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L’heure personnelle de Lucie Valentine

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Iron & Wine

Archive Series Vol 5

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Après avoir publié un LP live, un autre en compagnie de Calexico, des rééditions, et une opéré une collaboration avec Andrew Bird, Sam Beam nous propose, cette fois-ci, des morceaux inédits. Le barde américain a raclé ses fonds de tiroir. Il en a récupéré onze morceaux enregistrés entre 1998 et 1999, soit trois ans avant la sortie de son premier opus officiel, « The Creek Drank the Cradle », en 2002, chez Sub Pop. A l’époque, le jeune homme de 24 ans poursuit des études de cinéma à l’Université d’Etat de Floride de Tallahassee. 

Dès les premiers accords, on retrouve toutes les qualités qui ont fait de Sam Beam un songwriter reconnu aussi bien aux States, qu’à travers le monde. Son génie et sa maturité précoce, aussi.

Son folk minimaliste et intimiste tape dans le mille. La voix sereine et tellement distincte de l’Américain est superbement portée par sa guitare acoustique. Déjà, à cette époque, ses ballades se révélaient aussi mélancoliques que champêtres. Et rapidement, les mélodies trottent dans votre tête, pour s’y accrocher durablement…

Si ce n’était une compile, ce long playing pourrait figurer parmi les ‘musts’ de l’année…


 

Iron & Wine

Our Endless Numbered Days (Deluxe Edition)

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Alors que Sam Beam, alias Iron and Wine, met la gomme pour promouvoir son dernier album enregistré en compagnie de Calexico (quatorze ans après coopéré pour réaliser l’excellent « In the Reins »), le label Sub Pop réédite « Our Endless Numbered Days » dans le cadre du quinzième anniversaire de sa sortie. C’est grâce à ce deuxième elpee que Sam Beam est parvenu à se forger un nom sur la scène folk américaine. Pour la première fois, alors âgé de 30 ans, le natif de Caroline de Sud bénéficie d’un enregistrement en studio et reçoit l’aide du producteur Brian Deck (Modest Mouse, Califone, Gomez, …) Ce magnifique album de folk minimaliste, largement acclamé par la critique, ouvrira la voie, quelques années plus tard, à des artistes tels que Bon Iver. La voix douce de Sam Beam est parfaitement mise en avant, soutenue par la sèche, parfois par une slide, un banjo ou une mandoline. Les douze morceaux de son deuxième opus nous invitent à l’introspection en traversant les forêts américaines.

Concrètement, cette nouvelle édition, outre une légère modification de l’artwork, nous réserve huit démos inédites, dépouillées, de « Our Endless Numbered Days ». Bref, hormis pour les fans de la première heure, cette nouvelle mouture n’est pas vraiment indispensable…  

Iron & Wine

Un set en forme de best of…

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Ce soir l’AB est en mode flex pour accueillir Sam Beam, un artiste dont le projet, Iron & Wine, sévit depuis plus de 10 ans. Son sixième opus, « Beast Epic », est paru en août dernier. Si vous appréciez sa musique, vous devriez également aimer celle de Bon Iver, Sufjan Stevens, The Tallest Man On Earth, Fleet Foxes, Nick Drake, Sun Kil Moon voire d’Elliott Smith. Sam s’était produit en compagnie de Jesca Hoop, en septembre 2016, à l’Orangerie du Botanique.

Le supporting act est assuré par un trio flamboyant issu de Brooklyn : Half Waif. Le line up réunit Nandi Rose Plunkett (chant, claviers), Zack Levine (drums, percussions électroniques) et Adan Carlo (basse). Pas de six cordes en vue. La formation est responsable d’un album, « Probable Depths », gravé en 2016, ainsi que de quelques Eps, dont le dernier, « Form/a » est sorti, il y a juste un an. Et elle va nous en proposer de larges extraits.

Les nombreux nuages qui surplombent les artistes préludent un show atmosphérique. Le light show projeté sur ce décor rend le concert à la fois intrigant et quelque peu mystique. La musique de Half Waif oscille entre pop électro et expérimentale, baptisée avant-pop. Voluptueuse, proche d’Agnès Obel, la voix de Nandi Rose ne manque pas de charme et hante des plages hypnotiques et spectrales comme « Severed Logic » ou l’élégant « Wave ». « Frost Burn » baigne au sein d’un psyché disco lumineux digne d’Arsenal. Caractérisé par son remarquable break au piano, « Night Heat » est à la fois minimaliste et sucré. Et le set de s’achever par le classieux « Cerulean »…  

Setlist : « Severed Logic », « Wave », « Parts », « Frost Burn », « Know Your Body », « Night Heat », « Back In Brooklyn », « Keep It Out », « Lavender Burning », « Tactilian », « Cerulean ».

1 200 spectateurs acclament Sam Beam, quand il grimpe sur les planches. Il est accompagné par un violoncelliste, un préposé à la basse, contrebasse et gratte semi-acoustique, ainsi que d’une claviériste et d’une drummeuse, deux jolies femmes qui vont également se charger des chœurs. On retrouve, dans le décor, ces fameux nuages (NDR : une trentaine). Ils s’assombrissent et s’électrisent lorsque l’expression sonore devient tempétueuse ou diluvienne, c’est-à-dire lorsque les cordes de Sam (NDR : il se sert égalent d’une gratte semi-acoustique) s’envolent ou que sa voix s’élève à la limite de la rupture, alors qu’il se colorent de bleu et de rose, lors des moment les plus angéliques. Une voix qu’il est capable de moduler à son gré.

« The Trapeze Swinger » ouvre le set. Les interventions au violoncelle sont fascinantes. Les sonorités de gratte sont empreintes de calme et douceur. Les clochettes que fait tinter la drummeuse flattent l’oreille. Les chœurs sont à la fois précis et finement ciselés. Dès la fin de cette compo, Sam remercie le public et réclame un peu de silence, car c’est son show. Faut dire qu’on entend des gobelets vides craquer aux  pieds des spectateurs. Il est cool est une complicité interactive s’établit naturellement entre l’artiste et la foule, réceptive et acquise à sa cause. Il est très attentif à son auditoire, et tous les 3 ou 4 titres, entame une petite conversation à bâtons rompus, en y communiquant sa bonne humeur teintée d’humour. Il boit régulièrement quelques gorgées de vin, dans un verre, placé sur un siège, à sa gauche.

