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Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Cherry Glazerr

Le rejet de Cherry Glazerr…

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Cherry Glazerr annonce la sortie de son nouvel opus, intitulé « I Don't Want You Anymore », prévue pour le 29 septembre. Elle l’a coproduit en compagnie d’Yves Rothman (Yves Tumor, Blondshell, Amaarae).

La leader du band, Clementine Creevy, estime que ce long playing constitue son projet le plus personnel et brut à ce jour ; une collection de chansons qui approfondissent une période de réflexion introspective. En outre, elle déclare qu’il s’agit de l’album de la maturité, faisant ici davantage référence à sa croissance personnelle qu'à la musique elle-même.

« Soft Like a Flower » illustre cette évolution. Un riff de guitare sombre inaugure le morceau, avant l’arrivée des voix sans filtre de Clementine Creevy. Elle chante une obsession dévorante et est rejointe aux chœurs par son amie de longue date Sami Perez.

« Soft like a flower » st disponible sous forme de clip

 

 

Cherry Glazerr

Stuffed & ready

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Clementine Creevy a encore fait le ménage dans son groupe, puisqu’après le remplacement de       Sean Redman en 2015, et Hannah Uribe, l’année suivante, c’est au tour de la claviériste, Sasami Ashworth, de se faire la malle. C’est donc sous la forme d’un trio guitare/basse/batterie que le quatrième elpee a donc été enregistré. Un invité quand même : Delicate Steve, qui vient donner un bon coup de gratte sur « That’s not my real life ». Musardant quelque part entre les univers de Hole, Blood Red Shoes et des Breeders, le garage/punk/pop de Cherry Glazer est bien électrique (cordes tour à tour chatoyantes, tintinnabulantes, grésillantes, atmosphériques, turbulentes ou frénétiques), même si la mise en forme est nettement plus sophistiquée que sur l’album « Apocalipstick ». Le drumming est subtil mais efficace, les harmonies vocales sont limpides et soignées, alors que la voix de Clementine évoque souvent celle de Mylène Farmer, sauf sans doute sur « Stupid fish », où on a l’impression qu’elle pousse des miaulements. Percutants et sujets à polémique, les lyrics traitent aussi bien de questions politiques, sociales que personnelles, à l’instar de « Wasted man », une compo qui fustige la misogynie, fruit d’une masculinité toxique…

Cherry Glazerr

Apocalipstick

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Cherry Galzerr est un trio américain né en 2013. « Apocalipstick » constitue son troisième opus ; mais du line up initial, il ne reste plus que Clementine Creevy, la chanteuse/guitariste. Un disque qui a reçu le concours de Joe Chiccarelli (The Strokes) et de Carlos De La Garza (Bleached) à la mise en forme. Et manifestement, ils ont marqué cet elpee de leur empreinte. Le son est bien plus raffiné. Les aspérités subtilement gommées. Ce qui risque fort de diviser les fans du combo. Les deux précédents opus étaient quand même bruts de décoffrage. Et les compos rageuses. Davantage enlevées, aussi. Finalement, l’expression sonore évoque ici davantage le mouvement Riot Grrrl et plus particulièrement des groupes comme The Breeders voire Veruca Salt. Ce qui ne veut pas dire que ces plages négligent l’électricité. Les cordes de guitares peuvent cependant se révéler chatoyantes voire atmosphériques (Sad Lovers & Giants ?) Ou alors sculptées dans le funk blanc. A l’instar de « Only kid on the block ». Cinglantes, corrosives, elles sont aussi parfois contaminées par le dub. Un peu comme chez The Clash (« Moon dust »). Mais nonobstant les explosions circonstancielles du chant de Creevy, les harmonies vocales sont claires et soignées, parfois angéliques (« Lucid dreams »). Et puis régulièrement un synthé organique, très eighties, presque new wave, vient velouter les compos. Il reste encore des traces de post punk, comme sur « Trash people » ou lors du titre maître qui clôt le long playing ; mais en général, les morceaux se révèlent plus construits, moins viscéraux quoique agréables à l’écoute. Et rien que la plage qui ouvre l’album, « Told you I’d be with the guys », hymne à la solidarité féminine, vaut son pesant de cacahuètes.

