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Farfouiller dans la Pure Carrière…

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Jimmy Diamond

Jimmy Diamond rayonne… dans le noir…

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Le mélange de roots rock et d'americana de Jimmy Diamond consacre des moments fugaces comme un grand feu rituel. C'est le lot de Jim Zwinselman, Ruud Gielen et Floris Poessé. La base d'opération du trio n'est pas une métropole frénétique comme Amsterdam, mais plutôt la région d'Overijssel, à Lemele très exactement, où la tranquillité fait ressortir la gravité de l'environnement. La symphonie des grenouilles et des grillons la nuit, le bruissement des plantes dans la brise, le doux grondement des moteurs de tracteurs au loin : dans de tels endroits, tout ce que vous absorbez est naturellement décuplé.

Contrairement à l'habitat terrestre de Jimmy Diamond, la genèse de la formation est, pour être franc, digne d'un conte de fées. Grâce à son tour manager commun, il a été choisi pour devenir le backing group de tournée européenne de Strand Of Oaks. En la personne du compositeur principal Timothy Showalter, le band a immédiatement trouvé un parent spirituel, un mentor et un grand fan. C'est d'ailleurs Showalter qui, sans le savoir, a inventé le patronyme du combo lors d'une étape de la tournée au Montenegro bayside, en attribuant à Zwinselman un nom monténégrin. Jimmy Diamond sonnait bien... suffisamment pour que l’appellation reste.

Le nouvel album de Jimmy Diamond paraîtra ce 15 mars. Il s’intitulera « You radiate ». Ce sera son second. En attendant, son single, « In the dark » est toujours disponible

En concert

16/02/2023 De Casino, Sint-Niklaas (support Ruben Block)
09/03/2023 Cactus Club, Bruges (première partie de Ghost Woman)
23/03/2023 Trix, Anvers (concert de lancement)

Jimmy Carpenter

Plays the blues

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Ce saxophoniste roule sa bosse depuis un quart de siècle. Ses débuts remontent à 1980. A cette époque, il sévit chez Alka-Phonics, un groupe issu de son patelin, à Greensboro, en Caroline du Nord. A cours des nineties, il accompagne d’excellents gratteurs comme Tinsley Ellis ou Jimmy Thackery. En 2004, il s’est établi à la Nouvelle Orléans. Il a publié, fin 2008, "Tolling in obscurity", son premier elpee solo. Depuis, il ne cesse d'être sollicité. Et pour cause, il rallie les backing groups d'Eric Lindell, de Walter Wolfman Washington, et plus récemment, de Mike Zito, en l’occurrence The Wheel. "Plays the blues" constitue son second opus personnel. Il a été enregistré au sein des studios Nola à New Orleans, sous la houlette du son ami Mike Zito. Ce dernier se charge de la guitare et des vocaux qu’il partage auprès de Jimmy ! Le tracklisting réunit essentiellement des reprises signées par des légendes du blues. Et plusieurs amis du souffleur sont venus apporter leur concours lors des sessions.

L’elpee s’ouvre et s’achève dans le r&b. Traité dans un style Memphis, le "You belong to me" de Magic Sam entame les hostilités. Mike Zito brille déjà au chant et aux cordes. Carpenter introduit le "Too late" de Willie Dixon (NDR : le légendaire Little Walker, l’avait traduite en succès, il y a bien longtemps), une piste imprimée sur un tempo enlevé. Jimmy ne tient pas en place et explose son saxophone. Plusieurs plages instrumentales le mettent d’ailleurs en exergue. A l’instar du blues lent "Jimmy plays the blues", du "Surf monkey" de Freddy King, au cours duquel Tinsley Ellis se consacre aux cordes, du "Slow soul" de Sam Cooke et du "Preach" de King Curtis. Lewis Stephens siège derrière le piano tout au long du blues/rock "Kid in my head", un des trois meilleurs morceaux du long playing. La cover du "Blues with a feeling" de Little Walter est également remarquable. Et enfin le classique d'Otis Rush, "All your love", au cours duquel Zito excelle au chant et aux cordes.

 

Jimmy LaFave

RIP Jimmy LaFave

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Ce mois de mai 2017 est pénible pour les artistes du Sud des States ; et pour cause, le chanteur/compositeur Jimmy LaFave, fervent admirateur de Woody Guthrie, est décédé chez lui à Austin ce 21 mai. Il avait 61 ans. Il était également atteint d’un cancer du foie. C'était aussi un grand fan de Chuck Berry et il ne dédaignait pas intégrer du solide rock'n'roll dans son répertoire qualifié de folk/rock. Son dernier opus, "The Night Tribe", vient de sortir…

RIP

Pinetop Perkins & Jimmy Rogers

Genuine Blues Legends

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Ces deux légendes du Chicago blues ont milité, à des moments différents, au sein du Muddy Waters Band.

Chanteur, harmoniciste et compositeur, Jimmy était avant tout guitariste. Il militait au sein du backing group de Muddy Waters, au cours de la grande époque des 50’s. Il est parti trop tôt, des suites d'un cancer, en 1997. Il était âgé de 73 ans.

Joseph William ‘Pinetop’ Perkins était pianiste. En 1969, il avait remplacé le remarquable Otis Spann, au sein du groupe de Muddy Waters. Plus tard, il va sévir chez le Legendary Blues Band. Il est mort dans son sommeil en 2011. Il avait 97 ans.

Ces deux artistes mythiques se connaissaient, bien entendu, depuis longtemps. Un soir de mai 1988, au Grand Auditorium d'Ellsworth (NDR : c’est dans le Maine), ils se retrouvent au sein de l'excellente formation, Little Mike and The Tornadoes, un combo drivé par l'harmoniciste Little Mike Markowitz. La même année, ce combo va participer aux sessions d’enregistrement du premier opus solo de Pinetop, "After hours", paru chez Bling Pig.

