L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Mercury Rev

L'Odyssée selon Mercury Rev...

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Au sein de Sattelite City, on retrouve Allan Muller, un des fers de lance du défunt Metal Molly. Issue du nord du pays et responsable de deux albums à ce jour, cette formation a rejoint Triggerfinger, Mint et Elysian sur le label Green L.F/ ant. Particulièrement populaire de l'autre côté de la frontière linguistique, Satellite City a reçu toute une série de marques de reconnaissance, au cours des derniers mois : leur chanson « Break & burn » a ainsi été sélectionnée pour devenir le générique de la série TV « Rupel » diffusée sur VTM ; la cinéaste Hilde Van Mieghem a retenu « Evangeline » pour son film « De kus » ; sans oublier le single « Frien », devenu le tube de l'été l'an dernier sur Studio Brussel. Sur scène, le groupe ne se débrouille pas trop mal. Mais sa musique manque cruellement d'originalité. Un zeste de Counting Crow, un chouia de REM et une pincée de Van Morrison épicent le pop/rock légèrement jazzyfiant de ce groupe flamand qui aurait tout intérêt à revoir complètement sa copie, s'il ne souhaite pas disparaître dans le plus pur anonymat….

Brendan Benson est issu de Detroit. Un chanteur/compositeur/multi-instrumentiste capable de s'immiscer dans la production pour concocter des chansons pop empreintes de fraîcheur et de subtilité qui doivent autant aux Beatles, aux Kinks aux Beach Boys, qu'à Matthew Sweet voire Fountains of Wayne. Avec un sens mélodique qui rappelle parfois House Of Love. Physiquement, Brendan ressemble même à Guy Chadwick. Ce soir, il se produisait au sein d'une formation basique : un bassiste, un drummer et un guitariste/claviériste. Brendan chante – et même très bien – en s'accompagnant d'une guitare électrique ou semi-acoustique. Malheureusement, à l'une ou l'autre exception près, le groupe a confondu puissance et intensité. Gommant tout le raffinement qui fait la beauté des chansons de Benson. Même les mélodies ont souffert du volume excessif du son. Qu'un artiste ou un groupe essaie de donner une autre dimension à sa musique, je l'applaudis. Mais si c'est pour lui ôter tous ses charmes, il est préférable d'en rester au format initial…

En novembre dernier Mercury Rev s'était produit au Concertgebouw de Bruges, dans le cadre du festival 'Music In mind'. Une prestation cinq étoiles, mais dans un style pop tellement velouté, qu'on se demandait si le groupe ne cherchait pas à opérer une opération de séduction grand public. D'autant plus que nonobstant ses qualités intrinsèques, son dernier album « The secret migration », est quand même fort accessible. Avant que le combo ne monte sur scène, une bande sonore diffuse « Lorelei » de Cocteau Twins. Et les images mêlées de diapos commencent à passer sur l'écran, placé derrière la scène. Première surprise, lorsque le Rev monte sur scène, Jonhathan est armé d'une guitare. Il ne la délaissera que très rarement au cours de la soirée. Même pour lamper de rares gorgées d'une bouteille de vin rouge qu'il a déjà commencé à boire en coulisses. Deuxième surprise, le son est terriblement puissant. Mais pas au point de nous assommer. Simplement pour nous plonger dans un voyage qui durera le temps du spectacle. Un patchwork de films composé d'images cosmiques, de la nature, de fonds sous-marins, de la mer, d'animaux… mais aussi des extraits de vieux films en noir et blanc (NDR : il ne faut pas oublier que Grasshopper a été étudiant en cinéma), dont « Le fantôme de l'opéra » et « La belle et la bête » sont projetés tout au long du show. Le tout régulièrement ponctué de citations existentialistes signées tantôt William Blake, André Gide, Stanley Kubrick, Hemingway, Van Gogh, etc. et même E.T. Parmi d'autres : « Nous sommes une partie du mystère que nous essayons de résoudre » - « L'enfer est plein de spectateurs » - « Certains cherchent le bonheur, d'autres le créent » - « L'amour est une force puissante, la compassion davantage » - « Ne le rêve pas, sois-le »… Une mise en scène qui nous aspire dans leur univers transcendant, un peu comme dans le célèbre « 2001 Odyssée de l'espace ». Le regard et le sourire de Jonathan sont toujours aussi hypnotiques. Il focalise l'attention du public sur sa personne. Il se fond dans l'écran. Il fait l'oiseau. Au beau milieu du concert, il nous propose une compo inédite. Qu'il joue à la guitare sèche, un peu à la manière de Syd Barrett. Tout en nous dispensant un laïus sur la persévérance. Et en rappel il devient chef d'orchestre. Beaucoup plus sobres mais terriblement efficaces, les autres musiciens participent activement à la confection de cette magie sonore. Mercury Rev interprétera une majorité de titres issus de son dernier opus, « The secret migration » : « Black forest », « Secret for a song », « Vermillion »… mais aussi des extraits de « All is dream » (NDR : dont des adaptations épurées de « Tides of the moon » et de "Spiders and flies") et bien sûr de "Deserter's songs" (« Holes », « Tonight it shows »). La formation a compris qu'elle vient de toucher le public en plein cœur ; même sans avoir interprété son classique « Goddess on a hiway ». Et Jonathan les remercie. Standing ovation. Jonathan applaudit. Rappel ! Nouvelle standing ovation. Le groupe au complet applaudit et se retire. Il est temps de revenir sur terre… Mercury Rev reviendra en Belgique ce 10 août, en première partie de The Cure, dans le cadre des 'Lokerse feesten'…

