La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Thalia Zedek

Question bateau pour le Thalia Zedek Band…

Thalia Zedek a annoncé la sortie du nouvel album de son groupe, « The Boat Outside Your Window », qui paraîtra ce 23 mai. Elle a également partagé le premier single « Tsunami », un morceau à la fois émouvant et enflammé. Cette chanson constitue la quintessence de Thalia Zedek, mêlant harmonieusement le personnel et le politique tout en juxtaposant une section rythmique grinçante et entraînante à sa voix inimitable. Sa guitare graveleuse est soutenue par la pedal steel éthérée de Karen Sarkisian, nouveau membre du TZB.

L'œuvre considérable de Thalia Zedek témoigne d'une vision claire, d'un style de jeu singulier et d'une gamme étendue. Sa capacité à transmettre des émotions brutes à travers ses histoires vivantes de perte et d'espoir, de lutte et de triomphe est inégalée. Sur « The Boat Outside Your Window », elle contemple l'absence et la distance, à travers des compositions aussi fougueuses que profondément émouvantes.

Pour enregistrer « The Boat Outside Your Window », le noyau dur du band impliquant Zedek (guitare et chant), le bassiste Winston Braman et le batteur Gavin McCarthy (Karate) a été rejoint par la guitariste de pedal steel Karen Sarkisian dont les contre-mélodies ajoutent une touche d'étrangeté aux chansons. Tout au long de l'opus, Thalia révèle habilement comment les réalités extérieures se manifestent dans nos mondes intérieurs.

Le single « Tsunami » est en écoute

 

Half Happy

Conversation Killer (Ep)

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Half Happy appartient à la nouvelle génération de groupes gallois, responsable d’une production pointue, littéraire et sombre, qui fleurit sur la scène de Cardiff. En 2023, il y a remporté le ‘Welsh Music Prize’ (NDR : cette année, c’est le rappeur Lemfrek qui a décroché le premier prix).

A ce jour, il a gravé 5 singles et un Ep, intitulé, « Conversation Killer ».

Les sensibilités dream-pop, indie-rock et post-punk de sa musique sont nourries par des sonorités de gratte scintillantes posées sur une trame de fond frémissante, alors que d’une voix mélancolique, Rosalie Miller épanche ses observations honnêtes et bouleversantes, après une journée de travail traumatisante…

Extrait de cet Ep, « Sorry » est en écoute

Podcast # 59 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Franck Marchal

Les synthés analogiques de Franck Marchal…

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Une belle échappée pour Franck Marchal du groupe Batz ! Il publie le 24 juin 2024 un Ep 6 titres, « Maeltrom Metronomy » qui témoigne de son amour pour les synthés vintage et les ambiances électro cinématographiques.

Le maxi « Maelstrom Metronomy » est une plongée musicale organique et électronique aux climats évocateurs qui nous entraîne dans un monde futuriste aux accents dystopiques. Le projet contient six compositions qui mettent à l’honneur les synthétiseurs analogiques, le piano et les sons qui nous entourent. Enregistré entre la Bretagne et Paris, le disque solo du compositeur Franck Marchal se dévoile avec en premier single « Bot Sadness ». A l'heure où l'intelligence artificielle est de plus en plus incontournable, le morceau évoque un bot informatique doué de sentiment, capable de ressentir de la mélancolie.

Compositeur de musiques de films pour le cinéma, la pub et la télévision, Franck Marchal est également membre du groupe de musique électronique et de rock alternatif Batz (LP « Red Gold Rush » sorti en Octobre 2023). Au cours de son enfance, il a suivi une éducation musicale classique qui débute par l’apprentissage du piano. Il se passionne alors pour la composition et se met à explorer d’autres instruments. Imaginant de véritables paysages sonores, il mélange les textures en passant de l’orchestre symphonique aux synthétiseurs analogiques, dont il collectionne quelques spécimens. Il a travaillé avec de prestigieux orchestres, dont l’Orchestre Philarmonique de Monaco ou encore le London Symphony Orchestra. Ses influences sont multiples, parmi lesquelles on peut citer Vangelis, Nils Frahm, Depeche Mode, John Carpenter

Le clip de « Sade Madness » est à voir et écouter ici

 

Half Japanese

L’amour version Half Japanese…

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« Jump Into Love » constitue peut-être le 20ème album studio de Half Japanese, groupe mythique de la musique lo-fi. Atypique et décalé, il nous apporte une cascade de nouvelles chansons sombres et inquiétantes.

Apprécié notamment par Kurt Cobain et Daniel Johnston, Half Japanese poursuit sa quête de réponses, dessinant le paysage sonore d’un pays post-zombie où les cloches sonnent et où il est permis de dire ‘oui’.

C'est une nouvelle aventure, l’épisode 20 d'un monde parallèle introspectif où le très prolifique Jad Fair réfléchit à la vie, à l'amour, aux géants, aux possédés et à d'autres questions encore plus importantes qui ne font que stimuler son cerveau.

‘Les membres du groupe vivent très loin les uns des autres. John vit dans la région d'Asheville, Gilles, en Suisse et Mick, à Londres. C'est une telle distance que nous ne sommes pas en mesure de répéter, alors bien sûr, l'album contient une sorte d'aspect brut’, explique Jad. Et d’ajouter : ‘Je ressens le besoin de faire de la musique et d'écrire des chansons. C'est quelque chose qui me manque vraiment quand je ne le fais pas. Le fait de pouvoir travailler chaque jour sur des chansons procure une certaine tranquillité. Je trouve que l'on utilise une partie de son cerveau qui n'est pas utilisée autrement. Je préfère en quelque sorte l'utiliser plutôt que de ne pas le faire’.

« Jump into love » sortira ce 21 juillet 2023. En attendant, Half Japanese nous propose son single, sous forme de clip d’animation, « We are giants », ici

 

 

Inhaler

Dommage que l’ingé-son ne soit pas à la hauteur…

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Inhaler se produisait donc deux jours de suite à l’AB, soit les 21 et 22 avril. Votre serviteur assiste au set du vendredi. Son second elpee, « Cuts & Bruises », est paru en février dernier et dans la foulée, le groupe est parti en tournée.

