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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Fabulous Sheep

Fabulous Sheep au carrefour des âmes perdues…

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En 4 accords et dans une forme épurée, les Fabulous Sheep racontent une traversée, celle de leur ville, de leur vie, celle des doutes et des questionnements, celle d’une candeur juvénile qui s’évanouit pour un quotidien aliénant. Puis un jour on se réveille, entouré des murs que l’on a construit autour de soi même, dans un monde criblé de peur et de haine, aux carrefours des âmes en peine... (« The Crossroads of Lost souls »). Voulons-nous vraiment appartenir à cette société ?

Sur fond de rock tendu et nerveux, les enfants terribles de Fabulous Sheep jouent avec urgence, et chantent le désenchantement d’une jeunesse qui a pourtant encore des idéaux. Originaire de Béziers, la ville laissée pour compte dont les tensions politiques ont indirectement inspiré le groupe qui combat ces thèmes en chanson, la formation livre sa lutte artistique entre énergie positive et colère froide.

Des refrains scandés en chœur, des mélodies pop incandescentes à 3 accords, et une production comme du punk de stade mais enregistré dans un garage : Fabulous Sheep illustre son style sur un premier Ep abrasif baptisé "Kids Are Back", ainsi qu'un elpee, "Fabulous Sheep", sorti en 2019, en totale autoproduction.

Comptabilisant près de 300 concerts dans l’hexagone et en Europe, le band se fait remarquer se font remarquer grâce à ses prestations bouillantes et sa rage viscérale aussi bien dans les petits clubs que dans certains des plus grands festivals, et rapidement le groupe se forge une réputation scénique.

Fabulous Sheep a sorti en 2022 un nouvel album explicitement intitulé "Social Violence", un opus mis en forme par le combo ainsi que Jim Diamond (producteur américain de The Whites Stripes et The Sonics). Un manifeste rock d'une dizaine de chansons, comme des photographies du monde occidental actuel : smartphones et déconnexion totale de la réalité à travers "Satellite", la joie insouciante du tourisme à la mer et les réfugiés qui la traversent dans "Mediterannean Cemetery", le brainwashing télévisé tout au long de "Parasite" ou encore les schémas d'une vie, et d'une ville, qui nous aspire, et nous dévore de l'intérieur sur "The Future is Unwritten » ...

Le clip de "The Crossroads of Lost souls" est à découvrir ici

 

Lous & The Yakuza

Un concert plutôt cool…

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Entre l’Afrique et la Belgique, Marie-Pierra Kakoma, aka Lous & The Yakuza, a vécu plusieurs vies. Auteure-compositrice-chanteuse, elle s’est construite sur des contrastes qui font la richesse de ses morceaux. Des chansons pop à la fois bouleversantes et lumineuses, aux textes percutants, sensibles, et engagés. En 2019, les planètes s’alignaient pour un bel envol : une création durant les 41èmes Trans Musicales de Rennes, l’accueil du titre « Dilemme », puis la sortie de l’elpee « Gore », à l’automne 2020. Autour d’elle alors, quelques (très bons) génies gravitent : le batteur/producteur espagnol, El Guincho (El Mal Querer De Rosalía), le rappeur, beatmaker et ingénieur du son belge, Krisy (DeLaFuentes) et un pote à Damso : Ponko (prod. Hamza). Deux ans plus tard, son second opus « Iota » propulse l’artiste sur la scène internationale.

Elle a grandi entre la République démocratique du Congo, le Rwanda et la Belgique. Son enfance a été perturbée par la guerre. Elle a été séparée de ses parents. Parmi ses autres intérêts, Kakoma est obsédée par l'art japonais ; son habitude est de dessiner ses propres pochettes de disques. Le patronyme de groupe (The Yakuza) adresse un clin d'œil au syndicat du crime japonais. Elle a connu la rue et son inconfort ; elle y a été agressée. Par la suite, elle a enchainé différents petits boulots et passait de temps en temps les nuits dans un petit studio d’enregistrement. Ce qui lui a permis d’enregistrer des tas de chansons. Elle est également mannequin et égérie de Louis Vuitton et Chloé. Elle a assuré les premières parties d’Alicia Keys, de Coldplay et de Gorillaz aux States. Elle a été surnommée –sans doute un peu trop facilement– la Beyoncé belge.

Elle se produisait donc ce mardi 7 février à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Le concert est sold out depuis longtemps.

