Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (40 Items)

Briqueville

Briqueville, De Casino, Sint-Niklaas le 24 janvier 2026 – Photos

Écrit par

Nazgûl-robes et masques dorés aux becs sinistres : lors de son dernier concert belge, Briqueville fait descendre les ténèbres avec une plainte hypnotique, des enregistrements de terrain inquiétants et une instrumentation traditionnelle saisissante.

Ce collectif mystérieux de metal, né sur les rives de l’Escaut, est composé de musiciens ayant évolué dans d’autres genres et groupes lors d’une vie antérieure.

Depuis plus de dix ans, ils se relaient incognito (oui, même pendant les répétitions) en véritables trashers du metal.

Leurs concerts sont considérés comme des rituels et leurs morceaux sont baptisés « actes » qu’ils numérotent chronologiquement. Osez une virée psychédélique pleine de stoner doom…

(source : De Casino)

N’hésitez pas à jeter un œil aux photos :

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/8988-briqueville-24-01-2026?Itemid=0

(Organisation : De Casino, Sint-Niklaas en collaboration avec Zingende Zwaluw)

 

 

Amen Viana et Angélique Kidjo

Un duo entre Amen Viana et Angélique Kidjo pour le remix du single « Aguegue » …

Écrit par

L'amitié entre Angélique Kidjo et Amen Viana, surnommé le Jimi Hendrix togolais, ne date pas d'hier. « Aguegue » figure sur le dernier LP d’Amen Viana, « The Afrocanalyst », et le remix, sur la réédition en vinyle, « The Afrocanalyst 1 », qui sortira ce 21 novembre 023. La virtuosité Amen Viana à la guitare rappelle celle de Jimi Hendrix et son énergie rock celle de Living Colour. Il s’est forgé rapidement une notoriété en jouant aux côtés d'artistes comme Black Eyed Peas, Angélique Kidjo, Indila, Cheick Tidiane Seck ou Tony Allen.

L’Afrocanalyste est un état d’esprit. L’elpee est une nouvelle étape dans la carrière de l’artiste. Enregistré au fil de ses voyages de musicien et co-réalisé avec Kwame Yaboah (Cat Stevens, Craig David, Osibisa, Kwasibu Area Band), il correspond à une réflexion sur son parcours et réunit des invités comme Kaziah Jones et Akua Naru. Viana est né au Togo où il a grandi.

Sur ce long playing, il balance des riffs incisifs parfois rock-punk sur les racines de rythmes ancestraux, et le tout est ponctué par les cuivres. Rock toujours !

L’Afrocanalyste se détache d’une victimisation devenue stérile face à un système géopolitique confus et caduque, mais qui perdure. Son leitmotiv, d’abord musical, est de faire de ses difficultés une force et de redonner un sens plus léger à une mondialisation à grande échelle, pourtant à sens unique. Il se réfère à une phrase de Bob Marley : ‘On ne sait pas à quel point on est fort jusqu’à ce que, être fort reste la seule option possible’. C’est le combat d’une génération consciente qui ne lâche rien.

L’opus est découpé en 12 pistes, chantées alternativement en anglais, en français et en mina, une langue togolaise. En ouverture, « Brother », morceau au titre fédérateur, imprime le ton et la direction. Amen Viana s’adresse à ses frères, en déroulant peu à peu un tempo qui appelle à la danse et réveille les corps, sinon les esprits. Les textes à l’engagement sociopolitique croisent la langue togolaise et le hip hop. Sur cet album, il est parvenu à réunir les voix de la chanteuse américaine Akua Naru, du globe-trotter nigérian Keziah Jones ou encore du soulman Oldie Rooster. Ensemble, ils célèbrent la force croissante d’une nation dont on sait depuis longtemps qu’elle déborde les frontières. D’un continent à l’autre, le pouls bat.

La vidéo consacrée au remix d’« Aguegue », est disponible

 

 

Dominique A

Reflet du monde lointain

Écrit par

Les morceaux qui figurent sur « Reflet du monde lointain » sont probablement des titres écartés du tracklist de « Monde réel », le précédent album de Dominique A. Il recèle 8 pistes dont une intro symphonique de 35 secondes, baptisée « Le dénouement », et un morceau instrumental de 2 minutes (« Le retournement ») tramé sur une boucle électronique minimaliste. Une boucle qu’on retrouve sur « Chaque enfant dans son monde » et « La plaine ».

Les compos les plus intéressantes figurent en première partie du long playing. D’abord l’énigmatique « Les vagues et les regrets ». Impliquant aussi bien la flûte, la basse que la batterie, les arrangements sont soignés. Une plage tout au long de laquelle le spectre de Thiéfaine plane. Des arrangements qui deviennent à nouveau symphoniques sur « La fadeur et l’intensité », après avoir goûté aux synthés aquatiques.  Et enfin « Les yeux dans le soleil » qui bénéficie d’une jolie mélodie.  

Enfin, l’opus s’achève par le dépouillé « Maison d’ambre », une chanson dispensée en mode piano/voix.

Et hormis les deux instrumentaux, ces compos véhiculent des textes remarquablement poétiques…

 

Oslo Tropique

Oslo Tropique entre les mains des robots…

Écrit par

Oslo Tropique pense sa musique tel un défouloir. On y retrouve tous les éléments du rock qui ont pour effet de vous ensorceler le corps. Sans même vous en rendre compte, vous commencez à secouer la tête et taper du pied.

Les frappes puissantes, l’agressivité de la basse Rickenbacker, le gras du Marshall et le noise de l’ampli Vox développent un rock musclé et abrasif aux frontières du garage et du stoner dans lesquels s’immiscent des textes, en français, poétiques et engagés. Ils prennent le pari que la sueur d’un pogo permet d’éveiller conscience et réflexion.

Le groupe a été créé en 2019, à l’issue de la rencontre de membres de la scène rock toulousaine, d’un membre des arts de la rue, les sauvages ‘Commando Percus’, et de Benjamin Entringer, guitariste des ex-Ulster Page.

Oslo Tropique est un oxymore climatique et on souhaite qu’il le reste. Après tout, nous ne sommes pas si pressés de siroter des mojitos à Oslo.

Après un premier Ep éponyme de 4 titres sorti en mai 2021, en pleine crise sanitaire, Oslo Tropique présente cette année son premier album « Entre Les Mains Des Robots ». 10 titres secs et nerveux.

Il s’inscrit dans la continuité du premier Ep dont certains titres proviennent d’ailleurs des mêmes sessions d’enregistrement.

On retrouvera deux titres du premier Ep « Un pavé dans l’écran » et « L’amour et ses fantômes » ainsi que le single « Barbara » sorti le 11 novembre 2021, un hommage rétrofuturiste aux poilus.

Cet album est une projection futuriste et une allusion à la technologie qui ne cesse d’envahir notre quotidien. Le numérique a quelque chose de terriblement attirant pour sa capacité à nous faciliter la vie, à raccourcir le temps et à la fois d’effrayant lorsqu’il s’invite dans notre quotidien et parfois, en contrôle les moindres gestes dont le QR code du pass sanitaire pourrait en être l’actuel symbole.

Découvrez à présent, et en avant-première, le clip du 2nd single d'Oslo Tropique : "Nuits Verticales" ici

Liquid Bear

Heavy grounds (Ep)

Écrit par

Après avoir écouté cet Ep pour la première fois, on partage l’avis des différents chroniqueurs qui se sont prononcés sur la toile en décrétant que les principales influences rencontrées par ce quatuor parisien sont à chercher du côté de King Crimson, Alice In Chains, Birth of Joy et Deep Purple. Ce dernier, surtout à cause de l’orgue rogné qui infiltre les compos, un peu à la manière de feu Jon Lord. Pensez à l’album « In Rock ».