 

Mercury Rev

Deserter’s songs (The Instrumental Edition)

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Mercury Rev a donc décidé de rééditer son chef-d’œuvre de 1998, « Deserter’s songs », mais en version exclusivement instrumentale. Les arrangements et les orchestrations ont été étoffés, pour la circonstance. Du theremin, du mellotron et de l’orgue vintage ont ainsi été ajoutés. En outre, Suzanne Thorpe est revenue jouer de la flûte et David Fridmann met la main à la pâte. Les pistes ont été remasterisées. Mais rien à faire, sans la voix de Jonathan Donahue (NDR : qui se contente ici des cordes acoustiques), il manque une dimension. A la limite, ce type d’enregistrement pourrait servir d’excellente bande sonore pour un film. Pour fans exclusivement !

 

Mercury Rev

Le monde dans sa main, le public dans sa poche...

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En se plongeant dans la musique électronique lors de leurs deux albums parus le même jour, c'est-à-dire ce 29 septembre (« Snowflake Midnight », sous une forme matérielle, et le second, « The Strange Attractor », uniquement téléchargeable via leur site), on se demandait comment Mercury Rev allait transposer cette nouvelle orientation en ‘live’. La réponse en Belgique était donc attendue pour ce 24 novembre. A l’AB de Bruxelles. Et honnêtement, après avoir écouté ces deux opus, j’imaginais un spectacle réduit à des synthés, des boucles, boîtes à rythmes et autres gadgets électroniques. Le tout, bien sûr balayé, par la voix de Jonathan Donahue. En fait, hormis les parties vocales assurées Jonathan, c’est le reste de mes préjugés qu’il a fallu balayer…

Un zeste d’électro à la Terry Riley envahit l’espace sonore, et le supporting act monte sur les planches : Howling Bells. Un quartet impliquant une très jolie chanteuse. A la chevelure couleur de jais : Juanita Stein. Douée d’une très belle voix, pure, cristalline, évoquant tantôt Karen O des Yeah Yeah, Yeahs, tantôt Polley Harvey, tantôt Nina Persson des Cardigans. Egalement préposée à la guitare rythmique. Le line up est complété par un guitariste, un bassiste et un drummer. La formation est de nationalité australienne, mais s’est établie en Angleterre. Eponyme, leur premier elpee est paru en 2006. C’est même le producteur de Coldplay, Ken Nelson, qui l’avait mis en forme. Le prochain opus est prévu pour l’an prochain. Plutôt britock, mais dans l’esprit shoegazing, leur musique ne manque pas de charme, même si les mélodies sont plutôt mélancoliques, voire ténébreuses et inquiétantes. Plutôt doué, le soliste s’autorise l’un ou l’autre périple dans un psychédélisme rappelant Wedding Present ; et en fin de parcours, la chanteuse vient apporter sa contribution percussive sur un tom basse. Régulièrement, le bassiste et le guitariste enrichissent la solution sonore de claviers (ou de synthés, selon !) ; quant au tempo il est souvent susceptible de se convertir à la new wave. On a même droit à une compo hypnotique, réminiscente d’« I want you (she’s so heavy) » des Beatles (NDR : si, si, le dernier et long morceau de la première face d’« Abbey road »). En une petite demi-heure, le quartet a ainsi démontré un potentiel particulièrement ample, même si les enchaînements manquaient parfois de fluidité. Probablement les risques inhérents à une première partie. Signe qui ne trompe pas, quand même, le combo assure ce supporting act pour toute la tournée mondiale du Rev…

20h55, les lumières s’éteignent et les premières images sont projetées sur l’écran, sis à l’arrière du podium. On annonce l’un ou l’autre test. Puis soudain, un film en noir et blanc (NDR : pas d’époque, mais bien imité), sonorisé par une musique charleston nous est proposé. Et dans la foulée, alors que les hauts parleurs diffusent le « Lorelei » de Cocteau Twins (NDR : qu’on a envie de reprendre en chœur), défilent devant nos yeux des reproductions de pochettes (Nico, Dylan, Drake, Cohen, Elliot Smith, etc.) ; mais également des images de maîtres de la littérature (Kerouac, Miller), de films culte (« Paris, Texas ») ou encore des clichés immortalisant le passé du groupe. Et sous les acclamations, Mercury Rev entre en scène. Outre le trio de base, on y retrouve la solide et très efficace section rythmique qui les accompagne en tournée depuis maintenant quelques années.