Les quatre premières plages sont réservées à Pinetop Perkins, flanqué des Tornadoes. L'harmonica de Little Mike introduit le "Kidney stew" d'Eddie 'Cleanhead' Vinson. Pinetop chante et se consacre aux ivoires, mais le premier envol est accordé par le gratteur des Tornadoes, Tony O'Melio, rapidement suivi par Little Mike. Tout au long du classique de Tommy Tucker, "High heel sneakers", ainsi que du remarquable "Had my fun" de St Louis Jimmy Oden (NDR : un long blues lent), on assiste à de très beaux échanges entre le piano et les cordes d'O'Melio. Perkins chante enfin le boogie woogie "For you my love". Jimmy Rogers entre enfin en scène pour chanter trois morceaux. Tout d’abord le célèbre "Big boss man" de Jimmy Reed. Puis le superbe blues lent "All in my sleep", au cours duquel, parcimonieux, les accords de grattes libèrent un maximum de feeling. Et enfin, son plus grand succès, "The last time", un titre qu'il avait enregistré en 1952. Pinetop reprend le micro pour aborder le tendre "When I lost my baby", avant qu’il n’attaque son hit intemporel "Pinetop's boogie woogie", bien épaulé par les cordes de Rogers et l'harmo de Little Mike. "Pine and Jimmy's Jump" clôt cet LP. Les deux légendes du blues ainsi qu’un étincelant Little Mike en profitent pour prendre leur pied…

 

Jimmy Carpenter

Walk away

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Jimmy Carpenter est surtout notoire comme saxophoniste. Pourtant, il est également chanteur, compositeur et arrangeur. Il est né à Greensboro, en Caroline du Nord. Il y a effectué ses premiers pas musicaux. En 1980, au sein des Alka-Phonics. Il émigre ensuite à Charlottesville, en Virginie, pour y rejoindre Charlie Pastorfield and the Believers. Tinsley Ellis (NDR : un chanteur/guitariste de blues issu d'Atlanta) le remarque en 1998 et l'intègre dans son band. L'année suivante, il intègre celui de Jimmy Thackery, The Drivers, au sein duquel il restera cinq ans. En 2004, il se fixe à la Nouvelle Orléans pour poursuivre ses expériences musicales. Il apporte sa collaboration à Eric Lindell, Walter Wolfman Washington et au Honey Island Swamp Band. Son premier opus personnel, "Toiling in obscurity", paraît en décembre 2008. Depuis, il multiplie les prestations ‘live’, que ce soit chez les Roadmasters de Wolfman Washington (surtout) et aussi depuis peu en compagnie de Mike Zito, au sein de The Wheel. Il est également impliqué dans l'organisation du MNOP Festival (Music of New Orleans de Périgueux, en France). On se demande parfois s’il prend encore le temps de dormir.

"Walk away" constitue sa deuxième œuvre personnelle, un long playing pour lequel il a bénéficié du concours de la crème des musiciens de la grande cité louisianaise. "Can let go" ouvre les hostilités. De toute bonne facture cette compo concède des accents pop. Les arrangements sont fouillés. Jimmy a une bonne voix et est épaulé par d’excellents musicos : John Fohl (longtemps membre du Dr John Band) à la guitare et John Gros (le leader de Papa Grows Funk) à l'orgue Hammond. Sans oublier comme ‘guest’, le célèbre Anson Funderburgh, qui nous réserve un solo de guitare. Le titre maître est un solide rhythm & blues roots. Le tempo est balisé par une section rythmique de classe : Casandra Faulconer à la basse et Wayne Maureau à la batterie. Jimmy est parfait aux vocaux et peut enfin mettre son sax ténor sur orbite, une intervention talonnée par l’orgue Hammond. Une superbe plage ! "When you're ready" s’inscrit dans le même registre. Et si Johan Gros est passé aux ivoires, on reconnaît le style de Mike Zito à la six cordes. Le saxophone amorce le tendre "She's not you", une piste lente caractérisée par d’excellents vocaux, des cordes acoustiques subtiles et un orgue majestueux. Instrumental, "7th Street shuffle " met bien en exergue le jeu raffiné de Jimmy sur son saxophone. "No one's ever" est une ballade indolente, décontractée, ‘cool’… Un tempo adopté par "More than meets the eye", un southern soul cuivré au cours duquel les saxophones du leader sont rejoints par la trompette d'Antonio Gambrell. Ainsi que par "Hard to be cool", une plage aux accents jazz, chantée passionnément et caractérisée par les cuivres à l'avant-plan. Plus pop, "Crazy 'bout you" accroche pas sa mélodie, et nous réserve des envols magiques sur l'instrument à vent. Longue épopée instrumentale, "C King blues" rend hommage à son véritable maître, le grand King Curtis, malheureusement assassiné alors qu'il n'avait que 37 ans. Ses interventions sont ici enflammées et lumineuses. Autre perle, "Favorite muse" emprunte le rythme d’une rumba. Fohl est à la guitare pur accentuer l’aspect blues de la compo. Michael Skinkus se charge des percus et Gros de l’orgue. Un orgue qu’on retrouve sur "On the outside", une piste plus rock, découpée par de solides riffs de guitare, que chante divinement Jimmy. D’excellente facture, cet LP s’achève par une ballade country dépouillée, au cours de laquelle Jimmy et la Texane Reba Russell se partagent les vocaux…

 

Jimmy Vivino

13 Live

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Agé de 58 ans, Jimmy Vivino est un bluesman blanc originaire du New Jersey. Il est chanteur, guitariste, claviériste, auteur et producteur. Il a été longtemps le protégé d'Al Kooper en compagnie duquel il se produit encore épisodiquement ; et en particulier au sein des Rekooperators. Jimmy est un musicien très occupé ; et pour cause, il participe à de multiples projets. Il drive également son propre groupe, les Black Italians. Vivino est d’origine italienne. Il se produit indifféremment en compagnie de Cubains, Juifs, Afro-américains, qu'il a baptisé les Black Italians.

L'enregistrement s'est déroulé dans le studio du regretté Levon Helm, à Woodstock, devant un public trié sur le volet. Le répertoire est très diversifié. Les musicos sont de vieux briscards très à l’aise sur les planches. Trois chanteurs s’affichent régulièrement en front de scène : le guitariste Jimmy, Catherine Russell, la dame noire, et l’harmoniciste Felix Cabrera. Le backing group implique une section rythmique, un bassiste, un drummer, un claviériste qui double au trombone, sans oublier les percussionnistes.