Originaire de Dublin, ce quatuor réunit des membres qui se connaissent depuis 2012, soit lorsqu’ils fréquentaient le collège. Le line up réunit le chanteur/guitariste Elijah Hewson (c’est le fils du chanteur de U2, Bono), le bassiste Robert Keating, le guitariste Josh Jenkinson et le batteur Ryan McMahon. Sur la route, le combo est soutenu par le claviériste Louis Lambert.

Le supporting act est assuré par Blondes, une jeune formation indie issue de Nottingham. A son actif, plusieurs singles, dont « Coming Of Age », devenu viral sur Tik Tok et trois Eps, « Minimum Wage », « Streetfight » et « Out The Neighbourhood ». Le band implique deux guitaristes, un bassiste, un batteur et un chanteur qui se consacre parfois à la six cordes. Et sous cette formule, le résultat est plutôt percutant.

Le set débute s’ouvre par « Street Fight ». Plutôt calme, le morceau est canalisé par la gratte semi-acoustique. Nouvelle compo, « Love In The Afternoon » baigne dans une forme d’indie rock plutôt énergique mais bien radiophonique. La voix s’élève dans l’éther tout au long de « Out The Neighbourhood », une compo au cours de laquelle les guitares s’emballent. Et la prestation, chaudement acclamée, de s’achever par « Basement » …

Setlist : « Street Fight », « Minimum Wage », « Coming Of Age », « Love In The Afternoon », « Out The Neighbourhood », « The Basement » 

Place ensuite à Inhaler. La scénographie est simple : une toile de fond noire sur laquelle le mot ‘Inhaler’ a été peint en blanc. Il changera de couleur en fonction de l’éclairage. Une estrade haute à gauche, pour accueillir le claviériste, et une autre à droite, sur laquelle sera perché le drummer. La face avant de sa grosse caisse se signale également par le logotype du band. Et puis sur les planches, on remarque encore la présence de quelques microphones sur pied. C’est tout !

Pendant que la formation grimpe sur le podium, une musique de film est diffusée dans les haut-parleurs, alors que le light show, entre lumières rouges et stroboscopes blancs aveuglent l’auditoire. Le groupe irlandais ouvre le set par son hymne optimiste à l'esprit libre, « These Are The Days ». Caractérisé par son clavier très eighties et cette petite ligne de guitare répétitive, cette compo évoque The Killers. Impassibles, les 3 gratteurs sont en ligne et ne quitteront quasi-jamais leur zone de confort. Les musicos ont des cheveux en désordre et ont enfilé des chemises à col déboutonné et des jeans.

La voix d’Elijah rappelle celle de son paternel. Elle est à la fois puissante, un brin nasillarde et claire. Et particulièrement tout au long du single, « My Honest Face ». Au sein des premiers rangs (NDR : c’est surtout là que l’ambiance est la plus enflammée), on comprend peut-être les paroles, mais plus on se rapproche de la table de mixage, au moins on les décode. En fait, le volume sonore est trop élevé et les balances ne sont pas vraiment au point.  

Le public est multigénérationnel. Et s'il n'y avait pas les centaines de téléphones brandis par les aficionados (surtout de nombreuses jeunes filles dans la fosse), essayant de capturer plusieurs moments du concert pour les poster sur les réseaux sociaux, on pourrait croire assister au concert d’un un jeune groupe de garage rock qui débute.

En milieu de show, étonné, le public observe le bassiste Robert Keating et le guitariste Josh Jenkinson se diriger vers le batteur Ryan McMahon et échanger avec désinvolture quelques mots au milieu de certains morceaux. Une nonchalante accentuée par les intermèdes continuels affichés par Hewson.

L’entrée en matière de la basse en slap/tap de « Who's Your Money On ? (Plastic House) » est parfaitement en phase avec le drumming. Une section rythmique qui évolue à la limite du funk.

Les guitares ont tout le loisir de s’exprimer, au travers de riffs et mêmes de solos entrelacés, rappelant par moment les heures de gloire de Bloc Party, à l’instar de « Cheer Up Baby » ou encore « My Honest Face », qui adresse de solides clins d’œil à Editors. Un morceau comme « Totally » penche même vers le rock sensuel d’INXS alors que tout au long de « Dublin in ecstasy », le travail des cordes se fond dans les synthés à coloration eighties.   

« Just to Keep You Satisfied » flotte sur un thérémine au son étrange et envoûtant. Des sonorités de sixcordes distordues éclosent à mi-parcours dans l’esprit du « Stupid Girl » de Garbage. « Love Will Get You There » aurait pu naître de la rencontre entre The Cure et Billy Joel, notamment lors du refrain, la ligne de basse mélodique se chargeant d’arrimer la chanson. Britpop, « Valentine » se distingue par ses guitares entraînantes et carillonnantes, comme Johnny Marr à la belle époque des Smiths, son rythme de batterie direct et quelques notes de synthé qui s’insinuent furtivement.

Dommage que l’ingé-son n’était pas à la hauteur…

Setlist : « These Are The Days », « My Honest Face », « Totally », « Dublin In Ecstasy », « The Things I Do », « When It Breaks », « My King Will Be Kind », « Now You Got Me », « Just To Keep You Satisfied », « Who's Your Money On ? (Plastic House) », « Valentine », « Love Will Get You There », « Cheer Up Baby ».

Rappel : « If You're Gonna Break My Heart », « It Won't Always Be Like This ».

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)

THALA

L’exigence de THALA…

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Berlinoise, THALA combine vibrations rétro des années 70, shoegaze et psychédélisme des années 80/90, en s'inspirant d'influences telles que Mazzy Star, Beach House, Cigarettes After Sex et The Brian Jonestown Massacre.