 

Cherry Glazerr

Haxel Princess

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Un homme d'âge mûr qui s'entiche d'une jeune fille fait toujours jaser. Mais heureusement, pas quand il s'agit de musique. Je peux donc confesser avoir succombé au charme d'une adolescente. Clementine Creevy est une adorable petite blonde californienne qui compose dans sa chambre depuis l'âge de 14 ans. Le team de Burger Records est enthousiasmé par ses chansons étonnamment abouties. Clem hésite un peu. Elle n'a que 16 ans, pas de permis pour se rendre au bureau du label (ce qui implique donc de demander à sa mère de la conduire) et surtout elle veut monter un groupe. Elle se décide enfin lorsqu'elle persuade une amie du même âge de se consacrer à la batterie et déniche un ‘vieux’ bassiste, âgé de 23 printemps. Cherry Glazerr est né.

Je ne suis pas le seul à avoir craqué sur l'irrésistible voix de la demoiselle, puisque le New-York Times présentait le groupe comme la révélation absolue dans son article consacré à Burger Records, l'année passée. Cette structure est décidément une bénédiction pour tous les amateurs de rock DIY, un vivier de talents exceptionnels. La hype ne faisait alors que commencer. Depuis lors, Cherry Glazerr a été la seule formation rock invitée par Tyler The Creator au Camp Flog Gnaw Carnival, cette grosse fête foraine organisée par le collectif Odd Future qui convie chaque année la crème de la scène rap. Et au grand amusement du groupe, Saint-Laurent a utilisé le délicieux "Trick or Treat Dancefloor" dans un de ses clips.

Mais revenons à "Haxel Princess". Ce premier opus, s'il oscille entre garage, indie-rock voire noise léger, repose sur une base pop. Il y a un talent pour les mélodies indéniable et souvent, une efficacité imparable pour qui aime ce style. Si l'on peut penser à une kyrielle de groupes de la scène indie américaine du début des nineties, on a du mal à citer un nom en particulier. La voix à la fois mutine, sensuelle et juvénile de Clementine Creevy et son talent pour les accords simples mais accrocheurs apportent le petit plus qui distingue Cherry Glazerr des centaines de groupes du même style. 25 minutes de pur bonheur dans lesquelles on a envie de se replonger dès le dernier des dix morceaux. Alternance de rythmes nerveux et d'atmosphères plus alanguies, "Haxel Princess" dévoile un son peu travaillé, direct, brut et quasiment dépourvu d'effets sonores. Une simplicité que l'on retrouve dans les paroles. Ces histoires de collégienne narrées malicieusement avec une économie de mots mais suffisamment ambiguës pour ne pas tomber dans le cliché. Est-ce seulement le beurre de son croque-monsieur qu'elle aime faire glisser dans sa bouche? Elle qui fantasme sur son prof tout en déclarant juvénilement sa flamme à son copain. On peut se le demander maintenant qu'elle vient de fêter ses 18 ans et d'emménager dans son premier apart.

Si l'album s'écoute en boucle, on vous recommandera de tendre l’oreille au punky "White is not my color this evening", un des meilleurs singles de 2014. Mais aussi au remuant "Cry Baby", qui prouve que les deux acolytes à la section rythmique ne sont pas que des faire-valoir. Le groove nonchalant de "Grilled Cheese" ou les accords lumineux du déjà cité "Trick or treat dancefloor".

Bref, "Haxel Princess" est une première réalisation pleine de sincérité et de candeur. On espère que le trio conservera ces qualités quand il s'agira de passer l'écueil du deuxième opus. Le deux titres sortis fin d'année sur Suicide Squeeze sont en ce sens rassurants. En attendant, faites battre le petit coeur du teenager qui est en vous et ruez vous sur ce petit moment de bonheur sans prétention. 

