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La Divine Comédie de Lora Gabriel

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Jeremiah Johnson

Unemployed highly annoyed

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Jeremiah Johnson est issu de St Louis, dans le Missouri. Sa musique baigne dans le blues et le southern. Ce presque quinquagénaire s’est entouré d’un backing group en 2009. Et dans la foulée, la formation a gravé "9th & Russell", un premier elpee. En 2018, Thomas Ruf l’intègre dans son écurie. Jeremiah y publie alors "Straitjacket", un long playing qui rencontre un énorme succès, en décrochant une pole position au sein du ‘Billboard Blues Chart’.

Lors des sessions de son quatrième LP, Jeremiah a reçu le concours de ses musiciens ; en l’occurrence le bassiste/claviériste Paul Niehaus IV et le drummer Tony Antonelli. Mais Niehaus a également invité des potes dans son studio Blue Lotus. En outre, non seulement il se charge des claviers sur la grande majorité des plages, mais il assure également la production. "Unemployed highly annoyed" recèle huit plages dont une reprise. Elles s’inspirent de la sombre époque que nous vivons, une situation causée par une pandémie qui force les musiciens à l’inactivité.

Southern rock, "Burn down the garden" est une superbe ouverture. Face à l’orgue, la voix colle parfaitement au style et Jeremiah s’autorise déjà une belle envolée sur ses cordes. Tout comme sur "Muddy black water", un titre dont le climat singulier et exotique est entretenu par les percussions et le piano électrique. La cover du "Cherry red wine" de Luther Allison est impeccable, un bues lent qui n’atteint cependant pas l’excellence de la version originale. Pas de claviers pour "Daddy's going out tonight", un rockin' blues dispensé sous la formule du trio classique, qui fait mouche. Naturellement funky, théâtre de beaux échanges entre cordes et clavier, le titre maître est contaminé par cette période Covid. Slow blues somptueux mené à la texane, "Different plan for me" est tapissé par la chaleur feutrée de l'orgue. Jeremiah est convaincant au chant, tout en arrachant de sa gratte, des notes dignes d'Albert Collins. Orgue et cordes continuent de nous enchanter tout au long du lent et intimiste "Love and sympathy". De très bonne facture, cet opus s’achève par le judicieusement intitulé "Rock'n'roll for the soul"…

Jeremiah Johnson

Heavens to Betsy

Écrit par

Jeremiah Johnson est originaire de St Louis, dans le Missouri. Il y a d’ailleurs passé toute sa jeunesse. Parmi ses références majeures, il cite Eric Clapton, Alvin Lee, Hank Williams Sr et Jr. En 1999, il part vivre à Houston, au Texas. Il y restera une dizaine d'années. Le temps de bien assimiler le Texas blues. De retour sur sa terre natale, ce chanteur/guitariste décide d’intégrer ces nouvelles influences à son blues/rock. Ce n’est qu’à partir de son quatrième opus, "Grind" (NDR : gravé en 2014, il bénéficie du concours de Devon Allman à la production), qu’il est enfin reconnu par la critique. Il embraie par "Blues heart attack", en 2016, avant de signer sur le label allemand Ruf. Ecurie pour laquelle il sort "Straitjacket", en 2018, un long playing mis en forme par Mike Zito. "Heavens to Betsy" constitue donc son 7ème LP.

Le disque s’ouvre en force par "White lightning", un southern rock très bien ficelé, manifestement marqué par la large famille Allman. Les cordes de Jeremiah occupent tous les espaces libres et prennent leur envol dès qu’elles en ont l’occasion ; à l’instar de "Soul crush". Mais dans l’ensemble, c’est le saxophone de Frank Bauer qui souffle sur les braises. La voix colle parfaitement à "Tornado", une superbe fresque sudiste réminiscente de Devon Allman. Le répertoire de Johnson est varié. Ainsi, "Ecstasy" est une ballade lente aux accents pop, chaleureusement tapissée par l'orgue de Steff et au sein de laquelle le sax de Bauer s’incruste. Caractérisés par leurs riffs puissants, "Forever and a day" et "American steel" nous replongent dans le rockin' blues des années 70. Pensez à Bad Company voire à Whitesnake. Particulièrement country, americana même, "Leo Stone" conjugue cordes acoustiques et électriques, ces dernières flirtant avec le style de Dickey Betts. Dans le même genre, "Long way home" est une plage rappelant le Band de Bob Dylan, une remarquable ballade à la solide mélodie, à l’ambiance décontractée et au climat généreusement nappé d’interventions à l'orgue Hammond. Jemeriah nous réserve également deux rock'n'roll dynamiques, "Castles in the air" et "Preacher's daughter". Une seule reprise sur ce long playing, le franchement blues "Born under a bad sign" de Booker T Jones. Le célèbre Albert King l’avait traduit en succès dès 1967, alors que l’année suivante, le trio anglais The Cream en avait réalisé une superbe version…   

Jeremiah Johnson

Straitjacket

Écrit par

Bluesman yankee, Jeremiah Johnson est âgé de 46 ans. Il s’est établi dans la cité musicale de St Louis, au Missouri. Au début de ce siècle, il était parti vivre et travailler au Texas. Mais en 2009, il est revenu chez lui pour fonder son JJ Band. L'année suivante, il publie l’elpee, "9th and Russell". En 2011, il s’associe à la section de cuivres, The Sliders, pour graver "Brand spank'n' blue". Au cours de cette année, il a signé sur le label allemand Ruf. Jeremiah vient de sortir son cinquième LP, "Straitjacket", sous la houlette du très sollicité Mike Zito. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’une section rythmique. Un opus qui met en exergue deux solistes : Johnson, à la guitare, bien sûr, mais également Frank Bauer, au saxophone. Les sessions se sont déroulées au studio Marz à Nederland, un patelin texan sis non loin de la frontière louisianaise…

Le titre maître ouvre la plaque, une piste qui véhicule des accents r&b. Si l’intro lorgne manifestement vers Albert King, la plage se distingue déjà par des envols remarqués sur les cordes et le saxophone. La voix passe bien la rampe tout au long de "Getting tired", un morceau imprimé sur un mid tempo. Blues lent, "Blues in her eyes" nous réserve d’excellents soli. "Believe in America" ne manque pas de charme, un titre que chante Jeremiah d’une voix théâtrale, alors qu’en milieu de parcours, sax, batterie et guitare, donnent un bon coup d’accélérateur. A l’instar de "Dirty mind", les interventions de Bauer au saxophone sont souvent bouleversantes. Une sonorité métallique émane de "9th and Russell". Nous sommes proches du Mississippi. Un morceau flemmard au cours duquel les solistes brillent de mille feux. Instrumental, "Bonneville shuffle" baigne dans le surf. Une seule reprise, le "Rock& roll music to the world" de Ten Years After. C’est également la plage qui clôt ce long playing. Non seulement Mike Zito se consacre au micro, mais il y conjugue ses cordes à celles de Johnson. Superbe !

