La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Ian Siegal

One night in Amsterdam

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Chanteur, guitariste et compositeur, Ian Siegal est l'artiste anglais le plus populaire aujourd'hui dans les milieux du blues et de la roots music. Depuis le début de ce nouveau millénaire, il a publié toute une série d'albums, très bien reçus par le public et la critique. Il cumule les British Blues Awards depuis 2010. Cet opus a été immortalisé ‘live’ au North Sea Jazz Club, à Amsterdam, en avril 2014. Pour la circonstance, son backing group, The Rhythm Chiefs, réunit trois jeunots : le guitariste Dusty Ciggaar, le drummer Raphael Schwiddessen et le bassiste Danny Van't Hoff. Et ils sont bataves. Malgré son jeune âge, Ian a une voix déjà ravagée. Manifestement, l'artiste a déjà sa part de vécu. 

Le concert s’ouvre par une compo imprimée sur le rythme du chemin de fer. Pas étonnant, puisque la plage s’intitule "I am the train". Le très jeune Ciggaar s'affirme d’emblée ; un gratteur hyper doué qui s’est indéniablement forgé un style personnel. Funky, "Brandy balloon" évolue sur un tempo nerveux. Dusty est à nouveau très incisif sur cette piste qui figurait sur l’elpee "Meat & Potatoes", paru en 2005. La voix de Siegal emprunte un timbre caverneux, rugueux, digne de Howlin' Wolf, tout au long de "Kingdom Come", un titre issu de "Broadside", publié en 2009. Très belle compo, "Writing on the wall" est une cover d’un  combo de pub rock anglais, Plummet Airlines. Pas vraiment blues, ce morceau lorgne plutôt vers Van Morrison. Caractérisé par ses accents latins, le jeu de cordes est particulièrement original ; et, en outre, il est remarquable. Les musiciens sont parfaitement soudés. Le guitariste hongrois Ripoff Raskolnikov signe "Temporary", un excellente roots song. Les notes dispensées par Ciggaar sont d’une limpidité incroyable. "Early Grace" est un pur blues inspiré des maîtres originels du Delta. Ian a fixé son bottleneck. La musique est envoûtante, lumineuse, mais également extrêmement dépouillée. Perso, j’estime qu’il s’agit du meilleur moment du concert, tant l’artiste libère de sensibilité. La cover du "Gallo del cielo" de Tom Russell nous entraîne sur les pistes poussiéreuses du Texas. La pedal steel de Dusty réverbère d’évidents accents métalliques, tout au long de ce morceau qui baigne dans la country et le tex mex. Empreinte de douceur, "Queen of the Junior Prom" est une ballade composée par Siegal et Keith Harrison, il y a plus de dix ans. Elle figurait sur son premier LP, "Standing in the morning", un disque paru en 2002 sur le label allemand Taxim. En fin de show, Ian est rejoint par Tees Garthé, dont la voix douce et féminine soutient celle chargée de passion de Siegal, pour interpréter le Love hurts" de Bryant Boudleaux, un titre transformé en hit, il y a bien longtemps, par les Everly Brothers, puis plus tard, par Nazareth. Tees prête encore son timbre frêle sur la finale "Please don't fail me", écrite par Rudy Lentzen, un musicien d'origine indonésienne qui vit aux Pays-Bas. Encore une ballade roots, très inspirée par le blues, caractérisée par de belles parties de cordes. Un excellent concert!

 

Ian Siegal

Man & Guitar

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Ian Siegal est sans aucun doute l'un des meilleurs bluesmen insulaires. Agé de 42 balais, ce chanteur/guitariste/compositeur truste, chaque année, les récompenses des British Blues Awards, depuis 2010. Il se produit régulièrement en compagnie d’un groupe ; mais il lui arrive de se produire en solo, armé de sa seule guitare et de sa voix. Et ce "Man & Guitar", enregistré par la BBC au célèbre Royal Albert Hall de Londres, en octobre dernier, dans le cadre du London Bluesfest, immortalise un tel exercice du style. La setlist est constituée de compos personnelles et de traditionnels du blues.

