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Heather Nova

Nettoyer, c'est guérir, non ?

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A l'instar de son nouvel album, la musique d'Heather Nova lui ressemble : elle parait intemporelle.

Treizième elpee en trente ans de carrière pour Heather Nova, sirène (le titre de l'un de ses albums) bermudienne sur qui le temps semble avoir aussi peu de prise que la mer sur le sable. Cette perle, titre de son disque le plus célébré, qui navigue entre rock alternatif, pop dépouillée et références folk indie, remet du souffle dans ses compositions grâce à « Breath And Air », après un long playing de reprises, paru il y a trois ans. Sa voix éthérée qui évoque Kate Bush et Joan Baez, deux de ses héroïnes de jeunesse tout comme Patti Smith, fait chalouper des compositions fluides pour ne pas dire d'une limpidité forcément... caribéenne.

De quoi traite la première plage du nouvel elpee, « Hey Poseidon », et pourquoi introduit-elle l’œuvre ?

Je vis aux Bermudes et, pour la première fois depuis très longtemps, j'ai effectué de la voile en famille durant deux semaines. Ayant grandi sur un voilier, cette croisière m'a, en quelque sorte, redonné le sentiment d'être libre. Au fil de l'âge, nous avons tendance à être coincés dans nos habitudes et nos schémas de pensée...

Observant l'horizon, cette activité m'a communiqué le sentiment que les limites sont un état d'esprit et que nous pouvons toujours nous en débarrasser.

Puis-je affirmer que votre musique est plus liquide que fluide ?

Cette idée de liquide ou fluide me plaît, car, à mes yeux, il s'agit de la même chose. Elle suggère un flux, et cette musique en est un ; un flux de mélodies, de conscience, de pensées. Quand j'écris une chanson, des choses me viennent à l'esprit et je libère en quelque sorte ces sentiments et ces réflexions.

La musique serait-elle, dès lors, une sorte de catharsis pour vous ?

Oui, elle l'a toujours été depuis que j'ai commencé à écrire et composer. J'avais 12 ans et je vivais sur un petit voilier de 12 mètres au milieu d'une famille de cinq personnes. Je traversais des bouleversements, ces nouvelles émotions qui, à l'adolescence, transforment le corps et l'esprit. J'avais des parents merveilleux, mais avec qui je ne pouvais pas vraiment parler de ces sentiments, car ils s’occupaient des deux autres enfants, plus jeunes. J'ai donc intériorisé toutes ces situations. A cette époque, je m'installais seul sur le pont du bateau avec ma guitare, et toutes mes émotions ressurgissaient sous forme de chansons. C'était ma thérapie et ma catharsis. Et c'est toujours le cas...

J'ai parfois l'impression d'être trop auto-complaisante en écrivant constamment sur ce que je ressens, alors que des événements bien plus globaux et importants mériteraient mon attention. Mais cela m'est tellement naturel !

Le spectateur ou l'auditeur peut s'identifier à un artiste qui partage sa réalité. Ce qui crée des liens et permet à chacun de se sentir moins seuls dans ses propres préoccupations.

L'eau nettoie ou guérit d'une certaine manière ?

Je pense que nettoyer, c'est guérir, non ? Lorsque vous nettoyez votre corps, lorsque vous jeûnez, vous nettoyez votre corps pour ensuite le guérir. L'eau fait les deux... métaphoriquement.

Qu’expriment les paroles de la chanson, « The Lights on Sicily » ?

Je l'ai écrite loin de chez moi. Elle évoque le sentiment d'être anonyme ailleurs. Comme si vous pouviez ressentir exactement qui vous êtes, plus encore que lorsque vous vivez dans le contexte de votre domicile. Une expérience solitaire, mais également révélatrice...

Que signifie le dernier titre du long playing, « Farewell » ?

Parfois, j'écris des chansons pour me réconforter par rapport à ce que je m'attends à perdre. J'essaie de me préparer au deuil. Il est inévitable que les personnes que nous aimons soient ‘éphémères’, mortelles, comme nous tous. Je tente donc d'y trouver un sens et de m'y préparer. Cette chanson parle de la mort, de la transition qu'elle représente et de la beauté qu'elle peut avoir.

Vous êtes croyante ?

Non, mais emplie de spiritualité.

Je crois à un mystère et à la bienveillance de ce mystère.

Vous avez participé à ‘Lilith Fair’, festival de musique itinérant qui, à la fin des années 90, défendait le rock féminin et la présence des femmes dans la musique. Que pensez-vous de l'évolution de notre société après le mouvement ‘#MeToo’ ?

L'attention importante qui y a été accordée à l'époque est bénéfique. Mais en regardant autour de moi, je ne constate pas de grands changements dans notre comportement social ou culturel. Il y a sans doute une plus grande prise de conscience et un plus grand respect pour ce genre de situation. Mais il nous reste encore un long chemin à parcourir...

Pourquoi avoir enregistré cet album de reprises, révélateur du spectre de vos goûts puisqu'il comprenait aussi bien des titres de Rick Astley, The Pixies ou de Foreigner...

En fait, je m'y suis attaqué pendant la Covid, alors que je m'ennuyais de ne plus pouvoir tourner ou enregistrer. C'était un peu comme si je me lançais des défis. Même une ritournelle qui paraît totalement artificielle comme « Never Gonna Give You Up », en la dépouillant de sa production pour l'interpréter de manière acoustique, révèle une très belle chanson.

Oui, exactement. Mais j'ai été surpris qu'il n'y ait ni Kate Bush ni John Baez que vous révérez.

Parce que je voulais m'attaquer à un répertoire éloigné de moi. Je ne voulais pas de chansons avec lesquelles j'ai grandi et que j'adore. D'ailleurs, jamais je n'oserais toucher à Kate Bush...