 

Donald Ray Johnson

Bluesin’ around

Écrit par

Agé de 68 balais, Donald Ray Johnson est un vétéran issu de la scène blues et R&B. Né à Bryan, au Texas, il est batteur et surtout chanteur. Il possède même une solide voix de baryton.

Après avoir accompli son service militaire dans la Marine, il s’installe à Los Angeles. Il y fait des rencontres déterminantes, comme celle de Philip Walker. Il obtient un certain succès au sein de A Taste of Honey, formation impliquant deux jeunes afro-américaines. Depuis la fin du siècle dernier, il s’est établi au Canada, à Calgary très exactement. En 2004, Johnson croise, pour la première fois, le guitariste arménien Gaspard ‘Gas’ Ossikian. Ils décident alors de tourner ensemble. Il y a cinq ans, Ossikian monte le Gas Blues Band, un combo impliquant des musiciens français, au sein duquel figurent le bassiste Philippe Scemama, le batteur Yannick Urbani et le guitariste Pierre Cayla. Et tout ce beau monde a donc enregistré "Bluesin’ around", en France, au cours du mois de mars 2016. Le tracklisting est majoritairement constitué de reprises.

Memphis Blues rythmé, "Bad Luck" ouvre les hostilités. Une excellente cover de BB King. Cuivrée, elle s’illustre par une bonne sortie de cordes opérée par Gas. Dans le style de BB, of course ! L’adaptation du "Bluesifyin’" est somptueuse ; un blues lent tapissé par l’orgue Hammond de Daniel Antoine. Un orgue qui domine –de la tête et des épaules– le "Ain’t superstitous" de Willie Dixon. Don Johnson reprend deux titres de son ami disparu, Philip Walker. Tout d’abord "Ninety proof", un superbe blues lent souligné par les cordes veloutées d’Ossikian et les interventions à la trompette de Nicolas Gardet. Puis le plus rythmé "Big bear window", une piste caractérisée par une sortie parcimonieuse de cordes. "Distant" est une plage funk écrite par Janice Marie Johnson. Elle date de l'époque où ils militaient ensemble chez A Taste of Honey. Johnson reprend affectueusement "She's dressing trashy", un titre qui rocke ferme. Il avait été écrit par l'un de ses premières rencontres musicales, le pianiste Nat Dove. Donald Ray chante deux compos issues de sa plume : "Watching you" et "Should’ve been gone". De bonne facture, elles baignent dans la soul contemporaine et sont guidées par le saxophone de Samuel Dumont. "You’re the one for me" clôt l’opus ; un blues nerveux signé Lucky Peterson.

 

Bill Johnson

Cold outside

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Chanteur, guitariste et compositeur, Bill Johnson est âgé de 52 ans. Ce Canadien roule sa bosse depuis les années 70. Il faudra cependant attendre les eighties pour le voir passer progressivement au blues. Il monte alors son Bill Johnson Blues Band. Nous sommes alors en 1993. Et publie son premier elpee solo, "Why I sing the blues". Il faudra cependant attendre 2005, pour le voir enregistrer un deuxième opus. Un "Live". En 2005. Il grave alors "Worksongs" en 2007 et "Still Blue" en 2010. Bill a décroché plusieurs Blues Awards, au Canada. Pour concocter "Cold outside", il a reçu le concours de son backing group ; en l’occurrence le bassiste Rick Erickson, le claviériste Darcy Philips et le batteur Ross Hall.

"Baggage blues" est un blues qui fait mouche. La voix de Bill colle parfaitement à son répertoire. Aux ivoires, David Vest meuble tous les espaces libres. "Nine dollar bill" élève le tempo. Les cordes de Johnson son déjà bien affûtées pour attaquer cette plage nerveuse aux accents West Coast. Le ténébreux "Cold outside" est davantage country, un morceau au cours duquel les cordes tracent une ligne mélodique imparable. Le spectre de Johnny Cash plane. Tout comme sur "Night train", un titre qui adopte le rythme du chemin de fer. Et chargées de feeling, les cordes sont vraiment agréables à l’oreille. Darcy siège alors derrière l’orgue Hammond. Shuffle, "True love" emprunte un tempo flemmard. David Vest est de retour au piano et entre en duel avec la gratte, décidemment bien attachante de Phillips. Vest est un vétéran de la scène blues. Dans le passé, il a notamment apporté son concours à Big Joe Turner, Floyd Dixon et Jimmy T99 Nelson. Darcy double piano et orgue tout au long du blues lent classique "My natural ability". Bill égrène ses notes parcimonieusement, mais en y injectant un max de sensibilité. Et David épaule encore Bill sur le rock’n’roll vivifiant "Makes a fella nervous". Nonobstant sa forme contemporaine, "Free from my trouble" nous entraîne progressivement vers le delta. La guitare est généreuse. L’orgue Hammond, bien présent. Joby Baker (NDR : c’est le producteur !) double basse et batterie sur "Angry guitar". Et communique une touche funky à la compo. Bill ponctue son chant de petites phrases finement ciselées sur ses cordes. "Driftin’ and driftin’" est une ballade subtilement country. La voix est devenue douce, tendre même. Le recours au bottleneck apporte une sonorité métallique à l’ensemble, sans jamais nuire au sens mélodique. Ballade acoustique, "Angeleen" clôt cet opus, une piste qui puise ses racines dans l’americana…

