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Stick To Your Guns

Crowdsurfing, stagediving, headbangings, pogos et circle pits à gogo…

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Ce soir, votre serviteur va assister à son premier concert de 2025, une soirée metalcore ponctuée par les vétérans américains du genre, Stick To Your Guns, qui compte 20 ans d’existence. Il a emporté dans ses bagages, plusieurs supporting acts, dont les formations étasuniennes No Cure et Bodysnatcher ainsi que le groupe teuton, Elwood Stray. Presque sold out, la salle est bien remplie et le public plus qu’enthousiaste. Une belle soirée en perspective.

Début des hostilités à 18h45 précise. Originaire de Birmingham, dans l’Alabama, No Cure pratique un mélange de metalcore, de hardcore et de death metal. Fondé en 2021, il réunit le chanteur Blaythe Steuer, le bassiste Jake Murnane (NDR : pour l’anecdote, ils avaient tous les deux étés poignardés, à la fin d’un concert, en intervenant dans une bagarre ; mais les blessures n’étaient que légères), les guitaristes Aesop Mongo et Kyle Ray ainsi que le drummer Duncan Newey.

« Forced Coagulation », une plage extraite du second et dernier elpee, « I Hope I Die Here », paru en 2024, ouvre la prestation. Instantanément, les pogps endiablés et les headbangings se déclenchent dans la fosse. La seslist inclut de nombreux morceaux issus de cet opus, dont le public connaît déjà les paroles.

En perpétuel mouvement, les gratteurs libèrent une bonne dose d’électricité. Lorsque Blaythe ôte sa capuche et ses lunettes, c’est pour faire tourner sa longue crinière et se lancer dans un screaming aux paroles incompréhensibles. Lors du titre final, « No Cure Straight Edge Die Slow Fuck You », de nombreux fans tentent d’escalader les barrières, mais le personnel de sécurité veille au grain. Bonne prestation toute en énergie… (page ‘Artistes’ ici).

Setlist : « Forced Coagulation », « Embrace Death », « Laceration Divine », « Don't Need Your Help », « The Final Truth », « Hang Me From The Bible Belt », « Your Children Will Drown In The Burning River », « The Basement Beneath The Fountain », « Parasite (TWO SHOTS) », « No Cure Straight Edge Die Slow Fuck You ».

Après un changement très rapide de matos, place au combo allemand, Elwood Stray. Et la salle est déjà bien remplie lorsque le quintet grimpe sur le podium.

Le drummer possède une excellente technique. En compagnie du bassiste, il forme une solide section rythmique. Et les deux sixcordistes nous réservent des interventions de haut vol. Les parties de chant clair incitent l’auditoire à reprendre les refrains, en chœur.

La fusion unique de metalcore moderne et de hardcore classique, s’apparente davantage au punk qu’au metal, mais enflamme l’auditoire et la maintient en mouvement. Au fil du show, les circles pits s’agrandissent et occupent pratiquement la moitié de la fosse surchauffée. Drôle de coïncidence, mais le titre « No Cure » figure sur la setlist, une » compo caractérisée par de beaux riffs de guitare rappelant While She Sleeps. « Free Falling » lance l’exercice du plus grand nombre de crowdsurfeurs. L’enthousiasme que génère le groupe n’a d’égal que la timidité du public à effectuer des plongeons depuis l’estrade vers la fosse. Le concert s’achève par le fameux « Uncertain Me », au cours duquel le chanteur invite la foule à s’accroupir avant que tout le monde ne bondisse dans tous les sens. Faut dire que, très interactif, il parle un anglais parfait et focalise facilement l’attention des spectateurs.

Elwood Stray a libéré une telle énergie communicative que la barre a été mise très barre haute pour le reste du concert. Un band qui ne fera pas longtemps les petites salles. A revoir d’urgence… (page ‘Artistes’ )

Setlist : « Misery Business » (Paramore song) (enregistré) », « Evolve », « Playing Along », « Trespass », « No Cure », « Free Falling », « Negative »,  

Bodysnatcher embraie. Un quatuor floridien dont le deathcore est susceptible de vous décoller les tympans. Bruts, sévères et lourds, les morceaux remuent les tripes mais sont d’une clarté très appréciable. Le son qu’offre l’Ancienne Belgique est digne de sa réputation, ce qui met parfaitement en valeur les compositions du combo. Kyle Medina, le chanteur, arpente la scène en secouant la tête dans tous les sens et tente à plusieurs reprises de susciter des crowdsurfings. Mais le public préfère se déchainer dans un pit endiablé. La setlist privilégie des extraits de l’Ep 6 titres, « Vile Conduct », paru l’an dernier.

