Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Keith Levene

Décès de Keith Levene, membre fondateur de The Clash et Public Image Limited…

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Levene est décédé ce 11 novembre 2023. Il était âgé de 65 ans. C’était un des membres fondateurs de The Clash et The Flowers of Romance (groupe éphémère connu pour avoir impliqué Sid Vicious, avant qu'il ne rejoigne les Sex Pistols.) C’est lui qui a composé « What's My Name », titre figurant sur le premier elpee de The Clash, même s’il n’a jamais participé à l’enregistrement d’une compo. Levene a affirmé plus tard avoir écrit ou coécrit plusieurs autres chansons du même disque. Au début des seventies, il avait été roadie pour le groupe Yes.

Après la séparation des Sex Pistols, Levene a fondé Public Image Limited (PiL) en compagnie de John Lydon (alias Johnny Rotten). Sur les enregistrements suivants de PiL, il abandonne sa guitare pour le synthétiseur. En 1983, il quitte Public Image Ltd, suite à un désaccord artistique.

Levene est né et a grandi à Londres, et bien qu'initialement influencé par le prog rock, ses goûts musicaux ont changé après sa rencontre avec Mick Jones, le fondateur du Clash. Ses sons de guitare punk et post-punk ont été décrits comme à la fois mélodiques et discordants, sonores et violents.

En 1985, il s'installe à Los Angeles où il crée une société avec sa seconde épouse, la journaliste Shelly da Cunha.

Il va expérimenter des techniques d'échantillonnage et de hip-hop pour Ice T et Tone Loc sur leurs premiers enregistrements ; et en 1989, il grave son premier album solo, « Violent Opposition », auquel des membres des Red Hot Chili Peppers participent. Il sortira d’ailleurs plusieurs disques solos, ensuite, jusque 2014. Il collaborera également avec l'ancien bassiste de PiL, Jah Wobble.

Levene est décédé de complications d'un cancer du foie à son domicile de Norfolk. Il a été décrit dans la nécrologie de la BBC comme ‘l'un des guitaristes les plus influents de tous les temps contribuant à créer un son post-punk anguleux…’

RIP

Keith Emerson

Keith Emerson s’est donné la mort ce vendredi 10 mars 2016

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Le célèbre claviériste britannique Keith Emerson s’est tiré une balle dans la tête, ce vendredi 10 mars 2016, à Los Angeles. Il était âgé de 71 ans et souffrait de dépression, consécutive à une maladie dégénérescente du système nerveux.

Né à Tordmonen, en Angleterre, il avait fondé The Nice en 1967 en compagnie de David O’List et de Lee Jackson, avant de monter le super groupe Emerson, Lake & Palmer. Respectivement ex-chanteur de King Crimson et ex-drummer d’Arthur Brown et Atomic Rooster. De cette aventure, le trio va publier 9 elpees, dont l’incontournable concept album, « Tarkus ». Emerson va se lancer dans de nombreux autres projets, et pas seulement en solitaire, mais ne rencontrera plus jamais le succès phénoménal récolté par l’EL&P, une véritable machine de guerre, dont le matos était véhiculé, lors des tournées, par 3 semi-remorques. Une démesure qui va finalement coïncider avec le déclin de la musique progressive, baliser le terrain pour une révolution dans l’histoire du rock’n’roll et favoriser l’explosion du punk.

Sans quoi, Emerson était un virtuose des claviers. Un innovateur et un fantastique showman, qui poussait son sens de l’humour jusqu’à planter des poignards entre les touches de son orgue. En outre, tant au sein de Nice, d’EL&P ou en solitaire, il a constamment cherché à établir des passerelles entre la prog, le rock, le jazz et le classique. Il a d’ailleurs régulièrement reçu le concours d’orchestres symphoniques.

R.I.P.

Keith Richards Overdose

Kryptonite is alright

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Comme son patronyme ne l'indique pas, Keith Richards Overdose est un groupe marseillais. Fondé en 2009, il aime le rock'n'roll. Celui d'Eddie Cochran et des Beatles. Que les Fab Four pratiquaient au début des sixties, à Hambourg. Ils ne supportent pas trop les Rolling Stones, et tout particulièrement son guitariste Keith Richards ; ce qui explique justement le choix du patronyme opéré par la formation. Un trait d’humour grinçant ; car si le gratteur teigneux ne libère plus la même énergie qu’à l’origine, c’était quand même un fameux rocker ! D’ailleurs, K.R.O. réunit quatre teigneux qui adorent la défonce, les pompes pointues et les jeans moulants. C’est d’ailleurs ce qu’ils déclarent. A leur actif, un premier opus live, paru en 2011 et un Ep confidentiel, intitulé "Bambino boogie", gravé en 2013. Le line up du quatuor est plutôt classique. Guillaume se charge de la batterie. Ex-Holy Curse, Sonic Polo se consacre à la guitare. Hughes également ; mais aussi au chant. Et Nasser à la basse. Ces deux derniers sont d’anciens membres de Hatepinks. "Kryptonite is alright" est découpé en onze plages brèves, denses et directes. Du rock'n'roll certes, mais dont l’énergie libérée se révèle généralement punk, un peu dans l’esprit des garage bands américains. Ceux issus de Detroit, Stooges et MC5, notamment. Mais aussi les Sonics et autres Cramps.

