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La Maison Tellier

L’art de la fugue

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Si vous n’avez pas encore entendu « Suite Royale », abondamment diffusé ces derniers temps par France Inter et Radio Nova, c’est que vous n’écoutez pratiquement jamais la radio. Fondée en 2004, La Maison Tellier est en passe de crever l’écran. Fondé en Normandie par les frangins Helmut et Raoul Tellier, ce collectif est rapidement rejoint par le reste de la famille : Léopold, Alexandre et Alphonse Tellier. Le patronyme du groupe renvoie aussi à une nouvelle de Maupassant, où la tenancière d’une maison close (la Maison Tellier) ferme le bordel pour la première communion de sa nièce.

Mais si le groupe chante en français (autant qu’en anglais), c’est plutôt dans le far-West que se situe leur terrain de jeu, leur pays imaginaire. La guitare, le dobro (guitare à résonateur métallique), le banjo et la batterie forgent une ambiance de western, le côté spaghetti étant assuré par l’humour transpirant des textes. Les frères Tellier jouent à l’amour, à la guerre, comme au poker.

Le rock lancinant et puissant du disque évoque Calexico et Noir Désir, mais parfois les voix empruntent à David Bowie ou Dominique A. Sur « Five years blues », la trompette et le trombone renforcent les accents rageurs du chant pour un blues transperçant. L’ombre de Johnny Cash rôde dans le superbe « Mexico city blues », sorte de gospel résonnant d’un chœur puissant, auréolé de mariachis mexicains, se terminant a capella.

C’est parfois poignant, comme lors du superbe « Il n’est point de sot métier », où intervient la chanteuse Lippie. Sa voix fatiguée, frêle comme celle de Charlotte Gainsbourg, est une note féminine bienvenue dans ce monde de cow-boys.

Les textes jouent habilement avec les mots et les références, citent la Bible de manière décalée, comme un vieux gaucho méfiant réciterait un ‘Je vous salue Marie’ avant d’aller trouer la peau de son rival. Chaque titre est une histoire riche et haletante, souvent drôle voire totalement délirante, soutenue par une musique épaisse comme du sang. Un disque que l’on apprivoise comme un chien famélique, qui nous transmet la rage et devient notre compagnon de route.