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Iggy Pop

Iggy Pop Live at Montreux Jazz Festival 2023 !

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« Iggy Pop Live at Montreux Jazz Festival 2023 » est un essentiel dans la discographie live d'Iggy Pop, célébrant une carrière, un catalogue et un artiste dont la puissance brute n'a fait que croître au fil des années.

Le 6 juillet 2023, Iggy Pop est revenu au Montreux Jazz Festival accompagné d'un groupe de sept musiciens et a enthousiasmé le public de l'Auditorium Stravinski lors d’un set couvrant l'ensemble de sa carrière, y compris des morceaux de son époque avec les Stooges, ses albums « The Idiot » et « Lust for Life », « New Values » jusqu'à son dernier album « Every Loser ».

C'était la troisième fois qu'Iggy participait au festival et sa performance monumentale a été enregistrée et filmée par l'équipe du Montreux Jazz Festival.

Iggy Pop est unique en son genre, et ici, il est au sommet de son art. Epaulé par un groupe aussi polyvalent que l'artiste lui-même, le concert offre tout : du primitivisme éclatant de l'époque Stooges sur « I Wanna Be Your Dog » et « T.V. Eye », à l'énergie débordante de « Lust for Life », en passant par la précision métronomique de « Nightclubbing », jusqu'à la fureur rock déchaînée de « Modern Day Ripoff » et « Frenzy ».

Cette collection live des plus complètes nous montre un Iggy qui continue de conquérir de nouvelles générations de fans tout en se produisant au plus haut niveau, à la hauteur des attentes de ses admirateurs de toujours.

« The Passenger » en live est à voir et écouter

 

Iggy Pop

Every loser

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Avant d’écouter le dernier elpee de l’Iguane, votre chroniqueur a sans doute eu le tort de lire les critiques –la plupart négatives– qui fourmillent sur le net. Car finalement, cet « Every loser » est de bonne facture. Bien sûr, il recèle l’une ou l’autre compo moins percutante (la ballade croonée « Morning show », l’intermède « The news for Andy »), mais l’ensemble tient vraiment la route.

Lors des sessions, il a reçu le concours de grosses pointures du rock, comme Duff McKagan (Guns N’ Roses), Stone Gossard (Pearl Jam), Chad Smith (Red Hot Chili Peppers) ainsi que des drummers Taylor Hawkins et Travis Barker. Mais aussi 3 (ex) membres de Jane’s Addiction : Dave Navarro, Chris Chaney et Eric Avery. Ce qui, bien sûr, vu le nombre de guests notoires, est rarement bon signe. Et pourtant…

Le long playing s’ouvre par le punchy et hymnique « Frenzy ». « Elégant, « Strung out Johnny » décrit les étapes des addictions qu’il a traversées et surmontées. Le « Raw power » des Stooges hante « Modern day rip off ». Iggy se moque du punk contemporain sur « Néo punk », un morceau auquel collabore Travis Barker (Blin 182). Et ça s’entend !

« Comment » s’aventure dans le post punk et enfin « The regency », titre qui clôt cet opus, s’ébroue sur un midi tempo avant de mordre dans un rock à la mélodie ténébreuse. Tout en subtilités, il est imprimé par le drumming ample de feu Taylor Hawkins (Foo Fighters) ; James Newell Soesterberg Jr en profitant pour stigmatiser l’industrie musicale.

A 76 balais, le rocker a toujours la pêche !

Iggy Pop

Post Pop Depression - Live at the Royal Albert Hall London (cd + dvd)

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Après avoir publié son dernier elpee, « Post Pop Depression », disque pour lequel il avait reçu le concours du batteur des Arctic Monkeys, ainsi que de Josh Homme et Dean Fertita, respectivement guitariste et multi-instrumentiste chez Queens of The Stone Age, Iggy Pop est reparti en tournée. Il a entraîné ce backing group dans l’aventure, auquel s’est joint un autre QOTSA, Troy Van Leeuwen, et le bassiste Matt Sweeney. Le périple est passé par le Royal Albert Hall de Londres, en mai 2016. Et ce set a été immortalisé sur un Dvd et un double cd.

Hormis, le drummer et l’Iguane, tous les musicos sont vêtus de pantalons noirs et de vestes scintillantes, comme à l’époque des Shadows. Westerberg porte également un veston, qu’il va jeter au bout de trois morceaux, laissant apparaître son torse nu toujours aussi bien musclé.