En ‘live’, l’artiste ne se contente pas de restituer ses compos. Il prend des risques, revisite son répertoire, bouleverse son univers. C’est plus caustique, tout en restant poignant. La musique oscille du blues à la pop, en passant par le folk, la country, le bluegrass, l’americana et le jazz, sans oublier les influences africaines qui la dynamisent. Les claviers envoûtent. Les orchestrations sont soignées, léchées même. Mais Sam va également épater la galerie en solitaire, armé de sa gratte semi-acoustique, en s’autorisant quelques morceaux ‘unplugged’, dont une reprise folk du « Love Vigilantes » de New Order. La seule cover de sa setlist.  

« Last Night » adopte un profil théâtral et lyrique. « Passing Afternoon » et « Carousel » nous replongent dans les 70’s et peut-être même dans les 60’s. « Flightless Bird-American Mouth » se distingue par ses harmonies vocales sophistiquées. Tout au long de « Glad Man Singing », les cordes de guitare percutent alors que les clochettes continuent d’exercer leur pouvoir enchanteur. Un chouette concert, au cours duquel Iron & Wine s’est finalement fendu d’une sorte de ‘best of’ de son répertoire. Jugez plutôt :

Setlist : « The Trapeze Swinger », « Grace For Saints And Ramblers », « About A Bruise », « Last Night », « Flightless Bird / American Mouth », « Call Your Boys », « The Truest Stars We Know », « Glad Man Singing », « Carousel », « Love Vigilantes », « Song In Stone », « Passing Afternoon », « Call It Dreaming », « Bird Stealing Bread », « Winter Prayers », « Dearest Forsaken », « House By the Sea », « Someday The Waves », « Claim Your Ghost ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Iron & Wine

En chef d’orchestre…

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Ce lundi 3 juin, le Cirque Royal accueillait un concert très attendu en cette fin d’année scolaire. Celui d’Iron & Wine. On espérait donc conclure cette saison sur une bonne note afin de se préparer à celle des festivals d’été qui s’annonce, comme les années précédentes, riche et longue. En outre, on était curieux de découvrir la transposition du nouvel opus de Sam Beam, en live. Un disque au cours duquel il n’a pas hésité à sortir des sentiers battus du folk, qui balisent pourtant son parcours, depuis maintenant une bonne dizaine d’années.

Avant de passer aux choses sérieuses, place à This is the Kit. Une formation insulaire drivée par Kate Stables. La jeune Anglaise monte sur l’estrade flanquée de deux autres demoiselles préposées à la basse et au xylophone ainsi qu’un drummer. Le set ne durera qu’une demi-heure. Période au cours de laquelle, le band va dispenser un folk empreint de grâce et de douceur, mais un peu trop monotone à  mon goût. Pourtant, l’artiste respire la bonne humeur et semble heureuse d’être là. Dommage que sa musique ne corresponde pas à son état d’esprit… 

Les choses sérieuses commencent enfin vers 21h00. Tous les sièges du Cirque Royal ne sont pas occupés, mais le public présent semble concentré sur le sujet. Et le silence qui va régner durant la quasi-intégralité du concert en est certainement la plus belle démonstration. Pour mettre en scène « Ghost on Ghost », Sam Beam n’a pas lésiné sur les moyens, puisqu’il est accompagné de 12 musicos, sur les planches. Une section de cuivres. Une autre de cordes. Des chœurs féminins, un batteur, un bassiste et un claviériste complétant le line up. Sam s’installe au milieu du podium. Barbu, il est vêtu d’un costar. Ce soir, il servira de chef d’orchestre. Première impression, le spectacle est très soigné, à la limite du guindé. Sam Beam et sa troupe interprètent les plages du dernier opus. Nous sommes alors très loin du folk originel d’Iron & Wine. L’atmosphère générale tourne régulièrement au jazz. Faut dire que les solos de cuivres, accentuent clairement cette empreinte. L’ensemble est parfaitement maîtrisé. Difficile de faire plus classe. Et quand il attaque enfin son répertoire plus ancien, il est toujours soutenu par ses acolytes. Il nous réserve alors notamment une version alternative de « Jezebel »…

Néanmoins, pour être honnête, ce ne sont pas les parties les plus instrumentales qui ont le plus séduit les spectateurs. Mais plutôt lorsque Beam, armé de sa gratte acoustique, a affronté le public en solitaire, pour interpréter trois titres, dont le splendide « Upward over the Mountain ». A vous flanquer des frissons partout. C’est aussi durant ce laps de temps qu’on a pu le mieux savourer le talent de songwriting et la voix de l’Américain.

Ce soir, Sam Beam a démontré qu’il était capable de se renouveler. Et qu’il était à l’aise sur tous les terrains. Néanmoins, c’est sous le format le plus minimaliste, qu’il parvient à communiquer le mieux ses émotions…  (voir notre section photos ici)

(Organisation Botanique)

 

Iron & Wine

You'll never walk alone...

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Iron & Wine venait présenter son magnifique et dernier album, ce mercredi 16 février, à l’Ancienne Belgique. Mais sous quelle forme allait-il nous proposer ses dernières chansons ? Allait-il teinter de jazz et d’afro world, ses compos folk, à l’instar de celles qui figurent sur ses deux dernier opus, « The Shepperd’s Dog » et le tout récent « Kiss Each Other Clean » ? La grande diversité de ces deux œuvres n’était pas de nature à faciliter une transposition sur les planches ; mais c’était mal connaître Sam Beam, grand prêcheur de la cause folk.

A 20h30 précise, le natif de Caroline du Sud monte sur l’estrade. Il a le look d’un bûcheron. Très ‘Will Oldham’ dans l’attitude, il est soutenu par un groupe de six 6 musiciens. Il est déjà loin le temps des prestations intimistes, accordées lors de ses débuts. De ce folk épuré rencontré tout au long de son elpee, « Our Endless Numbered Days ». Cette configuration plus ample, lui permet, ainsi, de bien mettre en exergue toutes les nuances de son nouveau répertoire. Et d’apporter une nouvelle dimension à ses anciens titres.

