrain pendant "Come on home", une plage caractérisée par un rythme, ma foi, plutôt exotique. Shuffle bien texan, "Easier said than done" est à la fois passionnant, entraînant et efficace. Elliott souffle dans son harmonica tout au long de "No need to be alone", un blues enlevé. "Another day, another dollar" campe un rockabilly bien vivifiant. Et la guitare est omniprésente. Il manquait un blues lent. "Jealous kind" comble cette lacune. Les cordes fluctuent constamment et s’autorisent même une sortie tout à fait convaincante. Dommage que la voix de Mike ne soit pas davantage chargée de passion ! Les percus syncopées de Johnny nous entraînent au cœur des rues de la Nouvelles Orléans pour un "I don’t want to work" propice à la fête. "I know" met le cap sur Chicago, une finale particulièrement Westside qui véhicule les accents d’une rumba, dans l’esprit d’Otis Rush. Et Mike Elliott s’y réserve une de ses meilleures sorties sur les cordes.

 

Elliott Brood

Days into years

Écrit par

Vous n’avez sans doute jamais entendu parler d’Elliott Brood. Ou alors si peu. Pourtant outre-Atlantique, au pays des caribous et plus particulièrement à Toronto, patrie de Neil Young, ce groupe s’est forgé une solide notoriété. Paru en 2008, « Mountain Meadows », leur premier elpee met déjà le nez à la fenêtre. Et pour cause, il est nominé au prestigieux ‘Polaris Music Prize’ qui récompense le meilleur album de l’année. Sur la même liste figure alors des artistes ou des formations tels que Patrick Watson, Fucked Up ou encore Metric. Et le disque est à nouveau sélectionné aux Juno Awards, dans plusieurs catégories. Ces sélections lancent véritablement le band qui est alors invité à assurer les premières parties de Do Make Say Thing, The Black Crows ou encore Wilco.

« Days into years » est sortie au Canada, en 2011. L’elpee fait mieux que le précédent, puisque cette fois, il décroche un Juno Awards dans la catégorie ‘Roots & Traditional Album Of The Year : Group’ en écartant du podium Great Lake Swimmers ou encore The Wooden Sky, eux aussi plébiscités dans la même catégorie. Elliott Brood a donc de sacrées références sur sa carte de visite et joue dans la cour des grands. Il était grand temps que ce disque traverse l’Atlantique…  

Pour écrire les chansons de « Days into Years », le groupe s’est inspiré d’une visite accomplie dans un cimetière européen, où étaient inhumés des soldats qui sont tombés au champ d’honneur, lors de la première guerre mondiale. C’était lors d’une tournée sur le Vieux Continent. Le single « If I Get Old » évoque d’ailleurs le destin de ces soldats morts à la fleur de l’âge. Musicalement, à l’instar de Neil Young, les Torontois puisent leurs sources dans la tradition nord-américaine. Armés de leur banjo, harmonica, mandoline et autres instruments traditionnels, ils n’hésitent pas à recourir à la distorsion, quand c’est nécessaire. Si bien que leur expression sonore évoque plutôt les vastes paysages de leur pays. L’opus est ainsi partagé entre plage allègres et bien électriques (« Their Will »), ballades mélancoliques (« West end Sky ») et pistes purement country & western. Des chansons soulignées par des vocaux tantôt en solitaire ou sous la forme de chœurs qui tapent chaque fois dans le mille.

A découvrir absolument !

 

Matt Elliott

The Broken Man

Écrit par

Matt Elliott est le fondateur du projet électro-folk The Third Eye Foundation ; mais depuis 2003, il épure également son folk en publiant des disques sous son propre nom. Vu sa voix grave, ses arpèges de gratte particulièrement aride et la longueur de ses morceaux, on pourrait le prendre pour un Leonard Cohen neurasthénique (NDR : et c’est d’ailleurs flagrant sur le meilleur titre du lot : « Dust Flesh and Bones »). « The Broken Man » est judicieusement baptisé. Ce n’est cependant pas une surprise, car le climat qui y règne est toujours aussi ténébreux. Ne comptez d’ailleurs pas sur Matt Elliott pour vous remonter le moral. Faut dire que la production de clinique de Yann Tiersen renforce cette impression. D’une rare austérité, hormis la présence d’une guitare andalouse sur « This is For », les longues plages psalmodiées trempent dans un dark-folk balayé de cordes, de chœurs, d’accords de piano et de cloches ; un climat propice à la damnation des âmes… Un bel opus, mais chargé d’une profonde tristesse. Brrrr… Comme l’artiste anglais le dit si bien sur « Dust Flesh and Bones » : ‘This is how it feels to be alone, just like we’ll die alone…’