La fête s’ouvre par "Fat man", une compo écrite par le chanteur jamaïcain Derrick Morgan. Un reggae blues imprimé sur un mid tempo (un beat à la Bo Diddley ?) La voix de Jimmy est talonnée par l'harmonica et les claviers. Cabrera est un excellent harmoniciste. Dans le style, il est proche du regretté Paul Butterfield. Catherine est au micro pour l’adaptation de "Soul dress", en son temps un succès pour Sugar Pie Desanto ; et le rythme de cette piste aurait manifestement été apprécié par Jimmy Reed. Vivino excelle aux cordes. Pas vraiment un grand technicien, mais un homme capable de mettre le feu à la baraque. Felix est aux vocaux pour le "From a Buick 6" de Bob Dylan. La version est percutante. Les échanges opérés entre le souffleur et le gratteur sont à nouveau très chauds. Jimmy arrache tout ce qu'il peut de ses cordes tout au long de sa cover du "Fast life rider" de Johnny Winter, une piste au cours de laquelle James Wormworth se met bien en évidence aux drums. Miss Russell injecte toute sa puissance et sa passion dans la voix pour attaquer "Fool's gold", un blues lent marqué par de très bonnes sorties de Vivino et de Danny Louis à l'orgue. Vivino chante frénétiquement et se déchaîne sur ses cordes tout au long de "Heaven in a Pontiac", un rock'n'roll à la Chuck Berry. Les Black Italians épaulent judicieusement Cabrera, lorsque la solution sonore vire au pur funk. A l’instar d’"Animalism". Une compo suivie par le très dansant "Light up or leave me alone" de Jim Capaldi (Traffic), puis d’une solide tranche de funky R&B, proposée sous la forme d’une cover du "What do I have to do" de James Brown. Egalement signé par le Zim, "Maggie's farm" est imprimé sur un tempo très enlevé, une piste nerveuse, dansante, au cours de laquelle l'harmo est en effervescence, Danny est passé au trombone et les vocalistes chantent en chœur. "Song for Levon" est une ballade qui rend hommage au regretté batteur du groupe The Band, décédé l'année dernière. De toute bonne facture, ce concert s’achève par le "Shape I'm in" de Robbie Robertson, autrefois guitariste du Band…

 

Jimmy Bowskill

Back number

Écrit par

Jimmy est originaire de Toronto, la grande cité canadienne. A 21 ans à peine, il affiche déjà une belle expérience musicale, puisqu’il a notamment assuré le supporting act des concerts de Deep Purple, ZZ Top et Dickey Betts. En outre, il s’est déjà produit sur pratiquement tous les continents. C’est le regretté gratteur Jeff Healey qui le découvre, lui permettant de publier son premier opus, “Old soul”, alors qu’il n’a que onze ans. Depuis, “Soap bars & dog ears”, “Jimmy Bowskill” et “Live” se sont ajoutés à sa discographie…

Le décor est planté dès les notes d’ouverture. “Take a ride” baigne au sein d’un climat assez tragique. La rythmique est puissante. Elle rappellera certainement aux mélomanes d’un certain âge, le groupe anglais Free, un combo au sein duquel militait un chanteur extraordinaire, qui répondait au nom de Paul Rodgers. Pour les plus jeunes, cette compo évoquera davantage Jon Amor (ex-Hoax). Les cordes de Bowkill sont au cœur de l’expression sonore. Elles absorbent les espaces libres, mais en évitant les excès. Le gamin a sans aucun doute pris le temps de mûrir. “Linger on the sweet time” élève quelque peu le rythme. Jimmy est armé de son bottleneck et le laisse glisser divinement sur les cordes. Il réactive à nouveau la rythmique Free. Impeccable ! Cette intensité et cette pression libérée avec cette réserve naturelle que possédait le regretté Paul Kossoff, sont reproduites de manière saisissante. Et lorsque “Little bird” en remet une couche, que doit-on en penser ? Sommes-nous en présence d’une  copie de talent ou d’un banal plagiat ? Je vous laisse le choix ; mais il faut reconnaître que ce garçon sait jouer et surtout chanter! Imprimé sur un tempo indolent, “Spirit of the town” lorgne vers le southern rock de Lynyrd Skynyrd. L’interprétation est très propre. Puissante et dramatique, l’instrumentation est enrichie par des cuivres ainsi que les interventions à l’orgue d’Aaron Hoffmann. Signé Mark Farmer, “Sin’s a good man’s brother” rend hommage au célèbre trio de hard rock américain, Grand Funk Railroad. Dans la même optique, “Sinking down” campe un blues rock aux accents hard, sans jamais virer au métallique. L’inspiration des seventies est tout à fait évidente. Jimmy pilote sa machine à remonter le temps. Il a bien compris les formules adoptées par les trios de cette époque. Il nous livre un cocktail magique au sein duquel on retrouve les élixirs de Free, Led Zeppelin et Bad Company. Et le résultat est amusant à défaut d’être novateur. “Season change” : les saisons changent mais pas la musique, puisqu’il nous réserve une nouvelle dose de Free. Le rockin’ blues pratiqué par JBB n’est cependant jamais écrasant ou ennuyeux. Balisée par une section rythmique en béton, “Broken down engine” est caractérisé par la présence d’une slide aventureuse. Le piano roadhouse de Hoffmann pigmente “Least of my worries”, une plage légère, ensoleillée, qui clôt le long playing…  

 

Jimmy Eat World

Don’t Look Back In Anger

Écrit par

Jimmy Eat World aime la Belgique et celle-ci le lui rend bien. Le quatuor effectuait ce 4 novembre son second passage sur la grande scène de l’Ancienne Belgique, en moins de deux ans. Pour la circonstance, il présentait « Invented », son sixième recueil fraîchement publié lors d’un show étayé d’une setlist autrement plus intéressante que lors de sa dernière escale fadasse à Bruxelles.

Minus The Bear, quintet originaire de Seattle, ouvre le bal. Sa musique est un condensé d’indie rock évoluant quelque part entre The Fall Of Troy, Portugal. The Man ou encore les prometteurs Maps & Atlases. Leur dernier album en date, « Omni »,  partage à part presque égale avec ses prédécesseurs une setlist assez captivante. Après quelques compliments de bon aloi sur notre capitale et la promesse de produire à nouveau en Belgique, dans les mois à venir, la formation achève son court récital par son ‘tube’ « Pachuca Sunrise », assez bien accueilli par les spectateurs.

