La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

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Golden Hours

Golden Hours au-delà des fils

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Le groupe Golden Hours, basé entre Berlin et Bruxelles et composé de musiciens issus de formations culte (Gang Of Four, The Brian Jonestown Massacre, Tricky, The Fuzztones…), annonce la sortie de son deuxième album, « Beyond Wires », prévue pour le 16 janvier 2026 sur Fuzz Club. En avant-goût, le single « The Letter » et sa ‘lyric vidéo’ est déjà disponible ici.

Enregistré entre Berlin et un manoir bruxellois, l’opus annonce une avalanche post-punk puissante, mêlant guitares saturées, rythmiques serrées et ambiances électriques. Les deux chanteurs principaux, Hákon et Wim, se partagent les titres, offrant une diversité de thèmes et une identité sonore affirmée. Golden Hours confirme ainsi sa place sur la scène alternative européenne en gravant un disque intense, personnel et expérimental.

Golden Hours

Golden Hours

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Golden Hours est un collectif qui réunit d’anciens et actuels membres de Gang of Four, The Brian Jonestown Massacre, Tricky, The Fuzztones et The Third Sound. Enregistré à Berlin et Bruxelles, cet elpee a bénéficié du concours d’un alchimiste de choix : le Belge Wim Janssens, mieux connu pour son travail auprès de Wellboy et Tricky. Eponyme et découpé en 8 pistes, le premier album de Golden Hours alterne titres chantés et instrumentaux.

L’album s’ouvre par « Come and find me », un morceau dont la ligne de basse semble empruntée à Birthday Party. Indolent dans l’esprit de Jesus & Mary Chain, « The forgotten one » s’emballe en fin de parcours, au contact des solos de guitare. Mid tempo, « Japan on my mind » est parcouru de notes de claviers entêtantes. Mais la meilleure plage est incontestablement « Dead on ». Dépassant les 6 minutes, elle est découpée dans des guitares fuzz hypnotiques, abrasée par la voix du chanteur, dont le baryton est aussi profond que celui de Sivert Høyem (Madrugada), et s’achève par un sifflotement ‘enniomorriconesque’. « Calling me home » trahit des réminiscences –ce qui s’explique aisément– empruntées à TBJM et The Third Sound. 

Domotic & The Lazours

Désolé pour Domotic & The Lazours…

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En France on connait Stéphane Laporte sous le nom de Domotic, il éclaire discrètement la musique pop-expérimentale depuis une vingtaine d’années grâce à ses albums en solo ou au sein de groupes comme Egyptology, Centenaire, Karaocake… ou encore ses BO (‘Le Démon des Hautes Plaines’,’ Cinelândia’, ...)

Sous nos latitudes, on connait en revanche moins les frères américains de The Lazours, auteurs pour le théâtre, du côté de Broadway.

Ces trois-là présentent une collaboration née d'un ping-pong transatlantique, une rencontre numérique à la faveur d'une errance des deux frères sur Bandcamp pendant le confinement : un double single intitulé "A Brilliant Pairing", et ils sont en écoute

Accompagnant le titre "Stratford-Upon-Avon", le morceau "Sorry (for fooling you)" bénéfice d'une vidéo réalisée par James P. Gannon (pour qui Domotic a écrit les musiques de deux documentaires), et elle est disponible ici

 

 

 

 

Golden Hours

Le Japon est dans l’esprit de Golden Hours…

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Basé entre Berlin et Bruxelles, Golden Hours est composé d'anciens et d'actuels membres de Gang Of Four, The Brian Jonestown Massacre, Tricky, The Fuzztones, The Third Sound et Fifty Foot Combo, pour n'en citer que quelques-uns.

Le collectif sort aujourd'hui une nouvelle vidéo et un single pour « Japan On My Mind », extrait de son premier elpee éponyme sorti ce 31 mars 2023 et maintenant en deuxième pressage vinyle.

À propos de « Japan On My Mind », Janssens a déclaré : ‘Cette chanson ressemble à une rencontre entre Tindersticks et The Flaming Lips dans un bar de Tokyo par une nuit pluvieuse. Des synthés sinistres et des basses sont complétés par des coups de guitare et des riffs minimaux, suivis d'une outro qui plonge ce voyage mélancolique de 4 minutes dans le vide.’

