L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Kiss

Kiss me goodbye…

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C’est la fin de la tournée mondiale d’adieu pour Kiss. Elle a commencé en 2019 et s’achèvera au Madison Square Garden de New York en décembre 2023. Baptisée ‘End Of The Road’, elle est passée, il y 12 mois, au Sportpaleis d’Anvers. Le Palais 12 est plein à craquer pour accueillir ce groupe légendaire de glam métal qui compte 50 années d’existence, a vendu plus de 75 millions d’albums à travers le monde et puis surtout dont le look extravagant de ses musiciens (maquillage, fringues, chaussures à hautes semelles compensées et attitudes) constitue sa marque de fabrique. Le quatuor a gravé vingt elpees studio, soixante singles dont les classiques intemporels « I Was Made For Loving You », « Rock and Roll All Nite » et « Detroit Rock City ». Et c’est la sixième fois qu’il se produit en Belgique.

Du line up originel, le guitariste Paul Stanley et le bassiste Gene Simmons sont toujours au poste. Et ce sont toujours eux qui assurent le lead vocal.  

Le supporting act est assuré par un autre band américain, mais californien (Los Angeles), Skid Raw. Il pratique également du glam metal. Il s’est surtout illustré à la fin 80’s et au début des années 90’s. Erik Grönwall remplace le membre fondateur Sebastian Bach, depuis 2022.

Des bâches noires recouvrent l’imposant matos de Kiss. Une toile noire a été tendue derrière les musicos où figure en lettres rouge vif, sur la partie haute, le patronyme du band.

A 19h00, les lumières s’éteignent alors que les haut-parleurs diffusent le « Blitzkrieg Bop » des Ramones. Skid Raw monte alors sur le podium. Erik est soutenu par les sixcordistes Dave Sabo et Scotti Hill ainsi que le bassiste Rachel Bolan et le drummer Rob Hammersmith. Hormis ce dernier installé en retrait, tous les autres musiciens se démènent comme de beaux diables, au sein de l’espace restreint qui leur est réservé. Le set s’ouvre par une version plutôt lourde de « Slave to the grind ». Les soli de guitares sont puissants, huileux voire graisseux. Erik est partout à la fois. Il triture constamment son micro. Sa hargne virile rappelle parfois celle de Bon Jovi. « The Threat » ne permet pas vraiment de souffler. Musclé, ce morceau se distingue par son refrain aux chœurs imposants. « Big Guns » poursuit sa folle cavalcade dans le métal. Le band n’en n’oublie pas sa monstrueuse power ballade mélodique « 18 And Life », un titre au cours duquel la voix d’Erik fait mouche. Ni ses hits tels que « Business » ou « I'll Remember You ». Bien que gavé de clichés hard rock, le set du groupe est parvenu à faire lever les poings du public en masse. La prestation s’est achevée par « Youth Gone Wild ». Une première partie d’enfer. Le public a adoré le show !

Setlist : Intro - « Blitzkrieg Bop » (Ramones cover), « Slave to the Grind », « The Threat », « Big Guns », « 18 And Life », « Riot Act », « Piece Of Me », « Livin' On A Chain Gang », « Time Bomb », « I Remember You », « Monkey Business », « The Gang's All Here », « Makin' A Mess », « Youth Gone Wild ».

Kiss est un groupe unique en son genre. On vous rappelle pourquoi dans l’intro. Le line up réunit aujourd’hui Stanley (The Starchild), Simmons (The Demon), le guitariste Tommy Thayer (The Spaceman) et le batteur/chanteur Eric Singer (The Catman).

Une immense tenture à l’effigie de Kiss masque l’immense scène. Le rideau tombe sous des feux de pétards nourris par 15 lance-flammes placés derrière le quatuor qui descend du plafond, chacun sur une estrade hexagonale, sous de puissants fumigènes. Idem pour le drummer qui est placé derrière son imposante double batterie ‘Pearl’. Les 3 gratteurs descendent de leurs socles, manches de guitare en avant et Simmons a déjà sa longue langue qui ressort. Des images de la bande des quatre sont constamment projetées sur 8 grands écrans, également hexagonaux. Deux autres, mais géants bordent chaque côté du podium. Durant cette intro spectaculaire, les baffles crachent le « Rock and Roll » du Led Zep. De sa voix éraillée, Stanley entonne un « Detroit Rock City » d’anthologie. De nombreuses caméras filment la foule au sein de laquelle on remarque la présence de multiples drapeaux (mexicains, brésiliens, etc.), mais surtout montrent un auditoire éclectique et multigénérationnel. Sur les planches, on aperçoit les reproductions d’un énorme serpent enroulé autour d’un support, d’un hibou et d’une panthère prête à bondir, des animaux dont les yeux sont remplacés par les lasers jaunes. Le light show est d’ailleurs impressionnant. En ces temps de crises, la machinerie déployée ainsi que les effets lumineux doivent consommer l’énergie d’une petite ville. Stanley et Simmons s’adressent régulièrement au public. Et puis, il y a le spectacle ! Des feux d'artifice ! Des explosions ! Des lasers ! Des flammes ! Des confettis ! Un instant, Simmons crache du feu. Le second, il s’excite en sortant sa langue. Pendant un solo, du sang sort de sa bouche. A un autre moment, son estrade hexagonale sur laquelle il est planté, décolle vers le plafond, comme une fusée qui s’envole vers une autre planète, fumigène à l’arrière-train. Chaque musicien a droit à son solo. Dont le batteur dont la technique est à couper le souffle. Il s’essuie les mains et le visage, sans pour autant ôter le grimage, tout en continuant à frapper du pied les grosses caisses. Il aura également droit à son ascension, mais sans les flammes au-dessus de la tête.  

