Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Soundwalk Collective with Patti Smith

Farewell

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Fondé par Stephan Crasneanscki, à New York, au tout début du millénaire, Soundwalk Collective est un collectif expérimental qu’a rejoint Simone Merli en 2008.

La formation puise son inspiration au sein de lieux spécifiques, naturels ou artificiels, et nécessite de longues périodes de voyage d'investigation et de travail sur le terrain.

Parmi les collaborateurs éminents figurent le musicien de jazz éthiopien Mulatu Astatke, le photographe américain Nan Goldin, le réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard, le père du mouvement hip hop Afrika Bambaataa et la chanteuse, auteure-compositrice et poétesse américaine Patti Smith. Le collectif a également réalisé des partitions originales pour la chorégraphe de danse contemporaine, Sasha Waltz.

Pour concocter cet opus, Le Soundwalk Collective s’est rendu au Mexique, dans la Sierra Tarahumara, sur les traces du périple d’Antonin Artaud (1896 – 1948), poète surréaliste, dramaturge, opiomane et théoricien français, afin de capturer l’esprit du peuple Rarárumi et surtout mettre en boîte des sons (chants, tambours traditionnels, etc.), avant de les retravailler en studio. Puis Patti Smith a été invitée à déclamer les visions hallucinogènes du Marseillais. Le résultat a ainsi été gravé sur ce « Farewell », une œuvre austère et difficile à assimiler pour tout mélomane lambda. Dommage que le single, « Ivry », ne figure pas sur la plaque. C’était la seule compo signée par l’icône du punk. Elle y chante et l’instrumentation organique y est bien plus en phase avec l’univers du rock et de la pop.

Patti Smith

Banga

Écrit par

Huit longues années que Patti Smith n’avait plus enregistré de véritable album. Paru en 2007, « Twelve » était un elpee consacré exclusivement à des reprises, alors que « The Coral See », concocté en compagnie de Kevin Shields, était réservé à ses poèmes récités sur de longues envolées sonores atmosphériques.

Le titre « Banga » a été emprunté au roman de Mikhaïl Boulgakov, ‘Le maître et la marguerite’. C’est le nom du chien de Pilate. L’elpee ne manque d’ailleurs pas d’hommages ni de références. Ainsi « Fuji-San » est une prière adressée aux victimes du tsunami qui a ravagé le Japon. « This is the girl » revient sur le comportement autodestructeur d’Amy Winehouse, cette remarquable vocaliste victime d’un abus de consommation d’alcool et de drogues. « Maria », nous parle de la fragilité psychologique de Maria Schneider, partenaire de Marlon Brando dans le ‘Dernier tango à Paris’, décédée en 2011.

Sous un aspect plus littéraire, « April fool » est une ballade allègre inspirée par Nicolas Gogol, un écrivain russe d'origine ukrainienne, alors que sur « Tarkovsky (The second stop is Jupiter »), elle marche sur les pas du grand réalisateur de cinéma, mort en exil en 1986, tout en récitant ses vers a cappella. Quant au morceau d’ouverture, « Amerigo », il nous invite à revivre le périple qui a permis à Amerigo Vespucci de découvrir le Nouveau Monde. Si le très ‘televisionesque’ « Nine », est le cadeau d’anniversaire adressé à Johnny Depp (NDR : il est né un 9 juin !), ce dernier apporte finalement et paradoxalement son concours au titre maître. « Constanine’s Dream » s’inspire de la fresque ‘Le Rêve de Constantin’ de Piero della Francesca, un grand maître de la Renaissance. En filigrane, cette œuvre est toujours hantée par les fantômes  d’Allen Ginsberg, d’Arthur Rimbaud, ses maîtres, ainsi que de feu son époux, Fred ‘Sonic’ Smith, disparu à l’âge de 44 ans.

Jackson et Jesse, ses deux enfants, ont participé aux sessions d’enregistrement de l’album. Le premier joue de la guitare, le second au piano. Et en studio, elle a pu bénéficier du concours de quelques invités mais surtout de son band habituel. Soit le gratteur Lenny Kaye, le drummer Jay Dee Daugherty et le bassiste/claviériste Tony Shanahan. Sans oublier la présence de Tom Verlaine sur deux plages.

