La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Lunar Isle

Parasol

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Lunar Isle, c’est le projet de David Skimming, un Ecossais établi à Séoul.

Mêlant dream pop, shoegaze classique et éléments indie rock, ses paysages sonores complexes et atmosphériques se distinguent par leur qualité onirique ; et ses mélodies chatoyantes, teintées d’une touche de mélancolie, reflètent à la fois la chaleur et l’introspection provoquées par un été imaginaire…

« Parasol » constitue son quatrième elpee, une œuvre dont la bedroom pop rêveuse et enchanteresse est traversée de cascades de guitares fluides et parfois par des rythmes électroniques…

Issu de « Parasol », « After Sun » est en écoute

Podcast # 43 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

The Lunar Tiki's

Surf sur vague garage...

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Moins de monde que prévu pour cette belle affiche programmée par ' Rock it Mourcourt', une organisation particulièrement dynamique issue de la région de Tournai. Fondée début 2004, sa programmation privilégie la mouvance punk rock garage 60's/70's. Et la configuration du Centre culturel de Mourcourt se prête très bien à ce type d'évènement. Par contre, pas mal de spectateurs (dont plusieurs médias) découvraient pour la première fois cette petite salle. Et il ne fait aucun doute, qu'ils auront apprécié la convivialité de cet espace perdu au beau milieu de la campagne tournaisienne.

Les Lunar Tiki's, vous n'en avez probablement jamais entendu parler. Et pourtant, hormis la chanteuse, ce quintet est composé de vétérans de la scène rock. On y retrouve ainsi le claviériste Simon Rigot (ex- Bernthøler), le bassiste Philippe 'Flupke' De Clercq (il a milité chez les Moonshades et The Nervous Shakes), le guitariste Roland Bettenville (fan de surf music, cet ingénieur en électronique s'est illustré au sein de diverses formations locales au cours des nineties) ainsi que le drummer Michel Zylbersztajn. Alias Michel Z, il a enregistré un album sous le patronyme NOH MASK, sévi chez les Streets et surtout les Names. Pour ceux qui s'en souviennent encore, The Names s'était produit en première partie de A Certain Ratio, à Manchester en 1980, avait commis un single remarquable l'année suivante (« Calcutta ») et un excellent album en 1982 (« Swimming »), sur le label 'les Disques du Crépuscule' et sous la houlette de Martin Hannett. La chanteuse n'a que 18 ans. Mais sa voix est puissante, claire, sensuelle et bien timbrée. Et quoique de petite taille elle possède une véritable présence sur les planches. Musicalement, les Lunar Tiki's pratiquent un rock/garage/psyché/surf assez efficace. Surtout lorsqu'ils interprètent leurs compos personnelles. Une solution sonore délicieusement rognée par l'orgue Hammond. Un regret : le choix de deux reprises : « L'aventurier » d'Indochine et « Tainted love » de Soft Cell, enfin immortalisée par Soft Cell. Pas assez revues et corrigées suivant le code garage. Donc pas assez originales. Mais dans l'ensemble, cette entrée en matière s'est révélée plutôt réussie…

Fort d'un premier album épatant (« Hellelujah »), dont les ventes ne décollent toujours pas (un phénomène invraisemblable !), The Experimental Tropic Blues Band est donc reparti en tournée. Après leur set, le trio devait filer sur Mons pour clôturer un mini festival. Ce qui explique pourquoi, en début de prestation, on avait l'impression qu'il en gardait sous la pédale. Par rapport aux concerts auxquels j'ai pu assister du combo, Dirty Woolf semble plus effacé. C'est Boogie Snake qui se charge davantage des vocaux. Il s'agite, se secoue la longue chevelure blonde et dirige les débats. Il se laisse même porter par le public. Bien équilibré, le tracklist alterne compos bluesy et titres plus trash. L'électricité fait rage. A un tel point que Dirty Wolf, commence enfin à se réveiller et empoigne le fil alimentant  les loupiotes pendues au dessus de la scène. L'effet est immédiat : une panne de courant. Mais le groupe en a vu d'autres et Boogie Snake se lance dans un show improvisé au milieu du public, le temps de remettre le jus. Faut croire que cet incident a eu le don de survolter Wolf, puisqu'il s'est enfin lâché, se laissant, à son tour, porter par le public, et se déchaînant à son tour sur scène. L'intensité est alors maximale ; mais le groupe doit encore prester 50 km plus loin. Et en un éclair, remballe le matos, remercie vivement le public et prend la clef des champs. Dommage, car on a eu l'impression de n'avoir eu droit qu'à un échauffement. Question quand même : pourquoi une guitare rectangulaire (elle me rappelle celle de Bo Diddley) est demeurée dans son rack ?