Parmi les moments forts du concert, on épinglera le skud incendiaire « War Machine », la bombe « I Love It Loud » chantée à tue-tête par un public ravi, le final époustouflant de de « Lick It Up » ainsi que la tonitruante cover du « Won't get Fooled Again » du Who.

La communion entre le public et Stanley est totale. Les musicos ne s’arrêtent pas une seconde. La mécanique est bien rôdée. Le mixing est irréprochable. Tout le public danse et chante en chœur.

Pour « Love Gun » et surtout le hit « I Was Made For Loving You », Stanley débarque sur une scène hexagonale (encore !), sise à 10 mètres de votre serviteur, en se servant d’une sorte de téléphérique. Et il retourne, comme il est venu, sur le podium principal, pour participer au titre final, « Black Diamond ».  

Le quatuor a le bon goût d’accorder un rappel de trois morceaux dont la superbe ballade « Beth », interprétée au piano par le drummer Singer. « Rock and Roll All Nite » clôture définitivement le show de quasi 170 minutes qui sont passées trop vite. Impressionnant pour une tournée d’adieu qui dure quand-même depuis 4 ans ! Celui qui n’a pas assisté ce genre de spectacle en forme de ‘best of’ a raté quelque chose. Celui qui y était sortira du Palais 12, des étoiles plein les yeux et s’en souviendra toute sa vie…

Setlist :  Intro - « Rock and Roll » (Led Zeppelin cover), « Detroit Rock City », « Shout It Out Loud », « Deuce », « War Machine », « Heaven's on Fire », « I Love It Loud » (Gene breathes fire), « Say Yeah », « Cold Gin », « Guitar Solo » (Tommy Thayer), « Lick It Up » (with « Won't Get Fooled Again » ), « Makin' Love », « Calling Dr. Love » (with extended jam by Paul and Tommy), « Psycho Circus », «  Drum Solo », « 100,000 Years » (Partial), « Bass Solo », « God of Thunder » (With spitting blood by Gene), « Love Gun » (Paul on stage B), « I Was Made for Lovin' You » (Paul on stage B), « Black Diamond ».

Rappel : « Beth » (Eric Singer on Piano), « Do You Love Me », « Rock and Roll All Nite », Outro - « God Gave Rock and Roll to You II ».

(Organisation : Greenhouse talent)

 

kissdoomfate

L’embrasement de kissdoomfate…

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kissdoomfate, duo dark pop franco-américain, explore, depuis 2018, les profondeurs de la pop pour en distiller un son sauvage et sensuel.

Le duo fait contraster naturellement rythmes traps acérés et ritournelles pop les plus catchy. Pour les situer dans l’océan dark pop, on peut prêter l’oreille aux échos de Massive Attack, Grimes, ou encore Gesaffelstein.

Accompagné depuis un an et demi par le dispositif Equipe Espoir du Chabada et édité par Trepan Records, kissdoomfate a clôturé 2021 en beauté lors de deux événements clés : la sortie de « Chagrin « et un concert étincelant sur la scène du Chabada.

Son dernier single, « Ablaze » sort le 30 Septembre 2022 et marque une tournure pour le projet... Mathilda continue l’aventure en solo avec un nouveau projet électro-pop baptisé MaqSirena.

Ablaze est comme un pot de glace après une rupture : c'est simple, savoureux et sentimental.

La guitare électrique ouvre la plage par une boucle lo-fi, soutenue par une session rythmique trap ‘vibey’, le tout embelli par une performance vocale intime. La session live, filmée par l'allié de longue date, Nicolas Contant, s’est déroulée sur la scène du bar Le Garage à Angers, QG du duo depuis ses débuts. Fidèle au style kissdoomfate, le clip vous invite à rêver sur la vie, l’amour, et le chagrin. Ça tombe bien : « Ablaze » constitue la dernière sortie de kissdoomfate. Et il est disponible sous forme de clip, ici

Qu’annonce la suite ? Un nouveau départ pour la chanteuse, Mathilda, en solo sur scène pour le projet électro-pop MaqSirena.

Kissogram

Dans l'ombre de Wire...

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Kissogram est un duo allemand qui pratique une musique largement inspirée par les groupes électro des eighties. Et je pense tout particulièrement à DAF et Suicide. Un style qu'il mélange allègrement à de la trance, de l'acid et de la new beat. Enfin, tout au long de la première partie du concert. Le tandem tente même un pseudo pastiche du « Superstition » de Stevie Wonder. Jusqu'alors le set m'a laissé de marbre. Dans le style, Vive la Fête a au moins le mérite de mettre l'ambiance. Puis le vocaliste a commencé a délaissé son synthé pour se consacrer à la guitare. Et l'expression sonore de prendre une toute autre dimension. Plus aride, plus expérimentale, plus violente, plus punk… Plus intéressante, quoi ! D'autant plus que le type derrière le pupitre est enfin entré dans son trip. Et les morceaux de lorgner vers l'univers de Wire…