 

Howard Glazer

Looking in the mirror

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Howard Glazer est l'un des meilleurs bluesmen de Detroit, dans le Michigan. La Detroit Music Awards Foundation lui a d’ailleurs attribué, cette année, le titre de meilleur instrumentiste de blues et R&B. Glazer est sur les routes depuis plus de 20 ans. Il compte également plusieurs albums à son actif, dont le précédent, "Stepchild of the blues", est paru en 2013. De ces sessions, il en a conservé la section rythmique. Soit le fidèle Charles David aux drums et Chris Brown à la basse. De nouveau, Larry Marek se charge circonstanciellement des claviers. Glazer est devenu un homme à tout faire. Il a assuré la prise de son, le mixage et la production. Il signe aussi les douze plages!

Des cordes de guitare parcimonieuses introduisent "Midnight postman", un blues funk tapissé par les interventions d’orgue de l'orgue de Marek, alors que les voix féminines de Maggie McCabe et Stephanie Johnson soutiennent celle du leader. "Broken down hotel blues" emprunte un riff à Howlin' Wolf. La voix de Maggie épaule à nouveau celle d’Howard. Ce dernier libère une excellente sortie au sein d’une atmosphère cool. Howard écrase sa pédale sur "Take me baby" afin de torturer les vibrations électriques de sa guitare. Larry Marek prend un billet de sortie sur son orgue et réplique aux cordes acérées et bien amplifiées. De bonne facture, "All I ever wanted" jouit d’une excellente ligne mélodique. Miss McCabe susurre ses mots. L’assemblage des cordes est audacieux et bien réverbéré. Qu’elles soient acoustiques, électriques ou dispensées sur un dobro. Detroit shuffle, "Walking in Detroit" est très proche du blues de Chicago. La rythmique est bien marquée. Le duo vocal lymphatique. La guitare impeccable. Tout comme la sortie de David Kocbus à la trompette. "Eviction blues" est le long blues lent qu’on attendait. L'échange entre le chant et la guitare est bien mis en évidence. Armé de sa guitare resonator, Glazer chante d’un timbre quelque peu fatigué, le blues acoustique "Feeling so bad". Le titre maître est certainement le meilleur de l’opus. Un blues amplifié caractérisé par des grattes aux tonalités différentes qui s’entrelacent. La voix est nonchalante et le recours au bottleneck est tout à fait judicieux. Soutenu par les chœurs féminins, Howard change d’une voix ‘dylanesque’ "Wandering trails", une bien jolie ballade roots nappée d’orgue et balayée de cordes lancinantes, dispensées par le bottleneck qui glisse le long des cordes. Rock'n'roll classique, "Pushing the limits" adopte le riff de Chuck Berry. Delta blues original, "Misunderstood the devil" libère des sonorités décapantes, légèrement acides, destinées à préparer la rencontre avec le diable. Et la finale est tout à fait superbe. Blues lent accrocheur aux accords de gratte réverbérés, sulfureux, psychédéliques, "Emergency" est hanté par les fantômes qui peuplent les marais du Sud ; alors que la flûte de Tom Schmaltz tente de se frayer un chemin à travers les rares espaces libérés par la six cordes Impressionnant ! Finalement, Howard Glazer aurait dû davantage explorer l’aspect le plus ténébreux de sa muse…

 

Howard Glazer

Stepchild of the blues

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Il y a déjà plus de 20 ans qu’Howard Glazer sillonne les routes. Originaire de Detroit, ce chanteur/guitariste est aussi à l'aise aux cordes acoustiques qu'électriques. Sa première production personnelle, "Brown paper bag", date déjà de 2005. Il grave ensuite "Liquor store legend", en 2007. En 2011, il publie "Wired for sound", toujours en compagnie de son backing band, les EL-34s et avec le concours du mythique David ‘Honeyboy’ Edwards. Le présent opus a été mis en boîte au coeur du Michigan par Howard en personne. Il s’est d’ailleurs chargé de tout. Pour la circonstance, il est soutenu par son fidèle drummer Charles David Stuart (NDR : il l’accompagne depuis les débuts !), Chris Brown ou Chuck Bartels (Bettye Lavette Band) à la basse et de l'un ou l'autre invité.

