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Juliette Armanet

Juliette tout en Sanson et Berger…

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Ce soir, le Cirque Royal est bien rempli pour accueillir la nouvelle sensation hexagonale, Juliette Armanet. Elle est issue des Hauts-de-France et plus précisément de Villeneuve D’Asq, dans la banlieue lilloise. Ses parents, pianistes, la plongent dans le bain de la musique dès son plus jeune âge. Elle se consacre ainsi aux ivoires, jusqu’à l’âge de 11 ans, moment où elle commence à délaisser la musique classique pour la chanson française. Après des études de lettres et de théâtre, elle devient journaliste et réalise des documentaires pour Arte et France Culture, job qu’elle va assumer pendant 6 ans. Elle travaille également durant 2 années pour l'émission de TF1, ‘50 minutes inside’. Inspirée par Souchon, Alain Bashung et Barbara, elle aurait pu être la fille cachée de Véronique Sanson et Michel Berger, mais également revendiquer l’héritage musical de Souchon et Sheller. Son premier elpee, « Petite Amie », a récolté un énorme succès ; ce qui lui a permis de décrocher deux disques de platine. Son second, « Brûler Le Feu », est paru en 2021.

David Numwami assure le supporting act. Cet auteur-compositeur-interprète belge a d’abord milité au sein du groupe Le Colisée. Multi-instrumentiste, il a aussi accompagné Charlotte Gainsbourg et François and the Atlas Mountain. Il a aussi signé deux morceaux pour le dernier album de Moodoïd. Diplômé en musicologie et philosophie, il est devenu une figure incontournable de l’underground bruxellois et parisien. Sans oublier qu’il slamme avec Flavien Berger.

Sur les planches, David est soutenu par Clément Marion aux claviers. Vêtu de noir, la tête recouverte d’un bandana blanc sur des dreads, il se consacre à la guitare. Il se présente en chansons. Son falsetto est délicat et aérien. Et les harmonies vocales vocodées, auxquelles participe Clément, sont éthérées. Enfin, les arrangements musicaux sont soignés. Caractérisé par ses paroles déprimantes, « Beats ! » s’avère paradoxalement dansant. « Numwami World » nous entraîne tout en douceur dans l’univers de l’artiste. David ne se contente pas, en ‘live’, de reproduire fidèlement les morceaux de son premier opus, il laisse de la place à l’impro et à l’artisanat calculé. C’est ce qu’il déclare. Il souhaite, en outre, perpétuer une tradition initiée sous Le Colisée : réaliser des montages débiles. Bref, il ne se prend pas au sérieux…

Sortons du monde créé par David pour rentrer dans celui coloré de Juliette Armanet, une Lilloise à l’esprit bien trempé et à l’humour décalé.

Le décor extérieur est constitué d’une énorme voûte divisée en 3 niveaux.  Sous celle-ci une estrade installée sur toute la longueur de la scène et de moitié en largeur est destinée à supporter les deux claviéristes, dont l’un des deux est également préposé aux congas, djembés, cymbales et autres cuivres. Le line up du backing group implique également un drummer, un guitariste et un bassiste. Un piano à queue se dresse au pied de l’estrade, devant les claviéristes. Libre, le reste de la scène est destiné à Juliette afin qu’elle puisse danser, s’exprimer en toute liberté et interagir avec le public.

Vêtus de noir, Juliette et ses musicos montent sur les planches. Le set s’ouvre par « Boum Boum Baby », un morceau chargé d’intensité percussive. D’ailleurs, lorsque le show monte en puissance, le décor s’anime de mille feux. On entre à pieds joints dans le monde de « Brûler Le Feu ». Tout au long de « L’Epine », derrière le piano, Juliette fait parler son cœur et sa tendresse. Sa voix est claire et cristalline comme celle de Véronique Sanson. Encore que parfois, elle me fait penser à celle de France Gall. Les chœurs soutiennent le sax mélancolique, tout au long de ce morceau dont le spleen coule à volonté. Le public est touché et applaudit chaleureusement.

Quand elle ne se consacre pas au piano, Juliette est partout à la fois. Elle bouge ou danse !

Elle revisite « L’Indien », derrière les ivoires, un titre qui monte en puissance avant de s’achever par une fameuse valse de sons comparable à une jam. « Imaginez L’Amour » opère un retour au calme.

Plus rock, « La Carte Postale » est extraite de son premier album.