Alias Merrill Nisker, Peaches est avant tout une 'showwoman'. Un petit bout de femme qui n'a pas froid aux yeux (NDR : normal elle est canadienne) en balançant un spectacle original, coloré, divertissant, qui transpire l'humour, danse, le sexe, le sexe et le sexe. Mais plantons de suite le décor. Avant de monter sur les planches, la sonorisation diffuse le « Peaches » des Stranglers. Une introduction qui témoigne de son attitude résolument punk. Qui me fait parfois penser à celle de PJ Harvey. Elle empoigne alors une guitare pour en libérer des sonorités distordues, noisy. Un geste qu'elle va reproduire épisodiquement au cours de la soirée. Parce que d'instruments, il n'en est guère question. Toute la solution sonore préenregistrée, est sculptée dans l'électro-punk. Parfois aussi dans le glam réminiscent de Gary Glitter. En fait, c'est un spectacle à dévorer davantage avec les yeux et les tripes, qu'avec les oreilles. Et la présence des deux filles dont la taille doit frôler les deux mètres en est la plus parfaite démonstration. Une chorégraphie qui accentue l'aspect visuel, sensuel, sexuel, du show. Pas pour rien qu'au départ, elles apparaissent affublées de fausses barbes. L'une d'entre elles nous fait cependant une démonstration époustouflante de cerceaux. A croire qu'elle est issue du monde du cirque ! Excellent moment, lorsqu'un écran est installé sur scène pour projeter une vidéo d'Iggy Pop qui échange un duo avec Peaches pour « Kick it ». Elle démontre également son talent de comédienne, lorsqu'elle fait croire à un accident en se relevant ensanglantée, d'une chute sur les planches, avant de recracher l'hémoglobine factice sur le public. Et puis de son art de la mise en scène, en invitant une personne du public à monter sur scène pour chanter un autre duo, en essayant de nous faire croire qu'il s'agissait d'impro. Si tous ses standards y sont passés (« Fatherfucker », « I U she », « Hot rod »), elle n'a pas oublié de nous dispenser la cover du « Gay bar » d'Electric Six ; et en rappel, l'inévitable « Kiss, kiss, kiss » de Yoko Ono. Et franchement, le public s'est vraiment amusé ce soir.

 

From Kissing

Taillé pour le ‘live’…

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C’est la release party organisée dans le cadre de la sortie officielle du premier album de From Kissing, « Lumières Noires », un disque produit par Neda Raffaele D'Anello (Meatbeat) et enregistré entre la Belgique et en l’Italie. Le rendez-vous a été fixé dans l’Auditorium de la RTBF à Mons. Une belle salle où l’acoustique est impeccable. Vu la météo, seule une centaine de personnes se sont déplacées. La salle est donc à moitié vide ou pleine, selon.

Partagé équitablement entre Binchois et Montois, le groupe avait publié trois Eps avant de graver ce premier elpee. Le line up actuel réunit Mass Panza (guitare, synthé, prog, chœurs), Chris Willems (chant), Bastien Preaud (basse, synthé et prog), mais plus son fils, Antoine (drums), remplacé par Hervé Tricot. Même si sa musique navigue dans des eaux sonores proches de Nicolas Testa, elle puise également ses références chez IAMX, Interpol et Editors. Notamment.

Avant que la formation ne débarque, un light show multicolore balaie le podium, sur lequel a été posé une estrade afin d’y installer l’imposant kit de batterie. 

« City Lights » ouvre le set. La ligne de basse est frémissante. Les accords de gratte sont fluides, avant de monter en puissance. Massimo la délaisse quelques instants pour se consacrer aux claviers. Chris déborde déjà d’énergie. Il est en perpétuel mouvement, harangue le public et l’incite à applaudir. Il accompagne son chant –en anglais !– d’une gestuelle comme s’il était habité. Il part à l’assaut du drummer avant de revenir sur ses pas. Parfois sa voix emprunte des inflexions à Robert Smith. Lors des compositions les plus rock, on distingue quelques réminiscences empruntées tantôt à Big Country, malgré les quelques beats electro. Ou alors à un Muse contemporain. Les cordes et les claviers se chargent d’intensité, au fil de « Get Up », alors que la voix devient atmosphérique. Le combo n’en oublie pas le single, « Gazolina ». A la fois dansant et radiophonique, au cours duquel une contorsionniste rejoint le band sur la scène, ce titre électro/pop fait l’objet d’un clip vidéo (NDR : c’est à découvrir ici).

Dans le même esprit « Runaway » lorgne vers un Simple Minds remis au goût du jour. Parfaite, l’intervention au clavier y est sans doute pour quelque chose. Christophe teste la longueur du fil de micro, puis s’aventure dans l’auditoire, en escaladant les fauteuils. Acrobatique, cet exercice lui permet de rentrer en contact avec les spectateurs. Manifestement, c’est une véritable bête de scène. Puissant, « Light Me Up » synchronise jeux de lumières et musique. « Heavy Heart » rappelle les références puisées chez IAMX. Et caractérisé par ses sonorités électro torturées, l’excellent « A Drop » aurait pu figurer au répertoire de Nicola Testa. Le set s’achève par « West Coast ». Avant qu’en rappel, le groupe ne concède deux morceaux, « Arches » et « Lost And Found ».