Le public est venu en nombre. Très surprenant d’ailleurs de voir une AB quasi-sold out pour accueillir ce type d’artiste. Son incroyable talent en est certainement la raison. Et puis au Nord du pays, « Boy With a Coin » (NDR : un extrait de « The Shepperd’s Dog ») fait un tabac sur les ondes radiophoniques.

Dès le début du set, on tombe sous le charme de sa voix empreinte d’une immense douceur. Et si Sam Beam habille différemment ses vieux morceaux (dont le superbe « Such Great Heights »), il dispense des versions fidèles aux originaux, de son catalogue de plus fraîche date. Il alterne cependant titres plus acoustiques et presque dansants. L’ambiance est bon enfant et le public n’a pas le temps de s’ennuyer. Sam est particulièrement décontracté. Il semble prendre du bon temps. Autant que son public, d’ailleurs. Faut dire aussi qu’en élargissant son horizon sonore, Iron & Wine n’est plus confiné dans un seul et même registre. Après avoir interprété la plupart des chansons attendues par les spectateurs, le combo achève sa prestation par une jam bluesy d’une dizaine de minutes. A point pour terminer en beauté une bonne heure et demie de bonne humeur communicative.

L’artiste revient alors seul, lors du rappel, pour chanter, a capella, « Flighless Bird, American Mouth ». D’une grande pureté, son interprétation m’a même flanqué la chair de poule.

Le public de l’AB a certainement apprécié le talent et la simplicité d’un artiste majeur, dont la voie vers le succès est toute tracée. Will Oldham n’est assurément plus seul !

Iron & Wine se produira le 10 juillet 2011 à Bruges, dans le cadre du Cactusfestival. 

(Organisation Ancienne Belgique)

 

Iron & Wine

Kiss Each Other Clean

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Depuis la publication de « The Shepperd’s Dog » et l’Ep « In The Reins », disque pour lequel il avait reçu une collaboration particulièrement fructueuse de Calexixo, Sam Beam a décidé de mettre un peu de rythme dans sa solution sonore ; jusqu’alors à forte concentration acoustique. Le barbu américain a donc quitté Sub Pop et signé récemment chez 4AD (en Europe). Et il nous propose donc son nouvel elpee, « Kiss Each Other Clean », une œuvre cohérente et encore plus lumineuse, concoctée sous la houlette du producteur Brian Deck.

Habile conteur, le natif de Caroline du Sud narre encore et toujours des histoires d’amour, de rêves perdus ou pose des réflexions sur la religion, d’une voix au timbre d’une douceur infinie. Sur cet opus, les influences sont puisées manifestement chez Fleetwood Mac (les harmonies vocales) et la soul (les classiques de la Motown). Ce qui lui permet de délivrer de véritables perles de folk à tendance soul. Et je pense tout particulièrement à « Half Moon » ou « Godless Brother in Love ». L’ombre de Stevie Wonder voire d’Elton John plane même sur « Monkeys Uptown » et « Glad Man Singing ». En enrichissant « Big Burned Hand » et « Me and Lazarus » d’une section de cuivres, l’artiste parvient à apporter une autre dimension à sa musique. Qui se révèle alors bien plus légère. Faut dire que le concours des musiciens de Califone et du Chicago Underground Duo n’y est probablement pas étranger. Cet opus constitue la première bonne surprise pour 2011. Et seconde bonne nouvelle, il se produira en concert, le 16 février, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles !

Iron Maiden

The Final Frontier

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U2 ne publiera plus jamais un “War”. Iron Maiden ne nous offrira plus jamais un « Number of the Beast ». Néanmoins, depuis le retour au bercail de Bruce Dickinson, « The Final Frontier » constitue ce que le combo a pondu de plus passionnant depuis 2000, c’est-à-dire la claque « Brave NewWorld ». On aurait espéré un single plus percutant qu’« Eldorado », mais en prenant du recul, ce titre rivalise aisément avec un « Two minutes to midnight ». Le nouvel opus de Maiden, pour être apprécié à sa juste valeur, exige plus d’une écoute. Certes, le timing de ces nouveaux morceaux, souvent très long, a de quoi décourager les fans de la première heure. Mais le combo de Steve Harris prouve qu’il ne se contente pas de répéter mille fois les mêmes formules et modernise son metal, juste ce qu’il faut, pour ne pas heurter les ‘die hard’ fans, tout en avançant la tête haute. Digne de l’intro de la B.O. d’un « Terminator » la plage d’ouverture, « Satellite15… The Final Frontier » nous plonge dans un monde auquel la vierge de fer ne nous a pas habitués. Déconcertant, mais diablement efficace ! Des expérimentations réussies qui se répètent au fil de dix compos finement ciselées. On apprécie les influences d’Hendrix sur « Coming Home », les relents progressifs, assez proches d’un Rush, tout au long d’« Isle of Avalon », ou encore le lyrisme du superbe « The Talisman », sorte de conte marin façon heavy rock. Le travail de production opéré par Kevin Shirley est bien plus accompli que celui accordé aux deux opus précédents, particulièrement au niveau des guitares. Dans l’ensemble, il y a du très bon, et du moins inspiré, mais Maiden démontre, au moins qu’il ne se repose pas sur ses lauriers en engrangeant des live, best of et autres Dvds. Le groupe va de l’avant, malgré ses trente ans au compteur. L’œuvre suscite, si ce n’est l’admiration, au moins le respect.

Julie Doiron

I Can Wonder What You Did With Your Day

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Adepte du ‘vite fait, bien fait’, Julie Doiron opère une nouvelle livraison expresse. Toute chaude, la galette privilégie les mélodies ‘upbeat’ qui manquaient cruellement au pourtant très bon « Woke Myself Up », publié en 2007. Si on néglige les collaborations opérées auprès d’Okkervil River et de Wooden Stars, « I Can Wonder What You Did With Your Day » s’installe en septième position de la discographie conséquente de la Canadienne. Entourée ici de Rick White, un autre rescapé d’Eric’s Trip ainsi que de Fred Squire, son nouvel acolyte, Julie Doiron propulse douze ritournelles redoutablement efficaces, aux mélodies plus irrésistibles les unes que les autres. La chanteuse, d’une constance impressionnante, varie cette fois les plaisirs par le biais de « Je le savais », un morceau entièrement interprété dans la langue de Molière.