A première vue, en matière d’innovation instrumentale, on ne remarque la présence que d’une batterie électronique fixée au dessus des claviers. Jonathan porte une écharpe autour du cou et déjà lampe une gorgée de la bouteille de vin rouge qu’il a emportée avec lui, avant de la ranger soigneusement près des drums. Et à laquelle il viendra s’abreuver régulièrement. Le son et puissant. Très puissant même. Ce n’est pas nouveau, mais j’ai l’impression qu’il l’est encore plus que la dernière fois. Et je dois avouer que dès le premier morceau, « Snowflake in a hot world », un extrait du dernier opus, j’ai été littéralement scotché sur place. Et que dire de cette explosion presque atomique produite au milieu du set. Les murs de l’AB doivent encore en trembler. Pendant tout le show, les images vont défiler. Souvent relatives à l’univers, à l’atome, aux océans ou à la nature. Parfois ponctuées de citations. Entre autres d’Aldous Huxley, de Vincent Van Gogh et bien d’autres. Dès le deuxième titre, Jonathan empoigne sa guitare. Et vivifiante, l’électricité se met déjà à crépiter. Chaque fois qu’il va reprendre la râpe pour conjuguer ses échanges avec Grasshopper, les morceaux vont littéralement cracher des flammes. Une lueur brille constamment dans les yeux de Jonathan. Son falsetto fragile, caressant, limpide est susceptible de vous plonger dans un océan de mélancolie douce. Il allie le geste à la parole, caricaturant le rôle d’un chef d’orchestre, le vol d’un oiseau, d’une ballerine, d’un bodybuilder ou encore mime celui d’un humain qui aurait le monde dans sa main… Enfin, ce soir, c’est plutôt le public qu’il a mis dans sa poche… En outre, lorsque la foule applaudit, Donahue sourit. Aux claviers, Jeff Mercel se réserve l’une ou l’autre intervention jazzyfiante, plusieurs interludes ‘ambient’ et puis dynamise de ses interventions aux drums électroniques le percutant et hallucinant, « Dream of a young girl as a flower », un morceau sculpté sur un tempo post house/techno. Impressionnant ! L’ovation en fin de set l’est tout autant. Le groupe applaudit pour remercier son auditoire et quitte les lieux en laissant un fond sonore couvrir les acclamations.

Quelques minutes plus tard, le quintet revient sur le podium et nous livre une fin de parcours somptueuse : « Diamonds », « Goddess on a hiway », le symphonique et intense « The dark is rising » ainsi que l’obsessionnel « Senses of fire ». Nouvelle clameur monstrueuse et nouvelle marque de gratitude de la part de la formation. Qui ne reviendra plus. Heureux, mais assommé, on décide alors de reprendre la route. Il est 22h20. L’horaire a été scrupuleusement respecté. Vu les conditions météorologiques, la prochaine fois, on pourra peut-être emprunter les services des chemins de fer…

Organisation Live Nation

 

Mercury Rev

Snowflake Midnight

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Pour mieux cerner le concept de cet album, je vous invite à lire ou à relire l’interview que le guitariste Grasshopper et le drummer/claviériste Jeff Mercel ont accordée à Musiczine. Et pour cause, Mercury Rev a décidé de se frotter à la musique électronique. Une démarche comparable à celle de Radiohead pour « Kid A » et « Amnesiac », même si manifestement la perspective est différente. Beaucoup de softwares de la nouvelle génération on été utilisés. Et en particulier des générateurs de notes aléatoires. Pourtant, j’ai plutôt l’impression que sur leur septième opus, la formation américaine s’est surtout imprégnée des seventies et des eighties. De l’indus et de l’ambient, notamment. Puisant apparemment ses sources tantôt chez Tangerine Dream, Depeche mode circa ‘Violator’, Ryuichi Sakamoto, Boards of Canada et surtout John Foxx. Certaines compositions osent quand même des climats plus torturés. A l’instar de « People are so unpredictable (there’s no bliss like home) », caractérisé par ses cadences variées. Ou du trip hop « Dream of a young girl as a flower ». Et puis, il y a toujours la voix haut-perchée, emphatique, de Jonathan Donahue, responsable de lyrics aussi poétiques que visionnaires. Sans oublier la préservation du sens mélodique très spécifique à Mercury Rev. Maintenant, il est évident que ce type de solution sonore exige un indispensable support visuel pour être apprécié à sa juste valeur. A moins que sur les planches, sous une forme hybride, elle prenne une autre dimension. Mais franchement, je crains fort que les aficionados purs et durs du combo aient beaucoup de mal à accrocher…