Manifestement, From Kissing est un band taillé pour le ‘live’. Alors, s’il passe près de chez vous, n’hésitez pas à aller l’applaudir…

(Organisation : GOGO Booking + Fron Kissing)

Three Second Kiss

Tastyville

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Originaire de Bologne, Three Second Kiss est né au début des années 90. Déjà, à l’époque, ces Italiens ne juraient que par la musique étasunienne. Issue de deux villes en particulier : Chicago et Washington D.C. Leurs premiers albums trempent au sein d’un noise/rock énergique, largement inspiré de formations telles que Shellac ou Fugazi. Le trio a d’ailleurs rencontré un petit succès, puisque plusieurs de ces elpees sont parus sur le mythique label Dischord. Ce qui lui a sans doute permis d’ouvrir les concerts de groupes comme Shellac ou encore Shipping News. Leur précédent long playing, « Long Distance » remonte à 2008. Il avait également été enregistré sous la houlette de Steve Albini.

« Tastyville » constitue leur sixième essai, un disque qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit de leur discographie. Les compos reposent (?) sur une structure guitare-basse-batterie. Rien de neuf à l’horizon, donc. Pourtant, les neuf morceaux de la plaque ont le bon goût de ne pas régurgiter la même solution sonore. « Tastyville » possède ses propres caractéristiques. Three Second Kiss pratique un math-noise-rock atmosphérique et mélodique, malgré ses brisures et ses fluctuations de rythme, mais aussi la complexité des riffs de guitare et de basse. Le plus étonnant procède cependant du vocal, qui reste impassiblement monocorde, malgré les variations de tempo. Une recette singulière illustrée remarquablement par « A Catastrophe outside ». Planante au départ, la compo monte paisiblement en intensité, sans jamais réellement exploser.

Si le genre est actuellement bien encombré, il faut reconnaître que Three Second Kiss parvient parfaitement à tirer son épingle du jeu. Aujourd’hui la formation transalpine ne se contente plus de regarder outre-Atlantique, elle s’est forgé sa propre identité… 

 

Kiss & Drive

Vouloir c’est pouvoir…

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Elle a gagné l’édition 2010 du Concours Circuit. Haut la main. Qui ? Elisabetta Spada, alias Kiss & Drive. Elle est italienne, mais s’est établie en Belgique, il y a 6 ans. La musique ? C’est une passion qui vit en elle depuis qu’elle est toute petite. Mais avant de pouvoir s’y consacrer pleinement, elle a longtemps rongé son frein. Elle s’explique…

« Quand j’étais enfant, la musique était déjà en moi. Toute petite, je dansais et chantais. J’imitais Maria Callas. A l’âge de 12 ans, je souhaitais apprendre à jouer du saxophone. Mais ma mère n’a pas voulu. Elle justifiait son veto par ma trop grande distraction à l’école. Pour elle, il ne fallait pas que j’ajoute une activité supplémentaire susceptible d’accentuer cette tendance à la dissipation. Sa décision a été pour moi une grande frustration. Mais à un certain moment de mon existence, j’ai eu l’opportunité de prendre mon destin en main ; car il était évident que c’était la musique qui me parlait et me permettait d’exprimer un tas de sentiments profondément enfouis en moi. Elle devenait même totalement libératrice… » Gagner le Concours Circuit a donc conforté sa décision. Elle ajoute : « J’avoue que personnellement, cette victoire légitime ma détermination à quitter le Parlement. C’est arrivé au bon moment. J’ai le sentiment d’avoir opéré le bon choix. Et cet événement va me rendre plus forte encore par rapport aux personnes qui s’inquiètent de mon sort ou me posent des tas de questions sur mon avenir, craignant que ce soit trop risqué d’abandonner mon job, doutant de ma réussite ou me louant pour mon courage. Un peu de courage, oui, mais aussi du réalisme. Car ce que j’entreprends, j’essaie toujours de le réaliser du mieux que je peux. Or, pour l’instant, mes chansons touchent les gens. Aussi, c’est dans cet esprit que je vais continuer à travailler. Aujourd’hui, c’est mon dernier jour de prestation. Je dois vider mon bureau. C’est un moment un peu particulier, surtout après avoir bossé ici pendant 5 ans… » Un pause-carrière, je suppose... La réponse fuse : « Non, je quitte mon emploi. Parce que je n’étais pas fonctionnaire. Donc, je n’ai pas le droit de prendre une pause-carrière. Mon contrat se terminait à la fin de l’année, et je l’ai laissé s’achever, sans le renouveler. Et puis on verra. Si je ne parviens pas à vivre de ma musique, je trouverai bien des petits boulots complémentaires. J’ai toujours le temps d’y penser… »

