Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Hunter As A Horse

Le paradis perdu de Hunter As A Horse

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Basée dans le Western Cape, la musicienne sud-africaine Mia van Wyk signe, sous le nom de Hunter As A Horse, une electronic dark-pop à la fois intime, spectrale et cinématographique. Après une décennie d’autoproduction ponctuée de singles et d’EPs, elle rejoint Metropolis Records début 2026 et annonce « Paradise Lost », premier long format attendu le 24 juillet.

Le disque réunit douze titres. Entre rythmiques pulsées, tempos ralentis et climats hantés, l’opus explore l’ombre, la transformation et l’architecture intérieure de l’artiste. Van Wyk y revendique une part enfouie d’elle-même, non comme une menace, mais comme une force capable de nourrir sa résurrection.

Là où ses précédentes chansons existaient souvent séparément, Paradise Lost prolonge l’élan amorcé par l’EP « Anathema » : celui d’une œuvre pensée comme un tout. Les morceaux conservent leurs contrastes, mais partagent une même période de vie, un même foyer émotionnel. Attirée par l’étrange, le macabre et les figures incomprises, la chanteuse transforme ces territoires troubles en récits de désir, d’obsession, d’abandon, de vengeance et d’amour.

La formation, parfois décrite comme un croisement entre alternative, indie, électronique, dream-pop, dance alternative et nu-goth, a déjà vu ses titres accompagner ‘American Horror Story, Riverdale, Elite’, le film Wander Darkly ainsi que diverses campagnes internationales. The Guardian évoquait des atmosphères rappelant Lamb et Zero 7, sombres et envoûtantes. Sans rechercher l’effet spectaculaire, Paradise Lost s’impose comme une plongée personnelle dans les ruines, l’instinct et la reconstruction.

Deerhunter

Comment casser son image de groupe prétentieux et antipathique…

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La rumeur le taxe de caractériel, désagréable et froid. Après le concert livré au Grand Mix, on peut le déclarer sans hésiter : Bradford Cox n’est pas la ‘tête de lard’ qu’on veut bien nous laisser croire. Bien sûr, le chanteur de Deerhunter est un fameux personnage. Le nier serait un mensonge. Avez-vous déjà vu un artiste assurer son propre supporting act ? Personnellement, jamais. C’est pourtant sous le pseudonyme d’Atlas Sound que Cox monte sur les planches, vers 20h30. Il ouvre donc la soirée pour… lui-même. Hors norme, il faut l’avouer ! Néanmoins, ce projet solo est anecdotique car trop expérimental. Bradford joue un peu pour se faire plaisir, mais sa prestation est plutôt ennuyeuse.

Il le reconnaît cependant quelques minutes plus tard, après être grimpé sur l’estrade, en compagnie des autres musiciens de Deerhunter. ‘Je vous ai endormi, je vais maintenant vous réveiller !’ Ce n’était pas perceptible lors de la première partie, mais Cox a l’air en pleine forme. Et c’est une excellente nouvelle ! Car non seulement, il est atteint du syndrome de Marfan ; mais en outre, renversé par une voiture début décembre 2014, il a été sérieusement blessé.

C’est le second chanteur du groupe, Lockett Pundt, qui ouvre le bal vocal sur « Desire Lines ». Issu du quatrième opus « Halcyon Digest », le morceau met en valeur les grattes, un des gros points forts de la formation aux multiples facettes. Les styles vont d’ailleurs se mélanger durant tout le concert. On passe ainsi du punk au garage ou encore au rock expérimental, presque sans transition. Deerhunter va d’ailleurs se promener à travers toute sa discographie, plutôt éclectique. Enfin pas vraiment toute. L’excellent album « Monomania » sera complètement oublié. Finalement, le fort sympathique bassiste Josh McKay confiera à votre serviteur, la raison de cette lacune, juste après la représentation. Un guitariste n’a pas pu accompagner le band durant la tournée et personne n’a eu le temps d’apprendre les accords pour le remplacer. Ainsi, ce manquement devrait être rapidement corrigé.

