La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

logo_musiczine

Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (12 Items)

Upupayāma

Les lunaires annuelles d’Upupayāma

Écrit par

Upupayāma (Alessio Ferarri) sortira un double elpee intitulé « Honesty Flowers » ce 29 mai 2026 sur Fuzz Club.  En attendant, il a partagé « Mystic Chords of Memory » ssous forme de clip (à voir et écouter ici).

Enregistré en solitaire dans son studio-grange près de Parme, ce nouveau chapitre pousse plus loin son mélange de psych-rock organique en agrégeant grooves globaux, funk hypnotique, riffs fuzz et échappées motorik.

PUP

This place sucks ass (Ep)

Écrit par

En 2019, ce combo canadien (NDR : il est issu de la région de Toronto) avait décroché le prix ‘Juno’ de l’album alternatif de l’année pour « Morbid stuff ». Il est de retour pour un Ep pas piqué des vers (NDR : ce titre ?) Découpé en 6 pistes, il recèle une cover plus rapide du tube de Grandaddy, « A.M. », les paroles langoureuses et moelleuses du morceau contrastant avec la frénésie de l’expression sonore. Pas étonnant quand on sait que le synthé est ici remplacé par une guitare saturée. Tranchante, elle grésille sur l’hymnique « Rot », une plage qui traite de la lutte permanente contre le dégoût de soi. Le débit vocal est bien punk, mais le refrain s’avère particulièrement mélodique, un peu comme chez Helmet. Comme la plupart des refrains des autres morceaux, d’ailleurs. Il se révèle même contagieux sur « Anaphylaxis », malgré son couplet frénétique et ses cordes de gratte lancinantes ; et on se surprend même à siffloter le refrain. Plus proche de l’indie rock, « Nothing changes » lorgne vers Green Day et Ash. Chargé de groove, parfois menaçant mais surtout virulent, « Floodgates » alterne grattes claustrophobes, grondantes et même gémissantes. Une frénésie qu’on retrouve sur le final « Edmonton, 1’ de punk hardcore au cours duquel on entend à peine le chanteur Stefan Babcock qui tout au long de cet Ep, exprime sa colère de manière malsaine, dangereuse et même violente en traitant de la mort de l’anxiété et de la douleur physique.

The Last Shadow Puppets

The dream synopsis (Ep)

Écrit par

Après avoir gravé l’album “Everything You've Come to Expect”, The Last Shadow Puppets a donc decidé de publier un Ep 6 titres. Il est partagé entre deux morceaux issus de l’elpee et quatre reprises, dont « Les Cactus » de Jacques Dutronc, le post punk redoutable « Totally wired » de The Fall, l’énigmatique « This is your life » de Glaxo Babies, un morceau gonflé aux arrangements symphoniques, ainsi que la valse mid tempo « Is this what you wanted », alimentée par un quatuor à cordes et abordée un peu à la manière d’un Nick Cave. Signée Leonard Cohen cette piste monte en intensité avant d’atteindre un final véritablement exaltant. En fait ces covers figurent habituellement dans la setlist du combo, lors des prestations accordées en ‘live’. Les deux compos issues du long playing, « Aviation » et le single « The dream synopsis », sont proposées sont des versions différentes. Suave, la première est enrichie d’un violon, alors que sur la seconde le saxophone remplace les chœurs, au sein d’un climat qu’on pourrait qualifier de nightclubbien. Miles Kane se réserve les vocaux sur les titres les plus énergiques, alors que Alex Turner chante plutôt d’une voix de crooner, sur les plus tendres.

 

The Last Shadow Puppets

Everything You’ve Come To Expect

Écrit par

On connaît surtout Miles Kane pour carrière solo et Alec Turner, comme leader d’Arctic Monkeys. Le duo de potes a donc décidé de fonder un projet en parallèle, qu’il a baptisé du mystérieux patronyme The Last Shadow Puppets. Et, l’air de rien, cette collaboration avait débouché sur un album publié en 2008. Intitulé « The Age of Understatement », ce véritable chef-d’œuvre avait bénéficié du concours du Canadien Owen Pallett, aux arrangements.