 

William Elliott Whitmore

Field songs

Écrit par

William Elliott est né dans une ferme. Et il s’éteindra probablement un jour, dans une ferme. Quelque part au sein de son Iowa natal… En fait, cet ancien punk s’est retiré, il y a quelques années déjà, à la campagne. Et régulièrement, il se rappelle à notre bon souvenir en publiant l’un ou l’autre disque. Souvent assez courts. A l’instar de « Field Songs », son huitième elpee, partagé en 8 morceaux pour 35 minutes. Et, tout comme sa destinée fantasmée, son blues-folk primaire est solide, sincère mais prévisible... De sa voix puissante, éraillée, dont les inflexions rappellent Eddie Vedder et l’intensité Tom Waits, ce troubadour nous balance des brûlots engagés, tout en dépeignant de magnifiques paysages proches du Mississipi, où il a d’ailleurs vécu, en s’accompagnant à la guitare ou au banjo, et parfois en intégrant quelques accords de rythmique…

Pas toujours facile de distinguer une compo d’une autre ; et pourtant, ce punk/roots séduit, car il est tellement authentique. Et « Field Songs ne déroge pas aux règles imposées par la maison Whitmore. Pas étonnant d’apprendre que notre ‘gentleman farmer’ se produit parfois  en compagnie des punks d’Against Me… simplement armé d’un banjo !

 

Elliott Murphy

Elliott Murphy

Écrit par

Elliott Murphy est un musicien pour lequel j’ai toujours manifesté un grand respect. Expatrié à Paris depuis 20 ans, ce New-yorkais vient de fêter ses 62 balais. Il a fait partie du réseau de musiciens et de poètes au sein duquel a émergé Patti Smith. Bruce Springsteen, Elvis Costello, Lou Reed, Peter Buck (REM) et Tom Petty lui vouent une grande admiration. Et ils ne sont pas les seuls. Il a également été un des fers de lance du mythique et défunt label parisien, New Rose. Et puis, tout en accordant une centaine de concerts par an, il vient de publier son 31ème album.

Pour enregistrer ce nouvel opus, il a pu compter sur son fils, Gaspard, âgé de 20 ans, responsable de la mise en forme. Et puis d’une belle brochette de collaborateurs. Et notamment le claviériste Kenny Margolis (Willy DeVille) ainsi que Laura Mayne (Native), Alain Chennevière (Pow Wow) et Lisa Lowell (Bruce Springsteen) aux chœurs. Sans oublier la présence du groupe The Normandy All Stars, et en particulier de son gratteur Olivier Durand. Alors à quoi peut bien ressembler cet elpee éponyme. A un album d’Elliott Murphy, bien sûr. Peut-être de plus en plus proche du style contemporain de Tom Petty & The Heartbreakers. De bonnes guitares, de bonnes mélodies, une bonne voix, de bons textes, mais il y manque ce zeste de folie susceptible de vous transporter. Pour les auditeurs de Classic 21 !

 

Elliott Smith

Roman Candle

Écrit par

Les ayants-droits n’en finiront probablement jamais de piller les réserves du plus grand songwriter de sa génération. Après voir réédité « From a Basement on the Hill » en 2004 et « New Moon » en 2007, Domino a décidé de ressortir « Roman Candle », le premier album de Mr. Smith. Un elpee initialement paru en 1994 chez Cavity Search. Mais devrait-on pour autant bouder notre plaisir ? Il est tentant de critiquer cette nouvelle initiative, surtout lorsqu’elle est destinée à se faire du blé sur la tombe d’un artiste. De la qualifier d’indécente. De stigmatiser cette opération mercantile. D’hurler à la trahison. Ou parce qu’elle est susceptible de troubler le repos de l’âme du chanteur texan… mais dès les premières notes du morceau d’ouverture, « Roman Candle », l’auditeur ne peut que se réjouir de retrouver la douceur de ces voix doublées et la pureté de ces mélodies douces et fragiles…