Evidemment, le set réunit une majorité de titres issus de « Fading Frontier », sorti très récemment. Les morceaux sont cependant retravaillés et dévoilent tout leur potentiel. Trop paisible sur disque, « Living My Life » prend même carrément une autre dimension en ‘live’! Il s’agit bel et bien d’un concert rock !

Entre presque chaque chanson, Bradford Cox s’arrête pour discuter avec le public. Ce qui n’est pas habituel, surtout à ce point. Nous avons ainsi droit à des débats sur la qualité de la batterie, la culture du Nord de la France, l’architecture de Tourcoing… Surprenant pour un personnage aussi tourmenté. Les spectateurs finissent même par se demander s’il n’est pas saoul ; mais Cox mettra rapidement fin à toute suspicion : ‘Je sais que j’ai l’air bourré mais je ne bois pas !’

C’est –à mon humble avis– par la meilleure chanson jamais écrite par le combo que la première partie du set s’achève. Extraite du long playing « Microcastle », « Nothing Ever Happened » est une plage d’un peu moins de six minutes. Le quatuor va la développer jusqu’à atteindre près de 20 minutes ! A la fois garage et expérimental, le morceau permet surtout de se rendre compte de la qualité technique des instrumentistes. Cox opère même une démonstration en jouant la fin du titre sur le manche de sa guitare. Remarquable !

Un rappel est bien évidemment réclamé par l’auditoire qui remplissait aux trois-quarts la petite salle du Grand Mix. Deerhunter revient sur le podium, sauf le leader qui plonge immédiatement dans la fosse, pour discuter avec deux jeunes femmes. Bradford Cox qui drague en plein concert, c’est assez cocasse. Après avoir feint un malaise, Cox reprend sa gratte pour terminer son spectacle. C’est finalement sur un morceau des débuts du band yankee que se clôture la soirée. D’abord très doux, « Fluorescent Grey » monte dans les tours avant d’offrir une explosion finale attendue par tout le monde.

Plus d’1h45 de concert, un son presque parfait, une sympathie de tous les instants… Aux yeux et aux oreilles des quelques 400 personnes présentes ce lundi soir au Grand Mix, Deerhunter a complètement cassé son image de groupe prétentieux et antipathique ; mais a aussi prouvé qu’actuellement, il méritait bien de trôner au sommet de l’indie rock...

Setlist :

Desire Lines
Breaker
Duplex Planet
Revival
Don't Cry
Living My Life
Rainwater Cassette Exchange
All The Same
Take Care
Nothing Ever Happened

---------

Agoraphobia
Cover Me (Slowly)
Ad Astra

Fluorescent Grey

(Organisation Grand Mix)

The Kentucky Headhunters

Meet me in Bluesland

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The Kentucky Headhunters est un très ancien groupe. A l'origine, il pratiquait du country rock, voire du southern rock. Et répondait au patronyme d’Itchy Brother, impliquant les frères Richard et Fred Young, le premier préposé à la guitare rythmique et au chant, le second aux drums. Le combo est alors complété par le gratteur Greg Martin et le bassiste Anthony Kenney. En 1986, les frangins Phelps incorporent la formation. Ricky Lee au vocaux ainsi qu’à l’harmo et Doug à la basse. Ce dernier pour remplacer Kenney. Ils y resteront jusque 1992. Mais fait marquant, c’est lors de leur arrivée que le band change de nom et opte pour celui de Kentucky Headhunters. Il y aura encore d’autres modifications de line up au cours de leur aventure. Ainis, Doug Phelps est revenu en 1996, mais pour se consacrer à la rythmique et au chant.

Malgré sa carrière particulièrement longue, le groupe n’affiche pas de discographie abondante. Une dizaine d’albums studio en tout. Le dernier, "Dixie Lullabies", remonte déjà à 2011.

