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Biohazard + Life of Agony + LYLVC

Hardcore never dies…

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La salle de La Madeleine, située en plein centre de Bruxelles, entre la grand-place et la gare centrale, est plutôt habituée à programmer des concerts de chanson française ou destinés au jeune public. Ce samedi soir, elle est fréquentée par des fans de metal, en majorité des quadras et quinquas, et est pleine à craquer. La double affiche (sold-out) de Life of Agony et Biohazard attire la toute grande foule. Si le premier cité tourne de manière quasi-ininterrompue, le second s’était fait plus rare, en live, au cours de ces dix dernières années. Compte-rendu en détails.

Le moins qu’on puisse écrire c’est que Life of Agony a lutté contre vents et marées pour rester à flots. D’agonie il n’a finalement jamais été question, l’amitié liant le bassiste Alan Robert aux cousins Joey Z. et Mina/Keith Caputo semble avoir triomphé des tumultes de leur vie. Et du turn-over des batteurs aussi (NDR : il n’y pas assez des doigts d’une main pour compter ceux qui se sont succédé). Le cas le plus notable reste, cependant, celui du chanteur Keith. Il a changé de genre pour s’appeler Mina. Et visiblement, ce soir, il a réussi son retour vers le genre masculin… Son enfance a vu ses parents, accros à la drogue, disparaître très tôt dans son existence. Aussi, s’il a été élevé par son grand-père, il a également été victime d’abus. Heureusement son voisin et cousin, Joey Zampella, lui a communiqué la passion de la musique et l’a indirectement décidé à fonder son groupe actuel.

Les haut-parleurs diffusent le « Jump around » de House of Pain en intro. Bonne idée ! Puis, fort d’une longue intro à la batterie et à la guitare « River runs red » entame les hostilités. Keith est vêtu d’un sweat surmonté d’une capuche orange à l’effigie de Biohazard et déménage d’un côté à l’autre du podium. Cheveux courts (en brosse), sa poitrine (siliconée) disparue, et la voix à nouveau rauque, sa (re-)transformation s’est bien opérée. Caractérisé par son crescendo, « This time » incite la foule à bondir dans son dernier quart temps. « Weeds » et « I regret » s’enchaînent à merveille. La reprise du « We Gotta Know » de Cro-Mags est plutôt réussie, même si le physique et la voix de Keith voguent à mille lieux du charismatique de Harley Flanagan. Et la boucle est bouclée lors du final, « Underground » (NDR : un titre issu du premier elpee, « River Runs Reds », paru en 1993 ; opus qui avait fait l’effet d’une météorite dans le ciel déjà bien chargé de métal).

A l’issue de ce morceau et surtout de sa prestation, il est difficile de coller une étiquette à Life of Agony. La plus fréquente qui lui est attribuée est cependant évocatrice : ‘alternative metal’ (lien page ‘Artistes’ ici et photos Romain Ballez ).

On vous le signalait dans le chapeau, le parcours de Biohazard a connu quelques interruptions, notamment depuis 2015 (NDR : son dernier concert, cette année-là, avait été accordé dans le cadre de l’Ieperfeest). La tournée prévue en 2016 avait été annulée à la suite d’une nouvelle démission au sein du line up ; en l’occurrence celle de Scott Roberts. Il a donc fallu attendre 2023, pour qu’il refasse surface. Et en particulier, dans le cadre des festivals Lokerse feesten (NDR : la journée consacrée au metal) et l’Alcatraz, en Belgique. En 2024 il se produisait au Graspop meeting ; et c’est donc une belle opportunité de le revoir, dans une petite salle, ce soir.

A 21h30 précises, les lumières se tamisent d’un bleu profond. Après un court prélude d’une chanson de Blondie, l’auditoire s’agite. Pas de doute « Urban discipline » (NDR : le titre éponyme de ce long playing ; sans doute la meilleure compo du band, à ce jour) va entamer le set. Cette sirène et le drumming musclé le confirment.

