Les mille destins d’eightycuts

Nouvelle signature du label Teenage Menopause, eightycuts réunit Siam Coudrais à la batterie et Grégoire Léauté Culioli à la guitare et au chant. Le duo publiera son premier long playing, Thousand Fates, le 25 septembre 2026. Inspiré par Solénoïde de Mircea…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Tofusmell

Rae Chen y a consacré tout son temps

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Tofusmell, le projet musical du musicien et chanteur Rae Chen, de Winnipeg, sortira son premier album complet, « All My Time », le 24 avril chez Hardly Art.

Ce premier opus met en avant la précision caractéristique de Chen dans l'écriture de chansons vulnérables et lucides. Chen y distille de manière poétique les complications inconfortables liées à l'apprentissage de l'abandon des attentes quant aux résultats, pour vivre ensuite dans le contentement, malgré l'incertitude constante et déroutante de la vie.

Après la sortie de son EP « Humor » en 2023, Chen a passé quelques mois à tourner de manière intermittente avec Leith Ross avant de prendre la décision audacieuse de quitter son État natal, la Floride, pour s'installer à Winnipeg, au Canada. Une fois sur place, il a terminé l'écriture des chansons qui allaient devenir « All My Time » et a commencé l'enregistrement.

En attendant, il a partagé le single « Dreams I’ve Had ». La vidéo a été réalisée par Rae Chen en personne, qui a déclaré à propos du morceau : ‘Cette chanson parle de certains rêves que j'ai faits. Il est difficile de dire si les événements qui se déroulent pendant mon sommeil ont un rapport avec une histoire globale, si ma psychologie est pleinement représentée dans les quelques souvenirs que j'ai à mon réveil. Je rêve d'être en retard, de courir, de perdre quelque chose, d'oublier. Je rêve beaucoup de la mort, et je rêve beaucoup de coucher avec les mauvaises personnes. Parfois, je rêve même simplement d'un sentiment. C'est tout.’

Malgré les innombrables personnes qui ont participé à la production globale, « All My Time » reste cohérent, grâce au récit sincère et captivant de Chen.

Le clip de « Dreams I’ve had » est à voir et écouter là

 

ARMELLINO

Le patrimoine heavy blues d’ARMELLINO

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« Heritage Blend » est le premier album d’ARMELLINO, un projet réunissant Yann Armellino et Vincent Martinez, deux forcenés de la guitare, complété par le drummer Alban Armellino et le bassiste Jacques Mehard Baudot. Amoureux d’une certaine idée du rock, chacun a tracé la route de son côté. Masterclass et reconnaissance du milieu professionnel guitare pour Yann, tournées anglaise et allemande pour Vincent en tant que frontman de Carousel Vertigo. Les deux guitaristes, après s’être croisés de nombreuses fois, décident de travailler ensemble, sans pression. Les musiciens s’enferment en studio pour composer quelques morceaux.

ARMELLINO redonne vie au heavy blues des années 70 et 80, rebaptisé classic rock, une époque bénie où les groupes avaient l’ambition d'écrire de vraies chansons sans renier leurs styles de prédilection.

 Impeccables dans les joutes guitaristiques, Yann et Vincent se trouvent les yeux fermés sur leur terrain de jeu situé entre Bad Company et Whitesnake (période anglaise) sur lequel plane l’ombre de Humble Pie. Avec aisance, Vincent réussit un véritable tour de force vocal dans le respect de la tradition et se révèle être un chanteur d’une grande sensibilité. Les interventions de Fabien Saussaye au piano et à l’orgue Hammond ainsi que celles de Little Magic Sam à l’harmonica viennent agrémenter une texture musicale riche qui met en valeur leurs racines blues et soul.