C 'est dans leur combinaison intergalactique que Two Star Hotel avait décidé de se produire. Sous cet accoutrement, la formation de Al et Ben Plastic n'a jamais été aussi proche de Devo. Même dans l'attitude. Robotique, mécanique, hypnotique, son funk blanc me rappelle même parfois Gang Of Four, mais sans les breaks. C'est sans doute ce qu'ils appellent du plastic-avant-rock. Fatalement, mis sur orbite par une musique semblable, on a envie de danser. Un excellent chanteur, une énergie sidérale, un jeu de scène bien en place, il ne manque plus à Two Star Hotel que de baliser ses compos de ruptures pour s'extraire d'une certaine linéarité mélodique et peut-être le concours d'un clavier pour donner davantage d'amplitude à leur odyssée sonore. C'est un avis que partageaient bon nombre de spectateurs lors de ce rendez-vous cosmique. Et sans doute une condition pour que T.S.H. s'extirpe de la zone nébuleuse de l'underground (encore que vu les costumes on se serait cru catapulté dans un épisode de la 'Guerre des étoiles'). Faut-il encore qu'il le veuille…

Au cours de cette soirée, on a eu droit au show théâtral d'Interlude. Dans les chiottes, dans le public et même sur le podium. Quatre types habillés comme des agents secrets du KGB (devait faire chaud là-dessous) qui chantent –notamment– des comptines de Noël pendant que l'un d'entre eux gratte un ukulélé. Le spectacle est très humour second (voire troisième) degré et s'achève par le strip-tease d'un des membres tournant sur lui-même, la tête surmontée d'une bougie et exhibant des boules (de Noël, bien sûr) accrochées à la taille. Apparemment, le sexe féminin a beaucoup apprécié l'effeuillage…

 

 

Cris Luna

Phoenix

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Depuis la formation de son groupe, Cris Luna, il y a 7 ans, Christophe Schoepp prend un malin plaisir à agréger rock et hard rock, en puisant son inspiration dans les 70's et les 80's. A l’origine, son projet était personnel. C’est d’ailleurs en solo qu’il a concocté ses deux premiers opus : "Babylon Child" (2012) et Maëlstrohm" (2014). Pour enregistrer "Phoenix", le Lorrain s’est donc entouré d’un véritable groupe, incluant le bassiste Nicolas Fageot, le batteur Benoît Cazzulini (Ange, Band Of Gypsys), ainsi que le guitariste Florent Latarche.

Malgré ce changement de line up, rien de bien neuf à se mettre dans les oreilles. Ou susceptible de nous inciter à montrer les dents. Et l’image qui figure sur la pochette annonce la couleur. L’essentiel de cet LP baigne dans un hard rock qui transpire de nostalgie. Et "Heavy Metal Kid" en est certainement le plus bel exemple. Les riffs sont musclés, mais le climat général reste bon enfant. Pourtant, c’est lorsqu’il change de registre que le combo devient le plus intéressant. A l’instar de l’écrasant "Lord of Luna", du psyché/folk "Exit" ou encore d’"American Boy", une plage hantée par Smashing Pumpkins.

 

Ava Luna

Infinite House

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Ava Luna n'est définitivement pas un groupe comme les autres. Originaire de Brooklyn, ce quintet se fiche éperdument des codes et se plaît même à transgresser les règles. Touchant à la fois au post-punk, à la pop, au rock, au funk voire au hip hop, la musique d'Ava Luna regorge d'idées qui vous sautent à la figure sans crier gare. Il est tout bonnement impossible d'y coller une étiquette. Chacun des onze morceaux a son propre univers. Les vocalistes et l'instrumentation varient sur chaque titre. Jamais l’ennui ne guette. Les changements de rythme son légion, à l’instar de "Company". Les chants (ou le phrasé sur "Steve Polyester") ne sont pas vraiment ce que l'on peut appeler des harmonies vocales. Des sonorités électroniques apparaissent inopinément. Comme sur "Tenderize ». La basse caoutchouteuse constitue le fil rouge d’« Infinite House ». Mais également –même si elle est en filigrane– une mélodie qui finit toujours par éclore.

Alors bien évidemment, à premier abord, l'écoute de "Infinate House" (troisième elpee des New-yorkais) peut exaspérer. Mais au fil des lectures, on commence à entrer dans cet univers sonore. D’abord acceptable, il finit par devenir agréable, et même au final dynamique…. 

 

Luna Gritt

Luna Gritt (Ep)

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Comme la tache qui se dessine au verso de cet elpee, d’allure symétrique et pourtant nuancée, la musique de Luna Gritt se décline en auréoles subtiles. Comme pour paraphraser Magritte et souligner que les apparences sont trompeuses.

Tel un vernis sombre qui protégerait la tendre mélancolie tramée là-dessous, cette tache uniforme se découpe le long d’un méridien imaginaire.

Des contours nets et précis mais qui masquent difficilement le tremblement de l’imprévu, de l’inattendu.

Des repères évidents jalonnent ces quatre titres. La précision mécanique d’un enregistrement soigné qui laisse transparaître la liberté d’un travail ancré dans la tradition DIY, non pas dans la version sale et Punk de ses premiers jours, mais au sein du confort d’un présent décliné proprement au travers de quelques erreurs binaires.

Un soin particulier, presque scolaire, mais qui n’ensevelit pas pour autant la passion ici protégée, comme dans un écrin.

Les mélodies opèrent un travail remarquable, précis, encerclant les chansons de broderies enjoliveuses. Tout paraît évident. Mais en suspens, la valse des illusions continue à s’imprimer sournoisement.

Et puis, il y a cette voix. Qui serpente et s’installe en hôte de ces lieux.

Elle aussi, trompeuse.

Comme la maîtresse du rêveur égaré, elle promet de se donner mais s’esquive comme la marée. Jamais rattrapée, toujours une longueur d’avance. Juste assez que pour être frôlée.

Pas assez que pour se laisser posséder.

Caresse d’un  éphémère confort, d’une brûlure cuisante et pourtant désirée.

Luna Gritt est une dualité maîtrisée, qui joue de ses atours comme une catin dissimulant ses chagrins tout en pudeur et jouant avec talent d’une beauté évidente, tellement qu’elle en devient provocante.

Un masque de perfection qui dissimule une faille, une faille qui invite secrètement à la chute.