« Heavy grounds » constitue le second Ep de Liquid Bear, un disque découpé en 5 plages de prog/metal au climat ténébreux (NDR : morceau le plus long de ce maxi, « Billions of crabs », en est certainement le plus bel exemple), climat accentué par des lyrics qui traitent de thèmes très contemporains, comme la maladie, le déclin de la planète terre et la difficulté de trouver sa place dans la société. 

Outre la complexité de certaines textures sonores qui peuvent parfois virer vers le jazz (« The frog »), après avoir laissé le drumming galoper, on a droit aux inévitables soli de guitare. Elle est bavarde sur « Goblin crushed », dégouline sur « Waiting for burst » ou gémit sur le titre maître…

Dominique A

Vie étrange

Écrit par

« Vie étrange » ne serait pas un nouvel album (NDR : quoique !) de Dominique A, mais un ‘carnet de bord musical’ né de son imagination, en plein confinement. D’abord, ce disque inclut les 4 plage de son Ep (« Le silence »), une adaptation de « L’éclaircie », compo signée Philippe Pascal (Marc Seberg, Marquis de Sade), disparu en septembre 2019, et seulement 5 inédits. Dont l’hommage qu’il rend à Christophe, sur le titre maître (‘Quelle vie étrange / Plus de mots bleus / No more’).

Première constatation, pour cet elpee, le Nantais en est revenu à une forme lo fi. Celle de ses débuts. Sur les premiers morceaux, sa voix est aussi fragile et confidentielle que celle de…  Christophe… Minimaliste, la boîte à rythmes imprime le tempo de la plupart des compos. Les claviers sont, en général, atmosphériques. Cathédralesques sur « Papiers froissés », ils frémissent littéralement tout au long de « A la même place ». Un peu de sèche, le plus souvent en picking, mais 2 lignes de gratte sur le morceau final « Sols d’automne ». Et puis une structure électronique et des dissonances martiales inspirées de Coil pour « Rien qu’en amour ». Deux plages qui tout en demeurant dépouillées, sortent quelque peu d’une certaine ligne de conduite instrumentale dictée sur cet LP. Quant aux textes, ils épousent les incertitudes de l’époque chaotique et anxiogène que nous vivons actuellement à travers des chansons poétiques qu’il interprète avec une sensibilité, une profondeur et une élégance qui touchent le cœur et l’âme…

Thématiques

Le graphisme Punk s'expose au musée ADAM à Bruxelles

Depuis le 20 novembre dernier, l'ADAM (Brussels Design Museum) présente ‘PUNK GRAPHICS’, une exposition explorant le langage visuel singulier enfanté par le mouvement Punk, au cours des années '70 et identifié jusqu’au milieu des années '80. Pour être plus précis, on devrait parler de ‘Punk, Post punk et New-Wave Graphics’, car cette esthétique a également servi de véhicule visuel pour les mouvements apparus dans le sillage du ‘No Future’ de 1977. À travers des centaines d’images iconiques, le visiteur peut découvrir l’influence durable du mouvement punk sur le graphisme mainstream. Organisée par thème plutôt que par artiste, cette exposition quadrille l’histoire du punk pour explorer diverses techniques graphiques, comme le rôle des images appropriées ou empruntées, l’utilisation du collage et du montage ou encore les méthodes DIY des flyers et des zines. Musiczine a rencontré David Vermeiren, curateur de l'expo belge.

78723085_1302905043250904_2494828403530661888_n.jpgDavid, merci pour cette interview. Cette exposition est, à l'origine, bien américaine ?

David Vermeiren : Oui, elle a été présentée d'abord au Cranbrook Art Museum, près de Detroit et ensuite au Museum of Arts and Design (MAD) de New York. Elle s’appuie sur la collection d’Andrew Krivine, un banquier d’affaires new-yorkais qui a été le témoin privilégié de la naissance du mouvement punk. C'est Andrew Blauvelt, directeur du Cranbrook Art Museum, qui a sélectionné 500 pièces pour créer l'exposition. Pour ma part, j'en ai ajouté une série provenant de collectionneurs belges.

Comment peut-on caractériser cette esthétique Punk ?

ADAM-MUSEUM-Vincent-Everarts-004_-_Copy.jpgD.V. : C'est une esthétique qui reflète l’attitude 'anti-système' de la culture Punk. Elle privilégiait une pratique DIY (‘débrouille’) et ‘artisanale’ alors même que le secteur graphique professionnel s’ouvrait aux outils informatiques. Les musiciens créaient leurs propres affiches et pochettes de disques, tandis que les fans confectionnaient flyers et fanzines à l’aide de machines à écrire, mais aussi en découpant des lettres dans les journaux et magazines.

L'esthétique Punk était aussi coutumière d'une une forme de plagiat, d'appropriation ?

D.V. : Oui, il existait une grande liberté d’inspiration. Elle puisait dans toutes les formes d’art ; la culture pop, la BD, les romans populaires, la science-fiction, les films d’horreur... Le collage était la technique de référence.

Comme, par exemple, sur la pochette de « Anarchy in The UK » des Sex Pistols...anarchy.jpg

D.V. : Oui, c'est une pochette réalisée par Jamie Reid, en 1976. L’image empruntée reste parfois telle quelle. C’est le cas du diagramme des ondes sonores d’un pulsar repéré dans un manuel d’astronomie et utilisé par Peter Saville pour l’album « Unknown Pleasures » de Joy Division ou de nombreux portraits de célébrités utilisés sur les pochettes des Smiths.

 

Les artistes Punk reprenaient également des images de la propagande communiste, comme par exemple sur la pochette de l'album « Sandinista ! », de The Clash...ADAM-MUSEUM-Vincent-Everarts-002_-_Copy.jpg

D.V. : Oui, l'objectif était de montrer une image choquante pour susciter une réflexion. Des images de guerre ou de films d'horreur étaient également employées. Pour le mouvement ‘Rock Against Racism’, lancé après les déclarations racistes d'Eric Clapton, en 1976, le groupe s’est servi de l'étoile à 5 pointes, créée à l'origine par un graphiste russe, Lazar Lissitzky, dans les années 30.

Plus tard, ces techniques DIY se sont professionnalisées pour se transformer en un style largement diffusé...

D.V. : Oui, au début des années '80, on l’observe sur les pochettes d'OMD ou de New Order. Ici, l'influence vient surtout du Constructivisme, avec ses formes géométriques radicales.

Abordons la partie belge de l'exposition. Vous avez pu avoir accès à la collection d'Annick Honoré, je crois ?

plan_k_jd.jpgD.V. : Oui, pour ceux qui ne la connaissent pas, Annick était journaliste et elle s'occupait de la programmation des concerts du Plan K, la salle de concert mythique située à Molenbeek. C'est elle qui a permis à Joy Division d’y jouer, en octobre 1979 et en janvier 1980. Elle a aussi co-fondé les Disques du Crépuscule et Factory Benelux. Elle est malheureusement décédée il y a 5 ans. Tout au long de sa carrière, elle a accumulé des archives, auxquelles nous avons eu accès grâce à la précieuse collaboration de sa fille, Sasha Vernaeve. 

Annick était une femme extraordinaire. J'ai eu la chance de la connaître un petit peu. Elle nous a quittés beaucoup trop tôt. Quels sont les autres contributeurs pour la partie belge de l'expo ?