« I can Wonder What You Did With Your Day » est probablement l’œuvre la plus accomplie de Julie Doiron. Cette dernière s’amuse enfin ; et cette bonne humeur est communiquée avec justesse aux travers d’extraits comme « Borrowed Minivans », « Consolation Prize », « The Life Of Dreams » ou le bien nommé « Glad To Be Alive ». Mais ceux qui préfèrent le côté obscur des compos de la belle ne seront pas en reste ; « Blue », « Spill Yer Lungs », « Heavy Snow » traduisant à merveille ses idées noires. Bref, quelques bons points de plus dans le carnet de notes de cette élève modèle. 

Iron & Wine

Around The Well

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L’ami Sam Beam est de retour. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, c’est carrément un double album qu’il nous propose. Curieusement intitulé « Around The Well », il opère une parfaite osmose entre douceur et chaleur. L’élément indispensable à tout homme qui garde en lui, une once d’humanité. Il ne s’agit pas pourtant pas d’un véritable ‘nouvel’ opus, mais plutôt d’un cadeau que nous réserve Sam, en réunissant les chutes d’albums précédents. Et puis de reprises plutôt cocasses.

Sur le premier cd, Sam Beam se la joue en solo. De sa voix douce, il nous entraîne dans un univers proche du film Bagdad Café. Le climat est caniculaire. La route peu fréquentée. Un ventilateur ronronne. L’ombre est un espace privé et privilégié. Pour reproduire cette sensation, les compos ont été enregistrés dans une salle de bain transformé en home studio. On comprend mieux le climat.

Les reprises du « Peng ! 33 » de Stereolab, « Waitin’ For A Superman » des Flaming Lips et « Such Great Heights » de The Postal Service ne sont guère identifiables, tant elles ont été revisitées. Ce premier disque est minimaliste. Caressées, les cordes grincent et enchantent en même temps. De quoi nous laisser pantois.

La deuxième plaque nous replonge dans l’univers de « Shepherd’s Dog ». A cause de la précision des arrangements. Des chœurs. Et puis des différents protagonistes qui gravitent autour d’Iron & Wine. 12 plages qui témoignent du cachet unique estampillé par le songwriter. La version folk du « Love Vigilantes » de Joy Divsion est carrément alambiquée. On a parfois l’impression qu’Iron & Wine transforme, tout ce qu’il touche, en or. Faut dire que pour y parvenir, Sam manifeste une facilité désarmante. Et puis, pour ne pas gâcher l’instant présent, le bruit semble s’effacer. Comme par enchantement. Les harmonies sont en phase avec nos émotions. Iron & Wine prouve ainsi encore qu’en faisant simple, il parvient à atteindre le plus profond de notre for intérieur. Sans forcer.

Et comme si les onze premières plages ne suffisaient pas pour nous retourner comme une crêpe, « The Trapeze Swinger » pose la cerise sur le gâteau. Huit minutes bouleversantes, balayées de textes sublimes. A cet instant, on comprend qu’il n’y a qu’une chose à faire devant Beam et ses comparses : baisser la tête en marque de respect. « Around The Well » frise la perfection. Il rend au folk ce qu’il y a de plus beau : une âme.

 

Julie Doiron

Woke Myself Up

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Escortée de ses vieux potes de chez Eric’s Trip, Julie Doiron délivre 10 splendides nouveaux morceaux, expédiés en à peine 29 minutes 59 secondes. Enième effort de la Canadienne, « Woke Myself Up » est l’archétype même du recueil vite fait bien fait. Surtout bien fait. En témoigne les excellents « Dark Horse », « The Wrong Guy », « I Woke Myself Up » ou encore un « No More » qui colle à la tête comme un chewing-gum sous une table. Les 10 ballades folks de ce disque s’écoutent d’une traite, calé dans le fauteuil à contempler le vide, sans se poser de questions. La courte durée de « Woke Myself Up » en fait cependant un maigre en-cas qui risque fort bien de laisser les auditeurs sur leur faim. En attendant que la demoiselle nous serve enfin le plat principal, c’est toujours ça de pris…

Iron & Wine

J’évite les pièges du monde superficiel.

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Le rendez-vous était pris : mardi 7 août à 17h dans les locaux de la VRT. Un peu anxieux, je gare ma voiture où je trouve de la place, c'est-à-dire à perpète’ les oies, et profite du trajet à pied jusqu’au bâtiment pour me remémorer les questions que je poserai à Sam Beam. Le fondateur et acteur principal d’Iron & Wine jouit d’une réputation de personnage fort sympathique. L’entretien sera très chaleureux selon certaines de mes sources. La sortie en septembre de son nouvel album « The Shepherd’s Dog » est la raison de sa visite dans notre pays. Une multitude de couloirs et d’étages plus loin, nous nous retrouvons assis à une table. Dans le coin de la pièce, il y a une housse de guitare. ‘Ibaneze ‘est gravé sur l’étui. Elle est posée à même le sol. Elle attend son maître. A côté d’elle veille son gardien : une représentante du label Sub Pop. Sam Beam ne doit pas être loin. En fait, il termine un tête à tête pour un autre magazine. Il est 17 h. Je sais qu’un taxi lui est réservé pour 18h00. Il doit l’amener à la gare. Et une autre interview est prévue après la mienne. Je me sens un peu sous pression. En réalité je m’y mets tout seul. J’ai le sentiment que la température de la pièce a augmenté de 20 °. Mes mains s’humidifient, mon t-shirt aussi. Sam apparaît au fond de la pièce, la démarche calme et posée. Reconnaissable à 10 lieues, à cause de la barbe et sa coiffure ‘hippie’. La housse de guitare semble frétiller en voyant son maître revenir. J’enclenche le dictaphone. Je sens déjà le calme me revenir. Sam me réconforte d’un sourire et d’une poignée de mains chaleureuse. Agréable premier contact.

Bonjour Sam, comment vas-tu ?

Bonjour ! Bien, merci.

Tu viens nous présenter « The Shepherd’s Dog », ton dernier album qui sortira en septembre. Dans quel état d’esprit es-tu ?

En pleine forme ! Et je suis très content. Cet album est distinct des autres. Je pense ainsi avoir pu et pouvoir en parler différemment.