La première partie est assurée par un certain Rea. Artiste multi-casquettes, Rea est à la fois graphiste, peintre, danseur, grapheur, beatmaker, producteur et enfin rappeur : la liste est longue. En effet, Rea ne se laisse pas enfermer dans une catégorie. Son univers musical est à son image, peuplé d’influences rap, r&b et new wave, et le tout est parsemé de sonorités congolaises. Ses premiers titres, « Amoroso » et « Therapy », sortis tous deux en 2021, cumulent à eux deux, de nombreux streams sur la toile.

Début des hostilités à 19h55 précise, Rea est seul sur les planches. Sauf pour la dernière compo au cours de laquelle deux rappeurs viennent l’épauler au micro. Quelques minutes après le set décomplexé et étonnant de Rea, le duo revient sur scène pour interpréter deux morceaux. Apparemment, le supporting act était découpé en deux parties…  

Pour les photos, c’est ici

Une estrade est posée au centre du podium afin d’accueillir les musiciens : un drummer, deux claviéristes dont un des deux abandonne régulièrement son instrument pour empoigner une basse ou une guitare. Trois escaliers placés de chaque côté, permettent à Lous d’y accéder. Elle se consacre uniquement au chant.

Elle débarque les jambes serties dans des bottes noires de type cuissardes, sur un long manteau noir descendant très bas. Ce manteau s’ouvre pendant « La Money », laissant apparaître un body noir et une jupe portefeuille blanche sur un short noir. Elle réfléchit et déclare en anglais et surtout en français que la pénurie d'argent gâche une relation.

Elle ouvre le set par « Ciel », qu’elle interprète d’une voix à la fois belle, impérieuse et maîtrisée. Avant « Takata », elle va se délester de ses bottes pour chausser des baskets de couleur noire. Elle en explique la raison : un problème récent de paralysie des jambes. Elle est souvent plantée sur son estrade, mais vient parfois au contact des premiers rangs pour les inciter à bouger. Car la foule est plutôt statique, même si elle est acquise à sa cause. Faut dire que sa voix est relativement monocorde et n’incite pas à l’enthousiasme. Il faudra d’ailleurs attendre plusieurs morceaux avant que l’auditoire commence à se dandiner, et notamment lorsque le drummer donne des impulsions électro à certains morceaux. A épingler, quand même, l’agilité des doigts du claviériste sur ses ivoires.

Attaquée en piano/voix, sa version du « Under the skin » de Frank Sinatra est superbe. « Kisé » évoque une liaison passionnée, mais imprudente. Lous y intègre l'anglais au français comme s'il n’existait pas de déconnexion. Dans le refrain, au lieu de ‘À deux dans le moshpit, aux pieds nos Yeezys’, elle s’autorise ‘Ensemble dans le moshpit, Yeezys on our feet’ (NDR : en fait, Yeezys est la ligne de chaussures Adidas conçue par Kanye West). Sur disque, elle est accompagnée par Damso, sur « Lubie ». Elle nous en livre une version dépouillée, empreinte de douceur, mais magnifique.

23 morceaux enfilés, en 75 minutes ! La setlist de Lous & The Yakuza a quasiment visité les plages de ses deux albums « Gore » et puis surtout son dernier, « Iota ».

Finalement ce sont les compos les plus cool, parfois teintée de soul ou de jazz qui ont marqué les esprits…

Pour les photos, c’est

Setlist : « Ciel », « La Money », « Takata », « Interpol », « Tout Est Gore », « Dans La Hess », « Kisé », « Handle Me », « Bon Acteur », « Courant D'Air », « Under My Skin » (Frank Sinatra cover), « Lubie », « Je Ne Sais Pas », « Laisse-Moi », « Autodéfense », « Trésor », « Solo », « Yuzu Balade », « Hiroshima », « Monsters », « Téléphone Sonne », « Amigo ».

Rappel : « Dilemme »

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)

 

 

Lous & The Yakuza

Les atomes de Lous And The Yakuza…

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Lous and The Yakuza annonce la sortie de son second album, « IOTA », qui paraîtra ce 11 novembre 2022. Ce nouvel opus permet à Lous de se pencher sur son âme et la positionne à nouveau comme un nom établi dans le paysage musical. Créative et touche-à-tout, Lous est déterminée à suivre sa propre voie. Dans ce projet, elle propose un son éclectique et dénué de tout cynisme : un pur reflet de son monde intérieur et un aperçu d'une artiste aux mille influences différentes, capable de prendre ses propres décisions et de rejeter toute étiquette.