Ce superbe opus s’achève par « After The gold rush », une reprise de Neil Young, au cours de laquelle Patti est soutenue, en fin de parcours, par une chorale d’enfants.

Patti Smith est en tournée cet été en Europe et se produira, en particulier, à l’Openlucht Rivierenhof d’Anvers ce 1er juillet, festival programmé du 20/06 au 7/09, qui accueillera également Portishead, OMD ainsi que Sigur Ròs ( www.openluchttheater.be ) ; et dans le cadre des Ardentes, ce 5 du même mois, à Liège, festival au cours duquel sont également à l’affiche Dyonisos, Morrissey, The Jon Spencer Blues Explosion, Yeasayer et Hubert-Felix Thiefaine et bien d’autres… ( http://www.lesardentes.be/2012/fr/ )

 

Patti Smith

Outside Society

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Le dernier ‘best of’ de la marraine du punk réunit ses 16 hits les plus fondamentalement rock (« Because the night », « Rock N Roll Nigger », « So you want to be a rock n roll star », « People have the power », « Summer cannibals », etc.) et deux covers, dont la plus célèbre reste évidemment le « Gloria » du Them, qui ouvre la plaque. L’autre est consacrée au « Smells like teen spirit » de Nirvana. De quoi rendre une nouvelle fois un hommage à Kurt Cobain, que Patti a toujours beaucoup apprécié. Les compos sont proposées dans l’ordre chronologique. Deux par album. Et s’étalent de 1975 à 2007. Ah oui, j’allais oublier, le tout a été remasterisé.

 

Patti Smith & Kevin Shields

The Coral Sea

Écrit par

Photographe, Robert Mapplethope était un ami de Patti Smith. Atteint du SIDA, il est décédé en 1989. En 1997, Patti lui avait consacré un recueil de poèmes. Qu’elle ne s’est décidée à lire en public que le 22 juin 2005 et le 12 septembre 2006, au Queen Elisabeth Hall de Londres. En bénéficiant pour la circonstance du concours du leader/guitariste de My Bloody Valentine, Kevin Shields. Smith y rend un hommage posthume à son compagnon, celui qui avait notamment réalisé la pochette de son elpee légendaire « Horses », à travers son spoken word. Shields sonorisant cette prose de longues envolées atmosphériques. L’album est double, mais malheureusement, les lyrics, particulièrement douloureux, n’y sont pas inclus. Tout comme le tracklisting, par ailleurs.

Patti Smith

Twelve

Écrit par

Le dernier album de Patti Smith est exclusivement consacré à des reprises. 12 standards pop/rock américains qu’elle rêvait depuis très longtemps d’enregistrer. On lui connaissait la cover légendaire du « Gloria » de Them, celle du « My generation » du Who, de « When doves cry » de Pince ou encore de « So you want to be a rock’n roll star » des Byrds. Ici, elle s’attaque brillamment au « Are you experienced, » de Jimi Hendrix, « Helpless » de Neil Young, « Gimme shelter » des Stones, « Within you without you » des Fab Four, « White Rabbits » de Jefferson Airplane, « The boy in the bubble » de Paul Simon, « Soul kitchen » des Doors, « Smell like ten spirit » de Nirvana (essentiellement au banjo, au violon et à la guitare acoustique !) ainsi qu’au « Pastime paradise » de Sevie Wonder. Par contre son adaptation d’« Everybody wants to rule the world » de Tears For Fears manque de punch et celle du “Midnight rider” des Allman Brothers de conviction. Deux titres qu’elle n’est pas parvenue à se réapproprier. Elle a bien reçu le concours de son band habituel ; en l’occurrence Lenny Kaye, Tony Shanahan et bien sûr Jay Dee Daugherty. Et fatalement, ses adaptations prendront encore une autre dimension sur les planches…

 

 