"If I was you" nous replonge au début des sixties, à l'époque où le juke-box trônait dans tous les bistrots. La voix d'Hughes colle parfaitement à cette époque, même si ses intonations manifestent déjà une certaine férocité. Faut dire que les cordes n’ont de cesse de le haranguer. Rapide et nerveux, "Kryptonite is alright" adopte une attitude punk. Tout comme "Seven year hangover" et "Below the belt". Le chant est décapant. Arides, les accords de gratte se succèdent dans un esprit franchement rock'n'roll. "No record machine" évoque enfin ces Beatles qui ont écumé les clubs à Hambourg (NSR : le ‘Star’ surtout !), même si les cordes épousent des sonorités plus contemporaines. Débordant d’énergie, "Ton punk, rock de vieille" s’inscrit davantage dans l’esprit des garage bands issus des 60’s. Pourtant, mes coups de cœur vont aux morceaux qui dérapent carrément dans le délire. A l’instar de l’excellent, "Fifteen Sixteen". Et impossible de ne pas penser aux Stooges d’Iggy Pop et à MC5 qui ont sévi sur la scène de Detroit, en écoutant ce titre. Beatlenesque, "So you say you lost your baby" évoque plutôt le Merseybeat. "I don't get along with sissies" baigne au sein d’un climat de véritable folie. A cause des grattes, qui s'en donnent à cœur joie. Folie et énergie sont des maîtres mots pour ce band hexagonal. Et ils le démontrent une nouvelle fois lorsqu’il nous assène "Hold me Tony". De bonne facture, cet elpee s’achève par "Worse things I could do to you", une plage dont l’attitude rock’n’roll évoque à la fois les Sonics, les Cramps et même les Flamin Groovies...

 

Keith Stone

The Prodigal returns

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Keith Stone est un enfant de la Nouvelle Orléans. Pas tout à fait un enfant car, âgé de 50 ans, il est déjà considéré comme un vétéran de la scène locale. Il est parvenu à assimiler tous les courants qui alimentent la musique néo-orléanaise : jazz, blues, R&B, funk, dixieland et Brass Band. Stone a fait ses armes chez Willie Lockett & The Blues Krewe. "The Prodigal returns" constitue son premier long playing. Il a été enregistré chez lui, en Louisiane, sous la houlette de David Hyde, également préposé aux parties de basse. Hyde avait participé aux sessions d’enregistrement de l'excellent album de Fo' Reel, "Heavy water", fin 2014.

Le court "Prélude" instrumental s'ouvre par le piano de Dr John. Il nous entraîne dans les rues du quartier français de New Orleans. On entend le bruit produit par une calèche, puis d’une fanfare, celle d’un brass band, qui parcourt habituellement ces quartiers. R&B largement cuivré, "Better things to do" évolue dans un registre proche du southern soul de Memphis. La voix de Keith est puissante. Sa guitare est particulièrement affûtée. Nelson Blanchard double orgue et batterie. Des cordes empreintes d’une grande sensibilité amorcent "First love", un superbe blues lent. Autoritaire, austère, la voix domine ce blues tapissé par l'orgue et les ivoires de Blanchard. Et si le solo de guitare est excellent, Stone prolonge volontairement ses notes pour obtenir un effet dramatique. Autre excellent blues, "Cindi Leigh" véhicule des accents zydeco, des accents entretenus par l'accordéon de Bruce ‘Sunpie’ Barnes et le frottoir d'Andy J Forest ! Et au cœur de ce climat naturellement cool, le saxophone ténor de Mike Broussard s’évade. Une forme de soul indolente mais chaleureuse baigne "Take me home". Elaine Foster participe aux chœurs et Keith injecte énormément de feeling sur ses cordes, tout au long de ce morceau au cours duquel les cuivres excellent : Lacy Blackledge à la trompette ainsi que Mike Broussard aux saxophones ténor et baryton. "New Orleans Moonlight" est bien ancré dans la ‘Crescent City’, un titre de soul/blues cuivré abordé dans l’esprit de Dr John, alors que les interventions de cordes dépouillées lorgnent vers BB King. La basse de David Hyde et les percussions de Nelson Blanchard sculptent "Time to move on" dans le funk. Bobby Henderson se réserve un bijou de solo sur son saxophone alto avant de céder le relais à Stone, inspiré par Albert King. Henderson est passé au ténor sax pour "Make me feel alright", un rock'n'roll contaminé par les rythmes de la Louisiane. La trompette de Blakckedge et la guitare de Stone colorent "Buster's Place" (NDR : le Buster's est un restaurant local réputé dans la Soul Food), un instrumental paradoxalement ‘no jazz’. Bénéficiant d’excellents arrangements, "The prodigal returns" est un morceau de funk au cours duquel Keith triture ses cordes à l’aide de son jeu de pédales. Longue finale instrumentale, "Just a closer walk with Thee" revient à la case départ : le piano magique de Dr John, la guitare tout en feeling, la voix, l'orgue de Blanchard et, enfin, le brass band avec trompette, sousaphone, trombone et saxo alto. Un excellent album!

