Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

logo_musiczine

Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (36 Items)

Fishbach

Flora Fishbach reprend un titre de Michel Jonasz: “Je voulais te dire que je t'attends”

Après “Val Synth”, un des meilleurs albums de 2025, Flora Fishbach annonce la sortie d'un nouvel EP, au coeur duquel on trouve une reprise d'une compo de Michel Jonasz qui date de 1981: “Je voulais te dire que je t'attends”. Comme à l'habitude, la voix de la belle ardennaise est envoûtante et nous entraîne dans les tourbillons de l’amour sur des rythmes digitaux, influencée par la pop synthétique des années '80.

Flora magnifie comme personne la douce mélancolie du classique de Michel Jonasz. Il semble avoir été écrit pour elle tant elle en incarne les mots avec sincérité. “Je souhaitais depuis longtemps la reprendre car c’est à mon cœur l’une des plus belles chansons françaises. Et j’ai voulu y ajouter ma sensibilité de femme qui aime danser sur ses mélancolies”, confie-t-elle. Les autres titres du EP sont “Homme du feu”, un mantra qui se répète à l’infini pour finir par s’épanouir, tout en douceur. “Je suis fière d’être de ce monde malgré l’incendie”, glisse Flora. Le disque se clôt sur le cinématographique “Absolument fabuleux”, une balade éthérée qui parle des faux paradis technologiques qui nous entourent.

Flora a elle-même co-produit les trois titres avec l’aide de Nicolas Borne (Acid Arab). Elle se produira aux Nuits Botanique, à Bruxelles, le 24 mai prochain. Elle sera également au Zénith de Paris le 17 mars 2027.

“Je mettrai mon cœur dans du papier d'argent
Mon numéro d'appel aux abonnés absents
Mes chansons d'amour resteront là dans mon piano
J'aurai jeté la clé du piano dans l'eau
J'irai voir les rois de la brocante
"Vendez mon cœur trois francs cinquante"
Tu savais si bien l'écouter
Que ma vie s'est arrêtée
Quand tu m'as quitté(e)...”

Tracklist:
EP « Je voulais te dire »:
1. Homme du feu
2. Je voulais te dire que je t'attends
3. Absolument fabuleux

 

Fishbach

Val Synth

Comme une extravagance rétrofuturiste...

Flora Fishbach, la belle rebelle des Ardennes, nous revient ; et elle n'en fait qu'à sa tête... qu'elle a très jolie, au demeurant. Sa dernière lubie ? Les 'arpeggiators' de synthés, à la Georgio Moroder, arrangés comme une techno discoïde, sur laquelle elle vient placer une voix à mi-chemin entre Klaus Nomi et Mylène Farmer. Le tout baigné dans une nostalgie années '80 truffée de nappes synthétiques et de sons hyper-kitsch.

Pourtant, c'est sur une chanson traditionnellement pop, qui rappelle les albums précédents de l'artiste, que s'ouvre “Val Synth”. On déguste ce subtil mélange de mélodies hyperromantiques et d'harmonies sophistiquées qui constitue la marque de fabrique de Flora. Mais, dès la deuxième plage, “Comme Jean Reno”, la chanteuse rebat les cartes et innove.

Cette plongée dans les profondeurs s’ouvre sur une phrase qui résonne tel un mantra : ‘Je plonge dans les abysses comme Jean Reno’. Et, ô merveille, l’acteur français, icône intemporelle du ‘Grand Bleu’, s’invite dans cette aventure sonore pour un 'featuring' aussi inattendu qu’inspiré. Quant à la musique, elle s’élève comme une vague irrépressible, nous ramenant avec délectation aux échos glorieux de la new wave. Les rythmiques pulsantes évoquent les émois électrisants de Bronski Beat, tandis qu’un break audacieux dévoile un hommage subtil, presque clandestin, à Moroder. Là, surgissent les voix, qui semblent murmurer l’écho de “I Feel Love”, portées par des chœurs célestes qui ouvrent une brèche vers un univers mystique, où les étoiles dansent avec les âmes errantes. Une pure merveille !

Dans “Des Bêtises” (‘part 1’), Flora poursuit dans la veine disco-pop, convoquant des accents très ‘myléniens’ et même, à un moment, une guitare acoustique ! La deuxième partie (‘part 2’) de la chanson en est le prolongement cinématographique, principalement instrumental, comme un clin d'œil adressé à Sébastien Tellier. “Meryl Streep libre” prolonge la rêverie dans un style plus ‘ambient’, bande-son mélancolique portée par un bouzouki oriental, des claviers 'dx7' et une mélopée délicieusement onirique.  

Mais ce calme est de courte durée. “La Machiavela” fait exploser le tout dans une extravagance lyrique complètement hystérique. Un beat répétitif, des nuées de notes synthétiques, et au-dessus, planent des vocalises audacieuses au cours desquelles s'entrecroisent l'opéra-bouffe, les folklores loufoques, Rita Mitsouko, Nina Hagen et les Sparks.

L'opus se clôture sur “Mon Copain”, une deuxième chanson pop plus ‘traditionnelle’ et un nouvel OMNI (Objet Musical Non-Identifié), “Dulcimers”, une bombe instrumentale technoïde qui fonce comme un séquenceur à plein régime. Entre synth-wave et bande-son futuriste, la composition laisse présager de prestations ‘live’ carrément orientées ‘clubbing’, au cours desquelles la sombre prêtresse fera résonner les âmes perdues de ses disciples...

On l'a compris, Flora Fishbach aime se remettre en question. Dans “Val Synth”, elle a réussi la gageure de redéfinir son style en lui conférant des tonalités carrément baroques, mais sans jamais se perdre. Un côté ‘larger than life’ fantasque, audacieux et assumé, au risque de tomber dans le surréalisme. Tantôt new wave disco cheesy, tantôt cabaret bastringue, tantôt électro hypnotique, la musique est habitée... Habitée par cette voix, mutante, oscillant entre notes aiguës et graves, une mezzo dramatique, voix d'enfant, de déesse, de sorcière... Pas de doute, cet album est encore une belle ‘Fishclaque’... 

 

"Val Synth", sortira le 12 septembre sur le label Créature et est disponible en pré-commande 

 

La musique a été composée par la chanteuse en collaboration avec AGLE (@agle.music), le musicien basé à Barcelone. Les paroles ont été écrites par Flora en compagnie d'Arthur Navellou et de Casual Melancholia (@casualmelancholia). Le son a été dessiné par Michael Declerck (@michaeldeclerck) au studio La Briche, près de Tours.

 

Tracklist Flora Fishbach "Val Synth" :

Rends-moi ma vie

Comme Jean Reno

Des Bêtises (PART I)

Des Bêtises (PART II)

Meryl Streep libre

La Machiavela

Mon Copain

Dulcimers

 

Pour (re) lire les interviews de Fishbach, cliquez sur le nom de l’artiste, en vert, dans le cadre ‘Informations complémentaires’.

Fishbach

Flora Fishbach s’offre le Grand Reno : une plongée abyssale et céleste

Flora Fishbach, la muse ardennaise au timbre envoûtant, nous convie à une descente vertigineuse dans les profondeurs avec son nouveau single. Il s’ouvre sur une phrase qui résonne tel un mantra : “Je plonge dans les abysses comme Jean Reno”. Et, ô merveille, l’acteur français, icône intemporelle du Grand Bleu, s’invite dans cette aventure sonore pour un 'featuring' aussi inattendu qu’inspiré. À travers ses murmures graves et réconfortants, Jean Reno guide un oiseau de nuit égaré dans les méandres d’un enfer nocturne, lui soufflant avec tendresse : “Il te faut reprendre ta place… Quoi que tu fasses... N’oublie pas qui tu es…”.

La musique, elle, s’élève comme une vague irrépressible, nous ramenant avec délectation aux échos glorieux de la new wave. Les rythmiques pulsantes évoquent les émois électrisants de Bronski Beat, tandis qu’un break audacieux dévoile un hommage subtil, presque clandestin, à Giorgio Moroder. Là, surgissent les voix, qui semblent murmurer l’écho de “I Feel Love”, portées par des chœurs célestes qui ouvrent une brèche vers un univers mystique, où les étoiles dansent avec les âmes errantes. Un voyage où chaque note semble tissée de profondeur et de nostalgie.

Depuis sa révélation il y a 10 ans, Flora Fishbach, qui a maintenant ajouté son prénom à son nom d'artiste, n’a jamais masqué son amour fervent pour les années 80, sculptant un style rétro-futuriste foncièrement original. Cette esthétique, à la croisée du passé et de la modernité, a inspiré des artistes comme Clara Luciani et Juliette Armanet. Avec ce nouveau titre, porté par la présence magnétique de Jean Reno, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’il devienne son “Reno-la Gay”...

Mise à jour du 24 juin 2025:
Le nouvel album, intitulé « Val Synth », sortira le 12 septembre. 
La musique a été composée par la chanteuse en collaboration avec AGLE (@agle.music), le musicien basé à Barcelone, donc on peut s'attendre à une orientation très “synthwave”, inspirée des années '80. Les paroles ont été écrites par Flora en compagnie d'Arthur Navellou et du parolier 'Casual Melancholia'. Le son a été dessiné par Michael Declerck (@michaeldeclerck) au studio La Briche, près de Tours.

Pour écouter le single, c'est ici ou Pour lire les interviews de Fishbach, c'est ici

 

Mise à jour du 21 août 2025:
Flora Fishbach a divulgué un nouvel extrait de son prochain album: "Machavela", un titre court et ludique, inspiré du style "cabaret" et des extravagances d'artistes comme Klaus Nomi, Kate Bush ou Catherine Ringer. Flora chante de façon lyrique des onomatopées étranges, sur un tempo rapide et un rythme electro. 
Pour écouter le single et regarder la vidéo, c'est ici.