Avant de se lancer dans une carrière (presque) individuelle, Elisabetta à participé à l’aventure Hands Up Boys, en compagnie de Cloé Defossez. Les deux filles sont toujours très amies, mais Elisa n’a pas encore eu l’occasion d’aller voir la nouvelle formule du groupe de Cloé. « En fait, le groupe a surtout joué à l’extérieur de Bruxelles ; et pour moi, c’était assez difficile de me déplacer, car j’était engagé dans les éliminatoires du Concours. » Kiss & Drive, un drôle de patronyme. Et un choix qui méritait une explication. « C’est un nom très évocateur pour moi. En fait, je me suis inspiré d’une inscription figurant sur un panneau installé en face de l’aéroport de Zaventem. Je voyage beaucoup. Je rentre régulièrement en Italie, pour voir ma famille. J’ai trouvé la combinaison des deux termes plutôt amusante. Une connexion entre l’amour et l’aéroport au sein d’un endroit institutionnel. Pas dans un bistrot ou quelque chose du style. Et comme je vis en Belgique, je ne voulais pas utiliser mon nom de famille. Il est naturellement italien ; et comme mon projet est en anglais, c’était préférable. Et puis j’aimais bien la formule : ‘Kiss & Dive’. Un nom destiné à devenir celui de mon parcours artistique. Pour cacher mon identité derrière mes chansons. En outre, on peut lui attribuer un tas de significations : ‘Embrasser et puis conduire. Embrasser en conduisant’ ». C’est dangereux ! « Oui, c’est dangereux ! Et toutes les fantaisies qu’on peut imaginer dans cette association de mots… » Parallèlement à ce projet, Elisabetta milite également chez Bend It. Les deux projets ont-ils compatibles ? Elle s’explique. « Oui, j’y joue encore. Et je compte même mener les deux carrières en même temps. Parce que les deux groupes attirent des publics très différents. Enfin, aussi, en fonction de la facilité ou la difficulté de se déplacer. Ainsi que l’éventail de concerts proposés. Car Bend It est un big band de 6 musiciens. Chez Kiss & Drive, je suis seule ou accompagnée par Raphaël Dodement, au piano. Ce qui nous permet de décrocher plus de dates. Et puis de bénéficier d’une plus grande liberté pour voyager. L’organisation au sein d’une formation nombreuse est plus difficile. Donc on se produit moins souvent en ‘live’. Maintenant, on verra si Kiss & Drive exige plus de temps disponible. Alors, je devrai peut-être mettre Bend It un peu de côté, pour ne pas freiner leur progression. Pourtant, j’aime bien ce concept. Leur son. L’intensité musicale libérée. Elle est très énergisante. Une expérience très distrayante aussi, car il y a une chouette ambiance dans le groupe. D’autant plus que mon esprit et également marqué par la soul. J’aime beaucoup la danse. Le rock’nroll, les années 60, la danse de couple… »

Le répertoire de Kiss & Drive est partagé, pour l’instant, entre covers et compos personnelles. Vu les circonstances et l’opportunité d’enregistrer un album, il faut croire qu’Elisabetta va se mettre à en écrire de nouvelles. Elle paraît surprise de la question. « Oui, bien sûr. Mais, j’ai éliminé progressivement les reprises de mon répertoire. Début 2010, il était équitablement partagé. Puis, au fil du temps, je l’ai étoffé de nouveaux morceaux et j’ai éliminé les reprises. Je n’en ai conservé qu’une seule, celle de Kylie Minogue (NDR : ‘It’s in your eyes’). Et c’est tout. Mon set s’étale, pour l’instant, entre 45 minutes et 1 heure » Mais sera-ce suffisant pour enregistrer un long playing, car très souvent, à l’issue des sessions, un tri est nécessaire pour n’en conserver que la quintessence. Il ne faut pas oublier que parfois, un titre qui passe bien en ‘live’, coince sur disque. Elle réfléchit : « Je n’y avais pas pensé. Tu poses des questions judicieuses. Ca m’interpelle… »

Sur scène, Elisabetta jongle avec ses pédales pour créer des boucles (NDR : ou des loops, si vous préférez). Qui lui a donc donné l’idée de se produire avec une telle machine ? Dominique A ? Elle rétorque : « Non, j’avoue, je ne le connais pas. Je dis la vérité. Je n’ai jamais entendu qu’une seule chanson, celle qu’il interprète en compagnie de Katerine. Il y a six ans que je suis en Belgique, et ici on n’écoute pas autant de chanson française, qu’en France. Car là-bas, il existe une loi qui impose aux radios de diffuser un quota de musique du terroir. Je ne sais plus exactement. 40 ou 50% de la programmation ; et j’avoue que je ne suis pas très branchée sur la chanson française. Camille, oui, je connais. Je possède plusieurs de ses albums. Une de mes amies aussi. Et puis, j’avais vu une de ses vidéos au cours de laquelle elle avait recours aux boucles. A cette époque, elle les créait pour ses vocaux. Aujourd’hui, elle est accompagnée de collaborateurs qui font du beatbox. En direct. J’ai également assisté à un concert de Cibelle. Une Brésilienne. Elle se sert également de cette machine. Donc, j’ai voulu aussi m’y mettre, parce que cette technologie permet d’apporter un plus, quand tu es seule. De ne pas seulement se contenter de chansons calmes et sentimentales, mais également rythmées. Ah oui, il y a aussi Anaïs, une autre Française qui a recours à ce système. Dominique A ? Tu es la seconde personne à me parler de lui, mais je n’ai jamais assisté à un de ses concerts… »