 

Keith Emerson

Three fates

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Keith Emerson a toujours essayé de réaliser la fusion entre musique rock et symphonique. Déjà chez Nice, il s’était frotté à un grand orchestre pour enregistrer « Five bridges », sans oublier ses multiples adaptations de compositeurs ‘classiques’ (Tchaïkovski, Sibelius, Mozart, etc.) Malheureusement, on ne peut pas dire que ses expérimentations aient été de grandes réussites. Son succès (NDR : planétaire, il faut le rappeler), il l’obtiendra en compagnie de Greg Lake et de Carl Palmer. Après un premier elpee éponyme plus que prometteur, le trio va graver un album considéré encore aujourd’hui comme culte : « Tarkus ». Et incarner un des fers de lance de la musique progressive. Mais ce succès va virer à la démesure, notamment lors des tournées, la formation déplaçant un matos colossal et utilisant un personnel pléthorique pour alimenter des spectacles grandiloquents. ELP est d’ailleurs, sans doute, un des principaux responsables de la décadence du mouvement prog. Provoquant alors la réaction des rockers purs et durs, et la naissance du punk.

Emerson est un virtuose. Formidable showman à ses débuts, il a aussi popularisé l’utilisation du moog. Il a également signé plusieurs musiques de film. Et continue de s’investir dans de multiples projets. Dont ce dernier impliquant notamment le guitariste Mark Bonilla, le bassiste Travis Davis et le drummer Troy Luccketta. Sans oublier le chef d’orchestre Terje Millelsen et le Münchner Rundfunkorchester. Bref, Keith tente une nouvelle incursion dans le symphonique. Pour des anciennes compos d’ELP, de nouvelles (dont deux signées Bonilla) et quelques morceaux classiques. Mais le résultat fait pâle figure. Sans la voix de Lake (NDR : et même sans voix tout court !) la version de « Tarkus » est soporifique ; et les « The endless enigma suite » ainsi que « Fanfare for the common man » me rappellent le type de fond sonore diffusé dans les supermarchés, il y a une trentaine d’années…

 

Keith Emerson

Keith Emerson Band Featuring Marc Bonilla

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Keith Emerson, du haut de ses 65 ans, n’a vraiment plus rien à prouver. Et à qui que ce soit. Leader en son temps d’une des formations rock progressives les plus influentes des seventies (je ne vous ferai pas l’affront de vous la citer), il est aussi (à l’instar de Jon Lord) l’un des meilleurs claviéristes rock de sa génération. L’Anglais est capable de s’immiscer dans tous les styles : Jazz, Rock, Classique, Progressif, Blues, Classique. A l’écoute de son nouvel opus, « Keith Emerson Band Featuring Marc Bonilla », deux mots viennent immédiatement à l’esprit : ‘Ouais, Bof’.

