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Smokin' Joe Kubek

R.I.P Smokin' Joe Kubek

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L'un des meilleurs guitaristes de blues contemporain, Smokin' Joe Kubek, est décédé ce 11 octobre alors qu'il était en tournée. Le gratteur texan avait à peine 58 ans. Né en Pennsylvanie, il était établi à Dallas depuis sa tendre enfance.

A cours des seventies, il avait milité au sein du backing band du géant du blues, Freddy King.

Il formait avec le guitariste noir louisianais, Bnois King, un duo depuis plus de 25 ans.

Ils avaient enregistré ensemble 18 albums, dont le dernier, "Fat man's Shine Parlor", était paru début 2015 sur le label Blind Pig.

Smokin' Joe Kubek & Bnois King

Road dog's life

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Né fin des 80’s, ce duo surfe littéralement sur une vague de contrastes. Ils sont pourtant tous deux guitaristes. La longue crinière qui lui tombe sur les épaules, Smokin' Joe Kubek porte maintenant une barbichette blanche. Et il est blanc. Chanteur, Bnois King, lui, est de couleur noire. Depuis leur rencontre, ils ont publié près de 15 albums et sont reconnus par toute la communauté blues. Leurs disques sont d’ailleurs tous sortis sur d’illustres labels. Que ce soit Bullseye, Blind Pig, Alligator et depuis deux ans, Delta Groove. C'est Randy Chortkoff, le boss de cette écurie qui s’est chargé de la production de ce nouvel elpee dont dix des douze plages sont composées par le tandem.

Pour la circonstance, nos deux gratteurs ont reçu le concours de Willie J Campbell (Mannish Boys, ex-Fabulous Thunderbirds et James Harman Band) à la basse et Jimi Bott (Woodbrain, ex-Mark Hummel, Rod Piazza et Fabulous Thunderbirds) à la batterie.

Le duo s’est forgé un style bien distinct. Et dès les premières notes de "Big money Sunny", on reconnaît immédiatement leur patte. Empreinte de délicatesse, la compo est soulignée par la voix veloutée de Bnois et ponctuée par une sortie de guitare toute en créativité. Et "Come on in" qui embraie est tout aussi raffiné. "Nobody but you" nous entraîne au cœur d’un climat digne de Sonny Boy Williamson II. On remarque bien la présence de deux chanteurs et deux harmonicas. Il s’agit de Randy Chortkoff et l'inimitable Kim Wilson. A charge de Jimi Bott de bien imprimer le rythme. Joe et Bnois s’y réservent chacun une sortie sur les cordes, dans leurs genres spécifiques. "Road dog's life" accélère le tempo. Kubek y puise l'inspiration pour décocher une brassée de flèches sur ses cordes. Kim Wilson souffle dans son harmonica sur "K9 blues", un blues classique au cours duquel Smokin' Joe construit un solo qui monte progressivement en puissance, dans un style emprunté à Freddie King, son ex-patron! "The look at your face" est parcouru d’accents exotiques. Ceux de la rumba. Bott entretient parfaitement ce climat à l’aide de ses percussions. Invité, Kid Andersen s’autorise un superbe solo, mais à la touche tellement singulière, si proche du grand Peter Green. Il est aussitôt relayé par un Kubek au sommet de son art. Les deux solistes prennent leur pied face aux superbes interventions de basse dispensées par Willie J Campbell, sur l’excellent blues rock "Face to face". Une surprise ? La reprise du "Don't bother me" de George Harrison. Et Kubek se ménage une splendide sortie lors de cette remarquable adaptation. Kim Wilson se révèle aussi percutant au chant qu’à l'harmonica sur "I ain't greasin'", un blues imprimé sur un tempo élevé. Kubek est à la lap steel et King au crachoir pour "Talkin' bout bad luck", un blues plutôt indolent. Et une seconde surprise nous attend. Après avoir adapté les Beatles, ils s’attaquent aux Rolling Stones. Leur version du "Play with me" est plus rapide que l’originale. Largement infusée de blues, elle met en exergue l'harmo de Chortkoff et les cordes des deux gratteurs. Cet excellent opus s’achève par "That don't work no more", un blues rock solide balisé par une rythmique familière à Jimmy Reed.