De l’introduction fracassante de « Almost Scored Me », à la pulsion boogie qui anime « I Am Only Me », aux envoûtants « Slice Of My Pie » et « Bad Enough » gorgés de soul sans oublier les refrains salvateurs de « Come Sing » ou « These Bones », au riff assassin de « Got Yourself A Loser », tous les titres de cet elpee transpirent la générosité et une vraie spontanéité. En 11 plages dont deux reprises, le légendaire « Fire » de Etta James sur lequel Jessie Lee Houllier (Jessie Lee & The Alchemists) fait monter la température, et une version acoustique du fameux « Dancing In The Moonlight » de Thin Lizzy, ARMELLINO remet au goût du jour une musique qui fait la part belle aux passes d’armes guitaristiques avec une qualité d’écriture évidente.

« Heritage Blend » est paru ce 20 septembre 2024.

La vidéo de « Come Sing » est disponible ici et celle de « I'm Only Me », là

Mellino

Live

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Mellino, c’est le projet de deux ex-Négresses Vertes, Iza (chant percussion) et Stéfane (chant guitare) rejoints lors de leur tournée accomplie en 2014, par le drummer Adilson Monteiro et le guitariste Alain Bastard. Et c’est lors ce périple que les 12 titres de cet LP ont été immortalisés.  

Première constatation le son est nickel ! Et on a envie de pousser le son à fond, tellement il passe bien la rampe. La setlist épingle des titres issus de leurs deux opus, un éponyme gravé en 2007 et « No dogs aqui », en 2012. Mais aussi et surtout des compos composées à l’époque des Négresses Vertes, comme « Sous le Soleil de Bodega », « Zobi la Mouche », « Voilà l’été » et « Face à la Mer », des plages parfaitement revisités et qui se fondent dans l’ensemble. Les rythmes endiablés, les percus latino ou arabisantes, les grattes flamenco, rock, psychédéliques, fuzz, syncopées ou bluesy, les vocaux graveleux et vindicatifs ainsi que les backing vocaux féminins frémissants conduisent à un album qui respire le soleil méditerranéen et ne nous donne qu’une seule envie, c’est d’aller voir et écouter ce band en concert, pour y faire la fête. Et n’imaginez pas que seuls les morceaux des Négresses Vertes font la différence ; l’intro « Saison amère », caractérisé par ses cordes de gratte cristallines et « Rain dog », qui aurait pu figurer au répertoire d’Aston Villa, même s’il est plus blues, en sont les plus belles illustrations…

Suis tombé sous le charme de Mellino !

 

Mell

Relation Cheap

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Cet album déboule comme la semi-remorque d’un camion, lancé en pleine course, dans une descente folle, et vous choppe au passage.

Et si on le prend en pleine gueule, force est de constater que c'est un peu notre faute, vu qu'on marchait en dehors des clous.

Lizzy Mercier Descloux, dont le fantôme semble bien présent, calé dans le siège passager, le sourire frondeur et la mèche au vent.

Mais outre cette pionnière de l'avant-garde new-yorkaise made in France, on rencontre du joli monde en termes d'influences.

Et comme Mell sait manifestement s'entourer, « Relation Cheap » offre dix titres directs comme autant d'uppercuts assénés avec un gant de velours.

Car bien sûr, sous leurs allures solides et enduites de cambouis, ses chansons sont emplies d'humour et de subtiles nuances qui ne sont pas sans rappeler le Bashung d'une époque, le Gainsbourg d'une autre.

Et à l'autre bout du spectre, éloigné de ses filiations qui sonnent frenchie, on pourrait citer Iggy Pop (à qui Mell a emprunté Toby Damnit, l’ex-batteur de l'iguane, pour la production de l'album « Western Spaghetti », en deux mille onze), Nick Cave (pour le côté classe du costume sans cravate, mais un nœud coulant autour de la gorge quand la mauvaise graine d'Australie saigne la bête qui s'ébat en lui) ou encore un paquet d'autres sources majeures mais pas forcément évidentes à la première écoute.

