L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Marylène Corro

Une voix de velours, mais un combat permanent…

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Marylène Corro a sorti son premier elpee, « Crossover », ce 24 janvier 2025. Ce soir, c’est la ‘release party’ qui se déroulera au Witloof Bar du Botanique. Et le concert est sold out.

Son cœur balance entre sa Belgique natale (elle est originaire de Mazy, un village issu de Gembloux) et le Chili, pays de son père. Comme elle, la musique qu’elle interprète de sa voix chaleureuse, chemine entre les cultures, les pays et les sonorités. Séduite tant par les rythmes latinos, le jazz manouche que par les racines du jazz, de la soul, du blues et du funk, mais également de la cumbia, salsa et autres styles latinos, elle interprète ses chansons, dans la langue de Shakespeare. Elle a également enregistré plusieurs standards de jazz qui lui tiennent à cœur en compagnie du talentueux contrebassiste Ray Parker. Elle a côtoyé la chanteuse de folklore colombien Mirabay Montoya Gómez à Medellin. Et a beaucoup voyagé, notamment, en Amérique du Sud. En Colombie, bien sûr, mais également, en Argentine et au Chili pour y retrouver sa famille. Elle a participé à l’émission ‘The Voice Belgique’ en janvier 2018 ; et on en n’oublierait presque qu’elle est passée par le barreau de Bruxelles pour défendre les réfugiés et les étrangers.

Il y a un petit changement ce soir au Witloof Bar, le podium a été déplacé au centre de la salle entre les 4 piliers sous les magnifiques voussettes en briques (là où le son est le meilleur) permettant aux spectateurs de mieux voir les artistes en cernant le podium, alors que la table de mixage a été installée à la place de l’ancienne scène.

Le supporting act est assuré par un troubadour bruxellois répondant au pseudo de Zaïmoon (page ‘Artistes’ ici).

Ce conteur moderne nous entraîne à travers les ruelles de Bruxelles. Ses histoires pleines d’humour vous font découvrir la ville qui l’a vu grandir. Entre pluie, bars, drogues et dragues lourdes, on y découvre une ville multiculturelle, pleine de vies, de soirées arrosées et de souvenirs bercés sous une nappe de gris. Ses chansons il les décrit comme suit : ‘C’est une histoire de rap, de rumba et de Duvel. Le genre d’histoires qu’tu croises dans les bars de Bruxelles. Elle raconte la rencontre entre deux amants. Qui s’aimèrent deux hivers, mais seulement un printemps.’

Barbu, coiffé d’une casquette et armé d’une gratte semi-acoustique, il possède une belle voix.

Issu d’une famille éparpillée, un peu cosmopolite - à la fois autrichien, slovaque, français, argentin, russe, polonais, il puise dans ce passé pour nourrir ses textes. Il rend même hommage à sa grand-mère russe en interprétant une chanson dans cette langue. Son auto-dérision à la belge est à prendre au second degré. Caractérisées par un flot verbal puissant et judicieux qu’il accélère à sa guise, ses vannes font mouche. Son slam exprimé dans la langue de Voltaire est véhiculé, tour à tour par du rap, du r&b ou de la rumba. Il demande au public de l’accompagner au chant. Une chouette première partie qui a bien chauffé la salle pour la tête d’affiche. Il avait abandonné ses cédés au bord de l’estrade qu’il échangeait contre une petite contrepartie au gré de la générosité des donateurs…

Sur les planches, Marylène Corro, vêtue d’une longue robe multicolore, est soutenue par trois excellents musicos : la guitariste Carla Pusceddu, la bassiste Léa Kadian et le drummer Hadrien Pierson.  

Le set s’ouvre par « Chaos », un extrait du nouveau long playing, Marylène semble impressionnée par la présence d’un public nombreux. Veloutée, sa voix glisse délicatement sur les tympans tout au long de « Lish ». Cette voix, mais aussi les chœurs frôlent ici la perfection.

Et pour pimenter le refrain, elle a recours à un zeste d’espagnol (NDR : la vidéo a été tournée dans le métro).

« Leave » est une chanson qu’elle a écrite, seule, lorsqu’elle était dans le creux de la vague. Elle était alors en la compagnie de Carla et de Joëlle. Leur présence l'avait incitée à de nouveau composer.

"Good vibes" traduit le désir de ne plus accepter que les ‘bonnes vibrations’… et ‘bye bye’ les relations toxiques.

Tout en harmonie vocale, « Flavour », titre maître du premier Ep, est sculpté dans le funk. Halehan vient épauler Marylou au chant pour un petit dessert au chocolat : un « Brownie ».

Marylène signale que « Resistentia » raconte l’histoire d’un combat de réfugiés et parle notamment de son papa chilien qui a fui le régime du Général Pinochet. Le morceau est interprété en anglais et en espagnol. Et plusieurs amis montent sur les planches pour participer à un magnifique chœur gospel a cappella.

Une seule reprise : le « Little Things » de Jorjja Smith.

Et elle clôt ce superbe concert par « You shine », avant d’accorder en rappel, « Express your shape »

Marylène n’est plus inscrite au barreau de Bruxelles, mais elle continue sa lutte à travers ses chansons. Elle a plusieurs cordes à son arc puisqu’elle chante dans d’autres groupes de jazz, se produisant régulièrement à Music Village…

Setlist : « Chaos », « Lish », « Good Vibes », « Flavour », « It’s Not Gonna Work », « Heartbeath », « Not In My Name », « Leave », « Brownie », « It’s Not Too Late », « Resistentia », « Talker », « Little Things » (cover), « You Shine ».

Rappel : « Express Your Shape »

Rappel : « Your Shape » 

(Crédit photo : Olivier Smeeters)

(Organisation : Botanique) 

The Jesus & Mary Chain

Glasgow eyes

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« Glasgow Eyes » constitue le deuxième long playing studio de The Jesus and Mary Chain depuis sa réunion en 2007 ; et il témoigne de sa créativité durable tout en confirmant son statut d'icône.

L'album adopte un ton réfléchi et inhabituellement sympathique, rendant hommage à l'histoire du rock et à la place que la formation occupe. Il se caractérise également par une utilisation plus importante des synthétiseurs qui apportent une touche contemporaine et expérimentale au son à base de guitare du groupe. Il alterne plages plus lourdes et agressives, comme « Venal Joy » et « Jamcod » sur laquelle Jim Reid chante la dépendance à la drogue et à l’alcool qui a autrefois affligé le groupe et finalement conduit à sa séparation, et plus douces et mélancoliques, à l’instar de « Second of June », alors que sculptée dans une forme d’électro minimaliste, la plus new wave « Silver Strings » est abordée dans l’esprit de Taxi Girl.