Enfin, la ligne de basse et les chœurs du charismatique Evan Seinfeld, la voix de Billy Grazadei, ses riffs de sixcordes, ainsi que ceux, enflammés, qui virent souvent aux exercices en solo, au beau milieu des morceaux, de Bobby Hambel : la musique de Biohazard semble ne pas avoir pris une ride en plus de 38 ans d’existence. « Shades of grey », « Tales From the Hard Side » et en fin de parcours l’inévitable « Punishment » ainsi que l’épilogue, « Hold mye own », constituent autant d’occasions pour déclencher des circule pits, wall of death, crowdsurfings et autres pogos endiablés tout au long de la soirée. Et avant de quitter définitivement les planches, la formation prend encore le temps de saluer les premiers rangs ou d’accepter de poser pour quelques selfies. Après le show, certains musicos sont même venus papoter avec des fans, à l’extérieur de la salle… (photos Romain Ballez ici et page 'Artistes' )

Pour être exhaustif, sachez que LYLVC (NDR : prononcez Lylac) complétait l’affiche. Programmé à 19 heures, il n’a été possible, pour votre serviteur, que de voir et écouter la fin de sa prestation limitée à 30 minutes. 

Quoique demeuré poli, le public ne semblait guère s’enthousiasmer. Une explication ? Les voix des deux vocalistes paraissent antagonistes. Métissé, le chanteur balance une sorte de rap hardcore, alors que la voix de sa comparse, plutôt charmante, est capable de grimper dans les aigus, suivant la plus pure tradition des chanteuses de metal mélodique. Enfin, il faut reconnaître que l’expression sonore du sextuor naviguait à des années-lumière des deux têtes d’affiche…

Néanmoins sympathiques, aussi bien sur les planches que dans la salle, les deux vocalistes se sont baladés dans la foule ou se sont postés à proximité du stand de marchandising pour discuter avec les aficionados, tout au long de la soirée… (lien page ‘Artistes’ et photos Romain Ballez ici).

(Organisation : Live Nation + Biebob)

A Slice of Life

Tabula Rasa

Écrit par

A Slice of Life est une formation issue du Nord de la Belgique née de la rencontre entre le chanteur/lyriciste Dirk Vreys (obsCURE, Silent Flag) et le guitariste/claviériste Guy Wilssens (Perverted by Language). Pour compléter le band, ils ont recruté un autre sixcordiste (également ex-obsCURE), un bassiste et un drummer.

Manifestement sombre et mélancolique, la musique du combo est influencée par le post punk et la dark wave. Lorsque la voix de Dirk s’étrangle d’émotion (sans quoi, en général, elle se révèle glaciale et torturée), on ne peut s’empêcher de penser à Robert Smith (« Seven days », une plage que Dirk a écrite après le décès de ses parents), alors que la ligne de basse semble parfois calquée sur celle de Simon Gallup (« Cavern »).

Si les deux dernières pistes de l’opus émargent à l’électrodance, les onze autres oscillent entre titres lancinants, ténébreux (la valse « Fortress of solitude »), pistes bien post punk et compos davantage atmosphériques, romantiques mais aussi fiévreuses, colorées par les accords tintinnabulants, bringuebalants, d’une des guitares, dont les cordes réverbèrent des échos empruntés à Sad Lovers & Giants (Two-faced », « Sweet darkness »). Enfin, le spectre de Sisters of Mercy plane même tout au long de « Run for cover ».  

A Slice of Life

A Slice of Life hebdomadaire…

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A Slice Of Life est un groupe post-punk belge formé en 2016. Leur son a un côté sombre et mélancolique avec une touche de rock alternatif indéniable. Le chant apporte des réminiscences des grandes voix sombres de Robert Smith, Andrew Eldritch et même David Bowie.

« Seven Days » est le premier extrait du nouvel album qui sortira plus tard dans l'année. Le single est accompagné d'une vidéo et elle est à voir et écouter

 

 

 

LIFE

A picture of good health

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LIFE (NDR : ne pas confondre avec le trio californien fondé en 2012 ni la formation suédoise qui a sévi au début des 70’s) est un quatuor issu de Hull, en Angleterre. Un groupe qui s’inscrit dans la nouvelle mouvance punk et post punk qui rafraîchit actuellement la scène britannique, à l’instar de IDLES, Shame ou encore Fontaine D.C.

Si son premier opus, « Popular music » véhiculait des textes sociopolitiques particulièrement engagés, le second est davantage introspectif, le chanteur Mez Sanders-Green, épanchant ses états d’âme, évoquant même sa rupture de couple et ses problèmes issus de la monoparentalité. Notamment. Mais il fustige également la corruption quand il ne dénonce pas les injustices sociales.

