Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

logo_musiczine

La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (19 Items)

Joan of Arc

1984

Écrit par

Intéressant de se plonger dans la musique d'un groupe dont on entend parler depuis des années sans jamais en avoir entendu la moindre note. Et pourtant, il s’agit déjà de son 20ème elpee. Un opus baptisé "1984". Décrié par Pichfork, Joan of Arc l'est surtout pour ses penchants progressistes, ambitieux et expérimentaux qui ont effacé des débuts plutôt 'emo'. Etabli à Chicago, le combo ne compte plus que le seul Tim Kinsella, comme membre originel.  

Mais sur ce nouvel LP, le frontman se cache derrière la voix de la guitariste Melina Ausikaitis, tout au long d’une interprétation osée et… insupportable à la fois. Telle une version rock de Joanna Newsom, elle (sur)joue. Résultat des courses, le ressenti dépendra beaucoup de l’humeur du moment. Sur des morceaux aux instrumentations et structures souvent expérimentales dominées par des synthés abscons, la chanteuse déploie ses histoires aux textes tout aussi difficiles d’accès. Les aficionados pourraient accrocher. Votre serviteur n’aura personnellement pris aucun plaisir à l’écoute de cet album… énervant…

 

Joan Shelley

Joan Shelley

Écrit par

Deux ans après avoir publié le paisible « Over and Even », Joan Shelley nous propose déjà son sixième elpee ; et il est éponyme. Première constatation, la native de Louisville (NDR : c’est dans le Kentucky) n’y réserve pas vraiment de bouleversement notable. Lors des sessions d’enregistrement, elle a d’ailleurs encore reçu le concours du guitariste Nathan Salsburg et du pianiste James Elkington. Pourtant, elle a quand même bénéficié de la collaboration de Jeff Tweedy (Wilco) à la production et de son fils, Spencer, à la batterie. Du beau monde, manifestement…

Minimaliste, l’instrumentation est cependant parfaitement calibrée ; et tout particulièrement les lignes de guitare. L’écriture est subtile. Les musiciens sont talentueux. Et la songwritrice parvient à insuffler aux compos un supplément d’âme, grâce à des variations parfaitement maîtrisées. Si certaines mélodies accrochent instantanément, à l’instar de « Where I’ll Find You », d’autres nécessitent plusieurs écoutes avant d’être appréciées à leur juste valeur. 

Dépouillé et authentique, le folk de Joan Shelley se savoure au coin du feu, lors des longues nuits d’automne…

 

Joan Shelley

Over and even

Écrit par

Joan Shelley nous vient de Louisville, dans le Kentucky. La musique de cette jeune femme évolue à des années lumières de celle proposée par certaines de ses contemporaines qui se (com)plaisent à en faire des tonnes en habillant leurs morceaux de cuivres, de cordes, et autres instruments. Son folk est donc minimaliste et authentique.

Et « Over and Even », son troisième album, constitue un bel exemple. Joan et Nathan Salsburg se consacrent à la guitare. Une instrumentation simple et efficace qui met bien en exergue la voix douce et paisible de Mrs Shelley. Selon les titres, des interventions de piano ou de lap steel viennent discrètement enrichir l’ensemble. En outre, elle échange quelques harmonies vocales bien senties et surtout remarquées, en compagnie du roi du folk, Will Oldham, sur « Stay On My Store », « Jenny Come In » et « Subtle Love ». Malgré cette instrumentalisation dépouillée, Joan Shelley parvient à insuffler un souffle à ses morceaux ; comme sur l’excellent « No More Shelter ». Et finalement, les compos de cette artiste parviennent à nous entraîner dans un univers très proche de Bonnie Prince Billy (bien sûr), Joan Baez ou encore Emmylou Harris.

Joan Shelley démontre, tout au long d’« Over and even », qu’il n’est pas nécessaire d’enfouir de bons morceaux sous une orchestration luxuriante. Parfois la grâce d’une sèche est bien plus efficace et troublante qu’une armée de violons.

 

Joan Baez

Une (avant)-soirée avec Joan Baez…

Écrit par

Le Cirque Royal accueille, ce dimanche 14 septembre, Joan Baez, une grande dame dont l’engagement sociopolitique a marqué les 60’s et les 70’s. Une contestataire devant l’Eternel, à la carrière particulièrement longue, puisqu’elle l’a débutée, il y a plus de 55 ans. Radicaux, ses textes ont toujours été véhiculés par une musique folk teintée de country, blues, roots, gospel et rock.

Pour votre serviteur, c’est un peu la rentrée, puisqu’il assiste à son premier concert dans une grande salle, après les festivals estivaux. L'amphithéâtre est à la limite du sold out pour ce spectacle proposé dans le cadre de la tournée baptisée ‘An Evening With Joan Baez’. Pas de supporting act, l’artiste entame son set vers 20h15, en n’accusant que 15 minutes de retard sur le timing.