Fishbach

C'est beau la musique quand ça te fait penser à des gens que tu aimes...

Si vous suivez Musiczine, vous savez que votre serviteur a un faible pour Flora Fishbach. Cette artiste basée dans les Ardennes françaises pratique une pop un peu dark inspirée par les sons et les atmosphères des années 80 et traversée par des références comme Rita Mitsouko, Niagara, Patti Smith, Daniel Balavoine ou Mylène Farmer. Fishbach navigue au sein d’un mouvement musical 'rétro-futuriste' impliquant également La Femme, Clara Luciani, Juliette Armanet et Requin Chagrin. Parallèlement à sa carrière de chanteuse, Flora est également comédienne. Elle était ainsi sublime dans le rôle d'Anaïs tout au long de la série culte ‘Vernon Subutex’.

À la suite du succès du ‘blind test’ paru en juin dernier, où nous lui en avions proposé un à la guitare acoustique, nous avons décidé de remettre le couvert, à nouveau en collaboration avec l'émission de radio WAVES. Pour la circonstance, Flora devra reconnaître des morceaux joués dans leur version originale ; et le style musical sera focalisé sur la new-wave dans le sens large du terme. 

La rencontre s’est déroulée au Théâtre National, à Bruxelles, en octobre dernier, avant le concert que Fishbach a accordé à la même affiche que Mansfield TYA dans le cadre du Festival des Libertés. Flora était en pleine forme car c'était le début de sa tournée d'automne, en compagnie de son nouveau groupe live...

Musiczine : Flora, merci pour cette entrevue !

Fishbach : Avec plaisir. Tu vas encore me poser des colles, comme la dernière fois (rires) ?

Cette fois, ce sera plus facile vu qu'on va passer les morceaux dans leur version originale, et pas dans une mouture interprétée à la guitare...

Tu connais mon appréhension pour les ‘blind tests’. Quand on reconnaît les morceaux, c'est chouette, mais quand on sèche, c'est une torture...

Allons-y...

Morceau n°1 :

“Los Niños Del Parque”, par Liaisons Dangereuses !

Bravo !

Ah ! Au moins, en voilà une facile ! C’est un de mes premiers coups de cœur dans ce style musical, avec D.A.F. J'ai découvert cette chanson très tôt et elle a été une révélation. Il y a plusieurs langues parlées, on croirait entendre des bruits de chiens qui couinent, c'est très étonnant. Je l'ai un peu trop écoutée donc je n'aime plus la passer telle quelle en dj-set ou alors il faut que je la mixe avec autre chose en faisant des boucles. Il faut que je la 'défonce' un peu parce que, en version complète, je m'en suis un peu lassée. Cependant, quand j'ajoute du 'delay' ou que je la rends un peu 'bruitiste', ça le fait encore...

Morceau n° 2 :

Toto Coelo ? Nina Hagen ?

Tu vas reconnaître...

Mais oui : “Singing In The Shower” ! Les Rita Mitsouko !

Et...

Et les Sparks ! Yes ! Au début, ça ressemblait à “Weird”, de Toto Coelo. Les Sparks, c'est génial. Ils ont un énorme succès en France. Et en Belgique aussi ! Dans les pays francophones, en général. Ils ont réalisé une superbe musique pour le film “Annette”.  

Morceau n° 3 :

Ah, je connais ça mais je ne trouve pas... Je crois que j'ai attrapé Alzeihmer... (rires)

D'ailleurs, tu connais le prénom d'Alzeihmer ?

Non...

C'est comme ça que ça commence !

Ha Ha Ha... (rires) !

C'est un morceau de John... ?

John Maus ! Mais oui !

“Hey Moon”

C'est sur un album qui est noir et bleu, avec une lune...

Avec un phare. (NDR : titre de l'album : “We Must Become The Pitiless Censors of Ourselves”)

C'est ça !

Il y a un morceau plus nerveux sur cet album, qui est fabuleux, c'est “Quantum Leap”.

Mais oui, il chante avec un effet ‘slap-back’, dans un style très germanophone...

Et John Maus, c'est un génie un peu fou. Je l'ai interviewé. Il est professeur de philosophie à l'université.

Morceau n° 4 :

Là, je sèche...

Pour t'aider, c'était la musique du générique de ‘Lunettes Noires pour Nuits Blanches’, l'émission d'Ardisson.

Je ne vois pas.

“Nightclubbing” d'Iggy Pop.

Là, tu vois, je vais être franche, je ne connais pas ce morceau.

Un morceau-phare de 1977. C'était la première fois qu'on utilisait la boîte à rythmes dans une chanson rock de ce type.

Il se la jouait un peu Bowie là, non ?

Ben oui ! C'est produit par David Bowie…

Comme quoi, il a une patte reconnaissable entre mille, le David ! C'est un morceau que je mettrais bien dans mes playlists.

Oui, c'est un morceau emblématique, qu'il faut connaître...

Pardon de ne pas connaître, pardon (rires) !

Pas de souci. Je suis là pour aider (rires) !

Morceau n° 5 :

Tiens, voilà une compo que je connais !

C'est de toi : “Tu Vas Vibrer”.

C'était le morceau d'introduction de mon premier Ep. J'arrivais de nulle part, du fin fond des Ardennes et je proposais ça.  

Dingue...

Auparavant, je le jouais en début de concert. J'ai bien envie de le réintégrer dans ma setlist, maintenant que j'ai un musicien qui joue de la flûte.

Morceau n° 6 :

Evidemment ! David Lynch ! Angelo Badalamenti ! La musique de ‘Twin Peaks’. C'est “Laura Palmer's Theme” ! J'ai découvert ‘Twin Peaks’ sur le tard, sur les conseils d'un de mes musiciens. Et j'ai trouvé ça grandiose.

Morceau n° 7 :

“Cambodia” de Kim Wilde ! On l'avait déjà eu dans le premier ‘blind test’ et j'avais dit tout d'abord : “Blondie ?” (Rires). Mais quel thème musical sublime ! Qui dit mieux ? Cette mélodie... Et les petites percussions avec 'phaser'... Qui dit mieux ??

Morceau n° 8 :

“Eyes Without A Face”, de Billy Idol !

Oui ! Billy Idol, qui cartonne encore de nos jours !

Carrément ! Et ce qui est fou, c'est qu'il est vieux, mais il a toujours le même look et la même tronche, mais maintenant, il a des rides...

Et il 'fait' des salles énormes en Angleterre... 

C'est son morceau le plus connu, un peu calme, alors que sa discographie est plus rock...

Plus ‘hard-pop’...

Oui, c'est ça, c'est de la ‘hard-pop’. Et peu hard-rock mais ‘variétoche’...

Et un petit côté punk dans le look. Il était dans un groupe punk, à ses débuts : Generation X.

Morceau n° 9 :

“More Than This”, de Roxy Music ! C'est de la musique de bagnole, ça ! Tu as quelques copains ou une amoureuse avec toi et tu écoutes ça, c'est le pied ! 

Morceau n° 10 :

Hey Hey Hey Hey ! Simple Minds ! “Don't You” !

Qui ressemble à ton morceau “La Foudre”...

Oui ! Entre autres, à cause des ‘Hey’ en introduction.

Ce n'est pas le meilleur morceau de Simple Minds...

Non, mais c'est le plus accessible. Et c'est un grand souvenir pour moi car il était dans la bande-son du jeu vidéo ‘Dave Mirra BMX’. J'ai passé des heures à faire du vélo sur mon canapé en écoutant cette musique.

Ce qui est fou, c'est que c'est le titre qui les a propulsés à la première place des charts aux Etats-Unis et ce n'est pas une de leurs compos ! C'est composé par Keith Forsey, le producteur de la musique du film “Breakfast Club”.

C'est pas grave. C'est ce qui leur a permis de faire une carrière, d'avoir une aura et de faire ce qu'ils voulaient par après.

Morceau n° 11 :

Evidemment ! “Dancehall Days”...

Par Wang Chung.

Je l'ai trop écoutée, cette chanson. Encore une musique de bagnole. ‘Take your baby by the hand...’

Morceau n° 12 :

Fishbach chante la mélodie...

Ah merde : j'adore cette chanson ; je l'ai dans mes playlists. Dis, tu as accès à mes playlists privées toi, ou quoi (rires) ? “Love My Way” ! C'est le titre. Mais de qui ?

Psychedelic Furs. 

Oui ! J'aurais trouvé ‘Furs’ mais pas ‘Psychedelic Furs’ (rires)

Morceau n° 13 :

Alors, c'est bizarre parce que j'ai ce morceau sur mes playlists, mais dans une autre version.

“The Anvil”, par Visage. Oui, il y a plusieurs versions.

A l'époque, ils sortaient systématiquement des versions ‘maxi’, qui avaient un côté plus dansant. Les ‘kick-drums’ avaient un effet de ‘gated reverb’...

Oui, comme dans “In The Air Tonight”, de Phil Collins...

Oui : une ‘reverb’ qui est très profonde et qui s'arrête tout d'un coup.

Un effet inventé par Phil Collins et Peter Gabriel.

Oui, tu connais l'histoire ? C'est arrivé par accident, en studio, à cause d'un micro qui se coupait automatiquement.

Oui : c'était le micro qui sert à communiquer avec les musiciens dans le studio.

Le micro ‘talk-back’. C'est génial !

Morceau n° 14 :

Wow ! C'est superbe, ça ! Des sons de synthés comme ceux-là, j'ai passé mon été à en jouer, sans créer de morceau ou de chanson, juste pour les ambiances.

C'est un 'supergroupe', composé de membres issu de différentes formations des années 80.

Je ne vois pas...

Il réunit des membres de Dead Can Dance, Cocteau Twins... C'est This Mortal Coil, et les titres enchaînés “Sixteen Days / Gathering Dust”.

Mais oui ! Je connais ! C'est génialissime ! Ça me saoule de ne pas avoir trouvé !