Quelques minutes plus tard, c’est au tour de Jim Adkins et sa bande de prendre place sur les planches. Le concert de Jimmy Eat World s’ouvre par l’énorme « Bleed American », aussi connu sous le titre post-11 septembre « Salt Sweat Sugar ». C’est sûr, on va moins s’emmerder que la dernière fois. L’auditoire, bien que moins nombreux, semble un peu plus éclectique qu’en 2008. Il faut dire qu’« Invented » est d’une autre trempe que le dispensable « Chase This Light ». Ce dernier est d’ailleurs complètement omis de la setlist qui privilégie les extraits du dernier recueil (« Action Is An Audience », « Coffee And Cigarettes », « My Best Theory », « Movielike », …) Mais surtout quelques classiques tels que « Work », « For Me, This Is Heaven », « 23 », « Pain », « Hear You Me », « The Middle » etc. Ce sont d’ailleurs ces morceaux qui sont le mieux accueillis par le public. Un public apparemment surchauffé puisqu’Adkins doit s’arrêter en plein milieu d’un morceau pour rappeler à l’ordre un membre de l’assistance un chouïa trop violent.

Outre « Bleed American », Jimmy Eat World interprète également « A Praise Chorus », un autre single dont l’absence avait cruellement fait défaut, lors de sa précédente prestation. En guise de rappel, le quatuor d’Arizona opère un nouveau retour en arrière à l’aide du retentissant « Gets It Faster » et tire sa révérence sur le morceau préféré de ces dames, « Sweetness ». Jim et ses potes est de retour dans nos bonnes grâces.

(Organisation : AB)

Jimmy Edgar

XXX

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Jimmy Edgar se serait-il déjà brûlé les ailes. Son parcours semble corroborer ce point de vue. Il a entamé sa carrière à la fin des 90’s. Il n’avait alors que 15 ans. En 2003, il est repéré par Warp qui le signe et lui permet de publier deux maxis « Access Rythm » et « Bounce », puis un album intitulé « Color Strip ». Début 2006. Puis, Jimmy décide d’embrasser un nouveau job : celui de photographe de mode. Il grave encore bien l’un ou l’autre titre, mais ils sont aussi inconsistants les uns que les autres.

C’est à l’âge de 27 ans que l’Américain retrouve le goût pour la musique. Et acquiert une nouvelle maturité. Il a aussi migré chez !K7. Et « XXX » constitue son tout nouvel opus. Caractérisé par des envolées funky, parfois minimalistes, parfois dance, ses compos me font penser à un showcase intimiste des Rythmes Digitales. Ses beats son efficaces et ses incursions dans la techno et le R&B (« Vibration »), judicieuses. Il y a bien quelques morceaux complètement tordus, susceptibles de vous faire dresser les cheveux sur la tête ou décoller du sol, comme « Hot, Raw, Sex » ou encore « In My Color » ; mais l’ensemble tient correctement la route. Jimmy Edgar is back ! Et il était temps !

Jimmy Bowskill

Live

Écrit par

Jimmy Bowskill est un autre prodige de la guitare, qui s’est révélé dès son plus jeune âge. Marqué très tôt par le blues, ce Canadien enregistre son premier opus, "Old soul", alors qu’il n’a pas encore 12 ans. Et embraie par "Soap bars & dog ears", deux ans plus tard ; soit en 2004. Puis en 2007, il publie un elpee éponyme.

Il était donc judicieux qu’il enregistre enfin un premier album ‘live’. Pour lequel il a bien sûr reçu le concours de sa section rythmique, soit le drummer Dan Neil et le bassiste Wayne Deadder. Notre gamin fêtera ses 20 printemps ce 16 septembre. Il partage la même date d'anniversaire que BB King, né en 1925, il faut le rappeler. Soit 65 ans plus tôt, quand même… Ce Cd est emballé dans une pochette très colorée, rappelant une époque lointaine où la fantaisie était élevée au rang d’art. Manifestement notre Jimmy y puise, avec une certaine gourmandise, son inspiration ; une période au cours de laquelle les guitaristes incarnaient des héros, et s’autorisaient, sans réserve, de longs exercices de style en solitaire. Il aimait les gratteurs anglais de cette grande époque et tout spécialement Peter Green et Paul Kossoff, un ange doué trop tôt disparu. Mr Bowskill signe une partie de son répertoire, car il aime les reprises qui ne sont pas des surprises.

"Far from reality" ouvre la plaque. Ses notes émanant de sa Gibson Les Paul sont largement amplifiées, puissantes, bien grasses. Sa voix s'est affermie pour ne pas dire affirmée ? Son hard rockin' blues tient la route. Il embraie naturellement par la cover du royal "Rattlesnake shake" de Peter Green, époque Fleetwood Mac de la fin des sixties. Le gamin est à l'aise et se fait plaisir. Cependant, les tonalités des cordes sont bien plus proches de celles de feuPaul Kossoff, le gratteur de Free. Pas étonnant dès lors qu’il adapte leur "Walk in my shadows", une compo qui figurait sur leur tout premier long playing. Les musiciens de ce british blues band étaient alors fort jeunes également. Paradoxalement, le chant évoque aussi furieusement celui de Paul Rogers. Il emprunte les mêmes intonations dramatiques et tout en conjuguant intensité et précision ; ce qui n’est pas un exercice de style facile, avouons-le! Parfois, je me demande s’il n’est pas carrément hanté par la formation londonienne. Douceur et indolence baignent son "Loser", une compo au cours de laquelle son timbre s'intègre parfaitement à l'ensemble. Il est passé à la slide pour attaquer "Be mine". Ses interventions sont puissantes, dévastatrices et –reconnaissons-le– écrasantes. Mais c’est le feeling qu’il veut faire passer. Il s’en délecte même jusqu'à l'écœurement, pensant sans doute au Jimi Hendrix interprétant l'hymne américain, à l'aube, au festival de Woodstock. A cet instant du set, le leader n’hésite plus à rajouter l’une ou l’autre couche, heureusement, bien secondé par sa section rythmique. Insatiables, les six cordes ont pris entière possession de la scène, et largement teinté de rock, son blues épais monte en décibels. C'est le moment choisi pour remettre une solide louche de Free. En l’occurrence sur "Ride a pony". Et la magie opère à nouveau, d’ailleurs, Jimmy Rogers-Kossoff a le sourire aux lèvres. En fin de parcours, le gamin se réserve son slow blues royal, lors de la reprise du "Three o'clock in the morning" de BB King. Il y témoigne à nouveau ce sens de la tragédie, en exprimant la souffrance sur les planches. Dans le style, cet elpee ne manque pas d’allure. C’est vrai qu’un gars de 20 balais doit encore prendre le temps de se faire plaisir…

Jimmy Eat World

Bleed American (Deluxe Edition)

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« Bleed American » constitue pour Jimmy Eat World l’album de la consécration. Publié originellement en 2001, la troisième œuvre du quatuor connaît aujourd’hui une seconde vie sous la forme d’une édition « Deluxe ». Traitement de faveur justifié par le succès conséquent et inattendu de la plaque. Un succès provoqué par la sortie de l’incontournable second single, « The Middle ». Entièrement enregistré et financé par les membres du groupe eux-mêmes après leur éjection du label Capitol, « Bleed American » a finalement impressionné le défunt label Grand Royal qui l’a envoyé dans les bacs internationaux en juillet 2001.