Elisabetta reconnaît pour influences majeures Aretha Franklin, Camille et puis les artistes folks anglo-saxons ; et en particulier Damien Rice. Etonnant qu’on n’y rencontre pas d’artistes italiens… « J’aime beaucoup Mina et toute la production de la musique italienne des années 60. Bien sûr les années 80 et 90 ont également leur richesse, mais les 60’s, c’est une époque au cours de laquelle l’esprit mélodique de la musique italienne était au sommet de son art. Des artistes que j’écoutais quand j’étais plus jeune et que mes amis ou ma famille appréciaient. Des chansons qui m’ont marquée. Mais comme il y a six ans que j’ai quitté mon pays natal, je ne suis plus très informée de ce qu’il s’y passe. » Bon c’est vrai que la scène musicale italienne se résume le plus souvent aux variétés, à l’opéra et au metal. Quant à la pop rock, elle est plus qu’alternative. Enfin, il me semble… Elisabetta argumente : « Elle existe. Mais elle n’est pas très florissante. Elle ne dispose pas d’espace. C’est un public de niche. Et le mot est faible. Il communique uniquement via internet. Mais tu sais, l’Italie est un pays où la télévision est un média incontournable. C’est un grand catalyseur d’opinion. Et évidemment, les courants alternatifs ne passent pas à la TV. Ils restent donc marginaux… » On en arrive donc à Damien Rice. « J’ai toujours apprécié les chansons guitare/voix. J’ai appris à en jouer seule. Il était plus facile pour moi d’imiter ou de reproduire des accords à l’aide de cet instrument. Mais j’aime aussi reprendre de belles chansons qui n’ont rien avoir avec ce style. Les compos de Damien me touchent beaucoup. Elles sont dépouillées, mais uniques en leur genre. Pas purement folk. Car elles évoluent dans un style particulier. Simple mais aussi très riche… »

Sur internet, on peut voir un clip vidéo de Kiss & Drive, intitulé ‘Le blues de la poule’. On y aperçoit une mascotte. Qu’est-elle devenue ? Elisabetta répond après avoir pouffé de rire « Je l’emmène partout, mais je suis un peu confuse, car j’ai oublié de la faire monter sur le podium du Botanique. Elle me soutenait, mais elle est restée cachée dans mon sac. ‘Le blues de la poule’ ? Je ne le joue presque plus… »

 

Kiss The Anus Of A Black Cat

The Nebulous Dreams

Écrit par

J’avoue avoir rarement entendu un nom de groupe aussi original. Pas vraiment séduisant, mais au moins, ce patronyme a le mérite de nous annoncer l’ambiance au sein de laquelle leur musique macère ; soit une atmosphère malsaine, glauque et inhospitalière. En effet, ce patronyme rappelle un ancien rituel célébré par les sorcières pour invoquer le malin. Tout un programme !

Le troisième opus de KTAOaBC est paru chez Conspiracy. Stef Heeren a donc délaissé le label gantois KRAAK, pour se réfugier auprès d’une écurie jouissant d’une plus grande notoriété. Et pour cause au sein de ce label, militent des groupes comme Red Sparowes, Year Of No Light ou encore Nadja.

« The Nebulous Dreams » propose 3 morceaux en à peine 30 minutes. Une œuvre qui nous entraîne au cœur d’un univers trouble, étrange, et surtout rarement exploré par un groupe bien de chez nous. « Between Skylla And Charybdis » ouvre l’elpee. Une plage de 15 minutes au cours de laquelle des bruits stridents envahissent une solution sonore texturée par des violoncelles en couche, des nappes d’orgue et d’autres instruments indistincts. Progressivement un tempo lent, accablant s’impose. A l’issue d’un crescendo de 8 minutes, on se retrouve aux portes des ténèbres. C’est alors que Stef Heeren pose son timbre grave, tel un prédicateur. Il met alors un terme à cet office dark folk. Une intervention que n’aurait pas reniée David Eugene Edwards (Woven Hand) ou encore Nick Cave. Place au drone ensuite. Un drone hypnotique, sordide, gothique, écrasant, hanté de chœurs macabres, qui enveloppe « Dypthich » de mystère. Il faut attendre le dernier morceau de ce mini-elpee pour s’extraire quelque peu de cet univers tourmenté. Pas au point de faire la fête, néanmoins. Un peu moins glauque, « Miserere » conjugue accords de guitare acoustique et chœurs mystiques. De quoi ramener un peu de sérénité, au moment d’achever ce « Nebulous Dreams »…

La musique de Kiss The Anus Of a Black Cat évolue à la croisée des chemins de Sunn O))), Woven Hand et Nick Cave. Mais si elle est particulièrement sombre, elle est aussi très belle. Pas très accessible au mélomane lambda, je l’avoue. Stef Heeren a plus que probablement un don pour provoquer la nausée chez les âmes sensibles. Quoiqu’il en soit à l’écoute de ce « Nebulous Dreams », impossible de rester indifférent. Vous êtes prévenus !

 

The Kissaway Trail

Sleep Mountain

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Les références se bousculent à l’écoute du second effort de ce quintette danois mais deux illustres, et pas des moindres, se détachent du lot : Arcade Fire et Mercury Rev. Une écrasante filiation pour une formation se réclamant d’un même lyrisme, d’une même passion, de mêmes rêveries… Rien de nouveau, cependant, sous le ciel froid scandinave, mais assurément une collection de compositions de très bonne facture tout au long du nouvel opus de The Kissaway Trail…

« Sleep Mountain » succède à un premier album éponyme paru en 2007, en grand renfort de sonorités glanées tant chez les Flaming Lips que chez les New-yorkais de Sonic Youth. Thomas Fagerlund, co-chanteur et guitariste du groupe a déclaré récemment : ‘notre nouvel album a plus de profondeur et de style. Il démontre que nous avons grandi en tant que musiciens et êtres humains’. Pour appuyer les déclarations de notre ami danois, il faut avouer qu’une grande cohérence lie les plages de ce « Sleep Mountain ». Et pourtant, les voix des deux vocalistes, Thomas Fagerlund et Soren B. Corneliussen, sont totalement différentes. Mais c’est la mélancolie qui sert de fil conducteur à « Sleep Mountain ».