Produit par Luke Smith (Foals) et Claudius Mittendorfer (Parquet Courts), cet opus libère une fameuse énergie, même si certains titres adoptent un profil plus mid tempo. Le plus souvent déclamatoire et vindicative, la voix de Mez n’est pas exceptionnelle, mais elle colle bien à cette musique qui puise aussi bien ses influences chez The Clash, The Fall, Gang of Four, Adam Ant qu’Elastica, tout en conservant cette morgue bien punk et en privilégiant ce tempo post punk. Mez déclame un peu comme Matthew Caws sur « Thoughts » (pensez à « Popular » !), « Half pint fatherhood » se distingue par un dialogue entre le lead vocal et les autres membres du band et l’elpee s’achève par la récitation d’une poésie excentrique. Enfin, on n’en n’oubliera pas pour autant le drumming frénétique, la ligne de basse grondante ou caoutchouteuse ainsi que les cordes de gratte bien saignantes, incisives, parfois tintinnabulantes...

The Breath Of Life

Under The Falling Stars

The Breath of Life est un groupe belge articulé autour de la voix d'Isabelle Dekeyser. Il est de retour après 5 ans d’absence et nous propose un LP qui s’inscrit parfaitement dans le prolongement d'une carrière déjà bien fournie. Formé à Gembloux, il y a presque 30 ans, le combo pratique une darkwave gothique aux accents lyriques. Et il faut le signaler : c'est une des rares formations dont le rayonnement dépasse les frontières de la Belgique.

« Under The Falling Stars » marque le retour de Philippe Mauroy, un des musiciens fondateurs de TBoL. Vu qu'il est, comme Didier Czepczyk, guitariste et bassiste, les deux compères ont joué aux chaises musicales ; et, cette fois, c'est Philippe qui s’est consacré à la guitare et Didier, à la basse. La production est assurée par Gilles Martin (Tuxedomoon, Malaria, Wire, Minimal Compact, Indochine), qui a travaillé pour le band sur ses 5 premiers elpees.

On retrouve ici à nouveau –et avec grand plaisir– ce qui a fait le succès de The Breath of Life : des compositions ciselées, une voix éthérée et ensorcelante, des guitares délicates, une basse groovy, des vagues vaporeuses de synthétiseurs et, ça et là, quelques superbes arabesques au violon. 

Le style oscille entre celui de Monica Richards (Faith And The Muse), Kate Bush, Liv Kristine ou encore Cocteau Twins. Le single/promo track, « Crime Passionnel », est sans nul doute, le morceau le plus accrocheur, rehaussé par un refrain superbement onirique. Dans « The Magic of Dreams » et « Hide » on décèle une touche de Trip-Hop, qui n'est pas sans évoquer Massive Attack ou Portishead. « Stolen Dreams » se distingue par ses lignes de guitares cristallines. Sur certaines plages, et surtout « Black Out », le violon électrique et les harmonies lorgnent même un peu du côté de la musique progressive d'un Kansas voire d’un UK. Des références de qualité, du moins aux yeux (et aux oreilles) de votre serviteur ! Quant à « A New Reality », c'est une composition d'une élégance folle. Une intro hypnotique, un développement lent et captivant, qui débouche sur un final étonnant dominé par une rythmique électronique et des guitares abrasives. Sublime !

Seule petite ombre au tableau en tous points positifs, on épinglera quelques petites faiblesses au niveau de l'écriture et de la prononciation dans la langue de Shakespeare (l'accent tonique !), mais au final, c'est aussi ce qui fait le charme des chanteurs et chanteuses francophones ; ce qu’on appelle le ‘charme français’ !

« Under The Falling Stars » est un superbe album. Nul doute qu'il insufflera un nouveau souffle dans la carrière, exemplaire, de ce quintet wallon vraiment attachant.

