logo_musiczine

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (5 Items)

My Bloody Valentine

Just remember that deaf is not the end

Écrit par

Plus de vingt et un an après que les aiguilles de l'observatoire Royal de sismologie se soient mise à danser au son du légendaire groupe emmené par l'énigmatique Kevin Shields, l'AB accueillait à nouveau une horde de fans désireux de se faire perforer les tympans.
Suscitant autant d'enthousiasme que de mines circonspectes, le concert de ce mardi trois septembre a relancé l'éternel débat qui déjà divisait l'opinion en avril 1992.
Soit : que penser de ce bruit qui se répand comme la lave, figeant l'auditoire ou l’incitant à fuir selon les circonstances et les conditions d'écoute.
Adulés par certains, honnis par d'autres, My Bloody Valentine ne fait certes pas l'unanimité et le concept de ce mur du son qu'ils ont bâti comme une forteresse autour de leurs personnalités renfermées divise les avis autant qu'il n'a(ba)sourdit.
Mais après un retour chahuté où ce concept avait été poussé à son paroxysme (cf. leur prestation au Pukkelpop accordée en 2009 au cours de laquelle la puissance développée en décibels allait, pour de nombreux spectateurs, au delà du supportable), le groupe semblait avoir compris que les spectateurs étaient en droit d'attendre autre chose qu'un magma sonore inaudible susceptible de mettre en péril leur intégrité organique.
Mur du son, certes, mais dont les brèches permettent aux mélodies de se faufiler.
Sauf que...

Sauf qu'on ne change pas les habitudes.

Il est vingt heures quarante-cinq et le set va bientôt débuter.

En arrière-fond de la scène, un message du band déplore que notre pays soit le seul à s'enorgueillir d'une loi visant à limiter les nuisances sonores.

Et oui, Kevin, depuis les nineties, le vent à tourné...

Soit dit en passant, la formation savait à quoi s'attendre, puisque je me suis laissé dire qu'il était question un moment que le Cirque Royal les accueille dans le cadre des Nuits Botanique, avant qu'ils ne refusent de se plier à cette même ordonnance.

Donc, revenu sur cette décision et décidé à néanmoins s'offrir au public belge, le quatuor entame son concert par « I Only Said », non sans égratigner cette politique de protection de l'ouïe par le biais d'une remarque caustique en guise d'introduction.

De la voix de K. Shields, c'est quasi tout ce qu'il nous sera donné d'entendre.

Pas de surprise.

En effet, il est communément admis (du moins par la frange fidèle de ses fans) que le combo met en avant le son des guitares (oui, LE son) au détriment des mélodies vocales qui elles, sont mâchouillées à l'extrême et à peine perceptible dans le boucan électrique.

Si ce sous-mixage a de quoi étonner, il paraît quand même logique que ce qui est produit en studio –et met en valeur ces mélodies– soit en ‘live’ mis entre parenthèse pour des raisons techniques évidentes (essayez de chanter sans vous entendre et vous comprendrez).

L'idée n'étant pas de reproduire une copie plus ou moins conforme de ce qui existe sur album, il est alors fait appel à nos mémoires affectives.

Ainsi, au delà de cette chape écrasante et de ce tumulte assourdissant, les mélodies se fraient une place non pas depuis la scène, mais en toile de fond, quelque part dans notre subconscient.

Car avant toute chose, un concert de My Bloody Valentine reste une expérience.

Éprouvante, qui se joue de la facilité, intègre et fidèle au précepte du bruit élevé au rang sacré.

Sans fioritures.

Un pavé lancé en plein figure.

Il faut donc être un minimum préparé et se montrer conciliant.

Et donc venir en connaissance de cause.

Restent donc ces vagues successives qui viennent nous harponner sans relâche, nous faisant tanguer (et certains sombrer).

Aux classiques « When You Sleep », « You Never Should », « Honey Power » et « Cigarette In Your Bed » vient se greffer « Only Tomorrow » qui en réalité ne sera qu'un des trois titres extrait de « MBV » leur dernier opus en date.

