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Paramount Styles

Heaven’s Alright

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Mazette, pas mal d’eau a coulé sous les ponts depuis la sortie de cette pépite.

Alors, pourquoi y revenir ?

Parce qu’il est essentiel. Et que je ne me pardonnerais pas de ne pas en parler.

Paramount Styles brille à l’in(star) d’étoiles suspendues précieusement au firmament de mes rêves inachevés.

Un scintillement infaillible dans une nuit épaisse. Une douce aura qui ne faiblit pas.

Un scintillement certes discret dans la galaxie, mais un scintillement qui me rassure.

Qui me confirme constamment ce que je sais pertinemment.

Qu’importe le succès, qu’importe la reconnaissance. Au diable les richesses, au feu les ambitions démesurées. La vérité réside dans l’authenticité.

Paramount Styles, c’est Scott McCloud, ex-Girls VS Boys.

C’est une histoire banale du Rock And Roll circus.

C’est la fable du génie méconnu qui œuvre pour son art et se fout des conventions.

Avec honnêteté et fierté.

« Heaven’s Alright » ne va pas révolutionner le monde de la musique.

Scott s’en fout.

Cet album ne va pas se vendre à des mille milliards d’exemplaires et être multi disque d’or à travers le monde.

Scott McCloud s’en fout.

Paramount Styles ne remplira jamais un stade.

Paramount Styles s’en contrefout.

Ce CD n’est pas le meilleur de tous les temps.

Et moi, je m’en fous.

Parce que cet album est tout simplement vrai.

La voix de son interprète a des inflexions qui ne trompent pas.

Ça sent le vécu.

Les textes ne laissent pas place au doute.

« Les cicatrices du passé » titrais-je lors de leur passage l’an passé dans la Rotonde du Botanique.

Voilà. Scott McCloud saigne mais ne se lamente jamais.

Et ce deuxième opus est un pansement, un onguent sur les brûlures de la vie.

Jamais il ne déborde dans le pathos, toujours droit et digne. Magnifiquement digne.

Les larmes ne se font jamais intrusives. Tout en retenue, elles se glissent et s’immiscent.

« Take Care Of Me » en ouverture. Chanson sur le manque. Le pardon. L’Amour.

Simple et efficace. Les cordes (sensibles) vibrent dans la tourmente.

Sur le Vieux Continent, entre Amsterdam (« Amsterdam Again ») et Prague (« The Girls Of Prague »), Scott roule sa bosse.

« Heaven’s Alright » est âpre. Jamais mièvre.

Même quand les chœurs féminins font ‘Ouh-Ou’h.

Même quand le décor se fait plus masculin.

Confessions intimes (« Desire Is Not Enough », « The Greatest » ou les aléas d’un grand groupe passé à la trappe de l’oubli), les paroles sont couchées, crachées, digérées, assumées.

Le tout se termine dans la meilleure version à ce jour de « Come to Where You Are », soit celle captée au Stuk de Louvain en 2009. Pas parfaite. Juste sincère. Et vraie. Profondément vraie.

Toute en crescendo et en puissance, tourbillonnante, elle secoue les tripes et laisse pantelant. Comme un « Creep » de Radiohead qui n’aurait jamais eu l’occasion de lasser.

Pour l’anecdote, Scott est entouré dans son projet par deux  de nos compatriotes, dont Simon Lenski (DAAU) et Alexis Fleisig à la batterie (ex… Girls VS Boys)

Pour l’anecdote, Paramount Styles est l’une des meilleures formations en activité.

Pour l’anecdote, je suis un grand fan.

Mais peut-être l’aviez-vous deviné ?

 

Paramount Styles

Les cicatrices du passé

Écrit par

Alors que le Botanique se coupait en trois, ce soir, pour accueillir Danakil, The Chapman Family et Paramount Style, je ne peux que me féliciter de mon choix. Car si l'espace d'un instant, j'ai hésité entre le Post-Punk énergique des Anglais bruyants de Stockton-on-Tees et le Folk sombre et torturé de Scott McLoud, je n'ai eu qu'à me remémorer cette soirée pleine d'émotions partagée un soir de novembre 2009, à L'Escalier de Liège, pour prendre ma décision.

J'ignore encore à l'heure actuelle si les quarante-cinq minutes de concert accordés dans le Witloof bar valaient tout le bien qu'on annonce de leur prestations scéniques, mais je peux vous assurer que pour ma part, ce début de nuit sous les étoiles de la Rotonde m'a pleinement comblé.

Peu de monde à l'heure où la lourde tenture derrière la scène invite les spectateurs à découvrir les quatre musiciens de Paramount Style. Affable, l'ex-leader des Girls VS Boys salue le public clairsemé.

Une chose ne trompe pas quand on se retrouve face à l'homme. Scott McLoud a vécu, souffert, et sa musique est l'exact reflet de la somme de toutes ses souffrances. Peu de musiciens peuvent se targuer de transcrire avec autant de pudeur un tel lot d’émotions. Et ce sans sombrer dans l'excès de pathos.

Entouré de ses compagnons d'infortune, dont notre compatriote Simon Lenski (DAAU) au violoncelle, il transcende totalement chacun des titres et leur donne une ampleur différente de celle du disque (dont la forme électro est plus présente sur le tout récent « Heaven's alright »).

Et soudain, le parallèle me semble évident.

A plus d'un titre, le leader de Paramount Style est à rapprocher d'un autre écorché vif, Robin Proper Sheppard, qui au travers de son collectif Sophia, brasse lui aussi le même type de désespoir.

Rescapés l'un et l'autre d'un passé mythique au sein de groupes essentiels qui ont marqué les années 90, tous d'eux trouvent refuge au sein de leur musique en abordant ces thèmes à la fois si personnels et si communs à tous que sont l'amour, la mort, la survie et la peur du vide. Les deux artistes ont troqué le son lourd des débuts pour formuler leurs craintes au son d'une guitare acoustique, et ce même si cette formule n'empêche jamais de subtiles envolées bruitistes du plus bel effet. Et surtout, et c'est bien là l'essentiel, ces deux malmenés par la vie expriment avec justesse leur propos en drainant dans le flot de leur compositions tout le fiel et l'amertume d'être un homme de leur race. La race des Romantiques exacerbés.

Mais revenons à la prestation de ce soir.

Les titres très accrocheurs du premier et très recommandé premier album « American failure », tels « All eyes are on you now my pet » ou l'instrumental « One more surprise » trouvent écho dans les nouveaux morceaux. « I keep losing you » étend ses racines Blues dans le sang et la poussière, alors qu’« Amsterdam » se répand comme une traînée de poudre blanche. « Girls of Prague » et « Losing you » s'assument pleinement comme des chansons parfaites. Et « Come to NY », caractérisé par son cynisme à peine teinté, résume à lui seul l'incertitude des étoiles qui naviguent loin du firmament.

Mais c'est dans le final que toute la magie finit d'opérer.

Pour un rappel d'une magnifique simplicité, Scott McLoud nous offre « The Greatest » dont les mots résonnent comme un singulier aveu d'humilité : ‘We were great, maybe not the greatest, we made mistakes, like the greatest... maybe we left too soon, maybe we left too late...’ Alors, que cette confession d'une tragique banalité résonne au panthéon des groupes phares n'ayant pas connu le succès mérité, la voix éraillée (proche d'un Tom Waits des jeunes années) s'éteint dans les derniers accords d'un concert majeur.

Déjà, les lumières absorbent les soupirs et les larmes.

Il est de ces nuits magiques qui marquent au fer rouge...

(Organisation Botanique)