Je le répète, Emerson peut tout jouer ; et, sur cet album, il ne s’en prive pas. Progressif, Jazz, Ballades, Pop, Rock, Musique d’église, Classique, tout y passe. Cependant, cette diversité nuit beaucoup à l’homogénéité de l’elpee. On a l’impression d’être en présence d’une démonstration de talent du style : ‘Je peux tout faire, et je le prouve’. Bien sûr, instrumentalement c’est parfait parfait. Fignolé jusqu’au dernier détail. Comme il fallait s’y attendre, les claviers se réservent l’essentiel de l’espace sonore : Grand Piano de Concert, Orgue Hammond, Synthé Moog, Harmonium, Synthé Korg. Pas un seul instrument à clavier ne passe pas sous les doigts agiles du virtuose britannique. Les guitares sont assurées par Marc Bonilla, comme pour l’album de Boys Club (Emerson, Hughes et Bonilla) sorti récemment. Il faut avouer que le bonhomme s’y entend pour délivrer des soli magiques qui collent parfaitement à la musique d’Emerson. La batterie est assurée de main de maître par Gregg Bissonette (ex- David Lee Roth, Joe Satriani, Frank Zappa) et la basse par le requin de studio Bob Birch.

Ce Cd est certainement un must pour tous les fans d’Emerson et une grande leçon pour tous les claviéristes en herbe. Cependant, il n’est probablement pas le meilleur moyen de découvrir la musique d’Emerson. Tout autre album d’ELP ferait bien mieux l’affaire.

 

Keith

Red Thread

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Pourquoi Keith ? ‘Pourquoi pas Keith ?’, vous répondront Oli Bayston (chant), Mark Nicholls (guitare), John Waddington (basse) et Johnny Winbolt-Lewis (batterie). Pur produit de Manchester, le groupe en connaît ses légendes : The Smiths, Stone Roses mais aussi New Order et Happy Mondays. D’emblée, le single « Back there » prouve que le groupe a bien digéré ses influences et annonce les atouts de Keith : une section rythmique qui surfe sur la vague Madchester et la voix d’Oli Bayston qui, non sans rappeler celle de Morrissey, s’impose amplement, soutenue de temps à autre par des chœurs impeccables. Catchy, bien ficelé (ces gars-là sont des bosseurs), « Red thread » serait, selon les Mancuniens eux-mêmes, un « best of » réunissant les titres du premier EP (où figurait déjà l’imparable « Hold that gun ») et de nouvelles compositions. Le tout est cohérent, étonnamment cohérent même au vu de l’éclectisme qui s’en dégage. Car « Red Thread » puise, entre autres, parmi brit pop (mais sonne années quatre-vingt), Northern soul (la ballade « Gunshot revelry » aurait pu être signée par Badly Drawn Boy), indie (« Down below ») et psychedelia (l’obsessionnel « You »). Et au milieu coule « The Miller », ce morceau étrange qui débute sur des percussions aztèques avant de flirter avec l’avant-garde de Brian Eno. Au final, il ne s’agit pas d’un chef-d’œuvre mais simplement d’une collection de bonnes chansons qui, comme « Mona Lisa’s child », feront bouger le cul des nostalgiques de l’Hacienda. Frénétisme oblige…

John Keith

Blues come tumblin´ down

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Issu de Los Angeles, John Keith est établi à Tulare County, dans le centre de la Californie, depuis plus de vingt ans. Un chanteur/guitariste réputé pour son fingerstyle traditionnel qu’il exerce dans l’esprit du delta et du Piedmont. Il se produit tantôt en solitaire ou au sein de différents groupes : Revolver (une formation très inspirée par les Beatles), Fat Tuesday (dans un registre proche du Mardi Gras) et surtout le Loose Gravel Blues Band. En 2001, il avait commis un album consacré à des compos personnelles : "Dirty lowdown blues". Et l’année suivante à des reprises (NDR : notamment de Robert Johnson, Charley Patton, Mississippi John Hur et Rev Gary Davis) : "Woke up this mornin", une œuvre immortalisée ‘live’ au Brewbakers Bar & Grill de Vesalia, en Californie... John milite donc également au sein du Loose Gravel, un combo drivé par le chanteur/guitariste Bob Dennison et l'harmoniciste Steve Gaut. Un ensemble responsable d’un elpee en 2000 : "Too Loose blues". Au cours des dernières années, John s’est essentiellement consacré à sa carrière solo, une aventure qu’il concentre la plupart du temps dans la Vallée de San Joaquin!

Pour concocter cette plaque, il a reçu le concours de quelques connaissances : son ami Don Boomer et Rocky Siegenthaler (du Loose Gravel) se partagent les drums, John Lauffenburger se réserve à la basse, Hunt Graves la guitare rythmique, Jeff Levine les claviers et John King le saxophone ténor. Un line up enrichi par la présence d’une section de cuivre (NDR : un trio !) : Grit-tones. Personnage plutôt modeste, John Keith chante et joue de la guitare ; mais aussi de la basse, du piano et du trombone. Il signe cependant onze des douze plages de cet album!