Patti Smith

Trampin´

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Patti Smith est donc de retour avec un neuvième opus. Poète (sûrement), prêtresse (peut-être), mais surtout légende du punk new-yorkais, elle s’est décidée à commettre un nouvel album, parce qu’elle avait des choses à dire. Sa mère est décédée. Une épreuve supplémentaire qui s’ajoute à la longue liste de ses proches disparus au cours des dernières années. Et puis le contexte géopolitique actuel ne pouvait la laisser indifférente. Car chez Patti Smith, la révolte est toujours latente. En fait, elle nous invite à examiner sa conscience face à la politique menée par le gouvernement Bush. Et à réfléchir, à penser, à manifester. Mais aussi à tirer des conclusions (NDR : les prochaines élections ?) à travers quelques hymnes à l’espérance. Pour enregistrer cet elpee, elle a notamment reçu le concours de ses amis incontournables Lenny Kaye et Jay Dee Daugherty. Et si le spectre de feu son mari, Fred ‘Sonic’ Smith, plane tout au long de cet elpee, elle a également eu le bon goût d’inviter sa fille Jesse, qui l’accompagne au piano sur le titre maître, fragment qui clôture par ailleurs le disque. Elle lui consacre également une chanson, « Cartwheels ». Partagées entre ballades bouleversantes et titres rageurs, les chansons de ce « Trampin’ » expriment un large éventail d’émotions qui oscillent de la tendresse en passant par le regret, la passion, la joie et l’intuition. Le timbre vocal de Patti se charge alors de nuances, pour encore mieux faire passer son (ses ?) message(s). Mais ce sont les titres les plus saignants, les plus féroces, les plus intenses, les plus fiévreux qui m’ont le plus fasciné. Tout d’abord les 9 minutes d’hommage au légendaire pacifiste « Gandhi ». Tramé sur un crescendo hypnotique, il est littéralement déchiqueté par des riffs d’électricité féroce, presque ‘cold’. Les 12 minutes de « Radio Baghdad », ensuite. Une méditation sur l’histoire tumultueuse de Moyen-Orient. Un exorcisme dont la vitalité dramatique peut parfois rappeler le Led Zeppelin. Et enfin « Stride of the mind » et « Jubilee », deux plages taillées dans le rock/garage contagieux, sensuel, énigmatique, dont Patti a le secret. Pensez à « Gloria » ou encore à « Land ». Bref, que des bonnes nouvelles. Patti Smith se produira ce 9 juillet dans le cadre du festival ‘Cactus’…

Patti Smith

Land (1975-2002)

Écrit par

Née le 30 décembre 1946 à Chicago, dans l'Illinois, cette légende vivante à véritablement secoué l'histoire du rock'n roll. En 1975. Tout d'abord en sortant l'album incontournable " Horses ". Ensuite en changeant radicalement l'image de la femme projetée sur cette scène musicale. Chanteuse, compositrice, poète, musicienne, Patti a cependant dû faire face à une multitude de drames, tout au long de son existence : la sueur, les larmes, la faim et la douleur ont très souvent été les composants de son pain quotidien. Et chaque fois, c'est à travers son art qu'elle est parvenue à surmonter les épreuves. Cette double compilation propose en 31 fragments et en à peu près deux heures trente de musique, un large aperçu de la carrière de cette artiste. Le disque recèle, en outre, deux enregistrements pré " Horses " (" Redondo Beach " et " Distant finger "), une démo de " Piss factory ", une adaptation blues de " Birdland ", une nouvelle version de la cover de Prince, " When doves cry ", une volée d'enregistrements 'live' inédits, dont la plupart ont été immortalisés lors de sa tournée européenne et américaine, accomplie en 2001. Et puis les inévitables classiques " Dancing barefoot ", " People have the power ", " Gloria ", " Rock'n roll nigger ", " Frederick " ou encore " Because the night ". Les esprits chagrins regretteront certainement l'absence de "Break it up" ou encore d'une de leurs chansons préférées ; mais dans l'ensemble ce recueil reflète très bien les différentes étapes de la carrière de Patti Smith. Un document !

 

Patti Smith

Peace and noise

Septième album pour l'ex-égérie de la scène intello-rock new yorkaise des seventies. Un disque fondamentalement rock. Ce qui semble ne pas trop plaire à la presse insulaire (NDR : ça rime !). Nous n'en voyons d'ailleurs pas trop bien la raison. Car, si ce " Peace and noise " n'apporte rien de neuf, il est de très bonne facture. D'abord, il y a la voix de Patti qui possède toujours cette même chaleur et cette même profondeur susceptible de vous communiquer le frisson. Et de cette voix, souvent chantée, parfois psalmodiée, elle aborde des textes symboliques, ésotériques et surtout poétiques, en vous invitant à plonger dans un univers psychotique à la rencontre des âmes disparues. Celles de Rimbaud, de Jim Morrison, d'Andy Warhol et surtout de William Burroughs, à qui elle dédie cet opus. Patti peut en outre compter sur la présence d'un solide backing group. Au sein duquel, Tony Shanahan, apporte, au piano, sa griffe toute personnelle sur le superbe " Waiting underground ", et puis Oliver Ray, qui parvient presque à faire oublier Tom Verlaine sur " Dead City "...