Album injustement méconnu, « Roman Candle » recèle toute une série de perles dont les magnifiques « No Name # 2 » et « Condor Avenue » (proches des trésors d’« Either/Or »). Quel compositeur contemporain ne signerait-il pas des deux mains pour hériter d’une seule seconde d’inspiration qui a permis à feu Elliott d’écrire ces neuf morceaux figurant sur cet elpee. Le disque avait été enregistré sur un quatre pistes ; et pourtant, jamais les plages n’émargent à la lo-fi, tant Smith maîtrise son sujet. Chaque note frappe en plein cœur. Qu’elles émanent de ses cordes de guitare ou de sa voix. Des chansons probablement trop lourdes à porter pour un musicien tellement peu sûr de lui, malgré son immense talent ! Des ses débuts, il était déjà au sommet de son art. Et il l’ignorait. Ce « Roman Candle » est pourtant un classique. Et dire que ces morceaux n’auraient jamais été publiés, si sa petite amie n’avait pas eu la bonne idée de les envoyer à une maison de disques… bien entendu ravie de l’aubaine… Indispensable!

William Elliott Whitmore

Le plus beau concert folk de l’année…

Écrit par

Après avoir assisté, l’an dernier, à sa prestation accordée en première partie d’Alela Diane, à l’Ancienne Belgique, j’étais impatient de redécouvrir le songwriter américain William Elliott Whitmore, ce vendredi, à la fameuse Rotonde du Botanique.

Originaire de l’Iowa, William en est déjà à son 7ème album. Intitulé « Animals In The Dark », il est paru cette année chez Anti. Agé à peine de 31 ans, Whitmore est donc encore relativement jeune, mais affiche déjà la roublardise d’un vétéran. Faut dire qu’il pourrait être l’héritier naturel idéal de Seasick Steve voire de Ramblin’ Jack Elliott, dont il partage étrangement le patronyme… Sa voix est en effet impressionnante de maturité et maîtrise. On jurerait que l’animal a vécu plusieurs vies, avant de se réincarner en chanteur folk. Et face à un public de connaisseurs (NDR : acquis à sa cause), il n’a plus qu’à dérouler.

Le chanteur porte la barbe. Il monte sur les planches en compagnie d’un groupe réduit. Sa musique est dépouillée, mais possède cette force directe et indéniable. William s’accompagne au banjo ou à la guitare acoustique pour aborder des sujets intemporels, graves et souvent engagés. L’homme vit d’ailleurs toujours à la campagne, dans son Iowa natal. A la ferme, en toute simplicité, à l’image de sa musique. Ce qui lui permet de se protéger d’un monde qu’il refuse apparemment d’intégrer. Ses compositions sont peu instrumentées mais touchent instantanément le cœur des spectateurs. Sa voix reste son plus grand atout. Eraillée, chaude et profonde, elle nous happe dès les premiers couplets. Quand William Elliott Whitmore se met à chanter « A Good Day To Die » ou « I’d Rather Be The Devil », le public le croit sur parole. Cet homme n’est pas de cette époque. Croyez-le ! Il aurait pu vendre son âme au diable en compagnie de Georges Clooney et ses sbires, au carrefour d’une route déserte au fin fond du Kentucky, dans le ‘O’Brother’ des frères Coen. Arborant un superbe chapeau de Pilgrim, William est tout à fait crédible dans son déguisement de troubadour folk. Le public tape du pied à l’unisson au son de son blues de blanc-bec cul-terreux. Il ne reste plus qu’à fermer les yeux, pour voyager dans le temps…

La musique de William Elliott Whitmore ne suscite jamais l’ennui. Et l’artiste le démontre tout au long de l’heure au cours de laquelle il fait la différence. Deux morceaux sortent cependant du lot : « There’s No Hope For You » et « Hard Times ». Le fantôme de Willy DeVille rôde dans la salle. William a accordé le plus beau concert folk depuis celui de Micah P. Hinson, concédé l’année dernière, dans cette même salle… Ne le ratez surtout plus lorsqu’il se produira près de chez vous…

(Organisation Botanique)

William Elliott Whitmore

Animals In The Dark

Écrit par

Merci Alela ! Si la jolie et talentueuse folkeuse n’avait pas embarqué William Elliott Whitmore dans ses bagages le temps d’un petit tour en Europe, peut-être serait-on passé à côté de ce grand prêtre de l’Americana. Et il y a de quoi pâlir de honte lorsque l’on apprend que cet « Animals In The Dark » est en fait le quatrième ouvrage du bonhomme. Originaire d’un petit comté d’Iowa, Whitmore appose une voix intense, pénétrante et étonnamment pleine de soul sur des arrangements vidés de tout artifice, quasiment à la quintessence du blues. Sans parler d’un talent d’écriture que Johnny Cash aurait certainement approuvé de ses deux pouces levés.