Après « L’Amour En Solitaire », Juliette se réserve un petit entracte afin de changer de tenue. Constituée de petits miroirs collés, on dirait une boule à facette humaine. Elle aborde alors « Le dernier jour du disco ». C’est le moment fort du set. Juliette est devenue la star du dancefloor. Mi-électro, mi-funk », cette compo adresse un clin d’œil à Nile Rodgers. La basse est attaquée en slapping. Le drumming devient sauvage, tribal même. Juliette revient derrière son piano pour « J’Te L’Donne », une chanson interprétée dans l’esprit d’« Aline » de Christophe.

En extrapolant, on pourrait imaginer Sanson et Berger revenir sur les planches pour « Brûler Le Feu », une compo allumée, non pas par Johnny, mais par les percus et les cuivres.... Et le set de s’achever par le puissant « Tu Me Play ».

Juliette Armanet va cependant encore accorder deux rappels.

Tout au long de ce concert d’une énergie et d’une élégance folles, Juliette Armanet nous a ouvert grand les portes de son cœur, de ses chagrins et de ses espoirs, alternant audace et timidité, joie et de tristesse, lumière et obscurité, tout en confirmant au passage, avec cette sincérité brute qui n’appartient qu’à elle, qu’elle incarnait une certaine idée d’une pop music contemporaine chic, stylée, instinctive et exquise.

Elle reviendra à l’Ancienne Belgique le 5 décembre prochain.

Setlist : « Boum Boum Baby », « L’Epine », « Vertigo », « Qu’importe », « L’Indien », « Imaginer L’Amour », « La Carte Postale », « L’Amour En Solitaire », « Le Dernier Jour Du Disco », « J’Te L’Donne », « A La Folie », « Brûler Le Feu », « Tu Me Play »

Rappel 1 : « Je Ne Pensais qu’A ça, « Sauver Ma Vie ».

Rappel 2 : « Le Rouge Aux Joues », « Tu Me Play »

(Organisation : Back In The Dayz)

Juliette Armanet

Brûler le feu

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Alors que le public lambda est sans doute passé à côté du premier elpee de Juliette Armanet, les fans trépignaient d’impatience en attendant la sortie du second. Faut dire que 4 années séparent « Petite amie » de « Brûler le feu ».

Commençons de suite par se démarquer des comparaisons plutôt faciles et lourdes livrées sur la toile. Il n’est pas question ici de rentrer dans cette surenchère de jeux de mots sur le feu, la combustion, sa capacité à ‘enflammer’ la scène et autre métaphores douteuses. On pourrait nous taxer de rabat-joie ou de manquer d'imagination, mais malheureusement un constat s’impose : ce nouvel album ne nous a guère transportés.

Pourtant, le départ avait de quoi rassurer. « Dernier jour du disco » est un titre judicieux. Les vibes rétros pop invitent à danser joyeusement en pantalon à paillettes. On retrouve ses mots d’amour sur « Qu'importe » et « Tu me play ». L’instrumentation est entraînante voire explosive et on se surprend à répéter inlassablement les refrains en boucle. Les sonorités de « Boum boum baby » nous plongent dans le passé, mais la nostalgie n'a pas suffi... Ce titre nous a perdus et la suite n’est pas parvenue à nous rattraper. Les morceaux se ressemblent et se confondent. Les paroles sont parfois creuses. Elles traitent systématiquement de l'amour, sans pour autant apporter ce petit plus susceptible de nous convaincre. On reste coincé à la surface de la recette ‘couplet-refrain-bridge-refrain en boucle et fin’.

Parler de relations amoureuses en se servant de la métaphore d'une écharde dans « Epine » a ravivé l’espoir. Et même réveillé notre intérêt. Mais la piste est finalement restée ‘simple’ (ce qui n'est pas un problème en soi !) et on n’a pas flashé... Dommage ! On avait vraiment très envie d'accrocher !

Heureusement, il reste le timbre aérien, sublime et délicat de sa voix. Et on l’adore !