Mercury Rev

Strange Attractor

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Ben là, on baigne en plein dans l’ambient. Ce « Strange attractor » n’est disponible qu’en téléchargement via le site du groupe (http://www.mercuryrev.com) et est issu des mêmes sessions d’enregistrement que « Snowflake Midnight ». Pas de vocaux, mais un ‘spoken word’ en fin de parcours. Donc un album quasi instrumental. Difficile dès lors de faire plus visionnaire. Le groupe a d’ailleurs expliqué que les onze compos de cette œuvre reflètent parfaitement leur manière de travailler depuis deux ans. Et que si les morceaux ont une fin, ils laissent à l’imagination de chacun le soin d’y trouver un prolongement. Ambient donc, mais traversé d’un zeste d’indus et épicé d’un chouia de techno. Et là je me répète, mais si vous voulez en savoir davantage, il suffit de prendre connaissance de l’interview que le guitariste Grasshopper et le drummer/claviériste Jeff Mercel ont accordée à Musiczine. Personnellement, je me demande même si les plages les plus atmosphériques de cet opus ne pourraient pas servir de bande-son aux reportages ‘Ushuaïa’ de Nicolas Hulot… Quant au reste, il est digne de la production des meilleurs artistes électro, signés chez Warp. Lorsqu’il ne prend pas carrément ses sources chez un maître comme Terry Riley. Un avis que partagent d’ailleurs de nombreux magazines spécialisés britanniques…

 

Mercury Rev

Le mariage de la nature et de la technologie...

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Ce 29 septembre paraîtront donc deux albums de Mercury Rev. Le premier, « Snowflake Midnight », sous une forme matérielle, et le second, « The Strange Attractor », uniquement téléchargeable via leur site. Ce qui demandait évidemment quelques explications. Mais la surprise procède du style musical proposé par le groupe sur ces deux œuvres. Une conclusion née de l’écoute de leur ‘advanced cd’. En fait, la formation a décidé de se frotter à la musique électronique. Une démarche comparable à celle de Radiohead pour « Kid A » et « Amnesiac », même si manifestement la perspective est différente. Un tremplin idéal pour entamer un entretien en compagnie du guitariste Grasshopper et du drummer/claviériste Jeff Mercel.

Et justement, pourquoi s’être plongé dans la musique électronique. Grasshopper argumente : « C’est un peu les circonstances qui nous ont poussé à s’y intéresser. Et puis c’est dans l’air du temps. En fait, on avait déjà exploré ce style auparavant. En utilisant des synthétiseurs moog. On a donc cherché à créer. On a expérimenté l’électronique sous son aspect le pus large possible. Grâce aux programmes informatiques, on peut construire des sonorités à la manière d’un designer. On peut inventer des sons. Et c’est un domaine qui nous a toujours intéressés. C’est en quelque sorte notre révolution électronique et je ne peux en dire plus. » Pourtant, aujourd’hui, il devient de plus en plus difficiles de concevoir de nouvelle sonorités dans ce type musical ; parce que c’est plutôt la technologie qui crée les nouvelles tonalités qu’une réelle recherche. Il faut donc croire qu’ils ont utilisé des logiciels de pointe : « On a essayé des tas de choses neuves. Beaucoup de softwares de la nouvelle génération. Et en particulier des générateurs de notes aléatoires. Tu introduis les paramètres dans l’ordinateur et le programme va concevoir la mélodie. Il vous appartient ensuite de l’interpréter. En quelque sorte, il est exact que nous avons laissé la technologie dicter notre démarche. Mais on a toujours pris le soin d’en garder le contrôle… » Etonnante réponse, puisqu’après avoir écouté ‘Snowflake Midnight’, j’ai eu la nette impression qu’ils s’étaient imprégnés des eighties. De l’indus et de l’ambient, notamment. Puisant apparemment leurs sources chez Tangerine Dream, Depeche mode circa ‘Violator’, Ryuichi Sakamoto, Boards of Canada et surtout John Foxx. C’est toujours Jeff qui tient le crachoir : « On ne peut pas ignorer les influences. Nous écoutons de la musique comme tout le monde. Ce n’est pas parce qu’on vit dans un endroit isolé du monde, qu’on est hermétiques aux influences externes ; surtout quand ce qu’on écoute est pertinent. Notre isolement nous permet simplement d’avoir une manière très personnelle de travailler. Mais si certains de nos morceaux concèdent des influences, il n’était pas dans nos intentions de jouer comme tel ou tel groupe. Comme Tangerine Dream, par exemple. Nous considérons ces sources comme un cadre de référence et notre imagination joue le rôle de filtre. » Mais comment comptent-ils reproduire ce type de musique en ‘live’. Avec de vrais instruments ? Jeff poursuit : « Il y aura aussi des guitares, de la basse et bien sûr des synthés. Ce sera une combinaison des deux. En y ajoutant, bien sûr des effets visuels… »