Johnny Johnson était déjà une légende de son vivant. Le magazine ‘Rolling Stone’ le qualifiait de ‘Greatest sideman in rock'n'roll’, pour son rôle de pianiste derrière Chuck Berry. Né en 1924, il fonde son groupe à St Louis, dans le Missouri, dès 1952. Et recrute l'année suivante, un jeune chanteur, guitariste et compositeur répondant au nom de Chuck Berry. Le début d'une grande aventure ! Le 25 janvier 2003, Johnson accompagne les Rolling Stones, sur scène, à Houston, au Texas. Le lendemain, il s'envole pour le Kentucky où il est attendu par ses amis du Kentucky Headhunters. Il avait déjà apporté sa collaboration en 1993, lors de la confection de l’elpee "That'll rock". Durant trois jours, ils s'enferment dans un studio et enregistrent de nombreux titres. Malheureusement, le légendaire pianiste décède en 2005 et le fruit de ces sessions reste dans les cartons. Et c’est Alligator, le célèbre label chicagoan de blues, qui exhume ces bandes et décide de les envoyer au mixing. Nous sommes alors en 2015. En résulte ce superbe opus intitulé "Meet me in Bluesland".

Traditionnelles, les onze plages de cette œuvre baignent au sein d’un climat propice au blues et au rock'n'roll. C'est-à-dire réminiscent de Jimmy Johnson et Chuck Berry. Dont une cover du "Little Queenie" de ce dernier. Les vocaux sont partagés entre Richard Young et Doug Phelps.

Le long playing s’ouvre en force par "Stumblin". Le tempo évoque les Stones. Les grattes évoluent toutes en rythme, alors que très caractéristiques, les ivoires de Mr Johnson balisent l’ensemble. Bien rythmé, d’une grande pureté, "Walking the Wolf" s’inspire de Howlin' Wolf et d’Elmore James. Johnny est insatiable au piano et Greg Martin se réserve la slide. "Little Queenie" rend hommage au vétéran du rock'n'roll, Chuck Berry. Jimmy interprète d’une voix grave et profonde, un autre blues limpide, "She's got to have it". "Party in Heaven" est un rock'n'roll aux accents country. Richard chante passionnément le blues lent "Meet me in  Bluesland". "King Rooster" libère un fameux shuffle! Indolent, "Shufflin' back to Memphis" campe un excellent Memphis blues. Une seule plage instrumentale, "Fast train". Bien imprégnée par l'esprit de Chuck Berry, elle met en exergue l’immense talent de Jimmy Johnson. Dominé par la slide et les ivoires, "Superman blues" est un dernier blues qui clôt l’LP. Une des meilleures plaques blues de l'année!   

Deerhunter

Un rêve psychédélique chargé d’intensité et de puissance…

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Trois années se sont écoulées depuis la sortie de « Halycon Digest », un remarquable album qui avait propulsé Deerhunter au faîte du mouvement noise indépendant. Pendant ce long break, les musicos ne se sont cependant pas tourné les pouces, puisqu’ils ont développé leurs propres projets, à l’instar de Bradford Cox chez Atlas Sound ou de Lockett Pundt pour Lotus Plaza. C’est donc afin de défendre son nouvel elpee, « Monomania », que la formation étasunienne (NDR : elle est issue d’Atlanta) était venue se produire, ce lundi 20 mai, à l’Ancienne Belgique. Dans ses valises, elle a emmené His Clancyness, pour assurer la première partie.

Leader d’A Classic Education, Jonathan Clancy est canadien d’origine italienne. L’an dernier, il avait publié « Alway Mist Revisited », un essai paru à l’origine sous forme de cassette et réédité après remasterisation, mais enrichi de 7 nouvelles plages. Début 2013, il a terminé l’enregistrement d’un nouvel opus, enregistré à Detroit, sous la houlette de Chris Koltay (Atlas Sound, Liars, Akron/Family). Prévue pour cet automne, sa sortie a été précédée par celle d'un Ep. Sur les planches, il est soutenu par un batteur, un bassiste et une claviériste. Le combo ouvre les hostilités vers 20h00. Pendant une bonne trentaine de minutes, His Clancyness va dispenser un psyché-pop-rock d’excellente facture (voir section photos ici ). Une mise en bouche idéale avant de passer au plat consistant.