Précédé par le single éponyme, l’œuvre a toutefois dû subir une modification de taille quelques mois plus tard. En effet, après les attaques du 11 septembre, l’intitulé « Bleed American » est jugé trop insensible et déplacé par rapport à la situation politique du pays. Le groupe a donc décidé de rebaptiser le premier single « Salt Sweat Sugar » et son opus en éponyme. Aujourd’hui, le recueil retrouve les bacs dans son appellation originelle mais doublement plus chargé qu’il y a sept ans. Un premier disque présente donc les onze titres initiaux, dont les tubes « Bleed American », « The Middle », « A Praise Chorus » et « Sweetness », auxquels s’ajoutent trois petits bonus issus de divers EPs. La seconde partie est, elle, consacrée à une série de dix-huit B-Sides, versions ‘live’ et autres démos, parmi lesquelles une excellente reprise du « Firestarter » de Prodigy et un moins efficace « Last Christmas » de Wham. Mais c’est surtout lorsque l’on compare les démos aux versions finalisées que ce second disque prend tout son sens. Les dissemblances entre les deux variantes permettent de témoigner d’un réel travail de composition et de l’excellence des réarrangements. Désormais considéré comme une œuvre pop rock plutôt qu’emocore, le toujours aussi frais « Bleed American » reste, à ce jour, le meilleur ouvrage de Jimmy Eat World.      

 

Jimmy Eat World

Non, ce concert n’est pas pour le vieil homme

Écrit par

A l’occasion de la sortie de leur cinquième recueil, « Chase This Light », Jimmy Eat World effectuait ce 28 janvier un passage-éclair à l’Ancienne Belgique. En plus ou moins 1h15, les précurseurs de l’émo à la sauce pop ont exposé à leur public belge un set en dents de scie, à l’image de leur dernier ouvrage.

Légèrement à la bourre, nous n’avons pu savourer que quelques minutes de la prestation de Sparkadia, formation indie-pop originaire d’Australie. Ceux-ci remplaçaient au pied levé Saves The Day, groupe pop sans grand intérêt dont la décision de ne pas se produire sur la scène de l’AB aura ravi nos oreilles. Ces dernières ont donc pu se délecter des mélodies sympathiques de Sparkadia, notamment un joli « Northen Light » final.

Petite pause, le temps de constater que Jimmy Eat World est parvenu à renouveler son public. Il réunit désormais majoritairement de jeunes ados, probablement accros à l’émo-pop indigeste à la Plain White T’s et autres Fall Out Boy. Il n’aura d’ailleurs fallu que quelques notes de « Big Casino », en ouverture du set, pour ravir tous ceux qui s’étaient promis, ce soir-là, de s’essayer au crowd-surfing pour la première fois de leur vie.

Les Arizoniens ont beau avoir renouveler leurs aficionados, on ne peut malheureusement pas en dire autant de leur son. En effet, ce soir, on ne trouvera satisfaction que dans les vieux morceaux tels que les survoltés « Gets It Faster », « Pain » ou « Desintegration ». S’adressant principalement à son nouvel auditoire, les compositions récentes tirées de « Chase This Light », comme « Always Be », « Carry You » et « Big Casino » manquent affreusement de substance, autant en ‘live’ que sur disque. Ils n’apportent donc rien de bien neuf à la discographie du quatuor. Au bout de 1h15 de show, Jimmy Eat World remballe ses instruments, laissant derrière lui une bande d’ados survoltée et, d’autre part, une impression de trop peu. Il y en a eu certes pour tous les goûts (« Sweetness », « The Middle », « 23 », « Crush »), mais l’absence, lors de ce concert, de morceaux extraits de « Static Prevail » ou des excellents singles « Bleed American », « Lucky Denver Mint » et « A Praise Chorus » a cruellement fait défaut à l’ensemble. Très légère déception, mais déception quand même...

Setlist :

Big Casino

Sweetness

Crush

Work

Always Be

For Me, This Is Heaven

Desintegration

Gets It Faster

Let It Happen

Carry You

Blister

23

 

Your House

Hear You Me

Goodbye Sky Harbor

Pain

The Middle

 

(Organisation : Live Nation)

    

Jimmy & The Sleepers

Jimmy & The Sleepers

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Ce groupe de rockin' blues canadien nous vient d'Edmonton, dans l'Alberta. Il a régulièrement accompagné des bluesmen américains, lorsqu’ils tournent dans le grand Nord : Lazy Lester, Jimmy Burns, Larry Garner, etc. Le guitariste Jim Guilboche en est le leader. Dans le milieu du blues, il affiche déjà un sérieux pedigree. Il est soutenu par l’harmoniciste David Cantera, le drummer Grant Stovell, le bassiste Chris Brzezicki et le chanteur/showman Guy "Big Guy Slim" Gagne.