« Animals In The Dark » fait figure d’anachronisme dans le paysage folk actuel tant ses guitares, banjos et autres chœurs renvoient l’auditeur sous le soleil du Sud ricain circa années 20. Assis sous le porche d’une bicoque en bois, William Elliott Whitmore, telle une vieille âme, exorcise les démons de cette époque de ses fascinants psaumes, une bouteille de whisky aux pieds. Un voyage dans le temps à ne manquer sous aucun prétexte…

Matt Elliott

Falling Songs

Écrit par

Il est des livres que l’on aime ouvrir et rouvrir sans fin, des recueils de poésie où dès la première page, le parfum des émotions parle à nos sens. Il en est de même tout au long du dernier bijou de l’anglais Matt Elliott, ex jungleman de The Third Eye Foundation et propriétaire solitaire de 2 excellents albums (« The Mess We Made » ainsi que « Drinking Songs »), disques parus sous le label Ici d’ailleurs… Là  où la ‘branchitude’ actuelle pousse les artistes à remplir leur disque dur d’effets électro, lui s’arrête en chemin pour nous offrir un conte où les instruments - acteurs généreux - nous racontent sans complexes une histoire douce et magique.

La guitare sèche ouvre le bal en narrateur averti, les voix fantomatiques de Matt Elliot et de ses acolytes comprennent l’appel et prennent le relais. Ensemble, ils entament l’histoire pour nous emmener à la rencontre de violons tziganes, d’une batterie, d’une trompette, d’une flûte... Tous les acteurs ont parfaitement compris leur rôle dans la fable, et chassent ensemble l’Ogre représenté ici par la saturation d’une guitare électrique. Le monstre vaincu, l’ensemble des protagonistes se retrouve lors d’un banquet pour narrer de manière exhaustive leur culot et leur courage. Ils se congratulent en affichant fièrement la tête de l’ennemi posée sur l’autel. L’album, d’une justesse et d’une émotion sans faille, rend impossible l’indifférence et son écoute ne peut que troubler. Un recueil qui se doit d’avoir une place de choix dans votre collection… en tout cas il ne bougera pas de la nôtre.

 



Matt Elliott

Drinking Songs

Chacun a ses ‘chansons à boire’, mais celles de Matt Elliott (The Third Eye Foundation) donnent une sacrée gueule de bois. Le meilleur remède à ça ? Ne jamais dessaouler, pardi ! Ou écouter ce disque, d’une noirceur éthylique absolue. Il y a deux ans déjà Matt Elliott sortait « The Mess We Made », et le moins qu’on puisse dire c’était qu’il avait l’air patraque. Rassurons-nous : il ne va pas fort mieux. Tel un héros de Knut Hamsun, le Bristolien cultive un angoissant mal être : on se plaindrait presque pour lui, si sa musique ne sonnait pas si juste. « What the Fuck am I Doing on this Battlefield ? », et à l’écoute de ces complaintes malades on se dit la même chose. La déprime se nourrit-elle d’elle-même ? Pourquoi s’abîmer dans l’ivresse ? L’oubli, cette fuite cathartique… L’alcool, et toute forme d’altération mentale, ne servent évidemment qu’à ça. Parenthèses. Sur ce disque comme sur son précédent, Matt Elliott convoque donc ses plus ardents démons. Qu’ils crient comme craque une vieille épave, qu’ils couinent tels des fantômes errant dans le purgatoire, ces spectres musicaux ne font pourtant pas peur… Mais réconfortent. Longues mélopées sans prise sur le temps, ces huit titres s’écoutent comme on boit de l’absinthe. Ce n’est pas bon pour la ‘santé’… et pourtant c’est le mot qu’on prononce quand on trinque.