Et elle l’ouvre par le « God Is God » de Steve Earle, seule à la six cordes électro-acoustique. Steve est responsable de la mise en forme du dernier opus de Joan, « Day Afer Tomorrow », paru en 2008. Une belle manière de lui renvoyer l’ascenseur. La setlist est essentiellement constituée de reprises qui mettent en valeur la voix de La New-yorkaise –intacte, il faut le souligner– bien soutenue par deux remarquables musiciens. Soit le percussionniste Gabriel Harris, qui se charge des cymbales, congas, djembe et cajon, mais pas des drums. Et d’un multi-instrumentiste qu’on pourrait qualifier d’homme orchestre : Dirk Powell. Il est préposé à la sèche, au piano, à la mandoline, au banjo, au ukulélé, au violon, à l'accordéon et aux claviers. Un talent à l’état pur ! Le tandem est, en outre, capable de s’adapter à l’ensemble du répertoire de Joan. Le « Daddy, You Been On My Mind » de Dylan nous rappelle que c’est bien elle qui a ouvert la voie au Zim. Elle présente la plupart de ses chansons dans la langue de Molière, et nous signale ne plus avoir interprété cette compo depuis au moins 30 ans, sauf dans sa salle de bains. A chaque morceau, elle change de gratte. Elle attaque « Lily On The West », une chanson traditionnelle irlandaise, désormais passée dans le patrimoine de la musique traditionnelle américaine. Dylan l’avait également adaptée. Et Mrs Baez nous en propose sa propre version. Tout comme la superbe ballade « It's All Over Now, Baby Blues », une autre plage signée par le citoyen de Duluth. Le voyage à travers les States s’étend à toute l’Amérique. Elle dispense ainsi « Mi Venganza Personal », une cover de Luis Enrique Meja Godoy et « Lla Lorona », dans la langue de Cervantès, deux compositions activistes. Elle s’exprime alors dans celle de Shakespeare, et nous parle du Chili, de l'Argentine, du Nicaragua. Dirk siège derrière son piano à queue pour le majestueux « Just The Way You Are », une chanson au cours de laquelle les backing vocals de Grace Stumberg sont absolument superbes. Avant qu’elle n’embraie par « Farewell Angelina », une chanson à nouveau hantée par son vieux compagnon de route, Dylan…

Empreinte d’une grande délicatesse, la voix de Joan est divine tout au long du « Swing Low, Sweet Chariot » de Fisk Jubilee Singers. Un véritable tonnerre d'applaudissements ponctue son interprétation. « Le Temps Des Cerises » est un morceau dont les paroles ont été écrites en 1866 par Jean Baptiste Clément et la musique composée par Antoine Renard, en 1868. L’auteur de la chanson était également un communard qui a combattu pendant la 'Semaine Sanglante' à Paris, en 1871. Elle l’interprète en français. Mais elle en connaît parfaitement le message révolutionnaire… La cover du « Joe Hill » Earl Robinson opère un retour en douceur. Celle du « Give Me Cournbread When I'm Hungry» de John Faney permet à Gabriel de démontrer son brio au djembé. « The House Of The Rising Sun » est un titre qui a été repris à de multiples reprises. Sa paternité n’et pas clairement établie, même si on l’attribue à Ashley et Foster, et que les Animals en ont commis la version la plus solide. Pourtant, celle dispensée par Joan est épatante. Le set s’achève par « Diamonds And Rust ». 50 minutes, c’est un peu court. Vu son répertoire, elle devrait pouvoir tenir plus de 120 minutes.

M’enfin, Joan Baez revient une première fois pour deux autre covers. Tout d’abord « Le déserteur », chanson antimilitariste issue de la plume de Boris Vian, dans son idiome original. Puis « Imagine » de John Lennon, moment chargé d’une grande intensité émotionnelle.

Et une seconde fois pour nous réserver « Here's To You », « The Night They Drove Old Dixie Down », caractérisé par excellente intervention vocale de Grace Stumberg, et le « Gracias A La Vida » de Violeta Parra qui clôt cet excellent concert, auquel on reprochera surtout sa brièveté… Serait-ce une forme de minimum syndical ?

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Joanne Shaw Taylor

Songs from the road (Cd + Dvd)

Écrit par

Bien que n’affichant que 27 ans au compteur, cette jeune chanteuse/guitariste anglaise possède déjà une belle expérience sur la scène musicale. Avant de publier "Songs from the road", elle avait déjà gravé trois autres elpees solo. "White sugar", en 2009, "Diamonds in the dirt", en 2010 et "Almost always never" en 2012, tous parus sur le label allemand Ruf. Et Thomas Ruf a décidé de l’inscrire dans la série "Songs from the road", en lui consacrant un Cd et un Dvd. Disciple de Stevie Ray Vaughan et de Jimi Hendrix, elle avait été repérée par le claviériste des Eurythmics, Dave Stewart, il y a une dizaine d'années. En août 2012, elle avait soutenu Annie Lennox, lors du Diamond Jubilee Concert, qui s’est déroulé à Londres, en présence de sa Majesté, The Queen.