Elle a trouvé sa force dans sa vulnérabilité sur son nouveau single, « You had to ». Se frayant un chemin dans l'indie lo-fi brumeux, elle transforme sa douleur en une tendre lettre de pardon, adressée à la fois au sujet et à son propre combat. ‘Je n'ai pas l'impression de te devoir quoi que ce soit, puisque tu n'as jamais été là pour t'occuper de moi’, chante-t-elle, et d’ajouter : ‘J'avais besoin de ton espace, mais je n'étais qu'une enfant’.

« You had to » est en écoute

 

 

Ghalia Volt

Sans setlist !

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L’Espace Toots du Centre Culturel d’Evere est une très belle salle qui peut accueillir 150 personnes, assises. Elle bénéficie, en outre, d’une excellente acoustique. Ce soir, elle accueille Ghalia Volt. Cette Bruxelloise qui s’est établie à la Nouvelle Orléans pratique, bien évidemment, du blues. Le public est masqué. Espérons que cette situation va bientôt se terminer…

Votre serviteur avait découvert cette artiste en écoutant l’émission radio du dimanche, présentée par Beverly Joe Scott, sur Classic 21, ‘B.J.’s Sunday Brunch’. Ghalia a publié son quatrième LP, « On woman band », en janvier 2021. Elle a écrit ses compos en voyageant à travers les States ; depuis la Louisiane à l’Oregon en passant par le Texas et la Californie. Ou à travers le Mississippi. Pendant un mois et en empruntant le transport ferroviaire. L’elpee a été enregistré à Memphis (Tennessee) au Royal Studio (siège de Hi Records) là où des des pointures du blues et de la country comme Willy Mitchell et Al Green se sont illustrées. Elle y a reçu le concours du bassiste Dean Zucchero (NDR : membre de son backing group) et du sixcordiste Monster Mike Welch.

La scène est plutôt dépouillée. On y discerne la présence de 4 guitares dont deux électriques rutilantes et deux cigar-boxes (une superbe de couleur rouge et une autre ornée d’une plaque d’immatriculation du Mississipi). Quatre spots led sont plantés sur les planches, derrière l’artiste. Dès qu’elle grimpe sur l’estrade, Ghalia annonce qu’elle n’a pas de setlist. Mais tout en privilégiant les morceaux de son deuxième long playing, elle va également nous réserver des titres des opus précédents, de nouvelles compositions, quelques medleys ainsi qu’une cover très couillue du « Lithium » de Nirvana.

Elle est vêtue d’une robe noire et a enfilé des bas-résille de la même couleur. Elle ôte ses chaussures et s’assied sur un siège dont elle ne décollera pas avant la fin du concert. En fait, sa position lui permet de manipuler plus aisément les pédales, la deux caisses (grosse et claire) ainsi que le charleston et les cymbalettes

Ghalia converse énormément avec le public. Et elle est tellement interactive qu’elle lui permet de choisir quelle gratte elle va utiliser pour une chanson. Elle avoue apprécier l’Orval, la fête, le monde de la nuit et signale être insomniaque. Elle doit prendre un avion pour le Mexique le lendemain (via Ryanair ; donc le poids des bagages est limité). Par conséquent, elle ne pourra pas emporter son matos, et tout particulièrement ses deux amplis. Ajoutant que les contacts établis au sein des différents pays qu’elle visite lui permettent de dénicher le matériel pour se produire en ‘live’.

Elle raconte également que 4 jours après avoir passé son permis de conduire à la Nouvelle Orléans (c’était en 2021 !), elle entamait une tournée américaine en emportant l’ensemble de son matos. Elle qui n’avait jamais roulé sur l’autoroute, et ne s’était jamais fait klaxonner !!!!

Traitées à la slide, les sonorités de cordes dispensées tout au long d’« Esperitu Papago » vous flanquent des frissons partout, alors que les percus reproduisent le roulement du train qui traverse le désert californien. Pendant « Evil Thoughts », elle implore ses mauvaises pensées de la laisser tranquille. A l’aide de paroles soignées, elle aborde des sujets au travers desquels chacun se reconnaît, se raccroche. Elle suscite la réflexion chez chaque spectateur.

« Last Minute Packer » laisse une belle place à l’impro. Un titre qui nous plonge dans la vie d’une baroudeuse, bourlinguant d’hôtels en hôtels, de concerts en concerts.

« Meet Me In My Dreams » nous révèle la chance et le plaisir de revoir en rêves une personne décédée qui était appréciée.

Elle rend hommage à Tampa Red, en interprétant, lentement, son « It Hurts Me Too ». Sa voix est granuleuse, rocailleuse même, un peu comme celle de Beth Hart. Une voix qu’elle éclaircit en sirotant un petit whisky.  

« It Ain’t Bad » évoque les débuts de la pandémie aux Etats-Unis.

Energique, « Just One More Time » se nourrit de rock et de rockabilly. En fin de parcours, c’est l’auditoire qui choisit son répertoire.

Au cours de son show Ghalia Volt s’est frotté tour à tour au rhythm’n’blues, rock’n’roll, boogie rock, blues roots et delta blues, tout en ne négligeant ni le groove, ni le rythme. On espère la revoir bientôt en formule full band…

(Organisation : Rock Oasis)


 

Half Japanese

Crazy Hearts

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Le temps n’a pas d’emprise sur Jad Fair et son vaisseau Half Japanese ! Après plus de 40 ans d’existence, la bande préserve son stakhanovisme exemplaire et publie déjà un nouvel opus. Intitulé « Crazy Hearts », il succède au magnifique « Invincible », paru en 2019. Bonne nouvelle : cette nouvelle livraison maintient le niveau d’excellence ! Depuis Ann Arbor (dans le Michigan), le groupe dévoile de charmants morceaux qui abordent toujours de cryptiques histoires de monstres (« Late at Night ») lorsqu’elles ne sont pas nées d’hallucinations collectives. Des compos enregistrées avec une approche naïve et résolument lo-fi. Tout au long de ce 19ème elpee, Half Japanese marche sur les traces de Jonathan Richman. Et une piste comme « Undisputed Champions » en est certainement la plus belle démonstration. Le groupe est cité par les plus grands noms du rock US (Nirvana, R.E.M. Pavement, …) comme une référence majeure, et « Crazy Hearts » constitue une nouvelle preuve flagrante de son incontestable talent !