 

Patti Smith

Gone Again

Écrit par

Hormis la confection du très dispensable "Dream of life", publié en 1988, Patti Smith ne s'est guère manifestée au cours des quinze dernières années. Elle a bien écrit l'un ou l'autre recueil de poésie, mais s'est surtout consacrée à l'éducation de ses enfants, tout en envisageant de revenir à la scène dès qu'ils seraient assez grands pour l'accompagner en tournée. Malheureusement elle a perdu coup sur coup son mari Fred ‘Sonic’ Smith (ex-guitariste de MC5) et son frère Todd. C'était il y a deux ans déjà... Aussi vous ne serez pas étonnés d'apprendre que ce "Gone again" est dédié à la mémoire de ses proches trop tôt disparus. Méditation sur notre séjour sur terre avant d'atteindre l'au-delà.

Pour enregistrer "Gone again", elle a reçu le concours de quelques amis fidèles. Notamment Jay Dee Daugherty, Tom Verlaine et Lenny Kaye. Un Kaye qui coproduit l'opus en compagnie de Malcolm Burn. Un parterre d'invités au sein duquel on retrouve, mais d'une manière plus épisodique, des artistes tel que John Cale et Jeff Buckley. Une oeuvre bien équilibrée, climatique, le plus souvent abordée avec un esprit proche de celui du Velvet Underground circa Nico. Où la magie ‘morrisonienne’ peut opérer instinctivement. Tout en réservant une part de sa muse au minimalisme acoustique, héritage toujours très vivace de son admiration pour Dylan... L'opus épingle, en outre, une ballade country: "Dead to the world". Une superbe composition enrichie d'orchestrations symphonique: "My madrigal". Un fragment directement inspiré par le Jefferson Airplane, à l'époque ou il planait encore: "Ravens". Et puis surtout "Summer cannibals", hit single en puissance, viscéralement syncopé, sauvage, chanté avec ce vocal très caractéristique, guttural, sensuel, de Patti. Un retour en force pour la première artiste punk qui soit parvenue à allier poésie et rock 'n'roll…

 

Patti Smith

When A Dove Cries

Écrit par

Veuve depuis bientôt 2 ans, Patti Smith a décidé d'exorciser sa peine en menant à son terme le projet d'album amorcé en compagnie de son mari, Fred Sonic Smith, ancien leader des MC5. De passage à Ostende, pour un concert unique en Belgique, Patti s'est prêtée de bonne grâce au jeu des questions des journalistes, une espèce avec laquelle elle n'a pas entretenu que de bons rapports, dans le passé. Coiffée d'un bonnet marin, la chevelure grisonnante, elle est apparue sereine bien que souvent grave, s'efforçant de ‘positiver’ un maximum, allant jusqu'à décrire la mer du Nord comme merveilleuse et bien plus jolie que celle qui baigne Concarneau, Saint Malo ou Marseille. Rien que ça…

- Croyez-vous que 96 est une époque plus favorable pour un come-back que ne l'était 88, au moment de la sortie de « Dream of Life »?

Je n'essayais pas de faire un come-back en 88. Mon mari et moi voulions seulement enregistrer un album. Je ne tente pas de come-back maintenant non plus d'ailleurs. J’exécute simplement ma profession. Disons que dans les années 80, mes activités étaient plus privées. J'ai écrit des livres, étudié la peinture, éduqué mes enfants. Je n'ai pas planifié de retour. Il n’y a jamais rien eu d’intentionnel. Je suis ici parce que j'aime ce job, et qu'il est très difficile pour moi d’admettre la perte de mon mari, de mon frère et certains de mes amis. Travailler a été une thérapie pour moi, et l'énergie des gens m'a été utile dans cette épreuve. J'essaie seulement de survivre en faisant mon travail et en demandant aux gens un peu de soutien. Nous ne réalisons pas de grand show, nous ne projetons pas de grandes intentions, excepté celle de faire du bon boulot, de passer des moments agréables avec le public en parlant peut-être de sujets importants pour tout le monde.