This Mortal Coil, et encore plus Cocteau Twins, font partie des précurseurs de la shoegaze.

Génial ! On parle le même langage.

Et il y a un autre morceau d'eux qui est sublime, “Song To The Siren”, la reprise d’une compo de Tim Buckley, chantée par Elizabeth Frazer, de Cocteau Twins.

C'est le genre de musique que je ne connais pas encore très bien, mais que je vais adorer découvrir plus tard. Les artistes que j'aime, je ne vais pas creuser trop vite pour tout connaître. Je me laisse le temps de découvrir à mon rythme pour ressentir, à chaque fois, cet émerveillement d'adolescent, que j'essaie de cultiver. Quand on vieillit, il n'y a rien de pire que de perdre son émerveillement. Et la musique nous permet cela : découvrir et faire ‘Wow, j'ai à nouveau 14 ans !’ (Rires)

Ça va : tu as encore de la matière à découvrir (rires) !

C'est ça qui est merveilleux, quand c'est infini ! Comme quand on compose à l'ordinateur. Il y a tellement de sonorités disponibles. Les possibilités sont vertigineuses. Ça fait peur, parfois.

Morceau n° 15 :

Bon, là, on est en Belgique donc, j'ai été un peu chauvin...

C'est Telex !

Bravo ! Je suis impressionné !

Passion Telex ! Ils ont un morceau que j'aime plus que tout, c'est “Rendez-vous dans l'Espace”, sur un disque un peu bizarre, “Looney Tunes”. C'est de la bombe ! Telex, sous-estimé, oublié... pourquoi ?

A cause de l'Eurovision ? Ils se sont retrouvés dans un placard...

C'est dommage parce que leur musique est géniale. Quand tu regardes le film, ‘The Sound of Belgium’...

Ah, tu connais ce film ?

Oui ! Et j'ai toutes les compilations ! Je ne sais pas qui a fait ça, mais je les félicite ! C'est un bijou !

Tu te rends compte que les gens venaient de tous les pays limitrophes pour danser en Belgique sur la new-beat ! Du samedi au dimanche soir !

J'aurais tellement aimé connaître cette époque. Je suis née à la fin de la new-beat et je crois que Telex étaient les premiers à initier tout ça.

Ils étaient influencés par Kraftwerk, évidemment.

Oui, mais ils avaient un côté 'gogol', un côté belge.

Un côté surréaliste à la belge.

Exactement.

Là, c'était le titre “Moskow Diskow”.

Morceau n° 16 :

Ça c'est un groupe anglais mais il y a une autre référence à la Belgique, cette fois dans le titre...

Je ne l'ai pas.

C'est “For Belgian Friends”, de The Durutti Column.

Mais oui, je connais ce groupe ! Spotify me suggère souvent des titres de The Durutti Column. L'algorithme dit : ‘Flora, ça va te plaire’, mais je ne les écoute pas, parce que je ne suis pas dans le 'mood'. Il faudra que je creuse... Ça sonne vraiment comme les groupes de la vague 'neo-psyché romantique' des années 2010 : Beach House, Cigarettes after Sex...

Là, on est en 1981. C'est juste un musicien, Vini Reilly, qui joue avec ses guitares et ses effets.

Morceau n° 17 :

Attends... C'est influencé par les rythmes africains. Ah oui, je connais mais j'ai oublié le nom.

C'est Bow Wow Wow : “I Want Candy”.

Ah oui ! D'ailleurs, la semaine passée, j'étais en studio avec Kirin J. Callinan (NDR : le chanteur australien) et une percussionniste new-yorkaise, Chase Noelle, qui joue dans un groupe de filles un peu 'trasheuses' qui s'appelle Cumgirl8 et cette musique me fait penser à elle.

Bow Wow Wow étaient un peu les pionnières des groupes de filles débridées, sans complexes, avec les Slits, Nina Hagen, Patti Smith, etc.

Oui, c'étaient les mamans... Ce titre me fait penser à Chase. C'est beau, la musique, quand ça te fait penser à des gens que tu aimes...  Des artistes qui t'inspirent et qui, en plus, deviennent tes copains / copines...

Morceau n° 18 :

Ah, c'était aussi dans la bande-son du jeu ‘Dave Mirra BMX’ !

On est dans la veine 'gothic rock'... Et le chanteur ressemblait à Jim Morrison... The Cult et “She Sells Sanctuary”.

Mais oui, The Cult ! Evidemment ! Qu'est-ce que c'est bien ça !

Morceau n° 19 :

On va aller un peu en France...

Marie et les Garçons !

Oui ! Et leur titre “Attitudes”.

... qui a inspiré La Femme...

C'est proche de Taxi Girl. Et tant qu'on y est...

Morceau n° 20 :

Ben voilà : Taxi Girl, “Cherchez Le Garçon”.

Morceau n° 21 :

C'est La Femme ?

Oui ! Le titre : “Si Un Jour”.

Morceau n° 22 :

C'est Mylène ?

Yeah ! “Beyond My Control”.

C'est fou comme on reconnaît la patte de Laurent Boutonnat. Mais je ne connais pas tout de Mylène. En dj-set, je passe la version club de “Libertine”. Elle tabasse ! Et elle est très intelligente, Mylène, car elle ne joue plus “Libertine” en concert. Madonna devrait en prendre de la graine et arrêter de chanter “Like A Virgin” !

Morceau n° 23 :

Je me demande si tu connais ça...

C'est Requin Chagrin !

Oui!! “Sémaphore”.

C'est un groupe que j'aime énormément. Elle (NDR : Marion Brunetto) a commencé dans des petites salles et puis elle a fait des stades avec Indochine. Et elle me touche beaucoup, elle est très secrète. Une fois, elle m'a refilé un mediator Frank Zappa !

Morceau n° 24 :

Marie Davidson! Plus précisément son groupe Essaie Pas: “Dépassée par le Fantasme”!

Incroyable !

Marie, je l'ai rencontrée par hasard à Montréal. J'attendais la chanteuse Julia Daigle, qui devait assurer ma première partie. Elle était sur le label Entreprise, comme moi, et voilà qu'elle se ramène avec une de ses meilleures amies. Je l'ai tout de suite reconnue : Marie Davidson ! Je la suis, elle et Essaie Pas, le duo qu'elle partage avec son homme. Soulwax, vos amis belges, ont remixé son morceau “Work It” et elle a, elle-même, été ‘dépassée’, non pas par le fantasme mais par le succès du track. Un carton total !

Je les connaissais bien au début de leur carrière. Je les ai interviewés plusieurs fois. 

Morceau n° 25 :

On dirait une chanson de Fishbach. Et pourtant c'est un titre obscur du début des années 80.

Mais je connais ! Je l'ai en playlist ! Tu as vraiment accès à mes playlists privées, toi (rires) !

Ça y est ! Je suis découvert ! C'est “Always Grown”, par The System.

Oui, c'est ça !

Morceau n° 26 :

Celui-ci, tu connais, c'est The Beach House et “Black Car”.

Voilà ! C'est la fin du blind test ! Tu as gagné !

Franchement, mon résultat est meilleur que la première fois. J'ai fait un bon 8/10 sur ce coup-là !

Et ça, tu connais ?

Bonus track :

Wow : c'est beau. Mais je ne vois pas.

La plus belle voix féminine au monde.

Rien que ça ? Tu oses !

Dead Can Dance : “The Host of Seraphim”.

Ah oui ! C'est vraiment ma 'came', ça ! Il faut que je creuse, Dead Can Dance !

Tu as un univers à découvrir... Et pas rien que musical... C'est carrément une ouverture spirituelle.

Oui, totalement. Je dois malheureusement partir. J'ai été ravie de te voir, comme toujours. A bientôt !

Merci, Flora. A bientôt.

Merci à Louise et Laetitia de Five-Oh, au Théâtre National, à l'émission de radio WAVES, aux Disques Entreprise et à Sony Music.

Pour écouter le podcast de l'émission radio de WAVES consacrée à ce blind test, c'est ici.

Pour lire les articles consacrés à Fishbach dans musiczine, il suffit de cliquer sur son nom dans le cadre informations complémentaires, ci-dessous.

 

Fishbach

La New-Wave ? Je l'aimerai éternellement…

De son véritable nom Flora Fischbach, cette chanteuse française est née en Normandie mais a surtout vécu à Charleville-Mézières. Sa musique est fascinante et mêle des influences qui oscillent de Rita Mitsuko à Niagara, en passant par Patti Smith, Daniel Balavoine et Mylène Farmer. En dépit de ces touches rétro-futuristes, l'artiste est parfaitement ancrée dans la modernité et navigue au sein d’un mouvement musical hautement rafraîchissant qui épingle La Femme, Clara Luciani, Juliette Armanet et Christine. Le deuxième elpee de l'artiste, « Avec Les Yeux », publié par le petit label Entreprise et distribué par Sony Music, révèle à nouveau une flopée de titres jouissifs, très orientés années 80 et traversés par deux obsessions : l'amour et la mort.

Musiczine a rencontré Fishbach au Botanique, à Bruxelles, avant le concert organisé dans le cadre des Nuits. Vu que nous avions déjà abordé les sujets 'classiques' lors de la première interview, en 2017, nous avons proposé à Flora un exercice hors du commun, sous la forme d'un ‘blind test’. Elle devra reconnaître les extraits musicaux joués à la guitare par votre serviteur.

Extrait n° 1

Fishbach :  C'est Blondie ?

Non.

Ah, oui ! C'est “Cambodia”, de Kim Wilde !

Bravo !

C'est un morceau qui figure dans la série “Vernon Subutex”, à laquelle j'ai participé.

Tu connais bien la musique de Kim Wilde ?

Oui, mais je ne connais pas toute sa discographie. Et c'est mieux ainsi. Aussi, découvrir un morceau que je ne connais pas me permet de retomber amoureuse, ce qui est génial.