Heather Nova : « Breath And Air » (V2) 21/02/2025

En concert le 5 mai à De Roma, Anvers

 

 

Heather Nova

Heather Nova ne manque pas d’air…

Écrit par

Originaire des Bermudes, l'autrice-compositrice-interprète, Heather Nova, s'est fait connaître pour la première fois, en 1994, lors de la sortie de son album « Oyster ». Les chansons entraînantes de cet opus l'ont propulsée sur la scène pop indé et fait entrer dans les classements du monde entier. Depuis, sa voix éthérée et puissante lui a valu un public fidèle. Treize long playings plus tard, Heather Nova est une figure établie qui continue à produire sans effort des mélodies envoûtantes les unes après les autres.

En février 2025, Heather Nova sortira son 13ème elpee. Il s’intitulera « Breath and Air ». Il s'agit d'une collection de chansons évocatrices, riches en mélodies, en paroles et en arrangements, soulignées par la voix d'Heather, toujours aussi forte et éthérée. L'album vous enveloppe dans une atmosphère intemporelle, vous invitant à tout oublier pour un moment, tout en vous ramenant à vous-même.

Heather a écrit les chansons du nouvel opus au cours de ces deux dernières années et a passé quatre semaines dans la campagne du Devon (Royaume-Uni), enfermée dans un studio charmant en compagnie de Chris Bond (Ben Howard) pour enregistrer les titres.

De cet LP, deux singles ont déjà été extraits, « Hey Poseidon » (en écoute ici) et le titre maître (en écoute )

 

 

Novastar

Je suis très sensible aux sons, au timbre, à la couleur des mots…

Écrit par

Pilier de la ‘belpop’ depuis 25 ans, le belgo-hollandais Joost Zweegers, mieux connu pour son projet Novastar, a choisi, plutôt que de se remémorer ses succès du passé, de les réinterpréter, à l'instar de « Mars Needs Woman » ou « Never Back Down », en imaginant une musique, fruit d’une une alchimie subtile entre celles des Beatles, de Neil Young, de Tom Petty et de Randy Newman. A ses dix incunables, Joost, accompagné de son combo britannique, en a ajouté un nouveau, « Look At You Know », qu'il compte bien jouer cet été lors de son passage, en tête d'affiche, de la cinquantième édition du festival de Dranouter. Comme d'ailleurs le titre éponyme de cette compilation, opportunément et ironiquement intitulée « The Best Is Yet To Come », qui au lieu d’une compile, et devenue un best ‘tof’…

Pourquoi cette relecture de votre œuvre ?

Parce qu’il y a dix ans que j'enregistre mes disques à Brighton, en compagnie des musiciens et producteurs britanniques, lesquels me réclament un ‘best of’ depuis des années ; ce que je n'ai jamais accepté, refusant de regarder en arrière. Finalement, je me suis dit que si je devais sortir une compilation, c'était maintenant ou jamais, dans le cadre de mon changement de label, et par le biais d'une relecture en compagnie de ce groupe, plutôt qu'au travers des enregistrements originaux.

Je l'ai réenregistré en direct, qui plus est, au studio Abbey Road. Vu l'histoire mythique du lieu, c'était comme un rêve d'enfant pour moi.

Et vous êtes plutôt Harrison, McCartney ou Lennon ?

C'est surtout la synergie entre les quatre musiciens que j'apprécie. The Beatles, en tant que groupe, reste ma plus grande source d'inspiration, tout comme Neil Young. Les Beatles pour les chansons pop et les voix ; et Neil Young pour la vibe mystique.

Quels rapports entretenez-vous avec ce dernier ?

Je suis autodidacte, et j'ai débuté en interprétant des chansons de Neil Young quand j'avais quatorze ans. Et lorsque j'ai connu le succès en 2000, j'ai entrepris une tournée européenne complète en compagnie du grand rocker canadien. Partir en tournée avec mon idole m’a beaucoup inspiré.

Vous êtes toujours en relation ?

Non. Cependant, je communique toujours avec des membres du Crazy Horse, son groupe, et son producteur, Niko Bolas. Mais j'ai eu d'excellents contacts avec Neil pendant cette tournée, et cela s'est révélé primordial pour moi. Je donne souvent des concerts en solo, au piano et à la guitare, et c'est sous ce format que mon côté Neil Young s'exprime. En revanche, lorsque je me produis auprès de mes amis britanniques, le résultat ressemble davantage aux Beatles.

Etes-vous plutôt Elton John, Randy Newman ou Billy Joël ?

La profondeur de Randy Newman correspond mieux à ma musique, surtout en solo. Il en va de même pour l'Elton John des deux ou trois premiers albums. Il est vrai que sur ce ‘best of’, j'ai laissé de côté les guitares acoustiques au profit du piano.

Novastar, est-ce un vrai groupe ou plutôt l'émanation de votre personne ?

C'est plutôt mon personnage public. Je n'ai jamais vraiment disposé d'un groupe stable ; d'une part, parce que je désirais être totalement libre, et de l'autre parce que j’accorde beaucoup de concerts solos.

Désormais, vous vous considérez comme Belge ou Hollandais ?

J'ai vécu en Belgique toute ma vie et je suis un grand fan de ‘notre’ pays. Je suis né dans le sud des Pays-Bas, à la frontière de la Belgique et j'ai toujours demeuré dans le Limbourg. Je me sens comme un Belge sur un vélo hollandais (Il rit)

Mais j'adore jouer de cette ambiguïté. Je me produis également souvent aux Pays-Bas où l'on me pose souvent cette question ; et évidemment, je réponds que je suis hollandais (rires) !

Pensez-vous un jour enregistrer un elpee en néerlandais ou en français ?

Si cela se produit, ce serait plutôt en français. J'adore le son de la langue française qui, comme l'anglais, est très agréable à chanter. Le français a un son totalement différent, mais sa couleur se révèle également très romantique.

Car je suis très sensible aux sons, au timbre, à la couleur des mots. Je travaille une composition jusqu'à obtenir un bon texte en termes de sens, mais aussi de timbre et de tonalité. C'est ce que font également les Britanniques ; parfois, un texte peut être très simple, mais sonner parfaitement et toucher dès lors l'auditeur. Alors que dans le cas des Américains, il s'agit souvent d'une histoire, d'un récit... mais sans les couleurs.