 

Maya luna's day

Revelation of the end

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Projet en forme de thérapie, Maya Luna's day divulgue l'attrait de son concepteur (Owen Replay) pour les sonorités orientales mêlées aux technologies modernes.

Belge aux origines péruviennes, l'artiste, féru de sonorités digitales, développe sur ce concept une imagerie sombre et apocalyptique, sans pour autant noircir trop le trait de sa musique. Et c'est peut-être là que réside le plus gros défaut de cet album, dont l'intérêt reste aussi volatil que la fumée d'un bâton d'encens.

Quelques bonnes idées, parsèment circonstanciellement le paysage sonore et l'utilisation d'instruments acoustiques tels le duduk ou le violoncelle apporte une coloration émotionnelle à l'ensemble. Mais au final, ce « Revelations of the end » reste, à l'exception du titre funeste « The genocide of the innocents », bien trop sage à mon goût.

Parfois pâteux (« Light in the sky »), souvent anecdotique, l'album s’achève dans une « Apocalypse » à moitié cachée dont les résonances technoïdes pourraient éventuellement faire mouche sur le dancefloor.

Mais du reste, nulle révélation sur la fin...

Lunabee

Prenez garde aux flots bleus

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Ils sont cinq : Lunabee (NDR : ben oui, ce n’est pas que le nom du groupe), Pacale Vervloet, Pierre Vervloesem, Pierre Louis, Brigitte Thiriart et Thierry Mondelaers. Italiens, Anglais, Australiens ??? Non !!!… Des patronymes pareils, ça ne vous dit rien ? Et oui, évidemment, ils sont belges.

Seule au départ avec ses claviers et ses envies électroniques, Lunabee s’amuse en samplant et en produisant des sons bizarres comme elle les qualifie. Elle compose quelques chansons, s’essaie à les chanter mais très insatisfaite du résultat, décide de ne plus la jouer perso et s’entoure de quelques comparses.

Sur ses musiques, Pierre et Brigitte ajoutent leurs textes. Rarement belles, de temps en temps drôles mais très (trop) souvent glauques, les paroles sont tristes, noires, désespérantes. Un assemblage original… si l’on aime le genre ; mais un peu lugubre, caustique et parfois avec un goût ‘chargé’ !

La voix n’est plus celle de Lunabee, mais de Pascale. Une voix fluette, enfantine, pure, cristalline qui tente de porter à bout de bras les compositions de la formation. Découpé en quinze titres, l’album est assez inégal. Le meilleur (« Les rats », « Poupée de chair », « Un petit peu ») côtoie le pire (« Quand maman n’est pas là » et… les onze autres).

Les lyrics sont souvent à prendre au second degré, voire même davantage. Poelvoorde fait rire ou sourire dans « C’est arrivé près de chez vous ». Lunabee s’essaie dans un style très proche ; mais hélas, le glauque reste glauque et les musiques répétitives et ‘dépressives’ finissent par lasser. Et là, on ne rit plus du tout. On déprime, on se retrouve dans les pages de faits divers des journaux à sensation. Bref, en un mot, on s’ennuie. Alors je dis ‘Stop’ !!!

Trois morceaux sur quinze, c’est un peu maigre pour se satisfaire d’un premier essai. A revoir… sachant que ce premier Cd date déjà de 2005 et qu’il contient malgré tout trois titres de bonne facture.

Cependant, une lueur d’espoir pointe à l’horizon. ‘Coupable’ d’une reprise heureuse du « Nationale 7 » de Charles Trenet, le combo belge a eu sa minute de gloire dans la revue des Inrockuptibles de juillet 2008. Amplement méritée, cette récompense devrait donner des envies plus ‘dansantes’ à Lunabee. On attend la suite, et surtout des flots bleus...

 

Cult Of Luna

Un astre de glace

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Un peu plus de trois cents personnes s’étaient déplacées ce mercredi 9 janvier au Bota pour assister au concert du quintet suédois Cult Of Luna ; une prestation  précédée par celle de deux autres formations, l’une anglaise, l’autre belge.

C’est le groupe anglais Bossk qui ouvre le bal. Sur fond de murs de guitares distordus, sa mécanique rythmique est efficace. Tantôt lancinante, tantôt percutante. Issue du Kent (Angleterre), cette très jeune formation est fascinée par le monde de ‘Star Wars’ (Bossk, c’est le méchant hybride homoreptilien qui apparaît dans le film ; d’ailleurs, les membres du groupe participent à de véritables jeux de rôle dédiés à cette épopée cinématographique). Bossk va dispenser, durant un peu moins d’une demi-heure, un répertoire postcore privilégiant une structure musicale instrumentale et atmosphérique oscillant entre les envolées d’un Explosions in the Sky et celle de Mogwai. Un set d’excellente facture, à la hauteur de son premier EP « 1 », distribué en 2006 par le label QnotQ. Les mélodies suggèrent parfois, et à notre grande surprise, des références de la scène noisy pop anglaise (NDR : osons citer Ride !) ou américaine (Jesus and Mary Chain !) ainsi que le son métallique et lourd d’Isis. C’est pourtant lorsqu’il tente d’intégrer au son métallique des références incontournables de l’underground britannique qu’il se révèle le plus intéressant. Du britcore ? Pourquoi pas ! Ce type d’expérimentation doit faire grincer les dents des aficionados les plus puristes du métal ; mais également ravir celles et ceux qui attendent vainement un sursaut créatif du rock anglais, gangréné depuis trop longtemps par le business et le marketing. Il y a néanmoins quelques bémols. Tout d’abord lorsque les compositions et le show se rapprochent trop dangereusement de leurs repères Neurosis et Isis. Pas très original. Ou encore lorsqu’en fin de set une relative monotonie commence s’installer. Sans oublier un manque de justesse et parfois de relief entre les morceaux. Des imperfections probablement dues à la jeunesse de ce projet que l’on souhaite voir progresser, dans un futur proche…