Ian est assis. Solitaire devant l’auditoire de l'imposant Royal Albert Hall. Sa voix ravagée et rocailleuse nous guide, tandis qu'il gratte nerveusement ses cordes. Il ouvre le set par "The Silver spurs", un morceau qui figurait sur son elpee "The dust", paru en 2008. Le bottleneck bien accroché au doigt, il le fait glisser le long des cordes communiquant au son ce caractère métallique si caractéristique. Il interprète "Mary don't you weep", un negro spiritual qui remonte avant la guerre civile des USA. Pete Seeger, Aretha Franklin et Bruce Springsteen l’ont autrefois également inclus dans leur répertoire. Siegal possède un don unique à se servir du bottleneck. Et il le démontre une nouvelle fois sur "Mortal coil shuffle", un blues bien ancré dans ses racines. Il rend ensuite hommage à l'un de ses maîtres, Charlie Patton. Considéré comme le père du ‘Delta blues’, il avait enregistré son "Pony blues", en juin 1929. Un bail ! Ian injecte toute sa rage dans la voix pour adapter ce titre d'un autre siècle. "I am the train" est imprimé sur un tempo hypnotique, proche de celui du chemin de fer. "T' ain't nobody's business" est un autre très ancien blues. Il a été composé par le pianiste Porter Grainger, vers 1921. Depuis, il a été repris à maintes reprises par des tas d’artistes devenus légendaires, dont Bessie Smith, Alberta Hunter, Billie Holiday, Dinah Washington, Sam Cooke et, avec pas mal de bonheur, Freddie King. Taj Mahal en avait également réalisé un arrangement personnel ; et c’est celui-ci que Siegal a choisi d’adapter, lors d’une version à la performance vocale impressionnante. Mais le meilleur titre exécuté lors de ce concert est incontestablement son "Falling on down again". Il attaque encore le "Preachin' blues" de Robert Johnson, un medley composé de chants traditionnels. Puis "Live so God can use you", un gospel d'une autre époque, également repris par Muddy Waters. Et embraie par le "You got to move" de Fred McDowell. En fin de parcours, il nous réserve la cover du "Gallo del Cielo" de Tom Russell, et une composition ancestrale, "Hard times". Ecrite en 1854 par Stephen Foster, elle a figuré au répertoire de Bob Dylan et Johnny Cash.

Ian Siegal

Candy store kid

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Issu de Memphis, Jim Dickinson est un producteur notoire. Il a notamment bossé pour Ry Cooder, Bob Dylan et Rolling Stones, excusez du peu ! Ses deux fils, Cody et Luther, sont également devenus célèbres. Ils militent chez les North Mississippi All Stars depuis le début de l’aventure de ce groupe, soit en 1996. Ils sont originaires d’Hernando, un patelin sis quelque part dans les collines du Nord du Mississippi. Et si Cody sévit également au sein de Hill Country Revue, Luther double comme gratteur chez les Black Crowes.

Garry Burnside est le neveu du regretté R.L Burnside, le mythique bluesman (NDR : on est toujours dans le Mississippi) considéré comme l'âme du label Fat Possum. Cedric Burnside, le petit-fils de R.L s'est illustré dernièrement, notamment en compagnie de Lightnin' Malcolm. Ensemble, ils ont publié un excellent opus pour Delta Groove, en 2009, "The two men wrecking crew"

Si Alvin Youngblood Hart est né à Oakland, en Californie, il a passé beaucoup de temps dans l'état du Mississippi, c’est-à-dire le plus près possible des racines du blues!

Ian Siegal est un des meilleurs bluesmen anglais. Il s’était mis en tête de réunir tout ce beau monde pour enregistrer un album. Et il est parvenu à ses fins. Il s’est donc rendu à Memphis pour y mettre en boîte sa dernière œuvre, soutenu par toute cette équipe, baptisée pour la circonstance, The Mississippi Mudbloods. Et c’est Cody Dickison qui s’est chargé de la mise en forme, tout comme pour l’elpee précédent "Swaggy" ; ce dernier avait cependant été enregistré à Coldwater, encore et toujours dans le Mississippi!