Nous sommes au cœur de Soho à Londres, en mai 2013. Au Borderline, très exactement. Il affiche complet. Joanne est entourée du claviériste Jools Grugings, du bassiste Joseph Veloz et du drummer Tony Dicello. Miss Shaw Taylor présente des compositions personnelles qui figurent sur ses trois albums studio.

Elle démarre en force par "Soul station". Un rock blues puissant tapissé par les sonorités de l’orgue. La voix de Joanne est légèrement déchirée, mais autoritaire. Elle maîtrise parfaitement sa Gibson. Son aisance est surprenante. Pourtant, elle ne ménage pas ses cordes. En outre, le son qu’elle propage est vraiment personnel. "Theo & Bound" est une compo toujours aussi rude. Les interventions de son claviériste sont judicieuses. Il ponctue les riffs de sa leader dans un style qui fleure bon les années 70, un style que la guitare adopte également. "Beautifully broken" est sculpté dans le funky soul. "Watch 'em burn" lorgne vers Stevie Ray Vaughan. La section rythmique accomplit un solide boulot. D’une durée de plus de 10’, cette plage démontre la capacité de résistance affichée par cette jeune dame. Très bien construite, cette piste lui permet de s’autoriser des solos volcaniques. Et d’incarner une forme de 'guitar hero'. "Diamonds in the dirt" est une ballade qui baigne dans le soul rock. Hendrix figure parmi les maîtres de Joanne. C’est flagrant lorsqu’elle reprend son "Manic depression", une cover au cours de laquelle elle se réserve une petite escapade acide sur ses cordes. Elle adapte également le "Jealousy" de Frankie Miller, un morceau lent au profil dramatique. Sa voix transpire le vécu. Et sa guitare exacerbe cette sensibilité. "Kiss the ground goodbye" libère énormément de puissance. En rappel, Miss Taylor nous réserve "Jump that train" et "Going home". Et pour que votre info soit complète sachez que la production audio a été assurée par Jim Gaines.

Le Dvd est sensiblement différent. "Manic depression" n'y figure pas. Par contre, on épinglera 5 autres titres. Tout d’abord "You should stay I should go", une ballade rythmée qui ne manque pas de charme. Ensuite "Let it burn". Un blues shuffle extrait de son premier album. Du pur SRV ! Et surtout "Time has come", un blues lent classique (NDR : enfin !), excitant et ‘fumant’, abordé à nouveau dans l’esprit de Vaughan ! Regarder et écouter une jeune femme jouer le blues de cette manière est vraiment épatant…

 

Joan & The Sailors

Home storm

Écrit par

Il y a déjà quelques semaines (voire mois) que cet album végète au beau milieu de ma pile de cd’s à chroniquer. Sans paraître particulièrement sexy, sa pochette n’est pourtant pas affreuse. Ce qui explique sa place centrale au sein du monticule. Et finalement, par rapport à certains artistes qui se surpassent quand il s’agit de faire preuve de mauvais goût, il faut reconnaître que l’artwork est plutôt sympathique. Mais sans doute pas assez séduisant, pour remonter la pente…

Après avoir opéré quelques recherches sur la toile, il appert que le combo nous vient de Suisse. Un quatuor drivé par une certaine Joan Seiler. 

Dès le premier morceau, on constate que sa voix domine le sujet. Et ce malgré la présence de chœurs. Cette polyglotte (espagnol, français, anglais) me fait même parfois penser à Björk. En début de parcours, l’expression sonore des Sailors se révèle surtout langoureuse. Les arpèges se superposent élégamment. Les accès de violon comblent judicieusement les espaces vides ; et caoutchouteuse, la basse stimule l’excellent « En Guantes Blancos ». Et la suite nous réserve encore de nombreuses surprises. Le band est ainsi capable d’élaborer des structures plus complexes, d’entretenir un climat hypnotique ou de développer de magnifiques crescendos. Tout en mélangeant les styles. Ainsi « Puzzle of Feeling » évolue sur un tempo soutenu et accablant alors que « La Réalité » baigne dans l’ambient.