"Don't love you no more" ouvre l’elpee. Le style est franc et direct. La rythmique se mêle aux cordes acoustiques. Largement amplifiée, la guitare talonne la voix, secondée par deux choristes. "Shakin'" est introduit par le ‘diddley beat’ imprimé par les fûts de Stuart. Alors que les arrangements se révèlent subtils, les interventions de gratte sont manifestement cinglantes, très amplifiées, mais totalement maîtrisées. Glazer travaille le son et dose ses effets. Il est d'ailleurs réputé pour son ‘high energy blues’! "Gaz pump blues" est un superbe blues acoustique au cours duquel Howard retrouve son vieux partenaire, Harmonica Shah. L’harmoniciste noir chante et souffle puissamment devant la guitare Resonator de notre leader. Howard vit profondément "Telephone blues", un blues lent. Il s’y sent comme un poisson dans l'eau face à l'orgue de son ami Larry Marek. Les cordes sont toujours aussi déjantées et saturées tout au long de "Honey & spice". Ponctuellement, Glazer passe à la slide, mais ses interventions sont tout aussi ravagées. Les effets pervers de son blues rock sont récurrents. "Somewhere" adopte un profil tout à fait différent. Plus roots, cette compo se distingue par des effets plus recherchés. La gratte acoustique est omniprésente. Choeurs et orgue constituent une rampe de lancement idéale pour les cordes électriques, très travaillées… "Cried all my tears" nous entraîne le long des berges du grand fleuve. Une plage aux sonorités primaires, inspirée du Delta. Très métallique, la slide vit, palpite, bouillonne… Howard reprend son "Liquid store legend", un morceau qui figurait sur son album, paru en 2007. Marek le soutient à l'orgue. Et la finale est un grand moment de délectation. Harmonica Shah est de retour pour un blues lent monumental intitulé "Hurtful feeling". Gouailleuse et saturée, la slide dialogue avec l'harmonica, rappelant le Chicago southside, le cachet agressif de la Motor City en sus. Excellent !

 

Major Lazer

Too Many MC’s

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Pour son premier concert accordé dans une salle en Belgique, Major Lazer, l’alias ‘testostéroné’ des prolifiques producteurs Diplo et Switch, a jeté son dévolu sur l’Orangerie du Botanique. L’occasion de tester les nouveaux morceaux qui apparaîtront au sein du successeur de « Guns Don’t Kill People-- Lazers Do » avant une longue tournée des festivals, qui s’arrêtera au Pukkelpop chez nous. Et au vu de l’ambiance générée par les bombes dancefloor du duo, le sol de la plaine de Kiewit n’a qu’à bien se tenir.

Après un (très) long DJ set electro de Surfing Leons, les deux cerveaux derrière Major Lazer débarquent sur les planches sur le coup des 21h20. Derrière eux, un écran fait défiler un logo Mtv détourné, pour former un Mlzr. Et comme Diplo n’a pas l’habitude de faire les choses à moitié, il a ramené avec lui deux danseuses et un MC, histoire de distraire ceux qui pourrait se concentrer sur leur musique. Parce qu’un MC, c’est bien, mais un MC qui hurle pendant l’entièreté d’un set, c’est un peu lourdingue. Le public n’a d’ailleurs pas attendu son intervention pour être chauffé à blanc. Le duo mise à fond sur les basses et les fait péter sur fond de titres extraits de « Guns Don’t Kill People—Lazers Do » et de remixes consacré à des titres empruntés à un panel très (trop) large d’artistes. Ainsi, l’Orangerie a eu droit à des versions retravaillées parfois réussies, parfois beaucoup moins, de morceaux de Far East Movement, David Guetta, Azealia Banks, Congorock, Rihanna ou encore Jay-Z et Kanye West.

Dans le public, c’est la grande cour de recréation, le feu aux fesses un mardi comme un samedi soir. « Busy Signal », « Hold the Line », l’énorme « Original Don » ou le classique « Pon De Floor » côtoient à merveille des classiques reggae et dancehall. Après s’être fait plaisir en exécutant un stage diving, le emcee invite les demoiselles à monter sur le podium ; et seulement les demoiselles ! Quelques petits malins se font gentiment rappeler à l’ordre par l’homme et retrouvent rapidement leur place sur le parterre. Pas de rappel au menu, l’équipée de Major Lazer achève son set par un « Jump Up » dont le titre résume à lui seul l’ensemble du show. Un show qui aurait gagné en puissance si les effets en crescendo dispensés par le duo n’étaient pas systématiquement massacrés par un Maître de Cérémonie trop enthousiaste. Malgré ces remarques, le show est à ne pas rater au Pukkelpop cet été, très probablement sous le toit de la Dance Hall.