Et la new wave en général, tu l'aimes toujours autant ?

Oui ! Je crois que je l'aimerai éternellement. J'en joue énormément lors de mes dj sets.

Il paraît que tu passes aussi du Jean-Pierre Madère et du Nana Mouskouri lors de ces soirées ? (rires)

Oui ! Nana Mouskouri, c'est pour casser l'ambiance en fin de soirée et pour dire : 'Il est 5 heures du matin, il faut aller se coucher'. En général, je compose des playlists très éclectiques. J'aime bien diffuser des morceaux de Charlotte Adigéry, une artiste belge justement, qui se consacre à l'électro. Une de ses compos s’intitule “HaHa”. Elle n'est cependant pas new-wave, mais très chouette pour danser.

Extrait n° 2

Hervé Christiani : “Il Est Libre, Max” !

Bien vu !

Mon premier émoi musical, au cours de mon enfance. C’est la première fois que je me suis approprié une chanson que j'entendais à la radio, en regardant le ciel à travers le velux, chez ma grand-mère. Je me rappelle exactement des tapisseries bleues et des petites fleurs jaunes.

Et le premier morceau que tu as enregistré sur cassette ?

C'est sans doute une chanson de Yannick Noah... Eh oui, désolée... mais j'assume... (rires)

Extrait n° 3

Ce titre, je l’ai enregistré sur cassette...

C'est pas David Bowie ? Un des plus grands mélodistes de tous les temps !

Oui ! Il s’agit de “Life On Mars”. Tu connais l'histoire de cette chanson ?

Non.

Dans les années 60, Bowie travaillait comme auteur-compositeur professionnel, attaché à un éditeur. Et Claude François cherchait quelqu'un pour traduire “Comme d'Habitude” en anglais. Bowie a proposé une version, “Even Fools Fall in Love”, qui n'a pas été retenue. C'est celle de Paul Anka qui a été choisie et elle est devenue “My Way”. Piqué au vif, Bowie a alors décidé de composer une chanson sur la base des mêmes accords que “Comme d'Habitude” et le résultat a débouché sur “Life On Mars”...

Pauvre Claude... Il avait un côté dont on gardera des mauvais souvenirs et l'autre qui restera éternel. Claude François traîne des énormes casseroles derrière lui, même si c'est difficile de juger une période où ces comportements étaient monnaie-courante. Tu avais les Mazneff et autre Cohn-Bendit qui affichaient leur pédophilie sur les plateaux de télévision et personne ne réagissait. Au final, je ne peux plus encadrer les chansons de Claude François, alors qu'auparavant, elles étaient représentatives d'une certaine chanson française populaire, un peu ringarde, celle qu'on écoutait au cours de ma jeunesse, dans les bals populaires.

La même chose pour Michel Sardou, non ?

Sardou, c'est pareil. Il essaie de se justifier en disant qu'il chantait des personnages, que ce n'était pas son opinion mais il ne peut pas se cacher. On voit bien que c'est un vieux réac'.

Extrait n° 4

Ah, c'est Prince ?

Oui. “Kiss”.

Eh bien, tu sais, je n'ai jamais été fan de Prince. Autant je suis capable d'apprécier l'artiste, autant son œuvre ne me touche pas. J’éprouve le même sentiment pour Madonna. Et puis, il paraît qu'il était un peu 'nazi' à l'égard de ses musiciens, à la limite du harcèlement moral. Il a composé de très belles chansons mais elles ne parlent pas à mon cœur.

Mais le côté 'funk' de Prince, on le retrouve dans tes chansons. La preuve dans l'extrait suivant...

Extrait n° 5

Oui, ça c'est un riff qui figure dans “Masque d'Or” !

Le riff évoque Prince ou même James Brown.

Oui, mais je dirais que cette influence vient plutôt du funk blanc, un funk de blanc-bec, plutôt germanique. Un groove froid.

Extrait n° 6

Ecoute, il aurait pu relever du répertoire de Simple Minds mais c'est un de mes morceaux : “La Foudre” (rires).

Pourquoi Simple Minds ?

Par rapport au “Hey hey hey hey” (rires).

Ah oui, comme au début de “Don't You Forget About Me” ?

Exactement. Et il y a aussi un côté U2 dans “La Foudre”. Je sais que beaucoup de gens les détestent mais perso, j'ai une tendresse particulière pour eux car un des premiers CD que l'on m'a offert, c'était “The Joshua Tree”, qui est, à mon avis, leur meilleur album. C'est ce genre de musique qui m'a incitée à composer “La Foudre”.

Il est dingue, ce morceau. Et sa voix est hallucinante. Tu as changé le 'pitch' ?

Je ne fais jamais ça !

Je m'en doutais. C'était une question rhétorique... (rires)

Une chose que j'accepte, c'est quand des chanteurs doublent leurs voix une octave plus bas. Mais l'auto-tune et tous ces effets, je suis contre.

Ou alors doubler sur le même ton, à la manière de John Lennon ?

Deux fois la même chose ? Ah oui, c'est une pratique à laquelle j’ai eu pas mal recours au début, sur mes maquettes, mais maintenant, beaucoup moins.

Mais le riff que j'ai choisi, c'était aussi dans le but de susciter une réaction par rapport aux guitares. Il y en a énormément sur ton dernier opus, électriques, un peu 'metalleuses', et elles sont complètement typiques des années 70 et 80, à la limite du kitsch. Inutile de dire que j'adore !

Oui, elles sont carrément exag'.

C’est une parfaite transition pour l'extrait suivant...

Extrait n° 7

Oui ! C'est les Scorpions !

Fishbach chante le début de “Still Loving You”...

Sur ton album, les guitares 'à la Scorpions' réalisent des (superbes) mélodies doublées à la tierce, pratique que plus personne n’ose depuis 30 ans...

Si, tu serais étonné. Il y a encore beaucoup de musiciens qui font ça, mais ils ne sont pas en France...

Ou alors, ils sont dans le 'metal' ?

Soit dans le metal, soit dans l'hyperpop.

Extrait n° 8

Wow, c'est magnifique ! Qu'est-ce que c'est ? Je sèche...

C'est “Love of My Life”, de Queen, paru sur l'album “A Night At The Opera”.

Oh ! Comment ai-je pu louper ça ! C'est la honte ! Freddie était un des plus grands chanteurs du monde. Il y a des 'a capella' sur Internet dans lesquels on entend juste les voix du duo entre Freddie Mercury et David Bowie, “Under Pressure” (*). Tu écoutes l'a capella de Bowie et les poils se hérissent et puis tu entends Freddie et là, tu te dis...

Y'a pas photo...

Ouais : Bowie est touchant mais Freddie, c'est un truc de fou furieux. Ils jouaient un peu à qui a les plus grosses et c'est clairement Freddie qui a gagné. Il est au-dessus du lot (rires).

En concert, Queen était incroyable.

Freddie Mercury est mort un mois avant ma naissance, donc je ne les ai jamais vus.

Je les ai vus 3 fois, du vivant de Freddie Mercury.

Oh, quelle chance !

J'ai même une photo de Freddie qui porte mon écharpe, car j'étais au premier rang et je la lui ai lancée.

Wow, c'est dingue. Et que penses-tu du biopic sur Queen ?

Je n'ai pas aimé du tout.

Moi non plus.

L'acteur ne parvient pas à reproduire toute la puissance de Freddie. J'aurais préféré que ce soit Sacha Baron Cohen, qui avait été sélectionné au départ, car il possède le côté extravagant de Freddie.

En effet, il aurait pu faire le job. En même temps, ce n'est pas Rami Malek qui est à blâmer, c'est la direction artistique du film, beaucoup trop romancée. Il est où, le rock, là-dedans ?

Exact. Et l'homosexualité de Freddie, qui est édulcorée, voire gommée.

Complètement !

Extrait n° 9 : “Jesus died for somebody's sins but not mine...”

Merde, je ne vois pas.

Attends, je vais jouer le début du morceau...

Ah, mais c'est Patti Smith ! “Gloria”.

Fishbach chante le début de “Gloria”.

Ah oui, et en plus tu imites très bien sa voix !

Ben oui, Patti Smith, c'est la mascotte, la marraine de tout le monde, l'amoureuse de Rimbaud, qui, forcément, a rendu de multiples visites à mes chères Ardennes, là où l'écrivain a vécu. J'ai eu l'occasion de la rencontrer : grande dame, grande émotion. Elle a une aura incroyable, physique et vocale. Les gens de tous les âges, y compris les mômes, sont impressionnés.

Elle a une aura et toi, tu as une Flora... (rires)

Tada !

Extrait n° 10

Mylène Farmer, “Pourvu qu'elles soient douces” ! En écoutant le son de ta guitare, j'imagine ce que la chanson apporterait si elle était jouée à la mandoline.

Extrait n° 11

Je ne trouve pas. C'est sans doute parce que je suis à la cigarette électronique. J'ai besoin d'une vraie cigarette pour réfléchir. (rires)

Attends, le refrain arrive...

Ah mais c'est encore Mylène !

Oui, accompagnée de Jean-Louis Murat dans “Regrets”.

C'est beau.

Extrait n° 12 : “Ne faut-il pas commencer par se haïr lorsque l'on doit s'aimer ?”

C'est une grande question, pour laquelle je n'ai pas encore trouvé de réponse.

Sais-tu qui est l’auteur de cette citation ?

Non.

C'est Nietzsche.

Ah, tu es au courant. J'ai lu du Nietzsche et du Schopenhauer pendant le confinement. Ils vont tellement mal que quand tu les lis, tu vas mieux (rires).

Extrait n° 13

Ah ça, c'est les Sparks ! Enormes. Ils ont encore beaucoup de succès en France !

Et en Belgique aussi !

C'est quoi encore, le titre ? “This Town is not…” ?