 

Eliana Cargnelutti / Sadie Johnson / Heather Cross

Girls with Guitars

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Le label allemand Ruf semble vouloir féminiser son écurie. Et signe régulièrement des dames et demoiselles capables de chanter le blues, gratter une guitare avec plus ou moins de bonheur, composer et bien entendu se produire sur les planches. C'est ainsi que la série de "Girls with guitars" est née, il y a quelques années. Et en voici la suite ! Qui épingle des artistes débutantes. Ce disque se focalise sur trois d’entre elles. Tout d’abord l’Italienne Eliana Cargnelutti. Elle vient de graver "Electric woman". Ensuite Sadie Johnson, une très jeune Américaine –issue de l’Indiana, elle n’a que 18 printemps– qui drive son groupe, Sad Sam Blues Jam. Et enfin Heather Cross, à peine plus âgée, originaire de Little Rock dans l'Arkansas, préposée à la basse. Elle s’est souvent produite au mythique club Ground Zero de Morgan Freeman, à Clarksdale, dans le Mississippi, en compagnie de son band, The Sweetones. Ensemble, elles ont tourné dans le cadre de la 11ème Blues Caravan, un périple annuel organisé par Ruf. Les sessions d’enregistrement de ce long playing se sont déroulées au sein du studio Bessie Blue, dans le Tennessee, sous la houlette du célèbre Jim Gaines. Hormis trois reprises, nos trois demoiselles se sont partagées la signature des huit autres plages.

Tout naturellement, l’LP s’ouvre par "Girl Band", une compo issue de la plume d’Eliana. Le trio se partage les vocaux tout au long de ce rockin' blues rythmé, balisé par des solides riffs. Et le résultat est concluant. Elles s’attaquent alors au "Tush" de ZZ Top, un des plus gros succès du combo de Houston. Toutes trois chantent leurs propres compositions. Sadie interprète ainsi d’une voix fragile, mais impeccable, "This house just ain't my home", un blues imprimé sur un mid tempo. Miss Johnson, le notoire "Feelin' alright" de Dave Mason (NDR : titre au départ destiné à Traffic). L'arrangement tient la route. Elle est parfaitement soutenue par les deux amies qui reprennent le refrain en chœur, mais également par le pianiste Rick Steff et le percussionniste Justin Holder. "Give me a kiss" emprunte un profil plutôt rockabilly. Empreinte de douceur, "Say goodbye" est une ballade qui ne manque pas d’allure. Heather Crosse possède la meilleure voix. Elle chante autoritairement mais passionnément son "She may have you, but I got yo heart", un superbe blues lent. Son "Shades of love" s’ébroue dans le style néo-orléanesque, à cause de ses rythmes syncopés, avant de glisser vers un blues/rock plus classique. Eliana remue davantage les tripes. Elle aime quand les morceaux déménagent. A l’instar de son "Life", au cours duquel, nonobstant une voix plutôt faiblarde, elle assure à la six cordes. Ces trois rockeuses dans l’âme se montrent très à l'aise pour reprendre "I hate myself for loving you", le hit de Joan Jett. On navigue alors à des années-lumière du blues. Et c’est Eliana qui pousse sa voix ! En finale, Eliana et Sadia reprennent la main pour chanter en duo un dernier rockin' blues puissant, "Wish you had'nt gone"…

 

Donald Ray Johnson

These blues

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Agé de 66 ans, Donald Ray Johnson est un bluesman de couleur noire. Originaire du Texas, il a entamé son parcours musical en chantant dans l'église du quartier et lors des réunions de famille. Très jeune, il se consacre aux percussions, avant de se convertir au blues. Après avoir accompli ses obligations militaires, il s'installe à San Diego où il rencontre Lowell Fulsom, Bobby Womack et Pee Wee Crayton. Il joue ensuite en compagnie de Philip Walker et Joe Houston, à Los Angeles. Il croise alors le producteur Perry Kibble et deux jeunes Afro-américaines, Janice Marie Johnson et Carlita Durham. Ensemble, ils fondent A Taste of Honey. En 1989, il s’installe à Calgary, où il s'est forgé une solide réputation locale, comme chanteur de blues! Son dernier elpee, "It's time", date de 2010. Il faisait suite à "It ain't easy being blue", paru en 1995, "Donald Ray", en 1999, "Pure pleasure", en 2002 et "Travelin' man" en 2006. Cet LP est sous-titré "The Best of Donald Ray Johnson" et constitue donc un concentré de ses précédentes productions.

"Ain't no fun to me" ouvre la plaque. Imprimée sur un mid tempo, cette ballade soul/blues est issue de la plume d’un spécialiste du style, Al Green. La voix de Donald est chaleureuse et bien adaptée au genre, dont la coloration blues est procurée par un harmo parfaitement intégré. Des accords de gratte subtils illuminent, "Gone so long", un excellent blues. "These blues" est un extrait du dernier long playing, une piste qui évolue sur rythme enlevé. La guitare entre en effervescence, alors que la sortie du saxophone ténor est tout à fait judicieuse. Autre superbe ballade, "Always on my mind" trace une ligne mélodique intense, alimentée par une guitare électrique pourtant parcimonieusement dispensée. Plutôt contaminée par le style Memphis, "Slow down baby" est une compo qui passe bien la rampe. Orgue et cuivres se partagent la part du lion. La rythmique adoptée sur "Me and Jack" est enlevée et solide. "Last two dollars" est sculpté dans une soul de bonne facture. La voix est impeccable. Donald Ray Johnson est un excellent chanteur. Le saxophone, un délice pour les tympans. Nonobstant son titre, "No guitar blues" est un blues lent classique. La six cordes s’implique généreusement. Le saxophone est omniprésent. Le piano et de l'orgue tapissent l’ensemble. Sans doute la meilleure piste de cette collection. "It ain't easy being blue" et "Thrilling you killing me" figurent sur le premier opus gravé en 1995. Un disque qui privilégiait la quintessence du blues, philosophie rappelant l'Electric Flag de la fin des sixties, un combo alors fréquenté par l'excellent guitariste Mike Bloomfield. Le remarquable phrasé sur la gratte nous le rappelle. Ce "Best of" s’achève par deux pistes gravées sur leur dernier long playing, publié en 2010, dont la finale, "It's time", évoque Santana. Surtout à cause des percus, de l’orgue et des cordes de guitare éruptives. Excellent !