Ian ouvre l’elpee par le "Bayou country" de Duke Bardwell et Doug Veitsch, une compo écrite il y a bien longtemps, lorsqu’ils accompagnaient Tom Rush. Les interventions de gratte dispensées par Luther Dickinson sont excellentes, mais acides. La lead vocal est enveloppé par un chœur féminin opulent. "Loose cannon" pénètre dans un univers poisseux. Celui des terres ancestrales du Mississippi. Ian chante de son timbre quelque peu ravagé, talonné par les cordes de Youngblood Hart. Embarquement immédiat ! Nous empruntons le chemin de fer. "I am the train" est imprimé sur le rythme endiablé des fûts martelés par Cody, pendant que Hart s'acharne sur son bottleneck. Lightnin' Malcolm se joint à Ian pour chanter son "So much trouble". Un hillbilly blues qui fleure bon les collines du Nord Mississippi, un parfum épicé par des guitares torturées et le sitar de Luther. "Kingfish" nous plonge au cœur du delta. Naturel, le chant est soutenu par des guitares parfaitement en symbiose. Authentique, cette musique suit les traces laissées par Charlie Patton, Son House et Robert Johnson. Particulièrement grave et autoritaire, la voix s’installe en avant-plan tout au long de "The fear". Un sentiment de peur causé par la rythmique menaçante et hypnotique nous envahit, tout au long de cette remarquable composition. La rythmique de Cody entre en transe sur "Earlie Grace jnr", alors que la slide s'enroule autour de la voix possédée de Siegal. Texan, H B Barnum est pianiste. Ce vétéran est un excellent arrangeur. "Green power" est une chanson issue de sa plume. Caractérisée par la voix sauvage, cette plage fait instantanément mouche.  "Strong woman" trempe dans le Delta blues. Un morceau bien rythmé, au cours duquel Cedric donne la réplique vocale, alors que les cordes du maître restent bien en évidence. Nous nous approchons des marais étouffants du Sud. Le tempo commence à paresser et les vocaux se décontractent. Un sentiment de mélancolie et de langueur nous envahit tout au long de "Rodeo", un petit joyau dans le style, que Cody colore à l'orgue pour renforcer davantage cette douceur retrouvée. D’excellente facture, cet opus s’achève par "Hard pressed", une compo légèrement funkysante (cette rythmique !), balayée d’interventions à la slide vivifiantes, mais dont la voix rocailleuse émerge assez facilement de l’ensemble.

 

Ian Siegal

The skinny

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Pourtant à peine âgé de 40 ans, Ian Siegal est certainement l'un des meilleurs bluesmen anglais du moment. Il publie un nouvel album pratiquement chaque année, depuis la parution de son premier en 2005, "Meat & potatoes". Pour la circonstance, il s'est rendu aux sources du blues, dans le Mississippi. En août 2010, une bonne série de nouvelles compositions en poche, il entre dans le studio Zebra Ranch, à Coldwater, sous la houlette de Cody Dickinson, membre des North Mississippi All Stars et fils du regretté producteur de Memphis, Jim Dickinson. D'ailleurs, pour concocter cet opus, Ian a fait appel aux plus jeunes fils de bluesmen notoires, également musiciens locaux. Ce qui explique le patronyme du backing band, The Youngest Sons.

Garry Burnside est le fiston de la légende du delta blues, R.L Burnside, Robert Kimbrough, celui de David Junior, une autre gloire, propriétaire d'un juke joint à Holly Springs, Rodd Bland, enfin, celui de Bobby Blue, lui aussi bluesman d'exception.

Excellent de bout en bout, cet elpee est très homogène. Il reflète bien le blues de cette terre de racines. La musique baigne dans une atmosphère suffocante, oppressante, glauque. Elle ne laisse guère de place à la joie de vivre. Elle défile comme la bande originale d'un film retraçant le chemin de ce style plus que centenaire.