Une sorte de ‘Best of’ donc, qui bien sûr, enchante les jeunes quadragénaires constituant une grande partie de l'auditoire.

Souvenirs d'une époque glorieuse mais qui vit une nouvelle jeunesse et dont MBV restera à jamais le fier étendard, assurant la filiation avec bien des mouvements d'aujourd'hui.

À ce jeu d’échanges, remarquons que le groupe insuffle à ses nouvelles compositions quelques pertinentes inflexions en territoires audacieux.

Comme cette Drum'Bass qui tapisse « Wonder 2 » dont la version ‘live’ malheureusement, est à mon sens quand même fort brouillonne et pataude.

Au final, « You Made Me Realize » et son intermède sonique tant redouté (une montée en puissance qui ferait passer un ensemble de moteurs de F16 pour une chorale pastorale et s'échelonne selon les prestations entre une poignée de minutes jusqu'à une demi-heure d'un insupportable vrombissement) sera ramené ce soir à sa plus simple expression, étouffé sans doute par les impératifs cités plus haut.

Les avis criés plus que chuchotés après le show (surdité oblige) continuant d'alimenter le mythe My Bloody Valentine pour les deux prochaines décennies…

Setlist :

1.         I Only Said
2.         When You Sleep
3.         You Never Should
4.         Honey Power
5.         Cigarette In Your Bed

6.         Only Tomorrow
7.         Come In Alone
8.         Only Shallow
9.         Thorn
10.       Nothing Much To Lose
11.       Who Sees You
12.       To Here Knows When
13.       Wonder 2
14.       Soon
15.       Feed Me With Your Kiss+
16.       You Made Me Realize

(Organisation: AB)

 

My Bloody Valentine

Ep’s 1988-1991

Écrit par

Dans la foulée de la remasterisation d’« Isn’t anything » et de « Loveless », Sony a donc décidé de publier un double cd réunissant, quelques Eps gravés par la formation irlandaise entre 1988 et 1991 (NDR : vu le titre, c’était pas difficile de l’imaginer…) Pas tous, mais probablement les plus essentiels. Enfin, ceux qui permettent d’analyser l’évolution du groupe entre la sortie d’« Isn’t anything » et de « Loveless ». Enfin, pas tout à fait puisque « You Made Me Realize » est paru avant « Isn’t anything » et « Tremolo » avant « Loveless ». Par conséquent, les deux autres « Feed Me with Your Kiss » (1988) et Glider (1990), entre les deux. Le tout est enrichi de raretés, comme ces deux fameux instrumentaux, dont je vous parlais dans la chronique d’« Isn’t anything ». L’opus est double et recèle 24 plages. Probablement la sortie la plus intéressante des trois, si vous ne possédez pas les versions originales des deux long playings dont question dans cet article…

 

My Bloody Valentine

Isn’t anything (Remastered)

Écrit par

Le tout premier album de My Bloody Valentine a donc également été remasterisé. Enregistré en novembre 1988, le vinyle original était enrichi d’un 45trs emballé dans une pochette blanche, et recelait deux titres instrumentaux.

A contrario de « Loveless », les sessions d’enregistrement d’« Isn’t anything » se sont déroulée en deux semaines, le groupe ne dormant qu’un maximum de deux heures par nuit. Musicalement, si les fondations du shoegaze sont bien posées, on y ressent encore nettement les influences de Jesus & Mary Chain et de Sonic Youth. Le son est plus filandreux, sale et la combinaison des voix de Bilinda Butcher et du leader Kevin Shields est perfectible. Mais l’ensemble tient bien la route. Certains aficionados le considèrent comme leur album-référence. Sans doute à cause des climats contrastés qui oscillent du plus ténébreux à l’allègre, en passant par le lent et le plus effervescent. Et sans doute aussi parce qu’il a été moins produit. Pas sûr que Shields soit du même avis…

 

My Bloody Valentine

Loveless (Remastered)

Paru initialement le 4 novembre 1991, “Loveless” constitue toujours le dernier opus de My Bloody Valentine. Bien que reformé en 2008, on attend toujours la sortie de son nouvel album. En fait, le groupe avait commencé à retravailler des démos ébauchées en 1996. Mais les sessions ont pris un temps fou, et Island Records, chez qui le quatuor irlandais avait signé, a refusé de prolonger le financement de ces sessions, jugées trop coûteuses. Selon les déclarations des musicos, un Ep et un elpee devraient quand même le jour, et recèleraient même des compos récentes. Enfin, si d’ici la date de sortie, ils ne changent pas d’avis.