Et on pourrait ajouter Kerouac pour l'esprit aventureux et libre des lyrics, cet esprit vagabond qui hante cet elpee.

Cette référence littéraire n'est pas fortuite, puisque l'artiste se fend de trois ouvrages écrits.

C'est donc à un personnage de caractère qu'on est confronté.

Pour preuve, on notera que ses débuts musicaux sont nés d’un pari.

À l'écoute de ce disque, louons donc celui ou celle qui lui aura jeté ce défi comme un pied dans la face (« Un Pied Dans La Face », premier album sorti en deux mille trois sur le label indé A.N.D. Music)

Sous des allures débonnaires, « What's Your Name Again » entame donc la découverte de l'univers atypique de Mell.

A premier abord on s’amuse des textes ('… Comme un travesti au Pakistan / Je sors de ma cachette de temps en temps...') et on est séduit par cette nonchalance qui se décline sur un air Rockabilly, plus Burnette que Johnny.

Mais déjà, on décèle que quelque chose de différent se trame là-dessous.

Les titres se succèdent et il paraît évident qu'on y reviendra vite.

De fait, l'album s'achève à peine, qu'un désir irrépressible d'y retourner vous envahit. De replonger la tête la première dans ce bain bouillant.

Et il serait stupide de s'en priver.

Ainsi on se délecte de ses subtilités qui tentent de vous échapper à première écoute (tant musicales qu'au niveau de l'écriture) et deviennent bien vite évidentes, puis indispensables.

« Relation Cheap » est donc crapuleusement addictif et divinement jouissif de bout en bout. Un opus décalé (la cover de « Succès Fou » de Christophe), intelligent, osé, drôle, tendre, subtil, et...

Bref, ce genre de disque qu'on se passe en boucle et vers lequel on revient en cas de blues ou les jours de fêtes.

Indispensable !

 

Melissmell

Droit dans la gueule du loup

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Melissmell, c’est le pseudo de la chanteuse Mélanie Francette Coulet. Mais il s’agit également du nom du groupe qu’elle dirige. Une formation au sein de laquelle, elle est épaulée par le guitariste Stephano Bonacci, le bassiste Claude Dos Santos, le drummer Jérôme Spieldenner et le violoniste Thomas Nicol. « Droit dans la gueule du loup » constitue son second opus. Il est paru ce 26 mars 2013.

Découpé en 10 pistes, « Droit dans la gueule du loup » est une œuvre dont les lyrics alimentent des thèmes contestataires. Melissmell est contestataire, rebelle si vous préférez. Elle n’hésite pas à choquer et à accuser, à travers ses textes.

Ainsi « La crapule » incrimine le mode de vie parisien. Une fourmilière peuplée d’individus qui se mentent en courant le plus vite possible. Et le rythme y est tellement intense qu’il est impossible d’y vivre tranquillement. « Madame » permet à Melissmell de dénoncer la routine, qu’elle décrit comme notre mortel ennui. Elle empêche les êtres humains de vivre leur vie et de découvrir le monde. En accélérant ou ralentissant le rythme de sa voix, elle dérègle ces automatismes. « La Colère » est paradoxalement tramée sur un tempo paisible. Mélanie n’y cherche pas à entretenir le conflit, mais simplement communique son point de vue à l’aide de mots, en l’occurrence son malaise éprouvé au sein de la société contemporaine. Le message véhiculé par « La Brebis » est plus philosophique. On peut le rapprocher de celui des moutons de Panurge. Elle y compare la brebis à un esclave qui est incapable d’‘apprendre à voler’, et qui après un certain temps, ‘rejoint le troupeau’. En fait elle se réfère aux idéaux des humains, qui dans leur enfance ont des rêves, aiment la liberté ou ont envie de prendre le large. Mais quand ils deviennent adultes, ils suivent le mouvement et finissent par se conformer aux règles imposées par le système, en oubliant leurs illusions premières, et en perdant tout sens critique. Morceau final, « Les souvenirs » n’est pas seulement un hymne à l’amour. Cette chanson rappelle que les souvenirs sont importants. Qu’ils soient tristes ou heureux, ils marquent notre existence, même lorsque le temps ‘déchire’…