Pour commander l’album en format vinyle, CD et/ou digital: rendez-vous chez Wool-e-Discs, ici 

 

Lifestream

Post Ecstatic Experience

Écrit par

‘My expectations will only ever be an illusory feeling of a reachable happiness’. Ces quelques mots qui figurent à l’intérieur du livret de « Post Ecstatic Experience », premier album studio des Bordelais de Lifestream, illustrent bien l’atmosphère imprégnant cet opus : une recherche vaine, une ascension vers l’insondable, une quête emplie de détermination mais tournant à vide. Neuf compositions aériennes, planantes et froides alternant entre voyage aux pays des songes et accélérations brusques et à tombeau ouvert. Aussi angoissante que mortuaire, l’ambiance est accentuée par des parties vocales de temps à autre chuchotées, mais en général, vomies au fil des morceaux. Proférées à mi-chemin entre morbide et dédain, elles évoquent celles d’Attila Csihar voire de Mayhem ; à moins que ce ne soit –et c’est géographiquement plus proche– les hurlements de l’ex-vocaliste d’Hell Militia, Meyhnach… 

Bien que très prometteur pour un premier LP, Lifestream ne révolutionne néanmoins ici pas le genre et emprunte sans équivoque la route toute tracée d’un Black Metal direct, sans grande fioriture et malheureusement à tendance un peu linéaire. Quelques passages viennent cependant rompre la monotonie, telle l’envolée heavy de guitare sur « Parasite Glory », les riffs mélancoliques qui clôturent « Celestial Scourge Subjugation » ou encore les pistes instrumentales « Sad Thoughts Overdose » et « Banshee ».

Les Acteurs de l’Ombre (bien que ce soit ici leur subdivision ‘Emanations’) produisent généralement des groupes de qualité ; et force est de constater que ce premier effort de Lifestream en est un. On regrettera cependant un manque de prise de risques, audace qui aurait permis de déployer pleinement leurs capacités afin de les détacher de la masse, de leur forger une identité propre et de dissiper ce voile de monotonie parfois un peu trop opaque.

 

Life Of an Owl In Alaska

Nom d'un hibou, comme c'était chouette !

Écrit par

Life Of An Owl In Alaska est un trio guitare/basse/batterie qui trouve son équilibre dans l'émotion, la mélancolie et cette saine colère à laquelle nous avons tous droit. Il pratique du post-rock et fréquente principalement le milieu underground. A son actif, un Ep paru le 19 avril dernier, chez God Hates God Records. Il s’intitule "My first Kill" et ses trois titres adoptent des noms de ville : « Paris », « San Marino » et « Kiev ».

Les mélodies sont principalement produites par la guitare électrique.

Elles reposent sur des suites d'arpèges dont les notes, tantôt caressées, tantôt attaquées vigoureusement s'entrechoquent et s'harmonisent sur des nappes d'échos habillement poussées aux extrêmes.

D'un point de vue rythmique, basse et batterie s'accordent parfaitement et se greffent subtilement aux compositions de leur acolyte.

Mention spéciale au batteur.

Il ne joue pas les morceaux, il les vit, les transpire et leur permet de prendre une troisième dimension.

Visuellement, il s'agit là d'un atout non négligeable quand on se partage les planches à trois.

Une diffusion vidéo pour les ‘live’ serait la bienvenue. Sans doute les musicos y pensent-t-ils.

Et puis, ce nom de groupe : Life Of An Owl In Alaska (La vie d'un hibou en Alaska)

Rien que ça les amis !

Mais tout est dit ! Enfin presque.

En quelques mois d'existence, le combo a déjà accordé quelques concerts.

Le premier s’est déroulé à Lille le 9 avril 2015. Et les suivants, à Sedan, Mons, Dour et Honnelles.

Il se produira ce 16 mai du côté de Jumet, à l'Open Fest.

Une aventure outre-Manche est programmée, mais on n’en sait pas plus.

Polar Polar Polar Polar était programmé dans la foulée. Il a également fait un tabac, mais dans un style différent. Quoique toujours post rock. C’est-à-dire, sans chanteur…

Un samedi 9 mai, j'ai entendu de la musique, j'ai poussé la porte et je suis entré... 

(Concert privé)

Extra Life

Dream Seeds

Écrit par

Extra Life est une formation difficile à cerner. Tout d’abord parce que leurs influences sont très difficiles à discerner. Et que le résultat de leurs expérimentations est, à chaque album, spécifique. En résumé, il appartient à la catégorie de groupes ou d’artistes en perpétuelle recherche. Etonnant dès lors, de lire dans la biographie, que ce band entretienne des liens divers avec Xiu Xiu et Parentheticals Girls. Pour Dirty Projectors, on peut comprendre plus facilement, puisque le leader y a sévi quelque temps.