 

Holly Johnson

Europa

Écrit par

Aka William Johnson, Holly Johnson est né à Liverpool, le 9 février 1960. Chanteur et compositeur britannique, il est surtout connu pour avoir drivé Big In Japan et Frankie Goes To Hollywood. Issu de la mouvance punk rock/new wave, il joue d'abord de la basse au sein du premier. Et publie deux singles en solitaire. En 1982, il passe chez le second comme chanteur et parolier. L’année suivant FGTH grave son premier single : « Relax ». Les lyrics, la pochette et la vidéo soulèvent l’indignation. Et la censure de la BBC. Ce qui va contribuer à la notoriété du combo. C’est à cette occasion qu'Holly Johnson et Paul Rutherford, un autre membre du groupe, révèlent leur homosexualité. FGTW va aligner toute une série de tubes : « Two Tribes », « The Power Of Love », « Welcome To The Pleasuredome », « Rage Hard », jusqu'en 1987. Après une tournée européenne, le band se sépare. A l’instar des autres membres de la formation, Holly Johnson se lance dans une carrière solo. Il décroche une nouvelle fois un numéro 1 en Angleterre, grâce au titre « Blast ».

En 1991, Holly Johnson apprend qu'il est séropositif. Il se retire du monde musical et rend public le diagnostic, deux ans plus tard. Depuis, il se consacre essentiellement à la peinture. Il expose ses œuvres même. Mais en 1994, il publie une autobiographie encensée par la critique. Après plus de 15 ans d’absence, il est de retour sur son propre label Pleasuredome, pour ce nouvel opus, un disque produit par Mark Ralph (Hot Chip, Franz Ferdinand).

« Follow Your Heart » ouvre l’elpee. C’est le single qui préludait sa sortie. Les eighties sont de retour ! Pas mal ! Mais pas percutant, non plus. Il y manque la magie. Une plage inoffensive parsemée de quelques sonorités électroniques. « In And Out Of Love », « Heaven's Eyes », « So Much It Hurts » passent correctement la rampe. Empreint de tendresse, « Dancing With No Fear » est une invitation à rejoindre le dancefloor. « Europa » et « Glorious » constituent certainement les meilleures plages du long playing, mais elles nécessitent plusieurs écoutes avant d’être appréciées à leur juste valeur. « Hold On Tight », « Lonesome Town », « You're In My Dreams Tonight » et « The Sun Will Shine Again» repassent les plats. Bref, j’espérais un come-back flamboyant. Espoirs déçus. La version de luxe recèle deux bonus tracks, « Europa » (Original Version) et « So Much It Hurts » (Piano Version). Une déception !

 

Eric Johnson

Europe Live

Écrit par

Texan, Eric Johnson est chanteur, guitariste et compositeur. Respecté au sein du milieu musical, il vient à peine de fêter ses 60 ans. Il se distingue d’ailleurs tant dans le rock, le blues, le jazz ou la fusion, styles qu’il affectionne. Ses influences sont particulièrement diversifiées : depuis Jimi Hendrix à Mike Bloomfield, en passant par Chet Atkins, Wes Montgomery et Django Reinhardt. Après avoir opéré ses débuts au sein d’obscures formations (NDR : Mariani, un combo de psyché/rock qui a sévi à Austin, et Electromagnets, plutôt branché sur le jazz rock), il acquiert une certaine notoriété en publiant un premier elpee solo, intitulé "Ah Via Musicom", en 1990. Depuis, il a gravé une multitude de cd et de dvd, œuvres qui ont chaque fois été couronnées de succès. En 1996, il tourne en compagnie de G3. Il y retrouve deux autres gratteurs exceptionnels, Joe Satriani et Steve Vai. "Europe Live" a été enregistré lors de son dernier périple accompli sur le Vieux Continent. Immortalisant tout particulièrement celui accordé au Melkweg d'Amsterdam, ainsi que l’un ou l’autre set prodigué en Allemagne et en France! En ‘live’, le trio est soutenu par le drummer Wayne Salzmann et le bassiste Chris Maresh.

Après une courte "Intro", histoire d’entrer dans le bain, "Zenland" ouvre véritablement l’elpee. Une compo qui nous rappelle une certaine époque de Dire Straits. Rythmiques, les accords sont assez proches de ceux dispensés par Mark Knopfler. Néanmoins, pas de doute,  Johnson est un brillant guitariste. Et s’il puise son inspiration au sein d’un éventail de références plutôt large, il possède son style et sa technique. Sa dextérité lui permet de se lancer dans des structures complexes, et sa vitesse d'exécution en impose. Il vit à "Austin". C’est le titre d’une des plages de l’LP. L’une des rares chantées sur ce témoignage live ; une compo caractérisée par une ligne mélodique assez captivante. Autre plage impliquant des vocaux : "Forty mile town". Elle est préfacée par des cordes réminiscentes de Yes ; même le chant évoque Jon Anderson. John Coltrane signe "Mr P.C", un exercice de style de plus de 10’. Et tout au long de cette piste sculptée dans un jazz moderne assez complexe, laissant libre cours à l'improvisation, Johnson étale toute sa virtuosité. Ce qui n’empêche pas Maresh et Salzmann de mettre leur talent en exergue, sur leurs instruments respectifs. "Manhattan" baigne dans un océan de douceur. A contrario, "Zap" se révèle bien plus dynamique. Johnson se divertit à l’aide de ses riffs hards. Chris Maresh dévoile tout son potentiel sur la basse alors que Salzmann martyrise l’ensemble des éléments de sa batterie. "Song for life " est un  intermède acoustique. Quoique nerveux, "Fat Daddy" adopte une nouvelle fois le style rythmique de Mark Knopfler, un morceau parcouru de brillantes envolées psychédéliques. Plus surprenant, Eric s’autorise un blues shuffle puissant, "Last house on the block", une piste qui adresse un clin d’œil appuyé à son regretté concitoyen, Stevie Ray Vaughan. Il nous réserve "Cliffs of Dover", un succès récolté en son temps! Boogie, "Evinride fever" est propice à d'autres exercices de haute voltige. Et cet opus ‘live’ de bonne facture, s’achève par "Sun reprise".