 

Smokin' Joe Kubek & Bnois King

Close to the bone

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Dès qu'ils se sont rencontrés, le courant est passé entre ces deux artistes. Le blanc, Joe Kubek, chanteur/guitariste texan, admirateur de Johnny Winter et Stevie Ray Vaughan. Le noir, Bnois King, Louisianais, lui aussi chanteur/guitariste, davantage influencé par les sonorités les plus douces de T-Bone Walker et BB King. Ensemble, ils ont publié une bonne douzaine d'albums chez Rounder, Bullseye, Blind Pig et Alligator. Ils sont aujourd’hui hébergés chez Delta Groove, l’écurie de Randy Chortkoff.

Pour la première fois, la paire a enregistré un elpee unplugged. Lors des sessions d’enregistrement, le tandem a bénéficié du concours d’invités prestigieux. Le duo singe 12 des 14 plages de cet  opus.

Le duo se réserve l’ouverture. Il adapte le "Poor boy blues" de Ramblin' Thomas. Louisianais ce bluesman noir a sévi au cours des années 30 et a été emporté par la tuberculose, en 1945. Bnois chante de sa voix douce et feutrée "Can't let go". Les cordes de Joe sont soutenues par un équipage de gratteurs royal : Paul Size (ex-Red Devils), le Californien Kirk Fletcher et le Texan Shawn Pittman, ce dernier à la National Steel. La voix de King est vraiment expressive tout au long de "My best friend". Elle colle parfaitement à la ligne mélodique. L'émotion monte de deux crans, lorsque Smokin' Joe fait son apparition à la slide… Les amis se bousculent au portillon pour attaquer "Keep her around", un texas shuffle acoustique bien nerveux. Willie J Campbell et Jim Bott (deux Mannish Boys) assurent la section rythmique. Et on identifie trois harmonicistes : Bob Corritone, Big Pete VanderPluijm et Randy Chortkoff, le patron de Delta Groove. Kubek et King opèrent leur retour en duo pour "Get out there and get it" et "Yankin' my chain". Joe s’y révèle vraiment impressionnant sur les cordes. "Drowning in Red Ink" est un blues lent somptueux. Le message dispensé est empreint d’une grande sensibilité. Les interventions aux ivoires de Fred Kaplan sont délicates et se conjuguent en harmonie avec la slide du père Kubek. Du blues élémentaire 5*. Bob Corritone brille de mille feux sur le country blues rapide "No good could come of this". Autre blues lent, "Ordinary blues" bénéficie du concours de Kirk Fletcher aux cordes. King déborde de feeling tout au long de "Jump the moon", une ballade émouvante qu’il illumine d’une touche hispanique dans les cordes. "Mama's bad luck child" est un blues authentique. Il s’agit d’un arrangement de la composition du bluesman Texas Alexander, dont la version originale avait été mise en boîte dès 1928! Lynwood Slim, qui figure également sur la liste des guests, souffle passionnément dans sa musique à bouche. Les deux amis se réservent la finale, en l’occurrence le délicat "Baby you're the one". "Close to the bone" est une parenthèse particulièrement réussie dans la carrière du duo!

 

Smokin' Joe Kubek

Let that right hand go…

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Joe Kubek est né en Pennsylvanie, mais a passé toute sa jeunesse au Texas, à Irving. Très jeune, il est contaminé par le blues. Il a milité au sein du backing band de l'un des géants du blues texan, le grand guitariste Freddie King. Il a également épaulé des chanteurs de blues issus de sa région, comme Al TNT Bragg et Little Joe Blue.