Van Halen

Décès du guitariste légendaire Eddie Van Halen…

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Eddie Van Halen, guitariste et fondateur de Van Halen, illustre groupe de hard rock, est décédé ce mardi 6 octobre, à l’âge de 65 ans, après un long combat contre le cancer.

La famille Van Halen avait émigré en 1962 de Nimègue, aux Pays-Bas, à Pasadena, en Californie. Lui-même saxophoniste et clarinettiste, Jan Van Halen, avait encouragé très tôt la passion de ses fils pour la musique. Eddie et son frère aîné, Alex, ont reçu une éducation de piano classique pendant leur enfance. Eddie voulait devenir batteur et Alex avait suivi des cours de guitare flamenco. Mais lorsqu'Eddie a entendu son frère jouer des drums, il a abandonné l’idée et s’est concentré sur la gratte. Eric Clapton est le musicien qui a le plus influencé Eddie. Et Ginger Baker ainsi que John Bonham, les batteurs qui ont le plus inspiré Alex.  

Après avoir fondé divers groupes au collège, les frangins ont décidé de former Mammoth, en compagnie de Mark Stone à la basse (NDR : il sera relayé en 1974 par Michael Anthony). C’est en 1973, que les frères, qui se partageaient alors le micro, à tour de rôle, décident d’engager David Lee Roth au chant. Après avoir découvert qu’une autre formation portait le même nom, ce dernier leur a suggéré de choisir comme patronyme, le nom de famille des deux frangins.

Wolfgang ‘Wolf’ Van Halen, le fils d’Eddie, avait remplacé le bassiste original du groupe en 2007, lorsque David Lee Roth avait rejoint Van Halen pour une tournée, après une séparation de plus de vingt ans. Mais il faut reconnaître, qu’à partir de 1985, le combo n’est plus jamais parvenu à retrouver le lustre d’antan.

Quand on parle de Van Halen, on pense inévitablement à « Jump », tube vendu à des millions d’exemplaires, à la version du « You really got me » des Kinks et à l’intervention devenue mythique d’Eddie sur le « Beat it » de Michael Jackson. Dans l’univers du métal, doué d’une technique au-dessus de la normale, Eddie était considéré comme un virtuose de la guitare…  

RIP

Yakhchal

Asterism (Ep)

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Le deuxième Ep de Yakhchal, « Asterism », a été enregistré au studio Noise Music Factory sous la houlette de Colin Delloye de We Stood Like Kings. La pochette de l'album a été conçue par Niccolo Masini.

Yakhchal est un trio basse/guitare/batterie qui pratique du post rock pur et dur. C’est-à-dire exclusivement instrumental. Et c’est sous cette forme que le groupe établi à Bruxelles développe ses climats sonores, tour à tour atmosphériques, mélancoliques ou frénétiques, mais soigneusement construits. Le drumming aride mais torrentueux et les interventions de gratte tantôt chatoyantes, vaporeuses ou acérées se faufilant entre les mailles de la section rythmique. Enfin, « Persian dome », qui figure sur cet Ep, nous rappelle que le patronyme de la formation est également le nom farsi d'une ancienne glacière persane à la forme bombée qui ressemble à un temple sacré. A conseiller aux inconditionnels du post/rock…

Half Japanese

Invicible

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Half-Japanese compte déjà 45 années d’existence ; une formation d’art-punk au line up à géométrie variable, devenue culte (NDR : non seulement Kurt Cobain avait invité le combo à assurer la première partie d’une tournée de Nirvana en 1983, mais il portait un t-shirt à l’effigie du band à sa mort), fondée par les frères Jad et David Fair (NDR : depuis, ce dernier a quitté le navire). Notoire pour se servir d’une guitare à moitié désaccordée (NDR : rassurez-vous, on n’entend pas cette pratique sur disque), Jad Fair n’a pas pour autant perdu son inspiration en gravant ce 18ème album studio… Il a en outre, été diablement bien inspiré en baptisant sa nouvelle œuvre « Invincible » ! ‘Lo-fi’, dans l’esprit d’un Beat Happening, Half-Japanese n’a pas perdu sa verve. La voix chevrotante de Jad Fair rappelle celle du regretté Daniel Johnston (?) tandis que l’ambiance folk-punk (?), au sein duquel baigne l’elpee, lorgne plutôt du côté de l’univers d’un Violent Femmes. En tout cas, livrer l’un de ses meilleurs albums après plus de 40 ans d’existence est un sacré tour de force (« Love Explosion ») !

Jeanne Cherhal

L’An 40

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Alors qu’elle affiche à peine 41 balais, Jeanne Cherhal compte pourtant à son actif deux décennies d’une carrière très riche.

Pour ce passage à la quarantaine, l’artiste a senti le besoin de s’exprimer sur le prisme de sa vie en réalisant un album de chanson française dont la source d’inspiration a été puisée à la fois dans la Drôme, en Auvergne ou même à la Réunion.

« L’An 40 », sixième du nom, est la résultante d’un patchwork posé sur un lit de piano/voix à la cambrure poétique au cours duquel les arrangements subtils et royalement orchestrés épousent une tessiture de voix addictive et apaisante.

Enregistrées entre Paris et Los Angeles, les compositions décrivent le temps qui passe et sont joyeusement, circonstanciellement et judicieusement colorées de cuivres ou d’une chorale gospel (« Racines d’or »).

Entre la naissance (César relate sa césarienne) et la mort (un hommage vibrant à Jacques Higelin), il n’y a qu’un pas que Cherhal ose pourtant franchir pour se concentrer sur les émotions en s’émancipant même sans fausse pudeur lors d’un « Soixante-neuf » qui évoque une pratique sexuelle sans la moindre équivoque.

Jeanne a décidemment plusieurs cordes à son arc !

