L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Phantoms Of Future

Phantoms Of Future, sombre à jamais…

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Le groupe allemand Phantoms Of Future sortira son nouvel elpee, « Forever Dark », ce 5 décembre 2025 chez Massacre Records. Ce disque, enregistré au Soundlodge Studio sous la houlette du producteur Jörg Uken et co-produit par le chanteur Sir Hannes Smith, propose treize titres mêlant rock sombre, textures électroniques et mélodies cinématographiques. Après le single « Werewolf », la formation dévoile « Spirit Of Love », morceau lumineux qui incarne l’espoir et la force de l’amour face à l’obscurité.

Phantoms Of Future, connu pour ses shows magico-mystiques et son histoire riche (plus de 800 concerts, collaborations avec Iggy Pop, The Stranglers, Sisters of Mercy, Sex Pistols, Cypress Hill, The Prodigy…), marque une nouvelle étape de sa carrière, refusant de se cantonner au statut de groupe ‘héritage’.

‘Certains groupes cherchent la lumière du jour, nous préférons l’heure où tout s’illumine’ confie Sir Hannes Smith.

Phantom Handshakes

Sirens at golden hour

Avant la pandémie, Matt Sklar et Federica Tassano militaient au sein de deux formations différentes, à Brooklyn. Le premier était bassiste de Parrot Dream, et la seconde assurait les lyrics et le chant chez Sooner après avoir sévi auprès d’un combo de post rock italien baptisé Monêtre.

Lorsque le lockdown a été décrété aux States, les tournées ont été annulées et les membres des groupes se sont retrouvés seuls, incapables de répéter ou d'enregistrer ensemble.  Matt et Federica n’ont pas échappé à cette paralysie.

Matt raconte comment il a essayé de s’en sortir :

‘J'ai commencé à enregistrer des démos instrumentales chez moi lorsque la quarantaine a commencé, et j'ai trouvé qu'elles sonnaient bien, alors j’ai voulu les partager. Je ne suis pas chanteur, alors j'ai demandé via le web, si quelqu'un était intéressé par une collaboration vocale. Et notamment sur Craigslist (un site américain de petites annonces créé par Craig Newmark, en 1995). Federica les a écoutées, et c'est ainsi que la collaboration a commencé…’

La nature prolifique de ce projet a ainsi permis à Matt et Federica de traverser cette période.

Hypnotique, la musique de Phantom Handshakes nous entraîne au cœur d’un rêve éveillé propice à la méditation au cours duquel la voix enchanteresse et vaporeuse de Federica souffle comme une brise légère…

Extrait de « Sirens at golden hour », « Apart » est disponible sous forme de clip

Podcast # 54 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Phantom wave

Bonfire secrets

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Malgré les difficultés rencontrées au cours du processus de création de l'album, contrariétés essentiellement dues à l’hospitalisation du chanteur/guitariste, pendant deux mois, à la suite de l’incendie de son appartement, Phantom Wave, une formation établie à Brooklyn, a sorti son second elpee, « Bonfire secrets », en mai dernier.

Empreinte de mysticisme et de mélancolie, sa musique mêle pop et shoegaze. Une expression sonore captivante constituée de textures multicouches, au sein desquelles l’intensité est alimentée par des interventions de guitares éclatées, chargées de fuzz, et dynamisée par des percus limpides.

Extrait de « Bonfire secrets », « Spiralling » est disponible sous forme de clip là

Podcast # 35 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Phantom Blues Band

Still cookin'

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Début des nineties, le Phantom Blues Band servait de backing group à Taj Mahal. La formation avait ainsi participé aux sessions d’enregistrement de l’album "Dancin' the blues", gravé en 1993. Le line up impliquait des musicos qui avaient collaboré avec des bluesmen confirmés comme BB King, Buddy Guy, Bonnie Raitt ou Robert Cray. Notamment. Malgré le temps, le combo n’a guère subi de bouleversement marquant. Il continue d’ailleurs de réunir la crème des musiciens de studio issus de Los Angeles ; en l’occurrence le batteur Tony Braunagel, le claviériste Mike Finnigan, le guitariste Johnny Lee Schell, le bassiste Larry Fulcher ainsi que Joe Sublett et Les Lovitt, préposés aux cuivres. Le précédent opus, "Inside out", remonte déjà à 2011.