Le clip de « Japan On My Mind » est disponible

 

 

The Ragtime Rumours

Rag'n'Roll

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Ce quatuor batave pratique un cocktail de ragtime traditionnel, de jazz manouche et de blues tout en adoptant une attitude rock'n'roll. Ce qui explique le titre de cet opus : "Rag'n'roll". En mars dernier, il a décroché le 8ème European Blues Challenge. Il représentera donc l'Europe lors du prochain International Blues Challenge de Memphis. Sa musique est essentiellement acoustique. Le line up réunit Tom Janssen (chant, banjo, guitare acoustique et slide), Miss Nikki van der Schuren (basse, sax baryton, flûte et chant), Thimo Gijezen (guitare électrique, accordéon et piano) et Sjaak Korsten (batterie et frottoir). Sous-titré "Comic and other songs for smoking concerts", cet opus est propice à la bonne humeur…

La fête débute par "Way too smart", une plage qui baigne au sein d’une ambiance ragtime et gypsy, dans l’esprit de Pokey Lafarge. Incisive et inventive, la guitare se détache de cette vague swing. Une voix austère hante "Turn every dollar", une piste qui met en exergue banjo et frottoir. Deux titres adoptent un profil spécifiquement blues, "Faker" et "Humanity", même si le premier véhicule des accents empruntés au tango avant que Thimo Gijezen ne libère délicatement ses cordes. Des cordes qu’il tisse habilement sur le second. Country/blues acoustique, "Hookman" met en exergue l'harmonica de Willem Veldman. Tom et Niki se partagent les vocaux, Thimo est passé au piano et Jeroen Verberne s’est invité au trombone pour "Stop that train", une piste qui adopte le rythme du chemin de fer. Régulièrement, les musicos se réservent d’excellentes sorties sur leurs instruments. A l’instar de Niki à la flûte sur "Holly Woedend" ou encore au sax baryton et Thimo à l'accordéon tout au long de "Everywhere I go". Dernier morceau de l’elpee, "Rag-blues song" nous plonge au cœur d’une ambiance dixieland jazz. Et comme les musiciens vous le diraient, ‘Let the ragtime's roll’…

 

The Turnpike Troubadours

The Turnpike Troubadours

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Issu de l’Oklahoma, The Turnpike Troubadours pratique une forme de country baptisée ‘Red Dirt’, un style marqué par le folk de Woody Guthrie et le honky tonk de Waylon Jennings. Eponyme, son nouvel opus fait suite à "Goodbye Norma street", paru 2012. Le band est drivé par le chanteur/guitariste Evan Felker. Il implique également le bassiste R.C Edwards, le violoniste Kyle Nix, le guitariste Ryan Engleman et le drummer Giovanni Carnuccio. 

Dès le premier morceau, le violon baigne au sein d’une musique country agréable, conduite par la voix de Felker. Amplifiée, la gratte s’intègre parfaitement à la section rythmique. Plus enlevé, "The Mercury" macère au sein d’une atmosphère plus rock. Dans un registre ‘Red Dirt’, Engleman tire son épingle du jeu aux cordes, des cordes qu’il maîtrise impeccablement. Caractérisé par ses sonorités métalliques, la lap steel balaie "Down here", alors que le violon virevolte autour de la mélodie. Si les compos souffrent d’une certaine uniformité, elles se révèlent d’excellente facture. A l’instar de "Time of day". Mais surtout de "Ringing in the Year", une plage soulignée de superbes harmonies vocales ; un titre abordé dans l’esprit des combos ‘alt country’ contemporains. Tout au long de "Long drive home", "7 oaks" et du lumineux "Easton & Main", on assiste à des échanges de haut vol entre la lap steel, la guitare et le violon. Rien que du bonheur! "Doreen" est lancé comme un cheval au galop par le violon ; une reprise du groupe texan, the Old 97's. "Fall out of love" est une ballade douce et paisible. "Bossier City" clôt l’elpee. Une nouvelle version de la plage éponyme du premier long playing de The Turnpike Troubadours. Paru en 2007, ce disque a donné le nom au label du band. L’adaptation est nerveuse. Bien soutenue par une solide rythmique, l’accordéon et le violon tirent parfaitement leur épingle du jeu.