Être invité à vous produire à Dranouter dans le cadre de la cinquantième édition du festival, cela vous honore ?

Oui, je m’y suis produit à plusieurs reprises. A l’origine, c’était un festival très folk. J'adore ce lieu situé au pied du mont Kemmel. Je suis vraiment honoré d'être à l'affiche que je vais partager avec l'un de mes grands amis, Mike Scott des Waterboys, avec qui j'ai composé. Il y a d'ailleurs de grandes chances que nous fassions quelque chose ensemble sur scène lors de cette cinquantième édition...

Novastar : The Best Is Yet To Come (Universal) – paru le16/02/2024

Festival Dranouteur, du 2 au 4 août prochain. Infos : www.festivaldranouter.be

 

Mike Donovan

Mike Donovan s’éclaire à la lampe de poche…

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Depuis 2011, Mike Donovan est un pilier du label Drag City, d'abord en compagnie de Sic Alps, puis en solo et avec The Peacers ; mais Mike ‘The Mighty Flashlight’ Fellows est une figure des coulisses de Drag City depuis les premiers jours, jouant sur scène et sur disque avec Royal Trux, Silver Jews et Will Oldham. Fellows a également contribué aux albums de Endless Boogie, Pigeons, Weeping Bong Band et Prison au cours des dernières années.

Chez Mighty Flashlight, le chemin serpentueux de Donovan devient de plus en plus élastique, s'amplifie de ligne en ligne, de changement en changement, sa souplesse d’esprit permettant de percevoir des formes différentes dans nos oreilles.

Sur le single, "Planet Metley", Mike and the Mighty Flashlight nous guide dans un labyrinthe de psych-rock glamour et garage.

"Meets The Mighty Flashlight" le nouvel opus, paraîtra ce 13 octobre 2023.

Issu de cet LP, "Planet Metley" est disponible sous forme de clip,

 

 

Heather Nova

Une (n)ovation bien méritée…

Écrit par

Auteur/compositrice/interprète, Heather Allison Frith est née aux Bermudes, en juillet 1967. Ses influences majeures oscillent des Beatles à Jimmy Cliff, en passant par Neil Young, le Zim, Joan Baez ainsi que Simon & Garfunkel. C'est en 2002 que « Someone New », enregistré en compagnie du groupe Eskobar, décroche un hit. Ce qui va permettre à Heather de lancer sa carrière internationale. 600 concerts et 2 millions d'albums vendus plus tard, elle nous propose son 9ème elpee studio. Intitulé « The Way It Feels », il baigne au sein d’un climat folk/americana, mais ténébreux. Elle se produisait donc ce jeudi 29 octobre à l’Ancienne Belgique. Et pour accueillir cette artiste, la fosse est bien remplie.

Mishka n’est autre que le frère d'Heather Nova. Il assure le supporting act. Il est seul, armé de sa gratte acoustique amplifiée, ainsi que d’un tambourin, qu’il agite de son pied gauche. Il a une belle voix et ne manque pas de créativité. Il va même oser une incursion dans le reggae. Parfois, il me fait penser à Garland Jeffreys. Un hic, la foule couvre son set d’un brouhaha irrespectueux. Quand on a envie de tailler une bavette, surtout à l’AB, deux bars s’y prêtent à merveille. Les mélomanes ont aussi le droit de pouvoir librement apprécier –ou pas– l’une ou l’autre découverte. Tout en manifestant du respect à un artiste, surtout quand il a du talent. C’est dit ! 

A 20h45, les lumières s'éteignent. Heather Nova monte sur l’estrade flanquée de deux musicos. En général, la jolie blonde chante en s’accompagnant à la semi-acoustique. Mais suivant les circonstances, elle se consacre également aux claviers, au piano, au banjo, au ukulélé ou encore au mélodica.  

Le drummer/percussionniste est assis sur un cajon. Il est barbu et chevelu ! Il se sert d’un tom basse, d’une caisse claire, de cymbales et d’une grosse caisse. Arnold, le troisième larron est préposé au violoncelle, à la guitare électrique et à la contrebasse. En outre, il participe aux backing vocaux.  

« Threehouse » ouvre le show. C'est un extrait de son dernier opus, « The Way It Feels. Pour « Girl On The Mountain », Arnold troque son violoncelle contre un clavier. Miss Nova en profite pour changer de gratte. Et empoigne celle de son frère Mishka, restée sur l’estrade. La voix d’Heather est claire, cristalline, mais également puissante. Le sens mélodique de ses chansons est unique en son genre. Authentiques, chargées de feeling, elles sont tour à tour empreintes de mélancolie ou évoquent les grandes plaines du Far West. A l’instar de « Lie Down In the Bed You'Ve Made », morceau au cours duquel Arnold utilise sa gratte électrique à la manière d'une pedal steel. Plus nerveux, « London Rain (Nothing Heals Me Like You Do) » est cependant davantage sculpté dans le rock. Heather aborde seule « The Archaeologist », une ballade folk consacrée à Pompéi, en mode guitare/voix. Arnold siège derrière les ivoires pour « Fool For You » et « Winterblue » (« Wonderlust »), tout en participant aux vocaux. Le set s’achève par « Sea Change »…

En rappel, elle interprète « Still Got Love » en compagnie de son frangin Mishka, également préposé à la gratte semi-acoustique. « Sugar » et « Heart and Shoulder » couronnant ce spectacle ma foi fort sympathique… et ponctué d’une (n)ovation bien méritée…

(Organisation : Live Nation)

Heather Nova

Super... Nova !

La salle 'Het Depot' à Louvain est achi-comble pour accueillir Heather Nova, cette chanteuse originaire des Bermudes, qui est surtout connue grâce à des hits pop-rock composés dans les années '90, comme "Walk This World" ou "Island". Malgré une carrière dans l'ensemble très discrète, elle jouit néanmoins d'un véritable culte, que lui vouent un contingent de fans en constante croissance. Ce set s'inscrit dans le cadre d'une tournée européenne en formule acoustique.