Bodysnatcher nous a réservé un grand moment de hardcore. Point d’orgue de la prestation, « Murder8 » nous parle de personnes disparues, victimes de la drogue (page ‘Artistes’ ici).

Setlist : « E.D.A. », « Behind The Crowd », « Take Me To Hell », « Infested », « Twelve/Seventeen », « Ego Killer », « Black Of My Eyes », « Murder8 », « Say Goodbye », « King Of The Rats ».

Les trois hors d’œuvre ont réussi à faire monter progressivement l’ambiance. La fosse est bouillante comme un chaudron et est prête à accueillir la tête d’affiche, Stick To Your Guns.

La salle est plongée dans l’obscurité, alors que « Take On Me » de A-Ha est diffusé dans les enceintes. Le tube norvégien cède ensuite le relais aux accords de « Against Them All », composition qui clôture habituellement les concerts du groupe californien. Un contrepied bien senti pour entamer le show. Le band est venu défendre son dernier opus, « Keep Planting Flowers », sorti ce 15 janvier, trois ans après « Spectre ». D’ailleurs la pochette de l’elpee est représentée sur une toile tendue en arrière-plan.

Stick To Your Guns donne tout ce qu’il a dans le ventre pour un public gonflé à bloc. Dans la fosse, c’est stagediving et crowdsurfing à gogo. La salle est quasi-pleine, et la foule, survoltée, ne rate pas une seule occasion de chanter à pleins poumons.  La plage d’ouverture du dernier long playing, « We All Die Anyway », a un petit air de « Hard Time » de Cro Mags.

Au cours du show, un des guitaristes se lance dans un crowdsurfing et l’autre prend le micro des mains du chanteur pour permettre à ce dernier de s’exécuter à son tour.

Lorsque des riffs saccadés créent une belle ligne mélodique, c’est pour mettre en exergue les paroles.   

En fin de set, un illuminé allume un feu de Bengale ou un engin pyrotechnique, qu’importe ; mas il le jette sur le sol et une grosse fumée noire commence à s’élever. Heureusement, le personnel de la sécurité intervient et éteint le foyer. Ce qui a quand même déclenché une grosse panique lors du dernier morceau, « Nobody ».

Au bout de 50 minutes, le concert prend donc fin. Un peu court mais excellent !

Setlist : « Against Them All », « Severed Forever », « Such Pain », « What Choice Did You Give Us ? », « More Than A Witness », « Amber », « We Still Believe », « Invisible Rain », « What Goes Around », « Nothing You Can Do To Me », « Keep Planting Flowers », « We All Die Anyway », « Spineless », « Married To The Noise », « Nobody ».

(Organisation : Live nation et Ancienne Belgique)

Coilguns

L’amour étrange de Coilguns…

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Coilguns sortira son nouvel elpee, « Odd Love », ce 22 novembre 2024.

En attendant, le combo suisse dévoile un nouveau clip / single, « Generic Skincare », véritable hymne post hardcore et pièce centrale du prochain album qui devrait plaire aux fans de Refused, At The Drive-In, Converge, Chat Pile ou Birds in Row. Le groupe a également annoncé sa participation aux prochains Soulcrusher Festival (NL) le 12/10/204 et Desert Fest (BE) le 19/10/2024.

Composé, arrangé et produit en majeure partie par le groupe, « Odd Love » a été enregistré par Scott Evans (Kowloon Walled City, Thrice) auu sein du studio Ocean Sounds, Giske (Norvège), mixé par Tom Dalgety (The Pixies, Ghost, Royal Blood) et masterisé par Robin Schmidt (Liam Gallagher, The Gaslight Anthem).

Ce morceau intense mêle des beats et riffs de guitare emblématiques, le tout sublimé par des voix claires et des refrains accrocheurs, marquant une prise de risque audacieuse par rapport à leurs créations précédentes. Toujours prêts à bousculer les codes, Coilguns intègre des synthés puissants et une énergie brute qui repoussent les limites du punk et du noise-rock. « Generic Skincare » n'est pas seulement un titre, c'est une véritable déclaration d'intention ; un reflet de l'évolution sans compromis de la formation tout en restant fidèle à l'intensité qui fait leur force. Accompagné d'un clip, cette sortie annonce la couleur pour la suite, alors que Coilguns explore de nouvelles dimensions sans renier leur esprit intransigeant.

