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Jesca Hoop

Memories are now

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Il y a quelques mois, Jesca Hoop avait enregistré un album en compagnie de Sam Beam (Iron & Wine). Un disque sympathique intitulé "Love letter Fire". Il faut bien reconnaître que jusqu’alors on ne connaissait pas grand-chose du travail en solitaire de cette Américaine qui a grandi en Californie, au sein d’une communauté mormone. Pourtant, avant de se lancer dans une carrière musicale, elle avait été la baby-sitter des enfants de Tom Waits. C’est d’ailleurs ce dernier qui l’a poussée à embrasser une carrière musicale. Et cette initiative ne date pas d’hier, car en 2007, soit dix ans plus tôt, elle publiait déjà un premier elpee baptisé "Kismet". "Memories are now" constitue quand même son sixième en solo. Faut croire que sa signature chez Sub Pop lui a donné un coup de boost et permis de jouir de davantage de crédit. 

Ce qui frappe d'emblée, à l'écoute de ce nouvel opus, c'est son style, ma foi, hétérogène. Le fil rouge entre les neuf morceaux est tissé par la voix de Jesca dont la maîtrise est parfaite, il faut le souligner. "The Lost Sky" et "Songs of Old" en sont certainement les plus belles illustrations. Le folk de la native de Santa Rosa est vraiment contemporain. Le morceau maître qui ouvre l’opus donne d’ailleurs le ton. Les choeurs et canons trament le rythme. Son feeling lyrique lorgne parfois vers Joanna Newsom. Et l’expression sonore est très susceptible de se convertir au rock. A l’instar de "Cut Connection" et surtout du plus énergique "Unsaid". Enfin, plus country/folk, "Pegasi" complète la palette des styles embrassée par l’artiste.

Après avoir écouté cet opus, nul doute que votre serviteur aura l’envie de se pencher sur la discographie de cette artiste polyvalente...

 

Sam Beam & Jesca Hoop

De l’émotion, de l’intensité et du voyage

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Il s’agit du concert de la rentrée au Botanique ; et il amorce une longue saison qui s’achèvera peu de temps après les Nuits 2017. Pour accueillir Sam Beam, Jesca Hoop et en supporting act, Erika Wennerstrom, il y a tout au plus 300 âmes dans la salle...

L'association entre Sam Beam et Jesca Hoop n'est pas neuve. Non seulement Jesca a déjà assuré les premières parties d'Iron & Wine, dont Sam est le leader, mais les deux comparses (NDR : ce sont des amis, pas un couple) ont enregistré ensemble « Love Letter For Fire », un elpee paru chez Sub Pop en avril dernier.

Erika Wennerstrom est originaire de Dayton, en Ohio. Outre sa carrière solo, elle milite au sein de Heartless Bastards, un combo qui pratique du rock/garage. Ce soir elle est seule, armée d’une gratte semi-acoustique. Pendant une demi-heure, elle va nous proposer un cocktail de rock, de folk et de country. Et elle donne tout ce qu’elle a dans les tripes. D’ailleurs, elle injecte tellement d’émotion dans ses chansons, que lors d’une d’entre elles, elle ne parvient pas à la terminer. Et elle a beau remettre le couvert, elle a manifestement un blocage. Bien que timide, l’artiste possède un joli timbre de voix. Et une douce mélancolie émane de ses compositions, des compos très susceptibles de nous entraîner à travers grandes plaines de l'Ouest…

Le décor est sobre. Sur l’estrade on remarque la présence de deux grattes semi-acoustiques et de deux électriques. Les premières sont destinées à Sam. Les secondes à Jesca. Pieds nus, cette dernière est vêtue d’une longue robe jaune. Dès les premiers accords, on se rend compte que les deux musicos sont très complices. D’abord attentif et recueilli, le public va finir par se montrer enthousiaste. Faut dire que Sam ne manque pas d’humour. Et entre chaque chanson, il ne s’en prive pas, déclenchant parfois l’hilarité générale.

Dépouillées, les compos puisent bien sûr dans le denier opus du duo, mais également au sein du répertoire d’Iron & Wine et de Jesca. Mais c’est la conjugaison des harmonies vocales qui fait vraiment la différence. Car elles sont tellement empreintes de douceur. Parfois, elles me font même penser à Simon & Garfunkel. Et dans ce registre, « Bright Lights And Goodbyes » constitue un des sommets du concert. Il n’y manque qu’un orchestre philharmonique. Une reprise des Bee Gees : « Islands In The Sream ». Fallait oser, quand même. Les étoiles descendent du plafond et le light show vous illumine de mille feux. Et lorsque le train est sur les rails, on se laisse alors bercer par le roulis des compos folk, country et americana.