 

Les Tambours Du Bronx

Corros

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Les Tambours du Bronx, c’est une équipe de 16 musicos qui viennent d'univers, on peut dire, différents. Il y a plus de 30 ans qu’ils frappent vigoureusement sur de gros fûts métalliques. La durée de vie d’un fût n’est pas très longue. Car les martèlements subis sont tellement intenses et acharnés qu'ils ne passent jamais le cap de deux représentations. Le collectif est né en 1987, dans une commune près de Nevers (c’est dans la Nièvre), à Varennes-Vauzelles. Quartier de cheminots et d'ouvriers, ce Bronx local engendre un bloc, une meute au milieu des machines. La cadence de l'usine et des ateliers sera son rythme. Le style sera donc industriel. Enfin pas seulement, puisqu’il mêle également afrobeat, rock, techno et world. En outre, la troupe utilise des sonorités synthétiques et des samples qu’ils mettent au service de leurs compos. Ces expérimentations vont permettre aux TDB de devenir une des références incontournables, dans le genre. En 1989, le groupe est invité par Jean Paul Goude, dans le cadre du bicentenaire de la Révolution Française. Cet événement va lui permettre de faire un tour du monde. Et puis de vivre des collaborations auprès de quelques monstres du métal, tels que Metallica, Korn ou encore Sepultura, en compagnie duquel il a immortalisé un Dvd enregistré en public, intitulé « Live at Rock In Rio ». Sans quoi côté discographie, avant de sortir ce « Corros », il avait déjà publié 5 elpees et 2 Dvd ‘live’.

Le nouvel opus est partagé entre titres studio et ‘live’.

Une très brève introduction précède le cri du corbeau, le nouveau symbole des Tambours qui côtoie maintenant le rhinocéros, la fidèle mascotte adoptée il y a plus de 28 ans. « Arolium » vous plonge dans un univers torturé. Une forme de symphonie classique qui parvient à intégrer harmonieusement les percus en fureur. 

Caractérisé par son refrain entêtant, « Clockwork » a la pêche. Si la touche électro apporte un plus, les percussions sont davantage instinctives. « Crazy Noises » nous propose un petit périple en Orient, à la recherche du Taj Mahal, une compo percutante, mais soignée. Et « Lost », chez les Indiens d'Amérique. Pas ceux du 18ème, mais du 22ème siècle. Une projection dans le futur. Moins agressif, « Erotica » adopte un profil indus plus climatique. « Human Smile » vous grise par son esthétisme. Jaz Coleman, le leader de Killing Joke, prête sa voix à « Human Smile ». « Orient » n'en porte que le titre. Les Tambours sont déterminés, mais leurs martèlements sont précis. « Schizomania » réalise la fusion parfaite entre percus et électro. Le guitariste de Sepultura, Andress Kisser, balance ses riffs sur « Kaiowas ».

Le second cd propose des plages plus classiques et davantage acoustiques, des compos qui s’étalent de 1990 à 2014 et démontrent la large palette de créativité de ces 16 têtes et 32 bras qui constituent les Tambours du Bronx.

 

Secret Colours

Peach

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Il s’agit déjà du troisième opus de ce groupe chicagoan fondé en 2009. Un sextuor dont le line up semble avoir sensiblement changé depuis sa formation. Et je dois avouer être tombé sous le charme de leur musique. Ainsi que de cet album.

Leur expression sonore baigne dans une sorte de psyché/pop qui puise son inspiration à la fois dans les 60’s et le début des 90’s. Lorsque le groove trempe dans la house mancunienne, inévitablement on ne peut s’empêcher de penser aux Stone Roses originels. A l’instar du titre qui ouvre l’elpee, « Blackbird (only one) ». Ou du plus tribal et sensuel « Euphoric collisions », caractérisé par ses accès de guitare limpides et ce zeste d’orgue suranné. Plus indolent, « Legends of love » évoque davantage les Doors. A cause de ces interventions de piano électrique. Les Beatles ont certainement marqué le band. Le soin apporté à la fin des morceaux en est une des illustrations. Comme sur « Blackhole », parcouru par des accords de piano ‘plink plonk’ et à l’épilogue énigmatique. Ou le titre maître, dont le dénouement dévastateur se fond progressivement dans les bruits de conversations. Mais la compo la plus proche des Fab Four est manifestement, la toute dernière, « Love like a fool », les harmonies vocales limpides et le piano classique balisant cette chanson mélodieuse et tendre à la fois. Un sens mélodique particulièrement soigné qu’on retrouve tout au long de ce long playing. Et des vocaux duveteux, parfois sinusoïdaux (NDR : floydiens pour ne pas dire sydbarretiens), trempés dans la reverb’ ou bien sûr beatlenesques. Quant aux lignes de guitares, elles sont tour à tour brumeuses, cristallines, tourbillonnantes, gémissantes ou en couche. Sorte de boogie mis sous pression, avant d’exploser, « Faust » lorgne davantage vers les Black Keys. Contagieux, envoûtant (ce melodica !), « Me » aurait pu être composé par Damon Albarn, chez Blur. Deux pistes plus enlevées, allègres : « World through my window », illuminée par des accents de guitare surf et caractérisée par ses changements de tempo ; et puis le plus basique (Dandy Warhols ?) « Who you gonna run to ». Et « Lust » opère un petit retour vers le début des 90’s. La ligne de basse serrée et le zeste de farfisa évoquant alors Inspiral Carpets. L’LP a été produit par Brice Deck (Modest Mouse, Gomez, Iron & Wine). Et il mérite vraiment de figurer dans mon Top 20 de l’année 2014.