Mais pourquoi sortir deux albums le même jour ? Jeff s’explique : « Nous disposions d’énormément de compos. On a beaucoup bossé pour disposer d’un large répertoire. Mais au moment de faire des choix, on s’est rendu compte qu’il serait dommage d’écarter une telle somme de travail. Surtout aussi valable. Aussi, on a donc imaginé cette formule pour satisfaire le plus possible le public. En fait, ce n’est pas la première fois que nous avons recours à cette formule. Mais précédemment, nous nous limitions à un ou deux morceaux. Donc il suffira de vous rendre sur notre site le jour de la sortie de l’album et vous pourrez télécharger ‘The Strange Attractor’. » La pochette de ce dernier est illustrée par un chat qui se reflète dans un miroir et celle de ‘Snowflake Midnight’ par un lapin noir. Des animaux qui éveillent inévitablement une sensation de tendresse, de quiétude…. Jeff précise : « En fait, le lapin est très sombre. Tout le monde imagine être en présence d’un animal doux, mignon, etc. Mais ce n’est pas le cas ici. Pas qu’il soit sinistre, mais il est plutôt mystérieux. Et cet aspect me plaît bien. Quand au chat, il est reflété dans le miroir, à l’infini… » Grasshopper ajoute : « Le chat et le lapin sont des créatures assez étranges. Pourtant ils font partie du décor. De notre entourage. Ce qui ne les empêche pas de manifester des attitudes singulières. Pour nous, ils symbolisent le passage vers un autre monde. Notre musique objective ou subjectivise ce voyage. Ce sont des symboles inconscients… » Mais ce chat reflété dans le miroir, qui reflète ce chat dans le miroir, etc., n’est-ce pas la vision de l’infini ? Grashopper confesse : « Je ne sais pas, mais je pense que oui. On essaie de saisir le dernier, mais on n’y arrive jamais. Quand on imagine parvenir au but, ce n’est qu’une illusion. » Jeff ajoute : « Il y a ici une allusion. Une chanson dans la chanson va se répéter. Mais pas de la manière attendue, car il y aura toujours une fraction qui sera différente… » Une symbolique du miroir qu’on retrouve dans le film de Jean Cocteau, ‘Orphée’. Grassphopper clarifie : « Plutôt chez le poète de la beat generation, William S. Burroughs… »

Ce qui permet de passer à un autre chapitre : les compositions de Mercury Rev. Et tout d’abord les lyrics. Un domaine au sein duquel, on retrouve de plus en plus de métaphores relatives à la nature. Mais est-ce uniquement pour donner une face plus poétique aux compos ou simplement parce que la nature est devenue leur nouveau credo ? Il faut savoir que Sean et Jonathan (Donahue, le chanteur) vivent aujourd’hui dans les montagnes de Castkill, au nord de New-York. On suppose donc que cet environnement doit influer sur l’imagerie des chansons. Grassphopper admet : « Oui, le fait de vivre là-bas insinue l’environnement dans les paroles. Mais j’ai tendance à y devenir de plus en plus claustrophobe. Cependant, si dans nos chansons, vous décryptez le thème de la nature, il y a également celui de la technologie. En fait, nous essayons de les lier intimement. » Des chansons qu’on pourrait décrire comme des contes de fées surréalistes destinés à célébrer l’irrationnel. Une réflexion qui déclenche de grands éclats de rires. Jeff confirme : « Tu as tout dit ! » Tout comme Grasshopper : « Pas grand-chose à ajouter ! » Jeff confie : « Lorsque nous sommes allés en Espagne, l’année dernière, nous avons visité le musée consacré à Salvatore Dali. Et nous avons été impressionnés… » Finalement, hormis William S. Burroughs, les auteurs n’influencent les textes de Mercury Rev, que très indirectement. Grasshopper commente : « La beat generation est une référence incontestable. On utilise ainsi l’inconscient. Ce qui est aussi une manière surréaliste de travailler. Plus les événements deviennent chaotiques, plus l’esprit tente de s’y engager, y est sensibilisé… » Ce qui explique sans doute pourquoi Mercury Rev vit aujourd’hui dans sa propre petite bulle… Grasshopper réagit : « Mercury Rev n’existe pas du tout… » (rires) Jeff en remet une couche : « Est-ce que quelque chose existe ? Tu sais ce que font deux bulles quand elles se rencontrent ? Soit elles éclatent, soit elles fusionnent. » Grasshopper embraie : « Oui, il existe une petite bulle au sein de laquelle nous créons. Mais on a bien souvent fait aussi éclater cette bulle. Une bulle peut ainsi devenir dix bulles… » Sans doute une allusion à une de leurs déclarations qui n’était pas passée inaperçue. Et pour cause, ils avaient avoué que les accidents heureux rendaient les événements plus humains et favorisaient la découverte… Jeff s’explique : « Si vous connaissez d’avance ce qui va se passer en studio avant d’y entrer, vous allez vous y ennuyer mortellement. Vous avez parfois besoin de frictions, de vous engueuler. D’échecs aussi. Cela appartient au processus de création. Peut-être que si le résultat n’est pas concluant, il faudra retenir l’expérience acquise, qui elle aura un impact positif. Et puis on a rencontre régulièrement des incidents en studio, car la technologie n’est pas toujours à la hauteur de nos attentes. » L’origine de la création et le Big Bang sont apparemment des sujets qui fascinent les musiciens de Mercury Rev. En fait, c’est ce qu’on croit comprendre lorsqu’on voit les projections visuelles utilisées pendant les concerts. Est-ce la raison pour laquelle, ils pensent qu’il est possible d’organiser le chaos ? Grasshopper réagit : « Ce n’est pas nous qui organisons le chaos, dans la mesure où le chaos est déjà organisé. Le chaos se situe à un autre niveau. Ce que vous pensez être un système chaotique respecte un ordre. Epouse des structures ». Jeff embraie : « Et pour voir cette structure chaotique émerger, il faudrait avoir un grand angle de vision qui dépasse l’échelle humaine. »   