Pour concocter ce dernier opus, tu as reçu le concours d’une volée de collaborateurs. Ces contributions deviennent habituelles. Dans le passé tu avais déjà reçu le concours de ta sœur ou de Calexico (sur l’EP « In The Rain »). Qu’est-ce qui détermine ce choix ?

J’aime bien inviter ma sœur pour chanter. Elle a, de nouveau, participé à la confection de cet album (NDR : et participera également à la tournée). J’apprécie tout particulièrement m’entourer d’artistes venus de tous les horizons, de manière à susciter de chouettes associations d’idées. En plus, mon travail est valorisé. J’écris, je compose et je propose. Ensuite, chaque participant apporte sa propre vision. Nous mélangeons alors le tout pour obtenir la mouture finale. Un concept qui améliore mon travail.

En général, tu contactes les artistes ou ils te proposent leur concours ?

C’est toujours moi qui les sollicite. J’ai travaillé en compagnie de Brian Deck, Jim Becker ou Rob Burger, par exemple. J’ai partagé des shows avec Rob, mais c’est la première fois que nous enregistrons ensemble. C’était fantastique ! 

En écoutant « The Shepherd’s Dog » on sent à nouveau ton envie d’intimité et la volonté de communiquer des sensations toujours plus douces. D’où vient cette motivation ? N’as-tu pas envie, de temps en temps, d’opter pour un son plus ‘trash’ ?

Je travaille toujours sur des compositions calmes ; mais parfois il m’arrive de ressentir cette envie, effectivement. Tout dépend du morceau. Sur le dernier album, certaines plages recelaient des éléments troublants, susceptibles d’y parvenir. En fait, pour composer une chanson d’amour ou intimiste, tu dois d’office opter pour un son doux. J’essaye toujours d’écrire des chansons inspirées d’expériences humaines, dont la partie douce et fragile vient dominer l’ensemble. Je tente de refléter cette perspective dans ma musique. 

Pour beaucoup d’Européens, les USA véhiculent une image assez superficielle. Comment fais-tu, pour t’en détacher d’une manière aussi tranchée ?

Oh ! Merci c’est gentil. Tu sais, les USA appartiennent à la planète terre sur laquelle je vis. Si je ne devais plus partir en tournée, ce ne serait pas un problème. En plus, je préfère me concentrer sur la recherche et la création à la maison, que d’écouter le résultat et partir sur la route. Je n’accorde pas trop d’attention au travail des autres, mais je me tiens quand même au courant. Je pense malgré tout, que la plupart des albums qui sortent aujourd’hui n’ont pas vraiment d’âme et ne libèrent guère d’émotion. Contrairement à de nombreux contemporains, je n’écris pas de chansons pour devenir une star, mais parce que j’en éprouve de la satisfaction. Pas spécialement non plus pour être connu. J’évite les pièges du monde superficiel.

Franchement, n’es-tu pas trop agacé d’être si souvent comparé à Nick Drake ?

Non, absolument pas ! Nick Drake ? Je suis flatté. J’adore sa musique. Je pense qu’il est impossible de ne pas comparer le travail que l’on produit, avec celui des autres artistes. C’est impossible de nier les ressemblances ou les influences. La musique de Nick Drake est tellement cristalline qu’on la reconnaît immédiatement.

Ta première expérience studio date de “Our Endless Numbered Days ” ?

« Creek Drank The Craddle », l’album précédent avait été réalisé à la maison. Je l’avais plutôt considéré comme le fruit d’un hobby. « Our Endless Numbered Days » à été enregistré en studio, oui.

Tu sembles adorer enregistrer at home ? C’est à nouveau le cas pour « The Shepherd’s Dog ». Exact ?

J’aime bien aussi travailler en studio. Les machines (NDR : Sam dit littéralement ‘the big toys’) sont plus sympas. Tu as plus de choix, plus d’options disponibles. J’ai fait construire un studio chez moi où j’y ai enregistré « The Shepherd’s Dog ». J’adore y bosser car il n’y a aucune restriction de temps. Tu ne dois pas te dépêcher. Tu peux écouter ce que tu fais. Tu peux encore changer ou modifier des arrangements plusieurs mois après la première prise. J’aime cette autonomie, simplement pour pouvoir me mettre au boulot quand j’ai envie, comme j’ai envie. Le procédé est plus créatif, plus motivant. Je prends mon temps pour réfléchir à ce que je fais.

“Carried House” et “Kingdom of the animals” figurent sur l’EP “Boy With A coin”, mais n’apparaitront pas sur l’LP. Manque de place ?

J’enregistre toujours beaucoup plus de chansons qu’il ne faut. J’en ai systématiquement de trop. Je n’écris pas sous un format prédéfini. Je les stocke, les réécoute. Je ne réunis sur un même disque que des chansons qui ont un lien commun. L’histoire de « Carried House » est assez amusante ; au début de sa création elle reposait sur une structure rythmique et trahissait une influence africaine. Elle s’est modifiée au fil du temps pour devenir ce qu’elle est à présent. Le résultat est assez chouette, et totalement différent de sa conception initiale. Je prends toujours mon temps pour tisser mes morceaux et embellir les motifs qui en résultent. Sur ce single, je voulais que ma musique adopte un autre type de sonorité.  

Quels rapports entretiens-tu avec Sub Pop ? Tu t’y sens bien ?

(En se relevant vers l’attaché du label à coté de nous) Oh très très bien, génial !! (rires). Sérieusement, cette structure me plaît. Certains artistes choisissent de signer chez un major en disant ‘faites de moi une rock star !’ Ce n’est absolument pas ma façon de concevoir les choses. Chez Sub ils produisent et distribuent mes albums en me laissant une totale liberté. Vraiment, c’est tout ce que je demande. Rien de plus. Ce sont réellement des gens sympas.

Tu te produiras en concert le 9 août à Londres, puis tu retournes jouer aux States. Ensuite tu repars vers l’Ecosse et l’Irlande avant de revenir à nouveau vers l’Angleterre. Tu nous as oubliés dans ton trajet dis donc ?

(rires) Oh non…Toutes les dates ne sont pas encore confirmées. Je me pointerai pour un concert prévu au mois d’octobre, je pense ; et puis pour le printemps.

Fabriques-tu tes propres pochettes ? Je les trouve très réussies. As-tu suivi des cours d’arts graphiques ?