Dès « SDP », morceau d’ouverture, l’intensité et l’émotion envahissent le territoire sonore. Un piano doublé d’une guitare aux accords acérés balise une magnifique envolée lyrique s’étalant sur près de 6 minutes. Une plage au cours de laquelle la voix campe un timbre étrangement proche de celui de Wayne Coyne des Flaming Lips. « Sleep Mountain » bénéficie de superbes orchestrations mélodramatiques : cloches religieuses, piano cristallin, chorales épiques, accordéon triste, arpèges délicats… les ingrédients parfaits d’une pop baroque susceptible de permettre au mélomane de voyager mentalement à travers des paysages musicaux somptueux. Et l’œuvre recèle d’autres compos bouleversantes. A l’instar de « Beat your Heartbeat » ainsi que de la reprise du « Philadelphia » de Neil Young, morceau écrit à l’origine pour le célèbre film réalisé par Jonathan Demme. L’elpee a bénéficié du concours de Peter Katis (maître d’œuvre chez Interpol et The National) à la production ; et l’homme n’a pas pour habitude de prendre son job à la légère.

« Sleep Mountain » est un véritable régal. En 50 minutes, The Kissaway Trail nous y démontre qu’Arcade Fire ne possède pas le monopole du lyrisme ! Bien sûr, la formation canadienne en est toujours le fer de lance ; et les mauvaises langues reprocheront sans doute à  The Kissaway Trail de piller systématiquement leurs maîtres. Pourtant, le combo danois ne se contente pas d’incarner l’Arcade Fire du pauvre. Et j’ai la nette impression que leur talent ne devrait pas tarder à éclater au grand jour. Car de si bonnes influences mélodiques ne sauraient mentir…

 

Toxic Kiss

Small-Town Faces

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Contre l’apparition du chagrin, la montée de la mélancolie. Contre le petit coup de barre post-‘fiesta de malade’ il existe un remède, un médicament radical et efficace. Ce remède s’écrit en deux mots : Toxic Kiss. Carrément boosté à la caféine pure « Small-Town Faces » a certainement du recevoir l’onction du diable au détour d’un chemin, pour produire un son si sulfureux. Le combo est français ; mais cependant, c’est en anglais qu’ils vomissent leurs lyrics. Composé de dix bâtons de dynamite, « Small-Town Faces  » libère une énergie contagieuse en produisant un rock ultra-puissant. Issu d’un hypothétique bras de fer entre Jello Biafra et Lenny (de Motorhead), les tracks s’entrechoquent frénétiquement, délivrant par la même, l’envie de tout casser et de sauter partout dans la pièce. Protégés par l’audacieux et téméraire label Novalis Impulse (Stephane Lu, Dopamine Addict Quartet, …), Toxic Kiss semble se foutre de tout, tout en respectant le seul élément qui les intéresse : l’énergie !! A la manière des B52’s, les voix féminines s’enchaînent aux masculines pour créer un écho et une réponse dans le plus pur esprit ‘mâle en rut excité par la femelle en chasse’. Une brochette de malades qui n’a pas fini de déverser sa puissance à qui ose les écouter. Mais où vont-ils chercher toute cette énergie ?? Mystère, mystère… !

Kissogram

Nothing, Sir !

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‘What’s happening in Berlin? Nothing, Sir !’ C’est vite dit. Ce serait sans compter sur le duo Allemand de Kissogram, véritables dandys de l’électro, boulimiques et talentueux. Issus du berceau où la musique électronique est plus qu’un genre, où c’est carrément un style de vie, c’est à une fontaine d’énergie de la ville que nos deux lascars ont rempli leurs gourdes. Propriétaires d’une série non négligeable de maxis, remixes et du remarqué « The Secret Live Of Captain Ferber » paru en 2004, Jonas Poppe et Sébastien Dassé proposent leur nouvel enfant modestement intitulé « Nothing, Sir ! » 12 plages de pop électro, se répartissant entre énergie posée et calme absolu, soulignant le désir de signer chez un label indépendant (Louisville Records) qui leur accorde toute liberté d’expression. Même si certaines chaînes télévisées musicales s’intéressent et diffusent du Kissogram, les auteurs gardent la tête froide, les pieds sur terre et les doigts sur les machines. Universal, en grand pape qui les distribue, n’a pas l’air d’influencer leurs choix. Voilà une tribu d’irréductibles plutôt bien malins capables de concilier liberté d’expression et filons de distribution. Bien ouej’ les gars !

The Kissaway Trail

The Kissaway Trail

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Cybernétiquement découverts via leur MySpace par Bella Union (aussi label de Midlake et Cocteau Twins), The Kissaway Trail (ex-Isles) amorce des débuts méritoires. Confiée à la production experte de Mandy Parnell (Depeche Mode, Fatboy Slim, Moby, etc.), la formation danoise emprunte des chemins de bon augure. Exhalant une improbable fraîcheur psychédélique, l’opus s’ouvre sur un univers frisant le rêve éveillé. Les atmosphères brumeuses de Broken Social Scene ou Mercury Rev y planent sur une ossature agréablement mélodique, à la fois aérienne et terre-à-terre ( ?!?!?). Trois guitares y règnent en maître, abattant de puissants déluges sonores finalisés en interminables crescendos. Sur une grandiloquence proche des Polyphonic Spree, s’épanchent sans complexe d’expressifs ‘yeah’ et des guirlandes de ‘lalala’ à faire pâlir Dan Bejar (Destroyer). Habité par deux chanteurs et deux songwriters, l’univers ainsi posé est scandé par une batterie volontaire, façon Wolf Parade. Rare doublon, efficace pour brouiller les pistes ; on s’étonne alors de cette voix sur le fil du rasoir subitement chaude et lisse, et des humeurs brumeuses délicatement métamorphosées en bains de soleil. The Kissaway Trail emprunte des chemins balisés en plein cœur du lyrisme indie symbolisé par Arcade Fire ; mais si les influences sont palpables, l’ensemble est bien ficelé et le plaisir reste entier.    