Thalia Zedek

Fighting Season

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A bientôt 60 ans, Thalia Zedek est quasiment considérée comme une figure tutélaire au sein de la scène indie US. Depuis les débuts de sa carrière, elle a milité chez Live Skull, E, Come (avec Chris Brokaw d’ailleurs ici au générique) et Uzi avant de se lancer en solitaire. Son admiration pour Patti Smith doit, en outre, être énorme tant on sent cette fureur qui hante sa voix et emporte tout sur son passage tout au long de « Fighting Season », son dernier et fulgurant album en date ! Revenue de ses démons –une addiction à l’héroïne, Thalia a décidé de reprendre les armes et surtout sa guitare pour défendre les causes qui lui tiennent à cœur depuis toujours, comme la défense de la communauté LGTB ou des immigrés. Saturés à souhait, les accords de grattes sont dignes de Jon Mascis (NDR : pas étonnant, quand on sait qu’il est également de la partie !) et tout au long de cet irrésistible elpee, portés par un piano et autre violoncelle, ses propos sincères s’élèvent de son âme... Une œuvre à découvrir d’urgence ! Grâce à ce genre d’insoumise, les Etats-Unis ne sont pas encore devenus une terre trumpiste…

 

Mahalia Burkmar

Des choristes improvisées…

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Mahalia Burkmar a chopé le virus de la musique, dès son plus jeune âge. A 8 ans, elle écrit sa première chanson, à 11 commence à jouer de la guitare, à 13 signe déjà chez le major Atlantic Records UK -de quoi asseoir un avenir plus que prometteur- et à 14 assure le supporting act d’ Ed Sheeran. Elle affiche aujourd’hui 19 printemps et voue un grand respect à feu Amy Winhouse qu’elle considère comme une influence majeure. Elle est responsable de textes accrocheurs d’une grande maturité pour son âge dans un style qu’on pourrait qualifier de r&b/psyché/soul réminiscent des 90’s. Ses chansons, elle les interprète d’une voix suave, sorte d’hybride entre celles de Rihanna, Sade et Lauryn Hill. Son album, « Diary of Me », est paru au cours de l’année 2016. En mars 2018, elle avait rempli l’AB Club ; puis, dans la foulée, fait un tabac lors du festival Couleur café. Pas étonnant que l’Orangerie du Botanique soit sold out ce soir, devant un public, ma foi… juvénile…

Martha da Rossa Canga Antonio, aka Martha Da’ro, assure le supporting act. D’origine angolaise, cette actrice (NDR : elle s’était illustrée dans le film de Noel Clark, « Brotherhood », en 2015) et chanteuse est née à Mons en 1995. Avant de se lancer dans une carrière solo, elle a sévi au sein du groupe de hip hop, Soul'Art. Un style qu’elle mêle aujourd’hui à la soul et au funk, mais en imprégnant ses chansons rêveuses et intimistes de douceur. Son tout premier Ep, « Cheap Wine & Paris », devrait sortir en février prochain.

Une Djette grimpe sur l’estrade et s’installe derrière une table sur laquelle sont posées des machines destinées à produire la musique. C’est cette collaboratrice qui va déterminer la setlist. Fluette, la boule à zéro, Martha débarque ensuite. Elle a enfilé une salopette rouge/orange sur un tee-shirt noir. Elle attaque le délicat « Summer Blues », son premier single. Sur un flow continu, sa voix fragile et enfantine évoque celle de Yolandi Visser (Die Antwoord). Elle chante tantôt en français ou en anglais. Et arpente le podium de gauche à droite, et inversement. Elle nous réserve un long monologue sur le kuduro, une danse angolaise, puis nous l’exécute à travers une compo imparable, qui agrège rap, hip hop, soul et r&b. Une première partie idéale pour chauffer la salle…

Mahalia monte sur les planches, accompagnée d’un drummer et d’un claviériste/bassiste. Chaque artiste a droit à son estrade, mais bien entendu centrale, celle de la Britannique est destinée à mettre en exergue ses talents de danseuse. « No Pressure » ouvre le set. La foule reprend le refrain en chœur. R&b, « One Night Only » est teinté de hip-hop et surtout de soul. La rythmique s’emballe pour le plus funky « Proud Of Me ». Dans la foule, trois jeunes filles s’égosillent. Mahalia se dirige vers elles et les remercie. Une voix samplée de rapper s’échappe des machines. Avant d’attaquer « Honeymoon », Mahalia empoigne une gratte semi-acoustique. Les hits « Seventeen » et « Silly Girl » sont dispensés dans des versions soul. Lors de la reprise du « Work » de Rihanna, elle est forcée d’adapter la hauteur de son pied de microphone. C’est ensuite le claviériste qui est victime d’un ennui technique. Mahalia improvise alors et entame « I Wish I Missed My Ex » a cappella. L’interaction entre elle et l’auditoire est alors totale. Elle slamme « Backup Plan », moment choisi par nos choristes improvisées de se distinguer lors du refrain. Pendant « Hold On », elle nous réserve une petite danse africaine, mais se froisse sans doute un muscle ; ce qui la force à exécuter quelques exercices d’assouplissement, tout en engageant la conversation avec le public. Qui demande à Mahalia d’interpréter « I Wish I Missed You » et « I Remmenber ». Après avoir jeté un coup d’œil vers ses deux musicos, elle acquiesce, réservant à l’auditoire des moments inoubliables. Et « Sober » d’achever le show.

Aucun rappel n’est prévu, mais Mahalia revient seule pour accorder deux morceaux, uniquement armée de sa gratte. Un concert plus cool que celui consenti l’an dernier à l’AB Club, face à un public jeune mais conquis par la prestation d’une artiste qui n’a pas eu peur de mouiller sa chemise…

Setlist : « No Pressure », « One Night Only », « Proud Of Me », « Honeymoon », « Seventeen », « Silly Girl », « Work (Cover Rihanna) », « I Wish I Missed My Ex », « Backup Plan », « Surprise Me », « Good Reason », « Hold On », « No Reply », « I Wish I Missed Ex », « I Remember », « Let The World See The Light », « Sober ».