D.V : A côté d'Annick, il y a Arno Arnouts, Lieven De Ridder, qui a livré les pochettes de disques...

C'est Lieven de Ridder, du label Walhalla Records ?

D.V. : Exactement. Il y a aussi Touki, de Belgian Waffles Records, Etienne Vernaeve, le père de Sasha, Ruud Martens, Patrick Lemin, Christophe Malfliet et, enfin, Kloot Per W, qui a fourni les fanzines. A l’époque, il avait participé à l’aventure de Polyphonic Size.

Quelle est la caractéristique du graphisme Punk en Belgique ?ADAM-MUSEUM-Vincent-Everarts-011.jpg

D.V. : Le Punk était une petite scène en Belgique. Le mouvement a véritablement commencé au festival Jazz Bilzen en 1977, quand The Damned et Elvis Costello s’y sont produits. Soit l’année au cours de laquelle est paru le premier album de Hubble Bubble, avec Plastic Bertrand dans le line up. A la même époque, l'Ep de Chainsaw, « See Saw », est également sorti. Et l'année suivante, le premier elpee –éponyme– des Kids. On expose d'ailleurs une photo de leur concert immortalisée au festival Jazz Bilzen, en 1978.

 

A cette époque, la Belgique était, je crois, à la pointe de l'avant-garde grâce, entre autres, à la proximité géographique et culturelle avec l'Angleterre.

D.V. : Oui, le fait d'être un petit pays nous a donné une plus grande capacité d'ouverture. Le Plan K, par exemple, était un lieu culturel unique en Europe. Nous exposons d’ailleurs de nombreux posters du Plan K, mais aussi de l'Ancienne Belgique, du Beursschouwburg, etc. Il y a également des flyers DIY en noir et blanc, parfois écrits à la main. Les posters du Plan K sont, eux, plus professionnels. Ils présentent bien souvent des créations d'artistes renommés, comme celles de Jean-François Octave, qui utilisait, lui aussi, l'esthétique constructiviste.

new.jpgPour clôturer, quel est la pièce que vous préférez dans l'exposition ?

D.V. : C'est un poster de Peter Saville, réalisé pour New Order.

Merci !

L'exposition ‘Punk Graphics’ est ouverte jusqu’au 26 avril 2020, à l'ADAM Museum de Bruxelles (Heysel).

http://adamuseum.be/

Merci à David Vermeiren, ADAM Museum et BE CULTURE.

Dominique A

La fragilité

Écrit par

Publier deux albums en un an est devenu un exercice de style si rare qui mérite d’être doublement souligné !

Si d’aucuns pourraient arguer qu’il s’agit de la résultante d’un syndrome narcissique, force est de constater que "La fragilité" emprunte un chemin de traverse diamétralement opposé au précédent opus, sorti quelques mois plus tôt.

Paru en mars dernier, "Toute latitude" revenait aux fondamentaux, notamment grâce à l’utilisation de séquences rythmiques métronomiques embrassant ci et là une mélodie sculptée dans la new wave tout en adoptant un tempo imprimé par la Tanzbär (NDR : boîte à rythmes fabriquée outre-Rhin).

Ici, l’exercice de style est différent, mais ne dénature en rien le caractère stylistique de son auteur.

Le quinqua épouse une courbe davantage feutrée, plus fine et intimiste dans laquelle il s’interroge de manière introspective sur des sujets qui l’obsèdent comme la fugacité de la vie, la ruralité ou encore la guerre ("Le ruban"). 

C’est une constante, il est inconcevable d’appréhender les textes passivement. Ils s’étudient, se vivent et s’enivrent intensément. Mais la magie finit par opérer. C’est la toute grande force de cet artiste à la plume experte…

On épinglera l’hommage à Leonard Cohen, "La poésie", en plage d’ouverture. Une plage écrite, deux jours après sa mort, seulement…

Fragile, ne signifie pas nécessairement triste… Même si certaines compos flirtent avec l’amertume, la rondeur y est absolue notamment grâce à l’utilisation d’une sèche aux cordes en nylon, dépoussiérée pour l’occasion.

Si la trame des compos est exclusivement acoustique, elle invite cependant des guitares électriques, ainsi que quelques rythmiques ; ce qui ne nuit en rien la cohérence de l’ensemble.

En bref, l’artiste poursuit son travail et nous offre un cru instantané, mais d’une sincérité à toute épreuve dans la parfaite lignée de ce qu’il a entamé depuis le début de sa carrière.

Qui en doutait encore ?

 

Dominique A

Ce qui sépare

Il y a bien longtemps, dans les années 90, un type au teint livide chantait sa déprime sur fond de folk acariâtre : il s'appelait Polar, et portait un bonnet noir qui lui donnait des airs de cambrioleur à la petite semaine. Pas drôle, le mec, mais forcément touchant : ses deux premiers albums, « 1 » et « Bipolar », recelaient quelques perles à s'écouter toutes lumières éteintes, le doigt sur les tempes et la bouche crispée dans un rictus rageur. Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de Genève, et l'on se demandait si Polar ne s'était pas noyé, lui aussi, tel un Buckley helvète. Dix ans plus tard, Polar refait pourtant surface et sort un quatrième album, « Jour Blanc », écrit en compagnie de Miossec. Qui pour le coup n'a pas l'air de s'être foulé le coude, tant les paroles s'avèrent naïves et dénuées de toute métaphore. Quand Polar monte sur scène, seul, sans bonnet, il nous balance donc ses nouvelles chansons, en français dans le texte, sans penser un instant à ses fans de la première heure. Et du Polar en français, c'est comme de la choucroute sans clou de girofle : ça passe mal. Chez lui, les 'roses sont des épines', à moins qu'il ne s'agisse d'un problème de liaison, mais en tout cas on ne peut s'empêcher de sourire. Etre ou avoir, peu importe, puisque les textes de ses autres chansons sont tout aussi à l'avenant : ni rimes, ni vigueur syllabique, Eric Linder devrait lire Flaubert. Heureusement que le mec est sympa : il nous raconte la genèse de quasi chacun de ses titres avant de les chanter, d'où la redondance, et l'ennui. Sympa, le mec : dommage qu'il se soit mis à la chanson française, et que d'un coup on croirait presque entendre Pascal Obispo chanter dans la montagne, au milieu des vaches violettes (cette voix, irritante à force de yodle démonstratifs). 'C'était mieux avant' ? Evidemment.

Peter Von Poehl, lui, peut se targuer d'avoir gravé un des meilleurs disques pop de l'année : l'excellent « Going to where the tea trees are », dont il interprétera 5 titres seul, à la guitare. On peut regretter l'absence de toute enluminure (synthés, cuivres, batterie, basse,…), mais présentées telles quelles, en toute simplicité, ses jolies mélodies gardent pourtant leur pouvoir d'attraction… Et quand le Suédois demande à l'assemblée de hululer en chœur sur « The Lottery », personne ne se fait prier et l'humeur monte doucement, jusqu'à envahir le parterre comme du sirop de liège. Même assis, le public réagit : il est conquis. Peter Von Poehl chante alors « The Story of the Impossible », la chanson-Mobistar, mais heureusement aucune sonnerie de GSM ne vient gâcher ce grand moment de poésie lo-fi. Avant de clôturer par « Going to where the tea trees are », Peter Von Poehl hasarde de sa voix cajoleuse quelques mots en français (il connaît bien la langue), plaisante à propos de Tricatel ; bref met tout le monde dans sa poche. Vivement la tête d'affiche en 'full live band' !