 

Seddy Mellory

Fake as your Mom's Orgasm

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Vu son titre et l’image reproduite sur la pochette, il ne fallait pas s’attendre de cet opus à des compos aussi subtiles que chez Grizzly Bear. Seddy Mellory est un groupe issu de Brescia, en Italie et son « Fake as Your Mom’s Orgasm » lorgne plutôt vers le garage de The Hives. Encore que certains accents sont aussi binaires que ceux dispensés par AC/DC, au cours des 70’s. Bref, ces guitares qui tachent, ces accents à la Elvis et ce rythme bien assuré, sont les ingrédients d’une recette vieille comme le rock. Cet elpee devrait donc plaire aux fans du genre et laisser de marbre les autres. « Fake as your Mom’s Orgasm » peut-être, mais ‘True as your old Daddy Records’ pour sûr!

 

Melissmell

Ecoute s’il pleut

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Suite à l’excellent, quoique très bref Ep, paru fin novembre 2010 (voir par ailleurs la critique du 14-12-2010), Mélissmell nous revient pour un premier album complet, découpé en 12 titres et intitulé « Ecoute s’il pleut ».

Subjugué, il y a quelques semaines, par ce talent naissant, le charme de la Strasbourgeoise d’adoption opère à nouveau et me laisse sur le c... Les trois morceaux annonciateurs n’étaient en fait que l’arbre qui cachait la forêt. La jeune femme a plus d’une corde à son arc. Et elle vise juste la diablesse ; ses flèches font mouche !

Lorsqu’elle s’engage dans la voie rock, elle écrase la pédale de gaz à l’aide de textes réalistes qui bastonnent dur sur une rythmique dévastatrice. Pour enfoncer le bouchon encore plus loin, elle martyrise (si j’ose dire) son organe vocal à la perfection, le poussant dans ses derniers retranchements, aux portes de la rupture. Une voix qui sert admirablement des compos telles que « Aux armes », « Je me souviens », « Sobre la muerte », « Les enfants de la crise », « Le silence de l’agneau », « Sens ma fatigue » que ne renieraient certainement pas Noir Désir ou Eiffel.

Mais Mélissmell va au-delà de ces comparaisons. Le reste de l’album est, musicalement parlant, complètement à l’opposé des revendications un peu brutes de l’Ardéchoise de naissance. C’est là que l’artiste ose nous dévoiler une face cachée de sa personnalité. Une face qui laisse la place à la sensibilité, la légèreté et la douceur acoustique. Une autre où Mélanie (de son véritable prénom) met son cœur à nu, où elle laisse enfin s’exprimer d’autres sentiments tels l’amour (« Viens », « Ecoute s’il pleut », « L’éveil »), la joie ou le rêve (« Plutôt rêver »). Elle en arrive même à faire (sou)rire lorsqu’elle joue avec les mots sur « Le mouton »…

Un album fluide et rempli de sens, mais également révélateur du parcours de Mélanie Coulet : engagé, lucide, romantique, tendre et violent à la fois.

A (re)découvrir ! Sans doute une des révélations de la scène française de ce début d’année.

Melissmell

Aux armes (Ep)

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Melissmell, c’est un petit bout de femme de 26 ans, issue de l’Ardèche qui possède une voix incroyable, rocailleuse, abîmée mais puissante. Un organe vocal qui sert merveilleusement bien les textes dramatiques qu’elle chante. Espèce d’écorchée vive, issue du même moule que Ferré, Brel ou Cantat, elle alterne brûlots et ritournelles sur cet Ep réunissant trois titres.