 

Melt Yourself Down

Melt Yourself Down

Écrit par

Alors que les cendres du groupe londonien de free-jazz Acoutic Ladyland sont encore chaudes, le leader et saxophoniste Pete Wareham monte un nouveau projet et le baptise Melt Yourself Down. Histoire de ne pas être trop perdu, il a fait appel à son ancienne collègue Ruth Goller afin de tenir la basse. On retrouve derrière les fûts Tom Skinner. Un deuxième saxophoniste (Shabaka Hutchins), un claviériste (Leafcutter John), un percussionniste (Satin Singh) et un chanteur (Kushal Gaya) complètent le line up du band.

Peu enclin à respecter les codes, Melt Yourself Down se plaît à brouiller les pistes et apparaît comme un réel OVNI musical. Difficile de rester en place à l’écoute de ce premier album. Les Anglais n’hésitent pas à teinter de nuances orientales, de l’afro-jazz ou de la musique latino. Dynamisant le tout d’énergie punk et la saupoudrant de quelques particules d’électro. Un sacré fourre-tout donc ! Mais pour un résultat impressionnant. Car ça groove ! C’est hypnotique. Au chant, Kushal Gaya, le shaman, semble littéralement possédé. Les saxophones sont épileptiques. Et le plus extraordinaire c’est qu’au final, les huit morceaux restent accessibles.

Cet album devrait plaire aux amateurs de musique du monde mais pas seulement, car Melt Yourself Down parvient à transgresser les frontières et transcender les genres. N’hésitez donc pas à vous y plonger. Sensations fortes assurées !

 

The Unwinding Hours

Afterlives

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Chez Unwinding Hours on retrouve les ex-Aereogramme Craig B. et Iain Cook. « Afterlives » constitue leur second opus ; il fait suite à un elpee éponyme publié en 2010. Chez le duo écossais, Craig se réserve les vocaux et Iain les guitares, les deux musicos se partageant les autres instruments.

Découpé en 10 plages, le long playing s’ouvre par deux titres plus shoegaze, « Break » et « I’ve loved you for so long ». Tout en contrastes, les compos sont traversées d’interventions de cordes de guitare tintinnabulantes, stimulées par une ligne de basse mélodieuse, aventureuse, reptilienne, et puis raffinées par la voix limpide, angélique de Craig, soutenue par des chœurs astraux, sur le second morceau. Passé ces deux pistes, l’ensemble de l’œuvre pénètre dans un univers sonore plus atmosphérique. Les claviers sont de plus en plus présents. Tant les synthés que le piano. Solennel, martial ou ténébreux, le tempo (drums, boîtes à rythmes) accentue ce sentiment de mélancolie. Les cordes de guitare se fondent régulièrement dans l’ensemble, et lorsqu’elles remontent à la surface, ce n’est jamais pour très longtemps. Unwinding Hours alterne alors titres plus minimalistes et pistes élaborées en couches, parfois même enrichies d’arrangements somptueux (NDR : le final « Day by day »). Deux exceptions qui confirment la règle, le plus puissant « Wayward », caractérisé par son final explosif. Et le plus électro, voire indus (Ultravox ? John Foxx ?) « Skin on skin ». Une constante quand même : la superbe voix de Craig et puis les textes, truffés de références bibliques. Pourquoi pas ?