TJ&MC rend également hommage à ses influences, et notamment à Lou Reed et au Velvet Underground lors du titre final, « Hey Lou Reid », mais également sur « Girl 71 », au cours duquel les riffs tranchants semblent empruntés au « Vicious » du New-yorkais. Une piste rock directe aux paroles simples et à la mélodie assez accrocheuse que Jim chante en compagnie de sa partenaire, Rachel Conti.

« The Eagles and the Beatles » adresse un clin d’œil à « I Love Rock 'n Roll », le glam-rocker d’Arrows que Joan Jett & the Blackhearts avait transformé en hit, dès 1981.

On épinglera encore le sombre et sensuel « Chemical animal », l’énigmatique et cool « Discotheque » ainsi que le capricieux « Pure Poor », dont les guitares contrastées des frères Reid accentuent une tension alimentée par une machinerie industrielle qui véhicule des accents ‘nineinchnailiens’.

Après 40 années de carrière, Jesus & Mary Chain est encore capable de surprendre…

The Jesus & Mary Chain

De la confiture de morue pour Jesus & Mary Chain…

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The Jesus and Mary Chain publiera un tout nouvel album le 8 mars 2024. Il s’intitulera « Glasgow Eyes ».

Glasgow Eyes a été enregistré au studio Castle of Doom de Mogwai à Glasgow, où Jim et William ont poursuivi le processus créatif du précédent elpee, « Damage and Joy ». Il en est ressorti un disque au cours duquel la bande aux frère Reid embrassent un deuxième chapitre productif, un maelström de mélodie, de feedback et de chaos contrôlé, reflétant leur amour pour la musique de Suicide et Kraftwerk ainsi qu’une nouvelle appréciation des attitudes moins disciplinées que l'on trouve dans le jazz.

Issu de ce futur long playing, le single « Jamcod » est disponible sous forme de clip,

En concert le 23 avril 2024 à l’AB de Bruxelles.

Mary Timony

Premier album solo depuis 15 ans pour Mary Timony…

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L'auteure-compositrice-interprète et guitar hero Mary Timony vient d’annoncer la sortie de son nouvel album, Untame the Tiger, le single/vidéo Dominoes et une longue tournée nord-américaine en 2024. Untame the Tiger est le cinquième album solo de Mary Timony, le premier depuis 15 ans. Il s'agit d'un LP saisissant qui montre une artiste en pleine possession de ses moyens au cours de la quatrième décennie de sa carrière.

Le premier single, "Dominoes", décrit de manière cynique et drôle une relation qui ne fonctionne pas ainsi que le pouvoir de guérison de la musique. ‘Cette chanson a failli ne pas figurer sur l'album’, explique Timony. ‘Nous avions besoin d'une dernière chanson, et, au dernier moment, j'ai trouvé une démo que j'avais oubliée.  Ce titre a par ailleurs été mixé par Dave Fridmann (MGMT, The Flaming Lips, Mercury Rev)’.

Cela fait plus de 30 ans que Mary Timony se fraye un chemin dans le monde de la musique indépendante, plus récemment en tant que chanteuse et guitariste du célèbre trio garage-pop Ex Hex. Qui plus est, Timony s'est distinguée comme l'une des guitaristes et compositrices les plus influentes de sa génération, même si ses nombreux triomphes ont longtemps été contrebalancés par un doute paralysant sa créativité.

L'album Untame the Tiger, mystique et guidé par les guitares, est né après la dissolution d'une relation à long terme et a été marqué par les décès du père et de la mère de Timony. L'album a été enregistré pendant une période de deux ans au cours de laquelle elle a été la principale personne à s'occuper de ses parents malades. ‘C'est la chose la plus difficile que j'ai vécue. Chaque semaine, je devais gérer une nouvelle crise. Comme j'ai dû affronter la réalité de la perte, j'ai réalisé ce qui était important pour moi dans le fait d'être en vie, et j'ai eu moins peur. Le disque est devenu mon point d'ancrage à une époque où je perdais tant de choses autour de moi.

Untame the Tiger reprend le fil des albums solo de Timony du début des années 2000. Les pistes de base ont été enregistrées au Studio 606 de Los Angeles. Timony y est accompagnée par Dave Mattacks, batteur du légendaire groupe folk-rock britannique Fairport Convention. ‘Mattacks est un de mes héros et l'un de mes musiciens préférés de tous les temps. C'est une véritable légende. Je n'aurais jamais cru qu'il accepterait de jouer sur mon disque’, déclare Timony. ‘Son jeu m'a semblé immédiatement familier, ce qui est logique puisqu'il est à la base de beaucoup de mes disques préférés.’

Issu de ce nouvel elpee, Dominoes est disponible sous forme de clip

 

 

The Jesus & Mary Chain

Sunset 666

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En 1990, J&MC avait choisi Nine Inch Nails pour assurer le supporting act de sa tournée aux States. En 2018, Trent Reznor, qui a acquis depuis, une notoriété inversement proportionnelle, lui a renvoyé l’ascenseur en l’invitant à se produire en première partie, d’une tournée aux Etats-Unis, dont une série de concerts au Hollywood Palladium.

Le 15 décembre 2018, la bande aux frères Reid s’y produit pour la dernière fois.  Le band n’a pas l’intention d’enregistrer l’événement, mais Michael Brennan, l’ingé-son, avait remarqué qu’il était possible de connecter son ordinateur portable sur la console et il n’a donc pas hésité à le brancher.

Les trois premières faces de ce double vinyle immortalisent l’intégralité de ce concert, au cours duquel, invitée, Isobel Campbell vient poser la voix sur « Sometimes always ».

Interprétés cinq jours plus tôt, au même endroit, les cinq morceaux qui figurent en face D constituent un hommage à l’album « Automatic », avant de s’achever par « In a hole », issu de l’elpee « Psychocandy ». Quant aux trois premières faces, elles ne recèlent aucun titre de « Darklands ». Et pas davantage de trace du single « Sidewalking ». Doit-on s’attendre à une suite ? C’est toujours dans le domaine du possible. En attendant, les aficionados vont probablement se ruer sur cet objet de collection, Jesus & Mary Chain n’ayant plus rien sorti de neuf depuis 2017 ! Ça fait un bail !

The Jesus & Mary Chain

Un ‘live’ pour The Jesus & Mary Chain

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Les poids lourds écossais du alt-rock, The Jesus and Mary Chain, sortiront un nouvel elpee, mais ‘live’, ce 4 août 2023. Intitulé « Sunset 666 », il a été immortalisé en 2018, au Hollywood Palladium, alors qu’il était en tournée, en première partie de Nine Inch Nails. Cet album couvre l'ensemble de sa discographie et comprend des titres de « Psychocandy », « Darklands », « Automatic », « Honey's Dead », « Stoned and Dethroned », « Munki » et « Damage and Joy ». Notamment.