Quelques plus tard, le tandem a décidé de remettre le couvert. Malgré un emploi plus que surchargé, il a décidé de donner une suite au premier essai. Et bonne surprise, cet « Everything You’ve Come to Expect » a de nouveau reçu la collaboration de Pallett.

En fait, la paire a simplement repris les  ingrédients qui avaient fait le charme du précédent elpee : une pop vintage et classique… aux arrangement particulièrement soignés. L’opus recèle des morceaux particulièrement brillants et racés (« Miracle Aligner », le magnifique « Bad Habits ») ; pourtant on sent que la magie n’opère plus comme par le passé. Bien sûr, le long playing demeure agréable à l’écoute, mais il manque un ‘je ne sais quoi’ pour faire la différence. Certaines pistes se révèlent probablement trop sages (« Used to Be My Girl »). The Last Shadows Puppets nous promettait ‘Tout ce qu’on pouvait attendre’... Petits menteurs. Et vu le talent des musicos, le résultat est à peine acceptable. On leur pardonnera cependant ce pieux mensonge, car biberonnées aux sixties, les plages d’« Everything You’ve Come To Expect » demeurent quand même de bonne facture. Mais vu le potentiel en présence, on attendait quand même mieux… 

 

Puppetmastaz

Revolve and Step Up !

Écrit par

Les marionnettes allemandes sont de retour ! Les fans ont eu chaud aux fesses. En 2009, la bande de rappeurs miniatures annonce au monde que des tensions internes les poussent à mettre un terme à leurs aventures. « The Breakup », leur quatrième LP, devait alors refermer les rideaux sur le spectacle qui avait démarré à peine 9 ans plus tôt. Mais c’était sans compter sur la ténacité de certaines bestioles de la formation qui, 3 années après avoir rendu les armes, ont décidé qu’il était grand temps pour les Puppetmastaz de prendre un nouveau tournant et de faire monter la pression.

« Revolve and Step Up ! », condensé de ragga (« Full Bashment »),  d’electro (« Dschinni Of Glass »), de pop (« Mr. Doubt ») et, évidemment, de rap, n’arrive pas à la cheville d’un “Creature Shock Radio” (2006). Trop fourni ! Réunissant 25 morceaux dont pas moins de huit interludes, le cinquième LP des Puppetmastaz manque cruellement de cohérence. Tant les intermèdes que certains morceaux de la galette auraient gagné à demeurer au fond d’un tiroir de l’atelier (« Swingboot », « Mr. Doubt », « Fresh Day »). Du coup, les titres les plus excitants de « Revolve and Step Up ! » passent un peu au second plan (« Plus Ultra Revolution », « From Roof To Roof », « Turn It Into Gold »). A force de vouloir en faire des tonnes, les Puppetmastaz risquent fort bien de devoir retourner tête baissée dans leurs cartons. A moins que le live ne sauve leurs petits meubles.

En concert le 13 juillet au festival de Dour, et le 31 août au Wardin Rock festival.

 

Puppetmastaz

Révolution à l’Orangerie !

Écrit par
C’est indéniable, un spectacle des Puppetmastaz est à voir, au moins une fois dans sa vie. Si vous les avez manqués aux Nuits du Bota 2008 ou aux Ardentes cet été, il ne restait donc plus que la date du neuf février, au Botanique, pour remédier a cette lacune. Il fallait cependant être motivé, ce lundi soir, pour sortir de son cocon douillet ; et affronter les éléments déchaînés. Comme si les bourrasques de la tempête ne suffisaient pas, la pluie et la neige fondante avaient décidé de s’en mêler ; si bien que, dès le nez dehors, nous étions trempés jusqu’aux os. Entrer dans Bruxelles en voiture était devenu une mission périlleuse, tant la visibilité sur les routes était réduite. Tous les véhicules roulaient d’ailleurs au pas. C’est 5 minutes avant le début du concert que je m’engouffre dans l’Orangerie. Il est 20h00 et c’est noir de monde. Essentiellement composé d’ados (ou ados attardés dans mon genre) le public est déjà bien chaud. Motivés au houblon et certaines substances psychotropes, le chaudron est prêt à exploser.