(Organisation : Botanique)

 

Major Lazer

Guns Don’t Kill People… Lazers Do

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Quand deux blancs becs débarquent au sein des mythiques studios Tuff Gong à Kingston, en ambitionnant d’y réaliser un album electro dancehall aux accents 80’s, le comité d’accueil qui les voit débarquer est goguenard. Comment deux zouaves peuvent espérer concocter quelque chose de cohérent, à leur sortie ? Le studio de la famille Marley est magique certes ; il n’en est quand même pas miraculeux. Oui mais ! Les deux ahuris à casquette défraîchie et au teint palot se prénomment Switch et Diplo ; ce qui vient changer considérablement la donne. Non contents de s’étouffer dans leur ambition, ils ont carrément l’idée de produire un univers plutôt qu’un simple son. Ils ont embarqué dans leur valise l’histoire de Major Lazer, ancien soldat jamaïcain qui s’est fait greffer un canon laser à la place de son bras droit. Membre qu’il a perdu lors de la guerre contre des vampires et qui le motive à poursuivre sa lutte sans relâche. Il y a fort à parier que l’Anglais et l’Américain ne se sont pas contentés de boire de l’eau ou de fumer la shisha en montant ce projet complètement barjot. Une citerne de vodka et une benne de sinsemilla ont probablement dû être livrés à domicile pour parvenir à écrire ce scénario digne d’une série Z. Le culot et l’arrogance propres aux deux producteurs permet pourtant à ce « Guns Don’t Kill People… Lazers Do » de décaper sans équivoque, les papiers peints où viennent se fracasser les beats. Au rythme incalculable de pulsations effrénées, les plages s’enchaînent dans le stupre et la sueur. Se permettant même l’audace, d’embarquer dans leur folie des noms comme YBYZ Kartel, Mr Thing, Mr Vegas ou Santigold, Switch et Diplo suscitent instinctivement la curiosité. Mais jeter une oreille distraite sur l’album est peine perdue. Dès les premiers accords, les strings se tendent, les chaînes en or étincellent et les torses se bombent. La contamination est immédiate, et le popotin se trémousse sans se forcer. Parfois un peu ‘too much’, voire même un tantinet écœurant, « Guns Don’t Kill People… Lazers Do » pourrait pêcher par excès tant le rythme est soutenu. A force de se dandiner, on finit par tomber à genoux, tout en suppliant de réduire le tempo. Complètement absorbé dans leur univers, les deux producteurs n’auront aucune pitié à l’instar de leur héros Le Major, et pousseront, plus loin encore leurs curseurs dans le rouge. S’ils n’ont pas de cœur, Switch et Diplo ont au moins, des cojones grosses comme des buildings.

 

Howard Glazer

Liquor store legend

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Howard est originaire de Detroit. Ce guitariste vit d’ailleurs toujours dans la Motor City. Son blues rock est électrique et puissant. Il tourne régulièrement en Europe flanqué de sa section rythmique : les El 34s. En l’occurrence le bassiste Bob Godwin et le batteur Charles Stuart. Naguère, il a joué en compagnie de l'harmoniciste noir local, Harmonica Shah. Une collaboration particulièrement longue. Les El 34s sont également responsable d’un album : "Brown paper bag". Glazer a écrit les treize plages de ce nouvel opus.