Dans la musique de Mercury Rev, il y a quelque chose de symphonique. Une majesté, un sentiment de grandeur, susceptible de provoquer une élévation de l’âme. Jeff répond : « Je ne nie pas les influences symphoniques. Car nous écoutons des tas de styles musicaux. Depuis le rock’n roll à la musique de chambre. Dans celle que nous jouons actuellement, nous ne pouvons pas exclure ces références. Pas que nous soyons férus en la matière. Mais nous écoutons tous de la musique classique. En fait, on essaie de repérer dans ce genre musical ce qu’on pourrait utiliser pour notre création. » Ce qui devrait dès lors permettre au groupe de jouer en compagnie d’un orchestre symphonique ? Jeff réagit : « Nous avons tenté l’expérience à plusieurs reprises en Belgique. En fait l’idée est excellente, mais au lieu de la développer à l’aide d’un orchestre symphonique, je préfèrerai la limiter à la musique de chambre. Toujours dans le but de combiner les éléments naturels et l’électronique. Juxtaposer les deux. La plupart du temps, dans ce type d’expérience, les groupes sont soutenus par une armée de violonistes. Mais nous on préfère être prudents. Ne pas être trop présomptueux. Car il faut que le résultat de cette combinaison soit réussi » La formation a d’ailleurs travaillé sur un projet de musique de chambre imaginé par James Joyce. Trente-six musiciens y ont participé. Mais qu’est-il devenu ? Grasshopper répond : « Ca date de longtemps. Au moins cinq ans. Mais c’est vrai qu’il doit bientôt sortir » Jeff embraie : « Le retard est consécutif à des problèmes de droits d’auteur » Et Grasshopper d’avouer : « Je ne me souviens plus des artistes qui avaient collaboré au projet. C’est loin ! Mais on aime bien James Joyce… »

Les Flaming Lips et Mercury Rev bossent en compagnie du même producteur, Dave Fridmann. Mais partagent-ils la même vision de la musique ? Jeff répond : « D’une certaine manière. Nous avons une approche aventureuse de la musique comme eux. Mais leur style est personnel. Ils ont leurs propres règles. Ils ont le besoin de créer des choses excitantes. Parfois risquées. Ce n’est pas que notre musique ressemble à la leur, mais c’est surtout notre philosophie qui est semblable. » Mais ont-il encore des contacts avec Wayne ? Grasshopper répond « Occasionnellement. » Jeff précise : « On se croise plutôt. Et on s’envoie de temps autre des petits messages. » Grassphopper confirme : « Ce n’est pas que nous le voyons. C’est lui qui nous voit… » Dans le même ordre d’idées, ont-ils encore des contacts avec l’ancienne flûtiste Suzanne Thorpe et l’ex-chanteur David Barker. Grashopper répond : « Suzanne Thorpe a émigré sur la côte Ouest des Etats-Unis. Son travail est encore plus expérimental que le nôtre. Elle joue de la musique vraiment avant-gardiste. Pour l’instant elle bosse en compagnie de Pauline Oliveros. David Barker s’est établi à Chicago. Il est toujours impliqué dans le monde de la musique, mais plus comme musicien. Il est producteur et ingénieur du son. »

Merci à Vincent Devos

En concert le 24 novembre à L’Ancienne Belgique de Bruxelles.