20h15, début des festivités dans la liesse générale. Lors des premières projections précédant le spectacle, on peut lire des slogans comme : ‘Join The Movement’, ‘No More Humans’ ou ‘Stop The Human Farce’. Sur la scène, on retrouve le même dispositif que lors des concerts précédents. Une toile sombre de la hauteur d’un homme est tendue. Elle recouvre la scène. Le nom du groupe y est imprimé en blanc, au cas où certains spectateurs l’ignoreraient encore ou seraient atterris, par hasard, à l’Orangerie.

Les premiers accords de « Take Me On right » mettent fin à l’attente, et déclenche des vivats soutenus. Frogga entre en scène. Le public est aussi bouillant qu’une fricadelle sauce samouraï. Il fait ‘soif’ et ‘piquant’. Impossible de garder la veste ou le sweat. C’est le ‘désapage’ général ! Snuggles the Bunny et Mr. Maloke apparaissent à leur tour et s’agitent comme de beaux diables. Les morceaux« Meet The Fables », « Animals », « Do The Swamp », « Clones », « Permission To Freak »,… sont balancés plein pot, et toute l’artillerie lourde y passe. Les scènes se suivent, les jokes s’enchaînent. Ce guignol pour adultes ravit le public de grands enfants que sommes. Impossible de ne pas succomber à son charme. Le light show est clairement à la hauteur. Son et lumières entretiennent une ambiance à faire danser Freddy Krueger. Tout semble possible. Comme d’habitude, les Allemands, coiffés de perruques grotesques, débarquent sur le devant de la scène en plein milieu de leur show, pour entonner « Sneakerboots ». Cette apparition ‘humaine’ booste un peu plus les troupes, et crée l’hystérie générale. Le thermomètre monte encore d’un cran, comme si les cinquante degrés de température ambiante ne suffisaient pas. De retour derrière leur rideau, la troupe rechausse ses marionnettes pour continuer leur histoire. Malheureusement, il apparaît assez rapidement que ce show est une copie un peu modifiée des autres, auxquels nous avons assisté l’an dernier. En notre for intérieur, on espérait pourtant, vu la sortie d’un nouvel elpee fin 2008, un spectacle différent. Mais en y réfléchissant bien, il faut aussi comprendre que la tournée « Rider The Takeover Tour » s’échelonne entre 2008 et 2009. Et toute modification opérée en cours de route a dû plus que probablement se solder par des complications. La troupe va nous réserver, du dernier opus studio, « Take ME on a Ride », « Mephistopholes », « Reservoir Foxin », « Permission to Freak » « Spelbound », « Animals » « Primeministaz Of Puppetry », « Puppets On The Moon » et « Meet The Fablez ». Dommage donc, de réentendre les mêmes plaisanteries formulées au même moment. De revoir l’apparition de l’œuf et sa destruction, avant l’apparition d’une marionnette de Yoda, pour la troisième fois, en trois concerts. Ce qui n’enlève en rien le charme et l’extraordinaire ambiance que Puppetmastaz parvient à instaurer. Le public est complètement acquis à leur cause, dès les premières notes, et suit le rythme en levant les bras. Hurlant sur les méchants quand ils apparaissent dans le décor et encourageant les gentils sous des cris de joie, l’Orangerie semble rentrer dans une autre dimension à chaque nouvelle intervention de la troupe. De l’eau est balancée de gauche à droite et des appareils photos qui dépassent de leur décor viennent flasher le public tout azimut. Une trentaine de morceaux seront joués au cours des 2 heures de spectacle. Une véritable prouesse pour les Allemands, qui réussissent à chaque show une mise en abîme : en passant la soirée les bras en l’air dans les entrailles de leur personnage, ils arrivent à faire vibrer les nôtres tout en nous poussant à soulever les bras avec eux…. Les véritables puppets, ce sont nous, en fait…