Il ouvre la plaque par le titre maître. Pour la circonstance, le trio est renforcé par l'orgue Hammond de Larry Marek. Howard n'attend guère longtemps avant de mettre le feu aux cordes. Cette plage d'ouverture est très participative. Les Greenfield Street Singers apportent leurs voix à celle du leader. Rock'n'roll bien emballé, "Let's go for a ride" emprunte le célèbre riff de Chuck Berry. Le gratteur est à son affaire. Il s’aventure en solitaire, suivi de ses fidèles acolytes. "Broken down Hotel blues" marque un retour au blues primaire, un morceau imprimé sur un tempo qu'aurait apprécié le géant Howlin' Wolf. Le son de la guitare est écorché. L'homme travaille sans filet, malmenant ses cordes pour créer son univers musical malsain. "Wonder why" constitue le blues lent usuel. Un exercice de style apprécié par Glazer. Ce musicien possède à coup sûr le feeling pour extraire de son instrument les phrases qu'il imagine dans son for intérieur. L'orgue épouse le chant. Les cordes reviennent sans cesse, même au bord de l'épuisement. Elles souffrent mais tiennent le coup face aux outrages que lui fait subir le maître. Le trio hausse le tempo pour aborder "Hanging by a thread". La section rythmique se révèle aussi solide que le métal de Detroit. Dommage que les chœurs féminins édulcorent quelque peu l'ensemble. Composition nerveuse, "Burning ain't no fun" est balayé par une slide gouailleuse, digne de l'albinos Johnny Winter. Blues étrange, presque grave, "Got to get going" mêle cordes acoustiques et timidement électriques. Les percussions semblent hors tempo. Une approche originale que Glazer devrait développer. Sans aucun doute la plage la plus originale. La machine bien huilée poursuit son chemin. "Take me back" se complait au cœur d’un climat torride. "Power" aligne un déferlement de notes triturées, décapantes. Il s’y dégage une énergie assez dévastatrice. Il n'est désormais plus possible de calmer le leader. Il n’en fait qu'à sa tête. Il s'engage dans un nouveau blues poisseux, saturé d'électricité, une compo intitulée "Walking in the rain". Dommage que le timbre vocal soit aussi monocorde car c’est un sacré musicien! Il fait rugir, gémir ses cordes, comme un Hendrix des temps modernes. "Bar fly boogie" prend son envol tout au long (oui, oui, et même bien long) boogie. Probablement une indication du style pratiqué par le combo sur les planches. Efficace, solide, soudée et entraînante, la section rythmique rencontre son moment de gloire! Howard achève cet album de bonne facture en solitaire. Il chante "Next train out", en s’accompagnant de sa guitare Resonator acoustique.

Howard Glazer

Brown paper bag

Écrit par
Howard Glazer est un citoyen de la Motor City. Un pur et dur. Normal puisqu’il est né à Detroit, dans le Michigan. Il pratique une forme musicale qualifiée de ‘high energy blues’. Il monte sur les planches, pour la première fois, à l’âge de 13 ans. A cette époque, il joue alors du jazz, du rock et du punk. A la fin des années 80, il s’oriente vers le blues. Il vit quelque temps à Chicago, sans doute pour s'imprégner de la musique locale ; mais revient vite chez lui pour former un duo en compagnie de l'harmoniciste noir Harmonica Shah. Ce tandem sévira six années et se produira un peu partout sur le nouveau et l'ancien continent. Il est également responsable de quelques albums, parmi lesquels je vous recommande "Deep Detroit" (Bluetrack), paru en 2000 et "Tell it to your landlord" (Electro-Fi), en 2003! Des différents musicaux provoquent leur séparation. Howard opte alors pour une aventure plus personnelle. Il fonde cependant les El 34s. En l’occurrence une section rythmique impliquant Bob Goodwin à la basse et Charles Stuart à la batterie. Glazer avoue avoir beaucoup écouté Buddy Guy, Johnny Winter, Hubert Sumlin et son concitoyen, Fred "Sonic" Smith (MC5). Et pour la 1ère fois, il peut enfin donner libre cours à son inspiration à travers treize compositions personnelles. Le Glazer blues est né.
 