La musique des Sleepers est rugueuse, immédiate. Dès les premiers accords du "Snakes" de James Harman, elle éclate suivant un canevas proche de Billy Boy Arnold. Personnellement, j’apprécie tout particulièrement son impact direct, sans artifice, sans fioritures. Son blues transpire le vécu. Signé Little Milton, "The blues seem to follow me" en est une belle illustration. Les notes sont dispensées sur le fil du rasoir. Ou plus exactement sur le fil de ses cordes. Jim entraîne l'harmonica gouailleur de Crawdad dans son trip. Ces deux musiciens sont de parfaits compères. Ils aiment partager la même scène. Ces Canadiens ont le don pour ficeler du west coast jump. Ils le démontrent tout au long de la cover d'un des meilleurs titres du seigneur, George Harmonica Smith, "Oopin doopin doopin". La voix de Big Guy Slim est percutante, alors que David s’éclate sur l'instrument chromatique. Pour interpréter son "Not gettin' up", Jim a invité son ami Big Dave McLean au vocaux. Etabli à Winnipeg, Dave est un des plus grands bluesmen canadiens. La reprise du "Gotta move" d'Elmore James est un nouveau sommet de l’elpee. Une version sans concession, sans doute bien plus proche d’un Hound Dog Taylor. La slide libère une sonorité terne, implacable. Le timbre de Guy est haut et puissant. Le choix du répertoire est royal. "Come on" d'Earl King écrase tout sur son passage. Pour la circonstance, Mr Guiboche grimpe dans le rouge. Quel tempérament ! Quelle chaleur ! Il remet aussitôt le couvert lors d’une adaptation hyper-speedée du "I feel so bad" d'Eddie Taylor. Lorsque les Sleepers en reviennent au répertoire d'Elmore James, c’est d’une manière bien plus classique. Et "Make a little love" en est la plus belle illustration. Ils ralentissent enfin le tempo pour attaquer un bon vieux slow blues signé Muddy Waters : "Standing around crying". Un de ses meilleurs, assurément. La rencontre entre la slide et l'harmo est un véritable bonheur. Il serait injuste de ne pas souligner la solidité de la section rythmique. Elle assure sans la moindre faille. Le traitement en shuffle et à la texane de "Sugar coated love" doit réveiller tous les swamps louisianais. Et ce n'est pas fini, car Jimmy nous réserve encore son "Cricket boogie", un instrumental très rock'n'roll. Si cet album ne révolutionnera pas le blues, il mérite que vous y prêtiez une oreille attentive ; car dans le style, il est tout bonnement excellent.

 

 

Jimmy Barock

We used to build wings at night

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Quatuor batave, Jimmy Barock nous vient de Groningen. Et « We used to build wings at night » constitue son tout premier Ep. Un disque qui a reçu le concours de Zlaya (Sonic Youth, Motorpsycho) à la masterisation. Les six titres de ce morceau de plastique évoluent dans un registre noisy pop/rock assez ténébreux, sorte de croisement improbable entre un Buffalo Tom moins véloce et un Afghan Whigs moins soul. C’est d’ailleurs le timbre vocal écorché, tourmenté, d’un des deux chanteurs qui rappelle le chant de Greg Dulli. Plus claire, celle du second vocaliste atténue cependant cette impression de vague à l’âme. Côté instrumental, non seulement les deux guitares se conjuguent impeccablement, mais bénéficient surtout d’un drumming à la fois riche, souple et tribal. Prévu pour la fin de l’année, leur premier opus devrait nous en apprendre davantage…

Jimmy Lee Williams

Hoot your belly

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Jimmy Lee est né en juillet 1925. A Worth County en Georgie, où ses parents étaient agriculteurs. Il a commencé par jouer de l'harmonica ; mais il fumait tellement qu'il ne parvenait plus à souffler correctement dans son instrument. Il a déjà 22 ans quand il s'achète une guitare électrique. Et lorsqu’il en joue devant chez lui, seul ou en compagnie de son frère cadet, il rameute tout le voisinage Aujourd'hui, il a embrassé une carrière d’agriculteur indépendant et récolte cacahuètes et pastèques.
 
Les treize plages de cet elpee ne datent pas d’hier. George Mitchell les avait immortalisées en 1977 et en 1982. A Porlan en Georgie. Cette œuvre constitue, en réalité, le cinquième volet d'enregistrements réalisés par Williams. Elle fait suite aux témoignages consacrés à RL Burnside, Furry Lewis, Joe Callicot et Fred McDowell. Jimmy Lee interprète ses compositions seul, en s’accompagnant de sa guitare électrique. Il n'est certes ni un chanteur ni un musicien remarquable, mais son blues est très instinctif.
 
Le très amusant "What make grandpa love my grandma so" nous invite immédiatement à prendre la direction du Sud profond des Etats-Unis. Le titre maître est très rudimentaire. Son "Jimmy Lee's frolic" résume idéalement le style de cet artiste très local. La slide se conjugue parfaitement à son chant. Tout au long du bouleversant "Rock on away from here", le tempo du boogie demeure léger. "Pretty baby" est une compo que j’apprécie tout particulièrement. Elle me rappelle, au passage, un thème bien connu. Une plage rapide au cours de laquelle Williams se montre allègre, communicatif. Dans le contexte, sa voix très nasillarde réunit tous les suffrages. Le blues de Williams semble si naturel, qu’on a l’impression qu’il compose en ‘live’. Un blues qui reflète sa personnalité. Un country blues le plus souvent positif. Il n'atteint jamais une certaine intensité dramatique et ne cherche pas à communiquer un quelconque mal de vivre. Sa voix aux accents du Sud est toujours claire. Elle n’est manifestement pas ravagée par les excès d'une vie difficile. Jimmy Lee Williams n'est guère comparable à d'autres bluesmen plus connus. Peut-être Lightnin' Hopkins. Mais uniquement lorsqu'il se fait classique et implore son "Whisley headed woman" en dialoguant avec ses cordes. Mais cette sensation n’est qu’épisodique. Il existe très peu d’infos concernant ce musicien qui n'a jamais déserté sa Georgie natale. Il semblerait cependant qu'il ait quitté ce bas monde au début des années 90. Il n’empêche, ce « Hoot your belly » est une page à la fois belle et intimiste de blues rural…

Jimmy Edgar

Access Rhythm

Nouvelle signature warpienne, Jimmy Edgar évolue dans un style qui tout doucement prend ses marques : l’électro-hop à la Beans, autre pensionnaire du label de Sheffield. « No Static », le premier morceau de cet EP, prouve ainsi qu’il est possible de sortir le rap de sa routine, en le frottant à l’électro la plus aventureuse. On pense aux productions Lex (le sous label hip hop de… Warp), notamment à Danger Mouse et Tes… Les trois titres suivants, instrumentaux, répètent le même schéma destructeur (ou comment plonger le breakbeat oldschool dans un bain acid(e) ?), sans pour autant convaincre sur la longueur. Tant qu’à se prendre une vraie claque, mieux vaut réécouter Prefuse 73 ou Anti Pop Consortium… En attendant l’album d’Edgar, dont les intentions, ici, se révèlent encore un peu lâches.