“This Town Ain't Big Enough For Both of Us”

Extrait n° 14

Ah, je connais ça, c'est très beau. Mais je ne trouve pas.

C'est Twin Peaks.

Ah oui, Angelo Badalamenti ! C'est magnifique. C'est le thème de ‘Laura’.

Tu as vu la vidéo où il explique comment il a composé ce morceau, aux côtés de David Lynch ?

Oui, elle est sur Internet. C'est super !

C'est Lynch qui décrit la situation : ‘She is in the woods and she is coming closer... Yes, it's good, Angelo, continue like this...’ Frissons garantis.

Oui, c'est génial. 

Extrait n° 15

Je crois que c'est une chanson d'une chanteuse française un peu ringarde... C'est “Mortel”...

Ma chanson préférée de Fishbach... Jouée à la guitare de cette manière, on constate que la mélodie, bien que toute simple, constitue d'ores et déjà un classique.

Merci pour ce compliment !

Extrait n° 16 : “Invisible désintégration de l'univers” !

Encore du Fishbach !

Oui et tu sais pourquoi j'ai choisi cette mélodie chromatique, qui descend note par note ? C'est parce que je l'ai composée dans la sainte chapelle du Château de Vincennes, quand j'y bossais. J'aimais y effectuer des vocalises et la réverbération, figure-toi, durait 13 secondes !

Non !

Si, je t'assure. Du coup, les notes se bouffaient les unes les autres. J'étais donc obligée de dénicher des notes qui puissent se combiner harmonieusement.

Et quand tu réalisais la descente chromatique, c'était comme un canon...

Exactement. 

Les arrangements de synthés de la version studio me font penser à Suicide mais surtout Klaus Schulze.

Ah, j'adore ! Klaus Schulze, un des pionniers de la musique électronique. C'est bien lui qui jouait de dos, tout en blanc, assis en tailleur ?

Oui. Malheureusement, il vient de nous quitter.

C'est pas vrai. Il est mort quand ?

Il y a quelques jours.

Oh, c'est triste ! Sans lui, la musique n'aurait pas été la même. Il y a énormément de gens qui ont commencé à en faire grâce à lui tout en puisant leurs influences dans son œuvre.

Oui, il a participé au premier album de Tangerine Dream et, dans sa carrière solo, mon album préféré, c'est “X”, sorti en 1978.

Extrait n° 17

Oh mais oui, c'est La Femme !

“Le Sang de Mon Prochain”. C'est ça qu'on appelle l'hyperpop ?

Non, l'hyperpop, c'est un style fourre-tout qui contient tous les styles ringards des 30 dernières années, comme le dubstep, la tektonic, etc.

Ah bon ? Je croyais que cette expression désignait le style vintage un peu années 80 auquel vous émargez, toi, La Femme, Clara Luciani, etc.

Non, nous on fait de la ‘pop morte... De la ‘death pop’ (rires).

De la ‘wave pop’ ?

Nous sommes des enfants qui concevons de la musique qu'on entendait au cours de notre enfance, mais notre son est plus moderne. Alors que l'hyperpop, c'est un truc de kids de moins de 20 ans.

J'avais pas du tout capté la nuance.

Extrait n° 18

Qui compose ça ? Je trouve pas. C'est complètement discordant.

Pourtant c'est un morceau que tu m'as fait découvrir. Les paroles sont : ‘Je suis l'Oiseau de Feu...’

Le Groupe Obscur ! Il y des années que je n’ai plus de leurs nouvelles.  

Ils ont arrêté.

Oh ! C'est bien dommage parce qu'ils étaient vachement bons ! Un groupe breton de psyché. Je croyais beaucoup en eux. J'aurais voulu qu'ils signent sur la maison de disques dont je relève.

Les Disques Entreprise ?

Oui. J'étais 'en crush' pour eux et je suis un peu triste qu'ils aient arrêté. Dommage qu’il n'y ait pas plus de groupes comme eux. Mais bon, ils feront peut-être autre chose.

Ils étaient bien barges. Ils avaient inventé une langue, comme Magma.

Ils avaient créé toute une mythologie, intrigante, très 'Lovecraftienne'.

Voilà, c'est la fin du blind test. Merci, Flora.

Merci à toi, c'était génial, mais je n'ai pas été très forte au blind test.  

Mais si !

J'ai même loupé Queen!

Ne t'en fais pas. Je fais souvent ce genre de blind tests et l’exercice est très difficile. Les morceaux sont joués à la guitare et sans les références de l'original ; donc il est normal qu'on sèche un peu. Mais dans l'ensemble, tu t'en es très bien sortie !

Merci !

Merci au Botanique, à Pascale Bertolini, Louise Mailleux et Lætitia Van Hove (Five Oh). Merci aussi à Les Disques Enterprise et Sony Music.

Pour écouter l'interview en version audio, c'est ici

Pour écouter la première interview de Fishbach, qui date de 2017, c'est ici 

(*) Pour écouter les a capella de Bowie et F. Mercury, c'est

 

 

 

 

Fish

Acoustic sessions

Pas besoin d'un décodeur pour imaginer l'empoissonnement de ce vivier. "Acoustic sessions", comme son nom l'indique, est peuplé de folk songs. Neuf titres du répertoire de Marillion interprétés par son chanteur, neuf chansons enregistrées ‘live’ au "Funny Farm" en compagnie de quelques potes. Parmi ses plus belles prises figurent inévitablement son hit "Kaleigh" ainsi qu'une adaptation jazzyfiante, ‘postcard’, de "Somebody special". Pour le reste, il se contente de jeter ses filets dans les flots traditionnels britanniques. Là où se sont reproduits Fairport Convention, Steeleye Span, Fotheringay et Natural Acoustic Band. Mais également en eaux plus douces, plus paisibles, comme appâtées par des aventures amorcées voici presque un quart de siècle par le Genesis de Peter Gabriel, épurées pour la circonstance de leur électricité...

 

Amanda Fish

Free

Écrit par

Issue de la scène soul et blues de Kansas City, Amanda Fish n'a entamé sa carrière qu’en 2012. Elle fonde son groupe en 2014 et publie un premier elpee intitulé "Down in the dirt", trois ans plus tard. Sa jeune sœur Samantha l'avait déjà précédée et s'est d'ailleurs forgée une solide réputation comme chanteuse et guitariste de blues-rock. Amanda compose l’essentiel de son répertoire. Douée d’une voix naturellement puissante, elle joue aussi bien de la guitare, de la mandoline, de la basse ou du piano. Lors des sessions d’enregistrement, elle s’est consacrée à la basse et au chant. Elle est soutenue par son drummer Glen James, ainsi que d’invités notoires, suivant les compos…

"2020" ouvre la plaque. La voix d’Amanda est exceptionnelle et en impose déjà. A la guitare rythmique, Dave Hays étale tout son talent, en dispensant des accords funkysants. Boogie primaire, "Not again" nous entraîne au cœur des collines du Mississippi, une piste au cours de laquelle, Richard Rosenblatt, le patron du label Vizztone, souffle dans un harmonica. Varié, ce long playing met également en exergue le talent des différents instrumentistes. Dominé par la voix éclatante de Mrs Fish, "The ballad of Lonesome Cowboy Bill" mêle cordes acoustiques et électriques ; Tyler Morris et Bob Margolin à la slide, signant une sortie décoiffante. Indolente et dépouillée, "Blessed" est une autre ballade. Les chœurs sont bouleversants, alors que chargée de reverb, la gratte de l’ex-Fleetwood Mac, Ken Valdez, s’incruste dans l’ensemble. Blues/rock, "Going down" est découpé dans des riffs puissants. Le Californien Alastair Greene se déchaîne sur sa slide, tandis que la voix s’enflamme et crève l’écran. Son ami de Kansas City, Coyote Bill, épaule Amanda sur deux plages. Ses interventions parcimonieuses sur sa slide sont d’une efficacité déconcertante sur "You could be" et le nerveux "Here we are", deux pistes tapissées par l’orgue Hammond. Le titre maître achève le long playing. Au piano, Amanda s’épanche seule, doucement, avant de se déchaîner à travers un gospel, soutenue par son amie Sara Morgan, un morceau coloré par l'orgue de Chris Hazelton. Excellent!

 

Samantha Fish

Belle of the west

Écrit par

Issue de Kansas City, cette jeune chanteuse/guitariste pratique aussi bien le blues que le rock. Elle n’a pas encore 30 ans, et pourtant, elle affiche déjà une solide expérience. Faut dire qu’elle a entamé sa carrière en 2009, alors qu’elle venait juste de fêter ses 20 printemps. Au cours de cette année, elle avait publié "Live bait", un elpee autoproduit. C’est Thomas Ruf qui la repère et la signe sur son écurie. Depuis, elle a gravé 5 long playings, dont ce "Belle of the west". Elle a également participé à plusieurs tournées européennes, dans le cadre du projet "Girls with guitars". En trio, Samantha privilégie le répertoire clairement blues/rock. Et amplifié. Mais "Chills and fever", paru seulement il y a quelques mois, s’ouvrait à la country, la soul et r&b. Luther Dickinson, le chanteur/guitariste de North Mississippi All Stars, s’est chargé de la mise en forme mais figure également parmi les musicos. Les sessions se sont déroulées au studio Zebra Ranch, sis dans le pays des collines du Mississippi.