« Aux armes » ou « Je m’souviens », histoire d’un Noël pourri, auraient pu être interprétés par Noir Désir, Gainsbourg ou Renaud. Et bien non, c’est cette petite brune qui nous gueule sa révolte dans les oreilles avec hargne et passion. Faut avouer qu’elle a une fameuse histoire derrière elle. Souhaitant ‘vivre’ de sa musique, elle a vécu dans la rue en faisant la manche et en dormant avec les exclus. Des rencontres et des expériences qui ont façonné sa personnalité. ‘Dans la rue, il y a des rencontres qui t’apprennent beaucoup de choses’. Elle a chanté partout où elle le pouvait, aux terrasses des cafés ou dans les squats d'artistes.

Finalement, elle se fixe à Strasbourg où elle rencontre Stefano Bonacci (guitare) et Thomas Nicol (violoncelle) qui l’épaulent en ces prémices d’une carrière prometteuse.

Un album est prévu pour le début janvier 2011, suite logique de ces trois titres très prometteurs.

On attend donc impatiemment « Ecoute s’il pleut » qui paraîtra le 17 janvier chez Discograph. En attendant cette date, je vous invite à jetez un coup d’œil au clip d’« Aux armes » ici .

John Mellencamp

Life death Live and Freedom

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John est chanteur et guitariste ; mais également compositeur, acteur, réalisateur et artiste peintre. Agé de 58 ans, ce Yankee est originaire de Seymour dans l'Indiana. Il enregistre son premier elpee sous le patronyme de John Cougar. En 1976. Titre de ce long playing : "Chestnut street incident". Franchement rock à ses débuts, sa musique évolue progressivement vers le folk et la country. Mais pour marquer cette métamorphose, il se rebaptise John Cougar Mellencamp. Et c’est sous ce nom qu’il grave "American fool", en 82. Fin des 80’s, il abandonne le Cougar pour ne plus laisser subsister que John Mellencamp. Faut dire qu’il s’est déjà forgé une solide réputation. Une bonne dizaine d’elpees vont alors se succéder dont "Life death love and freedom", un disque paru l'année dernière, sous la houlette de T Bone Burnett.

Bien que cet artiste ne jouisse pas d’une grande popularité chez nous, il a quand même vendu un peu plus de quarante millions d'albums à travers le monde. En mars 2008, il a été intronisé dans le Rock'n'roll Hall of Fame. Il reconnaît pour influences majeures Bob Dylan, Woody Guthrie et les Rolling Stones. Au cours de cet été, il participe à la tournée nationale de Willie Nelson et du Bob Dylan show! Ce qui explique pourquoi son label a décidé de sortir ce premier album live officiel de l'artiste. Le titre est basé sur un jeu de mots. Il est identique à celui de l’album studio paru l’an dernier. Mais ‘live’ a remplacé ‘love’. Il en reprend huit plages ; les six autres n'ayant pas encore interprétées sur scène. Et propose les deux facettes de l'artiste : une électrique et une acoustique. L’acquisition de cet album n’est pas indispensable ; surtout si vous vous êtes procuré le précédent. Mais comme il est vendu à un prix fort intéressant…