La set list recèle des morceaux issus de son dernier elpee, mais également des grands classiques extraits de ses deux opus enregistrés sous la houlette de Bowie (« Lust for life » et « The idot »), auquel il rend un hommage bien électrique sur la cover de « China girl », dont la finale atteint une intensité presque crazyhorsienne. Faut dire que lorsque les trois guitares entrent en fusion, on en prend plein la tronche. Mais aussi son pied. Au sein du tracklisting, il y a bien une exception qui confirme la règle, « Repo Man », extrait de la BO d’un film du même nom. Bref, au bout de 2 heures de concert sans le moindre relâchement, au cours duquel l’animal va haranguer la foule, s’y mêler en n’hésitant pas à étreindre ses fans, sans oublier de crowdsurfer, l’auditoire est ravi. Et nous aussi.

A quelques détails près, le double cd reproduit ce concert, sans l’image, of course…

 

Iggy Pop & James Williamson

Kill City

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Enregistré en 1975, cet elpee n’a été publié que deux ans plus tard. Et sous la forme d’un vinyle de couleur verte. Une véritable catastrophe au niveau du son. Pas à cause de la musique ou de la production, mais du matériau utilisé. Il vient donc d’être réédité sous la forme du compact disc. Mais également remasterisé, remixé et certains extraits de chansons demeurées à l’état de démo, réintroduits. Et ce sont Williamson et l’ingénieur du son Ed Cherney qui se sont chargés de cette réhabilitation. Pour un résultat vraiment étonnant.

Mais revenons au milieu des seventies. Les Stooges viennent de se séparer. Iggy Pop est confronté à de graves problèmes d’addiction aux drogues dures. Dépressif, suicidaire, il décide de se faire soigner en hôpital psychiatrique. Et lorsqu’il sort complètement ‘clean’, il se raccroche au guitariste de son ancien groupe, James Williamson, pour enregistrer quelques démos. Elles serviront à la confection de « Kill City ». Mais à cette époque, aucun label ne veut leur faire confiance, et finalement le disque ne sortira qu’en 1977, sur Bomp ! dans l’indifférence générale. D’autant plus que Bowie vient de relancer la carrière de l’Iguane en l’aidant à publier « The Idiot » et « Lust for life »…

Iggy Pop et James Williamson étaient de grands admirateurs des Stones ; et tout au long de ce disque, on ressent parfaitement cette passion pour la bande à Jagger/Richards. Surtout celui de l’époque « Beggars Banquet », « Let it bleed » et « Sticky fingers ». La meilleure quoi ! Un constat flagrant sur des plages comme la ballade mid tempo « Sell your love », « Beyond the law » et son final déjanté, le rocker percutant « Consolation prizes », parfois réminiscent de « Jumpin’ Jack Flash » et enfin « Lucky monkeys », dont le climat malsain est entretenu par les riffs de guitare filandreux et un harmonica spectral. Le duo adresse deux clins d’œil appuyés à Alice Cooper. Paradoxalement, deux compos écrites à l’époque des Stooges. D’abord sur « I got nothin’ ». A cause de la véhémence des vocaux d’Iggy, même si parfois, dans le refrain, on a l’impression qu’il parodie le « Knockin’ on a heaven’s door » de Dylan. Et puis tout au long de « Johanna », parcouru par le saxophone volubile de John Harden. La remise en forme de l’elpee remet bien en évidence la qualité des différentes interventions instrumentales, et en particulier ces parties de saxophone. Deux morceaux s’écartent cependant de la ligne de conduite de cet elpee. Tout d’abord l’ouverture et titre maître, plus Stooges que nature ; et puis en final l’étrange instrumental atmosphérique, parcouru de claviers et de synthés, « Master charge ». De brève durée, les deux autres plages instrumentales n’ont strictement aucun intérêt. A se demander si, à cette époque, cet album avait pu bénéficier d’une mise en forme correcte, il ne serait pas devenu culte…

 

Iggy Pop

Préliminaires

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Lorsque la voix ténébreuse d'Iggy Pop rencontre la prose de Michel Houellebeck et la plume de Jacques Prévert, l’union ne peut être que sacrée. Pour ses « Préliminaires », librement inspirés du roman « La Possibilité d’une île » de l’écrivain français controversé, Iggy Pop range ses guitares et la provoc’. L’iguane se réinvente et décide de surprendre tout le monde à coups de saxo, de trompettes, de cuivres, de piano et même de vocalises ‘in het frans’ (« Je Sais Que Tu Sais », accompagné au chant d’une certaine Lucie Aimé, et « Les Feuilles Mortes », le grand classique de Prévert).