Comme elle nous l'a confié lors de l'interview avant le concert (voir ici pour l’article et pour la vidéo de cet entretien), Heather Nova présente, lors de cette tournée, des versions acoustiques de chansons issues de l'éventail complet de ses productions. ‘On crée une atmosphère assez intime, avec juste un musicien et moi sur scène. Nous nous servons d’instruments acoustiques mais ajoutons aussi quelques effets électroniques et nous changeons d'instruments et de sons régulièrement, pour varier un peu les ambiances.’ Le musicien en question, c’est Arnulf Lindner, un multi-instrumentiste autrichien, qui passe avec une aisance déconcertante du violoncelle aux claviers pour finir aux guitares. Quant à Heather, drapée dans une robe très organique, elle affiche une beauté et une élégance remarquables. La plupart du temps, elle chante et joue de la guitare acoustique mais de temps en temps, elle s’installe également aux claviers.

La setlist passe en revue ses quelque 20 ans de carrière, mettant bien sûr un accent sur « Oyster » et « Siren », ses deux elpees les plus en vue et « 300 Days At Sea », sa toute dernière production. L'élément visuel est également important notamment par le biais de la projection d'animations basées sur les peintures, également très organiques, de l'artiste italien Alberto Di Fabio. La combinaison entre ces animations et l'univers, très 'nature' de Nova, est parfaite.

"Save A Little Piece Of Tomorrow" constitue un des moments clés du concert, une composition qui traite du réchauffement climatique, au cours de laquelle la chanteuse alterne entre son micro 'classique' et un autre relié à des effets électroniques, qu'elle utilise pour des parties 'solo'. Un autre, touchant celui-là, se produit pendant « The Good Ship 'Moon' », une composition racontant les nombreux voyages qu'elle a accompli au cours de sa jeunesse, en compagnie de son père sur le bateau 'Moon'. La voix, le piano, le violoncelle et la belle vidéo consacrée à l'océan forment un ensemble surprenant, qui donne la chair de poule. Plus tard, l'émotion monte encore d’un cran, quand elle interprète une chanson inédite baptisée « Tree House », dédiée à son jeune fils et à la beauté éphémère de l'enfance. Superbe !

Ce moment magique se prolonge par l'interprétation du magnifique hit « Island », qui clôture de façon magistrale le spectacle. Heather Nova revient ensuite pour le très beau « Truth And Bone » avant de prendre congé sur « Until The Race Is Run », tiré de son dernier opus. Un très beau concert accordé par une artiste inclassable, qui mène une carrière remarquable loin des spotlights mais avec une réelle sincérité. Super Nova !


Setlist :
 

I Miss My Sky (Amelia Earhart's Last Days)
Higher Ground
Avalanche
Out On A Limb
Winterblue
Walking Higher
Save a Little Piece of Tomorrow
Fool for You
Like Lovers Do
Paper Cup
Do Something That Scares You
The Good Ship "Moon"
I Wanna Be Your Light
Heart and Shoulder
Tree House
Stay

Island

Encore:

Truth and Bone
Until the Race Is Run

(Organisation Het Depot)

Heather Nova

Une étoile qui brille... en toute discrétion

Vous connaissez peut-être Heather Nova. Originaire des Bermudes, cette chanteuse a connu un succès 'mainstream' dans les années '90, grâce à des hits comme "Walk This World" ou "Island". Au cours de sa carrière, elle n'a jamais cédé aux sirènes du 'star system', privilégiant la vie de famille, et en particulier son mari et son petit garçon. Aujourd'hui, après avoir publié 8 albums studio, elle jouit néanmoins d'un véritable culte, que lui vouent un contingent de fans en constante croissance. Actuellement en tournée en Europe, elle nous a accordé une interview à Louvain, peu de temps avant son concert au 'Depot'.

"J'ai été influencée par les 'songwriters' en général. Par quiconque écrit des chansons en puisant dans ses propres expériences, avec son coeur". On le voit : Heather Nova ne s'inscrit pas dans une perspective 'hype' ou 'médias'. C'est une chanteuse dans la grande tradition anglo-saxonne, celle de, par exemple, Joni Mitchell. "Oui, j'ai été influencée par elle quand j'étais jeune". Ou aussi Leonard Cohen, auquel elle porte une sincère admiration. "J'aimais aussi Patti Smith... Et Suzanne Vega! D'ailleurs, j'ai failli voir Suzanne à Hambourg récemment. Je lui ai envoyé des tweets mais comme on jouait au même moment, on n'a pas réussi à se rencontrer..."

Lors de cette tournée, Heather Nova propose des versions acoustiques de chansons issues de l'éventail complet de ses productions. "On crée une atmosphère assez intimiste, avec juste Arnulf Lindner et moi sur scène. Nous utilisons des instruments acoustiques mais nous nous servons également de quelques effets électroniques ; et puis nous changeons d'instruments et de sons régulièrement, pour varier un peu les ambiances."

L'élément visuel est également important notamment par le biais de la projection d'animations basées sur les peintures de l'artiste italien Alberto Di Fabio. "C'est un personnage que je connais depuis que j'étais étudiante à Rome. Il propose des tableaux inspirés par la microbiologie, les cellules, les neurones et l'ADN. Je me suis toujours sentie très proche de lui car nous sommes tous deux concernés par la nature, mais de façon différente." Une combinaison artistique qui fonctionne en effet à la perfection en ‘live’.

C'est une longue histoire entre Heather Nova et la Belgique. L'artiste y a accordé plus d'une trentaine de concerts au total. "Je me souviens particulièrement du festival 'Marktrock' à Louvain, sur la place. La vue quand on est sur le podium y est impressionnante !" Les tournées ne se limitent d'ailleurs pas aux grandes villes : elle aime visiter celles de province, comme Borgerhout, Heist-Op-Den-Berg, Beveren, etc.

