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Peter Perrett

Le grand nettoyage de Peter Perrett…

Avec Perrett, on parle souvent d'un ‘deuxième avènement’, mais beaucoup moins, voire pas du tout, d'un ‘troisième avènement’. C'est pourtant ce qu'incarne « The Cleansing » le troisième elpee solo de Peter Perrett. « The Cleansing » ne se contente pas d'égaler son meilleur travail, il l'élargit. Il s’agira d’un double album ambitieux comprenant 20 chansons. Le premier single et titre d'ouverture, « I Wanna Go With Dignity » en est la preuve immédiate : trois minutes et 25 secondes serrées, agrémentées de l'humour pince-sans-rire et de l'honnêteté inquiétante de Perrett. Une nouvelle ère, donc, avec une nouvelle énergie et une nouvelle approche.

Aux côtés de ses fils Jamie (guitare / production) et Peter Jr (basse), ainsi que des membres de son groupe de scène, Perrett est assisté d'une liste d'invités de marque, dont Johnny Marr, Bobby Gillespie, Carlos O'Connell de Fontaines D.C. et Alice Go, la guitariste de Dream Wife. Les mélodies narcotiques et séduisantes de Perrett, sa voix traînante du sud de Londres et sa dynamique rock enchanteresse, s'allient désormais à un éventail plus large d'arrangements musicaux et de préoccupations lyriques. Perrett aborde entre autres les thèmes de l'art, de l'addiction, du vieillissement, des médias sociaux et des procès en sorcellerie. ‘Je sais que certains des sujets abordés sont la mort, le suicide et la dépression’, note Perrett, ‘Mais j'ai l'impression que l'album dégage une atmosphère positive, parce que j'aime évidemment reconnaître ce qui se passe autour de moi’.

"I Wanna Go With Dignity" est dédié à la regrettée Fiona H. Stevenson (alias Fay Wolftree), et ses paroles ont été en partie inspirées par feu David Cavanagh, qui ont tous deux interviewé Perrett.

‘J'ai l'impression que plus on vieillit, plus on réfléchit’, dit Perrett. ‘J'ai toujours été désinvolte dans ma façon d'aborder la vie, je ne faisais que vivre l'instant présent, mais ensuite on commence à regarder les choix que l'on a faits. Je voulais me concentrer davantage sur ce que je voulais dire. J'écris toujours sur l'amour et la condition humaine, mais peut-être avec plus de sentimentalisme et moins de cynisme abject que d'habitude. Je suis également plus concentré sur la musique’.

Grâce à "The Cleansing", la saga de Peter Perrett peut enfin, et de manière irréfutable, tourner la page sur son premier passage avec The Only Ones, l'un des groupes new wave les plus distinctifs et charismatiques, à la réputation scénique palpitante.

Pour découvrir la vidéo de "I Wanna Go With Dignity", c’est ici.

 

 

Peter Perrett

How the west was won

Écrit par

Quand on parle de Peter Perrett, on ne peut s’empêcher de penser au tube « Another girl, another planet » que le groupe The Only Ones, avait décroché en 1978. La formation publiera trois elpees, avant de se séparer en 1982, suite à de graves problèmes d’addiction aux drogues. En 2007, le combo s’est reformé, suite au buzz provoqué par l’utilisation de son hit intemporel, par Vodafone. Il a commencé à tourner et a même composé une nouvelle chanson, mais en 2014, il a de nouveau splitté, Peter décidant alors de se lancer en solitaire, soutenu par ses deux fils, Peter Junior et Jamie, deux ex-Babyshambles. Ils ont bien sûr participé aux sessions d’enregistrement de son premier elpee solo. Et le résultat est concluant.

D’une voix nasillarde, parfois emphatique, déchirée entre espoir et désespoir, il y relate sa descente aux enfers (NDR : sur un riff rythmique emprunté au « Gloria » du Them, il confesse tout au long de « Something in my brain », sa dépendance au crack d’une manière amusante, qui lui vaut pourtant aujourd’hui des séquelles handicapantes) et critique le mode de vie qu’il a embrassé, un peu comme Lou Reed dans « Who I am » ou Dylan sur « What good I am », à travers des chansons mélancoliques ou allègres, fatalistes ou douloureuses susceptibles de le conduire sur le chemin de la rédemption. Il adresse même un message d’amour à son épouse, sur « C Voyeurger ». Et rend un hommage au guitariste des Pretenders, James Honeyman Scott, sur « Troika ». Si la plupart des chansons baignent au sein d’un climat ‘kinksien’, on épinglera quand même le titre maître, en ouverture, caractérisé par son riff réminiscent du « Sweet Jane » de Lou Reed, exécuté à la slide, et puis le remarquable « Living in my head », un morceau autant psychologique que psychédélique, mais surtout savoureusement électrique. Une excellente surprise !