Le pape du punk s’en prend au jazz avec un doigté qui ferait rougir les moins prudes. Sa voix caverneuse caresse délicatement chacune des notes d’une œuvre joliment imagée et passionnante de son défeuillage à son exquis climax. Le francophile n’est jamais très loin de Nick Cave, même lorsqu’il incorpore une discrète nappe de sons électroniques (« Party Time »). « Préliminaires » marque une parenthèse dans l’œuvre d’Iggy Pop qui révèle ici une mélancolie ne collant pas vraiment à l’image du personnage mais tellement bien amenée qu’on s’y plonge à cœur perdu.  Post-coitum animal heureux...

Iggy Pop

Skull Ring

Iggy Pop siège sur son trône de parrain rock'n'roll depuis plus de trois décennies, toisant tous ces jeunes blancs-becs qui ne jurent que par " Fun House " découvert un jour dans la discothèque de leur grand frère. Quand ceux-ci faisaient encore pipi dans leur Pampers en chialant pour leur tutute, L'Iguane rockait, encore et toujours. Il rockait, il rocke, il rockera, en témoigne ce nouvel opus d'une violence renversante, qui nous ramènerait presque au temps béni des Stooges, quand de jeunes types osaient encore se foutre du business et vivre dans l'excès en se tartinant de beurre de cacahuètes. Oui, les Stooges : une vieille histoire, qui resurgit du passé sans crier gare, depuis que les frères Asheton ont décidé l'année dernière de ressortir leur vieux blouson et de jammer avec Mike Watt et Jay Mascis, en souvenir du bon vieux temps. Iggy, sans doute étonné que ses anciens potes tiennent encore sur leurs guiboles, n'aura pas attendu bien longtemps pour rameuter la troupe. Résultat : quatre titres des Stooges, ‘les’ Stooges. Et pas des moindres : " Little Electric Chair ", le morceau d'ouverture, balaie de ses riffs énormes trente ans d'attente et de frustration, comme si nos trois amis ne s'étaient jamais vraiment quittés. Le deuxième titre du lot, " Skull Ring ", surprend lui aussi par son énergie viscérale, même s'il ressemble au " Peter Gunn " d'Emerson, Lake et Palmer, cette scie musicale à nouveau " fashion " depuis le bootleg des 2 Many DJ's (NDR : avec Basement Jaxx, sur " " As Heard On Radio… "). Dire que ces types ont 160 ans à eux trois ! Quant aux deux autres titres co-signés par Iggy et les frères Asheton (" Dead Rock Star " et " Loser "), ils dégagent aussi pas mal dans le genre " sex, drugs and rock'n'roll ". Le plus surprenant, pourtant, est encore à venir : parce qu'après " Beat' Em Up ", album couillon au possible, on donnait peu cher de la peau de l'Iguane et de ses musiciens, tronçonneurs hardeux d'une grossièreté atterrante. Eh bien non ! Les six titres estampillés " Iggy & The Trolls " n'ont pas à rougir, miracle, de la concurrence stoogienne : " Perverts In The Sun ", " Whatever " (un rien Pixies) ou le menaçant " Inferiority Complex " dépotent grave, et cette fois sans stéroïdes de gros bouseux abonnés à la pipelette. Autre surprise, et de taille : les " djeunes " de Sum 41 et de Green Day, sans doute invités comme caution marketing, et qui assurent correctement les arrières de notre homme d'Ann Arbor, ni plus ni moins (dommage que les accords du sympathique " Private Hell " ressemblent à s'y méprendre à ceux de… " Lust For Life "). Reste encore la reprise du " Rock Show " de Peaches avec la folle en personne, également présente sur un " Motor Inn " décapant, et ce blues dépouillé avec un Iggy seul à la guitare, hululant sa haine du music business comme un vieux pensionnaire de Fat Possum (son label préféré). Autant vous dire que ce disque est une petite tuerie, le meilleur d'Iggy depuis des lustres, et la preuve incontestable qu'on peut vieillir et continuer à vociférer du rock sans passer pour un vieux schnock.