Inédite, cette collection a été soigneusement concoctée par ce petit label texan. Elle réunit des enregistrements réalisés par Mr Kubek, l'un des plus prestigieux gratteurs de blues locaux ; des archives qui remontent à 1984 (NDR : soit à ses débuts) et nous conduisent jusque l'an 2000.

"How many more years" ouvre l’elpee. Une plage royale signée par le géant Howlin' Wolf. Cette version arrache. L'intervention aux cordes est audacieuse. Keith Ferguson et Doyle Bramhall constituent la section rythmique. Darrell Nulisch se réserve le chant. "It ain't no use" est un blues sans le moindre artifice, comme je l’apprécie. Surprenant, il touche directement sa cible. Le jeu de Kubek est d'une sauvagerie rare. Lou Bovis malmène ses ivoires. La partie vocale est remarquable. Rocailleuse, très proche de celle de Stevie Ray Vaughan, elle est probablement assurée par Doyle Bramhall (NDR : il nous a quittés en novembre 2011). Brut de décoffrage, "King's thang" est un boogie instrumental. Les guitares sont à l'unisson. L'harmonica de Nulisch tente de se réserver un espace face à ce mur de cordes. Blues lent de facture, ma foi, fort classique, "The other side of love" évolue dans un registre très proche du texas blues de Freddie King. Et la voix passionnée accentue cette impression. Charly Wirz est préposé à la guitare rythmique. Notoire, cet artisan possédait son ‘guitar shop’ à Dallas où les célébrités se bousculaient. Et en quelque sorte, cet elpee rend également hommage à ce personnage brillant, aujourd’hui disparu. Rockin' blues, "She's gone" est un morceau qui ne manque pas d’envergure. Au cœur des guitares texanes s’y enfonce une slide meurtrière. Interlude, "Tempted" trempe dans la soul ; une piste caractérisée par la présence de l'orgue et enrichie par les très belles voix de Darrell Nulisch et Miss Benita Aterberry. L’adaptation du "That's alright" de Jimmy Rogers est attachante, un classique illuminé par la voix pure et soul du regretté Al Braggs. Marc Benno figure également sur cet opus. Au cours des 70’s, il avait fondé les Nightcrawlers en compagnie de Stevie Ray Vaughan et Doyle Bramhall. Que le monde est petit ! Blues lent, “Black snake craxlin’ on the floor” est empreint d’une grande sensibilité”. Le long playing s’achève par “Driving sideways”, un instrumental dédié à Freddie Kinf.

Excellent, ce disque a été produit par Clint Ray Budwell, boss du label Bird. Depuis 1989, après s’être rencontrés dans un club de Dallas, Kubek partage une aventure musicale en compagnie de son ami et acolyte noir, Bnois King. Et en 2012, le duo a justement publié un nouvel elpee sur le prestigieux label californien Delta Groove, un opus acoustique baptisé "Close to the bone".

 

Smokin' Joe Kubek & Bnois King

Have blues will travel

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Suite du périple de notre duo de guitaristes black & white. Joe Kubek, le blanc et le Bnois King, le (chanteur) noir. Les douze plages de ce nouvel elpee ont été intégralement composées par le tandem. Quel chemin parcouru, lorsqu’on sait que leur tout premier opus, publié en 1981, recelait douze reprises.

Si Kubek a autrefois milité au sein du backing band de Freddie King, comme second gratteur, c’est depuis 1980 qu’il partage ses aventures musicales, en compagnie de Bnois King (NDR : il est né en Louisiane). Une coopération ponctuée d’une quinzaine d'albums, parus chez Bullseye et Blind Pig et, depuis "Blood brothers", concocté en 2008, sur le prestigieux label Alligator. La pochette est très évocatrice : les deux hommes sont sur la route, les guitares dans le dos, en imaginant déjà de nouveaux épisodes.