(Organisation : Botanique)

Ghalia Vauthier & Mama's Boys

Let the demons out

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Ghalia and the Mama's Boys est un groupe californien. Etabli à la Nouvelle-Orléans depuis plusieurs années, il pratique du power blues. Mais sa chanteuse est bruxelloise. Elle est également compositrice. Gahlia Vauthier passe beaucoup de temps aux USA où elle s'est déjà produite sur les scènes de la Louisiane, du Mississippi, du Missouri et du Tennessee. Entre rock’n’roll et blues, elle milite également au sein des Naphtalines et de Voodoo Combo. En 2016, elle rencontre Johnny Mastro et ses Mama's Boys et c'est le déclic!

Les sessions se sont déroulées au studio Music Shed de la grande cité louisianaise. Ghalia signe la majorité des plages. Elle est épaulée par le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro, le guitariste Smokehouse Brown, le bassiste Dean Zucchero et le drummer Rob Lee. Et ce sont ces Mama’s Boys qui font la différence. Plus rockabilly que blues ou boogie, la voix de Ghalia ne colle pas nécessairement à l’expression sonore…

Ce qui n’empêche pas l’opus de receler quelques excellentes plages. A l’instar d’"All the good things" et "Hiccup boogie", deux boogies classieux au cours desquels le gratteur, Smokehouse Brown, se distingue et semble même hanté, en fin de parcours, par ce diable d’Henri Vestine (Canned Heat). Caractérisé par la conjugaison des voix de Ghalia et de Mastro, le shuffle "Waiting" se signale par la conjugaison des voix entre Ghalia et Masto. Slide et harmonica combinent élégamment tout au long de "Hey little baby". Johnny allume "4am Fried chicken" de sa musique à bouche. Seule piste lente, "Addiction" baigne au sein d’un climat ténébreux, mais surtout met en exergue Brown, qui traite sa sèche au bottleneck…

 

Mahalia Burkmar

Sur les traces d’Amy Winehouse ?

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Jeune prodige, Mahalia Burkmar pratique une forme de psyché/r&b/soul réminiscente des 90’s. Elle voue un grand respect à feu Amy Winhouse, qu'elle considère comme sa source d'inspiration majeure. On devrait également y ajouter Sade et Lauryn Hill. Agée de 19 printemps, cette Anglaise (NDR : elle est née à Leicester) est considérée aujourd'hui comme l’une des artistes les plus prometteuses de son époque. A son actif, 2 Eps et un premier elpee, « Diary Of Me », paru en 2016. Pas de supporting act pour ce spectacle soldout. Jeune, le public est majoritairement féminin.

Casquette rivée sur le crâne, le bassiste, appuie sur deux boutons pour lancer les machines qui lancent des samples. Devant lui, on remarque la présence d’un tapis de pédales. On entend la voix de Mahalia depuis le backstage. Elle entre enfin sur le podium sous les acclamations du public et empoigne sa six cordes, posée sur un trépied, avant de se planter derrière son micro. Elle a revêtu un training de couleur noire à bandes blanches sur lequel sont reproduites les lettres ‘noire’, en caractères majuscules, sur le milieu de ses manches et de son pantalon. Elle attaque « No Pressure », un titre de soul indolent aux beats autant subtils que discrets…

Mahalia présente chaque chanson. Le son est parfait. Pendant la ballade folk, « Silly Girl », les spectateurs des premiers rangs susurrent les paroles du bout des lèvres. Autre morceau tendre, « Marry Me » incite au voyage. La voix de l’artiste me fait alors penser à Selah Sue. Elle abandonne sa gratte pour s’installer devant sa machine. Caractérisé par ses beats graciles, « Proud Of Me » nous embarque sur la planète hip hop. La voix de l’artiste monte de plus en plus haut. Et elle donne tout ce qu’elle a dans le ventre, mais possède un feeling et une gentillesse qui mettent à l’aise l’auditoire…  

Avant d’aborder « Back up plan », elle raconte une petite histoire. Cependant, dès l’entame du titre, elle s’emmêle les pinceaux. Pas perturbée pour un sou, et malgré les rires du public, elle reprend le morceau à son début. Mais c’est alors l’ensemble de l’auditoire qui entame le refrain. Pendant « Hold On », elle s’autorise une danse africaine très communicative. Un moment au cours duquel elle occupe toute la largeur de l’estrade. Résultat : la température grimpe d’un cran. Retour au calme pendant « 17 ». Une compo à la fois jazz et lounge suspendue à un mid tempo, astucieusement tracé par la ligne de basse. Elle reprend sa guitare pour « Honeymoon », un titre de folk/soul élégant. Pendant « Zayn Spoken Word », c’est la piste aux étoiles dans la fosse. Et pour cause, les smartphones illuminent la salle. Le refrain est repris a capella par l’auditoire. Tout comme pour « Sober », moment au cours duquel la foule et l’artiste entrent en véritable communion. Elle vide les lieux après avoir salué son public et ne réapparaîtra plus. Ni pour signer des autographes ou prendre de quelconques selfies. Mais le public ne lui en tiendra pas rigueur, il est définitivement conquis pas la Britannique. Elle reviendra dans le cadre du festival Couleur Café, ce 29 juin 2018.

Stelist : « No Pressure », « Silly Girl », « Marry Me », « Proud Of Me », « No Reply », « Back Up Plan », « Cover », « Hold On », « 17 », « I Remember », « Honeymoon », « Zayn Spoken Word », « Sober ».