Issu de « Sunset 666 », « Sometimes Always », au cours duquel Isobel Campbell accompagne le band au chant, est disponible sous forme de clip ici

 

 

John Mary Go Round

Bienvenue dans le bayou des Ardennes walliforniennes…

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Le confinement est terminé ; enfin, on l’espère. On devrait pouvoir reprendre une vie normale. C’est la réouverture des salles de taille moyenne, dont le Zik Zak, à Ittre. Comme en juillet et août 2020, il reprend son cycle de spectacles intimistes (50 personnes par bulle, masque et distanciation sociale de rigueur).

John Mary Go Round est à l’affiche ce soir. Il s’agit du chanteur de Country Cooking, Michel Brasseur, qui se pour la troisième fois au Zik-Zak. Un petit jeune de 56 balais, qui nous vient du delta dinantais, en plein bayou des Ardennes walliforniennes. Ce projet est né dans son esprit, après avoir traversé le sud des States. C’est là qu’il a eu, pour la première fois, l’opportunité de jouer sur une ‘Cigar Box’, instrument primitif fabriqué à l’origine, par les esclaves noirs.

Le concert est partagé en deux parties. Malheureusement, votre serviteur a pris du retard et débarque juste avant que la seconde ne commence. Dès que Michel monte sur les planches, on le reconnaît bien à sa dégaine. Il est toujours tiré à quatre épingles, un stetson enfoncé sur le crâne. Très interactif, il plaisante, signale que le confinement a du bon, car il lui a permis d’écrire de nouvelles chansons.

Il reprend donc sa prestation par « Rolling And Tumbling ». Ce morceau a été enregistré pour la première fois en 1929 par Hambone Willie Newbern. Ce Delta blues classique a été très souvent interprété, parfois avec des paroles et des titres différents, aussi bien par des artistes du Delta que du Chicago blues ou du blues rock ; la version la plus célèbre demeurant celle de Muddy Waters, gravée en 1950. Issu de l’elpee « Take a ride », le rock bien sudiste « Death Walk Blues » nous entraîne au Texas, à la rencontre de Billy Gibbons. Faut dire que la musique de John Mary Go Round nous transporte tout au Sud des States. Au Texas, mais aussi et surtout en Louisiane. Qu’il traverse de long en large, en transitant par les bayous. Jusqu’à la Nouvelle-Orléans pour y goûter les gospels chers à la Tamla Motown. 

Blind Lemon Jefferson avait réalisé deux versions différentes de « See That My Grave Is Kept Clean », en 1927 et 1928. Et celle de Michel tient parfaitement la route. Sa voix est graveleuse. Outre sa cigar box à 3 ou 4 cordes, il se sert également d’un dobro, d’une gibson, d’une cymbalette à pieds, d’un cajon et chante devant un micro américain. Il change de gratte à chaque morceau. Sa technique y est irréprochable. Et le son métallique produit par la cigar box ou la dobro est imparable. Toujours dans un style très roots, Brasseur nous réserve, bien sûr, quelques morceaux issus de son album…

Une petite faveur que Michel pourrait vous accorder si vous ne partez pas en vacances. Qu’il vous invite à monter à bord de sa DeLorean DMC-12 en compagnie du docteur Emmett Brown. Vous pourriez ainsi replonger dans les années 30… là-bas, aux USA… 

Setlist : « Rolling And Tumbling », « Death Walk Blues », « See That My Grave Is Kept Clean », « Walking Through The Back Door », « I Wanna Hear », « Cross Road Blues », « Sandra blues », « Roadhouse Blues »

Rappel : « Walking Blues », « Dust My Broom », « Wet »

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

John Mary Go Round

Le bayou dinantais, fallait quand même oser !

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John Mary Go Round, c'est le patronyme choisi par Michel Brasseur, le chanteur de Country Cooking, pour son projet solo, un projet qu’il a monté en 2016. L'idée lui est venue en traversant le sud de l'Amérique. ‘C'est là que j'ai eu la première fois l'occasion de jouer sur des ‘cigar box guitars’ (NDR : instruments primitifs fabriqués par les esclaves noirs, et dont la caisse de résonance est une boite à cigare’), explique-t-il. L'effet sera immédiat : ‘Je devais jouer de ces instruments sur scène’, ajoute-t-il.

Chapeau stetson rivé sur la tête, chaussé de lunettes fumées, vêtu d’un costume 3 pièces, dont un pantalon retenu par des bretelles larges du Kentucky et d’une chemise blanche, le Dinantais s’installe sur son siège. Il fait une chaleur caniculaire dans la salle ; faut croire que Michel a enfilé un costard climatisé. On distingue la présence de 5 grattes à sa droite et devant lui, la cymbalette à pieds et les cajons.

Le set sera divisé en 2 parties de plus de 50 minutes, entrecoupé par un entracte d’un quart d’heure, moment au cours duquel Michel va discuter avec le public. Un public apparemment de connaisseurs, aussi attentifs qu’attentionnés. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme du Zik-Zak. Le son est excellent. Aux manettes : Olivier Delescaille, le sixcordiste de Beautiful Badness.

Michel ouvre son récital par le titre éponyme de son premier album solo, « Take a Ride », une compo qu’il interprète à la gratte et à l’harmo. C’est le premier saut dans les marais du bayou. A cet instant, on imagine les esclaves noirs victime de la ségrégation raciale qui fuyaient vers le Nord des States.

Lors des morceaux les plus sauvages, donc garage/punk/blues, on ne peut s’empêcher de penser au groupe liégeois, The Experimental Blues Band, mais également au Jon Spencer Blues Band.

Il embraie par « Old Friend ». Vu qu’il ne se débarrasse toujours pas de son costume, certains spectateurs commencent à avoir chaud pour lui. Votre serviteur, aussi. Puis, il aligne « Six Billions Flowers » et « You’re Right », en respectant l’ordre chronologique de son dernier elpee. Il nous réserve une superbe cover du « Sweet dreams » d’Eurythmics. Si Marilyn Manson en avait réalisé une interprétation burnée, on se souvient surtout de celle qu’Annie Lennox avait accordée sur la plaine de Werchter, en soutien-gorge de couleur rouge. Pour Michel c’est en costume-cravate-chapeau. Il attaque ensuite « I heard the wind ». On aurait préféré sentir son souffle !

Michel change de gratte entre chaque morceau, mais sa technique est irréprochable, sur les cordes. Les sonorités qu’il en extrait sont particulièrement métalliques, et tout particulièrement sur les cigar box et la dobro. Ses interventions à l’harmo sont à couper le souffle (!?!?). Son blues/roots lorgne parfois vers Seasick Steve. Chevrotante, graveleuse et filtrée par le micro américain, sa voix colle très bien à la tessiture des cordes de la cigar box.