Extra Life nous vient de Brooklyn. Drivé par Charlie Looker (chant, synthé), son line up implique également Caley Monahon-Ward (violon, guitare) et de Nick Podgurski (drums). Mais au sein du trio, chaque membre apporte sa pierre à l’édifice.

« Dream Seeds » constitue leur troisième album. Première constatation, les rythmiques sont moins mises en avant qu’auparavant. On y retrouve cependant toujours ces références au Moyen-âge. Dans la voix de Looker, par exemple ; mais également sur « No Dreams Tonight », traversé par des interventions surprenantes au flûteau. Longues plages ténébreuses et lyriques, « Blindest Beast » (14’09) et « Ten Year Teardrop » (12’27) sont construites suivant un crescendo que ne renierait pas Swans. Le band n’hésite d’ailleurs pas à alterner climats indus et transitions acoustiques…

 

The Good Life

La belle vie de Tim Kasher

Écrit par

Les gens deviendraient-ils fainéants en période hivernale ? A priori, ce mardi soir, la réponse à cette question était un grand oui. Et ce n’est donc qu’une petite quarantaine de quidams qui ont bravé le vent et le froid afin de se rendre à la Rotonde du Botanique. Une sage décision que ceux-ci n’auront certainement pas regrettée.

Tandis que l’Orangerie se remplissait à vue d’œil pour le concert sold-out de Keren Ann, la Rotonde, elle, n’aura accueilli que très peu de visiteurs. Pourtant, le grand Tim Kasher et les trois musiciens de son side-project, The Good Life, y étaient de passage pour y présenter leur excellent quatrième recueil. Le frontman de Cursive et ses confrères, pas découragés pour un sou, ont dispensé une bonne petite heure de show durant laquelle les morceaux de « Help Wanted Nights » ont côtoyé à merveille des extraits des trois premiers ouvrages de la formation. Ainsi, se sont enchaînés « On The Picket Fence », « Album Of The Year », « So Let Go » et autre « Lovers Need Lawyers ». Une atmosphère sereine et bon enfant a régné dans la salle tandis que les vocalises de Kasher, encore plus intenses et torturés que sur disque, ont fait vibrer l’assistance. Un excellent concert sans artifices. Les absents ont eu, ici, plus que tort.

Organisation Botanique

The Good Life

Help Wanted Nights

Écrit par

Projet parallèle de Tim Kasher, leader des géniaux Cursive, The Good Life dévoile pour la quatrième fois le côté tendre et plus lisse du bonhomme. « Help Wanted Nights » confirme l’amour de ce dernier pour les mélodies à la fois simples et raffinées. Pur produit Saddle Creek, ce nouvel essai nous invite à pénétrer dans le bar des émotions de Kasher. A l’intérieur de l’établissement, les âmes sont apaisées et les sourires amicaux s’esquissent sur le visage de la clientèle venue ici pour l’ambiance chaleureuse plutôt que la bibine. Les soucis, qui y sont interdits de séjour, demeurent à la porte d’entrée, sur laquelle une pancarte poussiéreuse annonce « Help Wanted Nights ». Mais le candidat potentiel découvrira assez tôt la supercherie. A peine un pied à l’intérieur, celui-ci prendra rapidement conscience que le personnel de The Good Life est loin d’avoir besoin d’aide, se débrouillant plutôt bien seul en matière de service et de fidélisation de la clientèle. Entre un délicieux « On The Picket fence », un agréable « You Don’t Feel Like Home To Me » et un exquis « So Let Go », qui n’aurait pas envie de remettre les pieds chez The Good Life, établissement qui fait plus qu’honneur à son nom ?

Lifesavas

Gutterfly : The Original Soundtrack

Écrit par

Bande originale d’un film qui n’existe pas, le deuxième album de cette formation de Portland confirme la bonne impression qu’elle nous avait laissée sur l’album « Spirit in Stone », sorti il y a quelques années sur le même label. « Gutterfly » plonge l’auditeur au sein de l’atmosphère seventies des polars ‘blackploitation’, en vogue à l’époque. Un casting prestigieux (George Clinton, Oh No, Vernon Reid, Smif’N’Wessun, Fishbone et quelques autres) qui s’applique à rendre une trame éclatée sur des beats très efficaces où les orgues, cuivres et les guitares lascives apportent une forte dimension mélodique. Car la mélodie est le point fort des Lifesavas, que ce soit sur le dansant « Double Up » (produit par Oh No), la belle ballade de « No Surprise », le funèbre « Dead Ones » ou encore le funk caribéen « A Serpent’s Love » au cours duquel ISH (Digable Planets) pose les rimes. A signaler aussi, la belle intervention de George Clinton sur « Night Out » narrant l’histoire d’un contrôle de police qui tourne au vinaigre et la nuit subséquente. Bref, beaucoup de bonnes choses et peu de déchets. Un disque vivement conseillé.