Oui, j’ai fréquenté l’Académie. En fait, à une certaine période de ma vie, j’ai même cru que j’aillais devenir peintre.

Et le choix entre la peinture et la musique n’a pas été trop difficile ?

Je continue toujours à toucher à tout : photographie, film, peinture. C’est mon passe-temps. Je n’ai jamais vraiment fait de choix définitif.

Merci Sam, c’était très sympa de discuter avec toi.

Merci à toi, et bonne continuation.

Il est 17.30. L’entretien s’est déroulé à toute vitesse. Sam ne s’est jamais départi de son sourire tout au long de notre rencontre. C’est en emportant cette image que je le quitte. En voyant de face mon t-shirt sur lequel est imprimé une vieille pochette de Shelter, il me dit encore : ‘Hey Shelter, j’aime ce groupe. J’aime bien Ray’ (NDR : Ray Cappo est le leader de cet ancien groupe de straight-edge hard-core). Après une longue poignée de mains, il me gratifie d’une claque sur l’épaule. J’ai l’impression de quitter un vieux pote. Au coin du couloir je sens une drôle de sensation m’envahir. En fait il me manque déjà…

Iron & Wine

The Shepherd’s Dog

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Trois ans après avoir concocté "Our Endless Numbered Days", l’ami Sam Beam nous revient flanqué une fois de plus, d’un excellent album. Dans la pure lignée des petits bijoux qu’il nous a déjà proposés, « The Shepherd’s Dog » s’écoute avec les oreilles mais aussi le cœur. Touchant la part de rêverie que nous oublions souvent dans un coin de notre mémoire, Sam rouvre des portes de notre subconscient tel un cerbère attentif et précieux. Accompagné dans la manœuvre, comme à son habitude, par sa sœur et quelques amis. Quelques : le mot est faible. Dix personnes au moins ont collaboré à l’exercice : Jim Becker, Rob Burger, Joey Burns, Brian Deck et d’autres larrons excellemment bien inspirés. Lyrique, onirique « The Shepherd’s Dog » arrive à séduire par une simplicité et une élégance qui ne quitte jamais une seconde l’œuvre. Dessinant un trait qui n’en finit plus, l’album s’ouvre par « Pagan Angel and a Borroweed Car », une ballade folk aérienne. Poursuivant sa route, ce trait dessine des courbes tantôt plus serrées (« Carousel »), tantôt arrondies, comme sur « Lovesong of the Buzzard » où un orgue et un accordéon virevoltants viennent élever la fantaisie du morceau. L’excellent « The Devil Never Sleep » trahit une influence rock purement américaine. Il nous rappelle furtivement l’origine du groupe. Fier de sa patrie pour ses aspects positifs, Sam Beam se projette tel un être vivant sur terre et son dialogue international passe par le ressenti ainsi que la créativité. Cinquante minutes de pur plaisir, de voyage et d’intimité constituent l’aboutissement d’un travail d’équipe signé chez Sub Pop records (The Rapture, The Shins, CSS,…) A lire : l’interview que Sam Beam a accordée à Musiczine. La rencontre extraordinaire d’un personnage charismatique...

Iron Maiden

A Matter of Life and Death

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Le très décevant “Dance of Death”, livré par la Vierge de Fer en l’an 2003, a refroidi plus d’un fan, pourtant à nouveau confiant depuis le retour du sieur Bruce Dickinson derrière le micro. En excellent gestionnaire, Steve Harris, leader incontestable du combo issu de la N.W.O.B.H.M. (New Wave Of British Heavy Metal), a compris qu’il était impératif de redresser la barre et d’offrir aux nombreux aficionados un album digne de Maiden. Non seulement « A Matter of Life and Death » est largement supérieur à son prédécesseur, mais il manifeste davantage d’unité tout en parvenant à surprendre dans sa construction, entre tradition et modernité. Bien entendu, il n’est nullement question ici d’un nouveau « Piece of Mind », mais sans nul doute du meilleur Maiden depuis le come-back de Bruce. La thématique développée est l’absurdité de la guerre, et les amateurs de longues constructions à tiroirs seront enchantés.

« A Matter… » ne recèle que deux titres courts, dont « Different World ». Caractérisée par sa rythmique accrocheuse et son refrain sympa, sans pour autant s’avérer novatrice, cette plage ouvre l’album. Du pur Maiden. Les choses deviennent nettement plus sérieuses dès « These Colours don’t run ». Parcouru de solos, ce titre s’achève par un gros break jouissif ! « Brighter Than a Thousand Suns » est un des fragments à découvrir en priorité. Le faux rythme lancinant, l’alternance du chant clair et hurlé, le son de guitare à la Metallica (inhabituel chez Maiden) et la cavalcade effrénée entretiennent une atmosphère inspirée de « Powerslave ». Probablement un futur classique pour la scène. Autre titre court de l’album, « The Pilgrim » constitue aussi et certainement le plus accessible. Intro celtique talonnée par un tempo à la limite du trash, sonorités arabisantes, le morceau aurait pu se muer en single, si le refrain avait été un chouia plus accrocheur. Il reste néanmoins un excellent moment de l’album.

Tout comme « The longest Day », inspiré par le film « Le Jour le plus Long ». Sombre, grave et solennel à la fois, la musique monte progressivement en force tandis que Nicko Mc Brain frappe ses fûts pour donner l’illusion de rafales de canon. Une réussite incontestable ! Quiconque a flashé sur la semi-ballade « Children of the Damned » de l’incontournable « Number of the Beast » ressentira des frissons dès les premiers accords, exécutés à la guitare sèche, de l’émouvant “Out of the Shadows”, titre surprenant qui rappelle la ‘grande époque’. Lorsque Steve Harris et ses acolytes se mettent à composer des power ballads, l’effet est instantané. Souvenez-vous de « Remember Tommorow », « The Prodigal Son », et surtout de ce chef d’œuvre précité issu du « Numéro de la Bête ». « Out of the Shadows » s’inscrit tout à fait dans cette lignée. Un single potentiel ! C’est pourtant le solide « The reincarnation of Benjamin Breeg » qui a été choisi pour annoncer la venue du nouvel enfant de la Vierge de fer !! Le skeud débute par un long passage quasi narratif, avant de débouler sur une énorme rythmique heavy destinée à faire taper du pied les fans de la première heure. Sur chaque production maidenesque figure un long morceau épique, comme Harris en raffole. Dissertant des religions, le magnifique « For the Greater Good of God » donne forcément un petit air de ‘déjà entendu’, et nécessitera plusieurs écoutes avant d’être bien assimilé. Malgré sa référence à « Where Eagles Dare » (Piece of Mind), « Lord of Light » est la composition la plus faible de la plaque. Heureusement, « The Legacy » redresse la barre et boucle l’album de façon époustouflante ! La longue intro acoustique ne fait qu’accentuer le côté heavy, façon « Sacred Heart » ou « Holy Diver » de Dio.