Réalisé par Raphaël Piguet, le clip du single « Generic Skincare » est à voir et écouter

Les deux premiers singles « Venetian Blinds » et « We Missed The Parade », également extraits du prochain opus, « Odd Love », sont disponibles ici et

 

 

 

Militarie Gun

Trop court et trop brouillon pour vraiment convaincre…

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Militarie Gun est une formation californienne (NDR : elle est établie à Los Angeles), née pendant la COVID. En fait, contraint de renoncer à la tournée de Regional Justice Center, son ancien groupe, Ian Shelton décide de monter un nouveau projet. Il croise quatre gars qui ne jurent, eux aussi, que par le punk, le powerpop et le rock alternatif. L’ascension est fulgurante. Et pour cause, ses Eps et singles débordent d’énergie émoustillante. Et puis, Shelton est un chanteur charismatique doté d’un bagage musical riche et varié. Enfin, deux ans à peine après sa formation, le quintet a été signé par Loma Vista Recordings (Iggy Pop, Rise Against The Machine, Denzel Curry, Soccer Mommy, Korn…) et a accompli plusieurs tournées mondiales. Il a récemment publié un album. Ou plutôt une compile enrichie de quatre nouvelles compos. Il se produisait donc ce lundi 15 mai 2023, à l’AB Club. Et il reviendra sur la plaine de Werchter, dans le cadre du festival, peu de temps après la sortie de son véritable premier elpee, « Life Under The Gun » …

Le combo gantois Wrong Man assure le supporting act de Militarie Gun pour trois dates de son périple européen. Il réunit Cedric Goetgebuer (Partisan, Blind To Faith, Raw Peace, Rise And Fall), Ivo Debrabandere (Partisan, Oathbreaker, Joshua's Song), Thijs Goethals (Partisan, Maudlin) et Bjorn Dossche (Chain Reaction, Rise And Fall). Il vient de graver un premier Ep qui s’intitule « Who are you ? ».

En 25 minutes, le quatuor va nous en mettre plein les oreilles. Son post hardcore énergique et sans compromis est alimenté par des riffs de sixcordes puissants, une section rythmique qui balaie tout sur son passage et un vocaliste dont le chant crié ou parfois hurlé est de bonne consistance.

Et on a droit à un second supporting act. Encore un groupe gantois, mais qui répond au patronyme de Feverchild. La plupart de ses membres sont issus de Minded Fury, Force et Animal Club. Il implique deux guitaristes, un chanteur, un bassiste et un batteur. A son actif deux singles et un Ep éponyme. Non seulement son emo post hardcore s’inspire des nineties, mais le combo parvient à se réapproprier le son, l'ambiance et l'esthétique de cette époque.

En général, une des guitares dispense des sonorités lourdes et l’autre, limpides. Mais elles peuvent également se révéler huileuses et sauvages. Accrocheuses, les mélodies sont soignées. Mélancoliques et entraînantes, les compos évoquent tour à tour le Jimmy Eat World originel, Mineral ou The Get Up Kids. Cinq bonnes minutes sont nécessaires avant de pénétrer dans son univers torturé, mais qui finalement communique de bonnes sensations. La section rythmique est solide et le bassiste joue parfois en slap/tap. Le chant est harmonieux et les harmonies se construisent par couches successives…

Petite parenthèse, le kit de drums restera le même pour les trois formations. L’une y ajoutera des cymbales et l’autre, une caisse claire.

Place ensuite à Military Gun. « Pressure Cooker », une cover de Dazy, ouvre les hostilités. Ian Shelton est flanqué de deux guitaristes, un préposé aux fûts et un bassiste. Ce dernier emprunte une ligne semblable à celle de Joe Lally (Fugazi). Ian dispense des paroles politiquement engagées sur un flow hip hop, mais placé du côté gauche du podium, votre serviteur peine à entendre sa voix. Faut dire que tribal et surpuissant, le drumming éclipse non seulement le chant, mais aussi les autres instruments, y compris les riffs incendiaires. A la demande de Shelton, l’ingé-son remonte le volume du microphone. Mais si le résultat est alors probant, pendant « Do faster » (NDR : c’est le cas de le dire, les 12 titres de la setlist ont été enfilés en 38’), c’est la basse qui lâche et le morceau s’achève sans cette gratte. Trop court et trop brouillon pour vraiment convaincre, même si les compos ont été dispensées avec un bel enthousiasme…

Setlit : "Pressure Cooker" (Dazy cover), "Let Me Be Normal"," Disposable Plastic Trash", "Very High", "Don't Pick Up The Phone"," Will Logic", "All Roads Lead To The Gun ", "Dislocate Me", "Do It Faster" (restarted due to the technical difficulties), "Fell On My Head", "Ain't No Flowers".

