Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

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Geoff Farina

The Wishes of the Dead

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Depuis plus de 20 ans, Geoff Farina s’est illustré au sein de groupes indie cultes et dans des styles différents, que ce soit le math-rock de Karate ou le folk de The Secret Stars. En outre, l’artiste a également entamé une carrière solo, il y a quelques années. Mais en règle générale, tout effort en solitaire implique un passage par la case acoustique. Et le Chicagolais ne déroge pas à la règle…

« The Wishes of the Dead » constitue le premier album solo de Geoff Farina depuis 6 ans car, entretemps, le vétéran est devenu prof de musique à l’Université DePaul à Chicago. Ses nouvelles compositions ont été enregistrées le long de la rivière Kennebeck (dans le Maine) et la culture locale influence son écriture : « Hammer and Spade » raconte les batailles des premiers habitants de la région pour leur survie et « Scotch Snaps » son voyage pour dénicher des musiciens dans de petits festivals bluegrass régionaux. Mais, l’Américain ne se limite pas aux frontières du Maine et s’ouvre au monde sur « Prelapsarian » qui relate la vie à travers les yeux d’une droguée ou « Prick Up Your Ears » qui décrit la peur des habitants d’une petite ville face au départ de leurs proches pour partir à la guerre en Irak ou en Afghanistan…

Côté musical, pas de fioritures, Geoff Farina opte pour une instrumentation au plus près de l’os. Sa voix grave rappelle tantôt Leonard Cohen ou Tony Joe White et son toucher de guitare est inspiré du picking cher au ‘Piemond Blues’, technique assimilée auprès des vieux briscards du cru…

Une œuvre austère et digne qui atteint son sommet sur le magnifique « Twilit ».

 

Chris Brokaw and Geoff Farina

The angel's message to me

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A l'écoute de cet album, je ne peux que me remémorer les journées vécues chez tante Gertrude, quand enfant, je devais passer des heures entières à contempler le soleil briller dehors, assis sur une chaise avec comme consigne de ne pas bouger, et ne pas faire trop de bruit. Bref, de veiller à canaliser toute cette énergie qui ne demandait qu'à s'extérioriser. Alors, mes yeux se mettaient en quête de trésors et autres passages secrets éventuellement enfouis derrière telle ou telle pièce du vétuste mobilier familial. Patiemment, j'auscultais chaque recoin, et mon imagination prenait le dessus. Et ces terribles heures d'ennui inéluctables se transformaient doucement en palpitantes découvertes.

C'est qu'à la première écoute, « The angel's message to me » ne procure guère plus de frissons. En découle une impression commune à mes souvenirs. Celle d'une probable et inévitable lassitude qui gagnerait bientôt mes sens déjà engourdis. La première audition me laisse de marbre, passe en arrière-plan dans mon subconscient. Et n'y laisse guère de traces. A priori. Sauf que... Quelques heures plus tard, j'y retourne. Et là, jaillit cette petite étincelle au fond de mon âme d'enfant. Mes oreilles prennent aujourd'hui le relais de mes yeux, et se mettent aux aguets, sondant chaque parcelle de cet album.

Chris Brokaw (ex-Come, ex-Codeine, etc.) et Geoff Farina (ex-Karate, ex-Secret Stars, etc.) n'ont rien à prouver et ne recherchent pas l'esbroufe. Ce recueil de reprises de standards oubliés du blues, le véritable Blues, celui dont les racines s'étendent sous les 'chants' de coton, ils l’ont concocté pour leur propre plaisir avant tout. Soudain, un sentiment de culpabilité m'envahit. J'ai failli lyncher cet elpee, le jeter aux orties sans ménagement. Sans doute ne pas y revenir. Après la deuxième écoute, je commence à m'y attacher. Je sonde plus avant. La poussière s'envole dans un rai de lumière et les ombres dansent sur les murs, découvrant des pans jusque là dissimulés. Des vastes passages s'ouvrent ci et là. Je m'engouffre avec délectation dans cet univers onirique. Je vogue sur le Mississippi.

Ces douze reprises du folklore sudiste mettent en valeur aussi bien la richesse de ces compositions originales que le talent des deux protagonistes. Tout en réserve, ils rendent hommage à ces pionniers d'une musique américaine qu'on aurait tort de trop vite ranger au grenier, sous le vieux gramophone de tata. Mises sous un jour nouveau, ces pépites oubliées retrouvent tout leur éclat. Avec douceur, espièglerie, et sans nostalgie passéiste. Simplement.

Le soir tombe, maman enfile son manteau. Il nous faut nous en aller. Je souris. J'ai passé une bien belle journée.