Elliott Smith

From a basement on the hill

Écrit par
Difficile de chroniquer cet album sans évoquer le décès de son auteur. Qui se serait suicidé le 21 octobre 2003. Encore que le flou qui entoure les circonstances de sa mort mérite réflexion. Une chose est sûre, à l’écoute de son sixième opus posthume, les fans auront bien le droit de pleurer sa disparition. Car cette plaque est un petit chef d’œuvre. Oh oui, peu de plages sortent du lot. Pour la bonne raison qu’elles semblent former un tout. Et il est nécessaire d’écouter ce disque 4 ou 5 fois avant d’en capturer l’âme. Lors de son enregistrement, Elliott voulait qu’il soit double. Dans l’esprit du double blanc des Beatles. Rob Schnapf (le producteur du « Mellow gold » de Beck et de « XO » de Smith) ainsi que par Joanna Bome (The Minders, Stephen Malkmus & The Jicks) n’ont retenu que 15 fragments pour plus ou moins 56 minutes. Mais si les compos acoustiques évoquent le « White album », les titres électriques lorgnent davantage du côté d’« Abbey road ». Même le sens mélodique est aussi contagieux. Seule différence, mais elle est de taille, les chansons ne parlent ni des petits oiseaux (NDR : même si on entend épisodiquement quelques pépiements), ni des verts pâturages, mais de douleur, d’angoisse, de désir, de mélancolie, de regret, d’amour, de dépendance, de dépression, de solitude et de mort, thèmes qu’il développe avec cynisme et fatalisme, mais surtout un sens de la caricature et de la rime intelligente. Rien que les titres des chansons traduisent ces états d’âmes (« Don’t go down », « The last hour », « Memory lane », etc.) Un étalage d’émotions humaines responsable d’une progression lente et inexorable vers son suicide. Nonobstant ce contenu tragique, l’album parvient à vous bercer dans la mélancolie douce. Dans un style qui peut même parfois faire penser à Radiohead (« Strung out again »), à Mercury Rev (« King’s crossing »), mais avant tout aux Fab Four… L’album de l’année !

Elliott Murphy

Strings of the storm

Écrit par

En 1973, Elliott Murphy commettait son premier elpee, " Aquashow ". Trois décennies plus tard, il nous propose son 26ème ! Double de surcroît. Mais pourquoi double ? Simplement parce qu'il a toujours été fasciné par " Blonde on blonde" de Dylan, " Exile on main street " des Stones et le double blanc des Beatles. Si au cours des dernières années, le chanteur/compositeur avait surtout privilégié l'aspect acoustique et intimiste de ses chansons, " Strange of the storm " (NDR : le titre est inspiré d'un poème d'André Breton) laisse davantage de place aux arrangements complexes ; et puis recèle surtout l'un ou l'autre titre plus rock. A l'instar du savoureux " Green river ", dont l'intensité électrique semble née du fruit de la rencontre entre le Paisley Underground cher à Steve Wynn et le lyrisme hymnique et tribal d'un Neil Young. Un Neil Young auquel Elliott emprunte une des deux covers, " Birds ". L'autre, " The banks of Ohio ", constituant une adaptation d'un morceau folk traditionnel yankee. Sur les 21 autres plages, 15 sont signées Murphy, et 6 ont été coécrites en compagnie de son fidèle guitariste Olivier Durand. Un Olivier Durand dont la guitare baryton donne une texture unique aux fragments. Et si Ernie Brooks à la basse et Danny Montgomery sont encore et toujours de la partie, il faut souligner la présence de Cindy Bullens à la seconde voix et surtout de Kenny Margolis à l'accordéon. Ses interventions ponctuelles apportent ainsi une couleur tex mex aux titres folk ou aux ballades enracinées dans la country. A un tel point que lorsque la voix d'Elliott épouse un timbre de crooner, on ne peut s'empêcher de penser à… Willy Deville. Personnellement les titres qui m'ont fait le plus flasher demeurent cependant ce fameux "Green river", l'échevelé et dylanesque " The poet and the priest " et l'énigmatique " La belle dame sans merci ", chanson hantée par des sonorités de guitare bringuebalantes…