 (Organisation : Ancienne Belgique)

 

Yakhchal

00+5399+xo (Ep)

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Le Yakhchal est en quelque sorte l’ancêtre du frigidaire, une étrange ruche perse enterrée, capable de conserver de la glace, en plein milieu du désert. Et elle pouvait atteindre 5 000m3. Une invention qui remonte au IVème siècle avant Jésus-Christ. Mais c’est également un trio italien, réunissant un bassiste, un drummer et un guitariste qui pratique du post rock. Etablie en Belgique, cette formation a enregistré ce premier Ep à Saint-Gilles, dans une ancienne glacière, sous la houlette de Michel Meulemeester. On commence ainsi à mieux comprendre le choix du patronyme. Un disque découpé en 5 pistes…

La musique proposée tout au long de cet essai baptisé « 00+5399+xo » baigne au sein d’une atmosphère mélancolique. Pour y parvenir, le groupe s’est servi de boucles psychédéliques voire hypnotiques, d’une instrumentation basique et d’effets spéciaux. Ce qui ne l’empêche pas de s’autoriser des riffs turbulents ou d’imprimer des rythmes plus lourds. Bref, imaginez un Explosions in The Sky, mais en moins explosif…

 

Half Japanese

Hear the lions roar

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Au départ, c’est-à-dire à la mi-70’s, les frères David et Jad Fair fondent Half Japenese. La formation crée un rock expérimental lo-fi, style dont elle d’ailleurs précurseur. Sans jamais rencontrer un grand succès, elle parvient cependant à intéresser de nombreux artistes. Ce qui va lui permettre d’opérer une tournée en compagnie de Nirvana, à la demande de Kurt Cobain, qui apprécie particulièrement son expression sonore...

Plus tard, David Fair prend ses distances. Son frère récupère alors les commandes et s’entoure de musiciens chevronnés. Haf Japanese continue à enchaîner les albums et les collaborations auprès de tout le gratin du rock indépendant ; et tout particulièrement Teenage Fanclub, Sonic Youth, Yo La Tengo ou encore J. Mascis.

Etabli au Texas, le combo publie aujourd’hui « Hear the lions roar », un elpee gravé un an à peine après « Perfect ». Half Japanese ne réécrit pas sa formule. Ne vous attendez donc à rien de révolutionnaire… On retrouve le rock (punk) lo-fi auquel la formation nous avait habitués. On redécouvre ce son particulier si bien entretenu par Pavement. Le chant (ou plutôt le phrasé) nasillard et je-m’en-foutisme de Jad Fair évoque toujours celui de Daniel Johnston, en compagnie duquel Fair a par ailleurs déjà enregistré. L’Américain nous raconte encore des histoires de vampires et de zombies, à l’instar de « The Preventers ». Derrière une production minimaliste, les riffs de guitares sont bien sûr efficaces. En outre, ce n’est qu’après plusieurs écoutes, que les mélodies remontent à la surface. Et « On the Right Track » en est une parfaite illustration.

Rien n’a donc réellement changé chez Half Japanese ; mais personne ne s’en plaindra tant ses morceaux sont restés captivants...

 

Manitoba Hal

Live in Ghent

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Canadien, Manitoba Hal Brolung est issu de Winnipeg. Mais c’est surtout un performer et un conteur. Il brille également au ukulélé. Il aime teinter son blues de références diverses : cajun, rock, gospel, country, folk et même celtique. De son impressionnante discographie, entamée en 1997 par l’album "Flatland Cafe", on épinglera surtout l’excellent "Ukulele Bluesman", paru en 2007. Lors de sa tournée européenne, il s’est produit au Missy Sippy Blues & Roots Club, à Gand. Il a donc immortalisé ce set, accordé le 28 avril 2016, sur ce double cd. Qui réunit 24 plages. Un spectacle conséquent qui lui a permis de réaliser ce projet. Et l’illustration de la pochette reproduit de jolies vues de la belle ville flamande. Une performance unique en son genre. Et pour cause, l’artiste est quasi-seul sur l’estrade. Cette véritable force de la nature possède une voix naturellement puissante et autoritaire.

Il entame les hostilités par "Come on in my kitchen", un classique signé Robert Johnson. Belle surprise, la cover remarquable du "Way down in the hole" de Tom Waits, pour laquelle il est épaulé par un second gratteur. Dont l’identité n’est pas révélée. Manitoba Hal alterne compositions originales, comme "Atlanta Moon", et canons du blues, qu’il filtre à travers son ukulélé. A l’instar du "Baby please don't go" de Big Joe Williams, qu’il interprète d’une voix impérieuse. Mais également du "Let the Mermaids flirt with me" de Mississippi John Hurt, du  "Sweet home Chicago" de Robert Johnson auquel il imprime un tempo très alerte, du "My babe" de Willie Dixon ainsi que de la version épatante réservée au traditionnel "St James Infirmary". Il brille également tout au long de "Dancing in the moonlight"… une danse exécutée au clair de lune, au sein d’un climat propice au culte vaudou…

Et son deuxième compact disc est tout aussi intéressant. Il est entamé par le "Ain't no grave" de Johnny Cash et recèle d'autres reprises, comme le "They're red hot" de Robert Johnson, le "Somebody on your bond" de Blind Willie Johnson, le "Key to the Highway" de Big Bill Broonzy et le "My Creole Belle" de Mississippi John Hurt. Sans oublier celle de "Built for Comfort", une titre que Willie Dixon avait écrit pour Howlin' Wolf. Plus expérimental, "Dig me a grave" se distingue par des échanges entre les instruments à cordes. Et le résultat est particulièrement réussi. Les deux titres finaux sont épatants. Tout d’abord le "Who do you love" de Bo Diddley. Caractérisé par son ‘Diddley beat’, cette longue piste (10’) bénéficie d’arrangements très personnels. Puis une version inoubliable du "The thrill is gone" de BB King. Que du bonheur !

 

Halestorm

Du show dans le show…

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C’est la quatrième fois que votre serviteur assiste à un concert de Halestrom ; et il ne s’en lasse pas. Faut dire que la chanteuse/guitariste est particulièrement sexy. Et puis elle ne manque pas de talent, tant à la gratte qu’au micro. Ce qui ne gâte rien. Halestrom est une formation pennsylvanienne fondée en 1997. A sa tête, un frère et une sœur Lzzy et Arejay Hale, qui n’ont alors que 10 et 13 ans. C’est même le paternel qui se charge alors de la basse. Il sera ensuite remplacé par Joe Smith, toujours au poste. A l’actif du combo, trois elpees, dont le dernier, « Into The Wild Life », est paru en 2015. C’est cet opus que la formation est venue défendre. L’AB Box est sold out.