Think About Life

Think about life

Écrit par

Lentement mais sûrement, le Canada est en train de devenir un pourvoyeur important de formations rock iconoclastes. On en a une nouvelle preuve avec Think About Life, trio originaire de Montréal. L’instrumentation minimale (claviers bon marché, boîte à rythme Bontempi et batterie) est mise au service de chansons pop brouillonnes mais attachantes qui hésitent entre espièglerie et mélancolie, le tout au sein d'une atmosphère souvent bruyante et punky. Malgré l’absence de guitares, ce premier album respire le rock’n’roll, situation qu’on mettra sur le compte de ces nappes distortionnées de synthé et du chant braillard (un peu usant à la longue) de Martin Cesar. On notera aussi un certain goût pour les expérimentations sonores (« In her Heart ») qui rappellent un peu le Beck des débuts. La chose essentielle du disque restant un grand talent pour les mélodies accrocheuses. « Paul Cries », « Bastian and the Boar », « Fireworks », « Money », « Serious Chords », « What the Future Might Be » sont des morceaux qui restent gravés à l’esprit et qui rachètent largement un son parfois un peu limite et une légère tendance à noyer dans le bruit, les pannes d’inspiration.

Plant Life

The Return of Jack Splash

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Il y a quelques mois que cette jolie plante bourgeonne paisiblement à l’ombre de toute exposition intempestive. Elle est là : son feuillage éclipsé par des kilomètres de champs de néo-soul vide de toute sève. Or, celle qui coule dans la tige de Plant Life est miraculeuse, pétrie d’influences sophistiquées, sexy et hypnotiques. Fruit d’une collaboration juteuse entre Jack Splash (au chant), Panda One (production) et Rashida The Beautiful (Dj), Plant Life sème extravagance et fantaisie dans un répertoire R’n’B urbain, confiné dans l’exiguïté d’un verger de la cité des anges, à Los Angeles, aux USA. Le projet est déstabilisant d’originalité, à faire frémir les grands frères d’Outkast. Car, la paire Mr Dré et Big Boi mis à part, personne, au 21ème siècle, n’est en mesure de rivaliser avec ces graines de stars, étoiles montantes d’une Soul moderne. Cette fois, il faut se battre ! Le « retour de Jack Splash » doit marquer l’avènement d’une nouvelle génération sensuelle et bondissante. Une musique black qui plaquerait enfin les blanches productions et rendraient ses lettres de noblesse à Funkadelic, Sly, sa famille Stone et ses potes défoncés. Les agriculteurs du hip-hop doivent agir, préparer l’engrais, fertiliser les terres et stériliser les mauvaises herbes. Il est temps. Plant Life va bientôt sortir de son bac et, enfin, rejoindre le jardin d’Eden, véritable paradis des hits splendides. L’arrosoir de Jack Splash est rempli de tubes : « Precious Heart », « Luv Me », « Underwaterluvboogie ». Ne reste plus qu’à irriguer les contours assainis de la Soul Music. Et, patiemment, attendre les récoltes annoncées.

Lifesavas

Spirit in Stone

Écrit par
Refroidi par l’album de Lyrics Born paru sur le même label, j’avais un peu peur de me plonger au sein de ce « Spirit in Stone ». Pire encore je m’attendais à vivre une écoute désagréable. J’avais tort, cet opus constitue un beau premier effort pour ces hiphopers de Portland, dans l’Oregon. Entre De La Soul (pour les flows) et les Roots en plus fou (pour la musique), le trio Lifesavas présente un des albums de hip hop les plus consistant et inventif qu’il m’ait été donné d’entendre depuis longtemps. Mais il ne se contente pas de mériter ces éloges, ni d’imiter ses illustres modèles. Il s’attelle aussi à pondre des morceaux, qui, un peu aidés par les radios, pourraient devenir des tubes. Je pense à « Fever » et son hommage au légendaire dj jamaïcain Tenor Saw ; mais aussi à Hellohihey, tout entier porté par une imparable mélodie de voix. Je pourrais citer bien d’autres morceaux, mais la démarche me semble inutile. Il suffit de savoir que plus de la moitié des traces présentes sur l’elpee sont plus qu’excellentes, et que si vous êtes un nostalgique de l’époque où A Tribe Called Quest et De La Soul trustaient les hit-parades, ce disque est pour vous.