(Organisation : AB + Flood Floorshow)

 

Bananagun

The true story of Bananagun

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Alors qu’il nous est interdit de quitter notre chère Belgique pour y prendre quelques jours de vacances, sous des climats plus cléments, il est indispensable de dénicher un exutoire. La musique peut remplir ce rôle à merveille et Bananagun appartient sans aucun doute à cette catégorie de groupes très susceptibles de vous donner la banane (difficile de passer à côté de ce facile jeu de mots…), tout en projetant dans votre imaginaire un séjour au sein d’une contrée lointaine, exotique et davantage ensoleillée. On a d’ailleurs l’impression de pénétrer dans la jungle, en intro de « Bird Up ! »…

« The True Story of Bananagun » constitue le 1er elpee de cette formation australienne, issue de Melbourne, très exactement. Les 11 plages de cet opus sont sculptées dans un psyché/rock aux réminiscences 60’s, mais dont le climat tropical est entretenu par des percus, de la flûte, des synthés, des cuivres, des riffs de gratte et surtout des rythmes empruntés au funk et à l’afrobeat. Pas étonnant que la plupart des compos soient nées lors de jam sessions. La musique proposée évoque ainsi tour à tour Talking Heads circa « Remain in light », la formation brésilienne Os Mutantes ou encore Feli Kuti voire William Onyeabor. Et non seulement elle est dépaysante, mais elle incite le mélomane à remuer. Difficile d’ailleurs de résister aux 7 minutes de « People Talk Too Much », dont le groove est tout bonnement hypnotique. Enfin, cerise sur le gâteau, les mélodies se dévoilent au fil des écoutes et finissent par accrocher…

Hâte d’effectuer un voyage en leur compagnie, lors d’un futur concert !

Gunwood

Traveling Soul

Écrit par

Gunwood (NDR: à l’origine, le trio répondait au patronyme de Gunwood Circle) réunit Gunnar Ellwanger (guitares, chant), Joao Francisco ‘Jeff’ Preto (basse, harmonica, banjo, percussions) et David Jarry Lacombe (batterie, claviers). Ces deux derniers assurent également les backing vocals. « Traveling Soul » constitue son tout premier elpee. Il fait suite à un Ep éponyme paru en 2015. Le groupe puise d’abord son inspiration dans le blues, mais également au sein du post rock, du rock, du folk et de la musique celtique. Et pas seulement. En fait, leurs références sont multiples et oscillent de Leonard Cohen aux Gladiators, en passant par les Dubliners, les Pogues, Radiohead, Feist et Joan Baez. L’originalité de Gunwood procède de cette faculté à  incorporer plusieurs influences au sein d’un même morceau. Enfin, la lecture assidue d’Hermann Hesse (‘Le loup des steppes’, ‘Narcisse et Goldmund’) influe également sur leur écriture tout en affichant une volonté de liberté et d’universalité.

Blues/rock aux accents country & western, « Traveling Soul » évoque un voyage, une recherche sans fin au plus profond du moi, d’une vérité, d’un bonheur perdu qu’on ne retrouve jamais et d’un nouveau départ. « I Wanna Betray Myself » lorgne vers les Rolling Stones. Accrocheurs, mélodieux et entraînants, « Sweet Holy Road » et « Rescue » baignent au sein d’un rock ‘old school’. Vivifiants, « Hey Little Brother » et « More », dans le folk celtique. Le spectre de Shane McGowan rôde. L’americana régit la superbe ballade, « Afraid Of The Dark » et le hit potentiel, « Rainchild ».

« Daydreams » est par nature, visionnaire… Le banjo domine « Tales », une piste déchirée entre ambiance americana et celtique. Un instrument qui alimente encore et généreusement le savoureux « Old Man Song », un morceau imprimé sur un mid tempo et abordé dans l’esprit de Bruce Springsteen voire de Mumford and Sons. « Swimming » se distingue par sa mélodie contagieuse, grandiose même. Eraillée, enivrante, soul, la voix de Gunnar est soulignée par de superbes harmonies vocales. Les lyrics évoquent la nécessité de se surpasser, de faire évoluer l’être que nous sommes. Une plage remarquable qui rappelle, dans les sonorités, le « My Iron Lung » de Radiohead.

 

Machine Gun Kelly

Une Machine bien huilée…

Écrit par

Machine Gun Kelly ou MGK, alias Richard Colson Baker, est un rappeur et acteur américain issu de Cleveland, dans l'Ohio. Son patronyme a été emprunté au surnom du criminel George Kelly Barnes. Mais il se réfère également à la rapidité de son flow. Devenu notoire suite à ses quatre premières mixtapes, il truste les Awards dans la catégorie hip hop. Et pourtant considérée comme hip hop destiné aux laissés pour compte, sa musique est largement teintée de rock.