Organisation Botanique

HushPuppies

Silence is golden

Écrit par

“Silence is golden” constitue le deuxième opus des Hush Puppies. Une formation française dont la plupart des membres sont originaires de la région de Perpignan. Elle s’est cependant établie à Paris, pour des raisons de visibilité bien compréhensibles. Le quintet a même décroché deux contrats publicitaires pour réaliser la bande son de spots publicitaires chez Mennen et Toyota. Ce qui manifestement leur a permis de mettre du beurre dans leurs épinards.

Partagé entre ballades, parfois mid tempo et titres garage, cet album s’inscrit parfaitement dans la ligné de « Trap », leur précédent long playing. Les claviers rognés infiltrent la plupart des compos. Les chœurs sont souvent vindicatifs. Les mélodies hymniques. Pour le public ado, la solution sonore évolue à la croisée des chemins de The Coral, Blur, Inspiral Carpets et The Hives. Pour le critique moins jeune, elle puise directement son inspiration dans les sixties. Pensez aux compiles Nuggets et Pebbles. Pourtant, si leur musique est manifestement revivaliste, elle n’en est pas moins rafraîchissante et même très excitante. Ce « Silence is golden » s’aventure même dans le psychédélisme, A l’instar du single « Bad taste and gold on the doors », imprimé sur un tempo tribal. Et puis en finale, « Harmonium » lorgne manifestement vers les débuts d’Oasis ; le vocaliste épousant même les inflexions de Liam Gallagher, sans en avoir le timbre. Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que ce disque a été enregistré aux studios Black Box d’Angers, sous la houlette de Peter Deimel, c’est à dire le même personnage qui avait bossé sur leur premier essai. 

 

The Hot Puppies

Under The Crooked Moon

Écrit par

Quand une tribu de Gallois sort les clés à molette et change la tuyauterie pour un modèle vieux de 15 ans, on se retrouverait presque en plein épisode de ‘Ma sorcière bien aimée’. En réglant son vibrato à la hauteur de ses hormones, Becky Newman exhume les bals de promo et préconise le pelotage. Clins d’œil et fard à paupières paradent pour la grande première confortablement blottis à l’arrière d’une ‘delorean’ fraîchement débarquée et c’est l’émeute version disco pop. Les twin-sets et tweed ‘chanelisés’ peuplent un juke-box de tubes édulcorés (« Terry », « Green Eyeliner », «The Drowsing Nymph ») où batifolent des stances légères (« The Bottled Ship Song ») et des milk-shakes conçus pour les quarts d’heure américains (« Love In Practice, Not Theory »). Flash-back dans les dancings du baby boom et ses adeptes du badinage où la maison Hot Puppies fournit allègrement ses cocktails sans pour autant être à cours de stock rythmique. L’anachronisme est de mise mais ça vaut bien le coup d’œil.

HushPuppies

Fans des sixties...

Écrit par

Une formation française qui chante en anglais, ce n'est pas fréquent. Mais en plus, qui pratique une musique directement inspirée par les sixties, relève tout à fait de l'insolite. C'est pourtant le style au sein duquel évoluent les Hush Puppies, un quintet établi à Paris dont les 4/5 du line up sont originaires de Perpignan. Faut dire que leur aventure a commencé dans la capitale du Roussillon sous la forme des Likyds. Elle se serait terminée fin des eighties, début des nineties. Au sein d'une scène dite 'garage'. C'est le boulot qui les a séparés. Puis les a réunis en Ile de France. A l'issue de leur set accordé lors du festival d'Hiver Rock, à Tournai, le combo au grand complet (Olivier, Guillaume, Franck, Wilfried et Cyrille) nous a accordé cette interview dans un climat fort sympathique, même si parfois à la limite de la cacophonie ; tout le monde ayant un peu son avis personnel sur les différentes questions. Ambiance!