Ce sont ensuite les décibels de Blutch, trio bleu blanc belge déversés dans la plus pure tradition du doom-sludge-stoner, qui envahissent l’espace de l’Orangerie. Responsable d’un troisième album « Materia », sorti en 2006, et bénéficiant du support de quelques hautes cylindrées comme les Young Gods, le combo montois acquiert petit à petit une notoriété que nous étions impatient de voir mis sur le grill. Le look est ténébreux. La voix lourde et écorchée. Lancinants et torturés, les riffs sont parfois taillés sur une même note durant plusieurs minutes. Et découpée sur une rythmique hyper lente, la structure n’est pas sans nous rappeler celle de Black Sabbath. Excellent dans leur style, dixit les amateurs du métal ‘down-tempo’, Blutch concèdera une prestation efficace et consistante d’une trentaine de minutes, sans susciter le consensus auprès d’une audience composée de convaincus, d’enchantés et d’agacés.

Il est 22 heures lorsque le public belge découvre enfin Cult of Luna. Un show amorcé en catimini, par le titre « Dim », issu du dernier album « Somewhere Along the Highway ». Le ton est alors délicat et satiné. En regardant le look des musiciens du groupes -cinq bouilles d’elfes on ne peut plus scandinaves- pas un seul profane n’imaginerait alors assister au concert d’une locomotive du métal progressif d’Europe du Nord ! Le temps de s’immerger dans un univers mélodieux, atmosphérique, post-rock et psychédélique digne d’Explosions in the Sky, et le son lourd et puissant caractéristique du groupe commence déjà à se libérer. Inévitablement on pense aux deux premiers albums du combo : « Cult of Luna » (2001) et « The Beyond » (2003). Et pourtant, aucun morceau de ces deux premiers elpees ne sera joué au cours de cette soirée. Les riffs assassins et percutants sont commis par les deux guitaristes, Erick Olofsson et surtout le leader Johannes Persson. Arborant une panoplie de tatouages qui feraient pâlir de jalousie plus d’un Michael Scofield, Johannes assume seul les vocaux durant plus d’un quart d’heure, avant d’être rejoint sur scène par le très charismatique chanteur Klas Rydberg. Nous sommes alors en plein cœur d’un des titres icones du groupe « Leave me here » (« Salvation », 2004), qui ouvre véritablement les hostilités. On assiste alors à un incessant ballet entre chants menaçants et écorchés, rythmiques complexes et murs de guitares explosifs, agressifs et sombres. Les accords adoptent parfois un profil plus atmosphérique et mélodique, virevoltant çà et là dans le royaume du ‘shoegaze’ (My Bloody Valentine, Slowdive), du psychédélisme tribal (Apse), du post hardcore (Isis, Neurosis, Jesu, Pelican) ou du postrock. Se succèdent ensuite « Adrift », « Back to the chapel town », « Echoes » et « Finland », quatre autres chefs-d’œuvre du post hardcore, interprétés à la perfection par le quintet. Mais c’est peut-être dans la perfection que croupit la faiblesse du set assuré de manière parfois trop ‘mécanique’. En outre, Cult of Luna ne communique pas avec son public, entretenant une image glaciale et mystérieuse. Certains adorent, d’autres beaucoup moins. Après cinquante minutes, « Dead man » clôture néanmoins un set efficace et plaisant. Les Suédois quittent alors définitivement les planches du Bota, sans se retourner. Un show superbe, dense, mais un peu court !

Organisation Botanique

 

Predominant Lunatics

Thirteen lost souls

Écrit par

Responsable d’un mini album 7 titres en 2003 (« Hoping for dusk »), ce quatuor helvète nous propose son premier opus. Découpé en treize titres, « Thirteen lost souls » ( !?!?!?) a bénéficié du concours de Tony Harris (Sisters of Mercy, REM, The Clash, The Fall) au mixing et surtout de l’infrastructure de ses studios à Londres ; et puis de Ray Staff à la masterisation, un exercice de style qu’il avait notamment accompli, dans le passé, pour Bowie, Muse, Nick Cave, Led Zeppelin ou encore les Stones. Mélangeant post punk, prog et pop, la musique de Predominant Lunatics souffre malheureusement du chant un peu trop limite de Marco Finsterwald tout en adoptant un style qui n’avait jamais permis à Siglo XX (une formation issue de Genk qui n’est jamais parvenue, même après une reformation décrétée en 2003, de sortir de la zone crépusculaire de l’underground belge) de faire la différence. Et pour votre info, sachez que Danny Mommens de Vive La Fête à réalisé un remix pop de « Cosmic Trip », un exercice de style qui figure sur le single du même nom. 