La plage éponyme ouvre l’opus. Un morceau puissant imprimé sur un tempo boogie. Les guitares crépitent. Un service gagnant! Soutenues par une section rythmique d'acier, constituée du bassiste John Morris et du percussionniste Adrian Marchi, les douze cordes se conjuguent à la perfection. Joe est intenable, sa slide rugit de bonheur. "Got you out of my blood" baigne dans du R&B pur funk. Le timbre de Bnois est velouté. Il est dans son élément de prédilection. Les cordes de son partenaire sont agressives. Elles inoculent une coloration rock à la compo. King semble ravi lui accorder une réplique dans le style si cher à Albert King. Un modèle de feeling et d'efficacité. Pas le temps de récupérer et "Out of body, out of mind" nous prend à la gorge. Le rythme reste toujours aussi sémillant. Les deux guitares se muent en rythmique et ne laissent guère de place aux espaces vides. Joe le fumeur torture ses cordes. Echanges à couteaux tirés et grattes agonisantes : le southern rock dans toute sa splendeur ! "RU4 Real?" campe enfin le blues lent de circonstance. Un morceau bouleversant de sensibilité au cours duquel Kubek pince ses cordes à la limite de la rupture. Du bon, du vrai blues brûlant! Joe martyrise ses cordes à l’aide de son bottleneck sur "Payday America". Encore un titre pour la route. Bnois injecte toute sa passion, toute sa flamme dans sa voix pour attaquer "Shadows in the dark", une ballade blues au cours de laquelle les guitares sont insatiables, mais toujours remarquables. "My space up yours" trempe dans le texas blues le plus pur. Une plage bien rythmée, plus conventionnelle, mais moins rock que la plupart des autres de l’elpee. Ce qui n’empêche pas les interventions de Kubek de demeurer aussi redoutables. "Sleeping with one eye open" se couvre également d’accents blues. Mais sans jamais susciter la moindre sensation d’ennui. Autre ballade, "Wishful thinkking" est illuminé par une superbe mélodie. La voix de Bnois est conquérante et la slide de Joe majestueuse. Certainement un des meilleurs opus de ce duo, qui a bénéficié du concours du boss d’Alligator en personne, à la production.

 

Smokin' Joe Kubek & Bnois King

Blood brothers

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Il y a bien longtemps que ces deux gratteurs font équipe. Blanc, imposant et chevelu Smokin' Joe ne chante cependant pas. Noir et frêle, Bnois est excellent vocaliste. La paire est étroitement liée. Elle illustre d'ailleurs son effet Benetton sur la pochette en reproduisant les deux mains, la blanche et la noire, qui s'agrippent avec conviction. Le duo fait équipe depuis 1989, une association ponctuée par une douzaine d'albums de bonne facture. Bnois est l'aîné. Il affiche treize années de plus au compteur. Il assure surtout le rôle de guitariste rythmique, mais n'hésite jamais à mettre le nez à la fenêtre.