Après une demi-heure de pause, les musicos de Deerhunter débarquent sur fond sonore jazzyfiant. La salle est loin d’être remplie ; mais perso, j’estime que moins de monde se traduit pas plus d’espace et donc de confort pour le spectateur. Au centre, on reconnaît immédiatement la silhouette squelettique de Bradfort Cox ainsi que la tignasse de Lockett Pundt. Le morceau d’introduction plante le décor. A coups d’envolés de grattes, Deerhunter va nous balancer un set dense et psychédélique. Il faudra d’ailleurs attendre 10 bonnes minutes avant d’entendre, pour la première fois, la voix de Cox. Les guitares crissent, les larsens fusent. Résultat des courses, le public non non-averti file à l’anglaise. Le tracklisting puise au sein de toute la discographie de la formation. Bradford Cox et Lockett Pundt alternent au chant. Ce dernier pose sa voix sur les compos les plus atmosphériques, à l’instar du titre maître du dernier opus. Son acolyte se réserve le micro pour les morceaux davantage noise et n’hésite pas à pousser sa voix, au risque de se déchirer les cordes vocales. L’atmosphère qui règne sur l’estrade est plus que tamisée ; d’ailleurs, vu la disposition des jeux de lumières, on ne verra jamais distinctement la tête des musiciens. Par contre, nos tympans sont soumis à rude épreuve, même si l’effort en vaut la peine. Faut dire que le bruit est très mélodique. A mi-concert, le climat s’apaise quelque peu. Les Yankees puisent dans leur répertoire plus rythmé et allègre ; notamment, en interprétant « T.H.M » et « Back to the Middle ». Vers 22 heures, le band vide les lieux, dans un vacarme électrique étourdissant. Pour y revenir quelques minutes plus tard, afin d’accorder un rappel de quelques titres, dont une version sublime de « Cover Me ».

Exceptionnel, ce set a mis en scène un groupe qui marche allègrement sur les traces des mythiques Sonic Youth. Et puis, pour une fois qu’un line up ne compte pas de claviériste… Bref, ce soir, Deerhunter nous a plongés dans un rêve psychédélique chargé d’intensité et de puissance, même si pour y parvenir, il a pris nos tympans en otage… (voir section photos ici )

(Organisation Ancienne Belgique)

 

 

Deerhunter

L’important, c’est la musique…

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L’Orangerie était comble pour accueillir l’unique date de Deerhunter, en Belgique. Un sold out décrété depuis plusieurs semaines. Faut dire que la formation américaine a publié un des albums de l’année, en 2010, « Halycon Digest ». L’occasion était donc belle de découvrir en ‘live’, l’univers sonore incroyablement riche de Bradford Cox et consorts.

Sur les planches, Bradford, personnage longiligne, est épaulé par le drummer Moses Archuleta, le bassiste Josh Fauver et le guitariste Locket Pundt. Le set s’ouvre par une nouvelle compo intitulée « 60 Cycle Hum », un morceau qui rassure quant à la valeur du prochain album. Les Géorgiens (NDR : ils sont issus d’Atlanta !) enchaînent par le single irrésistible « Desire Lines », seul titre chanté par Locket Pundt, caractérisé par son long crescendo final. Magique ! Le tracklisting épingle la plupart des plages du dernier elpee : les superbes « Don’t Cry » et « Sailing », l’onirique « Basement Scene » (en hommage à John Cage), l’efficace « Helycopter » ainsi que « He Would Have Laughed » (dédié à Jay Reatard) ; mais ne néglige pas pour autant les perles du passé, à l’instar de « Hazel St. » ou encore « Never Stops ». Cox est très à l’aise tant au chant qu’aux six cordes. Le son est impeccable. La cohésion entre les musicos irréprochable. Qu’elles soient shoegaze ou lo-fi les mélodies sont superbes. Dommage, ces longs interludes atmosphériques, car lorsque la musique navigue toutes guitares dehors, le groupe devient vraiment impressionnant.