 

Beautiful Lunar Landscape

Alone in this dark romantic night Ep

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Le titre de cet Ep intrigue. Et il en dit long sur l’atmosphère entretenue par cette jeune formation issue de l’Hexagone. Une atmosphère lunaire directement inspirée de groupes maîtres du genre tels Pink Floyd ou encore Archive. Encore que la formation française soit davantage attirée par les sonorités indie-électro. Pas besoin pour les auteurs de ce disque de préciser comme ils l’ont fait dans l’intitulé de chacun de ses morceaux, le sentiment qu’ils ont voulu susciter chez leurs auditeurs. Dès les premières notes, une sensation de relaxation, d’apaisement, de flottement dans les airs s’immisce en nous. Et le timbre vocal, tantôt féminin, tantôt masculin, amplifie la sensation de douceur qui commence à nous inonder. Malheureusement, au bout de deux chansons, la monotonie commence à s’installer (peut-être est-ce dû à la longueur des pistes qui avoisinent toutes les 6 minutes ?) et machinalement une envie de bâiller nous envahit. Ce qui n’empêche pas les compos de se révéler agréables à écouter. A suivre…

Luna

Best of

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La séparation de Luna, en 2004, était prévisible. Bien sûr, lorsqu’on a un petit faible pour un groupe, on a comme un petit pincement au cœur. Mais il est vrai qu’après 12 années d’existence et sept albums, la formation drivée par le chanteur/compositeur/guitariste/lyriciste Dean Wareham avait peut-être fait le tour du sujet. En outre, les changements de line up successifs et la tendance plus atmosphérique des derniers elpees a certainement eu une incidence sur cette décision. D’autant plus que le succès commercial n’a jamais été au rendez-vous. Même lors de la sortie de leur troisième opus, « Penthouse », sacré meilleur album des 90’s par le magazine Rolling Stone. Ce « best of » fait d’ailleurs la part belle aux quatre premiers cds. Dix-huit titres de pop visionnaire, cosmique, parmi lesquels figurent les inévitables « Tiger lily », « Slide » (NDR : Grasshopper de Mercury Rev était venu apporter un petit coup de guitare), « Superfreaky memories » ainsi que « 23 minutes to Brussels » et « Moon palace », deux morceaux qui avaient bénéficié de la participation de Tom Verlaine. Le disque contient un booklet de 24 pages abondamment illustré. L’histoire de chaque plage est détaillée et vous permet ainsi de découvrir les noms des multiples collaborateurs qui ont apporté leur concours au groupe, lors des sessions d’enregistrement. Cette splendide épitaphe est enrichie d’un deuxième cd exclusivement consacré à des reprises opérées par Luna. Des compos dont le band était particulièrement friand, mais qu’il réservait aux singles (NDR : ces disques sont de véritables raretés !), des Eps, des tributes ou autres morceaux destinés à des compiles en tous genres. Dix-sept titres sont ici réunis dont deux versions différentes de « Bonnie and Clyde », le « Jealous guy » de Lennon, « La poupée qui fait non » de Polnareff, « Season of the witch » de Donovan, « Dream baby dream » de Suicide et « Thank you for sending me an angel » de Talking Heads. Un régal pour les oreilles !

 

Luna

Rendezvous

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Après 13 années d’existence ponctuée de 7 albums studio, Luna a donc décidé de se séparer. Une bien mauvaise nouvelle, pour celles et ceux qui vouent une grande admiration à cette formation devenue culte. Consolation : son leader a décidé de monter un nouveau projet. Produit par Bruce Goggin (Phish, Pavement), « Rendezvous » nous plonge à nouveau au sein d’un univers intimiste propice à la rêverie. Sensualité, esthétisme, quiétude et style servent de ligne de conduite à une musique élevée au rang de la poésie. Et aucun des onze fragments de cet opus ne déroge à cette règle. A l’instar de Richard Llloyd et Tom Verlaine chez le défunt et mythique Television, Dean Wareham et Sean Eden conjuguent leurs guitares avec tendresse, légèreté, subtilité, pour en tisser des mélodies soyeuses, croustillantes, sur lesquelles Dean vient poser son timbre vocal, jamais tout à fait parlé, jamais tout à fait chanté ; un peu comme un fantôme qui laisse ses traces de pas dans la neige. Et pendant ce temps, Britta Philipps alimente la contre mélodie à l’aide de sa basse, plutôt que de s’en servir comme instrument rythmique. Parmi les onze fragments de cet elpee, deux sont cependant chantés par Sean. Tout d’abord « Broken chair ». Une plage proche de la country alternative d’un Grandaddy, qu’il interprète de son falsetto rappelant Jonathan Donahue. Et puis le crazyhorsien « Still at home ». Un disque qui ne manque pas de surprises. Adressant même un clin d’œil au « Just like heaven » de Cure sur l’enlevé « Speedbumps » et au « More than this » de Roxy Music sur l’excellent « Star spangled man ». L’œuvre épingle également l’adaptation d’un poème d’Edward Lear, « The owl & the pussycat ». Ecrit par un écolier, ce texte prend ici une dimension visionnaire. Et si l’ombre du Velvet plane encore sur le capricieux « Malibu love nest », cette plaque recèle également une nouvelle version d’« Astronaut ». Figurant sur l’Ep « Close cover before striking », elle bénéficie ici d’une adaptation plus rapide, plus dansante, dans l’esprit de New Order. Epatant !