Le supporting act est assuré par UMI, aka Umi Defoort. Avant de devenir Dj, il bossait comme plongeur au sein des cuisines de l’Ancienne Belgique. Seul derrière sa table et ses machines, il présente ses morceaux, tour à tour en français ou en néerlandais. Mais il ne parvient pas à établir le contact avec l’auditoire. La fosse est d’ailleurs envahie par un énorme brouhaha causé par les bavardages. Seules quelques jeunes groupies semblent plus attentives à sa prestation. Au bout de 40 minutes, il est rappelé à l’ordre par l’organisation. Il interrompt alors son set et repart en coulisses, sans adresser le moindre signe à la foule... 

L’Ancienne Belgique est en mode Box. Les balcons sont donc condamnés par une tenture. Réduisant ainsi la capacité de la salle à 600 spectateurs. Qui sont assez jeunes et parmi lesquels on remarque la présence de nombreuses (pré)adolescentes.

Trois cages grillagées sont plantées sur autant d’estrades. Une pour le drummer installé à gauche (NDR : à gauche et à droite de son matos trônent deux grandes rampes de lumières en forme de ‘X’), une autre sertie de pierres reconstituées pour le chanteur, qui a revêtu une veste d’hiver, et une dernière destinée aux deux préposés aux claviers ou à la basse. Un noir et un blanc. Ce dernier se consacre également aux backing vocaux et aux machines. Et lorsque l’un ou l’autre passe à la quatre cordes, il rejoint alors le guitariste, sur une même ligne. Un micro imposant en métal, mais en forme de fleur de tournesol, est planté au milieu du jeu de quilles, et il semble tourné vers le plancher. Sans doute une référence au titre du nouvel LP…

En début de set, le flow de Richard est plutôt rapide. Une véritable kalachnikov ! Il descend de son piédestal pour rendre hommage à feu Cheter Bennington, à travers une reprise magistrale de « Numb », au cours de laquelle le drumming se révèle à la fois précis et métronomique. Richard transpire de plus en plus et décide d’ôter sa veste, puis son tee-shirt. Il laisse ainsi apparaître d’imposants tatouages sur le torse et le dos, un peu comme Lincoln Burows, mais le pantalon est retenu par des bretelles. Régulièrement, il se sert d’une gratte. Et c’est loin d’être un manchot dans l’exercice. Il commence à y avoir du mouvement dans l’auditoire. Surtout chez les jeunes filles. Lorsqu’elles se densifient, les compos virent parfois au rapcore. Richard a envie d’en griller une. Il adresse un signe au public et un type lui balance un pétard qu’il s’empresse d’allumer et de fumer. L’interdiction de fumer à l’AB… ne s’adresse pas aux musiciens. Le batteur est un phénomène à lui seul. Le gratteur remue énormément sur le podium et, à un certain moment du concert, se prend pour Jimi Hendrix, en jouant de son instrument, placé dans le dos. Et il n’a pas son pareil pour muscler les compos. Pas un seul temps mort lors de ce concert accordé par Machine Gun Kelly. Dix-huit morceaux en près de 90 minutes ! Au cours desquels, de nombreuses plages du dernier opus, « Bloom », seront interprétées, dont les deux tubes qui ont cartonné sur le net, « At My Best » et Bad Things, mais sans Hailee Steinfeld, ni Camila Cabello. Richard rappe divinement ou chante, suivant les titres, d’une voix très susceptible de prendre un véritable envol ou alors de coller à un slow crapuleux. Manifestement, le MGK est une machine bien huilée…

 (Organisation : Ancienne Belgique)

Gun

Break the silence

Écrit par

Née au milieu des années 80, cette formation écossaise vient de refaire surface. Mise sur pied, par les frères Gizzi, Gun s’était forgé un nom, en publiant un premier elpee intitulé “Taking on the world”. L’aventure s’achève cependant en 1998. Après un long break de dix années, Gun réapparait en 2008, toujours drivé par Dante (chant) et Jools (guitare) Gizzi. Le line up est complété par Derek Brown à la basse et Paul McManus à la batterie. En 2010, le combo grave un Ep baptisé “Popkiller”. Et « Break the silence » constitue leur nouvel opus. Un disque qui a été produit par Dave Eringa, personnage qui a notamment travaillé pour les Manic Street Preachers!