L'album est une ode à l'amour dans sa forme la plus rare. Ce qui reste quand la passion s'évapore. Les titres dessinent un voyage tourbillonnant à travers les épanchements et les déceptions, suivant les traces des épreuves romantiques de Lous comme des pétales arrachés à une tige. Ils m'aiment, ils ne m'aiment pas, ils m'aiment beaucoup, ils ne m'aiment pas du tout...

Vendredi dernier, Lous And the Yakuza a dévoilé « Hiroshima », un dernier extrait de son prochain opus. L'artiste belge apparait dans une performance live pour la première édition française de Vevo LIFT et nous introduit à son univers visuel. L'artiste a travaillé en étroite collaboration avec Vevo pour créer un espace atypique inspiré par le monde théâtral et imaginatif des animés. L'ensemble de la décoration adresse un gros clin d'œil à la série japonaise de mangas Galaxy Express 999 que Lous adore.

Le clip « Hiroshima » est à découvrir ici

 

The Fabulous Progerians

The Fabulous Progerians

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C’est par quatre gros coups de basse bien lourds que les Bruxellois de The Fabulous Progerians vous accueillent. Après six années d’existence, le band publie (enfin !) son premier album studio. Un opus éponyme. Une sobriété qui s’étend jusqu’à l’artwork du digipack, visiblement centré sur le rôle que peut jouer le cerveau chez l’homme. En témoigne ce contour de visage dessiné de profil, au milieu duquel une météorite semble illuminer un paysage embrumé, irradiant particulièrement dans le bas une ombre qu’on pourrait prendre pour un chamane ou un druide. Le message est clair : cet LP va s’attaquer à votre psyché.

A n’en point douter, The Fabulous Progerians milite dans le Sludge. Rythme lent, voire indolent, caractérisé par une basse à l’avant-plan et une guitare lourde et grave, le tout saupoudré de parties vocales écorchées et languissantes. Tous les ingrédients du genre sont au rendez-vous. En pas moins de onze pistes, les artistes nous emmènent en balade. Détendez-vous, laissez-vous guider tout au long de ce périple alternant entre longues routes et chemins sinueux. A l’instar de « Black Storm », une agréable randonnée qui s’achève en course folle où guitare, basse et batterie rivalisent crescendo en rapidité.

Ce parcours au pays du rocailleux est également une occasion d’inviter quelques potes à faire un bout de chemin. C’est donc avec un plaisir non dissimulé qu’on retrouve Alain Vandenberghe, vocaliste de Goddog, apportant de la couleur et quelques envolées vocales jouissives à « God Speed ». Ou encore Danny M., chanteur de Deviate, formation qui a marqué le paysage Hardcore belge dans nineties, sur l’hypnotique « Out of The Abyss ». Les musiciens se permettent également d’introduire quelques sonorités particulières, communiquant progressivement à ce long playing, une identité atypique. Comme ces allusions robotiques et futuristes, typiques SF, amorcées par exemple sur « God Speed » et poursuivies sur « Stellar ». Ou encore l’introduction de ligne de trompettes (oui, vous lisez bien !) sur « Collapse » et « This Earth is Flat ». Judicieusement dispensées, elles apportent un bon bol d’air frais (NDR : et bien mérité) au sein de ces compositions lourdes et intenses.

Autant ne pas le cacher, même si le style musical au sein duquel s’inscrit le combo permet de se défouler sans grande prise de tête, il n’en est souvent pas moins souvent répétitif et linéaire. Mais The Fabulous Progerians parvient à tirer son épingle du jeu en osant certaines échappées, adressant dès lors un pied de nez à la monotonie qui le guette. On aimerait néanmoins que les grains de folie soient plus nombreux, afin de dépasser cette apparente retenue et finalement laisser exploser ce cocktail Molotov. Se consumant pendant 45 minutes, il finit par ne jamais vous sauter à la figure. Vous avez aimé cet album ? Sortez de chez vous et allez applaudir TFP en live ; vous y vivrez un bon moment de Rock grinçant et crasseux !

 

The Fabulous Thunderbirds

The Fabulous Thunderbirds

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Plus de trente années que la formation texane roule sa bosse sur les routes du blues. Et au cours de cette longue existence, elle a enregistré le séjour d’une multitude de musiciens talentueux. Dont, bien sûr, Jimmie Vaughan. Membre fondateur et guitariste. Et puis des tas de sections rythmiques. Aussi talentueuses les unes que les autres. Mais du line up originel, il ne reste plus que le chanteur/harmoniciste mythique Kim Wilson. Pourtant, il a embrassé, en parallèle, une carrière solo. Mais son projet immortel demeure les T-Birds. Au sein du line up actuel, militent les guitaristes Johnny Moeller et Mike Keller, le bassiste Randy Bermudes et le drummer Jay Moeller. Ils ont tous un peu moins de 40 balais, alors que le toujours jeune Kim en fêtera bientôt soixante.