La scène 'garage' de Perpignan! Vous en aviez déjà entendu parler? Outre-quiévrain, les scènes pop/rock qui sont parvenues a faire parler d'elles provenaient de la face Atlantique : Bordeaux, Nantes, Rennes ou Angers, en particulier. Et pas du côté de la Méditerranée. Inévitablement il y a de la réaction : « C'est peut-être l'image qui est donnée de l'extérieur, mais ce n'est pas vrai. Des villes comme Montpellier, Nice, Toulouse, Marseille et bien sûr Perpignan ont connu des scènes très actives. Metal Urbain vient de Montpellier! Les Kryptons de Marseille. Les Playboys de Nice. Chez nous, nous privilégions davantage l'aspect british de la musique. Côté Atlantique, c'était plutôt le metal ou le rock typiquement français. Bien sûr Perpignan ne comptait pas 25 groupes, mais peut-être 5 ou 6. 10 au maximum. Et il pratiquait du garage sixties ou du r&b. Ou encore du british beat. Il est exact qu'aucun d'entre eux n'a acquis de notoriété internationale. Mais nous bénéficions d'infrastructures et d'associations qui organisaient des concerts forts intéressants. Des artistes ou des groupes comme les Prisonners ou James Taylor se sont ainsi produits chez nous. Et pourtant, ils n'étaient connus qu'en Angleterre. Et dans les milieux mod… » Ce qui justifie finalement, pourquoi ils chantent en anglais. Mais les formations françaises qui chantent dans la langue de Shakespeare font rarement recette dans l'Hexagone. Par contre un groupe comme Tahiti s'exporte plutôt bien. Les Hush Puppies ne risquent-ils pas d'être confrontés à un dilemme, dans un avenir plus ou moins proche : soit marcher sur les traces des Thugs, de Dominic Sonic ou autre Little Bob Story, et devenir une des valeurs sûres de l'underground chez eux. Ou alors, à l'instar de la bande à Xavier Boyer, viser spécifiquement le marché étranger, tout en risquant de se voir snober dans son pays natal. Le groupe est dans l'expectative : « Si on peut réaliser les deux challenges, ce serait l'idéal. Avoir le beurre, l'argent du beurre et la crémière. On a envie de dépasser le stade de l'underground. Même si je sais qu'en France, ce choix est quasi impossible à réaliser. C'est la raison pour laquelle on essaie de s'exporter. Qu'on vient en Belgique. On rêve aussi de se rendre au Japon. Ce serait parfait si on pouvait avoir le même parcours que Tahiti 80. Mais nous ne sommes pas fermés à la France… »