En rappel, Sam Beam and Jesca Hoop vont nous réserver une curieuse cover du « Love Is A Stranger » d’Eurythmics. Bref, à l’issue d’un spectacle de 90 minutes, on peut affirmer que le public était conquis. De l’émotion, de l’intensité et du voyage, c’est tout ce qu’il demandait et qu’il a obtenu...   

(Organisation : le Botanique)

Sam Beam & Jesca Hoop

Love letter for fire

Écrit par

Ce n'est pas la première fois que Sam Beam, mieux connu sous son pseudo Iron and Wine, se lance dans une collaboration. Sa précédente ? Elle remonte à l’an dernier, avec Ben Bridwell, le chanteur de Band of Horses. La plus notoire ? Elle date de 2005, auprès de Calexico. Le songwriter a donc choisi Jessica, aka Jesca, Hoop comme partenaire. La chanteuse folk américaine jouit d'une certaine notoriété au pays de l'Oncle Sam. Elle aussi coopère régulièrement. Peter Gabriel et Tom Waits figurent parmi les mythes qui l’ont invitée. Et puis également des formations comme Shearwater, Wilco ou encore Willy Mason. Au fil du temps, ces deux artistes sont devenus de grosses pointures du folk yankee. Faut dire que vu leur cv long comme le bras…

Pour enregistrer "Love letter for fire", les deux folkeux se sont entourés d'une belle brochette de musiciens parmi lesquels on épinglera la présence du percussionniste Glenn Kotche (Wilco) ou encore du violoniste Eyvind Kang (aperçu aux côtés d'Animal Collective mais également de The Decemberists). Quant à la production, elle a assurée par Tucker Martine (Sufjan Stevens, Modest Mouse, ...) Du beau monde quoi…

Pas de grosse surprise, néanmoins, à l’écoute de cet elpee. La musique proposée par Sam Beam et Jesca Hoop baigne dans le pop/folk. La voix paisible du barbu et celle gracieuse et maîtrisée de Jesca se conjuguent à la perfection. Et parviennent à atteindre leur pic d’intensité tout au long de "On Way to Pray" ainsi que sur "Know the Wild that Wants You". Les arrangements sont eux variés et impeccablement dosés. Cependant, tout au long de ce disque, on se rend compte que Sam prend son pied en s’investissant au cœur de morceaux plus accessibles, aux accents nettement plus folk. Chez Iron and Wine, son répertoire est manifestement superbe, mais le plus souvent il est à la limite de nous plonger au sein d’un état de léthargie. Les 13 plages de "Love letter for fire" nous tiennent constamment en éveil. "Chalk it up to Chi" se distingue par son refrain plus pop. Mais s’il fallait mettre en exergue un seul titre, on choisirait le superbe "Valley Cloud", véritable hymne à la nature.

Bref, si "Love Letter for Fire" n'est pas de nature surprenante, il reflète tout fait le talent des deux protagonistes.

Et si vous souhaitez le vérifier, rendez-vous au Botanique ce 9 septembre, date à laquelle le duo se produira. 

 

Jesca Hoop

Hunting My Dress

Écrit par

Si Jesca Hoop est de plus en plus visible sur la scène musicale contemporaine, ce n’est pas un hasard. Evidemment, les mauvaises langues vont imputer cette situation au coup de pouce accordé par Tom Waits. Et ce n’est pas tout à fait faux. En fait, Jesca était la baby-sitter de ses enfants ; aussi en gage de remerciement, il a fait parvenir la démo de la demoiselle à son producteur. Les relations, ça aide… Mais ne nous contentons pas de raccourcis faciles ; car même si la famille Waits lui a servi de tremplin, le potentiel de Jesca Hoop était plus que prometteur.

Déjà responsable d’une démo en 2004 (« Silverscreen Demos »), d’un album en 2007 (« Kismet ») et d’un Ep en 2008 (« Kismet Accoustic »), elle vient donc d’enregistrer « Hunting my Dress », une œuvre dont la beauté naturelle finit par griser. Affichant des faux airs de Björk, elle lorgne également vers la superbe d’une Kate Bush. Mixant le tout sur une trip hop non conventionnelle et timidement sautillante. Et lorsque ses compos empruntent des chemins de traverse, c’est pour osciller entre folk et rock, tout en prenant soin d’y apporter des arrangements post-prod tout bonnement sublimes.

Si « Whispering Light » semble couler telle une goutte de miel le long de son pot, « Feast of the Heart » libère une énergie et une rage positive plutôt rock. « Tulip » nous plonge dans une ambiance irlandaise, digne de Sean O’ Connor, tandis que « Murder of Birds » arracherait même des larmes à Joan Baez. L’éclectisme est d’ailleurs une des caractéristiques essentielles de « Hunting my Dress ». Et quoique constamment différentes, chaque plage nous procure un même plaisir. De brève durée (40 minutes découpées en 9 fragments), cet elpee n’en demeure pas moins abouti, empreint de charme et de volupté. Aussi je vous conseille vivement d’y goûter, avant d’y succomber…