 

Will Johnson

Scorpion

Écrit par

Will Johnson est toujours aussi prolifique. Leader de Centro-Matic et de South San Gabriel, ce chanteur/compositeur/multi-instrumentiste (NDR : et peintre, par ailleurs) milite également chez Monsters of Folk, New Multitudes et Overseas. A une certaine époque, il a sévi au sein de l’Undertow Orchestra tout comme David Bazan, Mark Eitzel et le regretté Vic Chesnutt. Sans oublier ses projets parallèles, dont un duo échangé avec feu (décidément !) Jason Molina, en 2009, et en compagnie de Jay Farrar, Anders Parker et Yim Yames, pour concocter l’album « New Multitudes », l’an dernier… En outre, il lui arrive également de publier des disques en solitaire. Son dernier opus solo, « Survey/Voyage », remontait quand même à 2005.

Peu de monde pour le soutenir sur « Scorpion ». Il y a bien l’ex-Shearwater Howard Draper aux claviers, Scott Danbon (Centro-Matic) au violon et un préposé à la scie musicale ; sans oublier le fidèle Matt Pence au mixing. Mais pour le reste, Will se réserve le reste de l’instrumentation. Qu’on pourrait qualifier de dépouillée, de minimaliste ou de lo-fi. A vous de choisir !

Découpé en 10 plages, cet elpee baigne dans un climat crépusculaire, douloureux, mélancolique et reflète sans doute de la solitude vécue par l’artiste. On pense à Mark Linkous (NDR : oui, je sais, il a aussi retourné sa brouette…), Richard Buckner et même à Mark Eitzel (« Winter screen four »). Mais il y a comme une forme d’esthétisme et de charme dans ce déversement de spleen. Les lyrics sont le plus souvent chuchotés. Les chœurs furtifs ou angéliques. La voix est souvent overdubbée. Un peu de guitare électrique quand même (NDR : en particulier sur « It goes away so fast »), mais en général c’est la guitare acoustique (parfois électrifiée) qui domine le sujet. Et dont les cordes peuvent même parfois être volontairement désaccordées pour accentuer le sentiment de souffrance. A l’instar de « Bloodkin push (forget the ones) ». Mais également de « Riding from within ». Et pas seulement la sèche, puisque banjo et violon épousent un même profil discordant, une plage dont les vaguelettes sonores semblent poussées par une houle indolente… Ou évoluer sous la forme d’arpèges comme sur le titre maître, bercé par une jolie mélodie. Enfin, les deux pistes qui achèvent l’elpee sont sans soute les plus sinistres. Malgré son sifflotement cinématique (Ennio Morricone ?), « Truss of Ten évolue sur une tempo monocorde, presque spectral, marqué par un martèlement de tambour sépulcral. Et puis, « Vehicular and true », un titre aride, ponctué de quelques gouttelettes de piano sonore. Un titre instrumental : « Rosanky ». Une compo qui diffère de l’ensemble. Plus americana. Plus sauvage, rythmée et désincarnée, aussi. Mais c’est l’exception qui confirme la règle. N’empêche, cette œuvre est à la fois belle et déchirante. Mais je vous la déconseille si vous êtes dans le trou (NDR : enfin, pas comme Molina, Chesnutt ou Linkous, quand même…)

 

Sweet Claudette Johnson Harell

That man's got to go

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Sweet Claudette Johnson Harrell nous vient de Detroit et elle chante le blues. Ce n’et pas une néophyte, puisqu’elle compte, à ce jour, cinq albums à son actif. Et le tout premier, "Linament & collard greens", remonte à 1999.

Pour enregistrer “That man's got to go”, elle a reçu le concours d'excellents musiciens locaux ; en l’occurrence Howard Glazer, un guitariste particulièrement doué qui a longtemps joué en compagnie de l'harmoniciste Harmonica Shah, Dan Dekuyper à la seconde gratte, Todd MacIntosh à la basse et Greg Manning à la batterie ; sans oublier les quelques cuivres pour compléter l'ensemble. Claudette signe pratiquement l’intégralité de son répertoire.

A la recherche d’un amant idéal, la douce Claudette injecte une fameuse dose d’énergie tout au long de "Best damn lover", un morceau funk entretenu par le rythme infernal des cuivres. Les solistes se bousculent déjà à l'avant-plan. Successivement, Alonzo ‘Big Al’ Haralson à la trompette, Marcy Montgomery au saxophone et Glazer aux cordes. L'étau funky ne desserre pas son étreinte rythmique et se mue en danse envoûtante tout au long de "Hee-bie Gee-bies", une compo caractérisée par une sortie de cordes précoce, vitaminée par les pédales de distorsion, mais aussi grisée par la fièvre rythmique de ces cuivres. L'allure est toujours aussi vive pour affronter "That man's got to go". La guitare emprunte des accents bluesy, acérés, incisifs, assez proches d'Albert Collins. La trompette de Big Al ne tient plus en place. L’imposante contrebasse de MacIntosh ronronne pour communiquer une atmosphère jazzyfiante à "Not another moment". Le talent des solistes d’Alonzo et de Marcy est une nouvelle fois bien mis en évidence, alors que le timbre de Claudette manifeste une bonne dose de gravité. Le nightfloor accueille une nouvelle fois les déhanchements des danseurs lors d’un "Too many irons" à la formule bien établie. Et si les cuivres restent toujours sur le qui-vive, toujours prêts à bondir, la guitare emprunte des accents bluesy. Changement radical de style à partir de "Don't talk that yak to me". Le climat s'adoucit, s’illumine à nouveau de sérénité. Glazer est passé à la slide. Il injecte beaucoup de retenue et de feeling dans son jeu. Claudette susurre ses mots. Ce qui n'empêche guère Marcy de souffler avec panache à l'avant-plan. Notre tendre vocaliste charme et bouleverse en même temps tout au long de "Love I see in your eyes", un slow blues très classique, au cours duquel les deux souffleurs étalent encore tout leur talent. Claudette manifeste un profond respect pour ses musiciens et leur permet, à tour de rôle, de se mettre exergue. "23 hours & 45 minutes" en est un nouvel exemple, un blues mid tempo, profilé sur une rythmique très Jimmy Reed, au cours duquel Howard, Alonzo et Marcy se libèrent totalement. Ainsi qu’"Ain't nobody's bizness", un autre blues lent notoire, issu du répertoire de Freddie King, exécuté à la manière d'Albert King. Et la version est tout bonnement remarquable !