 

 

Marie Kiss La Joue

Henri, Valentin et les autres

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Vous aimez Bruel qui chante la France des années 30 ? Ecoutez plutôt Marie Kiss La Joue. Avec ses textes simples, directs et vaguement désuets, avec ses guitares manouche et son violon, la chanteuse bretonne recrée des ambiances du même acabit. Il paraît qu'elle écrit ses chansons en observant la vie autour d'elle, depuis une table de bistrot. Cela donne beaucoup de portraits (Henri, Valentin, Sophie) et des petits bouts d'histoire, partis par exemple de la découverte de l'agenda d'un inconnu. L'ensemble est très agréable, grâce au swing de Marie Kiss la joue, au ton volontiers coquin de l'interprétation, à ce je ne sais quoi d'ironie et de modernité… qui manque cruellement dans la démarche sympathique de Bruel.

Kiss

Carnival of souls

Après avoir milité dans le domaine du hard rock grandguignolesque, jusqu’au tout début des eighties, le groupe new-yorkais s’est effacé de la scène musicale pendant près de 15 ans, avant de refaire surface à l’occasion d’une réunion organisée dans le cadre de l’émission " Unplugged " d’MTV. Dans la foulée, le groupe a décidé de remonter sur les planches, et puis d’enregistrer un album. " Carnival of souls " constituant, bien entendu, le fruit de leurs sessions studio. Malheureusement, il faut croire que la formation, qui ne compte d’ailleurs plus que Paul Stanley et Gene Simmons comme membres originaux, semble avoir écouté un peu trop Alice In Chains…

 

Kiss

MTV Unplugged

Nous n'avons jamais été de grands admirateurs de Kiss, il faut l'avouer. Groupe préfabriqué par excellence, surfait par conséquence (NDR: ça rime!), il a véhiculé pendant de nombreuses années une image glam outrancière, grandguignolesque. Ce qui ne la pas empêché de décrocher de multiples disques d'or et de platine, en débauchant un public fort jeune, consommateur de hard rock simpliste et stérile. A bout de souffle l'ensemble finira cependant par se séparer avant de refaire surface tout récemment à l'initiative d'MTV. Au cours de sa célèbre émission "Unplugged". Sans son drummer, bien sûr, décédé en 1991. Pour accorder un set basiquement acoustique mais réélectrifié. Première constatation, le combo s'est offert un matos ultra sophistiqué. De quoi faire pâlir de rage la plupart des guitaristes en herbe. Et même expérimentés. Pourtant, malgré les conditions favorables, le résultat se révèle de piètre facture. L'interprétation minimaliste cherche vainement un espace entre l'ELO privé d'arrangements symphoniques et un Kansas exsangue de ses harmonies vocales. On a même droit à un blues ‘ledzeppelinien’, "I still love you", qui cherche tout aussi vainement son second souffle (!). Parait que cette réunion a suscité chez le groupe une envie de repartir en tournée. En voici une très mauvaise nouvelle!...

 

Kiss My Jazz

In doc's place friday evening

Ex-dEUS et matière grise de Moondog Jr, Rudy Trouvé nous propose à travers cet "In doc's place friday evening" ses élucubrations sonores dans le domaine du jazz funk. Des expérimentations qu'il a menées en compagnie de toute une série de musiciens de son entourage. Ceux de Deus et de Moondog Jr, of course, mais également d'Evil Superstars, de Bad Influence, sans oublier les musiciens de studio. Un opus qui sort sur le label de Bill Laswell (NDR: ça rime!), "Knitting Factory". Donc supposé cibler un public intello. Pourtant, si les compositions de ce morceau de plastique laissent peu de place à la structure mélodique ou rythmique, il faut bien reconnaître que l'ensemble ne manque ni de swing, ni de feeling. Un feeling bien particulier qui n'appartient qu'à Rudy. A sa voix, à sa guitare, à son approche à la fois pop et progressive de la composition...

 

Kiss My Poddles Donkey

New Hope For The Dead

Le funk blanc de Gang of Four et la musique hybride des Young Gods semblent être les principales sources d'inspiration de ce trio australien qui répond au nom très discutable de Kiss My Poddles Monkey. Le groupe ne semble pas avoir été beaucoup plus inspiré en choisissant "Un nouvel espoir pour la mort", pour intituler son CD. Encore que s'il avait inclus une cover de Suicide, nous aurions pu comprendre qu'il faisait de l'humour noir. Or, la seule reprise qui figure sur ce disque est consacrée à Prince, "Get Off". Ce qui n'empêche pas l'opus de se révéler à la fois audacieux et novateur. En extrapolant, nous pourrions même imaginer que KMPM occuperait une chaise laissée vide entre Big Black et Hunters & Collectors... Maintenant, il ne faudrait pas qu'un hurluberlu vienne la retirer!