Mercury Rev

Hello Blackbird

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La bande à Jonathan Donahue a été invitée à réaliser la B.O. du premier long métrage de Robinson Savary, « Bye bye blackbird ». Pour Mercury Rev, c’est également la première expérience dans le domaine de la musique de film. Photographe pour Rock and Folk et responsable de trois courts métrages entre 88 et 95, Robinson est avant tout le fils du grand homme de théâtre, Jérôme Savary. « Bye bye blackbird » raconte l’histoire tragique vécue par une famille de cirque…

Partagé en 19 plages et deux clips vidéo, « Hello blackbird » est essentiellement constitué de plages instrumentales. Un univers sonore partagé entre musique contemporaine, symphonique et ambient. Exclusivement destiné aux inconditionnels du Rev voire à ceux qui tomberaient sous le charme du film, ce disque ne recèle manifestement rien de bien transcendant. Evidemment lors de cet exercice de style, le son sans l’image suscite rarement l’enthousiasme…

Mercury Rev

The Essential Mercury Rev - Stillness Breathes (1991-2006)

Écrit par

Si vous ne connaissez Mercury Rev qu’à travers ses deux derniers albums (« All is dream » en 2001 et « The secret migration » en 2005), vous ne connaissez pas Mercury Rev. Pas que ces disques soient de mauvaise facture. Au contraire. Mais ce sont les opus les plus accessibles et surtout les moins aventureux. Pour célébrer son 15e anniversaire, la formation américaine vient de graver sa première compilation. Un double cd. Le premier disque se contente de retracer en quatorze plages la carrière de cet ensemble excentrique, depuis 1991 à 2006, et devrait permettre aux novices de survoler l’évolution de leur musique. Tantôt expérimentale, psychédélique, noisy, free jazz voire champêtre, mais toujours fascinante. La présence de David Barker n’y étant pas étrangère. Mais aussi, à l’époque d’une flûtiste qui répondait au nom de Suzanne Thorpe (NDR : elle avait interprétée le rôle d’une jeune défunte lors d’un film tourné par Barker et Grasshopper, alors étudiants en cinéma). Si vous disposez de toute la discographie de la bande à Johnathan Donahue, le second disque se révèle beaucoup plus intéressant, épinglant 18 titres partagés entre Peel sessions, remixes, raretés et quelques reprises dont le groupe est friand : Beatles, John Lennon, Dylan, Neil Young, David Bowie, James Brown...

Mercury Rev

The secret migration

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Avant de se concentrer sur Mercury Rev, Jonathan Donahue a sévi quelque temps chez les Flaming Lips. D’abord comme technicien et ensuite comme guitariste. Il a même participé aux enregistrements des albums « A priest driven ambulance » et « Hit to death in the future head ». Sous le pseudonyme Dingus. Wayne Coyne et Jonathan sont d’ailleurs toujours restés de bons amis. Ce qui explique sans doute pourquoi il est facile de faire un parallèle entre la musique des Flaming Lips et celle de Mercury Rev. Même si la naissance des F.L. remonte au début des eighties et que l’aspect théâtral et visuel de leurs prestations scéniques a pris de plus en plus d’importance. D’un style underground pur et dur, les deux formations ont peu à peu évolué vers un univers sonore majestueux, luxuriant, presque prog. Mais en ayant le bon goût de ne pas se départir d’une sensibilité baroque qui les rend si uniques. Certains médias n’ont d’ailleurs pas hésité à qualifier Mercury Rev de Pink Floyd du 21ème siècle. Pour enregistrer « The secret migration », Mercury Rev à de nouveau fait appel à Dave Fridman, collaborateur de longue date et ex bassiste du groupe, à la coproduction. Et pour la première fois, la mise en forme a été raffinée à l’extrême. Un peu dans l’esprit d’un Philip Glass. Résultat des courses, plusieurs écoutes sont indispensables pour en saisir toutes les subtilités. C’est sans doute le seul reproche qui peut être fait à cet elpee. Car lorsqu’on se laisse entraîner, ce disque nous plonge dans un monde tour à tour visionnaire, poétique, pastoral ou magique, un monde au sein duquel Mercury Rev a créé sa propre logique. Chaque parabole que Jonathan aborde de sa voix flûtée, traite de l’homme face à la nature. Et des conflits qui naissent de leur rencontre. Mais si « Deserter’s songs » incarnait l’automne de leur muse, « The secret migration » annonce le printemps. Et si les traces de psychédélisme ne sont plus aussi flagrantes, elles ont toujours aussi présentes. A l’instar du complexe et agité « The climbing rose ». Enfin, si on y recèle encore deux titres menaçants, l’hymnique « Arise », et puis « Black forest (Lorelei) », l’ensemble a plutôt la tête dans les nuages. Un romantisme éthéré, atmosphérique, qui peut parfois rappeler le Barclay James Harvest des débuts, The Church, James (NDR : postcard oblige!),les Beatles circa « Magical mystery tour » ou encore le Floyd de « Wish you were here ». Et en conjuguant ses harmonies vocales à la perfection, un fragment comme « Moving on » lorgne même du côté des Beach Boys. Du grand art !