Mais revenons-en à « Loveless », publié début des 90’s chez Creation. En fait, l’histoire semble se répéter, puisqu’à cette époque, le label avait failli mettre la clef sous le paillasson, à cause de sessions aussi interminables qu’onéreuses.

Le « Loveless » a été remasterisé par Kevin Shields, en personne, aux studios Metropolis de Londres. Suivant deux techniques différentes, réunies au sein du même digipack. La première a été opérée d’après les bandes originales. La seconde également, mais en retravaillant les analogiques à ½ pouce. Ne m’en demandez pas plus, là on entre dans le domaine purement technologique.

« Loveless » est devenu un album culte. Il constitue le point culminant de leur carrière. Et vous trouverez ci-dessous, le texte que nous avions rédigé au sujet de ce disque, en 1991… (BD)

Post néo psychédélique, c’est probablement le terme qui convient le mieux à l’architecture sonore de My Bloody Valentine. Une architecture ondoyante, fluide, vertigineuse, qui dilate votre matière grise, au point où vous vous demandez parfois si la musique défile à la bonne vitesse. MBV semble aujourd’hui se démarquer totalement de la noisy pop cultivée sur l’album « Ecstasy » (1987). Avec « Loveless », il justifie, en tous cas, son rôle de catalyseur de l’éther psyché ; celui qui a notamment donné naissance à Slowdive, Ride et Boo Radleys. Semi-consciente, semi-cauchemardesque et perfectionniste, la musique de « Loveless » bouillonne au sein d’un plasma filandreux, apparemment sans structure. Et pourtant, guitares évanescentes, drums glacés, samplings fantasmagoriques, voix blêmes, brumeuses et troublantes restent solidement accrochés à un seul fil : celui de la mélodie. Un album renversant, mais qui risque de vous laisser de marbre si vous supposez encore que MBV appartient au renouveau de la guitare… (G&BD)

 

My Bloody Valentine

Creation nous a flanqués à la porte!

Écrit par

Héritiers perdus de la ‘punktitude’, My Bloody Valentine incarne aujourd’hui une référence pour toute la scène noisy-pop (pensez à Ride, Chapterhouse, Blur, Lush, etc.). Pourtant, ce mythe s’est développé indépendamment de leur volonté. Et paradoxalement alors que leur création prenait une nouvelle orientation. Après trois années de relative léthargie, MBV s’est décidé à sortir « Loveless », un album ‘post-néo-psychédélique’ (et le mot est faible). Un disque qui joue avec les ondes mélodiques. S’ils sont particulièrement bruyants sur scène, les musiciens utilisent beaucoup le flou artistique lors de l’épreuve de l’interview. La formation est au grand complet, mais seuls le drummer Colm Ó Cíosóig et le chanteur/guitariste Kevin Shields (NDR : ce sont aussi les membres fondateurs) répondent aux questions…

Comment est née l’aventure My Bloody Valentine ?

Colm : Tout a commencé à Dublin. La scène rock y était tellement ennuyeuse que nous avons voulu lui donner un coup de fouet. Comment ? En montant un groupe, un groupe capable de faire du bruit, beaucoup de bruit, mais du bruit mélodique. Nous avons joué un concert, puis un autre concert… mais comme cela ne marchait pas très fort, nous avons décidé d’émigrer sur le Vieux Continent. Un périple aux Pays-Bas, puis surtout en Allemagne où nous avons enregistré un mini-album. Finalement, nous sommes revenus à Londres pour nous y fixer…

Pourquoi jouez-vous si fort en concert ?