Iggy Pop

Beat´em up

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Selon notre Iguane préféré, cette plaque est sensée faire la nique à la nouvelle génération de jeunes groupes faussement ‘sauvages’. Bin, ces groupes peuvent continuer leur bonhomme de chemin, tranquilles. Pour la première fois depuis son retour sur le devant de la scène médiatique, Pop décroche haut la main le statut de dinosaure du rock, mais hélas pour lui, dans le sens le plus fossilisant du terme. Pauvre de bout en bout et en tous points, cette plaque agace dès le quatrième titre. Pauvreté de riffs, son à la limite de la première répète du groupe du coin, mélodie inexistantes ; bref un bien sombre tableau. Tout au plus en fin de piste, la sauce prend sur quelques morceaux… Notre brave quinquagénaire vient de nous gratifier de ce qui doit être sa pire plaque. Respectueux du bonhomme, nous fermerons les yeux pour cette fois, et nous consolerons à l'idée de le voir continuer à se débattre on stage, endroit où il peut encore enterrer les yeux fermés bon nombre des groupes visés plus haut… Non, je ne citerai pas de noms !

 

Iggy Pop

Avenue B

Hormis le single « Corruption » et la cover de Johnny Kidd, « Shakin’ all over », le nouvel album de l’Iguane rompt avec la frénésie rock’n rollienne, à laquelle il nous avait habitué, depuis plus de trente ans. Produit par Don Was, « Avenue B » est essentiellement partagé entre ‘spoken word’ (poèmes racontés sur fond musical) et chansons tendres, romantiques, qu’Iggy interprète d’une véritable voix de crooner. Parfois on a même l’impression de vivre une hypothétique symbiose entre Johnny Cash et Edwyn Collins. Dans ce style il n’y injecte pourtant qu’une seule dose d’électricité. Sur le final « Façade ». Côté lyrics, il explore tour à tour les thèmes de la séparation, de la mort, de l’âge (NDR : il vient de passer le cap de la cinquantaine !) et puis inévitablement de la politique menée aux States. Il chante même une chanson dans la langue de Cervantès. Intitulée « Espagnol », elle épouse un tempo latino-jazzifiant digne des débuts de Santana. Etonnant !

 

Iggy Pop

Naughty little doggie

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A l'aube de ses 50 piges, James Osterberg ne s'est jamais senti aussi en forme. Le voilà même qui projette de remonter les Stooges en compagnie des frères Asheton, alors que la bande est en bisbille depuis plus de vingt ans. En attendant de voir, et surtout d'entendre, ce que le groupe le plus violent et le plus extrémiste de la fin des sixties a encore dans le ventre, ou du moins ses restes, l'Iguane nous revient avec un album solo. Un disque qui nous met déjà au parfum de ses intentions futures. Non seulement "Pussy walk" et "Knuckelhead" paraissent sortir tout droit de "Raw power", mais le morceau de plastique renoue avec l'urban rock immédiat, hymnique, suffocant de Detroit. Consomme à nouveau cette électricité destructrice, qu'il avait délaissé ces derniers temps pour parfaire les "Blah, blah, blah", "Brick by brick" et autre "American Caesar". Hormis la ritournelle dispensable "Outta my head", et un "Shoeshine girl" sculpté dans les cordes de guitare acoustiques, les huit autres fragments crachent un garage venimeux, rampant, purulent, sauvagement abrasé par le vocal grave, viril, sensuel de Pop...

 

Iggy Pop

Reformer les Stooges ? C’est bon pour les publicitaires

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A lui seul, Iggy Pop incarne plus de vingt ans de rock'n'roll. Ses folies, ses excès, et aussi sa générosité sans faille constituent le fonds de commerce de son job numéro un : performer / songwriter!

Inutile de reprendre la liste des superlatifs existants ou de se plonger dans les encyclopédies, pas la peine de rédiger une bio-express qui mentionnerait son aventure chez les Stooges, le soutien de David Bowie, ses participations au cinéma et la confection d’une quinzaine d'albums : Iggy reste un cas à part dans le music-business. Et pourtant, il nous a accordé une interview après son concert, au festival Pukkelpop...