Mercury Rev

All is dream

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Après avoir commis l'impressionnant " Deserter's songs " en 1998, Mercury Rev nous revient avec ce qu'on pourrait considérer comme une suite à ce chef-d'œuvre. En fait Jonathan Donahue, le leader du groupe, est allé encore plus loin dans le labyrinthe de sa propre imagination ; au point de ne sortir que très rarement de ce périple opéré au cœur même de ses rêves. Ce qui explique sans doute le titre de ce nouvel album. Nonobstant l'un ou l'autre thème plus filmique, et en particulier l'ouverture " The dark is rising ", abordé à la manière d'une bande sonore de western ‘enniomorriconesque’, l'opus navigue en plein délire visionnaire ; et seules la guitare et la basse nous rappellent encore épisodiquement que Mercury Rev était un groupe de rock. Pour enregistrer ce disque, le trio yankee a reçu le concours de Toni Visconti à la coproduction. Pour ceux qui s'en souviennent encore, Visconti avait travaillé en étroite collaboration avec Bolan et surtout Bowie, au cours des seventies. En outre, l'ombre de Jack Nietzche plane également sur cet opus. Un illustre ingénieur du son qui avait notamment travaillé pour Neil Young. Approché par le groupe pour assurer la mise en forme de nouvel opus, il est malheureusement décédé une semaine avant que le groupe n'entre en studio. " All is dream " constitue le cinquième elpee de Mercury Rev. Un morceau de plastique qui laisse une grande place aux arrangements et aux orchestrations symphoniques, à l'instar de son précédent disque, " Deseter's songs ". De son falsetto presque ‘neilyoungesque’, Donahue nous entraîne au sein d'un univers peuplé de serpents, d'araignées, de sirènes, de lutins, de requins et autres figurants sur fond de mythologie grecque ou de textes hindous. Un univers parallèle où " All is dream "… Un must !

 

Mercury Rev

Deserter’s songs

Encore un groupe chargé de promesses qui a failli splitter. Motif ? Des relations de plus en plus tendues entre les membres de la formation ; situation provoquée par la conjugaison des dépressions nerveuses du chanteur/guitariste Jonhathan Donahue, inconsolable depuis le départ de sa girlfriend, et de Grasshopper, le second guitariste, forcé de séjourner dans un monastère pendant six mois, pour retrouver ses esprits. Apparemment, nonobstant les inévitables changements de line up, consécutifs à la dégradation du climat ambiant, une certaine sérénité semble être revenue chez Mercury Rev, puisqu’il vient de sortir son quatrième album. Un disque, dont la musique riche en arrangements, se révèle à la fois atmosphérique, panoramique et psychédélique, transcendant une multitude de styles passés, présents, et pourquoi pas futurs… Empruntés tout à tour à George Gershwin, Cole Porter, Van Dyke Parks, Neil Young, Spacemen 3, Spiritualized, Jesus & Mary Chain, Velvet Underground, les Beach Boys, Galaxie 500 et la bande sonore de dessin animés. Ceux de Walt Disney, en particulier. Mercury Rev a reçu, en outre, le concours de deux musiciens du Band (groupe défunt et légendaire de Bob Dylan), en l’occurrence le drummer Léon Helm, et le saxophoniste/claviériste Garth Hudson. Une œuvre qui devient envoûtante au fil de l’écoute, accordant une place beaucoup plus importante au sens mélodique, et donc moins à la distorsion, phénomène entretenu, en quasi permanence, sur les trois précédents elpees…

 

Mercury Rev

See you on the other side

Exit David Baker, vocaliste au timbre incroyablement versatile, remercié poliment pour incompatibilité d'humeur avec les autres musiciens du groupe. Et pourtant, bien que réduit depuis peu à un quatuor, Mercury Rev nous revient déjà avec un troisième opus. Si les paysages sonores, nés de l'imagination créatrice de cet ensemble yankee sont toujours aussi complexes et surréalistes, ils semblent surtout, sur "See you on the other side", beaucoup plus fluides et intuitifs. Le voyage dans l'underground est beaucoup plus confortable. L'absence de règles passe totalement inaperçue. Pourtant, les perturbations spasmodiques et les tourbillons d'inquiétude sont toujours bien actifs. Simplement, ils font vibrer ce fil mélodique plutôt que de le maltraiter. Un fil mélodique dont l'élasticité fluctue au gré des chœurs angéliques, du piano staccato, du saxophone ‘coltranesque’ ou sinusoïdal, des orchestrations cartoonesques, de la flûte pastorale, du feedback âpre mais sensuel, de la basse flottante et du vocal blême de Jonathan Donahue. "See you on the other side?" Dans un Mercury Rev alors...