Particulièrement homogène, "Still cookin'" est le fruit d’une nouvelle rencontre entre musiciens talentueux qui partagent le même plaisir de jouer ensemble. L’elpee s’ouvre par l’excellent "Don't fight it", un hit r&b du regretté Wilson Pickett, décroché en 1965. L’adaptation oscille entre blues et rock'n'roll, une compo que chante les trois vocalistes, Mike, Larry et Johnny, alors que Smokin' Jo Sublett s’autorise un envol au saxophone. Le PBB reprend aussi deux titres signés par feu le chanteur/pianiste louisianais David Egan. Tout d’abord, "Blues how they linger". Mike se consacre au micro tout au long de ce slow blues. Puis "Fess on up". Focalisé sur la slide de Schell, "Wingin' my way" est sculpté dans un funk réminiscent du Little Feat. Mike est toujours au lead vocal sur "Just in case", une plage imprimée sur un tempo allègre. En outre, il double piano et orgue face aux deux cuivres en effervescence. "Better but not good" baigne au sein d’un climat jazzy bien néo-orléanais, une piste caractérisée par la sortie à la trompette de Lovitt, mais qui surtout met en exergue la voix chaleureuse de Finnigan et la sortie à la trompette de Lovitt. On épinglera encore le “I’m Just Your Fool” du pianiste de jump blues, Buddy Johnson, une compo qui remonte à 1954. Johnny Lee Schell en profite pour sortir une dernière fois de sa réserve…

Phantom Buffalo

Cement Postcard With Owl Colours

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On ne peut pas dire que les membres de Phantom Buffalo soient vernis. Le sort et la malchance semble d’ailleurs vouloir s’acharner sur le groupe. Et pour cause. Jusqu’en 2004, le combo répondait au patronyme de The Ponys. Mais le quintet issu de Portland (NDR : c’est dans le Maine, à ne pas confondre avec la grande ville située dans l’Oregon) doit changer de nom, car une formation de garage rock issu de la région de Chicago le revendique également. Après avoir publié plusieurs albums, bien accueillis par la presse spécialisée, le band se rebaptise donc Phantom Buffalo. C’est encore sous l’appellation The Ponys que le groupe avait sorti, ce qui reste à ce jour, leur meilleur album : « ShiShiMuMu ». Chez Rough Trade, en 2002. Malgré les excellents échos recueillis, le succès n’est pas au rendez-vous et l’écurie anglaise remercie la formation. Celle-ci publie encore quelques elpees sur différents labels, mais le public reste insensible aux charmes, pourtant évidents, des Américains.

« Cement Postcard With Owl Colours » constitue donc le dernier-né du quintet. Et pour la circonstance, difficile de tomber plus bas, car ce long playing n’est même pas sorti aux States, et ne doit sa publication qu’à un label européen, qui croit encore en leur étoile.

Quoique ne bénéficiant pas d’une production haut-de-gamme, « Cement Postcard With Owl Colours » tient la route. Sculptées dans la pop lo-fi, les compos sont excellentes, de petites pépites qui auraient pu naître d’une hypothétique rencontre entre Pavement et les Byrds, même si la voix du chanteur rappelle plutôt celle de Stuart Murdoch (Belle & Sebastian). Esthétiques, émouvantes, elles font mouche à chaque fois. Un coup de cœur ? « Bad Disease », une compo qui devrait mettre tout le monde d’accord.

Si Phantom Buffalo ne jouit guère de la reconnaissance, il a le mérite de ne pas laisser tomber les bras. Et cette persévérance est tout à son honneur. D’autant plus que cet album est de toute bonne facture. Qu’on se le dise !