- Beaucoup de vos fans issus des années 70 étaient âgés d’une dizaine voire une vingtaine d'années, à l'époque de votre apogée. Quels sont vos rapports avec les teenagers d’aujourd'hui?

Je n'attends pas grand-chose, mais je me fais du mauvais sang pour eux. Je suis vieille, en âge d'être leur mère, voire leur grand-mère, mais je pense avoir certaines choses à offrir. J'ai de l'expérience. Je suis passée par des périodes difficiles tout en restant optimiste. J'ai un fils de 14 ans, et une fille de 9, et je me soucie de leur bien-être. Pour moi, être jeune a déjà été une étape très difficile ; mais aujourd'hui, c'est encore plus compliqué. Du moins aux Etats-Unis où les gens sont devenus matérialistes, où les parents travaillent tout le temps. Résultat: les jeunes ne reçoivent pas assez de conseils, ne bénéficient pas de la même attention. Il y a tant de sujets préoccupants comme l'environnement, le sida, les drogues qui sont plus dures et dangereuses qu'avant... Mais je veux aussi faire comprendre que la vie est une chose formidable et précieuse. Qui vaut la peine de s'accrocher même dans les moments les plus difficiles.

Le jour où Green Day…

- Pensez-vous que les plus jeunes comprennent votre travail, vos romans, votre poésie? Vos textes sont plus intelligents que ceux auxquels ils sont soumis habituellement...

On ne peut pas juger l'intelligence ou la compréhension des personnes selon leur âge. Les jeunes gens sont plus patients et disposent même d'une faculté de curiosité plus grande. Songez un peu à Arthur Rimbaud. Il a écrit de la poésie parmi la plus belle qui ait jamais été écrite lorsqu'il était adolescent. Regardez le T-shirt que je porte... (NDR : il est à l’effigie de Rimbaud). Il a créé de la littérature immortelle. Son œuvre va au-delà du temps et des modes. C'est toujours une littérature belle et nette. J'aime toujours autant Arthur Rimbaud que Bob Dylan et Jimi Hendrix...

- Que pensent vos enfants de votre carrière accomplie au cours des années 70?

Ils n'en savaient pas grand-chose jusqu'il y a peu. Pendant les années 80, nous avons vécu une vie très tranquille. Ils étaient donc un peu surpris d'apprendre nos antécédents. Je ne pense pas que mon fils s'en soit soucié jusqu'au jour où Green Day a sorti son album ''Dookie'' sur lequel on voit un petit dessin de la pochette d'Easter... Par la suite, il a rencontré les musiciens de Metallica qui lui ont raconté que nous étions un bon groupe. Cette reconnaissance a rendu le Patti Smith Group fréquentable à ses yeux (elle rit). Mais l'image qui compte le plus aux yeux de mes enfants, c'est celle de mère.

- Quelle différence y a-t-il entre cette tournée et la dernière que vous aviez opérée en 79?

Evidemment en 79, j'étais beaucoup plus jeune. En tant que formation, nous étions au top de notre carrière en Europe. Je véhiculais toujours cette énergie idéaliste et sauvage. En 79, je me sentais comme une star du rock'n'roll, dans le mauvais sens du terme... Mais je commençais à percevoir que notre mission en tant que band était à peu près aboutie. Notre but lorsque nous avons commencé à côtoyer Lenny Kaye, en 71, était d’aider le rock’n’roll à fusionner avec la poésie, la peinture, le cinéma... Faire du rock un art plus global

- Projetez-vous d’immortaliser un album live de cette tournée?

Nous en avons déjà discuté. Je souhaiterais aussi enregistrer un autre album, l'hiver prochain. Mon mari et moi avions envisagés d’enregistrer un disque qui traite des problèmes universels comme le sida, l'environnement et les droits de l'homme. Lorsqu'il est mort, je n'ai pas eu le cœur de mener à bien ce projet. Je voulais réaliser une œuvre qui, d'une certaine façon, évoque sa mémoire, mais de façon optimiste. "Gone Again" est un hommage à Fred qui était un homme fort, digne, modeste mais qui avait aussi une très grande énergie sentimentale. Ce n'était pas un homme triste, il aimait rire, il était drôle. Je voulais que l'album lui ressemble ; donc, je ne pouvais décemment pas qu’il soit triste.