Matt Elliott

The Mess We Made

On connaissait le bonhomme un peu neurasthénique, pour l'avoir déjà fréquenté quatre albums durant sous le pseudonyme de Third Eye Foundation. Avec ce cinquième opus signé sous son propre nom, Matt Elliott semble s'être encore un peu plus enfoncé dans la mouise et le brouillard, celui duquel surgissent nos pires cauchemars. Cette fois, plus de breakbeats désossés, de BPMs affolés : sa musique, partagée entre silences pesants et ambiances mortifères, se fait de plus en plus menaçante. Des voix dépressives résonnent tandis qu'un piano déglingué expire son dernier souffle (" The Mess We Made "). Une boîte à musique achetée aux puces grésille sous la poussière d'une vielle rengaine malsaine (" Let Us Break ") . Des guitares malades étirent leurs arpèges dans la douleur (" The Dog Beneath The Skin "). De vieux marins chantonnent une complainte suicidaire pendant que leur bateau coule (l'effrayant " The Sinking Ship Song "). Un banjo fantôme précipite tout espoir dans un ravin sans fond (" Forty Days "). " The Mess We Made " fait partie de ces albums qui donnent la nausée, tellement l'atmosphère y est glauque. A la fin, quand le disque s'arrête, on respire. Voilà un album d'une tristesse insondable, aux couleurs sépia et aux sonorités délavées : un peu comme ces spectres qui hantent le purgatoire en attendant de retrouver leur âme.

 

Elliott Murphy

Soul surfing

Écrit par

"Soul surfing" constitue le 22ème elpee de ce chanteur/poète/romancier yankee, exilé à Paris depuis de nombreuses années. Ce qui ne l'a pas empêché de s'entourer de ses musiciens new-yorkais préférés. En l'occurrence Ernie Brooks (ex Modern Lovers), le claviériste/accordéoniste Kenny Margolis (ex Mink DeVille) et le drummer Danny Montgomery, un autre expatrié américain qui a notamment joué pour Percy Sledge et Concrete Blonde. Sans oublier l'ex guitariste de Little Bob, Olivier Durand. Un disque dominé par l'instrumentation acoustique. Mais un peu comme chez Bob Dylan. C'est à dire quelque part entre folk, blues, country et rock'n roll. Exceptions qui confirment la règle, " Strangers on a train " trempe dans la bossa nova, alors que " Dragon " porte des accents soul/jazz. Parfois épaulé par une voix féminine, le chant d'Elliott se révèle tendre, profond, empruntant même parfois les inflexions de Willy DeVille, parfois celles du Zim, parfois celles de Bruce Springsteen ; alors que la conjugaison des six cordes acoustiques (l'une grattée, l'autre en picking) est un véritable régal. En parlant de cet opus, Elliott a déclaré : ‘Nous avons utilisé des guitares sèches, parce qu'elles sonnent presque humaines, parce qu'elles sont sculptées comme le corps d'une femme…’ On peut ainsi imaginer toute la sensualité qui transpire de ses mélodies à la fois touchantes et belles, mais également des instants empreints de poésie qu'il enrichit de ses lyrics chargés de mélancolie douce…

 

Missy Elliott

Under Construction

L'année passée déjà, Missy Elliott avait cassé la baraque avec un album grandiose, " So Addictive " : 2002, Missy enfonce le clou. Avec Timbaland (toujours) aux manettes, Missy confirme son statut de reine du hip hop en continuant son défrichage tout terrain. Sans cesse en avance sur son temps, elle n'en oublie pas pour autant de nous faire danser : après l'énorme " Get Ur Freak On ", voilà " Work It ", et bien d'autres … Mais comment fait-elle ?

 

 

Elliott New

Both ends burnin

Écrit par

Elliott New a tout d'abord été inspiré par les guitaristes de la Windy City, Otis Rush et Hound Dog Taylor. Il s'est ensuite intéressé à T-Bone Walker, Tiny Grimes et Hollywood Fats, qui sont devenus ses maîtres. A la tête des Intouchables, il se réserve bien sûr la six cordes, mais également le chant. Au sein de son groupe, on retrouve Mike ‘Naz’ Nazarenko. Un harmoniciste originaire de la région du Canal de Panama qui reconnaît pour influences majeures Big Walter Horton mais également Charlie Musselwhite et Magic Dick. J.T Anderson à la basse et David Hunt à la batterie forment une section rythmique particulièrement solide.