 

Phantom

Phantom feat. Lio

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Jacques Duvall a écrit pour une quarantaine d’artistes, dont Lio (NDR : c’est lui qui avait notamment composé « Banana split » et « Les brunes ne comptent pas pour des prunes »). Une plume qu’il consacre aux autres (NDR : sous son patronyme on ne lui connaît que quelques singles et trois albums) depuis presque trente ans. Mais en rejoignant l’équipe de Freaksville, on dirait qu’il a retrouvé une nouvelle jeunesse. L’occasion était donc belle de solliciter Lio pour participer au troisième volet de l’aventure Phantom, un projet monté par le leader de Miam Monster Miam, Benjamin Schoos. D’autant plus que Vanda n’a toujours rien perdu de son esprit punk, provocant et provocateur. Qu’elle revendique toujours d’ailleurs. Que ce soit dans ses analyses au sein du jury de la Nouvelle Star ou lorsqu’elle chante et danse, sans petite culotte, dans l’émission de Fogiel. Le premier volume de la série avait été consacré à Duvall. Un elpee sous-titré « Hantises ». Et le deuxième à Marie-France Garcia (NDR : encore une artiste dont il est le parolier).

En toute logique, ce « Phantom feat. Lio » constitue donc le troisième. Un disque enregistré en 48 heures. Hormis deux titres, Jacques signe neuf plages sur les onze de l’opus. Patrick Eudeline (NDR : c’est un journaliste de Rock & Folk !) a écrit « Lipgloss », caractérisé par sa mélodie en boucle ; et Marie Laure Dagoit le funkysant et déclamatoire « Noir violette ». Plusieurs morceaux sont chargés d’intensité électrique. Garage, si vous préférez ! Et tout d’abord le morceau d’ouverture, « Je ne veux que ton bien ». Noisy punk, chargé de feedback, il entretient un climat fiévreux, qui jamais ne parvient à éclater. « Ta cervelle est en grève, mais ta grande gueule fait des heures sup’ », ensuite. Les riffs de guitare saignants peuvent rappeler les Sex Pistols, mais la mélodie sucrée et contagieuse évoque inévitablement Blondie. Et enfin le nerveux « Mon nouveau Jules marche sur l’eau ». Déchiré entre post punk et new wave, il laisse transparaître quelques accès de claviers 80’s. Parmi les titres les plus lents, on épinglera le slowcore « L’amour ne m’a jamais manqué », une composition tapissée, en toile de fond, de cordes réverbérées. Et puis l’autobiographique « La veille de ma naissance », une ballade mid tempo. Sarcastique et tellement vrai, « Tout le monde m’aime » libère un chouette groove soul/r&b. Jacques et Lio chantent en duo sur « La fidélité, un ‘talking blues’ cocasse. Mais le sommet de l’album nous vient de « Je ne suis pas encore prête ». Un tube en puissance au refrain irrésistible. Plus rien entendu de pareil chez Lio depuis presque 3 décennies. Suffirait d’un déclic et la bande FM est contaminée… Bref, un disque rafraîchissant, qui a bénéficié de la participation de Gilles Martin (Colin Newman, dEUS, Dominique A, etc.), au mixing. Une œuvre qui prélude un nouvel elpee de Lio. Mais en solo, cette fois. Il devrait sortir automne 2010.

 

The Phantom Limbs

Accept The Juice / Whole Loto Love (Cd + Dvd)

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Cinq ans après la fermeture de leur petit théâtre des horreurs, les énigmatiques Phantom Limbs nous reviennent sous la forme d’une compilation Dd / Dvd, histoire de calmer sans doute Jelio Biafra qui n’a de cesse d’hurler à propos du groupe et de leur dissolution : ‘For crying out loud, wake up, people! Look what you missed!’ Pour celles et ceux qui ne connaissent absolument pas l’univers déjanté des Américains, ce disque constitue une belle occasion de pallier à cette lacune.

Véritable ramassis de sonorités punk et gothiques, cet opus est susceptible de faire frémir les plus ‘dark’ d’entre nous. Il se concentre sur la période sise entre 1999 à 2004, années fastes pour le groupe. Au sein d’un univers semblable à un cabaret, l’inimitable Loto Ball et sa bande inoculent leur parfum maléfique en 19 actes. Possédé et complètement schizophrène, Loto Ball joue un rôle semblable à celui du maître de cérémonie Dr Frank-N-Furter, campé par Tim Curry dans « The Rocky Horror Picture Show ». Androgyne vicieux et macabre, Ball n’hésitera pas à vous planter un coup de couteau entre les omoplates, dès que vous aurez tourné le dos ; et ce, avec la plus grande désinvolture.