Little Jimmy King

Live at Monterey

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Jimmy King a perdu son étiquette de ‘little’ qui lui collait aux basques depuis ses débuts. De son vrai nom Manuel Gales, il est le cadet d'une famille de musiciens réputés. Une famille issue de Memphis, dans le Tennesse. Manuel avait d'ailleurs gravé un album, en compagnie de ses frangins Eric et Eugene, en 96 : "Left hand brand". Un disque qui était sorti sous le patronyme des Gales Brothers, sur House of Blues.

Manuel est aujourd'hui âgé de 37 ans. Gaucher, il s'est tout naturellement inspiré de deux autres célèbres ‘left hand’, Albert King et Jimi Hendrix. Trois albums ont précédé ce "Live at Monterey" : "Little Jimmy King and the Memphis Soul Survivors" en 91, "Something inside of me" en 94, et "Soldier for the blues" en 97.

Son dernier opus est partagé entre enregistrements live accordés en juin 1999 au Monterey Bay Blues Festival (sept plages), et prises studio opérées en 1994, sous la houlette de Ron Levy (quatre titres). Passé l'intro de la partie live, l'instrumental "The ghetto" est marqué par une guitare très réverbérée ; un style inspiré à la fois par Albert King et Jimi Hendrix, surtout dans le travail sur le son. Jimmy chante ensuite "Somebody". Une composition écrite par son frère Eugene. Très largement amplifiées jusqu'à la saturation, les cordes rugissent, poussent bien dans les aigus. Et pour demeurer fidèle à Albert King, le son métallique est produit par sa guitare Gibson Flying V. La prise de son laisse un peu à désirer. L'homme possède une bonne voix, au ton naturellement soul. Il peut ainsi maîtriser son répertoire sans difficultés. A l'instar de "Don't burn down the bridge". Toujours proche du King Albert, sa guitare n'est pas toujours infaillible. L'intro de "Living in the danger zone" et celle du très long blues lent "Drowning on dry land" souffrent de suramplification ! Je préfère les plages studio, à la sonorité irréprochable, surtout lorsqu'elles sont renforcées par la présence des Memphis Horns ; c'est à dire Andrew Love au tenor sax et Wayne Jackson à la trompette et au trombone. "I wonder why" est percutant. Tous les instruments sont bien en place et la guitare décolle avec beaucoup d'aisance et de brio. "Everybody wants to go to heaven" est un blues lent écrit par Don Nix. La voix grave de King est majestueuse devant l'orgue Hammond d'Archie Turner. La guitare est cette fois parfaite, impériale. Jimmy s'en donne à cœur joie. Sans surprise, l'album s'achève par le "Floodin' in California", d'Albert King, avec force riffs cuivrés. Il serait grand temps que Jimmy pense à enregistrer de nouveaux titres. Son dernier opus studio remonte à 97, et ce live date déjà de 1999…

 

Jimmy Thackery

Sinner street

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Jimmy est né à Pittsburgh en 1953. Sa vie a changé lorsqu'à 17 ans, il est allé voir un concert de Buddy Guy. Dès 1974, il rejoint les célèbres Nighthawks de Washington DC. Fatigué des 300 concerts annuels, accordés par le groupe à l'époque, il les quitte en 1987. Il forme alors les Assassins. Mais après avoir commis 3 albums, la formation splitte, en 91. L'année suivante, il fonde son trio, les Drivers, et signe chez le label Blind Pig. Il aligne alors successivement les elpees "Empty arms motel" en 92, "Trouble man" en 94, "Wild night out" en 95, "Drive to survive" en 96 et "Switching gears" en 98. " Sinner street " constitue donc le 6ème album des Drivers, pour lequel la production a de nouveau été confiée à Jim Gaines.

Jimmy est aux commandes, Mark Stutso à la batterie, Ken Faltinson à la basse et Jimmy Carpenter au saxophone. L'opus s'ouvre de manière royale par "Grab the rafters". La voix éraillée et puissante de Thackery domine son sujet. Le R&B puissant est appuyé par une section rythmique sans faille, pendant que le sax est suspendu aux riffs de la guitare. "Bad news" swingue avec beaucoup de retenue. Jim y signe un superbe solo. La plage titulaire est instrumentale. Une page de surf music, sur laquelle guitare et sax s'entrelacent avec bonheur. Elle aurait pu figurer sur une bande musicale des Blues Brothers. "Lovin' my money" est un rock accrocheur. Le riff funky et dévastateur de "Chained to the blues line" emporte la mise. Thackery y joue de manière très relax des lignes de guitare d'une pureté étonnante ; une performance lorsqu'on sait que l'homme est plutôt du style extraverti. Dans le même registre, "Never enough" se révèle tout aussi séduisant. Au cours de cette claire invitation à la danse, l'homme rocke et rolle comme un dieu sur ses cordes. C'est d'ailleurs le moment qu'il choisit pour négocier l'instant le plus dur du disque, "Detroit Iron". L'acier de Detroit, n'inspire guère la douceur, n'est-ce-pas? "Hundred into ones" consomme un blues pur, délicatement rythmé. Toute bonne composition, "Havin' a heart" autorise le retour d'une grande guitare en fin de parcours. Cet opus s'achève dans la chaleur langoureuse de l'instrumental "Blues 'fore dawn", un titre qui pu figurer au répertoire de Ronnie Earl. Un très bon album!

 

Willie Dixon & Jimmy Reed

Big boss men

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Dans la série "Blues legends of the sixties - Live", cet opus fait suite à celui consacré à T-Bone Walker. "Big boss man" est un des plus gros succès de Jimmy Reed, alors que Willie Dixon fut sans conteste un ‘Big Boss’ du blues, et le plus grand compositeur du Chicago blues de la bonne époque. Les deux hommes se partagent cet album avec comme lien commun le fait d'avoir été enregistrés live à Houston au tout début des 70s.