Notons enfin que « A Matter… » est disponible dans une version CD limited édition avec slipcase et DVD bonus, mais aussi dans un autre format cher aux collectionneurs. Un splendide double vinyle picture-disc, sous un format encore plus limité, c’est de bonne guerre…Iron Maiden est de retour, et Eddie n’est pas spécialement de bonne humeur !

 

 

Iron & Wine / Calexico

In The Reins

A écouter les deux splendides albums d’Iron & Wine, on était presque sûr du génie mélodique de Sam Beam… Cet EP de collaboration avec les tout aussi bons Calexico confirme donc le bien qu’on pensait du barbu à la voix diaphane. Sept titres composés par Sam Beam et enregistrés en décembre 2004 dans les studios de Calexico, à Tucson, et pas un seul à jeter… En 20 bonnes minutes, l’association des rockeurs mariachi et du songwriter folk/americana laisse augurer que leur amitié ne s’arrêtera pas là. Du moins c’est ce qu’on espère. Et que Sam Beam, à l’instar de John Convertino, Jason Molina, Will Sheff (Okkervil River, Shearwater) ou encore Will Oldham, est bien un musicien sur lequel il va falloir sérieusement compter.

Iron & Wine

Woman King

Écrit par
Nous avions découvert Iron & Wine, alias Sam Beam, lors de la sortie de son premier opus “The Creek Drank the Cradle”. En 2002. Nous l’avions vu pour la 1ère fois sur scène en mai 2004 à l’occasion des Nuits du Botanique, défendant humblement l’encensé “Our Endless Numbered Days”. Et d’emblée la personnalité de Sam Beam s’était imposée dans nos pavillons. Une mélancolie accessible, des mélodies pacifiques, une voix atone et tendre. Cet homme à la grande barbe, aux chemises à gros carreaux et aux mouvements lents a décidé de montrer, sur cet EP, une autre facette de son talent. Plus bruts, plus rocks, les 6 titres de ce “Woman King” ne feront heureusement pas fuir les amateurs de l’univers de Sam Beam. Celui-ci demeure, nous racontant le destin de femmes mythiques ou réelles (le superbe “My Lady’s House”), nous parlant de liberté, d’arbres fruitiers et de longue soirée d’été. Des soirées que l’on passerait volontiers à ses côtés. Incontournable !

Iron & Wine

Our Endless Numbered Days

Une guitare et une voix suffisent parfois pour que notre cœur chavire. Iron & Wine, alias Sam Beam, ne s’embarrasse pas d’autre chose, et sa musique sonne comme l’éternel. Après « The Creek Drank The Craddle » (2002) et un EP essentiel (« The Sea And The Rhythm »), ce deuxième album envoûte par sa désarmante simplicité, qui touche en plein mille. La guitare acoustique fait ici des merveilles, son équilibre instable nous renvoyant finalement à notre condition d’être humain fragile et rongé par le doute. Sam Beam joue de la country-folk en toute honnêteté ; et c’est tellement beau qu’on a envie de pleurer. Parfois, un banjo, la voix douce d’une fille délicate, enjolivent encore ces douze chansons d’une splendeur bucolique. Sans forcer le trait, par touches impressionnistes, Sam Beam et son folk céleste nous font voir un bout de paradis. Sur terre existent de vrais tisseurs de rêve, qui n’ont besoin que d’une guitare pour accomplir leur gracieuse mission. Buvez ces notes jusqu’à la lie, elles sont jouées pour vous.

Iron & Wine

The Creek Drank the Cradle

Iron & Wine = Sam Beam, jeune folkeux de Miami qui préfère s'enfermer dans sa cuisine à composer des ballades minimalistes que de parader sur la plage, la planche de surf sous le bras. " Chacun son truc ", diront les plus bronzés à l'écoute de ces 11 vignettes country-folk qui n'ont pas vu le soleil. Sam Beam s'en fout : il est bien dans sa cuisine, et même qu'il n'a pas besoin d'amis, puisqu'il fait tout absolument seul. La guitare, le banjo, les voix, l'enregistrement. Harry Smith serait passé par-là qu'il l'aurait sans doute rajouté sur sa compile d'" American Folk Music ". Dommage qu'il soit mort. Sam, lui, est bien vivant, même s'il est blanc comme un cadavre. Sa musique, heureusement, ne sent pas la pierre tombale : d'accord c'est triste, mais c'est beau, aussi. Serein. Délicat. Sam ne connaît sans doute pas ce qu'écoutent les gars de la plage (du rap, du nu-métal), et à vrai dire il s'en tape : dans sa discothèque, il n'y a qu'une dizaine de disques. Neil Young, Nick Drake, Gene Clark. Rien de bien neuf. Il paraît qu'il a quand même acheté un ordinateur au magasin du coin : c'est mieux que ce 4-pistes qui faisait toujours des siennes. Voilà pourquoi ces 11 chansons sonnent si bien ! On croirait presque qu'elles sont produites par Mark Linkous ou Kurt Wagner… Du bon boulot, pas lo-fi pour un sou. La prochaine étape ? La rue, le quartier, la ville, le pays, le monde : Sam sur les routes, avec sa guitare et sa crème solaire protection 36, à chanter ses poèmes bucoliques devant des fans de folk neurasthénique ? Quel délire ! Reste à savoir si les sièges seront munis d'oreiller ou si ce jour-là on n'aura rien d'autre à faire. A vrai dire, mieux vaut écouter ce disque à la maison, seul, sous peine d'être traité de fan de musique chiante ou de membre d'une secte de hippies suicidaires. Et oui, la passion musicale est parfois à ce prix.