 

Paris Suit Yourself

My Main Shitstain

Écrit par

Trois Bordelais rencontrent un drummer américain à Berlin et décident de fonder un groupe. Résultat des courses ? Difficile à imaginer. Par contre, le combo décrit sa musique comme le fruit d’un mélange entre a capella, dub et trance. Ben, pourquoi pas !

Après avoir écouté une première fois cet elpee, je me suis demandé si ce quatuor ne cherche pas à se foutre de notre fiole, tant leur mixture est déjantée et sans la moindre ligne de conduite. Pourtant, au fil des écoutes, on commence à accrocher aux morceaux. Les guitares stridentes (« Rolling On »), le climat psyché (« Craig Machinsky »), le format punk (« Brainwashed »), le chant délirant de Luvinsky Atche et les lignes de synthé surnaturelles débouchent finalement sur une solution sonore atypique, mais surtout intéressante et jouissive. Des comparaisons hasardeuses ? Deerhof ? Liars ? Mais en plus tribal. Une chose est sûre, Paris Suit Yourself nage dans un no man’s land musical.

Paris Suit Yourself est certainement l’un des groupes les plus originaux découverts en ce début d’année. Espérons qu’ils se produisent bientôt près de chez nous ; d’autant plus que, paraît-il, leurs sets sont, à l’image de leur musique, dévastateurs…

 

The Unwinding Hours

The Unwinding Hours

Écrit par

Après l’annonce de la fin du groupe Aereogramme en 2007, Craig B. a repris la composition sans attentes particulières, jusqu’à ce que son coéquipier d’alors, Iain Cook, le rejoigne dans l’écriture oisive de quelques titres sans prétention. Tout en douceur, donc, le duo s’est retrouvé à la tête d’une dizaine de titres et les ont partagés sur MySpace avant de se donner un nouveau nom, sans objectif commercial défini.

Enregistré chez Paul Savage, qui a ‘pris les baguettes’ au sens propre, le disque débute lui aussi graduellement par « Knut », introduction qui pourrait très bien constituer la conclusion de l'album ; basse et accord quasi continus, une montée toute en percussions. Passé ce début épique, l’elpee s’engage dans du british rock pop. Craig B. ne peut vraisemblablement pas cacher la ressemblance de sa voix avec celle d’un autre chanteur originaire de Glasgow : Francis Healy, de Travis. Les influences métal de l’ancienne formation sont perceptibles dans la production de l’album, même si celui-ci recèle cordes et piano sur la plupart des pistes. La plage suivante, « Little One » (tout comme « There are worse Things than being alone », « Solstice » et « Traces »), retombe dans le folk anglais de cette dernière décennie, une simplicité à la Tom McRae. Les rares longueurs noisy rappellent un sage My Bloody Valentine (« Peaceful Liquid Shell ») voire Archive ; les mélodies esseulées et mystérieuses Sigur Rós (« Child », « Traces »).

Les relations humaines constituent le noyau poétique du fruit de leur vécu et de leur travail, mais s’assimilent un peu trop à une potentielle BO de Grey’s Anatomy : le pouvoir nostalgique du présent. L’absence de deadline ou de pression quelconque se réverbère dans leur musique : ils ne sont en effet pas pressés. Les diverses textures et humeurs offrent un tout homogène, joliment orchestré, sensiblement et accessiblement pop.

Ours

Le soir de la Bête(s)

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Un vendredi soir particulièrement sympathique s’ouvrait sous les meilleurs auspices. Les rayons du soleil n’en finissaient plus d’exhaler leur chaleur. La terrasse du Bota résonnait des rires chaleureux des clients, et surtout, la Rotonde accueillait deux artistes, qui méritent davantage que la curiosité : la reconnaissance. Après avoir avalé quelques décilitres de houblon bien frais, la foule déjà sous le charme du climat, s’est enfin décidé à prendre le chemin des portes de la salle, sur le coup de 20h00.

Il faudra attendre cependant encore 20 minutes pour voir apparaître le premier des monstres poilus de la soirée : Le Yeti. Responsable d’un set pop/folk tendre, particulièrement propice à l’ambiance générale, les quatre larrons enchaînent mélodies intimistes au sein d’une ambiance feutrée et parviennent rapidement à chauffer la salle. Le groupe a déjà fidélisé son public. D’ailleurs, aujourd’hui, s’il se produit en première partie, il aurait pu faire la tête d’affiche, sans le moindre supporting act. Sorti de sa tanière, le Yeti est venu nonchalamment effleurer de ses doigts poilus, le duvet de notre sensibilité. En dix plages et quarante-cinq minutes de set, le combo est parvenu à nous communiquer des frissons d’émotions, et visser encore plus le sourire sur nos lèvres. Bien cool les gars.