 

Johnson & Jonson

Johnson & Jonson

Écrit par

 

Johnson & Jonson est le fruit de la collaboration du producteur Mainframe (qui a notamment travaillé avec J Dilla) et du jeune emcee Blu, dont c’est le troisième album sorti (à chaque fois avec un beatmaker différent) en à peine deux ans.

Issus de la côte ouest des Etats-Unis, ces deux garçons talentueux nous ont pondu un des meilleurs albums de hip hop entendus cette année. Après plusieurs écoutes de cet elpee déroutant, on se laisse envoûter par le télescopage opéré entre les beats éclectiques et le flow agile de Blu. Mainframe manifeste un talent incontestable pour recycler presque tels quels des vieux titres soul. A l’instar du « See and Don’t See » de Mary Queenie Lyons ou encore un morceau de John Lennon sur l’intimiste « Hold On John ». On n’est pas ici en présence de pompage facile, dans la mesure où les paroles du morceau original complètent et répondent parfaitement aux rimes de Blu. Sur d’autres plages, Mainframe n’hésite pas à aborder différents genres musicaux (rock psychédélique, disco, soul), comme dans la folle intro du disque, « J and J » où une myriade de beats se succèdent pour s’adapter aux paroles de Blu. Bref, un disque riche en surprises et surtout d’excellente facture. Chaudement conseillé !

 

Antony & The Johnsons

Another World

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On avait pu se délecter des interventions sublimes de la voix d’Antony Hegarty, sur l’album de Hercules And Love Affair, formation androgyne de revival disco. Un style qu’on ne lui aurait jamais attribué auparavant. Ce Britannique aime les duos. Il nous l’avait également démontré auprès de Bjork, Devendra Banhart ou encore Andy Butler. Mais il drive également ses Johnsons. Et nous revient pour un nouvel Ep, prélude à un prochain opus qui devrait paraître en janvier prochain et s’intitulera « The Crying Light ». Un elpee qui fera donc suite au remarquable « I Am A Bird Now », une œuvre éditée en 2005 qui avait décroché le Mercury Prize

Il aura donc fallu attendre trois longues années pour retrouver toute la troupe nous offrir cet « Another World ». Quel régal d’entendre cette voix suave, empreinte de mélancolie douce. Quel plaisir de retrouver cet étrange personnage nous souffler au creux de l’oreille ses magnifiques ballades qu’il interprète, malgré la présence d’un piano et de quelques cordes, de son instrument le plus marquant : sa voix (« Another World », « Sing For Me »). Les cinq plages addictives de ce disque sont à écouter lors des longues soirées d’hiver qui nous attendent. De quoi clouer le bec à ses détracteurs qui n’avaient guère apprécié sa participation à l’aventure Hercules And Love Affair. Vivement janvier 2009 !

Richard Leo Johnson & Gregg Bendian

Who know Charlie Shoe ?

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Richard Leo Johnson est guitariste. Américain, ce virtuose du manche est constamment à la recherche de nouvelles expériences. Pour enregistrer cet album, il s’est acheté 5 guitares via eBay, à des prix n’excédant jamais les 100$. Pour lui, l’important, c’était qu’elles sonnent très différemment de tout ce qu’on peut trouver sur le marché officiel. Histoire d’en extraire les tonalités les plus originales possibles.

Leader du Mahavishnu Project (NDR : un groupe inévitablement influencé par le Mahavishnu Orchestra), Gregg Bendian est drummer et percussionniste. A ses débuts, il était vibraphoniste ! Egalement un artiste réputé. Né en 1963, il a notamment joué en compagnie de Nels Cline, Pat Metheny, Derek Bailey, Peter Brötzmann, Gary Lucas ou encore Cecil Taylor. Dans le domaine de l’expérimentation, il est aussi allumé, puisque pour concocter cet opus, il a eu recours à des percussions particulièrement et exclusivement insolites. Dont un balai, des brosses, des boîtes de conserve, des casseroles, des cruches à eau, des marches d’escalier, une planche à laver, des pots de fleurs, des tubes en métal, et j’en passe. Sans oublier les bruitages : cloches d’église, aboiements de chiens, chants d’oiseaux, etc.

Mais finalement, le résultat de tout ce bric à brac est souvent très réussi. Les 21 titres instrumentaux de cet opus sont relativement courts et naviguent quelque part entre folk, jazz, blues, roots, classique, expérimental, prog, latino et psychédélisme. Psychédélisme dans l’esprit de Syd Barrett. A cause du recours au bottleneck. Des titres minimalistes, mélodiques aventureux au cours desquels Richard privilégie la technique en picking. Parfois dans l’esprit de Django Reinhardt, surtout quand l’expression sonore vire au jazz ou au classique. Le dernier morceau de l’opus, « Forgotten lullaby » implique quand même du vibraphone. Que se réserve inévitablement Gregg, en jouant sur les oscillations sonores. Etonnant !

Calvin Johnson

Before the dream faded

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Figure légendaire de l'indie US, ex-membre de Beat Happening, Dub Narcotic Sound System ou encore des Halo Benders, Calvin Johnson nous propose son quatrième album. Constitué de dix morceaux assez variés, "Before the dream faded" est aussi et surtout parcouru par la voix si particulière de son géniteur... Grave, fausse par moments, elle défigure étrangement certaines compositions alors qu'elle en embellit d'autres... Il est donc préférable d’écouter ce disque à la carte, de préférence plage par plage, afin d'en goûter la sève si particulière. Ainsi, alors que "I am without" nous ramène délicieusement à certains morceaux de Nick Cave, "The leaves of tea" semble proche de ce que Beck cherche désespérément à pondre depuis près de 10 ans. Plus loin sur l'album, "Your eyes" aurait pu être écrit dans les 60's par un groupe psyché défoncé au LSD. D'autres titres finissent par énerver l'auditeur tant la voix semble volontairement bâclée, presque laissée en chantier... Tout de même, Mister Johnson, il y a des limites à ne pas franchir... Des chansons comme "Rabbit blood", "I'm down" ou "Deliverance" en sont de bien tristes exemples et se trouvent ainsi ravalées au rang de curiosités alors qu'elles auraient pu devenir de véritables attractions. C'est bien dommage...