Mais les trentenaires dans la salle étaient surtout présents pour le concert de Dominique A, dont le dernier album avait déjà été présenté lors des dernières Nuits Botanique. 'Vous n'aviez pas envie d'aller voir Motörhead ?', ironise d'entrée de jeu notre homme en noir avant de balancer « Revoir les choses ». Pas d'« Overkill » en cover, mais la plupart des titres de « L'Horizon » joués pied au plancher, dans une ambiance glaciale qui en laissera plus d'un perplexe. C'est un Dominique A sec et rageur qui se présente à nous, le corps rigide et le regard frondeur : on n'est pas là pour rigoler, à moins d'aimer l'humour très pince-sans-rire du Français exilé à Bruxelles. « La Relève » et « Rouvrir » ne détendent pas l'atmosphère : il faut attendre « Le Camion », semblant de tube radiophonique, pour oser remuer les orteils en position assise. « La Mémoire Neuve » ranime de vieux souvenirs, mais la question semble être ailleurs : Dominique A aurait-il mal digéré son souper ? A part deux rappels où se succèdent enfin vieux tubes moins féroces (« Antonia » et « Le Courage des Oiseaux »), on ne peut s'empêcher de rester circonspect : il a fait froid pendant deux heures, et notre veste était consignée au vestiaire.

La setlist : Revoir les Choses, La Relève, Rouvrir, Le Camion, Bowling, Antaimoro, La Mémoire Neuve, La Pleureuse, Music-hall, Pour la Peau, Où Sont les Lions, Exit, L'Echo, Retour au Quartier Lointain, Le Commerce de l'Eau, L'Horizon, Tout Sera Comme Avant, Adieu Alma, Antonia, Rue des Marais, Le Courage des Oiseaux.

 

Dominique A

Toute latitude

Écrit par

La sortie d’un album de Dominique A constitue toujours un événement au sein dans la sphère musicale…

Se réinventer de manière systématique sans s’éloigner de l’essence même de cette culture qui l’habite depuis toujours et dont lui seul maîtrise la recette, telle pourrait être la préface d’un ouvrage consacré à cet artiste unique en son genre…

Si son dernier essai « Eléor » et son titre éponyme avaient permis aux médias les plus critiques de souligner une absence de risques et une pop trop léchée, « Toute latitude », premier des deux disques d’une année particulièrement prolifique (un second « La Fragilité », paraît en octobre), revient à des fondamentaux ; et notamment grâce au recours à la Tanzbär (NDR boîte à rythmes fabriquée outre-Rhin).

Le résultat révèle des morceaux très susceptibles d’embrasser une forme abrupte tout en lorgnant vers la new wave et ses séquences rythmiques métronomiques, mais aussi des chansons plus chaleureuses à la douceur des flammes d’hiver, à l’instar de la plage d’ouverture ou encore « Aujourd'hui n'existe plus »…

Si l’exercice de style dénote un vrai goût pour l’indépendance des diktats contemporains, le côté synthétique de certaines plages peut vite souffrir d’une linéarité non maîtrisée et glaciale (« Les deux côtés d’une ombre »).

Le gaillard innove toutefois aussi en utilisant la technique complexe du ‘spoken word’ (« Se décentrer »), exercice auquel il s’était déjà essayé en 1990 (« Fossette ») ; ce qui apporte une touche un peu plus percutante et incisive à la narration presque incantatoire des mots prononcés par l’artiste...

Bref, Dominique Ané, à l’état civil, flirte davantage avec l’écrin que la plume, dans un ouvrage qui balaye un genre assez large tout en berçant l’auditeur d’histoires tantôt touchantes et minimalistes parvenant à transformer une banalité en tragédie (« La mort des oiseaux »), voire militantes et percutantes lorsqu’il dénonce l'urbanisation à outrance (« Le reflet »)… le tout modestement, mais allègrement…

Dominique A

Puissance ‘A’!

Dominique A vient donc de publier un nouvel album. Baptisé « Toute latitude », il a été enregistré en compagnie d’un groupe et fait la part belle au rock électrique et électronique. Et l’auteur-compositeur-interprète a prévu d’en graver un second, à l’automne prochain. Réalisé en solo, il proposera des mélodies plus acoustiques et intimistes. Et s’intitulera « La fragilité ». ‘Toute latitude’, c’est également le nom du périple qui transitait par l’Aéronef de Lille, ce jeudi 12 avril.  

Ce soir, Dominique est entouré d’un quatuor réunissant Jeff Hallam à la basse (NDR : filiforme, il tient sa basse très haut, parfois comme une arme, quand il ne fait pas corps avec elle ; et puis parfois, il se sert d’une petite console électronique) ainsi que Thomas Poli aux claviers, machines et guitares (NDR : dont une pedal steel). Tous deux avaient déjà participé au sessions de l’elpee et la tournée de « Vers les lueurs », paru en 2012. Sans oublier Sacha Toorop, complice de longue date, et Etienne Bonhomme, longtemps collaborateur de Claire Dit Terzi, aux batteries, ce dernier, se concentrant plus régulièrement sur ses drum pads.

La salle est comble lorsque le quintet grimpe sur le podium. Dominique semble surpris par le monde qui peuple l’Aéronef, ce soir. Et il le signale d’emblée. Un public multigénérationnel et particulièrement chaud. Le set s’ouvre par « Cycle », titre qui ouvre le nouvel opus, et embraie par « La mort d’un oiseau », une plage qui reflète son indignation face aux sévices qu’on inflige aux animaux, sa stupéfaction vis-à-vis de l’idée du mal, sa colère face à un monde qu’il n’aime pas et qui se complaît dans l’apathie ambiante. Des thèmes qu’il défend tout au long de son dernier long playing. Le son est puissant. Parfois très. Et pour de nombreux titres, l’intensité se développe en crescendo. Le natif de Provins (NDR : c’est en Seine-et-Marne) alterne registre chanté et déclamatoire. A l’instar de « Les deux côtés d’une ombre », une compo angoissante et obsessionnelle, entraîné au cœur d’une mécanique industrielle infernale, au cours de laquelle il se déhanche. La fusion entre organique et électronique est parfaitement équilibrée. Et le robotique « Va t’en » en et une autre démonstration. Régulièrement, Thomas se sert de la pedal steel pour libérer des sonorités gémissantes. Le light show est caractérisé par des rectangles –aussi bien concrets que virtuels– placés au-dessus des musiciens, qui reflètent des rayons lasers. Et le tout est parfois déchiré par des lumières stroboscopiques. Mais la scène est plongée dans le rouge, tout au long du très électrique « Aujourd’hui n’existe plus » et bleu pendant « Vers le bleu » (NDR : of course !). « Se décentrer » nous rappelle que la terre n’est pas le centre de l’univers et l’Europe, pas le centre de la terre. Frémissant et caractérisé par le vocal overdubbé, « Le reflet » prélude sans doute le climat du prochain opus, « La fragilité ». « Toute latitude » et « Le sens » sont chargés de swing, ce dernier est en outre, souligné de chœurs. Atmosphérique, « L’océan » communique l’impression vibratoire de l’eau. La voix nous porte pendant le puissant « Rendez nous la lumière ». Hypnotique, envoûtant même, « Corps de ferme à l’abandon » est riche en texte, et dans son imaginaire, on se projette l’idée de la ferme à l’abandon et du château. « Lorsque nous vivions ensemble » évoque la vie rangée, qui s’arrête… à la maternité. Lorsque Thomas empoigne sa guitare, les compositions deviennent, très souvent plus rock et les éclats d’électricité foisonnent. Et c’est la tendre ballade « Eléor » qui clôt le set.