Bref, pas le temps de s’ennuyer à l’écoute de cet opus. Ces petits Suisses (NDR : désolé pour le trait d’esprit !) débordent d’idées et le démontrent tout au long de leur second essai. Une belle découverte ! De quoi espérer encore dénicher d’autres bonnes surprises dans ma pile de disques…

Joanne Shaw Taylor

Almost always never

Écrit par

Joanne Shaw Taylor est une jeune Anglaise âgée de 23 ans. Elle chante et joue de la guitare. Son univers ? Le blues. A 16 printemps, Dave Stewart, alors leader des Eurythmics est impressionné par son talent et l’intègre dans son groupe. Elle est également actrice. Et a notamment figuré dans “Deep blues”, un film tourné au Mississippi, en compagnie de légendes vivantes comme RL Burnside et Jessie Mae Hemphill. Lorsqu’elle est signée par Ruf, le label allemand l’invite à se rendre à Memphis pour mettre en boîte son premier opus, “White sugar”, un disque qui bénéficie alors de la production du redoutable Jim Gaines et, de collaborateurs notoires, en l’occurrence Steve Potts et Dave Smith, des anciens musiciens de Luther Allison. Ce disque paraît en 2009. Et l’année suivante, elle grave un second elpee, intitulé “Diamonds in the dirt”.

Pour concocter “Almost always never” Miss Taylor s’est rendue au Texas, à Austin très exactement, une œuvre qu’elle a enregistrée sous la houlette de Mike McCarthy, dont la carte de visite mentionne la mise en forme d’albums de Spoon et Patty Griffin. Pour la circonstance, elle a reçu le concours du claviériste David Garza (ex-Blues Traveler), du bassiste Billy White et du drummer J.J. Johnson. Enfin, elle signe la quasi-totalité de son répertoire.

"Soul station" ouvre le long playing. De la pure dynamite ! Très nerveuse, cette compo permet déjà à Joanne Shaw de s’autoriser des sorties audacieuses, recherchées, sur ses six cordes et puis de libérer ses cordes vocales. Elle passe ainsi du soupir aux larmes pour exploser enfin dans la joie et la jouissance. Sa voix est terriblement expressive tout au long de la ballade mélancolique "Beautifully broken". Son solo de gratte est superbe, simple mais diablement efficace. Les interventions d’orgue sont discrètes mais tout aussi judicieuses. Semi-acoustique, "You should stay, I should go" est une petite perle dont le potentiel commercial est indéniable. Ballade ‘hendrixienne’, "Peace of the sky" nous réserve un solo majestueux en dérapage parfaitement contrôlé. Signée Frankie Miller, "Jealousy" s’ouvre comme une ballade fragile dessinant une jolie mélodie. Mais finement ciselées, les cordes sont rapidement rejointes par l’orgue, avant de monter en puissance. Une puissance parfaitement maîtrisée qui permet à Joanne de susurrer sa jalousie et même de consentir un sanglot. Une même douceur baigne le titre maître. Les notes dispensées par Miss Taylor sont créatives, mais également sensuelles. "Tied & bound" est une compo vibrante. Ce blues rock se met au service de la voix qui oscille constamment entre tendresse discrète et colère contenue. Une situation propice à l’éclosion d’un solo déjanté enrichi par les interventions d’orgue de David. Et l'envol final est tellement dense qu’il finit par embrasser les clichés du heavy rock. Rockin' blues nerveux, "Standing in love" sert de prétexte à une exploration instrumentale réminiscente des 70’s ; et pour cause, suivant l’inspiration, les plages sont généreusement allongées. Imprimé sur un tempo funky et couvert d’accents jazzyfiants déversés par le piano électrique, "Maybe tomorrow" est hanté par des tas de bruitages insolites. La guitare se dédouble et s’autorise une aventure proche de la jam improvisée. Le long playing s’achève par "Love myself to loving you", une plage qui rivalise de charme et de tendresse. Probablement l’œuvre la plus personnelle de Joanne Shaw Taylor

 

Joan & The Sailors

Mermaid

Écrit par

Aargh, Matelot ! Joan et ses six Sailors ont embarqués dans un grand navire en direction des spotlights. Encore au stade des balbutiements, cette formation suisse a de quoi faire parler d’elle. Joan & The Sailors puise clairement son inspiration du côté de Portishead (« Jailheart », « Better Off Dead »), en évitant toute empreinte d’imitation, « Mermaid » étant essentiellement orienté Folk.

En matière d’écriture, Joan Seiler et son acolyte principal, Mario Dotta, possèdent un savoir-faire au potentiel énorme. Certaines plages sont captivantes, de bout en bout. Comme « Où Est-Tu ? » (sic) interprété par Dotta et Seiler dans la langue de Molière et appuyé par quelques envolées lyriques de la figure principale du septuor, soulignant le penchant de la formation pour les effets théâtraux. Ou  ce splendide « Rain In My Chest » qu’on ne peut que très vivement recommander. De sa voix envoûtante, la « Mermaid » en chef a tout ce qu’il faut pour propulser Joan & The Sailors sur le devant de la scène. Un disque aussi bon qu’inattendu.

 

Joan As Police Woman

The Deep Field

Écrit par

Au fil du temps, cet agent de police féminin un peu particulier et surtout cette artiste talentueuse, s’est forgé un univers musical personnel particulièrement cohérent et original. Avant de fonder Joan As Police Woman, cette violoniste de formation avait bossé pour, entre autres, Lou Reed, Elton John, Antony Hegarty et Rufus Wainwright. Elle était également, l’ex-petite amie de feu Jeff Buckley. Son premier opus, « Real life », remonte à 2005. Il fait suite à un Ep éponyme, publié l’année précédente. « The Deep Field » constitue déjà son quatrième elpee.