Que penses-tu de ta prestation, ce soir?

Je me suis vraiment bien marré. En plus, j'étais vachement excité : vingt minutes avant de monter sur scène, je ne savais même pas que mon album était déjà sorti ici! C’est un type qui est venu me dire qu’il avait aimé mon album. J'étais plutôt surpris et je n'ai pu que lui demander où il avait pu l’entendre…

A propos de concert, depuis une dizaine d'années, tu n'interprètes plus de compos issues de "Soldier", "The Party" ou même de "Zombie Birdhouse". Tu ne les aimes plus ou quoi?

Non, pas du tout (sourire embarrassé). Je vais y réfléchir pour la prochaine fois, promis.

Ton nouvel album s'intitule "American Caesar". Si tu es César, qui est Brutus? Et Cléopâtre?

(Rires) Yeah, j'y ai tout de suite pensé! Je rencontre des tas de Cléopâtre dans ce job. Presque chaque nuit... Elles viennent se balader dans ma loge (NDR : il mime une pétasse légèrement en rut). Et pour Brutus... eh bien, il faut toujours se méfier.

Pour réaliser "Brick by Brick", tu as reçu le concours d’un tas de collaborateurs (NDR : dont Slash et Duff des Guns et David Lindley). Ton dernier est plutôt un album solo?

Ecoute, il est solo, mais j'ai également eu beaucoup de soutien. Pas de grosses personnalités, mais des gens qui ont effectué une carrière en solitaire, mais susceptibles de m’apporter de bonnes idées. Pour créer de la bonne musique, il est préférable de se débarrasser des personnalités un peu trop notoires. En fait, pour faire du bon boulot, tu dois avoir une relation plus intime avec tes collaborateurs. Certains, dont les noms ne te diront pas grand-chose m'ont apporté une aide précieuse. Le producteur Malcolm Brun, par exemple, est un jeune type qui a énormément de talent.

"American Caesar" baigne dans un état d’esprit très proche assez proche de "Kill City" et "New Values". D’accord ?

Oui, comme à l’époque où je prenais pas mal de risques. Et j'en ai aussi pris beaucoup pour le dernier, car il y avait des idées auxquelles je tenais absolument. J'ai donc pris des risques à ma façon. La chanson "Caesar" en est un bel exemple.

C'est la première fois que tu évoques aussi ouvertement tes rapports avec la dope sur une chanson. "Perforation Problems", c'est une chanson thérapeutique?

Elle a une histoire. J'étais au Liquor Store du coin et je tombe sur le cd d’Alice ln Chains. Je mate les titres du disque qui... parlaient tous de came. C’est le point de départ des textes que j’ai écrit pour ce titre. Je n'ai plus besoin de thérapie pour aborder le sujet. Je ne me souviens pratiquement plus de mes problèmes. Et quand ils reviennent à surface, je ne me sens pas très bien, mais ils disparaissent assez vite.

Tu as des regrets quand tu penses à cette période de ton existence ?

(En riant) Si je n'avais pas fait cette expérience, j'en aurais. Je me demanderais comment c'est, et je ne le saurais pas. Ainsi, au moins, je le sais (rires).

Tu as de nouveau composé "American Caesar" à la guitare. Tiens-tu à cette méthode de travail ?

Cette interview va se terminer. Cette lumière va s'éteindre (il désigne les spots), la télé va sauter, il n'y aura plus... Et s'il n'y avait plus de fusées, ni de bombes, ni de télé, ni de films? Et si tout s'arrêtait? On dépendrait alors de nouveau des ressources humaines. Que pourrions-nous faire pour jouer de la musique si nous ignorons comment utiliser une guitare et jouer un truc avec? On serait incapable de faire quoi que ce soit ! Je trouve donc qu'il est important de pouvoir s’en servir. Si on se prétend bon musicien, on doit être capable de composer une chanson très simple sans avoir recours à la technologie. On devrait, en fait, pouvoir y parvenir sans le moindre instrument. Ecoute si je ne venais pas de monter sur scène, j’aurais pu (léger sourire) te chanter une chanson ici en direct, a cappella. C’est important de commencer à la base. Aujourd’hui, il existe de la musique qui déprime et rend malade. Ce n'est que de la merde et c'est chiant.