On pourrait parler des sixties en compagnie des membres des Hush Puppies jusqu'au bout de la nuit. Mais sont-ils davantage influencés par ce qu'ils aiment ou par ce qu'ils écoutent ? « Les deux. C'est vrai qu'on est surtout influencés par ce qu'on aime. Mais pas seulement. On est quand même forcés de se taper ce que les autres écoutent. Dans le camion par exemple. Et puis, on est curieux de découvrir ce qui existe aujourd'hui. Et d'en faire notre propre évaluation. On n'est pas vraiment fermé à un style musical en particulier, même si on est davantage branchés sur des groupes basiques comme ceux nés au cours des sixties. Mais à partir de cette racine, on développe quelque chose de neuf, d'intéressant, de manière à faire sonner différemment ce qu'on entendait à cette époque là. C'est ce qui est le plus difficile… » Et lorsque le groupe entre en studio, emporte-t-il ses disques des Seeds, de Countfive, de Chocolate Watchband, des Flamin' Groovies, des Small Faces, des Doors ou encore les premiers elpees du Who ; question de les écouter, bien sûr, mais surtout de se plonger dans une certaine ambiance ? « Dans notre ipod, en fait, parce que les disques prendraient trop de place. Les albums de référence de ces groupes, on les connaît par cœur. Donc on évite de les emporter en studio, parce qu’on n’a pas envie de faire du copier/coller. Ce n'est pas notre objectif. » Question rituelle : comment ont-ils découverts ces groupes d'une autre époque ? En fait l'un avait un ami plus âgé qui leur a révélé l'existence des Seeds. Puis l'a incité à acheter les compiles des Peebles. Ce sera le déclic. Les parents d'un autre écoutaient les Beatles et les Rolling Stones à la maison. Il trouvait leurs goûts géniaux, mais a commencé à vouloir aller au-delà de ces classiques. Ce sera le début de véritables découvertes. Enfin un troisième avait un frère qui était déjà branché sur la musique sixties. Inutile donc de s'étonner de cet engouement pour la même musique. Au fil du temps, leur culture musicale est donc devenue collective. Un aveu : « Aujourd'hui on n'écoute plus tellement de musique issue des sixties. Plutôt des artistes britanniques contemporains. Dont les Dandy Warhols. » Par contre, la scène house mancunienne de la fin des eighties, et en particulier des groupes comme les Stone Roses, les Charlatans ou les Happy Mondays, n'est pas trop la tasse de thé de nos interlocuteurs. « On préfère largement ce qui existait avant. Joy Division, les Buzzcocks. Ce mouvement était excessif. Il y a bien eu l'une ou l'autre aventure plus marquante, mais il est très difficile d'en faire le tri. Par contre cette période ne nous a guère influencés. Et même pas du tout. Les sixties et à la limite le début des seventies nous ont davantage imprégnés que la musique des années 80… » Parmi les artistes français, Gainsbourg est un personnage qui a toujours fasciné les membres des Hush Puppies. Pour certains, c'est toute sa carrière musicale. Pour d'autres, leur passion s'est estompée lorsqu'il s'est mis au reggae. Un sujet qui a créé un véritable débat interne. Une conclusion ? « Une grande perte. A l'instar de Nino Ferrer ou de Polnareff ; mais lui n'est pas encore mort, ce sont de tous grands compositeurs… »

Maintenant, il faut bien penser que depuis leur exode, le soleil doit leur manquer. La réponse fuse. « T'as vu la peau qu'on a ? (NDR : l'un d'entre eux exhibe ses bras en retroussant ses manches). Regarde ! Je suis blanc comme un cachet d'aspirine (rires). Evidemment que ça nous manque. Le problème c'est qu'on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre. Même la crémière, puisqu'elle vit à Paris ! » (rires) Oui, mais leurs fans de la première heure, et en particulier ceux des Lykids ? Sont-ils devenus forcément des aficionados des Hush Puppies ? C'est confirmé : « Bien sûr ! Les fans et les femmes aussi. Même si ce n'est plus tout à fait le même groupe et les mêmes personnes. Enfin, nous sommes encore quatre sur cinq. Mais on a repris notre cheminement, à peu près à l'endroit où nous nous étions arrêtés chez les Lykids. Nous avions commencé à développer un projet à partir de ce qu'on aimait. Nous avions même commencé à tâter de l'électro. Et puis tout s'est arrêté. Mais quand on a recommencé, on avait vachement l'envie de développer à nouveau ces idées. Tout en mélangeant différents courants musicaux. » La musique des Hush Pupies serait à connotation sexuelle. Réaction : « Tu as écouté les paroles de la chanson 'Pale Blue Eyes' ? De toute façon on est des mecs. On joue pour les filles. Tu as vu combien il y en avait ce soir ? Le rock'n roll a toujours une connotation sensuelle, sexuelle. Pourquoi s'habille-t-on de cuir, à ton avis ? »