- Pourquoi Ivan Kral ne figure-t-il pas dans le line up actuel?

Mon objectif n’est pas de reformer le Patti Smith Group. Ivan a monté son propre groupe. Il vit entre Seattle qui est à 50.000 km de chez moi, et Prague qui est encore plus loin. On est toujours amis. Lenny Kaye et Jay Dee Daugherty sont de la partie ; mais il n’existe pas d’intention nostalgique de remettre sur pied le vieux groupe d'alors... D'ailleurs, Ivan est suffisamment occupé…

- Bien qu'il soit très discret, Tom Verlaine semble jouer une part importante dans votre concert. Ne craignez-vous pas, un jour, qu’il vous vole la vedette ?

Au contraire, cela me ferait plaisir. On a invité Tom parce que c’est un ami et nous le respectons énormément. Je n’entre jamais en compétition avec mes amis. Peu m’importe s’il se retrouve en tête d'affiche de nos concerts. Aucune bataille d'egos sur scène. Et s'il reste assis pendant le concert, c'est parce qu'il a décidé de se produire dans cette position. Enfin, s’il voulait chanter certaines de ses chansons, il serait libre de les interpréter, sans problème.

- Vous reprenez "When Doves cry" de Prince au cours de cette tournée. Pourquoi?

A franchement parler, Prince ne m'intéresse pas beaucoup. Ce n’est pas vraiment le style de musique qui me botte. Mais j'ai toujours aimé cette chanson. J'adore ses paroles et les mouvements qu’elle déclenche. Et lorsque nous reprenons une chanson, nous cherchons toujours à lui donner une autre perspective. A l'ouvrir, si vous préférez. Dans notre version, ce n'est plus une simple chanson d'amour, car elle parle de l'incapacité des hommes à faire la paix.

- Quel sera votre emploi du temps à l’issue de la tournée?

Retour à New-York. Mon premier souci reste ma vie de famille. Mon attention se porte d'abord sur mes enfants... Et donc les tournées se feront rares. J'ignore quand je reviendrai.

Kurt et Jerry

- Vous avez déclaré que ce dernier album était dédié à Fred, votre frère et d'autres amis que vous avez perdus. Mais vous y avez également réservé une place à Kurt Cobain...

Ils sont tous dedans! Même Jerry Garcia, de Grateful Dead. Mon mari et moi étions de grands fans de Nirvana. C'était un groupe super. Lorsque nous avons enregistré "About a Boy", au départ, j'étais fort chagrinée par le suicide de Kurt Cobain. Pas seulement pour lui et sa famille, mais aussi pour tous ces jeunes gens qui croyaient en lui et cherchaient, à travers lui, de la compréhension à leurs problèmes et des réponses à leurs questions. J'ai donc commencé à écrire cette chanson à sa mémoire. Du moins la première strophe. Puis, la seconde strophe, je l'ai rédigée quand River Phenix est mort. J'étais bouleversée parce que je le trouvais très talentueux. La troisième est réservée à mon mari et puis à mon frère. Un titre qui commençait comme une dédicace à un seul disparu, s’adresse finalement à plusieurs défunts... Et la chanson a été mise en boîte le 9 août. C'est-à-dire le jour de la mort de Jerry Garcia. Je me suis rendu compte, en interprétant "About a Boy" que je pensais tour à tour à Kurt, puis à mon mari, à mon frère et à Jerry Garcia... Tous sont dans cette seule chanson. C'est une très belle intention de se rappeler et de saluer la mémoire des amis disparus. Comme a dit Alan Ginsberg: ‘Allume une bougie et continue à danser...’

- Votre firme de disques sort un box CD reprenant l'intégrale de votre carrière. Comment réagissez-vous lorsque vous voyez 20 ans de votre vie compilés?

J'ai vu le box et j'en suis fière. Du bon travail ! Lenny a supervisé le tout, même l'habillage. Nous avons voulu que l’anthologie ressemble à quelque chose, en y ajoutant des extra-tracks, mais aussi en prenant soin d’y inclure les ‘artworks’ et les photos de Robert Mapplethorpe.

Article paru dans le n° 47 du magazine Mofo d’octobre 1996