En se servant de deux de ces cordophones, à 3 ou 4 cordes, d’un dobro, d’une Gibson, d’une cymbalette à pieds, d’un cajon et d’un micro américain, John Mary Go Round est parvenu à nous faire traverser le bayou (dinantais ?) de la Louisiane de long en large.   

Ce soir votre serviteur a passé la meilleure soirée de son année, depuis l’apparition du Covid 19. Le bayou dinantais, fallait quand même oser !  Vivement le prochain épisode ! Ce sera encore du blues, mais à la Madeleine. En occurrence Larkin Poe !

Setlist : « Take a ride », « Old friend », « Six billions flowers », « You ´re right », « Sweet dreams » (cover Eurythmics ), « I heard the wind », « I Play Alone », « 81 square feet », « Death walk blues », « Born along the river », « Walking through the back door », « I wanna hear », « Sandra blues »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

Sarah Mary Chadwick

Sugar still melts in the rain

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Originaire de Nouvelle-Zélande, Sarah Mary Chadwick a quitté son île pour tenter sa chance à Melbourne. En Australie, outre ses activités de graphiste (c’est elle qui réalise la pochette de cet album), elle milite alors au sein d’un groupe de grunge baptisé Batrider. Lasse des compromis artistiques, elle décide de se lancer en solo. Après avoir publié trois albums sur des labels obscurs, elle est enfin signée chez Syndelin (Cymbals Eat Guitars, Tim Cohen, The Fresh & Onlys, ...), écurie pour laquelle elle grave ce « Sugar Still Melts in the Rain ».

Quoique multi-intrumentiste, toutes ses compos sont tramées sur un piano, des compositions délicates qu’elle chante d’une voix chaude et éraillée. Dépouillée, sa musique est souvent enrichie d’un synthé, et parfois d’interventions de batterie et de basse. A l’instar de « Flow over Me » et « It’s Never Ok », deux superbes plages qui donnent le ton. Cependant, on ne peut pas dire les lyrics laissent beaucoup de place aux éclaircies, les 10 morceaux de cet opus épanchant les moments difficiles traversés par l’artiste au cours de sa vie.

En outre, à mi-parcours, l’excès de minimalisme étiole la concentration du mélomane et finit par lasser…

 

Mary's Little Lamb

Elixir for the Drifter

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Ce quintet belge pratique une forme de country alternative, autrement dit, de l’americana. Depuis 2015, le line up réunit le chanteur/guitariste/banjoïste Bart Hendrickxs, le contrebassiste Bert Cuypers, le batteur Mike Van Daele, ainsi que les trompettistes Kevin Van Hoof et Stijn Cumps. Son premier elpee, "Fortune and Chance", est paru en 2014. "Elixir for the Drifter" constitue donc son second.

Le disque s’ouvre par une sorte de B.O. pour western spaghetti à la ‘Enio Morricone’, une piste entretenue par la guitare baritone légèrement réverbérée, les deux cuivres et un quatuor à cordes. Bien que baignant dans une même atmosphère, tout en se distinguant par sa mélodie accrocheuse, "Hold your horses" intègre la voix grave et austère de Bart. Vraiment taillée pour cette musique roots, elle ne s’emballe jamais. Il chante ensuite, d’une manière aussi posée, "Hay", tout en s’accompagnant au banjo. Une gratte amorce "Blending in", une ballade dont le tempo est parfaitement balisé par la contrebasse, alors que le vibraphone de Mike Van Daele et les deux trompettes tirent leur épingle du jeu. Superbe ! "Incantation" change de cap. Direction le Mexique. Le climat latin est chaleureux. Percus, bongos et cordes acoustiques plantent le décor. La trompette de Kevin s’y immisce. Amplifiée, la guitare s’autorise de jolies envolées. "Saguaro" est une superbe ballade empreinte d’une profonde mélancolie. Soutenus par les trompettes aux sonorités magiques, Bart et Kathleen Vandenhoudt entament un dialogue vocal. "El Fuego" opère un retour dans l’ambiance latino. Et "Grind", western. Au galop, les chevaux empruntent des chemins poussiéreux. Et c’est la guitare baritone ainsi que le quatuor de cordes qui installent cet environnement cinématographique… Une seule reprise : "Alone and forsaken". Une somptueuse ballade country & western signée Hank Williams. Les arrangements sont particulièrement réussis. Soulignée par le chœur et les trompettes, la voix est grave et solennelle. Interprété en quartet, "Stray arrow" constitue un autre moment fort du long playing. On pénètre en territoire indien. Les percus sont lancinantes. Bart se sert d’un mellotron. Mais surtout, il se libère aux cordes électriques. Alors que l’expression sonore invite un ocarina et un dobro. Dobro qui alimente, tout comme le banjo, "Tell me how", un country blues de bonne facture. Avant qu’un trombone ne vienne rejoindre les autres cuivres pour se transformer en brass band qu’on imagine déambuler dans les rues de la Nouvelle Orléans. Et en finale, la voix de Bart est épaulée par les interventions du violoncelle de Koen Berger, tout au long du tendre "Forever gone"…

 

The Jesus & Mary Chain

De la fumée, mais plus de feu...

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La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un concert de Jesus & Mary Chain, c’était en 1998. Presque 20 ans, déjà. Dans le cadre du festival de Dour. Et la prestation n’avait pas laissé un souvenir impérissable, les deux frères –probablement alors sous influence– étaient alors entrés en conflit. Cette année là, la formation avait quand même publié un album, intitulé « Murki ». Avant de se séparer en 1999. Après avoir monté des projets, chacun de leur côté, les frères Reid ont donc décidé de reprendre le cours de l’aventure en 2007. Se contentant de tourner, pour finalement quand même graver un septième opus, l’an dernier, baptisé « Damage & Joy », un disque qui a bénéficié de la mise en forme de Youth (Killing Joke).