"American dream" affiche bien la couleur. Un retour aux sources du blues pimenté par le pipeau de Sharee Thomas et balisé par des percussions placides. Une atmosphère passéiste qu’on retrouve tout au long de "Blood in the water". Outre la flûte droite, le violon de Little Mae s’intègre dans le décor, alors que Samantha s’autorise une sortie parcimonieuse sur les cordes, mais amplifiée. Elle chante joliment 'Need you more", une compo bluegrass empreinte de douceur. Une délicatesse qui imprègne également l’excellent "Cowtown", une piste au cours de laquelle les cordes se révèlent particulièrement séduisantes. La contrebasse d'Amy Lavere balise "Daughters", une ballade dont les voix féminines sont contrebalancées par des percussions accablantes. Bénéficiant d’un refrain pop, le plus roots "Don't say you love me" se distingue par sa six cordes tout en retenue. De toute bonne facture, cet LP s’achève dans le blues aux accents primitifs. "Poor black Mattie" et "No angels" sont illuminés par les superbes répliques entre Samantha et l'homme du Mississippi, Lightnin' Malcolm. Puis, en finale, "Gone for good", un morceau traité au bottleneck dans une ambiance digne de R.L Burnside, et si proche du son Fat Possum ! 

 

Samantha Fish

Chills & Fever

Écrit par

Agée d'à peine 28 ans, Samantha Fish est une jeune femme particulièrement séduisante. Née à Kansas City, dans le Missouri, elle compte déjà une belle carrière comme chanteuse, guitariste et compositrice. Son univers de prédilection ? Le blues/rock ! Il y a quelques années, elle a signé chez le label allemand Ruf, pour lequel elle a déjà publié trois albums solos, "Runaway" en 2011, "Black wind howlin'" en 2013 et "Wild heart" en 2015. Début de cette année, elle a tourné en Europe en proposant un répertoire énergique, taillé dans le rockin' blues, s’autorisant même des moments de bravoure, réminiscents de Jimi Hendrix.

Ce "Chills & Fever" adopte un registre radicalement différent, intégrant des éléments de soul, r&b, country et americana. Les sessions se sont déroulées à Detroit, au studio The 45 Factory, sis non loin de la Motor City, en compagnie de musiciens locaux. Tout d’abord le guitariste rythmique Joe Mazzola, le bassiste Steve Nawara et le drummer Kenny Tudrick, soit des ex-membres de The Detroit Cobras. Mais aussi le claviériste Bob Mervak ainsi qu’une section de cuivres néo-orléanaise constituée du trompettiste Mark Levron et du saxophoniste Travis Blotsky. Et pour enregistrer cet elpee, Samantha s’est réincarnée en chanteuse de musique soul/pop des années 50 et 60. Pourtant, même si on ne comprend pas trop la soudaine reconversion (temporaire?) de Miss Fish, il faut confesser que cet opus découpé en 14 reprises, tient parfaitement la route…

La cover du "He did it" de Jackie DeShannon, un morceau de pop rock'n'roll vintage, est une belle réussite. Les Ronettes l’avaient traduite en tube, dès 1965. Savoureux, "Chills & Fever" trempe dans le r&b. La rythmique est légèrement ska et la guitare, bien allumée. Piano électrique et sax baryton participent activement à la texture de l’expression sonore. Barbara Lewis a décroché un hit, en 1963, en gravant "Hello stranger", une ballade soul/pop atmosphérique. Samantha se concentre sur son chant. Swamp r&b bien nerveux, "It's your voodoo working" est une chanson que Charles Sheffield avait publiée sur le légendaire label Excello, en 1961. Caractérisé par ses envols de gratte très rythmiques, "You can't go" est un excellent r&b. Tout comme "Little baby", mais dans un registre davantage Tamla Motown. Les derniers titres de ce long playing sont certainement les plus intéressants. A l’instar du blues/rock "Crow Jane", une composition du légendaire Skip James, remise au goût du jour. Littéralement dévastatrices, les sonorités de guitare sont manifestement contemporaines.

La version cd recèle deux bonus tracks. Tout d’abord le "Somebody's always trying" de Ted Taylor, un titre paru en 1964. Samantha chante passionnément ce r&b aux accents pop, dans l’esprit d’un Ray Charles au sommet de son art. Ce qui ne l’empêche pas de libérer frénétiquement ses cordes. Et puis "I'll come running over", une chanson que le célèbre producteur anglais Bert Berns avait écrite pour Lulu, de son véritable nom Marie McDonald McLaughlin, en 1965. Et la nouvelle version aurait pu figurer au catalogue du label Stax.

 

My Silly Dogfish

My Silly Dogfish (Ep)

Écrit par

Claudio (ex-chanteur de Victoria) et Cédric on fondé My Silly Dogfish en 2010. Le duo est depuis passé à un quatuor, Loïc et Yannick se chargeant respectivement de la basse et de la batterie. La formation pratique une forme classique de rock teinté de folk. Pas de quoi révolutionner la planète musicale. C’est en tout cas ce que cet Ep 4 titres laisse comme impression générale, malgré des ingrédients suaves mais souvent bien trop sages… Si tout est parfaitement au point et indéniablement agréable à l’oreille, ces gentilles compositions, lorgnant vers les ballades pop/folk de Cocoon voir d’Ed Sheeran (« Catch My Eyes »), ne sont guères tranchantes. My Silly Dogsih se révèle cependant bien plus convainquant lorsque qu’il muscle quelque peu le ton, comme lors du final « Give Me Some ». Si le combo français veut se démarquer, il a tout intérêt à quitter les eaux tempérées afin de passer de l’amourette au véritable amour pour ce ‘stupide chien de mer’.

 

Samantha Fish

Wild Heart

Écrit par

Samantha Fish est une jeune chanteuse/guitariste. Elle vient seulement de fêter ses 26 printemps. Et vit à Kansas City. En 2009, son album "Live Bait" séduit le producteur allemand Thomas Ruf qui la signe sur son label. Elle tourne depuis, souvent en Europe. Elle a également participé aux séries "Girls with guitars", en 2011 et 2012. Ses deux elpees publiés pour Ruf ont été produits par Mike Zito : "Runaway" et "Black wind howlin'".

"Wild Heart" a été enregistré au sein de différents studios, en Louisiane, au Tennessee et Mississippi. Luther Dickinson, chanteur et guitariste chez North Mississippi All Stars assure la mise en forme et participe à toutes les plages. Il apporte une nouvelle coloration à l’expression sonore de cette artiste issue du Missouri. La plupart des titres sont issus de la plume de Samantha ; et certains ont été coécrits en compagnie de Jim McCormick, qui partage son temps entre Nashville et la Nouvelle Orléans. Au départ, elle privilégie la formule trio, format qui est favorisé par le concours du drummer Brady Blade et du multi-instrumentiste Dickinson.

En ouverture, "Road Runner" est un parfait témoignage de la direction plus roots empruntée par Samantha, s’inspirant ainsi davantage de l’atmosphère du Mississippi. Luther Dickinson double la basse et la lap steel sur "Place to fall". Une lap steel qui communique une sonorité métallique troublante à cette jolie ballade empreinte de quiétude, enrichie par les chœurs de Shontelle Norma-Beaty et Risse Norman, alors que Miss Fish se révèle très créative sur ses cordes. Derrière ses fûts, Brady imprime le Diddley beat pour baliser "Blame it on the moon". Le tempo s’accélère. La lap steel de Luther gémit. Le rythme adopté par "Highway's holding me now" est davantage sculpté dans le blues/rock familier de Samantha. Epaulée par les vocaux de Shontelle et Risse, elle se réserve le micro sur la plaisante ballade acoustique "Go home". Elle creuse dans les racines pour interpréter "Jim Lee Blues Pt1", composé il y a bien longtemps par le légendaire Charley Patton. Luther Dickinson est préposé à la mandoline et Lightnin' Malcolm –invité pour la circonstance– à la sèche. Malcolm vit du côté de Holly Springs, dans le Mississippi et apporte régulièrement sa collaboration à la famille Burnside. La voix de Samantha est chargée de passion et d’énergie pour attaquer son "Turn it up". Son partenaire, Luther Dickinson, se réserve le solo sur les cordes qui nous entraînent au coeur des collines du Nord du Mississippi. Sans aucun doute, l'un des sommets de cette plaque! Samantha chante "Show me", dans un style plus familier. Et sa voix atteint la perfection sur "Lost myself", une plage paisible, traversée par les accords lugubre de la lap steel de Dickinson. D’excellente facture, ce long playing atteint son apogée sur le dynamique "Bitch on the run", un blues/rock plus conventionnel, théâtre d'un beau duel entre les guitares de Samantha et Luther. Une claque! Dickinson et Lightnin' Malcolm se partagent les sèches tout au long de la finale, "I'm in love with you", une plage très roots issue de la plume du regretté Junior Kimbrough, un des fleurons du North Mississippi hill country blues…

 

Amanda Fish

Down in the dirt

Écrit par

Chanteuse/guitariste, Amanda Fish drive son propre band, spécialisé dans le blues/rock. Elle s’est établie à Kansas City, dans le Missouri. C’est la sœur aînée de Samantha Fish qui se taille un certain succès, depuis quelques années. Son backing group réunit trois musiciens, le drummer Kristopher Schnebelen (ex-Trampled Under Foot), le chanteur Sean McDowell et le bassiste Cole Dillingham. Ces deux derniers se consacrent aussi parfois aux vocaux. Elle signe son répertoire, seule ou en compagnie de son partenaire, McDowell.