"My dog's still walkin'" est un brûlot attisé par un riff emprunté à Albert King. Les échanges opérés entre les deux instruments sont complexes, vivants et surtout d’excellente qualité. Le tempo imprimé sur "Don't lose my number" demeure rapide. Joe a empoigné sa slide. La voix de Bnois est puissante. John Street siège derrière le piano. Constituée de Dave Konstantin et Paul Jenkins, la section rythmique propulse les deux leaders sur les rails. "Flamethrower" trempe dans un funk franc vigoureux. Smokin' Joe aligne les phrases favorites d'Albert King. Il répète ses motifs à l'infini, mais toujours en manifestement beaucoup de clarté. Signé naguère par Lightnin' Hopkins, "Stop drinking" est un merveilleux slow blues. Et on reconnaît immédiatement sa griffe. Les guitares ouvrent cette plage dépouillée mais très intense. King est convaincant aux vocaux. Il est vrai qu’à l’instar de son partenaire, il a traversé des moments difficiles. Motif : l’alcoolisme. Le jeu de guitare de Kubek se révèle pour la circonstance très personnel et impressionnant. Les sonorités dispensées par ses cordes sont d’une sensibilité extrême. Joe les fait pleurer, gémir, puis hurler à l'agonie. Celles de King les rejoignent, conférant au climat une réelle sensation d’oppression. Dommage que cette explosion de cordes s’achève de manière aussi abrupte. Cosigné Kubek, King, Collins et Iglauer, "Freezer burn" est un instrumental, manifestement inspiré par le maître de la Telecaster, Mr Albert Collins. Bnois chante passionnément le lent et intense "Coleman avenue". Il vit son interprétation. La paire semble épanouie dans sa collaboration. Les cordes sont claires et concises. Elles tissent des lignes très mélodieuses. Incapable de se contenir, King laisse échapper un solo un rien plus rude mais aussi captivant. La compagne de Joe, Phyllis, à coécrit "Bumpy ride", une compo de bonne facture. Bnois chante distinctement, d’un timbre velouté, cette plage bien construite aux arrangements de cordes finement ciselés. Autre blues impeccable, "That ring don't mean a thing" relève certainement du Chicago classique. La voix de King y fait merveille. C 'est lors de semblables moments qu’on peut mesurer le fruit de la longue collaboration entre les deux hommes qui partagent aujourd’hui le même feeling! La voix de King est très musicale. Elle l’est en permanence, comme un véritable instrument, hantée par son immense sensibilité. "Cold folks boogie" en est une parfaite illustration. Kubek se démène comme un beau diable sur son manche, égrenant ses notes à la manière d’Albert Collins et Freddie King. Et il passe à la slide sur le séduisant "Out on a limb". En fin de parcours, les frères de sang nous réservent l'une de leurs meilleures compositions : "The pleasure was all mine". Une plage empreinte de douceur. La voix est enchanteresse alors que Joe signe de fort belles phrases avant les deux guitares ne produisent quelques échanges souverains. « Blood brothers » n’est sans doute pas le meilleur opus de Smokin' Joe Kubek & Bnois King, mais il mérite largement un satisfecit. 

 

Kube

Stockholm Syndrom

Écrit par

Ne cherchez plus l’excellente surprise rock du printemps : la voici. Et elle vient de chez nous. De Bruxelles, pour être précis. Trio monstrueusement inspiré et délicieusement décadent, Kube ne traîne pas pour appâter nos tympans. Dès l’ouverture, les riffs sont robustes, débordants de vitalité et de hargne, empruntés à tout ce que le mot ‘rock’ contient comme déclinaisons et qualités. Certains citeront les Queens of the Stone Age, d’autres penseront à And You Will Know Us By The Trail Of Dead. La liste des influences est aussi vaste que vaine à énumérer: nos trois gaillards ont tout simplement choisi de se fier à tout le monde, mais de ne copier personne. Succession d’uppercuts assénés par des guitares tantôt ‘décoiffantes’ tantôt hypnotiques, ce « Stockholm Syndrom » ne souffre d’aucun temps mort et s’offre le luxe -trop souvent négligé par les énervés d’aujourd’hui- de laisser une grande place aux envolées purement instrumentales. En un mot : ‘waow’.

Smokin' Joe Kubek & Bnois King

Show me the money

Écrit par

Agé de 48 ans, Smokin’ Joe Kubek est né à Grove City, en Pennsylvanie. Pourtant, ce solide guitariste a été élevé à Irving, au Texas. Il fréquente d’ailleurs toujours les clubs de Dallas, depuis plus de trente ans. Au cours des années 70, il a été le guitariste rythmique de Freddie King. Jusqu'à la mort de ce dernier, en décembre 1976. Depuis 1989, il a lié son destin musical à celui du noir louisianais, Bnois King. Après avoir commis un premier album en 1990, "The axe man", un disque paru chez Double Trouble, les deux gratteurs sont passés sur le label Bullseye. Pour y commettre "Steppin' out Texas style", en 1991. Depuis, sept autres elpees sont parus : six pour Bullseye et "Roadhouse research" sur le label californien Blind Pig, en 2003.