En débarquant dans l’AB, vers 19h30, il y a à peine 200 personnes dans la salle. Curieux ! Heureusement, elle va se remplir progressivement. Et à 21 heures, elle est presque comble. Le set de Jesus & Mary Chain peut alors commencer…

Le supporting act est assuré par Tokota, un quatuor issu du Nord de la Belgique. Les deux gratteurs sont bien complémentaires et leurs cordes libèrent des sonorités pétillantes, cinglantes, dans l’esprit des Skids. Quant à l’expression sonore, elle oscille entre la pop (Mud Flow ?) et le blues. Malheureusement, le chanteur est loin d’avoir une voix inoubliable. Et ce n’est pas la choriste, venue renforcer l’équipe, en fin de parcours, qui va changer la donne. D’autant plus que sa voix est trop faible, pour faire une éventuelle différence… (Pour les photos, c’est ici)

C’est donc par « Amputation », une plage du dernier elpee, que le set de J&MC s’ouvre. Derrière le quintet, l’image de la pochette de cet opus, « Damage & Joy », est projetée ; et pourtant le concert ne va en retenir que quatre extraits, le reste du tracklisting puisant au sein de la discographie du band. William a les cheveux en pétard, bouclés, et est chaussé de lunettes. Sa six cordes est branchée sur deux baffles et amplis ‘Orange’. En léger retrait, mais au centre, le drummer trône sur une estrade. Le deuxième gratteur et le bassiste sont installés à gauche. Et Jim se plante au centre. Sa coupe de cheveux est, ma foi, plutôt classique. Il est filiforme. Réservé, il parle peu entre les morceaux. C’est d’ailleurs à peine si on entend ses propos. Sauf, quand il chante, d’une voix dont le timbre est toujours aussi velouté.

Les titres s’enchaînent. Depuis le bourdonnant « April skies » jusqu’au lancinant « Halfway to crazy », en passant, entre autres, par le doux amer « Between planets », l’hymne mortel « Blues from a gun », une compo soulignée de chœurs envoûtants, et le groovy « Mood rider ». Une choriste vient également rejoindre le band pour deux morceaux, mais elle n’a pas le charisme de Hope Sandoval… Des chansons mélodieuses, quoique noisy, qui s’écoulent plutôt paisiblement, en cascade, même si certaines se révèlent un peu plus caustiques. Sur l’estrade, les musicos sont plutôt statiques. La tension électrique est cependant permanente et propice au feedback. Les sonorités de cordes sont cristallines ou marécageuses. Ou encore véhiculent des accents fuzz voire surf. Quand elles ne lorgnent pas carrément vers Joy Division. Le son est puissant. Surtout dans la fosse. Les climats sont glaciaux, tourmentés et ténébreux. Spectraux parfois, même. Faut dire que l’écran de fumée y contribue. Mais la violence est intérieure. On est d’ailleurs loin de l’attitude dangereuse du punk que le combo incarnait en 1985. Et pourtant, les lyrics continuent de véhiculer des thèmes pour adolescents, comme la frustration, la romance pure et le sexe.

C’est lors du final que le show va enfin s’embraser et la tension atteindre son paroxysme. Grâce à une version agressive de « Reverence ». Après une longue intro instrumentale, presque post rock, l’assaut sonique est irrésistible. Et Jim en profite pour marteler son slogan, ‘Je veux mourir comme Jesus Christ’, lors du refrain. Le sommet du concert !

Il est dix heures, et le groupe s’éclipse. Or, le concert venait de prendre son envol. Cinq minutes d’attente, dans ces circonstances, c’est trop long. Le soufflé est retombé. Jesus & Mary Chain revient donc sur l’estrade pour un rappel entamé par un « Nine million days » (« Darklands »), au cours duquel on retrouve pourtant ces chœurs ‘rollingstoniens’ envoûtants, probablement par sympathie avec le diable. Et puis un « Just like honey » (quatre plages issues de « Psychocandy » lors de l’encore) à la beauté scintillante, qui va couler goutte à goutte comme du miel. Mais le charme est rompu. La fumée était encore bien présente, mais plus le feu… (Pour les photos, c’est )

(Organisation : Live Nation)

Setlist

Amputation
April Skies
Head On
Far Gone and Out
Between Planets
Blues From a Gun
Always Sad
Mood Rider
Teenage Lust
Cherry Came Too
The Hardest Walk
All Things Pass
Some Candy Talking
Halfway to Crazy
Reverence

Encore:

Nine Million Rainy Days
Just Like Honey
You Trip Me Up
The Living End
Taste of Cindy

War on Peace

 

Tamaryn

Cranekiss

Écrit par

Néo-zélandaise, Tamaryn vit aujourd’hui à New York. A son actif, quelques Eps et trois elpees, dont ce « Cranekiss », paru en 2015. Manifestement, elle a été marquée par la musique des eighties et tout particulièrement par les artistes qui militaient alors sur les labels 4AD, Mute et Beggars Banquet. Et tout particulièrement Cocteau Twins, Xmal Deutschland, Clan of Wymox, Chapterhouse, mais surtout This Mortal Coil. On retrouve d’ailleurs dans la voix éthérée de Tamaryn, certaines inflexions empruntées à Elizabeth Frazer.

Gros changement cependant, par rapport aux deux premiers opus, elle a privilégié les synthés, machines et autres boîtes à rythmes au détriment de l’instrumentation organique. Mais son tour de force, c’est de ne pas avoir dénaturé son expression sonore, ni de l’avoir rendue linéaire. Une leçon d’efficacité à tous ces groupes contemporains qui, pour être dans l’air du temps, ont recours l’électronique, sans parvenir à en tirer le moindre avantage. Un avantage qui se transforme même, le plus souvent, en désavantage.

Il émane une intensité sonique phénoménale de ces chansons, même quand elles demeurent simplement dream pop ou shoegaze. 

Carrément cold wave, mais sur fond d’orgasme féminin, l’excellent « Softcore » nous renvoie carrément aux débuts de The Cure (NDR : pensez à « A forest »), même si en fin de parcours, la boîte à rythmes semble tourner dans le vide, sans trop savoir pourquoi. Une boîte à rythmes un peu trop répétitive voire binaire sur le final « Intruder (Waking you up »), probablement la plage la plus dispensable du long playing. M’enfin, sur 10 pistes, ce n’est certainement pas une tare !

Mary J. Blige

La fusion parfaite entre la soul et le hip hop…

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Pas de première partie pour ce concert de Mary J. Blige. Début des hostilités à 20h30 précises. Pas évident de dénicher un emplacement pour sa voiture, près de l'Ancienne Belgique, depuis la création du nouveau piétonnier… Mary J. Blige est incontestablement une diva du R'n'B américain. Et pour cause, sa voix au timbre soul, sableux, s’inscrit dans la lignée d’Aretha Franklin voire de Billie Holiday.

Née le 11 janvier 1971 dans le Bronx (New York, USA), Mary Jane Blige est la fille d'une infirmière et d'un musicien de jazz. Elle a vendu plus de 50 millions d'albums dans le monde, depuis ses débuts, en 1992 ; et surtout marqué l’histoire du hip hop féminin en écrivant des chansons engagées qui sont devenues des hits. A l’instar de « Family Affair », « My Love », « No More Drama » ou « Be With You ». Neuf fois récompensée aux Grammy Awards, ‘The Queen Of Hip-Hop Soul’ aurait pu raccrocher. Elle a préféré publier un douzième opus. Il s’intitule « The London Session ». Une œuvre dynamique, sensuelle, taillée pour le dancefloor pour laquelle elle a reçu le concours de nombreuses voix, dont celles de Disclosure, Eg White, Emeli Sandé, Jimmy Napes, Naughty Boy, Sam Romans et Sam Smith.      