Kevin : Au cours de notre adolescence, nous recherchions les concerts de rock qui faisaient le plus de bruit. Nous en avions marre de cette musique calme, sans punch, au sein de laquelle se complaisaient des artistes atteints par le syndrome de la nonchalance. Ceux qui fréquentent les night-clubs savent combien il est excitant et juvénile de se laisser inonder sous le flot de décibels… J’ajouterai même que les groupes qui pratiquent aujourd’hui le hard-core et le heavy metal ne sont pas assez bruyants. Nous prenons notre pied en jouant fort sur scène. C’est un exutoire face à la monotonie de la vie quotidienne. Et puis, nous ne voulons pas plaire à tout le monde. Nous visons un public bien spécifique, un public qui s’éclate autant que nous.

Pensez-vous qu’il soit possible de jouer plus fort que MBV ?

K. : Oui, pourquoi pas ? Nous développons un niveau de puissance appréciable, mais il est toujours possible de le dépasser. Nous pourrions d’ailleurs en faire la preuve ce soir (NDR : Help !)

Que pensez-vous de tous ces wagons ‘noisy’ qui restent accrochés à la locomotive ‘My Bloody Valentine’ ?

K. : La presse est responsable de cette façon de mettre des étiquettes. Tous les groupes sont différents, même si nous devons admettre avoir exercé une certaine influence sur certains d’entre eux. Etait-il vraiment nécessaire de transformer l’idée de base ‘noisy’ en scène homogène ?

Vous ne croyez pas à cette scène ?

K. : Elle ne concerne que Ride, Lush et Blur. Pas pour des raisons musicales, mais parce que leurs musiciens fréquentaient les mêmes clubs londoniens. Evidemment, les journalistes n’ont pas manqué l’occasion de photographier leurs rencontres, et puis, ils se sont mis à monter en épingle un concept…

Les Pale Saints nous ont raconté qu’il existait, quelque part dans les Midlands, une grande maison où les groupes de ‘noisy’ se rencontraient pour écrire des chansons ensemble. Est-ce exact ?

K. : Non, c’est une plaisanterie.
C. : Ou une légende, peut-être…

Pensez-vous qu’il soit encore possible d’inventer de nouveaux sons dans la musique rock ?

K. : J’espère que oui, mais je ne suis pas tout à fait sûr…

Qu’est-ce que la musique psychédélique représente pour MBV ?

K. : A l’époque, les groupes psychédéliques pouvaient se permettre de décrocher un hit tout en conservant leur originalité. Peu à peu, tout s’est déglingué, et au milieu des eighties les artistes rock ont même été forcés de se prostituer au marketing ou de suivre la mode pour espérer entrer dans les charts. Heureusement, les firmes de disques se sont enfin rendu compte que la musique alternative pouvait se vendre. Elles se sont mises à encourager la création. Faut dire aussi que le public en avait marre de se faire rouler dans la farine. Et puis la ‘house’ a donné une nouvelle impulsion à la pop. D’ailleurs, ceux qui n’ont rien compris sont tombés de très haut. Et ils ne sont pas près de s’en remettre. La house a permis une régénération de la création musicale…

Vous avouez donc avoir été influencés par la house ?

K. : Absolument. C’est même une influence fondamentale, surtout pour le rôle exercé par les guitares.

Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps avant la sortie de notre nouvel album ?

K. : Nous préférons concentrer nos idées et notre énergie sur un seul album plutôt que de ressasser indéfiniment la même mixture. L’enregistrement de « Loveless » a nécessité sept semaines. C’est assez long, mais cela se justifie par les changements successifs de studio. Relativement peu onéreux, ils étaient le plus souvent de piètre qualité. Mais ce qui nous a vraiment assommés, ce sont les bobards d’Alan Mc Ghee (NDR : le boss de Creation). Il est allé raconter que nous avions exagéré les dépenses pour l’enregistrement de l’album. Il a avancé des chiffres largement exagérés. Non seulement nous avons dû bosser sur du matériel peu performant, mais cette opération n’a coûté que 14 000 £ (NDR : 21 000 €). Cette somme peut paraître importante, mais elle est dérisoire par rapport aux investissements engagés pour les autres groupes.