Le groupe a déclaré récemment que dans le futur, il donnerait une dimension davantage électro à sa musique. La signature chez Diamond Traxx n'y est-elle pas pour quelque chose ? La réponse fuse : « Non, pas du tout. Ce n'est pas parce qu'on apprécie également la musique électronique, qu'on est fermé à d'autres styles. Nous sommes cinq personnes qui partageons différentes influences. Diamond Traxx est étranger à cette histoire. En fait, la signature sur ce label est un pur hasard. Et puis, quoique fondamentalement électro, ce label commence à s'ouvrir à d'autres horizons. Après nous, Benjamin Diamond a signé Nelson, un nouveau groupe qui joue du rock. En fait, cet ensemble jouait à l'origine de l'électro, mais son denier album est pop. Et le prochain sera également de la même veine… »

Les Hush Puppies ont bâti leur réputation sur les planches. En jouant notamment dans la plupart des clubs branchés de Paris : La Scène, Glaz'Art, La Guingette, Le House Of Live ; et puis en faisant un véritable tabac lors des Transmusicales de Rennes. Une chose est sûre, le 'live' les transcende. (NDR : un vacarme infernal gronde dans le sous-sol. La porte de la loge s'ouvre brusquement et un homme du feu vocifère qu'il est interdit de fumer. Apparemment les détecteurs d'incendie se sont déclenchés…) Retour à un calme très relatif : « Pour nous, il est important de se retrouver ensemble. D'accorder des concerts. De toutes manières c'est le but de la musique. C'est aussi notre vie. Ces concerts nous ont permis de dénicher un manager, de signer auprès d'un label. D'arriver là où on est… On a d'abord commencé par jouer en public. Au bar du coin. Puis dans un plus grand bar. Puis on s'est mis à répéter. Donc notre philosophie a toujours été dictée par le concept 'live'. C'est la raison pour laquelle la scène est devenue notre terrain de prédilection… Un vrai groupe de rock'n roll se crée en direct. Rarement en studio. Le phénomène inverse existe, mais ceux qui choisissent ce chemin alternatif éprouvent les pires difficultés pour s'en sortir. » Lorsqu'on parle de groupe de scène, je ne peux m'empêcher de penser aux Fleshtones, le summum dans cet exercice. Chez les Hush Puppies, la réaction est plutôt mitigée. Olivier ne les connaît qu'à travers des notes bombardées dans son agenda scolaire par un pote. Un autre les apprécie, sans plus. Mais pas trop sur disque. Un troisième les considère comme une légende qui a marqué les nineties de son empreinte. A mon avis, ils n'ont jamais eu l'occasion d'assister à un de leurs sets live…