Ian possède la voix de sa musique, une voix très personnelle, imposante et hantée. Dès les premières notes de "The skinny", nous sommes directement au coeur du sujet. Le timbre vocal est grave et empreint de désespoir. Il est rapidement soutenu par un front de cordes conséquent ; soit la slide de Siegal ainsi que les guitares de Kimbrough et d’Alvin Youngblood Hart, invité pour la circonstance. La slide se libère progressivement avant d’emprunter un chemin de croix tortueux et douloureux. Les lèvres soudées au micro, Ian embraie par "Stud spider", une compo issue de la plume de Tony Joe White. Son pied gauche écrase la pédale wah wah tandis que Bland cogne dur sur ses peaux. Enfin libéré, Robert, qui attendait impatiemment son tour, dispense des notes bien lugubres. La trame imposée à "Master plan" est hypnotique et ne cède le relais que lorsque les cordes se lâchent. Longue plage, "Hound dog in the manger" est également un des sommets de l’opus. Stagnant dans la vase des swamps, il reflète ce mal de vivre. Robert Kimbrough  possède une maîtrise incontestable. Le son réverbéré des cordes accentue le climat menaçant. Les musiciens prennent leur pied sur "Picnic jam", un titre imprimé sur le Bo Diddley beat. Garry Burnside signe cette jam et la chante d’une voix pleine de dynamisme. Il se réserve également les vocaux sur "Garry's nite out". Pour "Natch'l low", Codi Dickinson est passé aux percussions, une compo trempée dans le pur delta blues au cours de laquelle il nous réserve un solo pas possible, tranchant comme une lame effroyable qui glace la peau. "Devil's in the detail" est abordé à la manière d’un chant tribal. Ian vocifère. Ils sont cinq à lui répondre en chœur. Des tas de percussions alimentent le morceau, pendant qu’André Turner souffle dans son pipeau, à la manière de son regretté ancêtre Othar, disparu en 2003, à l'âge de 96 ans. Ian Siegal reprend les commandes lors de la finale "Hopper' (Blues for Dennis"), une plage qu’il interprète avec beaucoup de conviction et de détermination. Un superbe album!

Ian Siegal

Broadside

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Originaire du sud de l’Angleterre, Ian Siegal est né en 1971. Il a découvert le blues dès son plus jeune âge, en écoutant Muddy Waters et Howlin' Wolf. Il se met alors à jouer de la guitare ; et à l’âge de 20 ans, il décide de partir à Berlin, où il chante dans la rue. Il revient ensuite à Nottingham. Il y demeurera cinq ans. Puis débarque à Londres où il partage la scène en compagnie de différents artistes ; et notamment le Lee Sankey Group. Il commence alors à se produire sous son patronyme et s’illustre lors des festivals européens. Ce qui va lui permettre un jour, de rejoindre sur les planches, le vétéran Pinetop Perkins (NDR : l'ancien pianiste du Muddy Waters Band), alors âgé de 92 ans. Un épisode qui constitue sans doute le meilleur moment de la carrière du jeune musicien.

Son premier elpee remonte à 2002. Intitulé "Standing in the morning", il sera réédité en 2004 sur le label allemand Taxim. En paraissant sur le jeune label anglais Nugene, son opus suivant, "Meat & potatoes", bénéficie d’une meilleure distribution. A cette époque, il recrute le bassiste Andy Graham et le drummer/percussionniste Nikolaj Bjerre et fixe ainsi déjà le line up de base de son band. L'année suivante, il commet "A bigger plate of meat & potatoes". En réalité, il s’agit du cd enrichi d’un bonus Dvd. Il grave "Swagger" en 2007, un disque pour lequel il reçoit à nouveau la collaboration de Jonny Henderson et Matt Schofield, les compagnons de l'écurie Nugene.

Siegal possède une voix superbe. Puissante, naturelle, relativement ravagée, un tantinet graveleuse. Manifestement idéale pour interpréter son répertoire, largement imprégné de blues. Et elle impressionne dès le morceau d’ouverture, "Slaker". Une roots song dominée par la voix, mais caractérisée par une densité instrumentale impressionnante. A cause des interventions de l’artiste à la slide et puis de celles de Jonny Henderson, à l’orgue. "Hard pressed" baigne au sein d’un climat hypnotique, volontairement funky. La voix d'outre-tombe de Ian occupe tout l'espace. Elle rappelle parfois celle de Howlin' Wolf. La section rythmique accomplit un boulot remarquable pour seconder Mr Siegal, pendant que son ami, Matt Schofield, y ajoute ses accès de guitare rythmique, histoire de consolider l'édifice sonore. Quoique fort intéressante, Quarantine" est une plage peu marquée par le blues. Les climats âpres, enlevé, doux et languissants s’y succèdent naturellement. La sonorité de la six cordes est particulièrement réverbérée. Blues bien en rythme, "Kingdom come" emprunte un motif issu du Delta du Mississippi. La puissance de frappe de notre trio est impressionnante. Et notamment le travail accompli par la section rythmique. Ian en profite pour hurler sa colère. Complainte très roots, "The bleeding cowboy's lament" baigne au sein d’une atmosphère sereine, malgré gravité du sujet (NDR : le tourment du cow-boy ensanglanté). "Like hell" constitue la plus longue plage de l’elpee. Plus de huit minutes sculptées dans un funk paresseux, animé par une guitare très rythmique et nappé par l'orgue Hammond de Henderson. D’une voix douce, mais doublée, Ian interprète "Stealing from the Queen", un blues majestueux tapissé par les accords reverb de la slide. Ian attaque "Little paranoia" sur le célèbre Bo Diddley beat. Superbe ballade aux accents dylanesques, "Take a walk in the wilderness" est illuminée par la voix prodigieuse de Siegal et balayée par l'orgue Hammond chaleureux. Et cet elpee généreux s’achève par "The ballad of Big Foot Chester", une compo véhiculant les accents du blues primitif et acoustique. Ian Siegal est manifestement occupé de devenir un tout grand de la scène british blues contemporaine…