Mais Heather Nova s'interdit néanmoins des périples mondiaux interminables. "Je me concentre sur l'Europe, et ce, depuis que mon fils est né, il y a dix ans maintenant. Je veux pouvoir passer plus de temps chez moi, à la maison. Et il m’accompagne sur la route, car j'estime que ces voyages sont une merveilleuse forme d’éducation. Les Bermudes, c'est très beau mais il n'y a pas de musées, pas beaucoup de culture. Donc, chaque fois que nous partons en tournée en Europe, nous prenons le temps de découvrir, et c'est très chouette!"

La naissance de son fils a tout naturellement causé un impact important sur la vie et sur l'inspiration artistique de Heather Nova. "C'est un changement complet de perspective. Tout devient plus important, plus poignant. On doit penser au-delà de sa propre vie, se projeter dans le futur. On se sent plus concerné par les questions du réchauffement climatique, toutes ces choses-là." Un sujet d'autant plus crucial pour les habitants d'un archipel! "En effet! Nous habitons juste au-dessus du niveau de la mer! Donc, on essaie de faire des petites choses, à notre échelle. Par exemple, notre maison n'est alimentée que par de l'énergie solaire."

L'artiste a d'ailleurs consacré un titre au problème du changement climatique: ‘Save A Little Piece of Tomorrow’, sur son dernier opus. "En général, je n'aime pas traiter de thèmes cruciaux dans mes chansons, parce qu’ils deviennent vite du prêchi-prêcha ou de la politique ; mais ici, j'ai abordé le sujet d'un point de vue émotionnel. Je pensais à mon petit garçon, qui grandit dans cet endroit idyllique et un jour, nous revenons et la maison est sous l'eau... C'est une image très forte."

Parlons d'ailleurs de ce dernier elpee, ‘300 Days At Sea’, paru en 2011. Orienté beaucoup plus pop/rock que les deux précédents, il a permis à l'artiste de retourner au son qui était le sien dans les années '90. "Je voulais revenir à ce sentiment que j'avais, au niveau de la production, quand j'ai réalisé 'Oyster' et 'Siren'. Et j'ai d'ailleurs utilisé une partie de l'équipe de l'époque pour opérer les nouveaux enregistrements. C'est donc une production 100% pop-rock." On se demande si ce retour aux origines n'est pas une manière de montrer que la boucle est bouclée ; mais Nova s'inscrit en faux: "Oh non! Je continue! Ce n'était qu'un cercle. Et j’en entame un nouveau maintenant!" Et il sera comment, ce prochain cercle? "Je ne sais pas encore. J'ai écrit beaucoup de morceaux, mais je n'ai pas encore fixé de choix concernant l'approche, la production. Mais ce sera quelque chose de différent, cette fois..."

Pour regarder l'interview complète en vidéo, c’est ici  

 

Jazzanova

Coming Home

Écrit par

Jazzanova, comme son nom ne l’indique pas, est un collectif allemand réunissant une demi-douzaine de DJs. Etabli à Berlin, il milite dans ce que l’on peut appeler ‘l’électro relax et jazzy’, genre à part s’il en est !

Fondé en 1995, le groupe est manifestement fécond. En effet, à ce jour, il a publié pas loin de 16 productions (Eps, albums et compilations y comprises), depuis ses débuts. Et ce, sans tenir compte des collaborations opérées en marge de leur projet principal.

L’équipe teutonne nous propose aujourd’hui « Coming Home », un album découpé en 16 pistes. Une œuvre un peu planante, empreinte de douceur, qui affiche également un petit aspect rétro.

Jazzanova aime se renouveler. Mélanger les styles. Varier ses inspirations. Et pour la toute première fois, sur cette compile, tous les DJs ainsi que les deux producteurs de la formation, généralement non impliqués dans la création, ont collaboré ensemble à la confection de cet opus. Ce qui explique les multiples facettes proposées ici. Une méthode de travail qu’on ne peut qu’encourager, au vu du résultat, ma foi, fort rafraîchissant et agréable à l’écoute. Et le plus bel exemple est certainement incarné par « Bourgie, bourgie », une plage revisitée par Alex Barck’s, enrichie de trompettes. D’ailleurs, tout au long de cet elpee, lignes de basse, cuivres ou interventions de piano, viennent colorer les compos.

Perso, la plage qui m’a le plus fait flasher est certainement « Behold these days, Berlin ’74 », un morceau dont le charme et la séduction émanent de sa force tranquille.

Quoique de bonne facture, ce long playing baigne quand même constamment au sein d’un climat doucereux. Et pourrait finir par lasser le mélomane lambda. N’y cherchez surtout pas une source de ‘peps’ ou d’énergie. C’est peine perdue. Cette œuvre est destinée à la relaxation.

Un cd à écouter de préférence, d’une traite, lors d’un long trajet en voiture ou alors bien calé dans votre fauteuil favori, au sein de votre salon, en savourant votre boisson favorite…

 

Nova Art

Follow Yourself

Écrit par

Attention ! Cette formation basée à Moscou pourrait bien devenir la nouvelle sensation du metal progressif européen. Formé en 2000, Nova Art est le premier groupe soviétique du genre à faire son trou à l’Ouest de l’Europe. « Follow Yoursellf », son second album, possède toutes les qualités pour rivaliser avec les pointures du genre. Les compositions à tiroirs, à la fois alambiquées, atmosphériques et musclées sont transcendées par une production surpuissante et limpide.

Andrey Nova, chanteur et compositeur de toute la musique de cet elpee possède un registre vocal étendu, allant de la voix claire mélodique (rappelant par moment Michael Sadler, l’ex vocaliste de Saga) à un chant agressif, plus typiquement néo/trash metal.

La palette musicale des Moscovites est étonnamment large. On pense tour à tour à Dream Theater (bien sûr), aux Anglais de Threshold, à Saga (pour les vocaux et les claviers), mais aussi à Pantera ou dans une moindre mesure à Meshuggah et Korn. Nova Art réussit l’exploit de combiner le metal progressif le plus technique au groove trash metal le plus violent. « Follow Yourself » est un album intense et diversifié qui ne laisse aucune place à l’ennui. 