Le long playing s’ouvre par “Butcher man”. L’ambiance est très ‘Stones’. La plage s’écoute aisément. Les sonorités des guitares sont très contemporaines. La pression est maintenue tout au long de “14 stations”, une piste imprimée sur un rythme très soutenu. Pas d’agressivité dans les vocaux, à l’instar d’un Deep Purple originel. La mise en forme met bien en exergue la densité des grattes. Nous ne sommes d’ailleurs pas loin d’un Boston sur “Lost & found”, la touche pop apportée à cette piste, accentuant cette sensation. L’album part néanmoins un peu dans toutes les directions. A l’instar de “Caught in the middle”, new wave, mais dans l’esprit clean et recherché de Squeeze. Le titre maître affiche un potentiel commercial indéniable. Tout comme “Bad things”, new wave, mais sous une forme punk et paradoxalement proprette. Plus power pop, “Last train” ferme la marche.

“Break the silence” n’est pas un disque de mauvaise facture, mais il est loin de tour renverser sur son passage. La ligne mélodique est bien trop sage et planifiée pour autoriser la moindre surprise…

 

Young Guns

All Our Kings Are Dead

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D’après le dictionnaire en ligne (http://dictionnaire.reverso.net), le terme anglais ‘young guns’ correspond généralement aux jeunes hommes énergiques et plein de talent qui empruntent la voie menant au succès. Young Guns semble donc constituer un patronyme adapté à ce quintet originaire de High Wycombe (NDR : une ville située entre Oxford et Londres). 

Aucun doute possible sur leur jeunesse ; la pochette du Cd nous dévoile cinq jeunes adultes, à peine sortis de l’adolescence et au look très ‘branché’. Energiques ? Des gamins qui jouent une musique nourrie au punk rock mélodique et au metalcore, il ne manquerait plus qu’ils ne soient pas énergiques. Plein de talent ? La qualité de « All Our Kings Are Dead » semble vouloir le prouver. Sur la voie du succès ? Il est déjà démontré, en tout cas, au Royaume-Uni, où le pressage initial de « Mirrors », le premier Ep autoproduit en 2009, s’est écoulé à la vitesse de la lumière tandis que la seconde édition a atteint le chiffre enviable des 7 000 exemplaires vendus. Le succès de ce disque qui a permis à Young Guns de se produire, en 2009, sur des festivals anglais importants tels que le Download ou le Sonisphere, lui a aussi valu d’être élu ‘Best British Newcomer’ par les lecteurs de Rock Sound et ‘Best New Band’ par ceux de Kerrang.

Vous l’aurez compris, les Young Guns sont jeunes, et pratiquent de la musique jeune destinée à un public jeune. Dans un style un peu similaire à celui de leurs compatriotes des Lost Prophets, ces ‘jeunes canons’ mélangent les refrains ultra-accrocheurs de la punk pop californienne aux riffs décapants du neo métal et du metalcore. Gustave Woods, le vocaliste, dispose d’un organe qui lui permet de passer des vociférations punk rock à un style plus posé, parfois proche de celui de Bono (U2).

« All Our Kings Are Dead » devrait faire le bonheur des rockers de tous poils, punkoïdes ou métallovores, pour autant qu’ils n’aient pas encore atteint la majorité légale. 

Madonagun

Resurrect On The Razor Edge

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Ne vous fiez pas surtout pas au patronyme ! Madonagun n’a pas vraiment l’intention de vous interpréter “Like a Virgin” en version Slash/Axl Rose. Si d’aventure, c’est le nom de la star de la pop qui a attiré votre attention, passez carrément votre chemin, il n’y a rien pour vous dans cette chronique. 

Après cette mise au point, maintenant que nous sommes entre nous, parlons un peu de cette claque –extrêmement plaisante– que nous assène les Parisiens de Madonagun, tout au long de leur bouillonnant MCD quatre titres, intitulé « Resurrect On The Razor Edge ». 

Pour la petite histoire, ce sont deux frangins, D.K (alias Thorgon) et S.G (alias Sagoth), respectivement batteur et bassiste du combo black métal Eternal Majesty qui sont à l’origine de la création de Madonagun. En 2007. Très vite, ils recrutent deux guitaristes : F.X. pour la rythmique et l’excellent Julien Damotte pour la lead. Matt (chant) et Nach (claviers) complètent ce line-up d’enragés hystériques.

Dans notre monde métallique de plus en plus standardisé, Madonagun ose proposer la différence. Pour vous résumer de manière simple ce qui est malgré tout fort complexe, il faut commencer par malaxer quelques références suédoises et fournir un petit effort mental. Imaginez une musique qui emprunterait la violence créative d’un Meshuggah et la dextérité ‘guitaristique’ d’un Mattias IA Eklundh (Freak Kitchen). Vous y êtes ? Je viens d’ébaucher las grandes lignes de cet Ep de Madonagun. Pour compléter ce tableau auditif, il faut encore y ajouter quelques influences progressives et jazz rock, des vocaux hardcore, death et clairs aussi déjantés que malsains et surtout une très impressionnante technique instrumentale. A ce titre, les parties lead époustouflantes de Julien Damotte donnent vraiment envie de se pencher sur sa carrière solo et notamment sur « Trapped », son nouvel elpee.