Enregistré aux studios Churchhouse d'Austin, en 2009, "Fab T-Birds" constitue bien le dernier elpee concocté par Kim. Mais il n’est disponible que lors des concerts accordés par le combo.

L'attaque pratiquée sur "Satisfied" est assez brutale. A cause des deux guitares texanes largement amplifiées ; pourtant, la voix chaleureuse et si caractéristique de Kim reprend rapidement le dessus, tout au long de ce R&B bien entraînant. Très rythmiques, les cordes impriment une cadence infernale. Elles sont appuyées par les percussions franches et précises du cadet des Moeller. Le tempo ralentit pour aborder "I'll be around". Les guitares restent bien à l'avant. Des effets de réverbération communiquent une coloration bayou, mais également lugubre, à l'ensemble. Nerveux, Moeller est prêt à bondir à la première occasion ; mais il est rapidement rejoint par son comparse Keller pour célébrer cette fête des cordes. Un train lancé à vive allure propulse "Take me as I am". La section rythmique est accrocheuse et solide. Les lignes de basse tracées par Bermudes pètent de santé. Soutenues par un orgue, elles vont au combat, alors qu’un chant gospel est conjugué par la voix masculine de Kim Wilson et celle, féminine, de Miss Lavelle White. Superbe ballade lente, "Do you know who I am" est remarquablement chanté par Kim. Une compo dont les lyrics soulèvent la question de l’intégration. Il raconte l’histoire d’un homme considéré comme un étranger au sein de son propre quartier, à New Orleans. Alimentée par l'orgue Hammond de David Boyle ou d’Anthony Farrell, cette chanson interpelle. "Payback time" s’ébroue dans une ambiance très roots, proche du blues du Delta. Nous somme précipités dans l’univers quintessentiel des T-Birds. Kim sort enfin son harmo de sa poche et se met à souffler. Un véritable régal ! Il a d’ailleurs conservé toute la puissance de son souffle. La machine à rythme reprend le dessus et monte progressivement en puissance, tout au long de la cover du "Love the way you love" d'O.V Wright. Kim chante à la manière d’un James Brown au sommet de sa forme. Miss White le seconde. Les cordes entament un véritable ballet. Funk et groove envahissent "Got to bring it with you". Shuffle texan de toute bonne facture, "Baby I love you" est partagé entre les plus grands spécialistes du style ; et bien entendu, la musique à bouche revient à l’avant-plan. Signé Randy Bermudes, "Runnin' from the blues" est un superbe R&B dont la ligne mélodique imparable est soulignée par un orgue Hammond. Autre R&B, mais comme Mr Wilson l’affectionne, "Hold me" est investi par des guitares classieuses et incisives. D’excellente facture, cet elpee s’achève par une cover saignante du "Cat squirrell" de Doctor Ross. Une interprétation sauvage, plus que probablement opérée ‘live’, mais en studio, caractérisée par des interventions très offensives à l’harmo et un Jay qui cogne dur sur ses fûts.

Plusieurs extraits sont en écoute sur la page MySpace du groupe. Un site sur lequel plusieurs clips vidéo sont également visibles. Les T-Birds sont annoncés en Belgique pour le début du mois de juillet. Mais leurs nombreux fans se demandent si cet opus, sortira un jour sous une version physique officielle…

 

The Fabulous Thunderbirds

Butt rockin

Écrit par

Toujours produit par Denny Bruce, le troisième album des Tbirds sort en 1981. Encore chez Chrysalis. Le line up est identique à celui qui a commis " What's the world ".