Premier rappel ! Qui s’ouvre par le très beau et romantique « Au revoir mon amour » et embraie par le musclé « Immortels », au cours duquel les deux drummers libèrent toute leur énergie. Dansant, « Le twenty-two bar » ressemble à un paso doble au rythme accéléré. Et « Le courage des oiseaux » a été traduit en titre électro dansant, un peu dans l’esprit de Visage. Mais la foule en réclame davantage.

Lors du deuxième rappel, elle est en délire. Le combo nous réserve alors encore « Le convoi ». L’entame est minimaliste, mais à l’instar de nombreuses compositions interprétées ce soir, elle monte progressivement en intensité… avant l’explosion finale. Dominique A remercie le public qui applaudit encore quelques minutes à tout rompre. Deux heures dix d’un concert puissant et de qualité. De quoi rassasier l’auditoire présent ce soir.

En première partie, on a eu droit à Powerdove, le projet d’Annie Lewandowski pour lequel elle est aujourd’hui soutenue par Chad Popple aux percussions et à la batterie et le multi-instrumentiste (banjo, concertina, cuivres rafistolés, percus artisanales et tutti quanti) Thomas Bonvalet. Expérimentale, la musique de ce trio est à la fois percussive et atmosphérique, la voix de l’Américaine, qui se sert également d’une sorte de keytar, est particulièrement éthérée. Lorsqu’il ne frappe pas sur ses cymbales ou les bois de ses fûts, parfois quand même sur les peaux, Chad tripote des cordes à l’intérieur d’une sorte de barbecue qui répercute des sonorités proche du marimba. Le résultat est sans doute original, mais manque cruellement de punch.

(Organisation : l’Aéronef) 

Setlist

1) Cycle
2) La mort d'un oiseau
3) Pour la peau
4) Les Deux Côtés d’une ombre
5) Vers le bleu
6) Va t'en
7) Le sens
8) Aujourd’hui n’existe plus
9) Le Reflet
10) Se décentrer
11) L'Océan
12) Toute Latitude
13) Rendez-nous la lumière
14) Le commerce de l'eau
15) Lorsque nous vivions ensemble
16) Exit
17) Cap Farvel
18) Corps de ferme à l’abandon
19) Le métier de faussaire
20) Éléor

Encore:

21) Au revoir mon amour
22) Immortels
23) Le Twenty-Two Bar
24) Le courage des oiseaux

Encore 2:

25) Le convoi

Pénitence Onirique

V.I.T.R.I.O.L.

Écrit par

V.I.T.R.I.O.L, tel est le doux et suave titre du premier album des Français de Pénitence Onirique, duo originaire d’Autricum, nom donné à la ville de Chartres par les Carnutes, un peuple de la Gaule celtique. Pendant un peu moins de cinquante minutes, Bellovesos aux instruments et Diviciacos au chant, s’immiscent subtilement dans la partie la plus torturée de votre âme. Cinq morceaux, au rythme soutenu mais lancinant, inoculés comme des injections d’acide sulfurique où la musique ne se fait pas tant garante de la violence d’une rencontre entre le corps et le liquide, mais bien de la pénétration intradermique lente et douloureuse du poison. Bien que très peu d’informations ne soient communiquées au sujet des deux musiciens, nul doute qu’ils ont déjà derrière eux une expérience certaine dans le Black Metal. Ce n’est certes pas l’album qui va révolutionner le genre ou lui faire prendre une nouvelle voie encore inconnue, mais le voyage ésotérique est bel et bien au rendez-vous. La plage titulaire de l’opus, la plus intéressante en termes de progression et d’ambiance, offre un déferlement de rage froide et apocalyptique, soutenu par un rythme lourd et oppressant à la batterie. ‘L’essence s’enflamme, la chair figée, frigide coquille d’un séraphin prisonnier, immobiles les larmes, devant l’assistance moqueuse et figée’, tel est le dernier couplet de la composition qui clôt à l’encre de sang cette traversée épique. En publiant ce premier effort, Pénitence Onirique démontre toute sa capacité à créer un univers malsain qui vous tient par la gorge et dont les riffs répétitifs viennent sinuer tacitement les zones d’ombre de votre imaginaire. Un potentiel qui ne demande qu’à être exploité.

 

Véronique Sanson

Dignes, dingues, donc

Écrit par

C’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes. Enfin, selon l’adage ! Arborant fièrement 67 printemps, l’icône de la chanson française pose une nouvelle fois ses vocalises sur un tout nouveau format.

Propulsé par le single "Et je l'appelle encore", vibrant hommage à sa mère disparue dix ans plus tôt, ce nouvel opus était donc espéré par les fans qui ont patiemment dû attendre durant six longues années depuis le dernier exercice de style, « Plusieurs lunes ».

L’artiste a bien bourlingué depuis ses débuts ! Elle a traversé les âges et les modes, affrontant ci et là les tumultes de la vie.

« Dignes, dingues, donc … » synthétise, quelque part, la carrière de l’artiste. Plutôt éclectique, il recèle toute une palette de titres épurés et émouvants où piano et cordes se mêlent à la syntaxe vocale et le phrasé si particulier.

Eloignée des années sombres, la grande dame y parle, sans équivoque, de ses thèmes de prédilection sous une double angulaire, à mi-chemin entre légèreté et gravité.

Pop/rock, le titre maître avait été écrit juste avant les attentats ; et il traite de la religion, non sans un certain degré d’humour décomplexé. « Des X et des I grecs » tire un trait sur un passé alcoolique. Plus sombre, « L’écume des jours » relate une histoire d’amour qui s’est envolée, une plage qu’elle partage en duo avec Thomas Dutronc. Et le fils à Jacques participe également au plus léger, mais chargé de swing, « Zéro de conduite ». Enfin, « S’il était une fois » baigne au sein d’un climat latino. Une fin de parcours qui dénote cependant dans l’ensemble, flirtant même inopportunément avec une certaine variété…

Véronique Sanson est certainement un monument de la chanson française. Et vu son parcours, on peut même affirmer que sa carrière est solide comme le roc(k). Mais si ce quinzième album studio devrait ravir les inconditionnels de l’artiste, les mélomanes risquent fort de rester sur leur faim, espérant toujours aussi impatiemment une œuvre du calibre de celles publiées au début des années 70 (« Amoureuse », « De l’autre côté de mon rêve », …)

Dominique A

Plus que parfait !

Écrit par

Le Festival au Carré accueillait, ce dimanche 5 juillet, une figure de proue de la nouvelle chanson française.
Si l’artiste n’a jamais vraiment bénéficié d’un tapage médiatique, contrairement à bon nombre de ses pairs, il a déjà pourtant écumé bien des scènes en plus de vingt années de parcours ! Il fait partie de ces hommes plus soucieux de leur crédibilité que de leur portefeuille, même s’il lui arrive, de temps à autre de flirter, plus ou moins consciemment, avec un objectif mercantile. C’est malheureusement le prix à payer si on veut plaire à une large frange de la population. Il faut parfois accepter de vendre son âme à Dieu ! (NDLR : au diable ?)
Le chanteur charismatique a foulé les planches montoises pour, durant deux bonnes heures de bonheur, balayer l’ensemble d’une carrière riche, tout en épinglant les titres de son dernier écrin de beauté intitulé « Eléor ».
L’arène, plutôt mélomane, réunit des badauds, rarement en deçà de la quarantaine, signe du caractère plutôt élitiste du spectacle.
Nous étions donc loin d’un public composé de groupies venues voir un boys band !
Dominique A est un artisan à part entière de la langue de Molière ! Il la connaît, la croque, la tord comme pour en tirer le meilleur jus tel le vigneron, pour en faire son vin. Et comme celui-ci, il se bonifie au fil du temps.