Preuve s’il en est que l’on joue dans la cour des grands, le prestigieux vocaliste américain Devon Graves (NDR : alias Buddy Lackey, c’est également le guitariste, le chanteur et le flûtiste de Deadsoul Tribe ainsi que de Psychotic Walz), vient pousser la chansonnette sur plusieurs titres et donner un coup de main pour la production.

« Follow Yourself » est, à coup sûr, le maître achat du mois pour tout fan de metal progressif amateur de sensations fortes qui se respecte. Un must !

 

Heather Nova

The Jasmine Flower

Écrit par

Mais de quelle pub pour shampoing peut-il bien s’agir ? Est-ce pour nous rappeler qu’elle est née, il y a maintenant 42 ans, aux Bermudes, qu’Heather Nova pose de façon ridicule, nue dans la jungle, sur la photo illustrant la pochette de son dernier album ? Pendant une grande partie de son enfance, la petite Heather a en effet vécu et voyagé à travers les Iles Caraïbes, en compagnie de ses parents. Elle n’est retournée vivre aux States qu’à l’âge de douze ans. Pour y étudier à la Rhode Island School of Design. Ses premiers succès, elle va les rencontrer en Angleterre. A Londres, très exactement. Elle est toujours d’ailleurs relativement inconnue aujourd’hui aux USA. Et sa carrière va vraiment décoller après la sortie de l’album « Siren » et surtout de son tube « London rain », en 1998. Depuis l’artiste a publié quatre autres elpees, dont ce dernier en date, intitulé « The Jasmine Flower ». Un disque paru en octobre dernier, en toute discrétion. A l’instar de son contenu, par ailleurs. Si la voix est toujours aussi belle et maîtrisée, sa pop-folk est épurée à l’extrême. Et pour cause elle se limite à une guitare acoustique et une voix. Enfin presque. Un changement radical de cap après son plus orchestré « Red bird », un disque de piètre facture, gravé en 2005.

Faire une critique objective de cet album est un exercice périlleux. Personnellement, en tout cas. Tout semble parfait, mais tellement lisse. Les mélodies sont jolies. Il y a de l’émotion. J’épinglerai même l’hymnique et mélancolique « Out on a limb », une plage particulièrement réussie. Mais je ne parviens pas à accrocher. Certains médias spécialisés parlent de folk au féminin. Je ne corresponds donc peut-être pas au profil idéal pour analyser ce type de musique. Cette critique parle même d’un retour aux sources réussi. Pourquoi pas ? Si les fans de Miss Nova sont satisfaits, tant mieux pour eux. Mais si cette artiste ne manque pas de talent, ses chromosomes sont vierges (NDR : j’ai dit les chromosomes) de tout gène rock’n roll. Dans ces conditions, difficile de me convaincre…

 

Heather Nova

Redbird

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Avouer une quelconque sympathie pour Heather Nova peut porter préjudice en société. Les filles rejettent la belle pour sa sculpture de sylphide, les copains pour son romantisme putassier et sa passion pour la bande FM. Pourtant, le nouvel album d’Heather Nova n’est pas vraiment mauvais. Cette sentence est sans retour – ‘salut les copains, je vous aimais bien….’ - et aura de graves conséquences pour la suite des relations amicales de votre (ex-)rédacteur (dévoué et adoré). Mais essayons de rattraper le coup, de sauver un bout de peau de cet impardonnable égarement… A la moitié des années 90, Heather, douce naïade originaire des Bermudes, laisse entrevoir le bas de ses jolis mollets… euh, non. Plutôt : laisse entrevoir une puissante voix cristalline chargée d’une sensibilité à faire chialer des madeleines. Lancée sous les étoiles par le chanteur de Killing Joke (c’est le genre de détails qui peut vous faire gagner des points, reconquérir un minimum de crédibilité. Et aussi, l’occasion de rabattre le clapet à tous ceux qui pensent que cette charmante demoiselle est une parvenue). A ses débuts donc, Heather ne jure que par Bob Dylan, Neil Young et Joni Mitchell. « Oyster » (1995), son second album rencontre un large succès et emmène Heather Nova sur la route, en compagnie de Pearl Jam et Neil Young, notamment. Trois ans plus tard, c’est le grand tournant de sa carrière : « Siren », disque élégant et singulier s’incruste partout : dans les hits parades, les séries télévisées, en cuisine, dans la chambre à coucher (sous la couette ?), les magazines de mode, les pubs. Bref, partout. Heather devient le symbole de la comptine folk désespérée pour étudiants frustrés de périlleuses relations amoureuses. Heather découvre le succès, son public la vie. Et l’énorme problème pour la belle Bermudienne (un Bermuda, une Bermudienne ?), c’est que, depuis lors, rien ne semble plus évoluer. Les compositions demeurent toujours aussi larmoyantes, choyées par le réconfort d’un timbre céleste. « Redbird » résulte de ce cheminement. Une nouvelle fricassée de notes déjà ressassées. Un album magnifiquement produit, pour lequel Heather s’entoure de l’Orchestre symphonique de Vienne (« This Body »), de la chorale du London Community (« Singing You Trough », « Done Drifting ») et se fend d’une reprise facile du « Wicked Game » de Chris Isaak. La recette fonctionne à merveille, comme en témoignent les nombreux concerts joués à guichets fermés. Pour apprécier « Redbird », il convient de se conduire en fin stratège et de consommer ces substances sonores avec une retenue millimétrée. Alors voilà : faute avouée à moitié pardonnée ?