Amusante pièce de cajun rock, "I believe I'm in love" démarre à vive allure. Co-composé par Kim et Nick Lowe, " One's too many " est fort différent du répertoire habituel. Une rencontre qui va se concrétiser sur l'album suivant. Titre novateur, "Give me all your lovin" bénéficie du concours de ses amis de Roomful of Blues. En l'occurrence Al Copley au piano, ainsi que Greg Piccolo et Doug James aux saxophones. Jimmie se montre un guitariste tout aussi intéressant que les légendaires gratteurs du groupe de Rhode Island, Duke Robillard et Ronnie Earl. Le piano et les cuivres s'attardent et s'invitent à la danse du rock'n'roll, "Roll, roll, roll". Qui ne connaît le thème instrumental de "Cherry Pink and apple blossom white" ? C'est ici le moment choisi par Kim pour afficher son originalité et y étaler sa virtuosité. Bien ficelé, "I hear you knockin" prend la direction de la Louisiane, de Baton Rouge en particulier ; avant de nous plonger dans l'univers de Jay Miller. La rythmique dirige l'ensemble. Kim recrée les phrases chères à Lazy lester et Slim Harpo. C'est d'ailleurs le moment choisi pour aborder "Tip on in" de Harpo, secondé par Anson Funderburgh à la deuxième guitare. "Mathilda" baigne toujours dans l'ambiance de la Louisiane, alors que "In orbit" aborde le West Coast Blues, avec le même bonheur. On y retrouve enfin trois inédits issus cette époque, dont les excellents "I found a new love" et "I got eyes. Enregistrés lors des mêmes sessions à LA, ils comptent pour invités les inévitables Roomful of Blues…

 

The Fabulous Thunderbirds

Girls go wild

Écrit par

Eponyme, le 1er album des TBirds est sorti en 1979, sur le label Takoma. Il s'ouvrait par les accents de la guitare de Jimmy posés sur "Wait on time", un tour de force composé par Kim Wilson. Composé par Slim Harpo, "Scratch my back" a toujours été associé au son du groupe, caractérisé par les interventions gallinacées de la guitare, et l'arrivée d'un nouveau maître de l'harmonica! Les instrumentaux "Pocket Rocket" et "C-Boy's blues" démontraient le talent, la fougue et la puissance de Kim sur des exercices inspirés par le maître Little Walter. Le style Vaughan se dessinait essentiellement sur une solide emprise rythmique. "Rich woman" en était un exemple parfait. Forçant instantanément le respect, la rythmique de Jimmy était implacable. Un ingrédient indispensable au bons shuffles que sont "Marked deck" et "Rock with me". Le blues lent n'était pas pour autant boudé. Comme sur "Full-time lover", où les cordes de Jimmy répondent au chant de Wilson. Le cœur du quartet texan penchait volontiers vers l'Est, vers la Louisiane et son swamp blues, tellement proche des racines. Ecrit par Jerry McCain, "She's tuff" est un autre canon dont le groove est produit par la section rythmique. Le swing était aussi maîtrisé. Issu de la plume de Wilson, "Let me in" en est un bel exemple. Trois plages inédites figurent en finale. Elles ne datent pas de cette époque et Fran Christina en assure les parties de drums. Sur le "Look whatcha done" de Magic Sam, Vaughan reproduit le célèbre riff de Sam Maghett, avec une facilité déconcertante. Il est tout aussi conquérant sur le rythmé "Please don't lie to me". Plage inspirée par le célèbre "The things that I used to do" de Guitar Slim, "Things I forgot to do" est une chute de bande du 3ème album.

 

The Fabulous Thunderbirds

T-Bird Rhythm

Écrit par

Nick Lowe, qui sévissait alors chez Rockpile, adorait les FabTs. Son contact étroit avec Wilson va l'amener à produire leur 4ème album. Le dernier chapitre de la 1ère période du groupe qui sortira en 1982. Lowe ne fit pas sonner les Thunderbirds comme un groupe pop. Mais il parvint à insuffler un côté commercial à leur démarche, tout en garantissant la pêche rythmique.

A nouveau, la plage d'ouverture "Can't tear it up enuff" déménage à ravir. La réussite "commerciale", c'est la plage qui suit, "How do you spell love". Nappé par l'orgue Hammond, ce R&B au chorus irrésistible baigne dans un climat proche de Memphis. La cohésion sans faille de la paire Ferguson - Christina et l'extraordinaire partie de cordes de Vaughan élèvent le shuffle de "You're hambuggin' me" à son zénith. Remercions Lowe d'être parvenu à conserver l'approche rythmique ; celle qui assure la solidité basique du son de ce band d'Austin. Et "Lover's crime" en est le plus bel exemple. L'ouverture de "My babe" démontre à nouveau la musicalité de l'ensemble. Un groupe qui dans ce style avait manifestement peu de rivaux. Devenu par la suite un de leurs titres favoris live, "My babe" est un killer. Retour en Louisiane, côté de la Nouvelle Orléans, pour "Neighbor" de Huey Meaux et "The monkey" de Dave Bartholomew". La musique respire les bayous tout proches. En finale, "Tell me" de Jay Miller célèbre le retour victorieux du shuffle ; tandis que "Gotta have some" et "Just got some" consomment le blues sur un tempo ralenti, paresseux même! " T-Bird Rhythm " constitue le dernier elpee enregistré en compagnie de Keith, avant qu'il n'aille rejoindre les Tail Gators de Don Leady. Le disque ne recèle aucun bonus track, probablement pour maintenir l'harmonie de la production de Nick Lowe.