Iron Maiden

Dance of Death

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Si "Brave new world" avait, à l'époque du grand retour de Bruce Dickinson, provoqué unanimement un sentiment de victoire au sein des fans purs et durs de la Vierge de fer, il n'en est pas de même aujourd'hui. Certes, on savait que la bande à Steve Harris allait devoir viser très haut pour donner un digne successeur à l'album de la reformation, mais on était loin de s'imaginer qu'il aurait fallu des écoutes répétées de ce "Dance of Death" pour en apprécier certaines plages. On n'ose évoquer le titre du très inégal "No prayer for the Dying", car le Maiden nouveau n'est pas aussi catastrophique, bien qu'il donne également l'impression d'avoir été enregistré sans motivation. Des titres trop longs comme la plage titulaire ou "No more lies" sont même dépourvus d'intensité, au point de devenir ennuyeux. Jamais nous n'aurions pensé qu'un jour on parlerait d'un album de Maiden en ces termes, mais de toute évidence "Dance of Death" ne marquera pas la carrière d'un des plus brillants groupes de heavy metal de ces deux dernières décennies. Heureusement, tout n'est pas négatif sur cette nouvelle livraison, et il subsiste quelques titres remarquables typiquement 'maidenesques', à l'instar de l'énorme "Paschendale" et ses superbes orchestrations, de l'épique "Montsegur" taillé pour la scène ou encore du très surprenant "Journeyman", titre acoustique fortement marqué par les influences progressives d'Harris n' co. Mais ce n'est pas suffisant pour Iron Maiden qui est au metal ce que la série télévisée "Le Prisonnier" - qui a donné son titre à un morceau de Number of the Beast - est à la culture british. Une référence absolue! On croise les doigts, et on espère mieux pour la prochaine fois.

Julie Doiron / Okkervil River

Julie Doiron / Okkervil River

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Julie Doiron est une femme d'intérieur : pour ce split-cd avec les Texans d'Okkervil River, elle a enregistré 5 chansons chez elle, à l'aide d'un minidisc, seule avec sa guitare et ses vieux démons. Elle y parle d'amour, de son mari, de ses enfants, de la neige qui tombe dehors… Finies les guitares crépitantes de son ancien groupe Eric's Trip : autour d'elle, juste le silence d'une matinée hivernale, et le souffle de sa famille qui dort. Lo-fi sans être malingres, les chansons intimistes de la Canadienne touchent presque au mystique, tant on y ressent un (aban)don de soi d'une simplicité désarmante. Ni pessimiste comme Chan Marshall, ni hystérique comme Scout Niblett, Julie Doiron nous émeut, et son folk nous apaise. Lui reprocher son minimalisme serait déplacé. Parce que la songwriter nous donne le maximum d'elle-même, sans fausse pudeur. Idem pour ses copains d'Okkervil River, qui alternent sauvagement country déglinguée et pop déchaînée, en y réservant parfois des envolées rock et soul qui les rapprochent de leurs cousins Lambchop, Sparklehorse et Songs : Ohia. Rarement l'équilibre des forces (Mal/Bien, déprime/délivrance, obscurité/lumière) n'aura été si savamment interprété, et avec une grâce qui elle aussi touche presque au sublime. Merde, que c'est beau… Un truc pareil vous arracherait presque une larme.

 

Iron Maiden

Edward The Great

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Pour fêter dignement ses 25 années de fructueuse carrière, le plus grand des groupes de heavy metal de tous les temps sort simultanément un très luxueux box renfermant trois doubles CD de raretés agrémentés de quelques gadgets, et un greatest hits qui couvre les singles les plus représentatifs du combo anglais depuis l'indémodable "Number of the Beast" jusqu'à nos jours. Le premier objet, fabriqué à 80.000 exemplaires seulement, plutôt onéreux, s'adresse aux fans hard core du groupe ainsi qu'aux collectionneurs de belles pièces. Le second, disponible en CD et en double picture-disc, cible le jeune public qui ne connaît d'Iron Maiden que l'image de sa célèbre mascotte Eddie. "Run to the Hills", "The Trooper", "Wasted Years", "Holy Smoke", "Flight of Icarus", "Futureal", "Fear of the Dark", figurent parmi les seize standards qui composent "Edward the Great". La compile constituerait la rondelle idéale pour une première approche, si la période Paul Di Anno - notre préférée - n'avait été totalement occultée. Donner une vision globale de la carrière de Maiden en oubliant son premier album et surtout l'incroyable "Killer", c'est un peu comme savourer un vieux Pomerol glacé ou une bonne Duvel bien tiède. Very british !

 

Iron Maiden

Brave New World

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La sortie du douzième album studio d'Iron Maiden affole la terre entière ! Celui-ci marque le retour officiel du chanteur Bruce Dickinson, après sept ans d'absence, et un virage solidement pensé pour permettre à la vierge de fer de passer le cap de l'an 2000, comme si rien n'avait changé depuis le split de 1993. Car Blaze Bailey, malgré sa bonne volonté, n'est jamais parvenu à faire oublier le beau Bruce. Si " Brave new world " ne possède pas la force d'un " Number of the Beast ", il n'en demeure pas moins le meilleur effort de Maiden depuis " »Seventh Son of a Seventh son ". Alternant les titres ultra heavy (« Ghost of the Navigator », « The Mercenary ») et les longues plages épiques, parfois proches du rock prog si cher à Steve Harris (« The Nomad »), la nouvelle plaque bénéficie d'une production énorme qui renforce encore l'impact des quelques vrais classiques qui jalonnent ce ‘meilleur des mondes’. Et même si l'emblématique mascotte Eddie se fait de plus en plus discrète sur les artworks du groupe, l'objet bénéficie d'une somptueuse pochette cosignée par Derek Riggs, géniteur du plus populaire zombie de toute l'histoire du rock. Quant à Dickinson, dont le timbre vocal a influencé toute la nouvelle génération de la scène dite de ‘true métal’, on peut légitimement se poser la question de savoir s'il a déjà aussi bien chanté. Un retour avec panache, sur le plan artistique du moins, sans aucune contestation possible. Le british heavy métal, moribond dans les années 90, sort aujourd'hui la tête haute ! Qui oserait parier que Rob Halford ne rejoindra pas les ‘Gods of métal’ de Judas Priest dans les mois à venir ?