Antony & The Johnsons

I´m a bird now

Qu’il ait l’air d’une geisha octogénaire fardée jusqu’aux orteils n’a pas d’importance. Qu’il se lamente de vouloir devenir une fille, non plus. Car la voix d’Antony est de celle qui vous colle à la peau, à la chair (de poule), et puis ne vous lâche plus. Cette voix, à la limite de l’emphase théâtrale mais sans aucun pathos, est notre amie, notre aimable confidente. On souffre aussi pour elle, puisque l’homme qui la porte est un artiste sensible, au bord de la rupture (d’identité, de sexe, de mue), qui combat ses démons en restant toujours digne. A ses côtés, Rufus Wainwright, Devendra Banhart, Lou Reed et Boy George lui donnent parfois le change : on compatit en douce, on se mouche dans la dentelle. Car ce disque, le troisième du pianiste (si on compte l’EP « The Lake »), sonne comme le glas du médiocre et du bruit qui nous tanne : il est beau à pleurer, du début à la fin. Bryan Ferry, Nina Simone, David Sylvian, Martin Gore, Hedwig,… Les grandes voix de ce monde ont souvent des secrets à cacher : celui d’Antony n’est pas lourd à porter, puisqu’il vole. Aucune gravité, donc, dans les chansons de ce grand romantique : juste un trop-plein d’empathie, pour le reste du monde. L’amour, c’est de ça qu’il s’agit. Il est temps d’avaler un petit peu de morphine.

Will Johnson

Vultures await

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Le leader de Centro-Matic et de South San Gabriel mène parallèlement une carrière en solitaire. Et « Vulture await » constitue déjà son deuxième album solo. Un disque pour lequel il a reçu le concours de Scott Danbon, au violon, sur deux titres (« Just some silence » et « Sleep a while ») ; ainsi que celui de Matt Pence, au mixing, à la mise en forme et épisodiquement à la programmation. Hormis la collaboration de ses deux fidèles comparses, Will se réserve toute l’instrumentation : guitare acoustique et électrique, banjo, piano, basse, orgue, bruitages et la batterie. Sans oublier les parties vocales. De sa voix fatiguée, austère, rongée par la douleur, Johnson épanche ses lyrics intimistes, ténébreux sur une musique qu’on pourrait qualifier de country/folk alternative. Imaginez un Wilco en plus minimaliste, et vous aurez une petite idée du style pratiqué par cet artiste texan. Pas pour rien que le génie littéraire de Will et de Tweedy sont souvent comparés. Ballades dominées par un piano spectral, élégies acoustiques et parfois chansons pop se partagent les 12 fragments de ce « Vultures await ». L’esprit de Tom Waits hante même le lugubre « Catherine Dupree » ; alors que tout en lorgnant du côté des Flaming Lips, « Nothin’ but Godzilla » constitue le seul moment au cours duquel, Will se montre un tantinet plus optimiste…

Big Jack Johnson

The Memphis Barbecue sessions

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"The Memphis Barbecue sessions" constitue le 4ème album de Big Jack pour le label MC. Il fait suite à "We got to stop that feelin", paru en 96, "All the way back", en 98, et "Roots stew", en 2000. Le 1er sans ses fidèles Oilers ! Jack est né en 1940, dans le Mississippi. Un état qu'il n'a guère déserté au cours de son existence. D'ailleurs, aujourd'hui, il vit toujours à Clarskdale, à deux pas du Delta Blues Museum.

Il s'est fait connaître au cours des 60's, en sévissant chez Frank Frost and the Nighthawks et les Jellyroll Kings. Chaque fois avec Frank Frost et Sam Carr. Il est surnommé ‘The Oilman’, depuis qu'il a gravé un album du même nom. Un elpee paru en 1987, sur Earwig. Marc Carpentieri, le patron du label MC souhaitait un enregistrement acoustique de Johnson. Mais à travers un duo. Il réussira à débaucher Kim Wilson, pour assurer le rôle de partenaire. Un excellent souvenir pour Carpentieri, car en 1979, il avait acheté pour premier album de blues: "Girls go wild" des Fabulous Thunderbirds. Le répertoire réunit quelques compositions de Big Jack et des classiques.

L'album démarre par le nerveux "Oh baby". Jack murmure avec douceur devant l'harmo pour interpréter le lent "Humming blues". Au bout de quelques instants, un piano s'installe distinctement dans le décor sonore : celui du légendaire Pinetop Perkins. Un personnage que l'on retrouve plus tard sur "Lonesome road". Toujours avec modération dans la voix, il entame "Don't care nothing", de Little Walter, la mandoline en bandoulière. Le dialogue se poursuit au sein de ce climat fort dépouillé, digne des vieux juke joints du Mississippi. Jack se met à chanter en ioulant, à la manière du géant Howlin' Wolf, pour attaquer "Smokestack lightning". Ecrit par Johnson lui-même, "I'm going out walking" est une superbe réussite. Big Jack et Kim sont tous deux à la guitare et s'échangent les vocaux, non sans un frémissement. Au cours de "My babe" de Little Walter, c'est sans surprise que Kim obtient un billet de sortie pour briller de mille feux à l'harmo. Johnson se fait minimaliste mais combien efficace pour aborder le "Blue Bird" de John Lee Hooker. "Get along little Cindy" nous replonge au cœur de cette atmosphère d'avant-guerre. Un fragment qui remporte le prix de l'authenticité et de la simplicité. L'album s'achève par de superbes classiques du blues : "Big boss man", "Things I used to do" et "Dust my broom", au cours desquels Wilson est au sommet de son art. "The Memphis Barbecue sessions": une heure bien agréable à baigner dans le Delta.