The Good Life

Album of the year

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Autant vous prévenir tout de suite, un jeu de mot facile et stupide va être énoncé dans les lignes qui viennent…Attention, ouiiiiiii, rhaaah, pfffff, c’est parti… « Album of the year », la nouvelle plaque de « The good life », n’est pas…l’album de l’année ! Ouf, voilà, désolé, c’est nul, c’est bête, mais qu’est ce que ça fait du bien ! Il faut dire qu’un titre pareil, c’est vraiment de la provocation…. Les gars de The Good Life doivent être complètement dingues, naïfs ou carrément suicidaires pour n’avoir pas imaginé un seul instant qu’il se trouverait sûrement, quelque part dans le monde, un chroniqueur lamentable n’ayant pas peur de se ridiculiser en recourant à d’aussi misérables procédés…Ou bien peut être cherchaient ils justement à provoquer… Enfin, on ne le saura probablement jamais et c’est probablement mieux ainsi. Toujours est-il que « The album of the year » n’est pas l’album de l’année (c’est la dernière fois, promis…) Composé de morceaux pop/rock atmosphériques, cet ouvrage ne restera effectivement pas gravé dans les mémoires. Si rien n’y paraît vraiment mauvais (à part le geignard « Under a honeymoon »), l’ensemble est cependant relativement plat. Tout commence pourtant bien par le titre maître (décidément, ils en veulent…) et surtout le sympathique « Night and day », beau morceau agrémenté d’accordéon. Mais très vite, les titres finissent par s’enchaîner sans distinction et l’auditeur ne peut alors s’empêcher de sombrer dans une somnolence dont viendront peut être le tirer les derniers accords de l’album, incarnés par l’agréable « Needy »…

Simpulife

Keep in touch

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C'est au cours de son séjour à Paris que Matt Richelson a eu l'envie de monter un groupe. Faut dire que ce New-Yorkais y a vécu six bons mois ; une période au cours de laquelle il s'est fort intéressé au jazz, à la world, à la musique classique (NDR : et au prog rock !). De retour aux States, il s'est mis en tête de concrétiser son projet, en privilégiant la simplicité, la mélodie et les grooves, à travers une nouvelle prise de conscience de la musique du monde… Mais ce n'est qu'après avoir rencontré Aaron Nevezie que son projet a commencé à prendre forme. L'engagement d'un bassiste claviériste (Jon Davis) et d'un drummer (Dave Mason) y a, bien évidemment, largement contribué…

" Keep in touch " constitue le résultat de leurs expérimentations. Un disque assez surprenant pour un groupe new-yorkais. En fait, si Simpulife était né à Chicago, il aurait fatalement atterri sur le label 'Thrill Jockey'. A l'instar de Sea & Cake, avec lesquels il partagent de nombreuses affinités. Volontairement ou involontairement, le débat reste ouvert. Une chose est sûre, la musique de Simpulife revisite la 'Canterbury School' des Caravan, Hatfield & The North et Robert Wyatt, avec un œil très contemporain. Harmonies vocales épousant les arpèges instrumentaux, claviers frémissants, rythmes syncopés ou hypnotiques (NDR : pour ne pas dire obsessionnels) alimentent l'essence même de la solution sonore. Mais c'est lorsque le quatuor s'évade dans le psychédélisme, qu'il se révèle le plus performant. A l'instar du final de l'elpee. Une compo remarquable dont la structure minimaliste, acoustique, brumeuse, évoque les grands excentriques que sont ou étaient, Nick Drake, Syd Barrett ou encore Kevin Ayers.