Conquis, le public est alors comblé par le rappel au cours duquel la formation exécute « Nothing Ever Happened », un morceau magistral, tourmenté, intense, de plus de 10 minutes. A cet instant, on est proche du délire. Hallucinant ! Mais ce qui m’a surtout interpellé, c’est cette absence de contact entre les musicos et le public. En fait, chez Deerhunter, la musique est essentielle et se suffit à elle-même. Et le reste n’a pas grande importance…

(Organisation Botanique)

 

Deerhunter

Halcyon Digest

Écrit par

Retrouver Bradfort Cox constitue toujours une excellente nouvelle. Que ce soit à travers ses  escapades en solitaire, sous le patronyme d’Atlas Sound (NDR : souvenez-vous de l’excellent opus, « Logos », publié l’an dernier ou au sein de Deerhunter. Alors que leur double elpee « Microcastle / Weird Era Cont », paru en 2008, tourne encore et toujours sur nos platines, on avait hâte de découvrir une suite à leurs aventures. Bien sûr, le groupe n’a pas chômé pour autant, puisqu’il a gravé un Ep et puis s’est fendu de quelques sorties, non-officielles. Il faut bien admettre que, depuis quelques années, le groupe d’Atlanta (Georgie) est certainement l’un des groupes les plus intéressants, à l’instar d’Animal Collective ou de Grizzly Bear.

Après avoir écouté une première fois « Halcyon Digest », on constate que l’expression sonore a emprunté un profil davantage acoustique. Pop aussi. Même si la musique recèle toujours des accès shoegaze. Elle se révèle même davantage dépouillée, que sur les œuvres précédentes. « Revival » ou encore « Sailing » en sont probablement les plus belles illustrations. Si la guitare continue de baliser les compos, une nouvelle dimension leur est apportée par la présence de nouveaux instruments. Harmonica sur « Memory Boy » et saxophone sur « Coronado » surprennent à premier abord ; mais finalement rendent l’ensemble plus séduisant. Mais la force des chansons procède de leur sens mélodique. Un sens mélodique terriblement contagieux. Et puis de cette intensité naturelle qui émane de la brume sonore. Presque palpable. A l’instar de l’excellentissime « Memory Boy ». Ou encore de « He Would Have Laughed », une plage dédiée à feu, leur ami et collaborateur Jay Reatard.

« Halcyon Digest » figurera parmi ma sélection des meilleurs albums de l’année, c’est une certitude.

Ian Hunter

Man overboard

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1969. Alors que la sphère rock est en pleine ébullition, le guitariste Mick Ralphs recrute le chanteur Ian Hunter pour former Mott The Hoople (NDR : patronyme tiré d'un livre de Willard Manus). La formation enregistre son premier elpee, éponyme, sous la houlette du producteur Guy Stevens. Sur le label Island. On ressent manifestement l'influence de Bob Dylan dans l'écriture et le chant de Hunter. Pas encore le succès escompté ; quoique le disque deviendra culte, bien plus tard. En 1972, David Bowie leur propose de mettre en boîte sa composition "All the young dudes". Qui devient un tube universel ! A partir de cet instant, le combo est intégré au mouvement glam rock. Atteint d’une dépression nerveuse, Hunter quitte le navire en 1974. Remis de son affection, il décide d’entamer une carrière solo. Il reçoit alors la collaboration de Mick Ronson, le gratteur des Spiders of Mars (NDR : c’est alors le groupe de Bowie) pour concocter "Ian Hunter" en 75, puis "All american alien boy" l'année suivante. Depuis, il a aligné une quinzaine d'elpees, dont "Shrunken heads" en 2007 et "Man overboard", cette année.

Ian accuse aujourd’hui 70 berges. Et pourtant, il affiche toujours le même look : de belles boucles blondes et ses éternelles lunettes noires (NDR : un peu à la Polnareff). Pour ce "Man overboard", Hunter signe onze nouvelles compositions, proposées sous la forme de court-métrages, mises en forme par Andy York, le guitariste de John Mellencamp.