Joan Wasser, c’est aussi une voix, dont le timbre parfois chipie mais souvent grave, donne une coloration très spécifique à sa soul blanche. Monolithique, elle n’était pourtant parvenue que trop rarement à transcender les compos de son opus précédent, « To Survive ». Sur ce nouveau long playing, l’instrumentation est plus diversifiée. Les climats plus riches. Souvent légèrement jazzyfiants. Et des compos comme le single « The Magic », plus pop, proche de l’univers de Feist ou la plus délicatement soul « The Action Man » en sont de très belles illustrations. En outre, elle bénéficie du concours d’un invité de luxe sur deux plages : Joseph Arthur. Tout d’abord sur le très ‘cool’ « Human Condition », puis le plus ‘groovy’ « Run for Love ». Utilisés à bon escient, claviers et cuivres relèvent régulièrement l’ensemble. A l’instar de compos soul pop de toute bonne facture comme « I Was Everyone » ou le morceau d’ouverture, « Nervous », pas nerveux pour un sou. Malheureusement, la New-yorkaise a toujours tendance à tirer ses morceaux inutilement en longueur, et une plage comme « Flash » aurait été d’une toute autre trempe, si elle avait été plus concise.

Néanmoins, si la police belge s’exprimait dans les mêmes termes soul que sa collègue américaine, je n’opposerai aucune résistance lors de mon arrestation immédiate !

Joanne Shaw Taylor

White Sugar

Écrit par

Joanne est née en Angleterre. En 1985. Elle est donc encore très jeune et plutôt mignonne. Visage bien dessiné, corps svelte, sa longue crinière blonde retombe sur ses épaules… Elle a été découverte par Dave Stewart (Eurythmics) alors qu’elle n’avait que 16 ans. Il en était tombé tellement sous le charme qu’il l’avait engagée pour son band, D.U.P. Quelques temps plus tard, c’est au tour de Thomas Ruf de subir le même enchantement. Il signe Miss Taylor sur son label Ruf. Faut dire qu’il n’en était pas à son coup d’essai, puisqu’il avait déjà recruté d’autres chanteuses comme Dani Wilde, Erja Lyytinen ou Roxanne Potvin. Il croit tellement à sa nouvelle protégée qu’il l’envoie dans le Tennessee, au sein des studios de Jim Gaines, pour enregistrer. Ce dernier lui a réservé une section rythmique de luxe ; en l’occurrence David Smith et Steve Potts (ex-Luther Allison et Joni Lang). La gamine de Birmingham chante, compose et joue de sa Fender Telecaster. Elle adore se produire en trio ; une formule qui lui permet de tirer son épingle du jeu. Et puis d’étaler toutes les références de ses idoles, qui oscillent de Stevie Ray Vaughan à Jimi Hendrix, en passant par les Paladins et Albert Collins!

Elle ouvre l’elpee par "Going home". Un Delta blues amplifié dont les bonnes vibrations produites par sa Fender nous mettent déjà l’eau à la bouche. Sa version du "Bones" des Hoax est limpide ; un texas shuffle au cours duquel elle puise son inspiration chez le regretté guitariste d'Austin, Stevie Ray. Elle n’invente rien, mais joue plutôt bien, Joanne. Long blues lent, "Time has come" évolue dans un registre semblable. Plus rockin’ blues, "Who do you want me to be?" permet à la guitare de s’élever dans des sphères rock typiquement britanniques. Miss Taylor a composé l’essentiel du tracklisting. Et notamment le titre maître. Un instrumental. Elle y étale toute ses aptitudes aux six cordes, en gardant l’esprit les références à ses mythes de la guitare. "Kiss the ground goodbye" campe une ballade atmosphérique ‘jimihendrixienne’. Cependant, elle apporte une touche bien personnelle à la compo en conjuguant délicatesse et élégance. Blues rocker dynamique, "Watch 'em burn" adopte un profil proche de Hoax (NDR : des compatriotes !). Néanmoins, sous une forme moins hard, même si elle laisse vagabonder ses cordes avec un certain bonheur. "Blackest day" achève l’elpee. C’est aussi le morceau le plus long de l’elpee. Tendresse, quiétude, présence et sensibilité guident cette plage exécutée une dernière fois dans l’esprit du "Tin Pan alley" de Stevie Ray et Double Trouble...