Nerveux, bien funky, "I'mma make you love me" ouvre la plaque. La section rythmique  est solide et soudée dans la manœuvre. La voix d'Amanda est superbe et naturellement autoritaire. Invité, le jeune Brody Buster (NDR : il émane du Kansas voisin) fait chauffer son harmonica. "Player blues" est une ballade roots très agréable à écouter. Et lorsque la slide de McDowell transperce l’expression sonore, c’est un réel bonheur! Un riff musclé balise le blues/rock "Wait", démontrant ainsi la diversité de style du combo! Une nouvelle preuve ? La ballade country "Guess I'll lay down", sans doute chantée par McDowell, devant le violon de Jacob Hiser (Hiser Brothers) et le piano de Liam Goodrick. Nouveau changement d’atmosphère pour "Prisoner of your touch", une plage aux saveurs latines délicatement parfumées de jazz, qu’entretient le piano de Goodrick. Une compo interprétée par une voix masculine. "Boots on the ground" est sculpté dans le R&B funkysant. "I don't need it" marque un retour au blues pur. Talentueux espoir, Brody Buster imprime nonchalamment le tempo de son harmonica, avant qu’il ne soit relayé par la guitare de Coyote Bill (un ami issu de Kansas City). Epatant ! Amanda s'enfonce plus loin dans le Delta pour déclamer son "Hard walkin' blues". Elle chante, la voix saturée d'émotion, devant une guitare rythmique qui s'impose, avant l'explosion attendue des cordes. Clairement blues, "Lady of the night" adopte un bon rythme, proche du "Help me" de Sonny Boy Williamson. Tel un cortège funéraire, "Breaking me down" avance lentement. Le ton est tragique, le dépouillement total. La ligne de basse grave. A tout instant, les cordes sont prêtes à hurler de désespoir, et lorsque enfin elles se manifestent, c'est avec beaucoup de pudeur et de tristesse. "Watch it all burn" change une fois encore de registre, un R&B tapissé par l'orgue de Tyson Leslie. D’excellente facture, cet LP s’achève par le titre maître, un long blues déclamatoire aux accents dramatiques. Amanda vit son chant. Elle hurle son mal-être. Dévorante, ravageuse, torturée, la gratte de McDowell nous entraîne alors au cœur d’un trip psychédélique.

 

Samantha Fish

Black wind howlin’

Écrit par

Agée de 24 printemps, Samantha Fish est originaire de Kansas City. Cette jeune chanteuse/guitariste y a fait ses premières armes, et tout particulièrement au sein du club local Knuckleheads Saloon. Elle y tape dans les oreilles de Mike Zito et Tab Benoit. Miss Fish s’était illustrée en 2011, lors de la tournée organisée par Thomas Ruf, baptisée ‘Girls with guitars’, un périple au cours duquel elle était accompagnée par l'Anglaise Dani Wilde et Cassie Taylor (NDR : c’est la fille d'Otis). L'année dernière, elle publie sa première oeuvre en solitaire chez Ruf. Intitulé "Runaway", cet opus est bien reçu par la critique. Elle a également participé aux sessions d’enregistrement de "Turquoise", un long playing signé Devon Allman et paru sur le même label allemand. Ce nouvel elpee a été concocté au studio Dockside de Maurice, en Louisiane, sous la houlette de Mike Zito.

Samantha a du tempérament. Elle débute en force par "Miles to go", un morceau très dynamique, imprimé sur un tempo delta blues particulièrement enlevé, au cours duquel notre blonde est constamment à l'attaque. Southern blues, "Kick around" évoque les Georgia Satellites de la belle époque. L'ami Zito se réserve le poste de soliste et donne la réplique vocale sur cette compo au rythme entraînant. Miss Fish a reçu le concours de Zito pour écrire "Go to hell". Le tempo est toujours aussi offensif. Le riff rythmique puissant. Mais pour la circonstance, c’est Paul Thorn, un bluesman du Wisconsin, qui colore le morceau de son timbre chaleureux. Armée de son bottleneck, Samantha impose une cadence qui fleure bon le Mississippi blues tout au long de "Sucker born", alors que le vétéran Jumpin' Johnny Sansone galvanise le tout de son harmonica. Un sommet de ce long playing ! Ballades acoustiques, "Over you" et "Let's have some fun" nous permettent savourer une autre facette du timbre vocal de Samantha. Et pour cause, il s’y révèle particulièrement délicat. La reprise du célèbre "Who's been talking" de Howlin' Wolf trempe dans le blues pur et dur. Pas de fioritures. Des accords de gratte bien dosés et respectueux. Seul l’harmo de Sansone est flamboyant. L’énergie et l’âpreté font leur retour pour "Lay it down", un boogie constamment sur la réserve qui laisse la part belle aux cordes. Hard blues rock, "Heartbreaker" s’inspire à nouveau du Delta, une piste dont le riff de slide est probablement exécuté par Zito. "Foolin' me" concède des accents plus pop rock. La titre maître macère dans le delta funk blues.  Samantha démontre tout son art à maintenir la tension lorsqu'elle s'évade sur ses cordes, dans un registre proche d’un Jimi Hendrix. "Last september" achève l’elpee, une ballade dont la touche country est apportée par le violon de Bo Thomas.

 

Loki Starfish

A season For Weepers

Écrit par

Né en 2008, Loki Starfish est un groupe établi à Paris. Depuis sa naissance, il a connu toute une série de changements de line up. Leur premier opus, "Love-like banners" avait récolté un succès d’estime auprès de la critique.

Le combo grave un Ep intitulé "Silence + Evidence", un disque sur lequel figure un seul inédit et quatre remixes de morceaux issus du premier elpee. La presse spécialisée est enthousiaste. Ce qui permet à Loki Starfish de signer chez un nouveau distributeur : Believe.

Et c'est sur ce label que le quatuor français, décidément très en verve, nous propose un nouvel Ep. Ou plus exactement un mini-album. Baptisé, « A season For Weepers », il est découpé en six plages. Et pour un si jeune groupe qui a vécu tant de remue-ménage, je dois avouer avoir été impressionné par le résultat. Car leur dernier-né affiche une maturité plutôt bluffante.

Pas d'intro qui tire en longueur ou de pré-ambiance destinée à mettre le mélomane en condition. Non, dès le premier morceau, titre maître par ailleurs, le groupe envoie la sauce et impose son style.

L’équilibre entre la mélodie et le chant est parfait. Et cerise sur le gâteau, un accent particulier est mis sur le refrain. Auquel on accroche instantanément. Pas question de beats brutaux ici. Ni de psychédélisme. Mais une électro qui coule de source. Comme quoi, ce n'est pas toujours dans les vieilles casseroles qu'on fait la meilleure soupe… A découvrir !

 

Samantha Fish, Cassie Taylor & Dani Wilde

Girls with guitars

Écrit par

Thomas Ruf, ce n’est un secret pour personne, aime les femmes. Il leur voue même une certaine admiration. Le boss leur permet ainsi d’enregistrer et de tourner dans le cadre du projet ‘Blues Caravan Tours’. D’excellents blueswomen ont ainsi sillonné notre Vieux continent, telles Sue Foley, Ana Popovic, Candye Kane, Deborah Coleman ou Erja Lyytinen.

"Girls with guitars" se consacre, vous vous en doutez, aux dames et demoiselles qui jouent de la guitare. Et le trio en présence se débrouille plutôt bien, il faut le reconnaître. Dani Wilde avait déjà publié deux albums, "Heal my blues" et "Shine". Cette jeune chanteuse/compositrice/guitariste anglaise est issue de Brighton. Samantha Fish n’a que 21 printemps. Elle vit à Kansas City, dans le Missouri. Elle s’est produite, l’année dernière, au Chicago Blues Festival. Cassie Taylor, est la fille du bluesman Otis Taylor. Elle aussi affiche à peine plus de vingt ans.  

Ces filles sont capables de rocker. Elles ouvrent la plaque par le "Bitch" des Rolling Stones, une cover qui ne manque pas de panache. Le trio conjugue les voix en harmonie. Dani est emportée par son solo et enflamme ses cordes. La petite Cassie (NDR : très élégante, sous sa chevelure toute bouclée) chante d’un timbre caressant son "Satisfy my soul ", pendant que Dani se dresse sur ses pédales ! Dani Wilde n’est plus une novice. Empreinte de sensibilité, sa voix passe bien la rampe. Elle interprète impeccablement son "Mr loving man", tout en égrenant de subtiles notes sur sa Fender. Samantha (NDR : c’est la fille blonde !) prend son tour de rôle et chante "We ain’t gonna net out alive", soutenue par Mike Zito à la slide. Ce dernier s’est également chargé de la mise en forme de cet elpee. Actuellement, Dani est la seule à pouvoir affronter le public en solitaire. Armée de son seul dobro, elle démontre toute son assurance sur les planches en attaquant "Reason to stay". Ce qui ne l’empêche pas d’injecter une certaine émotion dans son interprétation. "Get back" est sans aucun doute la meilleure plage de cet opus (NDR : non, ce n’est pas une cover des Beatles). Les trois félines se succèdent au chant au cœur d’un climat oppressant entretenu par les sonorités métalliques de la guitare de Mike Zito. Samantha tire également son épingle du jeu sur le lent "Come on home" ainsi que tout au long de "Wait a minute", un morceau dont le rythme particulièrement syncopé épouse un profil très New Orleans. Mais surtout lors du blues rocker "Move on", une chouette compo au cours de laquelle elle libère une bonne dose d’énergie sur sa gratte. Cassie possède une très belle voix. Douce aussi. Pas vraiment adaptée au blues, mais plutôt au folk rock. Une délicatesse quelle laisse transparaître sur son "Leaving Chicago". Dani revient une dernière fois mettre les pendules à l’heure sur "Are you ready". Une chanson abordée dans l’esprit du Fleetwood Mac, deuxième époque, lorsque le combo impliquait deux vocalistes. Et en final, le "Jet Airliner" de Päul Pena, baigne au sein du même climat ; mais pour la circonstance, les trois chanteuses se libèrent en chœur.

I’m Kingfisher

Arctic

Écrit par

Thomas Denver Jonsson a peut-être estimé qu’il avait fait le tour de la question sous son véritable nom, puisqu’il a décidé de baptiser curieusement son nouveau projet solo I’m Kingfisher. Pourquoi pas ? Après avoir publié trois albums en solitaire, l’artiste s’est donc inventé une nouvelle identité comme s’il voulait repartir de zéro. Pourtant, après voir écouté cet elpee, il faut reconnaître que son style n’a guère changé. Mais de mer et de poissons, il en est tout de même question, car le Scandinave –doté d’une certaine ambition– décline, sous le concept brumeux des expéditions polaires, les pérégrinations du docteur et explorateur norvégien Fridtjof Nansen, accomplies au XIXème siècle. « Arctic » représenterait même la première partie d’une improbable trilogie consacrée à la solitude et l’amour à travers la vie de celui qui a découvert le Pôle Nord !