Ian ouvre l’opus par "The great escape", une roots rock song conduite par sa voix facilement reconnaissable. Toujours aussi nasillarde et relativement éraillée, elle semble fatiguée par le long parcours de sa carrière, et évoque le Dylan d'autrefois. Une entrée en matière qui ne maque pas de charme. A cause de la présence de cordes acoustiques (NDR : mandoline, guitare et banjo) et même des interventions discrètes, à l’accordéon. Dès l’intro d’"Arms and legs", le doute n'est pas permis, Ian replonge dans l'univers de Mott the Hoople. Une solide compo enrichie par les sonorités de l'orgue Hammond et hantée par une six cordes bien présente. Il reprend une bonne dose de Mott the Hoople juice pour attaquer "Up and running", sur un tempo rock'n'roll, devant une armée de cordes édifiées par trois guitaristes. Et Mr Hunter a toujours la pêche ! Ian adopte son attitude dylanesque pour interpréter le titre maître. Tel le protest singer, il s’accompagne à la sèche et à l’harmonica. "Babylon blues" concède manifestement des accents blues. Si Ian jouissait du même timbre que Robert Plant, sa musique prendrait un envol semblable à celui d’un certain dirigeable… Fort jolie ballade, "Flowers" me rappelle curieusement un hit de Tom Petty et ses Heartbreakers. "These feelings" et "Win it all" sont des chansons d'amour. Indolentes, intenses, elles épousent une forme souvent privilégiée par l’artiste. L’elpee s’achève par une dernière ballade dylanesque, sorte de BD musicale sans suite…

Pour votre info, sachez que le Mott The Hoople originel a décidé de se reformer. Quarante ans plus tard ! Le temps de cinq concerts. Accordés en octobre 2009. Et un triple cd, a été immortalisé à l'Hammersmith Odeon de Londres, ce 1er octobre. A suivre donc…

 

Deerhunter

Rainwater Cassette Exchange (Ep)

Écrit par

Bradford Cox ne dort jamais. Quelques mois seulement après la sortie du double recueil « Microcastle / Weird Era Cont » et une poignée de semaines avant celle du second ouvrage d’Atlas Sound, son projet solo, Cox –alias Deerhunter– s’amuse à enrichir sa discographie d’un excellent Ep. « Rainwater Cassette Exchange » réunit cinq morceaux écartés, faute de place, sur le déjà copieux « Microcastle ». Le grand gaillard parvient à nous plonger, l’espace d’un quart d’heure, au sein d’une une atmosphère envoûtante, entre pop et shoegaze.

« Rainwater Cassette Exchange » est une petite galette tout simplement inlassable et donc indispensable. Le grandiose « Circulation », parcouru d’un riff de guitare envoûtant, et l’apaisant « Game Of Diamond » valent à eux seuls le détour. « Rainwater Cassette Exchange » n’est rien d’autre qu’hautement conseillé.

 

Rodney Hunter

Hunterville

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L’Autrichien Rodney Hunter est probablement l’un des résidents les plus énigmatiques du label G-Stone. Bien sûr, il a vu sa réputation croître grâce aux succès retentissants de ses deux créateurs Kruder et Dorfmeister. Mais le Viennois a fait ses armes depuis déjà bien longtemps, dans le monde de la musique. D’abord bassiste pour Mordbuben AG, sa carrière explosera au début des 90’s au sein du combo de hip hop Moreau. Il y effectuera des rencontres décisives pour son avenir. Et côtoiera notamment Peter Kruder, DJ DSL et Sugar B, qui le forceront à créer en compagnie de Werner Geier, son propre label Uptight. S’enchaîneront un ‘Grammy’ et des remixes pour des artistes tels que Omar, Cornershop ou encore Gravediggaz.

L’‘Hunterstyle’ est né ; et c’est en 2004 qu’il rejoint l’écurie G-Stone pour un premier album intitulé tout simplement « Hunter Files ». Influencé par Quincy Jones, Herbie Hancock ou encore Kool and the Gang, Hunter présente avec un brin de mégalomanie sa ville : Hunterville.