Dans l’attente de l’album prévu, semble-t-il, pour  la fin de l’année, « Resurrect On The Razor Edge » est la rondelle trouée indispensable pour tous les amateurs de violences musicales raffinées.

 

Guns n’ Roses

Chinese Democracy

Écrit par

Plus de quinze années après la sortie d’un “Spaghetti Incident”, uniquement constitué de reprises de standards du punk, Axel Rose nous balance l’album le plus démago de toute l’histoire du rock. Le plus cher aussi. On parle d’un budget de 20 millions de dollars en frais de production, pour une plaque décrédibilisée bien avant sa sortie. Faut dire que le combo a été dégraissé de son line up original, Rose ayant décidé de demeurer seul maître à bord. Alors pourquoi ne pas sortir la galette sous l’unique nom de son leader ? La logique commerciale semble dans ce cas des plus évidentes ! Mais les fans de la première heure vont tomber de haut, de très haut. Car si « Chinese Democracy » s’ouvre vers d’autres champs, en dépassant le hard rock burné qui a fait ses heures de gloires, il s’éloigne totalement de ses racines. A un tel point qu’on ne reconnaît que rarement la marque de fabrique des GNR. Seule la voix d’Axel ne démérite pas.

Certaines interventions du guitariste Robin Fink (N.I.N.) évoquent le son si typique de Slash ; mais on se sent quelque peu désorienté, voire écoeuré, par l’emploi à outrance de boîtes à rythmes et autres effets synthétiques. Sur « If the World », on a même carrément droit à un titre Rn’B mâtiné de pop latino. On se doutait que « Chinese » sonnerait plus ‘actuel’, qu’il ne serait en rien une copie carbone des deux volumes « Use Your Illusion », mais que sa configuration soit à ce point commerciale, on ne l’aurait jamais imaginé…

Plus proche de Shakira que d’Aerosmith, le Guns cuvée 2008 a sans doute bénéficié d’un énorme travail en matière d’arrangements et de production. A ce prix là, ce serait le comble… Mais Axel, crédité soit dit en passant de la signature de tous les titres, a définitivement tiré un trait sur son passé, et vise désormais un tout autre public. Et même si l’on sait que la nostalgie est bien mauvaise conseillère, on a de plus en plus de mal à imaginer, un quart de seconde, que c’est ce même groupe qui a enfanté le fantastique « Appetite for Destruction ».

Pour l’anecdote, un nouveau scandale a frappé le combo dès la sortie de « Chinese Democracy ». Il a simplement suffi de laisser opérer le titre de l’album pour qu’il soit immédiatement banni du commerce en Chine. Certains journaux ont même émis l’hypothèse d’une authentique conspiration occidentale ! Ca c’est rock n’roll…

La fin d’un mythe, ni plus, ni moins.

 

Guns of Brixton

in.dub.out

Écrit par

Comme le nom du groupe l’indique, ces Caennais doivent faire partie des ces punk rockers appréciant les rythmiques chaloupées du reggae. Ou plutôt du dub… Aux roucoulades romantiques du ‘rocksteady’ (pour lesquelles on avouera un faible), les Français préfèrent les vibrations profondes du dub, tel qu’il était pratiqué à l’acmé du roots reggae : minimal et noyé sous les ‘reverbs’ à ressort. Pour concocter leur deuxième disque, les Guns of Brixton ont mélangé mélodies et guitares inquiètes du post rock (en y ajoutant un soupçon de hardcore et de rock gothique) aux gimmicks rythmiques et soniques du reggae. Hormis le lumineux « Sachem in Russia », l’atmosphère est pesante. Le ton est donné par « Devant leurs yeux », un instrumental épinglant le témoignage d’une rescapée de l’holocauste. Le reste est à l’avenant ; et on déplorera un certain manque d’humour, comme sur le titre « 911 » ou l’incongru « 8 minutes en Corse ». Ce recours systématique aux extraits de discours tirés de films ou de journaux télévisés finit, à la longue, par devenir lassant… Reste un savoir-faire prometteur dans la confection d’objets sonores intéressants, comme lors de l’introduction apocalyptique du bien nommé « Train fantôme ». On conseillera donc cette œuvre aux fanatiques de post rock ; les mordus de reggae risquant de ne pas y trouver leur compte.