 

The Fabulous Thunderbirds

What´s the word

Écrit par

Mon album favori des TBirds! Fran Christina a pris la place de Mike Buck à la batterie. L’elpee démarre merveilleusement par un "Runnin' shoes" de Juke Boy Bonner. Un titre qui pourrait sortir d'un titre d'Howlin' Wolf speedé. Kim et Jimmie sont au sommet de leur art! Le rythme accélère encore. Très rock'n'roll cajun avec "You ain't nothing but fine". Mais le meilleur des Tbirds, c'est le shuffle. Comme sur "Low-down woman", où la rythmique de Vaughan sert de base de lancement pour l'harmonica puissant, solide de Wilson. Jimmy a probablement transformé son prénom en Jimmie suite à sa superbe partie de cordes sur l'instrumental "Extra Jimmies", une sorte d'hommage aux anciens Texans, Freddie King et Albert Collins. Kim lui rend la monnaie de sa pièce sur d'autres instrumentaux. En l'occurrence sur "Jumpin' bad", ainsi que "Last call for alcohol" inspiré par Little Walter et James Cotton. La version définitive de "Sugar coated love" constitue un clin d'œil exceptionnel aux swamps louisianais. Le son est à couper le souffle et les solistes crèvent à nouveau l'écran. Ce scénario se reproduit un peu plus tard pour l'imparable "The crawl". C'est avec des poumons d'acier que Kim attaque un tonifiant et énergique "Learn to treat me right". Une composition exceptionnelle, dont le rythme est familier à Jimmy Reed. Vaughan puise son inspiration chez Albert King et Magic Sam pour épauler Kim sur "I'm a good man" et "Dirty work". L'elpee originel s'achevait par une autre composition impériale de Wilson, "That's enough of that stuff". Les trois bonus tracks ont été immortalisés ‘live’ au Bottom Club d'Austin. Ils figuraient déjà sur l'excellente collection baptisée "Different tacos". Cet opus se signale également par deux versions tellement belles de "Bad boy" et de "Scratch my back".

 

Lousiana Red

Millennium Blues

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Quelle bonne idée Iverson ‘Lousiana Red’ Minter a eue de revenir enregistrer à Chicago. Lui qui vit en Allemagne depuis si longtemps. Un disque très ‘rouge’ pour Red. A la pochette où le rouge voisine le noir. Le Red qui intervient aussi sur 3 titres dont l'ouverture très Muddy Waters, "Red's vision". Red y développe sa vision des événements qui font l'actualité. Il est entouré de musiciens de première main qui s'entendent à merveille. Et cela se remarque.

C'est la fête sur "Play on your harp": Willie "Big Eyes" Smith à l'harmonica (pas à la batterie) et Allen Batts au piano. Quant au rythme il est mené par la basse de Willie Kent. Et puis vient enfin la slide, roucoulant dans un blues lent qui ne peut venir que de Chicago. Tout est parfaitement en place, bien huilé. Une superbe parenthèse jazz dans l'instrumental qui suit "Red's jazz groove" avec un solo pas piqué des vers, commis par Brian Bisesi. Musicien habituel de Luther Johnson, il a été invité pour gratter sur quelques plages. Brian et Red s'échangent des soli juteux sur le lent "Too poor to die", à nouveau très Waters. Red a eu une enfance très difficile dans les orphelinats. Sa mère est décédée d’une pneumonie, alors qu’il ne comptait que 7 jours. Il avait 5 ans lorsque son père est lynché par des membres du Ku Klux Klan. Le thème de sa jeunesse revient souvent dans son œuvre. Comme sur "Red's childhood memories", témoignage parlé, et "Orphanage home blues", absolument poignant, où Red n’est accompagné que de sa guitare. Ce couple reste pour "Leechie gardens" et "Got a home in that rock". L'amplification revient pour les 4 derniers titres, dont "That Detroit thing". Un rappel d'années passées dans la Motor City, parfois aux côtés de John Lee Hooker. Cet excellent album se termine par le "Millenium blues".