L'album s’ouvre par le titre maître. Le trio joue naturellement sans filet. La guitare occupe - avec bonheur - tous les espaces. Enfin plus exactement une slide généreuse, gouailleuse et assez primaire. Quoique relativement monocorde, le chant s’intègre parfaitement aux cordes. "Cold, sad and lonely" évolue sur un tempo moins vivace. L’introduction émarge au Chicago westside. Un style proche d'Otis Rush. La guitare est en permanence sur le qui vive. La voix est grave, presque parlée. Elle ne se manifeste qu’épisodiquement, s’effaçant dès que possible, au profit des cordes. Le répertoire est très éclectique. Il passe au roots sur "Steamrollin' baby". Seul, armé d’une guitare acoustique, le chant du leader est en totale harmonie avec son instrument. Le courant passe! Glazer écrase les pédales pour accentuer les effets de ses cordes. Il chante "Going to Chicago" en relatant cet axe Chicago Detroit, qui lui tient tant à cœur. Maggie McCabe lui donne la réplique vocale. Mais le plus interpellant procède de la guitare détonante, bourrée d'effets. Tonique, elle broie tout sur son passage, dans un style proche de Jimi Hendrix. Blues long et lent, "Sad situation" constitue un exercice de style attendu. Howard (NDR : pas un débutant !) ne distille que les notes nécessaires. Il entrecoupe ses interventions d’espaces vides. Conférant à son interprétation des instants dramatiques. Tout en laissant le champ libre à la sensibilité exacerbée du musicien. Une formule qui ne manque pas de charme. Le solo monte progressivement de quelques degrés pour atteindre des sommets escomptés. Des sommets empreints d’une d'une fragilité bien naturelle pour ce blues à fleur de peau! Un point d’orgue atteint derechef sur "The dogs they bark at midnight". Intensité, émotion et douleur se rejoignent le temps de 9 minutes. Les doigts font de plus en plus vibrer les cordes. Ils y communiquent de l'effet. Nous ne somme plus loin d’un Buddy Guy! Howard attaque "Radioactive woman" sous un format acoustique. Un blues bien rythmé par les percussions de Charles. La voix soutient le texte dans un style, ma foi, assez personnel. "Full moon blues" constitue certainement un des meilleurs moments de l'album. L'homme est seul. Ses cordes au bord de la rupture libèrent un feeling tellement présent. L'échange opéré entre la voix et les cordes concède un rare moment de blues authentique ! Cinq minutes de bonheur ! Roots blues rock, "Don't love you no more" manifeste des accents empruntés au sud. La ligne de guitare est mélodieuse. Les voix féminines de Maggie et Stephanie Johnson épaulent le timbre particulièrement rugueux du leader. La guitare rythmique épouse délicatement un profil rock'n'roll. "Mean harted woman" conjugue virtuosité et technique tout en laissant le champ libre aux vertus instrumentales des El34s. Blues rocker, "Smokin' and drinkin" est une parfaite démonstration du style Glazer. "Start again" constitue un exercice en solitaire inspiré par John Lee Hooker. Et une musique freeform, sans doute inspirée par le fantôme de Jimi Hendrix, achève cet opus! Un elpee à savourer ! Et sans réserve !

Blazers

Puro Blazers

Écrit par

Les Chicanos de l'Est Los Angeles ont fait preuve d'audace en sortant un album chanté exclusivement en espagnol. Un opus qui réveille leurs racines mexicaines. Un démarche, à premier abord, déconcertante. Car si la partie rock fait preuve d'une certaine discrétion, la magie roots est opérationnelle. En effet, malgré les cumbias, polkas et boléros, les guitares sont bien branchées aux amplis.

"El Mochilon" montre bien le chemin. J'aime beaucoup le rythme dansant de la "Cumbia de la Carretera" de Manuel Gonzales et Ruben Guaderrama. Les percussions de Mike Molina et de ses amis invités à la fête sont bien accentuées. "Crei" est une jolie ritournelle bien romantique, capable de faire chavirer les cœurs latins. Les instruments traditionnels sont bien sûr de la partie. Et en particulier l'accordéon pour "Grande de Caderas", "Vieja escalera" et "Tu nuevo carinito". Une musique idéale pour déguster vos tacos, guacamole et chili con carne, boire sa margareta en reprenant tous en chœur le "Que si, que si, que no, que no" dans "Coco Rayado"! Ceci dit, je préfère tout de même leurs albums de roots rock, chantés dans la langue de Shakespeare, à l'instar de "Short fuse", "East side soul" ou de "Just for you", tous parus chez Rounder.