 

Joan of Arc

Boo! Human

Écrit par

Pour le dixième ouvrage de Joan Of Arc, le prolifique Tim Kinsella retrouve son frangin Mike (Owen, American Football), son cousin Nate et leurs camarades habituels. « Boo! Human » révèle un Tim Kinsella plus aigre-doux que de coutume. L’écriture tranchante de ce compositeur/interprète est dissimulée derrière de délicates et insoupçonnables mélodies. Une structure qui n’est pas sans rappeler celle de « So Much Staying Alive And Lovelessness » (2003), l’une des œuvres majeures de la formation originaire de Chicago. Cette fébrilité, l’homme la manifeste sous le masque d’impassibilité que sont « Everywhere I Go Everyone: I Know Laughs and Says/I Told You So », « If There Was A Time #1 & #2», « Just Pack Or Unpack » et « So-And-So », où Kinsella balance sans la moindre révérence une belle vacherie à son ex (‘Your child to me will just be some so-and-so’). Occasionnellement, ce dernier, pourtant souvent en retenue, ne parvient pas à endiguer son animosité et son phrasé peut sembler de temps à autres excessif comme sur l’allégorie foireuse de « 9/11 2 ».

« Boo! Human » ne surprendra probablement pas la plupart des fans de Joan Of Arc, habitués à plus d’expérimentations de la part de la formation mais pourrait, dans une même mesure, éveiller un nouvel intérêt du côté des novices.

 

Joanne Robertson

The Lighter

Écrit par

Joanne Robertson serait comme qui dirait née avec de la musique plein les oreilles. Originaire de Blackpool en Angleterre, elle débute sa carrière musicale en s'attaquant au piano. Elle n’est alors pas plus haute que trois pommes. Ensuite ce sera la guitare de son père qu'elle empruntera. Et puis, c'est dans le sable et les dunes de la station balnéaire de ce petit coin d'Angleterre qu'elle ira puiser son inspiration. Elle fréquente les bars ‘punk’ et ‘métal’ de la région ; mais les années d'insouciance prennent brutalement fin. La drogue venant noircir sa vie en piégeant ses amis, la jeune mélomane s'exile à Paris avant de revenir à l'Ecole d'Art de Glasgow. Elle y montera un groupe dénommé I Love Lucy qui durera un temps. Cette bande lui permettra de voyager en Amérique et de rencontrer des groupes noise. Elle décrochera finalement un master à l'UCL Slade School of Fine Art, l'école d'art de la ‘University College of London’.

« The Lighter » est le premier album solo de l'artiste. Il y a de la maturité dans la voix de Joanne et des accents très british. La voix... autant dire que tout l'album est bâti sur elle, pour elle. Le premier morceau, « Gardener », démarre tout en charme. La jeune anglaise chante vraiment bien. La musique est sobre : une guitare sèche pour accompagnement. L'univers au sein duquel Joanne nous plonge est un univers d'une douceur rare. On le croirait construit autour d'un feu de camp, sur une plage anglaise, un soir, alors que la mer se retire et le soleil est déjà sous la ligne d'horizon.

Ensuite, vient le tour de la seconde plage de l'album. Jolie, me dis-je. Mais l'atmosphère est bigrement proche de celle véhiculée dans la première chanson, pour ne pas dire identique. Le troisième morceau, sans être mauvais –loin de là– me laisse un sentiment de monotonie. Et par la suite, ce sentiment ne fera que s'accentuer ! L'ensemble du disque est répétitif. Si parfois on ressent de l'âpreté dans les accords qui rythment le chant –sous doute des réminiscences de la tournée des bars de Blackpool– il n'y a quasiment jamais un accord plus haut que l'autre, un accent un peu moins lascif qu'un autre. Ce qui est regrettable. Pris séparément, la plupart des plages de ce premier opus se laisse écouter : elles ont une indéniable qualité. Pour ma part, mon endurance fait peut-être défaut, mais j'ai eu quelques difficultés à suivre “The Lighter” d'un bout à l'autre. J'ai fini par faire autre chose, relayant le cd en bruit de fond avant de le couper pour me concentrer sur mon occupation du moment. Bref, j'aimerais être plus enthousiaste car on sent l'expérience dans la voix habitée de Joanne Robertson. Il y a des morceaux que j'apprécie comme “Gardener” ou “Lit”. Cependant, l'ensemble reste fade et ne décolle jamais. Dommage !

 

Joan of Arc

The Intelligent Design of Joan of Arc

Écrit par

Véritable thérapie sonore élaborée dans un laboratoire d’expérimentations vocales, instrumentales et bruitistes, « The Intelligent Design of Joan of Arc », rétrospective incontournable de Joan of Arc, nous rend témoin, acteur et observateur d’une recherche, d’un psychisme atypique, s’étalant sur dix ans de moments forts, d’une histoire décousue, jouée en beauté : Tim Kinsellas dans le rôle principal. Cette compilation, signée sur le nouveau label indépendant Polyvinyl Records, regroupe des raretés (19 morceaux inédits), des chansons en forme de collection définitive. L'ensemble est frappant d’authenticité et chaque écoute marque les bases d'un renouveau perpétuel.