Dire que parallèlement, d’autres s’emploient à l’anglais jugeant le français fade est d’une absolue ringardise. A tort bien sûr !

Chantournés et façonnés d’une façon dont lui seul a le secret, les mots sont choisis avec justesse ! Tantôt poétiques, tantôt plus incisifs et torturés, ils semblent tout droit sortis d’un chapeau pour incruster ses textes. Ils prennent un sens particulier dans chacune des chansons, donnant parfois lieu à une narration ou l’imaginaire est roi.

On écoute attentivement et la première pensée qui vous traverse l’esprit, c’est un cousinage éloigné avec Jean-Louis Murat, Miossec ou encore Benjamin Biolay.

Votre serviteur est bluffé par la prestation musicale de ce soir. Tout est plus que parfait : le son, la lumière et les arrangements. Et le tout est servi par une interprétation magistrale particulièrement soignée, exigeante et délicate !

Jonglant entre morceaux électriques et tempos plus lents, la setlist réunit pas moins de vingt-neuf morceaux. Elle est d’une cohérence à couper le souffle.

Du côté des musiciens, le jeu est d’une habilité déconcertante ! Chacun est dans son élément ! Le bassiste est le plus enjoué de tous ! La manière dont il se tortille en dit long sur son état euphorique. Une attitude proche de l’extase même !

Entre histoires fantasmées et somptueuses, le concert ressemble à un melting-pot de flottements naturels mélodiques et esthétiques placé au sein d’une parenthèse inattendue !

Dominique A fait ce qu’il aime! Il y ajoute beaucoup de véhémence même ! Ca se voit et ça se sent ! Il assume complètement cette identité hors du commun. Il fait fi de tout ce courant trop facilement dans l’air du temps. Comme pour éviter des lendemains fiévreux !

Après nous avoir gratifié d’un florilège de (quasi)tubes, le groupe s’est offert le luxe de revenir à deux reprises pour un total de huit titres. C’est dire sa générosité !

Quelle soirée !

Setlist

Cap Farvel
Nouvelles Vagues
Le sens
Une autre vie
Revenir au monde
Revenir au monde
Celle qui …
Le détour
Semana santa
Passer nous voir
Rendez-nous la lumière
Au revoir mon amour
Par le Canada
Central Otago
Immortels
Music hall
Ce geste absent
Rouvrir
Vers le bleu
L’océan
Eléore
Convoi

1er rappel :

Marina Tsvétaeva
Retour au calme
Retrouvailles
Le courage des oiseaux

2ème rappel :
La fin du monde
La peau
L’horizon
Oklahoma

(Organisation Mons 2015)

Voir aussi notre section photos ici

Quique Gomez & Luca Giordano

Chicago 3011 Studio Sessions

Écrit par

Luca Giordano est un guitariste italien de 33 ans. Quique Gomez est un harmoniciste espagnol. Madrilène, pour être plus précis. En 2005, Luca émigre à Chicago pour rencontrer les acteurs du blues local. Il publie un album solo, en 2012, "My kind of blues", disque pour lequel il reçoit le concours de Chris Cain, Sax Gordon et Bob Stroger.

Le duo avait déjà bossé ensemble sur un premier opus, en 2010, "Dead Mama blues". Quique a milité au sein du groupe espagnol Gatos Bizcos. Lors de cette aventure, il a participé à la confection d’"I can't believe my eyes", en 2012.

Nos deux compères sont soutenus par le drummer Marty Binder (ex-Albert Collins Band, Junior Wells), le bassiste Harlan Terson (Lonnie Brooks Band, Otis Rush), et le pianiste Ariyo (Billy Branch & Sons of the Blues). Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au Studio 3011 de Chicago, sous la houlette de Pete Galanis, lui-même guitariste, ex-Howard and the White Boys, Rob Blaine's Big Otis Blues.

Piano et harmonica ouvrent "Blow my blues away". Un blues imprimé sur un mid tempo. Manifestement, le chanteur ne s'exprime pas dans sa langue maternelle. Les premières ouvertures émanent des ivoires d'Ariyo et des cordes de Giordano. Les choses sérieuses commencent dès "The fool", un Chicago shuffle" canalisé par l'harmonica de Gomez et caractérisé par l’excellence des vocaux. La guitare de Luca s'autorise un envol à la fois superbe et parcimonieux. Véhiculant des accents swamps, dans l’esprit de Slim Harpo, "You're fine" nous entraîne dans la danse ; une belle opportunité pour Gomez de se mettre en évidence. "Three wheels automobile" est un blues qui aurait pu être signé par Willie Dixon pour Little Walter. C'est pourtant Luca qui fait d’abord la différence. Impeccablement ficelé, son solo monte progressivement en puissance, avant de céder le relais à Quique, qui piaffait d’impatience. Toujours aussi brillant, "Livin' in a campsite" est bercé par un swing délicat, un swing alimenté par la section rythmique et le piano converti au jazz! Les deux amis reprennent le "Woman don't lie" de Luther ‘Snake Boy’ Johnson, guitariste du Muddy Waters Band au cours des années 60. Quique en profite pour s’accorder un nouveau billet de sortie lumineux. La qualité est toujours au rendez-vous tout au long de "Travellin' man", une piste imprimée sur un tempo funky. Bob Stroger se réserve la quatre cordes et chante le classique d'Eddie Taylor, "Bad boy". Au cours de ces dernières années, ce vétéran a remporté deux fois l'award du meilleur bassiste de blues. Quique et Luca son particulièrement inspirés pour attaquer le long blues lent "Outskirt of town". Une plage bouleversante. Jimmy Burns prête sa voix à "That's life". Et elle a du vécu ! Billy Branch vient souffler dans son harmo sur "Rocket 88". Il ne manque d’ailleurs pas de panache. Eddie C. Campbell chante et gratte sur son "Eddie's shuffle", un blues saignant. Enfin, en bonus, tout ce beau monde se retrouve en studio pour attaquer "Jammin' with friends", une finale très ‘Made in Chicago’. Un album sans prétention mais bigrement plaisant !

 

Dominique A

No photo !

Écrit par

C'est le sac léger, que votre serviteur débarque ce samedi 25 mai à l'Aéronef, légèreté toute légitime car l'équipement du rédacteur est assurément bien plus confortable que celui du photographe. Sans bousculade et parmi une majorité de quadras, c'est dans sa version intime que je découvre la salle qui ce soir accueille Dominique Ané.

Il est 20h15 quand débute la session de Thomas Suel, un ch’ti gars du Nord qui nous invite à découvrir son univers poético-social, flanqué de Christian Pruvost à la trompette et Jérémie Ternoy au Fender Rhodes.

Très rapidement je suis distrait par les odeurs suaves du resto-bar. Aussi, malgré le slam endiablé de Thomas, je décroche quelques secondes plus tard. Cette technique vocale ne retenant définitivement pas mon attention.

A peine ai-je terminé de composer mon menu imaginaire et très olfactif, que débute le set du meilleur interprète français de l'année 2013, élu récemment aux Victoires de la Musique.