 

Ian Siegal

Swagger

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Ian est âgé de 36 ans. Ce jeune musicien est issu du sud de l’Angleterre. Un passionné du rock'n'roll qui s’est converti progressivement au blues. D’abord celui de son dieu : Muddy Waters. Puis de BB King, Albert Collins et Robert Cray. Après avoir séjourné en Allemagne, à Berlin, très exactement, il revient s'installer à Nottingham. Il y fonde son premier groupe qui enregistre un premier elpee : "Picture postcards". Il se forge déjà une solide réputation de chanteur/guitariste et de compositeur inspiré. Il émigre alors à Londres et monte son Ian Siegal Band. En 2002, il concocte "Standing in the morning", un opus qui ne paraîtra qu'en 2004, sur Taxim. Et en 2005, l'excellent "Meat & potatoes", déjà chez Nugene. Pour la circonstance, il bénéficie de la collaboration du gratteur notoire, Matt Schofield. La même année, il tourne en compagnie de Big Bill Morganfield, le fils de Muddy Waters. Ian possède une voix très expressive, puissante, capable de se débrouiller au sein de différents registres…

Ce nouvel opus s'ouvre par le généreux "Swagger", un véritable exercice de style qui met en exergue son potentiel vocal. Le son est excellent. La production de Matt Schofield met parfaitement en évidence les différents acteurs. Les cordes sont à l'avant plan ; mais également les percus. Quoique généreux, les accords du piano concédés par Johnny Henderson tapissent l’arrière-plan. A l’instar du précédent elpee. Ian adapte "Groundhog blues", un classique de John Lee Hooker. Il s’accompagne à la guitare acoustique. Constituée d’Andy Graham à la basse et de Nikolaj Bjerre aux drums, sa section rythmique abat un boulot remarquable. L’univers sonore demeure cependant très dépouillé. Les rôles de chaque intervenant sont parfaitement définis. Soutenue par les accents métalliques de la guitare, la voix semble libre comme l’air. "Catch 22" campe un blues du XXIème siècle. Largement amplifiée, la guitare libère un son poisseux. Le rythme soutient le chant dévastateur. La slide est gouailleuse. Le tempo imprimé rappelle le meilleur des Stones. Les cordes s'autorisent une sortie habile, âpre et menaçante à la fois. Ripoff Raskolnikov est un de ses amis. Un Hongrois. Il signe ici "Horse dream". La plage s'ouvre sur des cordes hispanisantes, avant de se muer en ballade acoustique. L'atmosphère baigne alors au sein d’une country, proche de Johnny Cash. Le timbre grave et posé de Siegal anime ce western musical. Très rythmé et fluide, l'orgue Hammond de Henderson est bien mis en exergue tout au long de "Stranger than a green dog". Cette plage constitue une réplique southern rock. Il rend hommage à son dieu du blues, Muddy Waters, sur "High horse". Lent et torride, ce blues lent semble sorti tout droit du southside de Chicago. Expressive, la voix de Ian est empreinte de passion et d’une grande sensibilité. Pour la circonstance, il a recours au bottleneck. Derrière les ivoires, Henderson incarne le rôle d'Otis Spann ou de Pinetop Perkins. Le batave Big Pete Vander Pluym se réserve l'harmonica et Schofield la guitare. Un bonheur de plus de sept minutes ! J'apprécie tout particulièrement la formule trio du Ian Siegal Band. Sa cohésion est impressionnante. A cet instant, il me rappelle Chris Duarte. Un autre trio, mais texan. Ils partagent une même philosophie de la complexité. Chaque instrument vient se greffer au sein d’une démarche authentiquement blues. A l’instar du généreux et particulièrement dense "High horse". Tout au long de l’œuvre, il règne un climat lugubre, mystérieux. Les répliques vocales accordées sur "God don't like ugly" demeurent vivaces et passionnées. "I can't believe you wanna leave" opère un changement radical de style. Une cover de Little Richard qui nous entraîne au cœur d’une atmosphère R&B allègre, réminiscente de