Les prestations scéniques immortalisées sur le Dvd corroborent ce point de vue. Peinturluré et vêtu de bas et jarretelles, cet énergumène vient pimenter le tableau en se démantibulant comme s’il était hanté par on ne sait quel vampire. Boosté aux substances les plus acides, il vocifère dans un micro ses textes maudits. Il incarne même l’essence du dérangeant et du mal-être. « Accept The Juice  / Whole Loto Love » est le dernier cadeau à offrir à sa maman ; car elle n’aurait de cesse de prier pour votre âme, la pauvre. On espère juste aussi que Biafra se consolera un jour.

 

The Phantom Band

Checkmate Savage

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The Phantom Band porte bien son patronyme. Sur la toile, c’est même un groupe fantôme. A moins qu’il ne s’agisse d’un nouveau monstre du Loch Ness. Car le groupe est écossais. Rares sont les sites qui signalent même son existence. Mais ce silence ne devrait pas durer. Et pour cause, nous sommes ici en présence d’un groupe qui possède un fameux potentiel.

Le sextet de Glasgow est drivé par Duncan Mc Cornell et Richard Princeton. Le premier se réserve les vocaux, le second la guitare. « Checkmate Savage » constitue leur premier album. Il fait suite à la sortie de deux singles, dont « The Howling », morceau qui introduit l’elpee. Le combo a été signé par Chemikal Underground. C’est un avantage ! Ce qui n’est pas nécessairement un gage de réussite pour le groupe. Mais tout au moins de qualité. Fondé par l’ex-Delgados Paul Savage, ce label écossais indépendant a en effet hébergé de fameuses pointures dont Mogwaï et Arab Strap. Et c’est justement Paul qui produit ce « Checkmate Savage ». Serait-ce un clin d’œil adressé au boss de l’écurie ? Une chose est sûre, le choix de ce personnage pour la mise en forme est une manière de frapper un grand coup.

« Checkmate Savage » ne recèle que 9 titres ; mais tous durent plus ou moins sept minutes. La matière est donc suffisante. Ces spectres écossais y mêlent de manière originale le folk, le post-rock, le krautrock et l’électro. Notamment ! Les goûts musicaux partagés au sein de la bande doivent être furieusement éclectiques pour puiser au sein d’un tel éventail de styles. Une exception qui confirme la règle, le décevant « Burial sound », une plage trempée dans le dub-step. Toutes les autres compos nous entraînent dans un univers bien distinct. « The Howling » ouvre l’elpee. Probablement le morceau le plus accessible de la plaque. Une manière de rentrer en douceur dans l’œuvre. Car la suite se révèle de plus en plus passionnante et complexe. A l’instar du magnifique « Folk Song Oblivion », caractérisé par ses contrastes saisissants entre les couplets puissants et les refrains légers et mélodiques. « Crocodile » nous enveloppe dans une certaine quiétude. Une pause post-rock que n’auraient pas reniée leurs confrères de Mogwaï. Sur « Halfhound », on jurerait entendre Eddie Vedder s’époumoner sur la musique countryfiée d’un Joy Division (NDR : il y a d’ailleurs longtemps que Pearl Jam n’a plus écrit une si bonne chanson). La formation s’autorise une incursion pastorale sur le très réussi « Island ». A nouveau très proche du mythique et défunt gang de Ian Curtis, « Throwing Bones » est tout bonnement étourdissant.

Un groupe à découvrir absolument ! Et à mon humble avis, il ne sera plus ni anonyme ni énigmatique, d’ici quelques semaines. D’ailleurs The Phantom Band se produira en concert le 8 mai prochain, dans le cadre des Nuits Botanique !

 