21h05, la salle se vide quelque peu. Le temps de refaire le plein de kérosène et de griller un petit quelque chose, et elle se remplit à nouveau. Un entracte qui ne durera qu’une quinzaine de minutes. La Rotonde n’est pas bondée, mais les places disponibles sont plutôt rares. Une situation qui ne peut que satisfaire l’artiste suivant. Surtout lorsqu’on sait que quelques mois plus tôt, sa prestation n’avait attirée qu’un auditoire assez clairsemé. Installation du matos. Sound check. Il est 21h35 lorsque le mal léché fait son apparition. Il est affublé de son éternel t-shirt fait main avec du scotch. Et ouvre les festivités par « Il était temps ». En clamant de suite, qu’il ‘veut hurler d’avantage’. Ca promet ! L’accueil est vraiment chaleureux, et le public ne se prive pas de saluer l’artiste frénétiquement. Remerciements avant de raconter la même histoire concernant son t-shirt, en voie de construction comme le groupe’… (NDR : à force de taper sur le clou, on finira par le savoir !) Les bons mots s’enchaînent. Le public apprécie son humour. Très représentatifs du répertoire de l’artiste, « Quand Nina est saoule » et l’excellent « Cafard des fanfares » embrasent l’assemblée. Ours, aka Charles Kienast/Souchon, manifeste une grande sensibilité sur scène. Et on ne peut qu’être impressionné par son sens du contact humain. Il ne donne pas l’impression d’être une star sur les planches. Celle que l’on vient admirer et aduler. Il sourit timidement mais ouvre son cœur. Il parle aussi avec ses mains, dévore des yeux, et ses attitudes amplifient la profondeur de ses textes et la contagion de ses mélodies. Il passe de la guitare sèche à l’électrique, bondit, fait la fête en compagnie de ses acolytes. Grand gosse, il ne se prive pas du plaisir de cultiver un esprit potache et se permet même de balancer quelques calembours bien tordus. Quand « Révèle » finit de résonner, il se lance dans une version fabuleusement rock de « Nina se réveille ». Le groupe s’éclate et se donne. Les musiciens donnent l’impression d’être une équipe très soudée (NDR : et pas seulement d’un point de vue musical) tout en manifestant un respect mutuel. « On essaye d’imaginer » et « Orange » entrent en éruption, mais Ours conserve un flegme imperturbable. Il improvise une chanson, fait rimer les mots que le public lui soumet. Le courant de sympathie grimpe encore d’un échelon. La prestation se termine à 22h45 par « Petits Moments », partagé en duo avec Chloé Monin, transfuge de Scotch & Soda, de visite en notre capitale.

Le rappel s’ouvre par le très touchant « Comment c’est », suivi de « La maison de mes parents » qui conclut la soirée. Conclure c’est vite dit. En effet, le public complètement comblé et gourmand en réclame encore, et Ours semble avoir du mal à s’en séparer. Pas qu’il souhaite encore que les projecteurs se focalisent sur sa personne, mais sa joie de rencontrer son auditoire le marque. Ca se voit. C’est flagrant. Seul à la guitare, il lui accorde un dernier cadeau : « Chérie c’est quand ? ». Un dernier salut venu du cœur. La main levée vers le ciel comme pour le remercier, il prend définitivement congé à 23h05, laissant derrière lui le parfum d’un homme qu’on aimerait compter parmi ses amis. C’est qu’il nous a touché l’animal. Une pensée qui se transforme en envie me traverse l’esprit : ‘vivement un album live, et la suite de ses aventures…’

Organisation Botanique

 