Loin de se freiner dans une continuité et l'anticipation d’un son trop souvent formaté, Kinsellas navigue à contre-courant, à bord d’une machine expérimentale qui allie guitares acoustiques, samples vocaux et subtilités électro-synthétiques. On célèbre ici le mariage d’une musique conceptuelle et atmosphérique. Formant une armada au sein de la scène rock indépendante de Chicago, cette communauté artistique marque les années 90 par l'entremise d'une formation initiale de courte durée baptisée ‘Cap n’Jazz’, mais aussi par les perturbations cycliques de ses membres, la multiplication des projets parallèles de Kinsellas et comparses (Sky Corvair, Owls - dont la collaboration en 2001 avec Steve Albini reste significative - ou encore Make Believe) et la naissance de Joan of Arc en 1996. Depuis, plusieurs albums émergent sporadiquement de cette formation déstructurée, longtemps signée sur le label rock émo Jade Tree Records, tenant, en grande partie, la route grâce aux nombreuses collaborations externes, parmi lesquelles figure, notamment, Bundini Brown (Tortoise, Gastr Del Sol).

Après une reconnaissance acquise sur le tard, Tim Kinsellas s’érige en véritable gourou des ambiances pittoresques. Là où plusieurs histoires se mêlent, jonglant avec les esprits, nous propulsant à différentes altitudes, dans une légèreté et une ubiquité naturelle tout à fait convenable.

Joan As Police Woman

Real Life

Écrit par

Elle rêve encore d’accompagner Grace Jones ou Patti Smith. Pourtant, Joan Wasser, alias Joan As Police Woman, a déjà joué en compagnie des plus grands : Lou Reed, Nick Cave, Antony & The Johnsons, Rufus Wainwright, Sparklehorse et autres Scissor Sisters. Quels artistes peuvent aujourd’hui se targuer d’une telle carte de visite ? La question reste sans réponse. Pour enregistrer « Real Life », son premier album solo, Joan As Police Woman a décidé de ne plus escorter les stars. Bien au contraire. Notre justicière solitaire a bénéficié des services de Joseph Arthur (sur « Eternal Flame » et « Christobel ») et d’Antony (sans ses Johnsons pour « I Defy »).

De son pied-à-terre new-yorkais, Joan aime à fréquenter la fleur artistique de la pop chambrée. De fait, « Real Life » s’assortira à ces petits matins câlins où le lit demeure notre meilleur ami. Les compositions inspirent la quiétude. Et, à l’écoute d’une chanson comme « Feed The Light », les repères s’égrènent. Est-ce la nuit ? Le jour ? Dans cette « Vie Réelle », le matin côtoie le soir. Les caresses se font tendres, les baisers se font entendre. La douceur s’impose, nos sens se reposent. Compagne de tant d’artistes, Joan sera également complice de nos ébats amoureux. Ces moments n’en seront que plus gays.

Joanna Newsom

The Milk-Eyed Mender

Découverte par Will Oldham, Joanna Newson a déjà sorti deux cd’s auto-produits avant que le label Drag City ne la repère. On se demande d’ailleurs encore comment cette jeune chanteuse à la voix d’enfant malingre est ainsi restée dans l’ombre pendant toutes ces années… Parce que Joanna Newsom, en plus d’avoir des cordes vocales d’une étrange consistance (imaginez Minnie Mouse enrhumée imitant Kate Bush), joue exclusivement… de la harpe. Parfois, sa voix mutine se voit décuplée sous l’effet d’échos fantomatiques : à ces instants on croirait entendre une chorale de bambins shootés à l’hélium, qui souriraient de toutes leurs dents (de lait) au croque-mitaine de « L’Etrange Noël de Mr. Jack »… Etrange, surtout dans le noir : autant vous dire qu’écouter Joanna Newsom en pleine nuit peut procurer la chair de poule. Mais qu’on ne se trompe pas sur le talent de cette jeune songwriter : « The Milk-Eyed Mender » regorge de mélodies candides et pétillantes comme un sucre d’orge, à croquer sans crainte de caries. A l’instar des disques de Devendra Banhart et de Coco Rosie, « The Milk-Eyed Mender » est le témoignage sonore d’une artiste unique en son genre, qu’il serait dommage de bouder sous prétexte qu’elle a l’air bien trop bizarre… Vous avez dit bizarre ? Certes, mais qui souhaite encore qu’on lui resserve sans cesse la même sousoupe ?