Juliette Armanet déclare s’être dépassée pour réaliser ce projet. Elle a eu envie d'explorer d'autres univers, de se livrer ; et la vulnérabilité à laquelle elle s'abandonne en nous l'offrant est touchante. De même pour son audace à reprendre ‘Joyeux anniversaire’ » sur « HB2U » ! Alors, si on n’a apprécié que quelques titres sur ce long playing, on ne la lâchera pas autant ! On a même envie de continuer à la suivre... Parce que sa voix céleste a de quoi séduire, et puis elle est capable de se frotter à d'autres styles qui pourraient même nous plaire…


 

Juliette & The Licks

Four On The Floor

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Les acteurs s’improvisant musiciens sont toujours source de légitime appréhension... Préjugé justifié au vu de certaines expériences allant du passable au pathétique (non, non, pas de noms !) Et puis, parfois, un petit miracle émerge au milieu des naufragés. Le cas de Juliette Lewis émarge heureusement à cette seconde catégorie. Dotée de solides capacités vocales, l’ex-héroïne de « Natural Born Killers » dédaigne la soupe calibrée FM dans laquelle beaucoup de ses collègues ont versé pour s’éclater en balançant une dizaine de titres purement rock & roll.

Le résultat de ce second album, tonitruant et diablement efficace, prend à la gorge dès la première plage, le bien nommé « Smash & Grab », et enchaîne les coups d’éclat, entre un « Hot Kiss » pervers, un « Killer » aux relents punk, un « Death Of A Whore » halluciné ou encore le stonien « Get Up » où la donzelle assume ses influences en affirmant « I Feel Like A Rolling Stone » ! Bien entourée par ses flamboyants The Licks, elle s’offre le luxe d’enrôler le jovial Dave Grohl (Nirvana et Foo Fighters pour ceux du fond) qui marque l’enregistrement de son groove lourd, implacable et puissant. Côté production, Dylan McLaren livre un travail très soigné sans pour autant dénaturer le contenu en le rendant moins rock ; l’excellent « Purgatory Blues » en constitue un bon exemple et mérite amplement sa place sur les ondes. Bien sûr, les grincheux diront qu’ils n’ont pas inventé la poudre, mais ce n’est pas le propos : nous sommes face à du rock & roll jouissif, balancé avec fougue et conviction, et c’est suffisamment rare pour être apprécié.

Trente-trois minutes de bonheur sans rien à jeter !

Juliette

Mutatis Mutandis

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Juliette est un paradoxe sur pattes. Certains ont tendance à la considérer comme une débutante, alors qu’elle n'a plus 20 ans (elle en a 40) et qu’elle en est à son 6e disque. D’autres en font leur héroïne anti-Star Academy, alors qu’elle a collaboré avec Olivia Ruiz, une ex-candidate en quête de réhab… Bien sûr, Juliette ne s’est pas fait connaître via la télévision, mais quand même. Revenons à notre sujet : cet excellent 6e disque. La Toulousaine Juliette (de son vrai nom, Juliette Noureddine, immigrée de la 3e génération, d'origine kabyle) n’a pas maigri : elle est toujours aussi ronde que ses lunettes, mais son inspiration, elle non plus, n’a pas perdu de poids. Qu’elle consacre une chanson aux bonnes, aux chérubins ou aux ados colombiens perdus dans un monde que la drogue a rendus fous, la chanteuse n’abandonne pas sa bonne humeur, sa verve, sa fantaisie, mettant en scène ses chansons comme de mini-pièces de théâtre… ‘Pour moi, dit-elle, le CD est un support publicitaire à mon travail sur scène. Pas l'inverse.’ Le titre du nouveau disque « Mutatis Mutandis » (c’est traduit dans les pages roses du livret du CD !) insinue que Juliette a changé. Bien sûr, c’est toujours de la chanson française assez classique, mais, il est exact qu’elle semble pour la circonstance sublimée par les qualités de l’extravertie interprète : fabuleux sens du spectacle, énergie brute, goût pour les mots et délicieux humour. Qu’est-ce qui a réellement changé alors ? Peut-être une tendance à jouer davantage avec son ordinateur, à programmer des samples, à parler latin (il y a une chanson en latin tirée d’un texte de Charles Baudelaire), à essayer de faire danser les gens, et puis aussi une propension nouvelle à faire des duos, mais pas avec des chanteurs de métier. Non, ici c’est avec Guillaume Depardieu ou avec l’ex-Deschiens François Morel sur un sautillant « Mémère dans les orties » qui raconte une dispute de couple sur un ton feutré. Tous ces changements seront-ils suffisants pour ouvrir Juliette au grand public, ce qui est la logique étape que doit franchir sa carrière à ce stade ? Franchement, ce serait mérité.