Luna

Romantica

Écrit par

Si vous l'ignorerez encore, Luna est une formation drivée par Dean Wareham. Un Néo-zélandais qui a sévi, au cours de la seconde moitié des eighties, au sein du trio mythique Galaxie 500. " Romantica " constitue déjà le 6ème opus de sa nouvelle formation dont le line up vient de s'élargir à une certaine Britta Phillips. Pour y tenir la basse et assurer les backing vocaux. Elle partage même, de son timbre voluptueux, le chant avec Dean sur le savoureux " Mermaid Eyes ". Sur les onze fragments de cet opus, les quatre derniers baignent au sein d'un climat intimiste, pour ne pas dire nonchalant. Y compris le mid tempo " Dizzy ", et " Rememories ", traversé par les accents d'une slide. Mais la marque de fabrique de Luna procède de la conjugaison des cordes de guitares échangées entre Dean et Sean Eden. Des cordes tour à tour tourbillonnantes, gémissantes (Edwyn Collins ?), luxuriantes, bringuebalantes, incisives, chatoyantes ou encore veloutées. Un style hérité en ligne droite du mouvement écossais postcard, illustré par Orange Juice, Aztec Camera ou encore Pastels, au début des eighties. A moins que ce ne soit de l'écurie du label néo-zélandais Flying Nun (JPS Experience, Bats, Verlaines, Chills, Clean), né à la même époque. Ou peut-être encore un peu des deux. Evidemment, les puristes retourneront aux racines pour citer les Feelies, Television et bien sûr le Velvet Underground. Bref, chez les adeptes de cette pop soyeuse, atmosphérique et fruitée, Luna est un astre sonore de choix. Pour enregistrer cet elpee, le combo a reçu le concours de Gene Holder (dB's) à la production et de Dave Fridman (Flaming Lips, Mercury Rev, Mogwai) au mixing. Dave a même enrichi " Black champagne " d'arrangements de cordes somptueux. Deux compos s'écartent cependant légèrement de la ligne de conduite observée par " Romantica ". Tout d'abord, le groovy " Swedish fish " et puis le rock enlevé " 1995 ". Mais en général, les mélodies simples hantées par la voix chaude de Dean, dans un style mi chanté / mi parlé, créent un remarquable tableau visionnaire, pittoresque, romantique, de la pop. Du grand art !

 

Lunascape

Reflecting seyelence

Écrit par

Bien qu'achevé en 1999, le premier opus de cette formation belge vient seulement de voir le jour. Un disque qui a bénéficié du concours d'Ash Howe (Faithless, Texas, Brian Ferry) à la co-production ; mais également de Piet Goddaer (Ozark henry) pour les arrangements de cordes. Ce qui vous donne une petite idée du soin qui a été apporté à la finition de cet elpee. Lunascape, c'est avant tout Walter Hilshorst et Kyoko Baertsoen. Le premier se réserve la guitare, la programmation, la co-production et partage l'écriture des chansons avec Kyoko. Kyoko le chant. Cette ex vocaliste de Hooverphonic possède une superbe voix, dont le timbre limpide, cristallin, éthéré, évoque tantôt Karin Oliver (la première vocaliste de His Name Is Alive), tantôt Heather Nova, Dolores O'Rioardan (Cranberries) ou encore Liz Fraser (Cocteau Twins). Excusez du peu ! Cocteau Twins est en outre une des influences majeures du groupe. Tout comme Dead Can Dance. Mais également et surtout Portishead. Parce que nonobstant un titre plus pop, plus hymnique, (" My second skin "), une incursion dans le techno metal (" Sin for me "), un détour par le reggae blanc (" Mourning star ", et enfin, une excursion dans l'exotisme (" Lane Navachi "), le reste de l'opus baigne dans une sorte de trip hop atmosphérique. Une trip hop née de la rencontre entre rythmes contagieux, samplings, boucles, arrangements de cordes, guitares électrique et acoustique, dont les mélodies puissantes, élégantes, sont caressées par la voix de Kyoko. Et si toute l'œuvre peut être créditée de très bonne facture, j'avoue quand même un faible pour " Tears from the moon ". Pas parce que cette chanson fait également l'objet d'un clip. Un clip qui a d'ailleurs été diffusé au festival de Berlin ; mais tout simplement parce que c'est une très belle chanson…

 

Lunascape

My 2nd skin (single)

Écrit par

Deux titres sur le nouveau single de cette formation belge, au sein de laquelle on retrouve l'ex chanteuse de Hooverphonic, Kyoko Baertsoen. Une chanteuse dont le timbre limpide, cristallin, éthéré, évoque tantôt Karin Oliver (la première vocaliste de His Name Is alive), tantôt Heather Nova. Heather Nova, c'est également le groupe auquel me fait penser le plus le morceau maître de ce disque. A cause des cordes de guitare chatoyantes, bringuebalantes, qui découpent littéralement la mélodie de cette chanson pop contagieuse, presque hymnique. Quant au deuxième fragment, il trempe dans une forme de trip hop atmosphérique, que ne désavouerait pas… Hooverphonic. Nous en saurons plus lors de la sortie de leur premier album…

Luna

Live

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Cet opus réunit des extraits de trois concerts accordés au Club 9:30 de Washington DC, le 10 décembre 1999, et au Knitting Factory de New York, les 14 et 15 juillet 2000. Quatorze titres parmi lesquels figurent une adaptation du " 4th of July " de l'ex-groupe de Dan Wareham, Galaxie 500, ainsi que la cover du " Bonnie and Clyde " de Gainsbourg. Mais surtout épingle des standards comme " Chinatown ", " Tiger Lily ", " Lost in space ", " Pup tent ", " 23 minutes in Brussels " et bien d'autres, qui en version " live ", prennent une nouvelle dimension. Une dimension, n'ayons pas peur du mot, phénoménale.