La salle est inévitablement sold out. Chaque musico dispose de son estrade. Le drummer s’est installé à gauche. Juste à côté, un bassiste, également préposé aux synthés. Au centre, le guitariste et à l'extrême droite, un second claviériste. Sans oublier les trois choristes du même côté.

Après une petite ‘Intro’ très classique au cours de laquelle sont projetées des images sur une toile en fond de scène, Mary débarque. Coiffée d’un chapeau blanc, qu’elle changera rapidement en optant pour un autre de couleur noire, elle est tout de bordeaux vêtue. Le set s’ouvre par « Just Fine », un titre issu de « Growing Pains », un elpee paru en 2007. Mary nous signale qu’elle aime la musique. Elle invite le public à danser et à chanter avec elle. Les premiers rangs sont réceptifs et le reste de l’auditoire embraie. Une belle interactivité s’établit entre l’artiste et le public. Elle arpente le podium de long en large. Sa voix est haut perchée. Elle est manifestement en pleine forme. Un spectateur lui tend un cd. Elle lui touche tout simplement la main. Son backing group est une belle machine à funk. Pour « I'M The One », les paroles s'affichent sur l'écran, en arrière-plan. Les trois choristes conjuguent impeccablement leurs voix. Et elles sont puissantes. Coup d’œil dans le rétroviseur ensuite, grâce à « You Bring Me Joy » et « Be Happy », deux morceaux extraits du second long playing, « My Life », publié en 1994. Puis de « Love Is All We Need », tiré du troisième LP sorti en 1997, « Share My World ». La fusion parfaite entre la soul et le hip hop.

« Real Love » et « Love No Limit » remontent encore plus loin, puisque ces deux plages figurent sur son premier opus, « What's The 411? », un disque paru en 1992. A cette époque la soul n’est plus trop en odeur de sainteté et le hip hop macère encore dans la zone crépusculaire de l’underground. Mary s’était alors entourée de Grand Puba, Busta Rythmes et Biggie pour concocter cet album qui deviendra triple disque de platine ; c’est ainsi qu’elle s’est vue décerner ce titre de ‘Queen of Hip Hop Soul’. « Enough Cryin' » est une petite douceur glissée subrepticement dans la set list. Mary déambule sur l’estrade en frappant dans les mains des spectateurs aux premiers rangs…

Le spectre de Donna Summer plane tout au long du disco/funk « My Loving ». Des beats effilés découpent le « F For You », un morceau co-écrit par Naughty Boy et Jimmy Napes. Le refrain est pop, ravageur. Les racines house circa 90’s. Délicieux ! La voix de Mary se fait douce, claire et puissante à la fois sur « Therapy », un titre co-écrit par Sam Smith et issu de « The London Sessions », un elpee gravé en 2001. Un grand moment de soul abordé dans l’esprit d’Etta James. Une soul empreinte de tendresse et de passion qui envahit « Doubt », également tirée de ce long playing, une compo balayée par des accords de piano ravageurs. Et toujours issu de la même plaque, « No More Drama » permet à la diva de pousser sa voix dans les aigus, jusque dans ses derniers retranchements, pour le bonheur d'un public divinement conquis. Mary verse quelques larmes et remercie l'assemblée. Et le show de s’achever par une superbe cover du « One » de U2, moment choisi par le guitariste pour se mettre dans la peau de The Edge. Et d’y parvenir !

Lors du rappel, Mary J. Blige présente ses musiciens qui en profitent pour s’autoriser chacun un petit solo. Et le set s’achève par « Family Affair », extrait de l'album « No More Drama ». Inutile d’ajouter que le public, ce soir, a vécu un concert exceptionnel, concert qu’il a transformé en véritable fête de la musique.

(Organisation : Greenhouse Talent)

Mary's Little Lamb

Fortune & Chance

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Mary's Little Lamb est un poème écrit au XIXème siècle écrit par l’Américaine Sarah Josepha Hale, un essai qui raconte l'aventure d'une fillette, Mary Sawyer, qui avait, pour animal de compagnie, un agneau, qu’elle emmenait à l'école. Un épisode qui a inspiré Buddy Guy pour écrire un blues, au cours des sixties, repris bien plus tard, et avec succès, par Stevie Ray Vaughan. C'est enfin le patronyme choisi par un groupe roots issu du Nord du pays, qui pratique une forme d’alt country. Bart Hendrickx en est le leader, mais surtout le chanteur/multi-instrumentiste. Il est épaulé par cinq musicos : le bassiste Bert Cuypers, le batteur/percussionniste Mike Van Daele ainsi qu’une section de cuivres impliquant Bart Geens au cornet et bugle, Michael De Weerdt, également au cornet mais aussi aux percus, ainsi que Sander Augustynen au trombone et tuba. Leur opus a été autoproduit, afin d’en soigner tout particulièrement les parties vocales. Bart chante à la manière du légendaire Johnny Cash, alors que quatre membres du backing group assurent les chœurs.

"Pariah" ouvre la plaque. Une plage originale, très élaborée, country, voire americana, caractérisée par le recours aux cuivres dispensés à la manière de Calexico et d'un instrument singulier que se réserve Hendrickx lors du refrain, le marxophone, soit une sorte de cithare. Cornet et bugle introduisent le très rythmé "Sugar coat", une piste dynamisée par les percussions et au cours de laquelle le lead singer est secondé par les backing vocaux.  Indolente, "I can't go wrong" est une valse roots légère, qui figure dans la B.O. de la série TV De Ridder. "The outlaw" trempe dans la country, mais dans l’esprit des westerns spaghetti d'Ennio Morricone, une plage alimentée par la guitare réverbérée de Bart, le violon de Nina Van Campen et les percussions de Mike Van Daele. Excellent ! Instrumental, "Mirage" baigne au sein d’un même climat. On y emprunte les chemins poussiéreux parcourus par les cow-boys, justiciers et hors-la-loi autrefois, traverse les villes fantômes de l'Ouest, dans une atmosphère peuplée d’accords de guitare surf et de cuivres. Un univers aventureux également reflété à travers le plus allègre "Cursed City", que balaie la lap steel de Rudi Van Everbroeck (invité pour la circonstance), la guitare réverbérée de Bart et les trompettes. Et "Lift the curse" prolonge ce périple filmique. Lap steel et xylophone enrichissent "Little worries", une ballade que Bart chante naturellement de son timbre grave. De bonne facture, "Fire in the core" constitue une première incursion dans le blues. Plage lente et majestueuse, "A long way from home" adopte une rythmique plus rock. Amplifiée et toute en reverb, la gratte séduit par son audace. Une seule reprise : celle du "Lost highway" de Leon Payne. Composé en 1949, ce titre avait été popularisé par Hank Williams, l’année suivante. Nous sommes alors très proche du country originel. De bonne facture, cet elpee s’achève par une ballade lente et royale, que Bart et Miss Jorunn Bauweraerts chantent en duo, alors que la basse acoustique de Bert Cuypers communique une certaine gravité à l’ensemble...