Il prend son départ au Sud des Etats-Unis en interprétant "Mexico", un titre roots pop aux forts effluves latinos. A cause des guitares. Mais aussi des drums soutenus par les percussions exotiques (congas, shakers et cowbells) et des chœurs féminins. John prend la direction du Delta du Mississippi flanqué de sa six cordes. Une Resonator dont les accents métalliques électrisent le titre maître. L'artiste aime changer d'atmosphère. Cuivré, "Won't you please come back to Memphis and share my bed" évolue au cœur d’un triangle formé entre Memphis, Kansas City et New Orleans. Le piano de Jeff Levine roule. Les Grit-tones assument, mais le sax ténor de Kevin Yee et l’alto de Tony Rohrkemper font la différence. Mr Keith attise l'ambiance en chantant le blues d’un timbre chaud et graveleux, dans un style sensiblement proche de Ray Charles, sur le bien nommé "Brother Ray". La superbe voix soul de Syl Grigsby le rejoint au sein d’un décor sonore tapissé par l'orgue Hammond, les chœurs puissants et le saxophone. Excellent ! Enfin, John décide de retourner auprès de ses racines. Les plus pures ! Il empoigne son bottleneck pour attaquer "The mockingbird", ne tolérant que le seul Boomer derrière lui! "Honey Do" emprunte une nouvelle direction. Un blues rock léger qui macère dans le Memphis sound, au sein duquel l'orgue de Levine se détache. John dispose d’une voix susceptible d’emprunter différents registres. Elle colle aussi bien à la roots, au folk pop ou encore à la world, à l’instar d’"I've got a life of my own". En tirant parti du rerecording, il cumule cordes électriques, acoustiques et banjo à 5 cordes. Armé de sa guitare slide, il reprend la direction de la Nouvelle Orléans pour chanter "Only old men sing the blues". Le ton est grave. Le piano est placé à l’avant plan. Plus discrets, les cuivres prennent un certain recul. Impeccable ! Il poursuit dans le même style pour concéder sa seule cover : le "Gimme that wine" de Jon Hendricks. Mais également, un autre fragment issu de sa plume et intitulé "The road". Blues très lent, "Alone in a crowd" observe une ligne mélodique très soignée. L'orgue Hammond de Jeff trace la ligne de conduite avant de laisser Howard "Lazy boy" Kent (NDR : un invité !) prendre son envol sur les cordes. Particulièrement soigné, cet opus s’achève par "Kaikamahine nan!", une plage bercée par la douceur de John à la guitare sèche et de Don Boomer au djembe.

Keith Fullerton Whitman

Multiples

Le drone s’empare du cortex. Il lui torture les synapses dans un râle synthétique. Ca fait mal aux tympans ? C’est pour mieux les nettoyer de toute crasse environnante. L’acouphène, ici, devient musique. Pas de mélodies ni de canevas ‘couplet/refrain’ : Keith Fullerton Whitman (alias Hrvatski) préfère annihiler la mélodie, ouvrager dans le bruit le plus symptomatique. On pratique son anamnèse : Fluxus, Steve Reich, Fennesz,… Du ‘maxi-minimalisme’, à base de guitares électriques, d’Hewlett Packard Modèle 236 et d’oscillateurs de fréquences (c’est marqué dans les titres). La drill’n’bass se noie dans les interférences : ne subsiste qu’une aigreur chaotique, un semblant d’humanité. Le domaine excitant de la recherche ! On a mal au début, mais après on s’habitue… ‘His most accessible work to date’ ? Il faudrait écouter le reste, mais on craint pour notre hygiène de vie. N’ayons pas peur des mots : ce disque fait froid dans le dos. C’est déjà ça de gagné.

Keith Caputo

Died laughing / Pure

Écrit par

En quittant Life Of Agony en 1999, Keith Caputo souhaitait explorer un tout nouvel horizon sonore. En tous cas, à des lieues de ce groupe en compagnie duquel il avait réussi à passer sept longues années et était parvenu à commettre trois albums. Vous avez peut-être eu l'occasion de le constater à l'écoute de son premier opus solo, " Died laughing ". Plus pop, plus optimiste, plus exotique, il n'en demeurait pas moins très électrique. " Died laughing - Pure " n'est pas tout à fait un nouvel album, mais une sélection de compositions commises sur son premier essai en solitaire, en version acoustique (NDR : c'est à dire Keith au chant et Jack Pisters à la six cordes) ; le tout enrichi du standard " Let's pretend ", de la cover d'Annie Lennox " Why ", ainsi que de l'une ou l'autre rareté. Et finalement, ce recueil tient bien la route, Keith ayant eu le soin de préserver un certain équilibre entre chaque chanson…