Lorsque tu montres ta bite sur scène, ne crains-tu pas de devenir auto-parodique, ridicule et prévisible?

Non, d'abord ce n’est pas systématique et puis je n'ai pas peur de ce que pensent les gens. Franchement, tout le monde se fiche de ce que les critiques disent, non ? Tu peux dire ce que tu veux, moi, je m’en fous. C’est personnel ce que je fais. Si tu préfère un orchestre philarmonique, c’est ton droit.

Le Velvet de ton vieil ami Lou Reed s’est reformé cette année. Des promoteurs t’ont déjà proposé de remonter les Stooges ?

(Sèchement) D’où tiens-tu cette info ?

De nulle part, c’était juste une question…

(Rassuré) C’est un fantasme de journalistes, non ? C’est bon pour les publicitaires.

Et le cinéma ? As-tu tourné récemment ?

Oui, j’ai fait un chouette truc pour la série « Coffee & Cigarettes » de Jim Jamush, en compagnie de Tom Waits, comme partenaire.

(Article paru dans le n° 17 de novembre 93 du magazine Mofo)

 

Iggy Pop

Blah Blah Blah

Écrit par

Je préfère Iggy plus métallique en scène et plus pop en disque. "Blah Blah Blah", produit par Bowie et injustement dénigré, me plaît toujours énormément. Moins créatif qu'un "Lust for life" mais plus frais et mélodieux qu'un "Instinct" ou "Brick by brick". Et superbement chanté ("Party Girl", "Cry for love"...) Cet album est peut-être le disque que Bowie n'a pas eu la rigueur de faire dans ses pâles années 80. A part ça, deux grands souvenirs de l'iguane sur scène. Werchter 87: son époustouflant one-man-show d'apache épileptique, Torhout 91: Iggy fait sauter les bouteilles (de plastique), moment féerique d'euphorie collective. Lui-même abasourdi par le bordel qu'il déclenche, Iggy chante sous un déluge de vidanges. Dur ou doux, dingue, ravageur ou ravagé, Iggy Pop est d'abord un artiste amusant.

 

Iggy Pop

New Values

Écrit par

D'abord la pochette. La plus chouette cover de l'iguane en réincarnation de Njinsky. Ensuite, les douze chansons de ces nouvelles valeurs, qui aujourd'hui conservent une homogénéité sans pareil. La collaboration avec James Williamson (déjà présent sur "Kill City) n'a jamais été aussi juste et précieuse. De "New Values" à "Five Foot One" (le seul titre de l'album qu'Iggy reprend sur scène aujourd’hui encore) en passant par le délirant "African Man" (eh Noah, une chanson?), jamais le père Osterberg n'a réussi un album aussi traditionnellement rock, au propre comme au figuré.

 

Iggy Pop

Lust for life

Écrit par

Album imparfait, chanson magique...

''I'm bored" (sur "New Values"), "Johanna" (sur "Kill City"), "Dogfood" (sur "Soldier"), "Dum Dum Boys" (sur "The Idiot") et quelques autres. Perso, j’estime que ce sont ces morceaux-là qui incarnent le mieux Iggy Pop. Parfois parce que ce sont simplement de bonnes chansons, parfois pour des raisons plus obscures. Mais parmi toutes, "The Passenger" garde une place particulière. Accompagnement répétitif, paroles adolescentes ; et même si je l'ai écouté mille fois, ce titre suscite toujours le frisson. La voix d'Iggy, la mélodie, le côté filant, lancinant et immédiat, en fait une chanson unique de l'histoire du rock. Rien que ça! Pour épater vos amis, petit conseil de l'oncle St-Froque: reproduisez chez vous l'intro de "The Passenger": à la guitare, vous alignez la mineur-fa-do-sol. Pendant ce temps, votre petite amie secoue vivement sa cuillère à café dans une tasse vide. Effet garanti.

 

Iggy Pop

The Idiot

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Un album noir, un son pourri, quelque chose de putride derrière... Enregistré à Berlin, ville 'ying-yang’ à l'image du couple Bowie/Pop, "The Idiot" révèle un Iggy déjanté, qui s'essaye aux compositions lentes : "Dum Dum Boys", "Nightclubbing" et "China Girl". Guidé par un Bowie au sommet de son art, cet album parvient à canaliser la bave de l'iguane. Ce sommet de 1977 résiste à l'érosion du temps.