Sur scène, c'est connu, Luna possède une pêche d'enfer. Mais Mario Salvati, qui avait déjà bossé sur l'album " Penthouse ", a réalisé un véritable travail d'orfèvre en matière de mixage. Résultat des courses, ce disque devrait figurer parmi les " musts " de l'exercice 2001. Si vous ne connaissez pas encore Luna (NDR : ce qui serait bien dommage, lorsqu'on sait que la formation américaine compte déjà 5 albums studio, à son actif), mais que vous êtes très friand de groupes qui parviennent à conjuguer intensité électrique et sensibilité mélodique, à l'instar de Neil Young flanqué de son Crazy Horse, du Velvet Underground ou encore de House Of Love, n'hésitez plus, allez décrocher la Luna…

 

Lunar

There is no 1

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Comme quoi, venir de Zagreb n'est pas nécessairement un handicap. Mariage d'électronique et de rock, Lunar déploie tout au long de cette plaque un calme, une assurance et un savoir-faire dignes des formations les plus reconnues en la matière. Et je pense plus particulièrement à Tortoise et June of 44. Bin oui, Lunar est de ce genre… Une petite touche noisy en plus. Et j'allais oublier : un penchant marqué pour la pop. D'ailleurs, les quelques titres chantés auraient pu relever du répertoire de The Sea and the Cake. Pas de dépaysement astronomique en perspective, mais je mets ma main à couper que vous installez un McEntire à la production ou au triangle sur la plage de clôture, et vous faites de Lunar un groupe dont on parle (en bien) dans les Inrocks ; ou qui décroche une tournée en compagnie des groupes à qui ils doivent tant. Que l'industrie musicale est parfois étrange !

 

Luna

The days of our nights

Vous aimez ou avez aimé Robyn Hitchcock, Paul Roland, Syd Barrett, House of Love, et les Pastels ? Vous aimerez la musique de Luna. Une formation qui a enregistré cinq albums à ce jour, tous aussi excellents les uns que les autres. " The days of our nights " ne dérogeant pas à la bonne règle. C’est vrai que Dean Wareham a une voix un peu limite, ectoplasmique, nasillante ; mais elle convient à merveille aux chansons doucement mélancoliques, légèrement trempées dans le feedback, mais surtout dont l’instrumentation transcende littéralement les émotions. Et puis, Dean, ce n’est pas n’importe qui, puisqu’avant de fonder Luna, il était la force créative du mythique et défunt Galaxie 500. Cet opus recèle, en outre, quelques véritables petites perles de pop psychédélique, telles que le lyrique " The old fashioned way ", le fiévreux et contagieux (Beck ?) " Four thousand days " (NDR : à vos thermomètres !), " The rustler ", cruellement et savoureusement transpercé d’un violon grinçant ; et puis surtout " US out of my pants ! " dont le climat doorsien est viscéralement attaché à des rythmes latinos. Sans oublier, en final, la cover assez étonnante du " Sweet child o’mine " de Guns’n Roses. Un must !

 

Luna

Le jour et la nuit

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Mercury Rev, House Of Love... les références évoquées par "The Days Of Our Nights", le nouvel album des Américains, sont toutes de cette veine doucement mélancolique où les chansons trahissent une émotion à fleur de peau... Malgré cette cinquième plaque fort réussie, le groupe mené par Dean Wareham, l'ex-Galaxie 500, vient néanmoins de se faire jeter par sa firme de disques aux States. Une injustice qu'évoque, entre autres, le guitariste Sean Eden.

Ce nouvel album, produit par Paul Kimble (Grant Lee Buffalo), fait une fois encore la part belle aux guitares et aux textures musicales ; tu les travailles beaucoup au préalable?

Certaines d'entre elles en tout cas. Aux sons les plus bizarres et les plus complexes auxquels nous voulons arriver, nous consacrons bien sûr un peu plus de temps. Pendant l'enregistrement, je me retrouve parfois avec une vingtaine d'effets différents à traiter ; c'est plutôt long et parfois même, je n'arrive pas au résultat escompté, mais ce que j'obtiens est intéressant aussi. Evidemment, nos albums ne sont pas de ceux qui accrochent dès les premières secondes, surtout le dernier ; ils nécessitent quelques écoutes répétées.

Est-ce qu'un guitariste peut avoir les mêmes sources d'inspiration qu'un auteur ?

Je suis en général plutôt impulsif. C'est de la musique du groupe que je m'inspire le plus souvent, jamais des textes. Tout dépend de ce qui m'entoure. Quand je suis dans ma chambre à travailler sur une idée, je tombe parfois sur une ligne dont je deviens... amoureux, et je la développe. Mais ce travail reste instinctif, ce n'est jamais étudié ou préparé. Quand je fais des prises, je garde toujours celle qui m'inspire le plus. En studio, je travaille de la même manière, que je joue un solo ou un rythme basique. On sent tout de suite ce qu'on aime le mieux, sans y penser vraiment, instinctivement. C'est le plus important à mes yeux : une fois sur bande, on entend tout de suite dans quel état d'esprit le morceau a été joué, même s'il ne s'agit que de deux notes. Certains guitaristes sont trop réfléchis, je trouve, et ça s'entend aussi.

A quel genre d'activité peut-on dès lors se livrer en écoutant ce disque? Quelque chose d'impulsif également?

Peut-être (rires). Une chose est certaine : ce n'est pas un album de rock. Nous ne sommes plus rock que sur scène. C'est un disque à écouter en nocturne, éventuellement dans un état second, qui a du sex-appeal aussi. Il ne faut pas forcément l'écouter en faisant l'amour... Disons qu'il circule dans une certaine veine romantique...

Vous être romantiques?