Tout de noir vêtu, Dominique A, en maître de cérémonie, monte sur l’estrade. Il est accompagné de Thomas Poli, guitariste aux pédales multiples et préposé au synthétiseur analogique, du bassiste Jeff Hallam, équipé d'une contrebasse imposante, sans doute tout droit sortie du conservatoire le plus proche, du batteur Sébastien Buffet et du claviériste David Euverte, ces deux derniers s’installant un peu plus en retrait.

Dominique A ouvre le menu par " Pleine des Sables", extrait de l'album "Vers les Lueurs". Il est armé de sa Fender Telecaster et ne la quittera pas de la soirée.

La gestuelle et la démarche digne d'une diva de notre ‘MC’ en impose immédiatement. Le set va puiser dans toutes les périodes de sa discographie.

Aucun temps mort entre les morceaux et, malgré les demandes incessantes du public afin d’interpréter "Le sens" ou le "Twenty-two bar", l'artiste ne cède pas aux sollicitations et impose son répertoire de manière très élégante et subtile. Un certain respect professoral s'instaure entre le public et l'artiste, et les revendications sont vite oubliées, laissant place aux applaudissements.

En élève attentif, même si une certaine lassitude débarque après la première heure, je me concentre sur la prestation. Que ce soit les morceaux les plus puissants ou le plus tendres, voire les nombreux premiers titres revisités pour cette soirée. C'est Thomas Poli aux fourneaux de l'electro qui efface toutes sonorités désuètes, à l’instar du célèbre "Courage des Oiseaux", définitivement plus rock et contemporain sans les synthétiseurs. L'attitude scénique de Thomas me fait, par ailleurs, souvent penser à Jonny Greenwood de Radiohead.

Dominique A va dispenser un concert irréprochable tant d'un point de vue technique vocale que guitaristique, au détriment somme toute d'une certaine émotion, que je déplore ne pas avoir assez ressentie. 

Heureusement, Jeff Hallam, en sous-chef averti, épiçait soigneusement le tout, pour démontrer que l'émotion était bien présente lors de ce ‘live’, mais que le professionnalisme et le perfectionnisme prenaient le dessus avant tout.

Intimiste et agréable, ce festin de roi cuisiné aux petits oignons par un top chef et son équipe, m’a donné l'envie de replonger dans les premiers albums de cet artiste incontournable…

Photographiquement vôtre…

 

Antiquus Infestus

The Cult Of Ra (Demo)

Écrit par

Si le logo et la pochette du disque pourraient laisser croire à un énième groupe de deathcore au son éculé et mille fois entendu, on se rend compte, une fois la courte intro arabisante passée, qu’il n’en est rien. Antiquus Infestus est un band de black metal aux influences death, thrash et punk résolument old school, qui n’accorde aucune concession aux poncifs actuels du genre, et trace sa voie sans se soucier de sonner moderne. Ils se disent influencés par Behemoth et Immortal, mais on entend aussi du Goatwhore, voire du Terrorizer dans leur son. Pour autant, il ne s’agit pas d’un groupe plus underground que l’underground à la production hasardeuse. The Cult Of Ra a beau être une démo, le son est plus que correct, l’exécution précise, voire un peu froide par moments, certainement à cause de l’utilisation d’une batterie programmée, utilisée à bon escient pour permettre des blasts d’une rapidité fulgurante, même si les tempos sont variés au long des quatre titres de la démo.

Le concept est lui aussi audacieux, car malgré ses quatre titres, Antiquus Infestus propose ‘un voyage intérieur et physique vers l’immortalité’ et utilise une seconde voix pour ‘décrire la présence du pouvoir divin qui augmente chez le voyageur tout au long de son périple. A la fin de la dernière chanson, le protagoniste est totalement possédé par la divinité qui le rend immortel’. Un programme illustré par des titres de chanson interminables (« A Hymn Of Praise To Ra When He Rises In The Eastern Part Of Heaven », par exemple) qui confirment le sérieux de l’entreprise. Le groupe est ambitieux, et travaille sur un premier album dont la date de sortie n’a pas encore été annoncée.

 

Dominique A

Vers les lueurs

Écrit par

En 1966, les Beatles enregistraient le célèbre « Eleanor Rigby » en compagnie d’un quatuor à cordes. Un type de collaboration qui allait ouvrir de nouveaux horizons à de multiples groupes ou artistes, pop, rock ou autres. Par contre, le concours d’un quintet d’instruments à vent, c’est plus rare. Dominique A s’est donc servi de cette formule, pour concocter son 10ème opus. Enfin, pas seulement, puisqu’il a toujours reçu le soutien de son fidèle backing band. Enfin, il ne faut pas négliger le rôle des arrangements réalisés, par son vieux complice, David Euverte, ainsi que la présence plus significative du piano.

Dans l’univers de la ‘bonne’ chanson française, depuis le décès de Bashung, il n’existe plus guère de valeur confirmée vivante. H-F Thiefaine, Jean-Louis Murat et Dominique A sont certainement les derniers des Mohicans. La nouvelle scène existe pourtant ; elle est même en plein ébullition au sein de l’Hexagone ; mais les médias ‘populaires’ ignorent la plupart des artistes qui y militent. Demandez donc à un auditeur lambda qui n’écoute que des stations de radios françaises à ‘grande audience’, s’il connaît les trois fleurons susvisés ou même s’il en a déjà entendu parler. Serait-ce parce que ce trio puise une partie de son inspiration musicale, dans la pop et le rock ? La question mérite d’être posée. Ou alors parce que le système continue ou se contente de protéger le vase clos et lucratif des ‘variétés’, outre Quiévrain ? C’est plus que probable…

Votre serviteur avait un jour écrit que Dominique A était l’héritier naturel de Léo Ferré. A cause de sa voix. Et puis de la poésie de ses textes. Poésie qui peut se révéler autant visionnaire, intimiste qu’engagée. Esotérique aussi. La lumière c’est aussi le thème central de son œuvre. Il l’a d’ailleurs intitulée « Vers les lueurs ». Et la plupart des titres de cet opus s’y réfèrent. L’être humain est en recherche perpétuelle de lumière. Il est angoissé quand elle manque (« Parfois j’entends des cris »). La lumière, c’est la vie, l’espoir (« Quelques lumières ») et l’amour. La vie après la mort, aussi. Un sujet que le natif de Provins n’aborde cependant pas. Par contre, il nous réserve des prophéties apocalyptiques. «  La possession » tout d’abord. Description d’un ‘Déluge’ moderne. « Le convoi » ensuite. Une plage de 10’ qui nous conduit vers une très hypothétique ‘Terre promise’. Très hypothétique, car elle évoque plus que probablement la déportation des juifs, vers les camps d'extermination, au cours de la seconde guerre mondiale…

La rencontre entre les instruments à vent (flûte, clarinette, basson, hautbois, cor anglais, saxophone), basiques, et les ivoires est plutôt réussie. Parfois l’aspect rock est plus présent. A l’instar de « Close West », dont l’intensité électrique peut évoquer Noir Désir. Mais en général, l’instrumentation est parfaitement équilibrée…

Au plus j’écoute cet elpee, au plus je l’apprécie, mais aussi au plus je lui découvre des vertus cachées. Je ne suis pourtant pas encore parvenu à toutes les décrypter. Ce sera un travail de longue haleine ! Mais il était essentiel de rédiger cette chronique, Dominique A se produisant au Cirque Royal, ce vendredi 11 mai 2012, en compagnie de l’ensemble de cette nouvelle équipe, dans le cadre des Nuits Botanique…

Raphael Saadiq

Stone Rollin’

Écrit par

Ex Tony! Toni! Toné! et Lucy Pearl, Charlie Ray Wiggins, alias Raphael Saadiq, revient en forme pour son cinquième LP. Du moins à premier abord. Après avoir exploré la Soul des sixties sur son déjà classique « The Way I See It », en 2008, le chanteur à lunettes s’attaque de nouveau à la Soul vintage, en y ajoutant une pincée de rockabilly, de funk et de groove.