"If  I die sudden" ouvre la plaque. Une plage explosive et largement amplifiée imprimée sur un tempo boogie. La voix de Mellencamp est puissante et ravageuse. Bref un départ chargé de promesses. La cohésion du band est remarquable. Faut dire que le guitariste, Mike Wanchic, épaule John depuis une éternité. Enfin, trente ans déjà ! Solide, la section rythmique réunit John Gunnell et Dane Clark. Ce qui n’empêche pas Miriam Sturm de se réserver quelques accès de violon en solitaire. Un riff sec et implacable sculpte "Troubled land", dans un style proche des Kinks originels. La voix de John est vraiment superbe. Elle est susceptible de se moduler suivant le rythme. Troy Kinnett balise à l'orgue Hammond, pendant que Wanchic s’autorise un dérapage contrôlé aux cordes. John empoigne une sèche et attaque "Don't need this body". Les chœurs sont assurés par le backing band. La sonorité de la guitare solo est vraiment étrange… Bien en place, la voix de John ne tremble jamais. Face aux cordes acoustiques, elle est même autoritaire sur les douloureux "Longest days" et "A ride back home". Il invite le public à reprendre en chœur le bref "Young without lovers". "Jena" marque un recours à l’amplification. Personnellement le meilleur moment de la prestation. Les échanges de cordes opérés entre Mike et le violon de Miss Sturm me rappellent ceux de Jorma Kaukonen et de Papa John Creach, dans les beaux jours du Jefferson Airplane. Ce concert de brève durée s’achève par "My sweet love", un morceau au cours duquel tous les musiciens entourent leur leader sur le devant de la scène. 

 

Mellowmen

Tomorrows Sound Today

Écrit par
Cinq garçons dans le vent. C’est ainsi qu’on pourrait présenter ce nouveau groupe. Cheveux mi-longs, l’élégance, le style et la clarté de leur son. Nul ne peut nier l’évidence : on est en présence d’un groupe de britpop. Certainement influencés ou bercés dans leur enfance par les Beatles, ces p’tits gars osent écrire un premier chapitre à leur carrière en proposant un style bien cadré, sur des thèmes aussi divers que variés : l’amour, la curiosité, le temps qui passe… Rien que des thèmes originaux me direz-vous avec un brin de cynisme ? Je vous répondrai d’une approbation du menton, accompagné d’un sourire. Celui-là même qui apparaît au coin des lèvres lors de la première écoute de « Tomorrow’s Sound Today ». Les guitares entraînantes et épurées de saturation produisent un effet bien sympa. Rien ne semble neuf, aucune composition n’est vraiment originale, mais dans le style pop old-school cher à nos parents, défenseurs motivés des vraies –selon eux– valeurs musicales, c’est une réussite. Le label Rainbow Quartz (The Gurus, The Lilys, The Grip Weeds) sert d’écrin aux cordes, flûtes et percus. Tel un arc-en-ciel enfermant de sa courbe les notes de musique, les différentes scènes (11 au total) plantent un décor onirique. Une pop claire comme l’eau de roche, une voix douce comme des draps de satin, le tout mixé à la sauce British, ça le fait grave ! Je suis curieux de voir cette équipe en live. Un album vivement conseillé !

 

 

 

Mellow

Perfect Colors

Mellow : un nom de groupe qui sied bien aux frasques psyché-pop-folk de ce duo français, dont le premier album, « Another Mellow Winter » (1999), était déjà une perle. Evidemment, la comparaison avec Air se révèle évidente (et facile)… Mais « Perfect Colors » vaut bien « Talkie Walkie » : en fait il est mieux. Ces « couleurs parfaites » pourraient sans problème être celles d’une journée estivale à comater au soleil : le bleu du ciel, le vert tendre de l’herbe, le jaune des rayons qui transpercent le parasol… Parfait, sans aucun doute. D’autant que dans nos oreilles se déversent lentement, comme du miel, d’irrésistibles mélodies douces-amères, entre Mercury Rev, Kings of Convenience, les Beach Boys et Pink Floyd. Dans cette chaleur climatique et musicale, mieux vaut croire aux mirages : au loin une oasis, avec Mellow comme bande sonore. Le paradis!

Mellowmen

La voix du mellow

Vous avez pleuré la disparition de Benny B., séchez vos larmes, Mellowman possède toutes les dispositions pour vous consoler. C'est vrai, ils ne sont pas belges, mais parigots. Et puis, leurs textes sont nettement plus crédibles, voire engagés. Mais pour le reste la tentative de fusion de soul, de r&b, de jazz et de hip hop opérée sur "La voix du mellow" conduit au même résultat, varié dans son insipidité...