Phantom Blues Band

Out of the shadows

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Le Phantom Blues Band est surtout connu comme backing band de Taj Mahal depuis 1993 ; c’est à dire depuis la sortie de l'album "Dancin' the blues". Leur premier elpee, "Limited edition", était paru en 2003. Les musiciens sont tous des vétérans du blues. Pour la plupart issus de la scène texane. Deux figures de proue : Johnny Lee Schell et Mike Finnigan. Ils se partagent le chant. Le premier est guitariste. Le second claviériste. Figurez-vous qu’ils avaient participé à l’enregistrement du célèbre album "Electric Ladyland" de Jimi Hendrix, mais aussi apporté leur collaboration à Crosby, Stills and Nash, Dr John et Carlos Santana. Le lin up du groupe implique Denny Freeman, un guitariste d’origine texane (NDR : il a sévi chez les Cobras en compagnie de Stevie Ray Vaughan), Larry Fulcher à la basse et Tony Braunagel aux drums (NDR : une assise rythmique particulièrement soudée), ainsi que d’une section de cuivres (NDR : plusieurs WC Handy Awards leur ont été décernés !) au sein de laquelle figurent le saxophoniste Joe Sublett et le trompettiste Darrell Leonard. Leur musique gravite autour du blues, du R&B, du jazz, du funk et de la soul, un melting-pot qui emprunte autant à New-Orléans, Memphis qu’à la West Coast.

"Do the dirt" ouvre les hostilités sur un mode funky. La section rythmique y démontre toute sa solidité. Soutenu par les chœurs de Mike et Larry Johnny, Lee chante de sa voix puissante. L’orgue hammond se fond parfaitement dans l’ensemble. Le "My aching back" de Lowell Fulsom est un blues saignant proche de BB King. Piano et orgue se superposent. Les cuivres entrent dans la danse. Les vocalistes semblent s'amuser! Marqué par la voix surpuissante de Finnigan, le tempo s'élève. Les deux cuivres ont le champ libre et participent aux échanges jazzyfiants entretenus par le piano, la section rythmique et les percussions de Lenny Castro. Taj Mahal (NDR : c’est le boss !) ne résiste pas à l’aubaine et vient souffler dans son harmo sur "I only have love", une plage très Memphis R&B. La production de John Porter est excellente. Les vocaux sont souvent mis en exergue. Et en particulier sur les magnifiques ballades "Rain down tears" et surtout "Let them talk", proche d’un Ray Charles. Ou encore de "I'm looking for a miracle", souligné d’arrangements gospel. Les rythmes spécifiques de la Nouvelle Orléans envahissent "Big boy Pete". L’exotisme jamaïcain parfume "Book of rules". Un traitement très latin a été administré au "Havana Moon" de Chuck Berry. Le "Think" de Jimmy McCracklin brille par sa simplicité et son instantanéité. Le "Mary Ann" de Ray Charles a subi un traitement dansant. Slow blues brûlant, "Part time love" est un plaisir pour les oreilles. D’autant plus que le gratteur Johnny Lee sort de sa réserve avec beaucoup de tact et de feeling. Il remet le couvert lors du bonus track. Un blues lancinant intitulé "Baby doll". Album captivant et varié, "Out of the shadows" mérite vraiment une écoute attentive. Une condition indispensable pour apprécier cet opus à sa juste valeur.

 

 

Phantom Buffalo

Shishimumu

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Avant d’opter pour le patronyme Phantom Buffalo, cette formation de Portland (NDR : dans le Maine !) avait choisi celui des Ponys. Commettant même un premier elpee. Pas une très bonne idée, puisqu’il existait déjà un groupe qui répondait à ce nom. D’autant plus que le détenteur de l’appellation leur a signifié l’intention de porter l’affaire devant les instances judiciaires. Il ne leur restait donc plus qu’à s’incliner. Et de sortir cet opus une deuxième fois. En le signant « Shishimumu ». Un disque fort intéressant. Tour à tour lo-fi, atmosphériques (Durutti Column ?), baroques, souvent capricieuses, psychédéliques, chatoyantes, parfois arides, stridulentes (« Catfish »), vaudevillesques (« Domestic pet growing seeds » et son concert de kazoos manifestement contaminé par l’esprit délirant de Ringo Starr ), toujours séduisantes et poétiques, les 13 plages qui découpent l’opus s’inscrivent dans la lignée de l’ordre des grands excentriques britanniques : Syd Barrett et Robyn Hitchcock en tête. Encore que les titres les plus minimalistes s’aventurent également dans la country alternative (Wilco ?), une steel guitar ou une pedal steel à l’appui. Mais l’originalité de leur expression sonore procède de la voix de Jonathan Balzamo-Brookes, dont le falsetto campe un hybride entre Robert Wyatt et Stuart Murdoch (Belle & Sebastian), une voix qui donne une coloration toute personnelle à l’ensemble. Rafraîchissant !