 

Shirley Johnson

Killer diller

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A l'instar de Bonnie Lee, Zora Young, Big Time Sarah et Karen Carroll, Miss Johnson est une de ces nombreuses ambassadrices du Chicago Blues de la dernière génération (NDR : encore qu'elle écume la scène des clubs de la Cité des Vents, depuis quelques années). Shirley est née en 1949. En Virginie. Au cours de sa tendre jeunesse elle y chante le gospel. A l'église. Elle ne découvrira le blues et la soul music que bien plus tard. En 1983, elle se fixe à Chicago. Pour y chanter le blues. En compagnie de Buster Benton, Artie "Blues Boy" White et même Professor Longhair. Elle est devenue, depuis, l'une des attractions du club Blue Chicago.

L'enregistrement de cet album a été découpé en plusieurs sessions. Elles datent pour la plupart de 2000 et de 2001. Pour la circonstance, elle est parvenue à s'entourer de musiciens réputés, dont cinq différents guitaristes ainsi que les claviéristes Roosevelt Purifoy et Allen Batts.

L'album s'ouvre par "Not for the love of you", une ballade soutenue, très cuivrée. Mais ce qui frappe instantanément, c'est sa voix grave, profonde, caractérisée indéniablement par ce soupçon de vécu. Au passage, on reconnaît les sonorités frêles des cordes de Maurice John Vaughan. Une fragilité qui persiste tout au long de la plage maître, nonobstant le solo du blanc Rockin' Jimmy concédé devant le redoutable Johnny B. Moore et les claviers d'Allan Batts. "You turn to cry" est une nouvelle ballade mélodique. Ecrite par Twist Turner, elle permet à Robert Ward de révéler son talent à la guitare : sa maîtrise, sa technique et son feeling contenu. Il reprend magistralement le célèbre "Somebody have mercy" de Sam Cooke, un morceau qui met en exergue un bijou de solo blues accordé par John Primer. Cet excellent opus nous réserve encore d'autres bons moments. Et je pense tout particulièrement à la reprise somptueuse du célèbre "As the years go passing by", fruit d'une session antérieure (NDR : millésimée février 1996 !), conduite par les cordes de Johnny B. Moore, au chatoyant Chicago shuffle "Hard lovin' mama", ainsi qu'à "The blues is all I've got"…

 

James ‘Super Chikan’ Johnson

Shoot that thang

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James ‘Super Chikan’ Johnson est âgé de 50 ans. Il est né dans le Mississippi et y vit toujours. A Clarksdale, très exactement. Il a toujours été fasciné par les poules que ses parents élevaient. C'est ainsi qu'il fut baptisé Chikan Boy. Il réserva la plus grosse partie de son existence à conduire des taxis, des camions et à labourer les champs sur un tracteur. Aujourd'hui, James chante, joue de la guitare, du piano, de l'harmonica, et puis surtout compose avec beaucoup d'humour, des chansons dont les lyrics traitent le plus souvent de ses chères poules. Il est accompagné par Dione et Harvell Thomas des Fighting Cocks, à la section rythmique.

Son 1er album remonte à 1997. Il est sorti sur Rooster Blues, et s'intitulait "Blues come home to roost". Le second, "What you see" est paru en 2000, sur Fat Possum. Les compositions sont imprimées sur un rythme obsessionnel. James chante d'une voix bien assise et distille des phrases découpées au couteau. Sans être trop amplifiée, la guitare possède suffisamment d'écho et de réverbération. Elle donne d'excellents résultats sur "Guilty man" et "Don't mess with the blues". "Mennonite blues" concède une 1ère pause dans le rythme. Un blues lent assez déroutant. "Bus-train-rain" n'est pas vraiment un blues. La batterie reproduit le tempo du train. Les interventions de guitare sont assez surprenantes. Le rythme hypnotique, légèrement funky, envahit "Staingy wid it". Les petits motifs gallinacés reviennent régulièrement. A l'instar de "Could have been me" ou de "Junky trunk". Super Chikan passe au piano sur "Marry me". Un changement judicieux qui traduit la variété de l'album. Il chante ainsi le rock'n'roll boogie, seul devant son piano, à la manière d'un Jerry Lee Lewis. Pour aborder "Wrong to sing the blues", il souffle dans son harmonica. La basse dessine un motif simple. Elle soutient la guitare qui peut ainsi libérer des motifs très bien construits. L'album se referme par plus de 8' de boogie. C'est également la plage titulaire…

 

James ‘Super Chikan’ Johnson

Blues come home to roost

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James Louis Johnson est né en 1951, à Darling, dans le Mississippi. Elevé près des champs de coton, il s'intéresse tellement aux poules (NDLR : de luxe ?) qu'il héritera du surnom de Super Chikan! A moins de 20 ans, il joue de la basse dans les juke joints locaux, derrière son oncle, le célèbre Big Jack Johnson. Il devient chauffeur de taxi à Clarksdale et se concentre sur l'écriture. Il enregistre ainsi une trentaine de ses compositions dans les studios, en compagnie de Johnny Rawls et L.C Luckett.

Cet album, sorti une 1ère fois en 97, présente le résultat de ces sessions consacrées à un downhome blues, léger, discret, sans éclat! Notre super poulet possède une voix paresseuse. Il joue principalement de la guitare mais n'hésite pas une seconde à la troquer contre une basse, un harmonica ou un piano. Ce qui n'est pas une mauvaise idée en soi, puisque ses deux compères se partagent aussi les instruments.

J'aime "Well gone dry". Un blues au mid tempo omniprésent. Vous apprécierez au passage les gloussements de James sur son chant d'honneur "Super chicken Strut", pendant que les trois guitares se mettent à patauger dans la basse-cour. Deux versions de "Mama & the Chillen" figurent sur l'album. Mais les effets sont surprenants, Super se taillant à lui seul les dialogues. Plus proche du Jimmy Reed, il aborde son penchant swamp blues sur "What it is". A noter que Super Chikan a sorti en ce début 2000, un album original, intitulé "What you see" sur Fat Possum.