Homelife

Flying Wonders

Drôle de zigoto que ce Paddy Steer, alias Homelife : en mélangeant allègrement beats funky, cuivres et cordes, pop psychédélique et trip-hop déjanté, ce musicien touche-à-tout (déjà croisé chez Lionrock et Yargo) réussit à concocter un sacré cocktail, certes parfois pesant, mais toujours explosif. On pense alors à Michael Kandel, cet autre hurluberlu à l'origine d'un album tout aussi fourre-tout, sorti il y a de ça cinq ans, sous le pseudo de Tranquility Bass. A l'époque, on n'osait pas trop s'avancer sur l'état de santé de Kandel… Toujours est-il que l'ermite baba-cool semble avoir bel et bien disparu, sans doute emporté par le tourbillon de références (‘Jefferson Airplane meets Wall of sound’, ce genre…) que suscitait à l'esprit l'écoute de son album… On souhaite moins de soucis à Paddy Steer, qui connaît mieux le showbiz et semble un peu moins frappadingue… Reste à voir si cet " Homelife Wonders ", déjà son troisième album (après " Homelife " et " Cho Cho "), sortira du cercle fermé des aficionados de musiques de traverse, d'autant plus que Ninja Tune n'est plus la vitrine promotionnelle d'il y a cinq ans… Cela dit, celui qui prendra la peine d'écouter cet album de bout en bout, malgré ses quelques baisses de régime, devrait rapidement l'adopter. Comme le disait notre ami Jules, ‘Alea Jacta Est’.

 

The Movielife

This time next year

Écrit par

The Movielife a bien compris qu'il ne suffit plus, à l'heure actuelle, d'être seulement un groupe de punk rock de plus. Il évite donc joliment les écueils du genre. Le tempo est enlevé ; mais des zones plus calmes ponctuent les morceaux. Des morceaux qui puisent également des breaks chez Quicksand ou Stanford Prison Experiment. Peu de refrains fédérateurs, mais des mélodies suffisamment entraînantes pour lever l'index en fin de couplet. Et la tension rythmique plus que l'énergie destinée à se défouler, fait de cet album une bonne découverte pour ceux qui jugent ‘vendus’ Green Day, trop ‘commerciaux’ Blink 182 ou trop ‘clichés’ Bad Religion…

 

My Life Story

The golden mile

My life story est un groupe ambitieux. Il veut réconcilier la pop et le music hall en s'inspirant de Love et des bandes sonores de James Bond, en associant Scott Walker et les Pet Shop Boys, tout en cherchant à réaliser la fusion parfaite entre les styles de Divine Comedy, Pulp, Jack et de Marc Almond. Mais en plus, il s'est donné les moyens pour réaliser cet objectif. En s'entourant d'une bonne vingtaine de musiciens (cuivres et cordes en tout genre), pour enregistrer les douze compositions de ce " Golden mile ". Des chansons extravagantes, débordant d'arrangements somptueux, sur lesquelles viennent se greffer la voix de crooner de Jack Shillingford. Et le résultat est assez surprenant. Il ne fait aucun doute que ces mélodies kitsch et grandiloquentes, qui dessinent cet opéra burlesque, vont conquérir le cœur du public qui ne jure que par la pop orchestrale. Mais, d'un autre côté, cette démarche risque fort d'agacer les puristes du rock, qui estimeront, sans doute, que My Life Story vient de signer un pacte diabolique avec la musique de variétés...

 

The Breath Of Life

Taste of Sorrow

Cet ensemble belge aurait pu finalement relever du label arty ‘Lively Art’. Si New Rose avait encore été de ce monde. Parce que la musique de Breath of Life présente de nombreuses similitudes avec la ‘touching pop’ incarnée, à la mi-eighties, par des ensembles hexagonaux comme Mary Goes Round, Asylum Party et Little Nemo. Coïncidence, mais c'est Gilles Martin qui produit "Taste of Sorrow". Un ingénieur du son belge que l'on a souvent retrouvé impliqué dans les sessions d'enregistrement du défunt Little Nemo. Mais, si le goût du chagrin baigne dans une solution romantique, atmosphérique, ‘cocteautwinesque’, il bénéficie surtout de la présence d'une chanteuse d'exception. Isabelle De Keyser. Une vocaliste dont le timbre vocal est capable de s'épancher, soit en inflexions angéliques, immaculées, à la Chloë St Lyphard, soit en inflexions sauvageonnes, punkysantes, plus proches de Siouxsie Sioux. Brillant! Même si ce style n'est plus vraiment dans l'air du temps...