Joan of Arc

So much staying alive and lovelessness

Écrit par

En entrant dans la galaxie Joan Of Arc, il ne fait aucun doute que votre portefeuille va en prendre un sérieux coup. En effet, si vous aimez cette formation, il y a de fortes chances que vous tendiez une oreille sur tous les projets parallèles des membres du band ; et par la même occasion à ceux de la quasi-totalité du label. Si vous avez succombé au même principe utilisé par Tortoise en son temps, vous n'êtes pas sortis de l'auberge (certains y sont toujours). Donc Joan Of Arc, c'est un peu Red Red Meat, Owls, Califone, Chicago Underground Duo, Cap n' Jazz, Euphone ou Isotope 217 (constitué - tiens, tiens - par Jeff Parker, Rob Mazurek, Johnny Herdon et Dan Bitney qui jouent avec Tortoise...). Pour rappel, Joan Of Arc a commis une plaque incroyable en 2000, "The Gap" (NDR : que j'avoue avoir encensé, en âme et conscience). Aujourd'hui, ce véritable nouvel album est donc la continuité logique de l'ep "How can anything so little..." (2001). "The Gap" mêlait l'électronique à une certaine forme de folk; "How can..." commençait à dissocier ces 2 éléments, "So much..." enterre visiblement l'électronique pour se concentrer sur une certaine forme de classicisme rock. Ville natale aidant (Chicago), on pourrait facilement classer Joan Of Arc dans le post-rock. Et la tentation est grande ! Pour en revenir à ce qui nous préoccupe, "So much..." s'installe brillamment et facilement sur les platines rendant l'espace de l'appartement tout de suite très aérien et ensoleillé, même si votre ville essuie un terrible orage. Je ne réitérerai malheureusement pas mon enthousiasme de l'année du bug, car aujourd'hui, malgré la qualité du groupe, je ne retrouve plus trop ce qui le rendait si intéressant.

Joan of Arc

How can any thing so little be any more

Écrit par

J'avais eu le loisir, voici quelques semaines, d'encenser l'excellent album "The Gap" au sein de cette rubrique. Joan of Arc nous revient déjà avec une nouvelle plaque. Mais quelles sont les différences notables entre les deux disques ? Tout d'abord, " How can any thing so little be any more " est moins accessible. Des petits délires hometape électronicos/parlés par des enfants parasitent quelques peu la cohésion de l'ensemble. Ensuite cet ep est maigre en bouche (25min). Il ne parvient hélas que trop rarement à se densifier, à prendre véritablement corps. Enfin, les véritables mélodies sont rares, transformant ces 10 titres en un ep fourre-tout et inachevé. Par contre, lorsque le groupe utilise avec beaucoup de bonheur ses principaux atouts : délicatesse et sonorités tarabiscotées, mariage réussi de passéisme et de modernisme, la sauce prend instantanément. Il semblerait également que le chanteur soit un peu plus énervé que par le passé ; sa voix se faisant retenue, tentée de hurler, ou tout au moins déchirée entre colère et quiétude. En attendant réellement une nouvelle pièce de leur discographie, Joan of Arc s'est donc contenté de nous gratifier d'un amuse-gueule. M'enfin, baptiser une chanson "My cause is noble and just" ou "My fight is necessary" pardonne beaucoup.

 

Joan of Arc

The Gap

Écrit par

Nick Drake meet Autechre! Entre recherche bruitiste électronique ou plus traditionnellement rock (batterie, basse, guitare), Joan Of Arc a réussi l'improbable pari de marier, avec beaucoup de bonheur, deux formes d'expression musicale à priori aussi opposées que Dave…et Sepultura. Imaginez une bande de troublions tombés dans la soupe Warp, venus hacker les bandes master d'un type bien tranquille, équipé d'une gratte sèche, entouré de chœurs féminins doucereux, suspendu aux cordes ‘godspediennes’, et responsable de mélodies directement puisées chez The Sea and Cake; d'un trio rock caractérisé par l'utilisation presque gênée de leurs instruments. Car ils ne jouent pas, ils laissent tomber presque par hasard des notes. Et comme si de rien n'était, tout ce monde cohabite, se fond, s'intègre sans qu'aucun soliste ne tire la couverture. De quoi laisser rêveur… Alors là, je dis bravo ! Une perle.

 

Joan Osborne

Relish

La presse yankee ne tarit pas d'éloges cette jeune artiste, déjà comparée à Joni Mitchell, alors qu'elle vient juste de sortir son deuxième album. C'est vrai qu'elle possède une superbe voix. Fine, cristalline, sensuelle. Que ses textes qui traitent de sexualité, à l'instar de Liz Phair et de Tori Amos, ne manquent pas de pertinence. Ni d'impertinence. Ce qui fait très mode aujourd'hui. Et puis qu'elle voue une grande admiration à Bonnie Raitt, Bessie Smith, John Lee Hooker et Aretha Franklin. Maintenant, ne vous attendez pas à rencontrer une œuvre exceptionnelle. Ce "Relish" est de bonne facture. Epinglant de remarquables compositions arrosées d'urban blues et de folk rock. Telles que "St Teresa" et le single "One of us". Mais, en général, il privilégie les pop songs traditionnelles. Trempées dans la soul, le gospel ou le jazz ‘nightclubbien’. Des ablutions qui nous laissent sur notre soif. Paraît quand même que sur scène, elle a la pêche...