Ian Siegal

Meat & potatoes

Écrit par
Ce jeune musicien anglais est né dans le Sud profond de l'Angleterre. En 1971. A 16 ans, il découvre le rock'n'roll avant de se tourner vers le blues. Il choisit alors pour nouveau dieu : Muddy Waters. A 20 ans, il fonde son premier groupe : Mr Siegal. Dont il transforme le nom en Ian Siegal and the Score pour commettre son premier elpee, "Picture postcards". Il s'installe alors à Londres et rencontre d'autres compatriotes comme Lee Sankey, harmoniciste de talent, en compagnie duquel il joue régulièrement. Il opte enfin pour patronyme de son band : le Ian Siegal Band. Une formation responsable l'année dernière de l’opus "Standing in the morning". Paru sur le label allemand Taxim, ce disque a été très bien accueilli par la critique. Ce qui lui a sans doute permis de tourner en première partie des Rhythm Kings de Bill Wyman.
 
"Sugar rush" emprunte un bon tempo. La section rythmique soutient les cordes du soliste Matt Schofield. Une section qui pour la circonstance réunit la basse d’Andy Graham, les drums de Nikolaj Bjerre, l’orgue hammond C3 de Jonny Henderson et la guitare rythmique de Ian. La voix de Siegal est très musicale. Il est capable de la moduler à souhait. Et même d’emprunter le timbre caverneux de Howlin' Wolf. Un timbre qui peut se faire étrange et hypnotique. A l’instar de l’excellent « Revelator ». Face au riffs de guitare, la sonorité des cordes accentue cette impression d’insolite. Siegal possède un solide talent de compositeur. "Butter side up" baigne au sein d’une certaine sérénité. Très présente, la voix ne manque pas de caractère. Dans un registre proche de Chris Rea. "Drowned my sorrows" marque un changement radical de style. Les percussions se manifestent d'entrée sur un chant incantatoire auquel réplique les choristes. Pour la circonstance, Ian a choisi une guitare National steel, à la sonorité bien métallique. Plage funky, "Brandy balloon" baigne au sein d’un certain exotisme. Un soupçon de reggae filtre dans le rythme. L'orgue d’Henderson se fond au cœur de ce climat propice au dialogue échangé avec la batterie. Rejoint par l'harmonica de Giles King, la guitare acoustique ouvre une parenthèse rafraîchissante de blues rural chez "Work". "She got the devil in her"/"I gotta try baby" baigne au sein d’une atmosphère Delta. La voix majestueuse de Ian domine son sujet. Les cordes s'enflamment alors que cette rythmique lancinante persiste. L'arrangement est royal. Une plage qui monte lentement mais sûrement en puissance. La voix devient surpuissante, expressive, impressionnante. On entre alors clairement dans le monde du southside de Muddy Waters. L’organe de Ian est à nouveau remarquable lors de son interprétation de "Falling on down again", un R&B particulièrement lent. Et Jonny, à l’orgue, mène parfaitement sa barque. L’univers sonore est pour la circonstance très proche de celui d’Otis Redding époque Stax. Encore que les inflexions de la voix me font plutôt penser à l'Irlandais Van Morrison. Le tempo s'élève pour le R&B "Bloodshot". Une plage enflammée par une solide partie de cordes exécutée par Schofield. L'Interlude #2 trahit une nouvelle fois l’admiration sans bornes qu’il porte à Waters. Un vrai bonheur ! Le jeu de slide du maître est fort bien respecté. "Magdalena" opère une autre brillante incursion sur l'axe Mississippi – Chicago. La voix caverneuse de Howlin' Wolf revient chatouiller nos oreilles. Très bien ficelé, le titre maître est définitivement tourné vers le Delta. Le timbre vocal de Ian Siegal y est sculpté comme un joyau. La guitare lorgne du côté de John Lee Hooker voire de Lightnin' Hopkins. Un must pour 2005!