Vous n’étiez pas satisfaits de votre label ?

K. : Non. Creation a fait preuve d’un manque flagrant de professionnalisme. Et nous nous sommes exprimés en conséquence. Alan McGhee l’a très mal pris ; il s’est senti blessé dans son amour-propre et nous a flanqués à la porte. Pourtant, nous avons toujours beaucoup de respect pour les gens qui travaillent chez Creation. Ils sont tellement passionnés par la musique ! Mais beaucoup trop de leurs groupes se sentent frustrés parce que l’aspect promotionnel n’est pas suffisamment approfondi. Depuis notre départ, plusieurs labels nous ont proposé un contrat. Mais nous ne sommes pas pressés. Nous ferons un choix après mûre réflexion…

L’album ne serait-il pas à la hauteur de vos espérances ?

K : Il constitue une nouvelle étape dans l’évolution du groupe. Il a été produit par un DJ. Teenage Fan Club est trop vieux pour confier la finition de son travail à un DJ. Pas que ce soit mal d’être vieux jeu, mais avant de se remettre en question, sans prendre certains risques, il serait illusoire d’envisager le moindre souffle d’air frais sur la musique.

En Grande-Bretagne, les différences sociales sont particulièrement marquées. Pensez-vous que ces inégalités se reflètent à travers la musique ? Noisy d’un côté, groovy, baggy, de l’autre ?

K. : Effectivement, mais chez les ‘baggy’, cette différence n’est pas aussi marquée. Tous n’appartiennent pas à la classe ouvrière. Quoique ! Peut-être Happy Mondays. Et encore ! Le père de Bez est officier de police. Ride et Chapterhouse correspondent probablement le mieux à la ‘middle class’. Mais la plupart des groupes sont composés de musiciens issus de tous les milieux sociaux. ‘Middle class’ ou ‘working class’, qu’importe ! Encore une fois, ces étiquettes ont été fabriquées par les médias. Par exemple, nous comptons de nombreux fans à Newcastle, une cité ouvrière…

Pourtant, votre style musical attire surtout les étudiants !

K. : Non, il n’y a pas d’âge pour apprécier notre musique. Aussi bien le concept visuel que musical intéresse les jeunes de quatorze (NDR : divisez par deux) à septante-sept ans. Lors de nos concerts, vous rencontrez des teenagers, mais également des quadragénaires qui retrouvent une certaine relation avec la musique des sixties.

Comment s’est déroulé la ‘Rollercoaster’ entreprise en compagnie de Dinosaur Jr, Jesus & Mary Chain et Blur ?

K. : Il est toujours intéressant de faire une tournée avec d’autres groupes. Mais pour la ‘Rollercoaster’, nous n’avons pas recueilli les fruits de cette expérience. La demande de tickets était tellement forte que nous avons été obligés de jouer dans des arènes (NDR : des endroits comparables au Cirque Royal de Bruxelles qui permettent de concentrer 2 000 à 3000 places debout). Ce sont des salles inadaptées qui empêchent toute communication entre le groupe et le public. En Angleterre, il n’existe pas de salle appropriée au-delà de 1 000 personnes.

Si vous deviez mettre au point votre propre tournée, quels groupes choisiriez-vous ?

K. : Certainement des groupes qui s’inspirent de notre démarche. Des groupes progressifs tels que Mercury Rev, Pavement. Nous allons d’ailleurs tenté de les engager pour notre tournée américaine.

Est-ce que les problèmes socio-économiques qui rongent l’Irlande vous touchent encore ?

C. : C’est une question qui concerne tous les Irlandais, et elle me touche personnellement. J’essaie de ne pas trop y penser, parce que la politique ne m’intéresse pas. Les exactions commises par l’IRA me répugnent. Il est quand même malheureux de voir les gens mourir pour des mobiles politiques. Je pense aussi à cette foutue guerre du golfe qui n’aurait jamais dû se produire. N’est-ce pas ridicule de faire la guerre pour imposer ses opinions.

Merci à Christophe Godfroid.

Interview parue dans le n° 4 du magazine Mofo de juin 92.