Coproduit par Peter Kruder, son deuxième opus mêle funk, électro, hip hop, house et dub. Et manifestement, il s’annonce très chaud sur les dancefloors. Paire de Ray Ban oblige, c’est avec la chemise dégrafée de deux boutons et les pompes cirées que l’on se précipite sous les lumières chaudes des clubs. Après des « Hunterville » chuchotés, le tempo est donné par « Huntermatic ». Titre qui vous jette sur la piste pour y suer à grosses gouttes. Brûlantes. Jusqu’à « Glamour Girl ». Véritable revival 80’s sur une reprise de Gypsy Woman, ce titre vous incite à fredonner ce ‘Ladadi Ladada’ toujours à la mode. « No Stoppin » nous rappelle les grandes heures de Marvin Gaye et de son « Sexual Healing ». De quoi nous faire rêver lorsqu’on entend le ‘Wake up, Wake up’ susurré au creux de l’oreille.

Même si les voix un peu trop R’n B, apportées par huit invités de marque, faussent légèrement l’esprit du label G-Stone, cet opus risque de devenir un des disques les plus torrides de la saison. Vu le climat et le temps maussade, on en aura grand besoin !

James Hunter

People Gonna Talk

Écrit par

Protégé de Van Morrison avec lequel le mimétisme vocal est parfois saisissant, James Hunter se la joue old school. Entre le vieux rhythm and blues cher aux intrépides danseurs et le voluptueux reggae des fieffés fumeurs. Sans blague, on croirait que l’enregistrement fut un incessant aller-retour entre les studios de Muscle Shoals et Kingston. Baignée d’orgue sixties et de guitares langoureuses, mâtinés de cuivres chaloupés, sa musique évoque toute une palette de sentiments bigarrés. Genre, je suis un gangster mais avec un putain de bon cœur. Sans même parler de cette voix, gracieuse et chaleureuse comme le corps d’une femme et posant ci et là quelques inflexions dignes du grand Ray. Le tout jouissant d’une production impeccable enfantée dans les studios vintage Toe Rag qui accouchent d’un grand album de Blue-Eyed Soul comme on n'en fait plus. Alors bien sûr, c’est absolument rétro mais le voyage est plutôt chic. Un saut dans la machine, quelqu’un ?

Ian Hunter

Rant

Écrit par

Le pedigree de Ian Hunter est impressionnant. Ex-figure de proue de Mott The Hoople, guitariste des New Yarbirds, admiré par David Bowie à l'époque glorieuse de « Ziggy Stardust », il s'est consacré au cours des années 70 et 80 à la production ; emmenant sur la voie du succès des artistes tels que Billy Idol (Generation X), Michael Monroe (Hanoi Rocks) et Ellen Folley (Urgent). Citée comme source d'influence par des artistes aussi divers que Kiss, REM, Blur ou Motley Crue, la rock star, toujours permanentée et affublée de ses célèbres lunettes noires, est aussi l'auteur de quelques standards, curieusement popularisés (ou remis au goût du jour) par Great White, Blue Oyster Cult et Pointer Sisters (!?). " Rant " constitue sa dernière livraison solo. Mais cette tentative de retour semble vouée à l'échec, tant l'inspiration fait défaut tout au long des douze titres, plus ou moins rock n' roll, qui composent ce disque. C'est mou, ennuyeux et dénué de tout intérêt!

 

Hunters & Collectors

Demon Flower

Au début des eighties, cet ensemble australien nous avait livré deux elpees absolument remarquables, deux œuvres sculptées dans le funk blanc épileptique, cuivré et torturé. Le groupe va alors curieusement rencontrer les pires difficultés pour bénéficier d'une distribution décente. Et c'est au moment où le spectre de la séparation s'est manifesté que le groupe a décroché un contrat chez Atlantic. Mais pour n'accoucher que d'un album aussi insipide qu'inutile. En changeant à nouveau de label, le groupe kangourou vient surtout de changer de fusil d'épaule. "Demon Flower" devrait en tous cas réhabiliter le groupe dans le cœur de ses admirateurs. Il renoue enfin avec ses structures riches, déconcertantes, envoûtantes; ses climats étranges, inquiétants, rencontrés sur "H &C" et "The Human's Curse". Mais en plus, il parvient à jeter des ponts entre le garage (Neil Young), le métal (Hendrix) et même le jazz. Une excellente surprise !