Pour concocter ce nouvel album, Kubek et King ont reçu le concours du bassiste Paul Jenkins et du batteur Ralph Power. Ballade au sens mélodique indéniable, "I saw it coming" ouvre l’opus. Bnois chante de sa voix soul, finement veloutée. Sa guitare rythmique est au service de la musique. Smokin' Joe signe sa première envolée ; une envolée concise, sans aucun excès, très blues rock. "Burnin' to the ground" durcit quelque peu le ton. Smokin' Joe est passé à la slide. Le son quelque peu métallique du bottleneck sied bien à ce style. Un style qui me fait penser au Savoy Brown contemporain. "Mirror, mirror" est également très coriace. Même les vocaux de Bnois épousent des inflexions agressives. Les cordes s’y déchaînent et le phrasé se fait plus volubile. Bnois chante avec passion et feeling "She can smell another woman", un très bon blues, assez ‘smoking’. Joe dispense les notes nécessaires avec une incontestable sensibilité blues. "My heart's in Texas" consomme du pur rock'n'roll texan. Les musiciens prennent leur pied. Le message passe clairement. "Invitation only" ne manque pas de charme. Très mélodiques, les soli de Joe bénéficient de l’assise rythmique de Bnois ; mais aussi de la présence d'un autre grand guitariste local : Anson Funderburgh. Il exécute ici une très belle intervention en répondant note pour note à Smokin' Joe. Excellent ! Blues instrumental, "Armadillo blues" démontre la solidité de la formation constituée de musiciens soudés pour jouer le blues. Pour la circonstance, Bnois King prend aussi sa part en épinglant un bijou de solo au jeu très roots. La machine est bien huilée. "Can't keep her hands off" est un R&B nerveux. Les cordes frétillent sans jamais donner l’impression de pouvoir s’arrêter. Une sensation qui se prolonge tout au long de "Stop messing with my mind". "Crazy world" réserve un moment de quiétude. La guitare acoustique (NDR : celle de King?) illumine la compo de ses tonalités plutôt jazzyfiantes. La technique est impeccable. Le climat des cordes est propice à l’aventure. Pour "Let"s stop pretending", Joe est passsé à l'orgue Hammond B3. Les interventions sur les cordes ne manquent pas d’originalité. D’ailleurs, les clichés ne sont guère légion sur ce très bon album qui s’achève par un "Tired of cryin' over you", sculpté dans les cordes de guitares tellement proches de Freddie King.

Smokin' Joe Kubek & Bnois King

Roadhouse Research

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Que de chemin parcouru depuis ses débuts ! En treize années, Joe aura commis la bagatelle de 9 albums. "The axe man" en 1990, "Steppin' out Texas style" en 91, "Chain smokin' Texas style" en 92, "Texas Cadillac" en 94 et quatre autres elpees, avant de sortir ce "Roadhouse research". Joe est texan et cela s'entend !