 

 



The Gun Club

Le surréalisme de Jeffrey Lee Pierce

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In mémoriam Jeffrey Lee Pierce : 27-06-1958 - 31-03-1996

Jeffrey Lee Pierce, leader du groupe culte américain The Gun Club, est sur le point de sortir un album solo (« Ramblin’ Jeffrey Lee »). Marqué par le mouvement punk, ce Texan est très imprégné de la tradition littéraire du rock américain, à l’instar de Jim Morrison. Gun Club et les Cramps partagent, en outre, la paternité du psychobilly… Rencontre d’un Américain à Bruxelles… vivant à Londres mais rêvant d’Amsterdam. Chapeau noir sur lunette rondes, un visage à la Terry Gilliam sortant de Fisher King, les yeux de Robin Williams en prime.

Quelle est ta réaction quand on te dit que Gun Club est considéré comme un groupe culte ?

Ca ne me dérange pas. Ce qui ne veut pas dire que nous soyons adorés par les critiques. En fait, je souhaiterai que plus de gens comprennent et s’intéressent à ce que nous faisons… Ce serait chouette d’être reconnus par un public plus large.

Tu rêves parfois d’une carrière à la Sonic Youth, c’est-à-dire être un groupe indépendant et atterrir sur un gros label ?

Mmm… Sonic Youth n’a pas changé d’attitude en passant sur un label major ; mais il n’a pas changé de public non plus. J’veux dire en nombre. Il est resté un groupe de rock ‘cool’. Au contraire de Nirvana ; qui a fort changé de style par rapport à ses débuts et ratisse un public bien plus large. Ce genre d’évolution me déplaît plutôt. Aujourd’hui, les ‘majors’ s’intéressent aux groupes indépendants, mais ce n’était pas le cas quand nous avons commencé en 1981. D’une certaine façon, nous sommes arrivés trop tôt…

The Gun Club est-il vraiment un groupe ou bien est-ce The Gun club Featuring Jeffrey Lee Pierce ?

Non, je crois que c’est un vrai groupe ; mais je suis le seul à écrire des chansons pour le ‘band’. Et puis, je suis l’unique survivant du line up original, bien que le batteur soit revenu entretemps. Donc, par la force des choses, je suis le leader, mais… d’un groupe.

Te considères-tu aussi comme un écrivain, à l’instar de Lou Reed, qui prétend l’être dans ses dernières interviews ?

Oui ! Comme un écrivain musical, un orchestrateur. Je suis d’accord avec Lou lorsqu’il dit ‘writer’, mais personnellement ce sont les notes qui m’intéressent, pas les mots. Je ne les utilise que lorsque leur sonorité me plaît ; je peux, par exemple, baser des ‘lyrics’ d’une chanson sur une seule phrase parce qu’elle me botte du point de vue mélodique. Je ne suis pas du genre Bruce Springsteen, qui raconte des petites histoires sur la vie quotidienne des gens. C’est d’ailleurs peut-être la raison pour laquelle j’ai moins de succès que lui (rires). J’aime les surréalistes. Marx Ernst, par exemple. Et son inspiration se base sur leur conception du monde, où les rêves et le subconscient occupent une place prépondérante… Mes rêves sont d’ailleurs la source première de mes chansons.

Un de tes albums, « Mother Juno » a été produit par Robin Guthrie des Cocteau Twins. N’est-ce pas étonnant ce choix, quand on sait que vous n’évoluez pas dans le même univers musical ?

Non, cela me semble normal. J’aime ce qu’ils font ; même si nous ne travaillons pas dans la même dimension musicale, on est assez proche dans l’esprit. Cocteau Twins est un groupe qui se fout éperdument des modes. Pour eux, ce qui compte, c’est de créer des impressions, des images musicales. C’est très surréaliste (rires).

Ces références au surréalisme c’est ta façon d’affirmer que tu te sens plus européen qu’américain ?

Oui, c’est vrai que dans un sens je me sens plus proche de l’Europe au niveau des émotions et de la façon de voir le monde ; mais mes racines sont américaines, du Canada au Mexique.

Quelles sont tes influences musicales ?

Je crois qu’on est toujours influencé par ses premières expériences. En ce qui me concerne, elles datent du début des années 70. A l’époque j’étais fou de Led Zeppelin et de Creedence Clearwater Revival. Ce qui explique aussi pourquoi la musique de Gun Club est également marquée par le blues. Mais ça ne m’empêche pas d’être à l’écoute de tout ce qui se passe maintenant, même si à mon avis, c’est moins bon.

Te plairait-il de jouer dans un autre groupe ?

Oui, bien sûr… Ca me permettrait de me concentrer uniquement sur l’écriture de partition guitare… Mais personne ne me le demande. Ils s’imaginent sans doute que je voudrais absolument m’accaparer le rôle de leader.

Article paru dans le n° 3 du magazine Mofo de mai 1992