HushPuppies

The Trap

Écrit par

Les Hush Puppies nous viennent d’outre-quiévrain. Un quintette réunissant quatre perpignanais et un parisien ; mais établi depuis quelques années dans la capitale française. C’est d’ailleurs à Paris que le groupe s’est forgé une solide réputation sur les planches en se produisant, notamment à la Scène, au Glaz’art ou encore au Nouveau Casino. Après avoir commis l’un ou l’autre Ep, la formation a décidé d’enregistrer son tout premier album. Un disque qui fait la part belle au garage. On imagine d’ailleurs que le combo doit est nostalgique de la musique pratiquée au cours des sixties et au début des seventies. Et puis d’avoir beaucoup écouté les compiles 'Nuggets' et 'Peebles' (pensez aux Seeds, à Count Five ou encore à Chocolate Watch Band). Encore que les ombres des Flamin’ Groovies, des Fleshtones, des Charlatans (à leurs débuts) et de Coral, planent tout au long de cet opus. Là on dépasse le cadre des 60’s et on entre progressivement, dans un univers de plus en plus contemporain. D’ailleurs, à l’instar de 22 Pistepirkko, les Hush Puppies n’hésitent pas à tirer parti de la technologie moderne. Le tableau de références dressé, on peut donc passer à l’analyse de ce « The Trap ». Vous ne serez guère surpris d’apprendre que la musique fait la part belle aux mélodies contagieuses, hymniques, balayées de déflagrations électriques, alimentées par des guitares fuzz, malsaines, une basse entêtante, des claviers jouissifs, rognés, liquides ou spectraux et des drums luxuriants, souples. Des mélodies le plus souvent imprimées sur un tempo allègre. Mais les Puppies peuvent compter sur la présence d’un chanteur à la voix ample, bien timbrée, dont les inflexions peuvent osciller d’un Guy Chadwick à Ray Davies en passant par James Skelly (The Coral) ; nonobstant un accent frenchy… N’empêche, cette plaque plutôt revivaliste est plutôt bien fichue et surtout très agréable à écouter. Elle recèle même quelques titres irrésistibles, comme le single « You’re gonna say yeah ! » ou encore ce « Marthelot ‘n clavencine », dont la superbe mélodie est constamment lacérée par des accès d’électricité démoniaques. Dans un registre différent, « Bassadautobahn » est même sculpté dans une forme assez subtile de new wave électro. Le titre maître ? Un piège : une plage d’un peu plus de 2’30 de silence… Les Hush Puppies sont actuellement en européenne et se produiront notamment ce vendredi 24 février à la Maison de la culture de Tournai, dans le cadre du festival D’Hiver Rock 2006.

Meat Puppets

No joke

Valeur sûre de la scène yankee, Meat Puppets a toujours joué un rôle essentiel dans l'évolution de la musique pop/rock. Et des formations comme Nirvana, Soul Asylum ou Pearl Jam ont été manifestement marquées par sa vision hardcore du country & western, vision semblable à celle qu'Afghan Whigs réservait à la soul. Le trio de Phoenix ne s'est cependant jamais retourné pour voir le succès déclenché par ce mouvement. En plein ‘boom’ grunge, il cherchait déjà à explorer de nouveaux territoires sonores. Depuis deux ou trois albums, il inocule davantage de couleur et de profondeur dans sa construction mélodique. Davantage d'amplitude dans l'étude du style et au niveau des harmonies vocales semi-léthargiques, échangées entre les frères Kirkwood. Qui manifestement et fondamentalement demeurent "Meat Puppets", même si cet elpee aborde le cabaret, la pop indie, le popcore ou la ballade. Et en particulier cette sauvagerie spectrale et menaçante, fruit de la rencontre entre l'électricité croustillante et la fluidité acoustique. Excellent!

 

Meat Puppets

Too High To Die

Fin 91, ce trio yankee (Phoenix/Arizona) trouvait enfin le juste équilibre entre la sauvagerie capricieuse et le sens de la mélodie sur l'album "Forbidden Place", une œuvre qui badigeonnait sur le même tableau visionnaire une foultitude de coloris sonores appartenant tantôt à Cosmic Psychos, Sonic Youth, Mike Watt, Steve Miller Band, Violent Femmes ou REM. Les frères Chris et Kurt Kirkwood, flanqués de leur fidèle drummer Derrick Bostromn nous reviennent aujourd'hui avec "Too High To Die", une œuvre tout aussi fascinante et stimulante, mais qui met davantage en évidence ses vertus ‘countryfiantes’ au service de la dynamique électrique. Certains n'ont d'ailleurs pas hésité à qualifier ce style novateur, vivifiant, plaisant à la texture instrumentale riche et colorée et aux harmonies vocales limpides et singulières de ‘countrycore’. Une chose est sûre, en choisissant pour producteur, le guitariste de Butthole Surfers, Paul Leary, les Meat Puppets affirment leur volonté de ne pas se prendre au sérieux. Ce qui ne devrait pas empêcher ce "Too High To Die" de devenir l'album de la consécration...