  

Mary Ann Casale

Running out of time

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Mary Ann Casale est originaire de Long Island. Au cours de sa jeunesse, elle a sillonné les routes des States de long en large, afin d’y accorder des récitals, en accompagnant sa voix d’une simple guitare acoustique. C'était dans 70’s. Puis elle a tout abandonné et s’est accordée un long break de trente bonnes années. Elle a donc décidé de revenir dans le parcours. Tout en travaillant sa voix intimiste, elle s’est remise à la sèche et puis surtout à écrire des chansons, des compos qui baignent dans une ambiance très folk, légèrement teintée de blues!

L’elpee s’ouvre par "Running out of time", une plage à fois belle et tendre, pour laquelle elle a reçu le concours de Beth Robinson au violoncelle. Caractérisée par ses subtiles effluves de blues et jazz, "Don't knock on that door" est une superbe piste magnifiée par les interventions de la six cordes de Tas Cru. Ce dernier se réserve également l’harmonica sur le blues "No place to hide". Il y tire même presque toutes les ficelles, puisqu’il produit le long playing. L'écriture de Mary Ann est simple et directe. Sa voix est bien timbrée, et si elle colle parfaitement à la douceur de sa musique folk, elle révèle également certaines affinités avec le blues, surtout quand elle monte en puissance. Les plages se succèdent dans un registre qui ne varie guère ; reconnaissons néanmoins que le sens mélodique de ses chansons est à la fois naturel et irréprochable. Plus nerveux, "All that is left behind" est dynamisé par un bohdran, instrument de percussion celtique. Cordes, basse et bongo balaient "Faces never seen" une autre jolie plage aux intonations gospel. Tas Cru revient souffler dans son harmonica sur le gospel blues "One of these days". "Running out of time" est une oeuvre qui baigne dans la sérénité…

 

Rosemary

The Angel’s Share (Ep) + Tracks For A Lifetime (Ep)

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Rosemary est un trio originaire de Chambéry en Savoie. J’aurais aimé écrire que j’ai apprécié les Eps « The Angel’s Share » (2009) et « Tracks For A Lifetime » (2007), mais malheureusement, ce n’est pas le cas.

La raison en est simple : Rosemary exhume quelque chose qui était mort et enterré et qui, à mon humble avis, aurait très bien pu le rester : le grunge. Je suis rancunier. Je n’ai jamais pardonné à ces arrogantes formations bruitistes de Seattle d’avoir manqué de respect au métal en déclarant qu’il était mort. Depuis cette époque, s’il y a quelque chose que je supporte encore moins que Nirvana, c’est un clone de Nirvana. Et, Rosemary a beau se définir comme punk et grunge avec une pointe de métal, tout ce que l’on entend, en écoutant sa musique, c’est Nirvana et Nirvana avec une pointe de Nirvana.

Au niveau de l’évolution dans la composition, Rosemary semble d’ailleurs suivre la voie tracée par Kurt Cobain et son groupe. L’Ep paru en 2007, « Tracks For A Lifetime », est cru, sale et méchant, comme l’était « Bleach ». Quant à « The Angel’s Share », sorti deux ans plus tard, il est –comme « Smells Like Teen Spirit»– plus poli, et propre sur lui. Il ne manque plus au groupe chambérien qu’une compilation de singles, un album studio, un live ‘unplugged’ et une balle dans la tête pour que nous puissions (enfin) passer à autre chose.

Le grunge est mort avec Kurt Cobain. Laissons le reposer en paix.

 

X-Mary

Al Circo

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Il y a quelques mois, j’ai rédigé une chronique pour le moins acerbe de l’album de X-Mary, « A Tavola con Il Principo », un disque publié en 2006. J’y mentionnais que le punk-rock du groupe était d’une ‘monotonie criante’, la production plus que médiocre et concluais l’article en ces termes : ‘Ce n’est donc pas ce X-Mary qui va relever le blason du rock vert, blanc, rouge’. Autant dire qu’à l’époque, la musique des Italiens de San Colombano (Lombardie) était loin de m’avoir comblé. C’est donc en affichant un certain apriori que je me suis lancé à l’écoute d’« Al Circo ».

Première différence, mais elle est de taille, la production est nettement plus soignée que sur l’opus précédent. Et puis X-Mary démarre sur les chapeaux de roues en alignant deux morceaux allègres. Le ton est donné ! Le titre de l’album est vraiment significatif. Et pour cause, l’écoute des premiers titres a de quoi nous mettre déjà de bonne humeur. Et notamment « Mohamed Sahara » agité de rythmes latinos ainsi que « Giacomino II Re Del Circo » caractérisé par son ambiance ska. Mais on n’est pas au bout de nos (bonnes) surprises, puisque X-Mary change ensuite radicalement de style pour nous plonger au cœur d’un punk bien crade digne des Sex Pistols, au cours duquel les guitares crissent sous les cris du chanteur italien. A l’instar d’« If You Give My Love » ou encore de « Derby Crash ». L’opus recèle également quelques morceaux plus mélodiques. Et je pense tout particulièrement aux « Marco Ti Amo » et « Fatima ». De quoi calmer un peu les esprits. Bref, un tracklisting dont la diversité rime avec efficacité. Et puis le nombre de titres proposé sur cet elpee a de quoi rassurer : quinze. Bien plus digeste que la tartine interminable de vingt-quatre titres étalée sur le précédent cd.