Pop, blues classique et surtout folk alimentent les compos d’I’m Kingfisher, des compos qui bénéficient cependant d’arrangements modernes et autorise un zeste d’électronique. Le timbre vocal de Thomas me fait penser à Ozark Henry. Sa musique aussi. Et tout particulièrement sur « Nansen ». Mais d’autres références hantent ses compos : Neil Young, Damian Jurado voire même Sting. Les points culminants d’« Arctic » ? « Expedition », fruit d’un mélange subtil entre cordes et accords énervés. Et enfin « Twin Sorrow », un mini tube enivrant. Finalement l’expédition pop-folk du marin nordique est donc couronnée de succès.

L’explorateur suédois se produira en concert le 5 mai à Louvain, et plus précisément au Stuk.

Rupa & The April Fishes

Este Mundo

Écrit par

Élevée aux États-Unis, en Inde et en France, Rupa Marya mène une double vie : à la fois médecin et musicienne, elle alterne avec brio stéthoscope et micro. Entourée de ses ‘poissons d’avril’, elle injecte des touches tziganes, latines, folk et indiennes aux histoires tantôt tristes, tantôt pleines d’humour qu'elle raconte en français, en espagnol et en anglais.

Second opus de ce combo très coloré, « Este Mundo » fait donc suite à Extraordinary Rendition ». Outre la guitariste/chanteuse Rupa, le line up implique six autres membres. Quant à leur musique, elle trahit des relents de Mano Negra mais en plus ‘light’. A cause de l’interprétation des textes qui avaient plus de punch lorsqu’ils sortaient de la ‘gueule’ de Manu Chao.

Le groupe réunit des musiciens issus de cultures musicales différentes. Violoncelliste, Ed Baskerville a reçu une formation approfondie dans la tradition classique. Trompettiste, Marcus Cohen a grandi à Saint Louis où il a été imprégné de jazz. Accordéoniste amoureuse de style ‘musette’ et ‘rom’, Isabel Douglass a fait son apprentissage en Roumanie. Drummer,  Aaron Kierbel joue aussi de la machine à écrire (oui oui) ! Tom Edler est le contrebassiste. Mais milite dans un style jazz à ‘l’ancienne’. Et enfin, accordéoniste/bandonéoniste et passionné de tango, Adrian Jost nous la joue sentimentale…

Les textes issus de la plume de Rupa évoquent les cas heureux et malheureux qu’elle a pu rencontrer lors de ses missions en tant que médecin du monde. Ils sont le reflet de ses expériences et des différentes cultures rencontrées. Elle raconte l’amour, la vie, la maladie, la misère, la mort…

Mettez toutes les références de ces musiciens dans un shaker. Ajoutez des textes en anglais, français, espagnols, indis, roms. Secouez vigoureusement et vous obtiendrez un cocktail sonore absolument original, ne manquant ni de goût ni de piquant.

Une heureuse surprise !

Fred Fisher Atalobhor

African Carnival

Écrit par

Le label espagnol Vampisoul nous emmène dans le Nigeria de la fin des années 70 et des années 80 pour redécouvrir les travaux du tromboniste/chanteur Fred Fisher Atalobhor. Les vingt longs morceaux partagés entre deux galettes résument quatre albums parus respectivement en 1979, 1981, 1988 et 1990. Un aperçu d’une longue carrière entamée en 1972, mais toujours en cours. Fred a été l’initiateur d’un style musical baptisé ‘Asolo Rock’. En fait, un mélange ambitieux de reggae, de funk, de soul et de musique nigériane, enrichi par la voix de Fred et d’une belle section de cuivres.

Le premier cd résume à merveille le style ‘Asolo’ : des longs titres très mélodieux, traversés de phrases slogans et taillés pour les pistes de danse. Ce premier volume recèle les meilleurs morceaux : le reggae à la Heptones de « Say the truth » et « Open the door », le funk militant de « Asa-sa », les rythmes traditionnels de « Iye-ye-mu » ou les passages plus légers comme les funky « No Way » « Let Love Free » et « W.T.F.S. ». Sans oublier quelques slows rutilants (et un peu kitsch) comme « Happy Blue Night » et « The Beginning ». Bref, une belle collection de musique de variété ‘made in Nigeria’.

La première moitié du second tome propose des travaux plus tardifs. Ils ont moins bien résisté aux injures du temps ; la faute à l’utilisation plus effrénée de synthétiseurs et de boîtes à rythmes. Le résultat est nettement plus pauvre que les compos du premier disque. Les dix titres concoctés au cours des années 80 évoluent dans une tonalité plus locale, le son international n’est plus de mise. Fred ne chante quasi plus en anglais et le ton est moins insouciant, comme le prouve le commentaire de politique « Mercenary Go, Mercenary Come ». Parmi les plus belles plages de cette deuxième partie on épinglera quand même le mélancolique « Jolly Boy » et l’instrumentation décalée de « Cry For Peace ». Une compilation pas toujours facile d’accès, mais intéressante tout de même.

 

Starfish Bowl

Dopamine

Écrit par

Starfish Bowl nous vient des Pays-Bas. Un quartet drivé par le chanteur Marcel Tinnemans, au sein duquel militent le guitariste Peter Thommassen, le bassiste Martijn Linsen et le drummer Rick Bours. Leur premier opus, "Transpotting", est paru en 2000. Un disque bourré de groove qui évoluait dans un style psyché funk. Edité en 2003, "Open up" réalise plutôt une fusion entre le transe blues et la musique de film. Celle de Tarentino, pour être plus précis. A l’issue des sessions d’enregistrement, l'harmoniciste Maikel Van Bogget quitte ses compagnons. En 2005, le combo concocte "All people", un disque qui émarge au psyché funk blues. "Dopamine" constitue donc leur tout nouvel elpee. Et sur la pochette, on peut y lire : ‘A classer Non Blues’!

"City of lights" ouvre le long playing. Un rock blues bien carré et très accessible. Les vocaux sont bien mis en évidence. La guitare colle bien à l'ensemble. "Mr Madness" est tout aussi accessible, même si les cordes sont davantage mises en exergue. Elles se dédoublent constamment afin d’enrichir l'univers sonore sculpté dans un hard rock très bluesy. "Like dopamine" n'est pas tout à fait une invitation au voyage ; mais cette plage est susceptible de rappeler les 'nuggets', de brèves chansons psyché pop qui ont marqué les sixties. En outre, ce titre est tout à fait contagieux. Certains morceaux affichent une recherche instrumentale certaine. Manifestement, l’excellente production n’y est pas étrangère. Et je pense tout particulièrement à "Sunshine 777" et "Don't you wonder", deux fragments au cours duquel la guitare se révèle incisive et de plus en plus aventureuse. Les sonorités acoustiques qui amorcent "Hats off to Jim" me rappellent celles que prodiguait Steve Howe, chez Yes, au cours des seventies. Le résultat est même excellent. Et dans un style prog, "Odessa shotre" est nappé de claviers ; un peu comme si Rick Wakeman du même Yes s'était joint à l'ensemble. Instrumental, "Conflicts" nous entraîne dans un univers plus futuriste, voire ‘space rock’, quelque part entre Hawkwind et les Tornadoes. Au fil du sillon, les compos prennent davantage d’épaisseur. Pour atteindre même leur quintessence sur "Cold blooded murder", une longue épopée ténébreuse…

Catfish Haven

Devastator

Écrit par

Originaire de Chicago, Catfish Haven est un groupe pratiquant un rock à l’ancienne, mâtiné de touches de blues et de soul. La grosse voix rocailleuse de George Hunter domine ce troisième album apparemment inspiré par une histoire d’amour vécue en compagnie d’une certaine Valerie. Ce « Devastator » lui est d’ailleurs dédié. Un opus découpé en une douzaine de titres pas tellement mémorables dont l’originalité n’est pas le point fort ; mais des compos qui ont le mérite de la sincérité. Mais cette sincérité ne suffit pas, car le temps semble s’allonger à l’écoute de ces plages un peu monotones, surtout lors des ballades tire-larmes. L’écoute est plus agréable lorsque le tempo s’emballe ; le son rêche et l’énergie permettant à l’ensemble de ne pas sombrer dans la ringardise absolue. On conseillera donc cet elpee aux fans de photos de lingerie (allez voir la pochette), de Lynyrd Skynyrd ou encore de My Morning Jacket.

 

Rupa & The April Fishes

Extraordinary Rendition

Écrit par

La chanteuse Rupa peut se vanter d’un parcours hors du commun. Fille d’Indiens installés à San Francisco, elle est retournée dans son Inde natale afin de poursuivre sa scolarité, avant d’atterrir dans le sud de la France, où elle est entrée en contact avec la culture Rom. Elle est revenue à San Francisco pour suivre des études de médecine et chanter dans les bars et cafés du coin. Accompagné des April Fishes, elle sort « Extraordinary Rendition », un elpee presque entièrement chanté dans un français un peu maladroit. Entre légèreté et gravité, cet album hésite entre ambiances manouches et bal musette. Et le tout est souligné par quelques touches de jazz enfumé ainsi que de folklore balkanique. Tirant un peu sur la longueur, cet opus uniforme souffre un peu des limitations vocales de Rupa et d’une inspiration mélodique pas toujours optimale. Tout n’est pas à jeter (« Une américaine à Paris »), mais ce disque est surtout réservé aux fans de musique acoustique festive et à ceux qui ne jurent que par l’exotisme un peu toc de Pink Martini.

Page 1 sur 2