Il revient à Wilson d’assurer la première partie. Un quintet issu de Detroit réunissant le chanteur Chad Nicefield, le bassiste James Lascu, le drummer Matt Puhy ainsi que les gratteurs Jason Spencer et Kyle Landry. Les 5 musicos arborent fièrement de superbes tatouages sur les bras.  

Le set s’ouvre en force par « Give 'Em Hell ». Quoique hurlé mais mélodieux, rocailleux et énergique, le chant colle parfaitement au rock’n’roll pur et dur du band. Son attitude  'Sex, Drugs and Rock'n'roll' ne manque d’ailleurs pas d’humour. Le bassiste est gaucher. Comme Macca ; mais ici s’arrête la comparaison. Son attaque sur son manche est autrement sauvage. Chad se frappe constamment la poitrine, comme s’il devait faire son mea culpa, ou se secoue violemment la tête. Il invite l’auditoire à former des ‘round circles’. Sans grand succès ! Il devra d’ailleurs attendre le dernier morceau, « Snake Eyes », pour qu’une dizaine de spectateurs acceptent de le porter audacieusement à bout de bras. De ce concert, on épinglera l’excellente cover du « Hair Of The Dog » de Nazareth. Une bonne entrée en matière. (Pour les photos c'est ici)

Place ensuite à Halestorm. Une batterie imposante trône sur une estrade, au milieu du podium. Jeans de couleur bleue, blouson de cuir noir et body bien aéré, Lzzy déboule sur les planches. Les deux Joe (Hottinger et Smith), respectivement deuxième guitariste et bassiste se plantent de part et d’autre. Le son est nickel. Le light show impressionnant. « Apocalyptic » (« Into The Wild Life ») ouvre les hostilités. Lzzy focalise tous les regards. C’est la star de la soirée. D’ailleurs de nombreux aficionados portent des t-shirts à son effigie. Les compos sont imprimées sur un train d’enfer. La voix de Lzzy est sableuse. Elle change de gratte pratiquement à chaque morceau, mais se sert le plus souvent d’une ‘Jacksons’ de couleur blanche. Pendant « Love Bites (So Do I)», elle lève une main vengeresse puis se met à triturer sa gratte. Ravi, le public applaudit et reprend le refrain en chœur. Avant d’aborder « I Am The Fire », un roadie vient apporter à Lzzy une guitare à double manche. Et elle y étale toute sa technique. Sa dextérité sur ses manches est même déconcertante. Tout au long de « Rock Show » (« The Strange Case Of…»), Joe Hottinger s’autorise un solo de gratte revanchard. Lzzy vient régulièrement affronter son frangin devant ou carrément sur l'estrade, à l’aide de la sienne.

En fin de parcours, Arejay se réserve un solo de batterie de plus de10 minutes. Il utilise des sticks de différentes longueurs et martèle ses fûts en sautant sur place. Un autre show dans le show !  (Pour les photos, c'est )

(Organisation: Ancienne Belgique)

 

 

 

 

Alpha Whale

Et Paon dans ta gueule !

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Le ciel bleu avale le vent au-dessus de la coupe des sapins.
L’air est agréable, l’humeur est à la détente.
De parfaites conditions pour apprécier pleinement les prestations quelque peu insolites, mais fichtrement sympathiques de deux groupes observés dans notre rétroviseur depuis quelque temps. Ils doivent s’installer, en cette fin de journée, dans le jardin.
Un jardin vaste qui se prête au jeu avec bienveillance.
Tout heureux d’accueillir dans le plus grand secret deux belles bêtes de notre catalogue national.
Sauf que l’une d’elle manque lâchement à l’appel.
Sans pour autant tirer de Paon sur la comète, on estimait que cette double affiche avait de la gueule.
Le concept original offert par le label 62 TV, fêtant ses vingt ans de bien jolie manière, proposait donc aujourd’hui les concerts de deux de ses petits protégés dans le parc des oliviers
(un seul en vérité, mais le meilleur).

Suite au désistement du premier combo (NDR : nous ne le citerons pas, mais votre attention subtile ne manquera certainement pas de le repérer à travers les lignes précédentes), il revenait donc à Alpha Whale l’honneur d’ouvrir et fermer le bal.

Après avoir traversé tout le pays pour se prêter au jeu –le plus naturellement possible et avec conviction– nos Ostendais entament leur show sous une tonnelle dressée tout spécialement pour l’occasion ; et elle va très vite démontrer son utilité, alors que soudainement le ciel s’assombrit.

Émanant du lointain d’une reverb poussée à l’extrême, les voix nous parviennent, surfant sur les motifs ensoleillés de guitares diluées dans un écho spatial reproduisant ce son caractéristique d’une Pop Psyché teintée d’Allah Las, alors que le phrasé débonnaire et nonchalant rappelle The Growlers dans toute sa superbe.

L’eau commence cependant à s’immiscer de toutes parts en dessous de ce chapiteau improvisé tandis que des trombes s’abattent tout autour, sans perturber outre mesure le groupe, qui relève pourtant la tête à intervalles réguliers pour s’assurer que l’orage ne va pas nous submerger.

Au contraire, puisque c’est bien leur set qui aura le dernier mot et emportera l’enthousiasme d’un public majoritairement étranger à ce type de musique.

Pour clôturer ce petit spectacle, une dernière petite surprise attend les invités, puisque sous l’insistance d’applaudissements nourris, le band se reforme petit à petit autour de The Glücks qui l’accompagnait ce soir.

Une petite ‘Jam’ diablement efficace qui donne envie de suivre à la trace ce duo dans les toutes prochaines semaines, sans perdre de vue bien sûr, Alpha Whale, qui ce soir, nous a prouvé qu’on pouvait compter sur lui (NDR : et nous ne pourrons Paon en dire autant de l’autre formation dont je tairai décidément le nom jusqu’au bout).

(Organisation : 62TV / Givroulle boulettes)

 

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