Bref, cet « Al Circo » est parvenu à me réconcilier avec X-Mary, voire le punk italien. Ne reste plus maintenant qu’à confirmer. J’attends déjà impatiemment le prochain long playing…

The Mary Onettes

Islands

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The Mary Onettes est un combo suédois qui excelle dans l’art de passer inaperçu. Malgré la publication d’un premier recueil éponyme de très bonne facture. Les frangins Ekström et leurs deux collègues ont bien du mérite. Ne serait-ce que pour leur ténacité. Car le moins que l’on puisse dire est que l’accouchement de ce deuxième bébé s’est effectué dans la douleur. En 2000, après un démarrage peu glorieux au sein de l’écurie Sony, qui s’est débarrassé du quatuor quelques semaines après la sortie d’un Ep intitulé « Lost », The Mary Onettes a trouvé refuge chez ses compatriotes indépendants de Labrador Records. S’ensuit la publication d’un premier ouvrage très proche d’Echo & The Bunnymen. Trop, diront certains. La comparaison colle à la peau de la formation qui remonte alors en studio pour enregistrer de nouvelles compos. C’est à ce moment que la malchance frappe le combo, victime d’un cambriolage. Envolé, le disque dur à l’intérieur duquel est conservé une bonne partie des enregistrements. Le combo avait heureusement eu l’immense sagesse d’effectuer un backup de ces bandes. Cependant, comme le veut le vieil adage ‘un malheur n’arrive jamais seul’, ce même disque va souffrir peu après d’un gros problème technique irrécupérable. De quoi déprimer un bon coup.

Mais The Mary Onettes n’est pas du style à se laisser abattre. Quelques sessions d’enregistrement sous haute surveillance plus tard, le quatuor met « Islands » en boîte une fois pour toutes. Tous ces déboires vont déboucher sur une deuxième galette plus personnelle, plus atmosphérique que la précédente. L’ombre d’Echo & The Bunnymen est manifestement moins présente, bien qu’il subsiste inéluctablement quelques miettes de cette influence. Malgré un faux départ dû au synthé introductif de « Puzzles », évoquant étrangement celui du « Running Up The Hill » de Kate Bush, « Islands » trouve sa cadence et éloigne peu à peu The Mary Onettes de ses inspirations. Le résultat de ce long et tortueux parcours est condensé de Dream Pop joliment teinté de shoegaze. "Islands" devrait être apprécié, à sa juste valeur, par les plus nostalgiques des trentenaires.

 

X-Mary

A Tavola con il Principe

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Zucchero, Pavarotti, Umberto Tozzi, Andrea Bocelli, Adriano Celentano et Toto Cutugnou. Ce sont des artistes devenus incontournables sur la scène internationale. Pour la plupart, à cause de leurs voix. D’opéra ou issues de la variété (NDR : parfois un peu des deux), elles reflètent une sensibilité transalpine très caractéristique. Romantique, surtout. Par contre la scène rock italienne est rarement parvenue à s’exporter. Il y a bien eu Litfiba, Premiata Forneria Marconi et Uzeda ; mais je doute fort que le mélomane lambda en connaisse même l’existence. Oui, mais existe-t-il encore une scène rock aujourd’hui dans la botte ? Absolument ! Metal également. Mais sa notoriété dépasse rarement ses frontières. Distribué par Mandaï, le label Wallace tente de compenser cette lacune. Et nous permet de découvrir aujourd’hui X-Mary ; une formation qui nous vient directement de San Calembano, quelque part dans le Nord de l’Italie. Après avoir écouté cet elpee, on se rend compte que ces musiciens ont dû beaucoup écouter les Ramones, les Sex Pistols et autres groupes punk des années 70, pour concocter une semblable solution sonore. Encore que les quelques traces de bossanova et de salsa (NDR : c’est tout à fait évident sur « Ospedale Maggiore ») trahissent leur racines latines.  

Fondé en 1995, le combo a dû attendre neuf longues années avant de sortir son premier elpee. Intitulé « A Tavola con il Principe », il est découpé en 24 morceaux, dont la plupart ont une durée moyenne de 2 minutes. A l’instar de tout album de punk qui se respecte. Même la qualité du son est médiocre. Et comme la voix nasillarde du vocaliste, qui chante tantôt en anglais ou en italien, et le temps d’une chanson, en français, devient rapidement énervante, on se demande si le combo n’aurait pas dû encore attendre 9 ans avant de sortir ce disque. D’autant plus, que le ton monocorde des morceaux n’éveille jamais en mon fors intérieur, la moindre sensation particulière. Ce n’est pas ce X-Mary qui va redorer le blason du rock ‘vert, blanc, rouge’, c’est une certitude…

 

Telmary

A Diario

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« A Diario » constitue le premier disque solo de Telmary, une rappeuse qui à déjà participé à plusieurs projets musicaux et en particulier au prestigieux groupe Interactivo. Cette artiste de La Havane se définit elle-même comme une ‘poétesse jazz’. Ayant étudié la littérature, elle chante et déclame des textes traitant de thèmes pourtant communs (amour, quotidien) tantôt en espagnol, tantôt en anglais. La musicalité est remarquable. Contrairement à des groupes plus connus établis hors de Cuba tels qu’Orishas, Telmary ne s’appuie pas exclusivement sur la musique issue de la tradition cubaine. Cette artiste a su s’entourer d’excellents musiciens (dont deux membres d’Interactivo) qui mélangent avec savoir-faire le jazz, le funk, le rock et la timba. Mais Telmary ne renie pas pour autant les riches traditions de son pays : le disque commence par une prière de Santería, une religion que les esclaves africains ont importé sur l’île (religion pratiquée aujourd’hui par la majorité de la population, indépendamment de leur couleur). Autre élément à relever : la manière de rapper similaire au groupe espagnol Ojos de Brujo, formation groupe avec laquelle elle partage d’ailleurs un titre sur ce disque : « Sueño Brujo ».

Mary Timony

The golden Dove

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Parfois austère (" 14 Horses "), souvent psychédélique, le second album solo de Mary Timony est pour le moins déconcertant. Mary Timony tente de faire revivre, à travers sa musique, les envolées psychédéliques des guitares seventies, par le le groove et les sonorités électroniques contemporaines. Résultat des courses, " The golden dove " nous immerge au sein d'une ambiance hypnotique, lancinante ; les notes de guitares électro opérant le lien entre les 12 morceaux de cet album. Dès la première écoute, on a l'impression de pénétrer dans le tunnel qui nous mène dans l'univers d'Alice au pays des merveilles ; de se retrouver au sein d'un univers parallèle où les repères musicaux sont bousculés et où la structure attendue et connue des chansons a disparu. Mary Timony n'est comparable à personne et son style semble bien inimitable. Mieux encore, cet opus nous pousse à traverser les siècles, passant des ritournelles du moyen-âge aux berceuses enfantines (" Dr. Cat "). Non seulement Mary Timony écrit la plupart de ses chansons, mais elle joue de la guitare avec beaucoup de talent. Après avoir sévi au sein de plusieurs groupes au cours des 90's (NDR : notamment chez Hélium), Mary Timony a décidé de continuer son aventure en solitaire. Et c'est tant mieux pour nous ! Il est vrai que si certains textes laissent transparaître une certaine forme de tristesse, voire de douleur, le sens mélodique omniprésent permet d'alléger ce ton parfois grave et de rendre sa voix angélique. Les âmes sensibles apprécieront…