Le combo libère un groove infectieux dès les premières notes du titre maître. L'harmo dégage et déménage, pendant que l'orgue de Buddy Parker remplit l'espace sonore. Elliottt New possède une voix nasillarde, naturellement puissante, taillée pour son répertoire. Et il faut entendre les Intouchables lui répondre en chœur sur "Cant' afford to keep her". Naz se fait de plus en plus dévastateur à l'harmo. A l'écoute de "If you love me like you say" de Little Johnny Taylor, il ne fait aucun doute que cette formation est pétrie de talent : aussi bien celui de Naz à l'instrument chromatique que celui du boss aux cordes. Un talent qui peut se reposer sur la superbe cohésion de l'ensemble. Le jeu de New impressionne par sa nervosité, son attaque rythmique. S'il n'est sans doute pas un grand technicien, il accroche toujours au fil mélodique par ce quelque chose de très personnel. Quand la bande à Elliott garde le rythme, elle n'est pas prête à le lâcher de sitôt. A l'instar de la reprise de l'instrumental d'Albert Collins, "Backstroke". Balayé par les cuivres des frères Duane et de David Kitchings, "Be back home" campe un funk irrésistible. Naz revient à la charge pour donner à l'ensemble une couleur plutôt Nighthawks, calqué sur le R&B ; pendant que l'orgue intervient à point nommé pour maintenir le ton funk et mélodique. Au cours de la reprise du classique de Howlin Wolf, "Who's been talkin'", l'atmosphère plus sereine permet de mettre en évidence l'harmo qui sort le grand jeu. "Too much Jellyroll" dégage du swing, Nazarenko est passé à l'instrument chromatique! Le style flirte avec celui de la bande à Rod Piazza. Le puissant "Turned me upside down" est le théâtre de beaux échanges entre l'harmonica et la slide au son poussiéreux. En finale, "Walkin' downtown" prouve que, décidément, les Untouchables sont un excellent un groupe de scène. Suivant les dernières informations que j'ai pu recueillir, la formation vient de sortir un tout nouvel album. Un " live ", intitulé "Smokin' the blues". Et son titre est lourd de signification !

 

Tim Elliott

Bed slats´n´all

Écrit par

Tim Elliott était le chanteur harmoniciste du groupe écossais Blues 'n' Trouble. Il avait déjà sorti en 1993 un album de country blues acoustique, sur le label hollandais Tramp, sous l'étiquette T.E & the Troublemakers.

Je ne sais quelle mouche l'a piqué mais cet album est une petite perle. Tim commence par allumer un bâton de dynamite : "The celebrated Tommy Ellis boogie". Deux minutes de boogie au ras du plancher caractérisées par un de ces sons! Et le plus étonnant, c'est qu'Elliott est capable de se mettre dans la peau de Dr Ross ou de Joe Hill. Seul assis devant une batterie de pied, guitare et harmo, il arrache son chant. Tout redevient serein la minute suivante, lorsque secondé par ses Troublemakers", il interprète une version sage du "Honest I do" de Jimmy Reed. "Suck my harpoon" est caractérisé par un échange entre deux harmonicas : ceux de Gary Martin et Tim. Ils rivalisent dans le plus pur style whoopin, cher à Sonny Terry. Quelques parenthèses fleurissent sur cet album : "How can you keep moving", la reprise de "Love in vain" de Robert Johnson et "Sure tastes good to me". Mais il est vraiment le meilleur, lorsqu'il adopte une approche primaire et rugueuse. Et il le manifeste à plusieurs reprises. A l'instar de "Hard work ain't easy", chanté à la manière graveleuse de Howlin' Wolf, du rugueux "Barkin", au cours duquel la slide gémit à n'en plus finir, et de l'explosif "Rich woman", qui constitue simplement un travail sur "I wish you would". Une particularité davantage accentuée lorsque Tim joue l'homme-orchestre sur "Going to the river". "The story of my life" est un superbe blues lent. Tim souligne son chant de courtes phrases d'harmonica chromatique. "Bed slats'n'all" s'achève par le très dépouillé "Lying in the woods". Un frisson vous parcourt l'échine à l'écoute de cette voix qui rappelle étrangement celle d'un fantôme : celui d'un certain Alan Wilson. Un excellent album!