« Stone Rollin’ » s’ouvre par un « Heart Attack » au riff funky irrésistible ; mais c’est essentiellement l’excellent single « Radio » qui retient l’attention. Un morceau qui donne envie de ressortir le vieux papier peint fleuri, les fringues de papa et maman –circa seventies–afin de dessiner des pas de danse dont James Brown serait fier.

Malheureusement, l’euphorie est de brève durée et opère quelques petites courbes mal venues. Lorsque les morceaux se distinguent, ils sont particulièrement bons. C’est le cas de « Radio », « Stone Rollin’ », « Moving Down The Line », « Day Dreams » et « Good Man ». Mais dans le souci de ne pas effrayer les fans de « The Way I Like It », Saadiq exécute, sur l’autre moitié du disque, un bis-repetita à coups de morceaux mous du genou. A l’instar de « Go To Hell », le très N.E.R.D. « Over You », les barbants « Just Don’t » et « The Answer ». Reste que l’on sent Saadiq ultra investi dans son travail, même au sein des morceaux les plus pourris de l’opus. Si bien que la production de « Stone Rollin’ » est tout simplement parfaite. Ne manque plus que le craquement du vinyle et on s’y croirait.

Live : Gent Jazz Festival (16/07)

 

MuséeMécanique

Hold this ghost

Écrit par

Après avoir accordé une surprenante performance folk-rock en support act de Get Well Soon, à l’AB Club de Bruxelles, ce 11 mars dernier, où la formation étasunienne présentait un trio de multi-instrumentistes séduisants, composé de l’ancien claviériste de Tristeza, Sean Ogilvie (chant/ clavier/guitare/accordéon/mélodica), de Matt Berger (batterie/percussions/glockenspiel) et de Micah Rabwin (chant/guitare/scie musicale/clavier), Musée Mécanique nous régale d’un album aux ondulations sonores, vibrant davantage sur des vagues pop que folk.   

Ce nom, volontairement emprunté au célèbre musée brocante de San-Francisco, bâtiment  reconnu pour abriter une collection singulière d’artefacts, de boîtes à musique mécaniques, d’antiques machines Arcade et de nouvelles technologies, reflète parfaitement le propos délibéré de Micah Rabwin déterminé à fabriquer des chansons artisanales et uniques à l’aide de matériaux d’hier et de demain : ‘Nous aimons faire des chansons qui aient leur propre âme, tout comme les machines qu'ils ont là-bas au musée’. Tel un bateau intemporel qui résonne d’images et de sons, « Hold this ghost » prend le large et navigue sans fin vers des rivages pop/folk nostalgiques et rêveurs. Naturellement. Accoutré d’instruments de friperie, d’équipements naufragés et d’électronique vintage. Symbiose entre humanité et technologie qui prendrait la forme d’une boîte à musique folk résonnant de mélodies soufflées d’un passé riche de mystères, d'émerveillement (« Fits And Starts ») et s’enrichirait délicatement de l'ère du numérique (« Our Changing Skins »). Bref, un pop-folk moderne qu’indiffèrent les influences classiques américaines et se marginalise par ses arrangements luxuriants et ses fondements électroniques.

Initialement produit et conçu par Rabwin et Ogilvie –mixé par Tucker Martine (The Decemberists, Sufjan Stevens et Laura Veirs)– le trio de Portland se métamorphose en quintette pour bâtir les piliers fondateurs de son premier opus baigné d’un pop/folk atemporel et bucolique. Les deux musiciens supplémentaires subliment les orchestrations de basse, de glockenspiel, de lecteur de cassettes (Jeff Boyd), de claviers, de lap steel, de mélodica et de percussions (Brian Perez) ; et consolident les fondements d’un puits bruissant de mélodies lyriques délicates et complexes. Un combo indie qui se moque des conventions et jongle avec dextérité d’une multitude d’instruments rarement vus dans l'industrie moderne. 

Le timbre cotonneux de Micah Rabwin, les calmes vagues sonores et le ton mélancolique de « Like Home » tracent l’esquisse parfaite d’un indie folk aux arrangements méticuleux. Une piste qui se dresse comme l’archétype idéal pour tout amateur du genre. 

C’est l’histoire d’un groupe d'amis féroces et d’artisans fantasques qui explorent le temps et le son. Un voyage au cœur des paysages épiques de Pink Floyd et des chemins de traverse sensibles et accrocheurs de l’acid-indie de The Flaming Lips.

Musée Mécanique, une nature authentiquement distincte. Le refus viscéral des vagues qui moutonnent…

 

Casse Brique

Glumour

Écrit par

Dans le domaine de la musique alternative, le label liégeois Honest House est incontestablement un ‘must’. Surtout en Belgique ! Depuis 2005, cette écurie est devenue un vivier de talents en devenir. Faut croire que les patrons de cette boîte ont le nez creux ! Car chaque groupe découvert est une future pépite. D’ailleurs, entre Frank Shinobi, Taïfun ou El Dinah, difficile d’opérer un choix. Et ce n’est pas le groupe bruxellois, avant-dernière signature du label, qui nous fera changer d’avis. Au contraire.

Casse Brique est un duo bruxellois réunissant Julien Coti (guitare, basse) et Maxime Thomas (batterie). Leur style ? Du math rock ! Dans la lignée de Battles, Don Caballero, Shellac ou encore Tartuf. Différence, mais elle est de taille, Casse Brique, a contrario de bon nombre d’artistes évoluant dans cet univers très caractéristique, a le bon goût de ne pas sombrer dans l’intello à outrance. A l’instar d’un Don Caballero, trop souvent obnubilé par ses équations sonores, au point d’en oublier son rock. Tout au long de « Glumour », la maîtrise manifestée par le tandem est impressionnante. Et pourtant leur solution sonore demeure constamment énergique et vivifiante. Les boucles de guitare et de basse se superposent impeccablement, pendant que les fûts tremblent sous les coups métronomiques de Thomas. Sur cet album rien n’est à jeter. Les riffs ravageurs vous guettent constamment. Les cassures sont plus surprenantes les unes que les autres. Du tracklisting, j’épinglerai tout de même « Rideau Disco » et puis surtout « -12 Newtons », morceau au cours duquel les deux compères sortent leurs tripes avant d’embrayer sur le titre suivant…

Après avoir vécu une année creuse, la scène musicale belge reprend manifestement du poil de la bête. Et Casse Brique en est certainement la plus belle illustration. Mais l’endroit où le combo est le plus performant, c’est sur les planches. Il y casse littéralement la baraque (NDR : oui, je sais le jeu de mots est facile). Sur scène ou plus exactement devant la scène. Car chez Casse Briques les prestations ‘live’ se déroulent au niveau du sol. De quoi créer une ambiance toute particulière. Et puis, si vous souhaitez vérifier mes propos, je vous invite à vous rendre soit au Century Rock de Mouscron ce 24 avril ou encore le 29 avril au café Central à Bruxelles, où ils s’y produiront.

 

Page 1 sur 2