Jaune Toujours

cluB

Écrit par

On a beau dire ce que l’on veut. La Belgique unie à encore de beaux jours devant elle, comme en témoigne l’admirable collectif néerlando-francophone Jaune Toujours. Bilingue dans le texte, multiculturel dans l’âme, la formation bruxelloise répond à la demande de ses fans en leur offrant leur première œuvre enregistrée en public. Du son et de l’image. D’abord le son. Belle entrée en matière, « cluB » est introduit de la plus festive manière qu’il soit par un morceau (quasi) instrumental sobrement intitulé « Intro » où saxophones, clarinettes et autres trompettes se déchaînent. Enregistré en mars 2006 au… Club de l’Ancienne Belgique, ce live invite bien entendu à la fête, mais également à l’ouverture d’esprit sur des textes tendrement belgo-belges (« An Der Lecht », « Ici Bxl ») et des ambiances que ne renieraient pas les Ogres de Barback. En 18 morceaux à la fois dansants et touchants, le combo prouve qu’il n’a pas volé sa réputation. Côté image, le DVD bonus contient la version visuelle de quelque uns des titres audio du CD, ainsi que trois clips vidéo dont l’amusant et spontané « Ici Bxl » enregistré dans les rues de la capitale. Pour tous les brusselaires et, surtout, les autres !

 

 

 

Jours

Jours (Ep)

Écrit par
Un disque de chanson française ? Une ode aux jours de la semaine ? Détrompons-nous, "Jours" s’exécute dans la langue de Shakespeare et suit un long fleuve tranquille de pop cristalline. "Vampire" ouvre le bal au son d’une guitare aérienne survolant de près le cantique enjolivé d’un petit bout de femme. Sur "Surdose Seas", l’éclat féminin s’efface derrière un timbre masculin à la tessiture proche de celle de Stef Kamil Carlens (Zita Swoon). La suite ("I Swear") nous rappelle aux bons souvenirs des inflexions de Dolores O’Riordan… A supposer que le public réclame sa dose de rock lyrique et empathique toutes les décennies, cette démo tombe à point nommé. Le "No Need To Argue" triomphal des Irlandais sortait en 1994, nous sommes en…2004 et les fans de "Zombie" pourraient bien exhumer le mausolée commercial des Cranberries sous peu. La quatrième plage, "Life", hante encore nos esprits. Tels des échos fantomatiques perdus dans un manoir, des chuchotements féminins dialoguent, troquent leurs mémoires spectrales. "Out Of Reach" apaise alors les esprits, détend l’inquiétante atmosphère dans laquelle nous venions d’être plongé. En final, l’auditeur découvre "Excuse Me", une comptine guère moins rassurante. Bercée par une série de beats répétitifs, la dernière ritournelle de "Jours" s’emploie à s’excuser de nous de nous avoir fait si peur.

3 Colours Red

Revolt

Les Ruts, Clash, Jane’s Addiction et Alice Cooper constituent incontestablement des références de choix pour le nouvel album de 3 Colours Red. Métallique, punk, tribal hymnique, mais également très mélodique, la musique de ce 3CR peut également se révéler somptueuse. Comme sur le single " Beautiful day ", une chanson enrichie d’orchestrations de cordes philspectoriennes, mais également glamoureuses, à l’instar d’un Blue Oyster Cult, plutôt que de New York Dolls. Bref, cet ensemble crache, tout au long de ce " Revolt ", son vitriol sonore ; mais avec la dose de subtilité nécessaire et indispensable pour ne pas tomber dans le hard rock. La voix épileptique, éraillée, fiévreuse et terriblement vindicative de Peter Vuckovic, adrénalisée par la frustration, le nihilisme et probablement la schizophrénie, se chargeant d’éliminer toute équivoque à ce sujet…

 

Course Of Empire

Initiation

Album tout à fait étonnant pour ce quintet texan (Dallas) qui en est déjà à son deuxième essai. Fascinant et complexe à la fois, parce qu'il est très difficile d'y coller la moindre étiquette. A la rigueur, nous pourrions lui trouver des vertus hypnotiques, tribales, proches de celles développées sur les premiers albums d'Hunters And Collectors. Ou atmosphériques, délirantes. Surtout dans la deuxième partie du disque; lorsque la solution nous entraîne dans un voyage space rock aux confins de l'univers balisé par le Pink Floyd et Danse Society... Mais pour le reste, on ne peut que formuler des hypothèses. Bien sûr, il existe des références mal définies comme le métal, le punk, la cold wave, le hardcore, le post-industriel, le hip hop, le psychobilly, l'ambient, le psychédélisme et même le jazz circa Benny Goodman. Mais le cocktail est tellement homogène et dévastateur que nous ne sommes pas parvenus à en extraire une caractéristique dominante. Une seule constante cependant, les lyrics dont la teneur sociopolitique stigmatise le nouvel ordre mondial à la solde du néolibéralisme...