 

Elliott

False cathedrals

Écrit par

Encore un groupe qui sort de nulle part. Et qui mérite qu'on s'y intéresse. Apparemment un quatuor californien qui a bénéficié du concours de Tobias Miller (Fiona Apple, Korn), pour produire cet album. Et il faut avouer qu'il a réussi de l'excellent travail, parvenant à raffiner le son des chansons, sans pour autant les dénaturer. Un curieux mélange de frénésie, de sophistication et de tendresse filtre ainsi à travers cet opus. Vocaux haut perchés, mais particulièrement soignés, électricité crépitante, grésillante, vivifiante, conjuguée par les deux guitares, drums opulents mais feutrés, basse solide quoique versatile, piano sonore et allègre, ainsi que samples judicieux mais discrets, alimentent une texture pop bien équilibrée. Parfois peut-être un peu trop. C'est le seul reproche que l'on pourrait faire à cette œuvre, qui manque peut-être d'imprévisibilité. N'empêche, l'ensemble tient bien la route. Possède un sens mélodique aussi contagieux qu'un Deep Blues Something, voire qu'un Sunny Day Real Estate. Tout en éveillant en nous, dans ses moments les plus intenses, une rencontre hypothétique entre Porno for Pyros et Tears For Fears. Un groupe à suivre de très près !

 

Elliott Smith

Either or

Encore un indécrottable mélancolique. Mais dont la musique est beaucoup plus minimaliste, à la limite de la lo fi. Son instrumentation est ainsi dépouillée, le plus souvent limitée à la six cordes acoustique, parfois légèrement électrifiée, les drums feutrés, les accès clairsemés de claviers, de flûte ou de cuivres et aux quelques bruitages. Quant à sa voix, elle est fragilisée par l’émotion, un peu à l’instar de Jeff Buckley, mais en plus pudique. Ce qui n’a pas empêché ce yankee de commettre un bon opus. Son troisième. Qui devrait peut-être lui permettre de sortir de l’ombre. C’est en tout cas tout le mal qu’on souhaite à ce chanteur compositeur, qui reconnaît être un grand admirateur des Beach Boys, mais dont les disques de chevet doivent plus que probablement épingler le double blanc des Beatles, le premier elpee des LA’s et l’intégrale d’Art Garfunkel, lorsqu’il était encore flanqué de Paul Simon ; à moins que ce ne soit l’inverse…

 

Elliott Murphy

Beauregard

Disciple de Scott Fitzgerald et de Robert Zimmerman, Elliott Murphy aurait mérité de connaître le même succès que celui de Bruce Springsteen, avec lequel il est d’ailleurs lié d’amitié depuis bien longtemps. Mais cet enfant de Long Island n’était pas né sous une bonne étoile. Pas pour rien d’ailleurs qu’il soit surnommé " the looser ". Pourtant, il compte des tas d’admirateurs célèbres, parmi lesquels on retrouve Peter Buck, les Violent Femmes, Lou Reed, Tom Petty, Costello ou même le producteur des Doors, Paul Rothchild. Depuis 1986, il s’est installé à Paris où il vit toujours aujourd’hui, en compagnie de son épouse et de son fils. Il continue cependant de tourner. Souvent dans les petits clubs. Trop rarement à l’étranger. En général armé de sa ‘six cordes’ acoustique, mais parfois aussi flanqué de quelques potes, juste le temps de faire un bœuf. Ce qui ne l’empêche pas de continuer inlassablement à enregistrer des disques. " Beauregard " constitue ainsi son 17ème ! Une œuvre qui privilégie les climats intimistes mais dont la dimension littéraire a pris un caractère tellement provocateur qu’on ne peut s’empêcher de penser à Bob Dylan, lorsqu’il était au comble de sa contestation sociopolitique. Treize titres qu’il chante d’une voix chaude, mi-reedienne, mi-springsteenienne, en s’appuyant sur un groupe qui se partage basse, mandoline, violon, harmonica, slide et drums feutrés. Et à première écoute, on se met à penser au " Harvest " de Neil Young, à " Bring’em all " de Mike Scott voire à " In the pines " des Triffids. A cause des mélodies toutes en nuances et en subtilité, sans doute. Mais après mûre réflexion, c’est encore avec le boss qu’Elliot a encore le plus d’affinités sur ce " Beauregard " ; en particulier lorsqu’en pleine phase minimaliste, il avait commis " Ghost of Tom Joad " ; si nos souvenirs sont bons, c’était en 1995…