Non, enfin d'une certaine manière... Je ne sais pas. Je crois que nous sommes surtout cyniques. Et romantiques d'une certaine manière? Qui sait? D'une manière compliquée, parce que la vie est compliquée (rires).

Pourquoi tant de différence chez vous entre le disque et la scène?

D'une certaine façon, c'est naturel : les choses ont toujours tendance à être un peu plus brutes et énergiques sur scène. Je crois que c'est autant dû au groupe lui-même qu'aux gens qui l'entourent. Je me suis parfois dit que les chansons que nous avons enregistrées auraient pu être plus agressives, mais quand nous sommes en studio, nous avons une sorte de tendance naturelle à être plus profonds, plus... propres. Il y a tellement d'occasions en studio de se lancer sur des pistes très différentes, d'en faire toujours plus, parfois trop... Nous sommes différents selon les circonstances, ce qui est appréciable, du moins à mon avis.

Vous avez opté pour un producteur pas forcément réputé... mais vous en êtes manifestement contents!

L'enregistrement s'est effectivement très, très bien passé. Même parfois trop bien, dirais-je. Paul Kimble est un type qui ne traîne pas en route. Avec lui, pas la peine de multiplier les prises. Avec moi qui suis probablement le plus perfectionniste du groupe, ça aurait pu se passer nettement plus mal. J'ai juste été frustré de ne pas pouvoir accorder une ou deux heures de plus à l'une ou l'autre chanson...

Au rayon des comparaisons entre Luna et d'autres groupes, on cite parfois Mercury Rev...

Ce sont des amis à nous. Nous avons tourné ensemble, mais nous sommes différents. Ils sont plus psychédéliques que nous ; sauf peut-être sur "Deserter's Song", que je trouve plus romantiquement grandiose, avec plus de claviers et de cordes. Ceci dit, c'est un excellent disque...

Pourquoi cette étonnante cover de Guns N'Roses sur "The Days Of Our Nights"?

A l'origine, elle ne devait être qu'une face B. Puis, Elektra, notre firme de disques aux States, nous a demandé de l'inclure sur cet album. Et ensuite, ils nous ont virés (rires)... L'actuel président a dû décréter qu'il avait fait assez de fric sur notre dos et qu'il était temps pour lui de redevenir un peu plus conservateur! C'est un peu le cas chez toutes les majors, pour l’instant, du moins aux Etats-Unis. Bref, cette cover était au départ une petite plaisanterie faite en répétition. A force, on s'est mis à l'aimer.

Des commentaires de la part d'Axl Rose?

Je ne connais pas ce type, à mon avis, il doit être con... Je ne pense pas que Guns N'Roses soit un grand groupe, mais c'est une bonne chanson. Je ne suis même pas sûr qu'il soit au courant que nous l'ayons reprise...

Et cette chanson, plus ancienne, que vous avez intitulée "23 Minutes In Brussels", elle parle de quoi?

Elle fait référence à un disque de Suicide qui s'intitulait "14 Minutes In..." quelque chose... Je crois qu'à l'époque, ils avaient dû se faire jeter d'une scène à Bruxelles... C'est un peu vague comme réponse, désolé de ne pas pouvoir être plus précis!

 (Article paru dans le n° 73 du magazine Mofo de mai 1999)

Luna

Pup tent

Troisième album pour Luna, dont les deux premiers sont incompréhensiblement passé inaperçus ; une situation invraisemblable pour un groupe dont le leader n'est autre que l'ex guitariste de Galaxie 500, Dean Wareham. Et lorsqu'on connaît la qualité de la discographie du mythique groupe défunt, on a de quoi se poser des questions. D'autant plus, que les autres membres du quartette ont également des références. Et notamment l'ex bassiste des Chills, Justin Harwood. Et puis Sean Eden, dont le jeu de guitare complète à merveille celui de Dean. Plus d'ancien membre des Feelies, cependant, puisque Stanley Demeski a cédé le relais aux drums à Lee Wall. Mais sans aucune conséquence pour le combo. Vous vous dites peut-être que ce n'est pas parce qu'on dispose d'excellents instrumentistes, que le résultat est acquis d'avance. Et vous avez tout à fait raison. Mais, il n'y fait certainement pas obstacle. Et c'est le cas ici. Venons en donc à " Pup tent ", un disque qui s'inscrit dans la lignée des deux précédents opus, " Lunapark. Bewitched " et " Penthouse ". Mais en plus soigné, en plus insidieux. La production de Pat Mc Carthy y est peut-être pour quelque chose, lui qui avait autrefois mis en forme des disques de REM et de Butthole Surfers...

Venons-en maintenant au contenu de ce morceau de plastique. Parfois mystérieusement atmosphérique, parfois intensément énergétique, mais le plus souvent délicieusement psychédélique. Le calme y est vécu aussi intensément que la tempête, la douceur acide aussi efficacement que la brume électrique. Et au sein de ce monde, où la grammaire pop est ponctuée d'accents expérimentaux, planent les spectres du Velvet Underground, de Syd Barrett, de Spiritualized et même de Robin Hitchcock ; le timbre vocal de Dave se révélant aussi indolent, gémissant et mélancolique que celui de l'ancien leader des Egyptians. N'empêche, c'est encore et toujours lorsque l'intensité " atteint son point de rupture que avons le mieux vibré. Et en particulier sur " City kitty ", " The creeps ", " Fuzzy wuzzy " et enfin sur " Ihop ", morceau qui aurait pu naître d'une jam hypothétique entre Hank B Marvin, Van Morrison et Lee Ranaldo...