Nova

Démo

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Cette démo 5 titres nous permet de découvrir un quatuor parisien fraîchement constitué, mais par des musiciens expérimentés. Leur musique évolue dans un registre pop-rock atmosphérique un peu hybride. Les musiciens revendiquent des influences de fait assez 'lisibles': Radiohead (structure générale de plusieurs plages), Massive Attack (occasionnellement et surtout en rythmique), Muse (la fougue de certains passages), Pink Floyd (comme tant d’autres…). A ces derniers, il faut de toute évidence ajouter Porcupine Tree et plus discrètement Coldplay. Nova signe sa différence par des ambiances moins ombrageuses que ses aînés. Le chanteur y est pour quelque chose. Il a une belle voix. Claire, elle est assez modulable pour évoquer tour à tour Midge Ure (Ultravox), Roland Orzabal (Tears for Fears), Chris Isaak ou Pascal Obispo. Elle pèche cependant parfois par manque de profondeur. Une fois ces préliminaires évacués, il faut saluer la qualité mélodique des cinq plages, lisses et élégantes, et leur caractère à la fois très accessible et émotionnel. 'Time' est un morceau riche et contrasté, emmené par un riff musclé, une rythmique nuancée mais efficace ainsi qu’un chant souvent intense et haut perché ; une plage dont la conclusion glisse vers le symphonisme. C'est une très belle introduction. Simple et belle ballade lente, 'Lost' souffre peut-être d'un chant un peu trop maniéré. 'Bedtime Story' marque un retour à quelque chose de plus sophistiqué. Il est enrichi de jolies harmonies vocales féminines et son riff lancinant rappelle Stephane Eicher. Après 'Psycho', plage répétitive et séduisante, 'Supernova' s’impose incontestablement comme la plage la plus ambitieuse. Celle où la filiation avec la bande à Steve Wilson est également la plus évidente. Une réussite, il faut le souligner. L'ensemble est finement interprété et emballé dans une production minutieuse. Rien à redire. Nova vient de réussir des débuts plutôt prometteurs. A suivre de très près !

Bossacucanova

Uma Batida Diferente

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Troisième plaque pour ce trio de bidouilleurs brésiliens, dont un des membres ressemble furieusement à B-Real des Cypress Hill (regardez la pochette). Le concept de Bossacucanova réside dans une relecture lounge/electro de classiques de la bossanova. Dans cet épisode-ci, passent à la machine des chansons intemporelles de Chico Buarque, Caetano Veloso Carlos Jobim, plus quelques originaux concoctés en compagnie des nombreux invités présents sur « batida ». Parmi ces guests, on peut signaler Roberto Menescal, précurseur de la bossa et père d’un des membres du groupe, Zuco 103, le Trio Mocoto, les charmantes voix de Cris Delanno et d’Adriana Calcanhoto. Les Bossacucanova ont bien compris que ce sont les mélodies qui sauvent ce genre d’exercice du banal recueil de musique d’ameublement. Car en plus des classiques présents, ils ont composés des chansons qui tiennent très bien la route et n’ont pas à rougir devant leurs illustres aînées. On vous conseille d’ailleurs d’écouter en priorité les excellentes « Previsão » et « Bom Dia Rio », les meilleures compos originales présentées ici. Une sympathique tambouille qui s’écoute le sourire aux lèvres, l’esprit oublieux des sombres mois d’hiver qui nous pendent au nez. Bref, un disque qui a un bon karma, pour ceux que ça intéresse.

Terranova

Peace Is Tough

Pas exactement un nouvel album, ni une compile, " Peace is Tough " se veut en fait un parfait condensé de ce que Terranova fait de mieux, à savoir de l'électro pour danser sans paraître trop bête, bref de la techno pas gogo, qui s'écoute aussi bien chez soi qu'en discothèque. Conçu comme un album à destination des néophytes (les pauvres !), " Peace is Tough " rassemble donc tous les ingrédients qui ont forgé l'image et la réputation du groupe de Berlin : des beats incendiaires, des invités de marque (Cath Coffey des Stereo MC's et Ari-Up des Slits) et des gimmicks funky, le tout bien secoué pour faire péter l'ambiance. " No Peace ", le titre d'ouverture, démarre pourtant dans la soie, par ses chœurs languides et ses cuivres chaloupés… Juste le temps que le moteur chauffe et lâche enfin les gaz, sur " Rhythm Without a Pause " et les frénétiques " Addict " et " Get It On ". De toute façon, Terranova n'a pas peur des contrastes : un morceau comme " Rockmongirl ", plein de guitares rock, précède un " Walk With Me " presque chill out, avant le retour des grosses basses et des BPMs à plein régime. Cinq inédits et six remixes : il n'en faut pas plus pour devenir fan de Terranova, dès la première écoute. Quant aux autres, ils dansent déjà depuis belle lurette. Il serait bien dommage de ne pas les rejoindre.

Heather Nova

South

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Native des Bermudes, Heather Nova, possède une superbe voix au timbre cristallin, éthéré. Elle compose également ses chansons. Et à ses moments perdus, des poèmes. Responsable de quatre albums de bonne, voire d'excellente facture, elle a mis tous les atouts dans son jeu pour enregistrer son cinquième opus. En bénéficiant notamment de la collaboration d'Eve Nelson, de Bryan Adams, de Peter Kvint, de Simon Nordberg et de Paul Fox. Sans oublier la mise en forme opérée dans un studio de New York, par le célèbre hiphopper " Bassy " Bob Brockman. L'ex guitariste de Suede, Bernard Butler, lui a même composé la meilleure chanson de l'opus : le single " I'm no angel ". Un titre qui trempe dans le r&b des seventies, à l'instar de " When somebody turns you on ". Malheureusement, hormis " Gloomy Sunday ", un morceau de trip hop tendre, romantique, enrichi d'arrangements de cordes dignes de Portishead, le reste m'a laissé sur ma faim. Il aligne les ballades mièvres, sans surprise. On croirait même qu'elle y cherche à concurrencer Sherryl Crow !