Dixon est né à Vicksburg, dans le Mississippi, en 1915. Il est décédé en Californie. Très exactement à Burbank, en 1992. Plus de 76 années de bonheur pour le blues. Il avait fondé fin des 60s, les Chicago All Stars en compagnie de Johnny Shines, Sunnyland Slim, Walter Horton et Clifton James. A Houston, il était toujours accompagné des derniers cités. Clifton James avait succédé à Shines à la guitare. Bien que la notice de la pochette ne le mentionne pas, mais le pianiste Lafayette Leake et l'albinos texan Johnny Winter étaient bien présents, lors de l'enregistrement Le disque démarre par le très doux "Sitting and crying the blues" et embraie sur deux canons ; "Spoonful", introduit par l'immanquable harmonica de Big Walter, et "I just want to make love to you. Johnny Winter entre en piste pour "Tore down". Il chante aussi son "Roach stew". Malheureusement le son devient progressivement chaotique. James Reed est né en 1925 à Leland, dans le Mississippi. Il fut le bluesman le plus célèbre de la fin des 50s. Il a aligné quelques hits commerciaux tels que "Don't have to go", "Bright lights, big city", "Honest I do" et "Big boss man". Il pouvait compter sur le concours d'Eddie Taylor. Jimmy jouait de la guitare et de l'harmonica. Malheureusement, en plus d'être analphabète, épileptique et alcoolique, il avait un caractère imprévisible. En 1972, il est en fin de carrière. Il parvient quand même à convaincre le guitariste texan Johnny Winter, d'enregistrer avec lui. Il n'était plus au sommet de son art, même si les traitements ralentis opérés par Winter, sur "You don't have to go" et "Bright light Big city" ne manquent pas de charme. Reed devait disparaître d'un arrêt respiratoire en août 1976. Il y a déjà 35 ans !

 

David Raitt & Jimmy Thackery

That´s it!

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Jimmy Thackery est bien connu chez nous. A cause de sa longue participation aux Nighthawks ; mais également de sa carrière personnelle, qu'il mène en compagnie des Drivers et qu'il a ponctué d'excellents albums, sur le label Blind Pig. David Raitt est un inconnu. Quoique, comme frangin de la délicieuse et talentueuse rouquine, Bonnie Raitt, il a sans aucun doute de qui tenir. Jimmy et David jouaient ensemble lorsqu'ils fréquentaient la même école. Cela fait un bail ! Ils se sont retrouvés dans les studios de Patrick Ford à Berkeley. Les musiciens sont d'ailleurs des habitués du cercle familial Ford.

Si "Tell me" adopte un shuffle impeccable, le duo est plus proche du R&B. Et la voix de David, haut-perchée, se prête idéalement à ce style largement cuivré. La reprise de "Me", signée Mike Bloomfield et Nick Gravenites, est superbe. Bonnie vient donner la réplique vocale sur le funky "Same thing" fouetté par les cordes très offensives de Jimmy. Traitement shuffle à la texane pour la reprise du canon, "How many more years". David a revêtu l'habit du géant Howlin' Wolf. Jimmy prouve qu'il est capable de tempérer ses ardeurs, comme dans l'exercice du blues lent, "Watch your back". Et il se montre économe de ses notes en exécutant un solo qui force le respect et l'admiration quand il reprend "It takes time" d'Otis Rush. Quant à David, il est ravi lorsqu'il peut chanter un R&B bien frappé. Peuplée de cuivres, la version du " That's it " de Patrick Ford, permet à Jimmy de s'emparer d'une slide bien sage! L'exercice vocal est aussi très réussi dans la reprise de "Driving wheel" de Roosevelt Sykes. Cet album de bonne facture s'achève par " Cold heart ", une plage irrésistible, dansante et rythmée à souhait…

 

Robert Plant & Jimmy Page

Walking into Clarksdale

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En 1994, Page et Plant scellaient leur réunion par l’enregistrement d’une vidéo, puis d’un nouvel album. Un événement qui trouvera son prolongement lors d’une tournée mondiale. Et quelle tournée, puisqu’elle allait mettre en présence les deux ex Led Zeppelin, un backing group, un ensemble folklorique égyptien et un orchestre symphonique. Un périple qui s’était arrêté en juin 95 à Forest National. Pour un concert absolument fabuleux. On ne vous en dit pas plus, ce serait remuer le couteau dans la plaie, et vous risqueriez d’en faire une jaunisse. Les deux compères ont cependant décidé de repasser par la Belgique. En automne prochain. Mais plus dans les mêmes conditions, l’expérience, bien que triomphale, leur ayant coûté la peau des fesses. Apparemment, ce sera plus classiquement sous la forme d’un groupe ; circonstanciellement élargi à l’un ou l’autre soliste. Mais nous en saurons plus d’ici quelques semaines. En attendant, le duo nous revient avec un nouvel elpee. " Walking into Clarksdale. Et, surprise, ce disque embrasse une nouvelle orientation musicale. Beaucoup moins sophistiquée, plus brute, plus âpre, et même parfois plus minimaliste. Un résultat qui s’explique, en partie, par la présence de Steve Albini (Nirvana, Pixies, PJ Harvey, Fleshtones, etc.), à la production. Un opus pas toujours facile à aborder, non plus. A la limite lo fi. Pas dans l’esprit de Pavement ou de Swell, mais avec un feeling mélodique et une approche redoutable du métal, propre au célèbre dirigeable ; y compris dans le traitement des sonorités acoustiques. Avec, bien sûr, quelques exceptions qui confirment la règle. Notamment " Upon a golden horse ", investi par un orchestre symphonique, " Please read the letter ", supposé célébrer la réunion hypothétique (NDR : et posthume !) entre Roy Orbison et Jerry Garcia, " Most high ", le remarquable single, touché par la grâce de " Kashmir ", le spectral " Heart in your hand ", caractérisé par des accords de guitare " surf ", réminiscence de Dick Dale flanqué de ses Ventures ; et puis surtout le titre maître, où le groupe semble avoir plutôt joué dans le maximalisme. Tout d’abord, ce fragment bénéficie du concours du drummer sikh de Dhol Foundation, transfuge du Transglobal Underground. Mais en outre, ce titre réussit à conjuguer le glam de Bowie (Jean Genie ?), la touching pop atmosphérique, allégorique du défunt et mythique Sad Lovers & Giants, observation née des envolées de cordes de guitare, le boogie d’Omar and the Howlers, ou plus exactement son tempo, et la frénésie du Led Zep circa " Heartbreaker " (NDR : excusez du peu !). Mais pour le reste, nous vous le répétons, ce " Walking into Clarksdale " nécessite un certain effort d’adaptation pour pouvoir être apprécié à sa juste valeur. Et à notre humble avis, à moins d’être un inconditionnel, toutes celles et tout ceux dont l’horloge s’est arrêtée depuis trop longtemps, risquent fort de tomber de leur chaise, et de ne plus pouvoir se relever…