Dès les premiers accords dispensés sur "Healthy mama", il étale toute sa puissance de feu. Tous les instruments sont bien en place. La guitare pousse lourdement le riff. Constituée de Paul Jenkins à la basse et de Ralph Power aux drums, la section rythmique exhibe tout le groove naturel en réserve. Sans doute trafiquée pour la rendre menaçante, la voix de Bnois King est ravagée. Pendant ce temps, Joe ne tient plus en place et reste à l'attaque jusqu'au bout, comme si sa vie en dépendait. Joe Kubek se lance à la poursuite de Carlos Santana pour introduire "Tell me why". Il embraie par un thème funky. Les guitares sont bien en rythme pour talonner la voix de King, davantage à son affaire dans ce registre. Joe joue, explose et s'évade au sein de cette trame musicale latino-américaine. Excellent ! Bnois apprécie la tournure des événements. Sa guitare rythmique remet le couvert funky pour se farcir "Cryin' shame", alors que la section de Paul et de Ralph brillent par leur cohérence. Une assise naturelle qui permet à Kubek de décoller. Il se sent si bien, qu'il n'en peut plus et en remet une couche. Quelle santé ! "Got to get paid" s'autorise des chorus à la Albert King. La paire se sent tout aussi à l'aise. La communion consentie entre Joe et Bnois prend tous les risques et opère une sortie en distorsion. "Better be getting it on" est un shuffle bien texan, presque un blues rocker, tant Joe laisse sa guitare dériver, déraper, mais toujours en prenant bien soin d'en garder le contrôle. "Runnin' blind" est un très bon blues lent, dont les échanges de riffs de guitares, entretenus entre Joe et Bnois, pourraient être qualifiées d'orgiaques. Ce dernier dans un style plus roots, naturellement plus blues ; a contrario de la touche plus flashy de son leader. Joe Kubek a sévi au sein du groupe de Freddie King. Une expérience qui l'a sans doute marqué. Et qu'il manifeste encore parfois. Surtout quand il maîtrise son blues. A l'instar du superbe "The blues is still with us". Pour la circonstance, nous pouvons clairement déceler les qualités complémentaires des deux musiciens : le style texan de Joe qui pratique le blues à Dallas depuis trente ans, et celui de Bnois, un louisianais d'origine dont les racines appartiennent davantage au jazz. Chantée divinement par Bnois, "Make it right" est une ballade très douce. Joe y accorde un solo mesuré. Chaque note ajoutée participe à la mise en valeur d'une jolie mélodie. Pourtant, ce n'est plus du blues, mais c'est tellement beau! Toujours bien électrique, "I need more" va droit au but. Kubek a empoigné sa slide au son bien réverbéré pour ce blues classique, d'une grande simplicité. Le combo est d'une solidité à toute épreuve. Pas étonnant lorsqu'on sait que les deux compères ont uni leur destinée musicale depuis déjà 14 ans. Cet excellent album s'achève par "Standing in my door", un long blues brûlant, très atmosphérique ; une finale "de luxe" qui ravira tous les amateurs de blues sur terre…

Smokin' Joe Kubek

Bite me!

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‘Mord-moi!’ clame-t-on ! Mais je me demande bien qui a été mordu, car voilà un album qui explose de partout et qui déborde d'énergie. Mais quelle mouche les a donc piqués ? Joe concède une bonne part de "Bite me!" à son inspiration rock, mais ne nous y trompons pas, il reste pas mal de blues à se mettre sous la dent.

Pour démarrer, Joe empoigne sa guitare et souffle dans le talkbox, comme Peter Frampton le faisait si bien dans les 70s. "If you know what I'm sayin' " est assez éloigné du blues, mais possède un rythme très prenant qui invite à la danse. "Bite me", bien plus encourageant, se dessine sur un rythme issu des bayous, avec la guitare réverbérée de Bnois King. "That's no way" est une charmante ballade qui vaut surtout par l'impeccable partie vocale de King. Le rock and roll déménage sur "All about that thang". La nouvelle section rythmique, composée de Jerry Hancock et de Jas Stephens, libère pas mal de groove ; et l'invité Kaz Kazanoff accorde un bijou de solo sur son sax ténor. Le shuffle texan fait sa rentrée avec "Lay it on me, Leona". C'était la rampe de lancement attendue. La guitare de Joe se libère, Bnois peut enfin chanter "I gotta have it", sur un blues très rythmé. Le tempo ralentit pour le long blues "Ready to learn". Kaz souffle dans l'harmonica, Joe torture sa guitare. "Player got played" est un blues classique. La guitare mesurée disserte avec classe devant la section de cuivres. Alors que Smokin' Joe devient insatiable, l'album se referme. Dommage, car en finale "I know that's right" offre un bouquet de cordes réunis par Joe et Bnois. Blouseux, ne vous arrêtez surtout pas aux premiers titres !