 

Usmanova Yulduz

Yulduz

Yulduz Usmanova est née à Namagan, une petite ville rurale, passée sous le contrôle de l’Ouzbékistan, depuis l’éclatement de l’URSS. Superstar dans son pays d’origine, Yulduz y a vendu 5 millions de disques, qui ne compte pourtant que 15 millions d’habitants. En fait, elle y incarne aujourd’hui, un nouvel esprit de liberté, d’indépendance et d’innovation, tout en célébrant les traditions millénaires. Pour rendre le folklore ouzbek accessible au public occidental, Yulduz a beaucoup voyagé en Europe. Périples qui à ce jour, lui auront permis de réaliser trois albums en Allemagne et ce " Building bridge " aux Pays-Bas. Où elle peut d’ailleurs compter sur un fan club. Tout au long de cet opus, elle parvient à mélanger le maqam (musique traditionnelle de la cour en Ouzbekistan) et la pop atmosphérique exotique. Un exercice de style qui n’est pas sans rappeler Cheb Khaled (Algérie), Ofra Haza (Israël) et Natacha Atlas (Maroc). Bref, on nage ici en pleine world music, le mélange d’électronique occidentale et d’instrumentation ethnique collant parfaitement à la voix émouvante de Yulduz. En outre, pour enregistrer ce morceau de plastique, elle a bénéficié du concours d’une pléiade d’invités ; et notamment du drummer de G Love & Special Sauce, Jeffrey Clemens, ainsi que de la Family Factory, ensemble constitué de choristes issu d’Afrique du Sud, dont la carte de visite mentionne des collaborations avec les Spinners, les Manhattans et Hugh Masekela. Pas étonnant que Yulduz soit sur le point de relever un fameux défi : établir un nouveau pont entre l’Europe et l’Asie…

 

Nova Nova

La Chanson De Roland

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Duo français, Nova Nova semble avoir, depuis ses débuts en 1992, évolué en marge de la "french touch". Avec un mini-album comme "Zarathoustra" sorti en 95, Marc Durif et Michel Gravil ont tenté d'injecter un peu de classicisme dans la house bleue, blanche et rouge, ainsi que des influences moins évidentes que le funk ou le disco. A l'époque, avec "Nova Cantica" par exemple, elles étaient celtiques. En intitulant leur premier véritable album "La Chanson De Roland", ils indiquent clairement que c'est toujours dans cette voie qu'ils entendent poursuivre : électronique (Roland, cqfd) et un brin médiévale. A la longue plage d'ouverture, rythmée et calibrée dance, succèdent donc rapidement des atmosphères ambient, mélancoliques parfois, et soutenues par un minimum d'instruments. Elles sont nimbées du chant ou des mélopées de Elisa Carrahar, citoyenne de Bristol, dont l'apport fait de temps en temps penser à Dead Can Dance. Apaisant...

 

Donovan

Sutrasss

Sincèrement, nous ne pensions pas que Donovan Leitch aurait un jour refait surface? Et surtout de cette manière! Agé aujourd'hui de cinquante piges, ce folk singer écossais ne faisait d'ailleurs plus parler de lui qu'à travers ses compilations. Pour enregistrer cet album, il a bien sûr reçu le concours d'une foultitude d'admirateurs, parmi lesquels on retrouve Benmont Tench (Tom Petty & the Heartbreakers), Jonny Polonsky, Nigel Kennedy, ainsi que du guitariste de Red Hot Chili Peppers, David Navarro, qui pour la circonstance a convaincu Rick Rubin de produire ce "Sutrass". Quinze chansons remarquables de fraîcheur, de simplicité et d'interprétation qui méritent assurément leur place aux côtés de classiques tels que "Sunshine superman ", " Mellow yellow ", " Hudy gurdy man" ou " Goo goo baraba jagal " Une excellente surprise!

 

Heather Nova

Oyster

Ce qui frappe d'abord chez Heather Nova, c'est son timbre vocal. Ethéré, vulnérable, vertigineux même, à la croisée des chemins de Kristin Hersh, d'Harriett (Sundays) et de Joni Mitchell. "Oyster" constitue son troisième opus. Un disque aux compositions romantiques, tourmentées, cousues à vif dans la mélodie par des cordes de guitare semi acoustiques ou de violon majestueux; un album très agréable, mais qui laisse cependant une impression de déjà entendu...

Heather Nova

Live

"Oyster", premier album solo d'Heather Nova ne nous avait pas fait une très grosse impression. C'est vrai que le timbre vocal éthéré, vulnérable, à la croisée des chemins de Kristin Hersh, d'Harriett (Sundays) et de Joni Mitchell sert parfaitement les compositions romantiques, tourmentées, cousues à vif dans la mélodie par des cordes de guitare semi acoustique ou de violoncelle majestueux. Mais l'ensemble pêchait par ses excès stylistiques. Pourtant, Heather Nova est capable de dépasser les limites du simple exercice de style. D'atteindre une véritable intensité émotionnelle. Et notamment en ‘live’. Enregistré au Melkweg d'Amsterdam, cet opus en est la plus belle démonstration. Il n'y manque plus que l'image... de la très, très jolie Mrs Nova!

 

Nova Mob

Nova Mob

Particulièrement affecté par la séparation d'Hüsker Dü, Grant Hart a éprouvé, à contrario de Bob Mould, d'énormes difficultés pour se refaire une santé musicale. En six années, il a commis un album solo sans grande consistance, puis formé un nouveau groupe, Nova Mob, dont le premier opus ("The Last Days Of Pompeï") n'a malheureusement pas recueilli le succès escompté. Faut dire que jusqu'alors, ce chanteur-compositeur s'était contenté de nous ressasser des clichés empruntés au célèbre et défunt trio de Minneapolis. Pour son troisième essai, Nova Mob semble enfin avoir trouvé la bonne décoction. Ce qui au départ ne semblait pas évident, lorsqu'on sait que le groupe a dû remplacer son drummer début 93. Grant en a d'ailleurs profité pour élargir son line up, en engageant un second guitariste, Chris Hesler. Une formule qui donne davantage d'amplitude aux compositions. Et si les mélodies sont toujours recouvertes de miel popcore, l'électricité n'y est plus systématiquement débridée, autorisant de plus grandes variations dans le tempo, un peu comme chez Leather Nun. Mais surtout elle n'asphyxie plus la voix de Grant, dont le timbre rappelle, en filigrane, celui de Ian McNabb d'Icicle Works...