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Wine Pride

12 : 01 AM (single)

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Originaire de Caroline du Nord, Wine Pride est responsable d’une musique puissante, chargée d’émotion et empreinte de nostalgie.

Après avoir sorti un premier album (un éponyme) en 2023, et un second, « Crafting pride », ce 23 mai 2023, il nous propose son tout nouveau single, « 12 : 01 AM ».

Des lignes de guitare acérées s’imbriquent dans celles de la basse mélodique et aux roulements de drums pour créer une progression musicale rythmique, tandis que la voix d'Aaron Felger se pose doucement au-dessus des harmonies tourbillonnantes.

Tout au long de ce morceau on est plongé au cœur d’un univers, brumeux, agité, malsain et incertain, comme l'explique Aaron :

‘La personne qui raconte l'histoire s'efforce de comprendre si son désir de faire la fête est alimenté par sa soif de vivre ou par sa dépendance. « 12:01 AM » symbolise la première minute d'une nouvelle journée et toutes les possibilités de changement qui l'accompagnent. Vous pouvez l'apprécier en passant du temps avec vos amis ou redouter ce qui vous attend…’

La compo est disponible sous forme de vidéo,

Podcast # 33 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Ride

Une question de temps…

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Porte-drapeau du mouvement shoegazing, qui a sévi au début des nineties, Ride a connu deux existences. La première entre 1988 et 1996. Et la seconde, à partir de 2014. Soit une pause de près de 18 ans au cours de laquelle les quatre membres ont multiplié collaborations et projets en solitaire. A l'instar de Mark Gardener, l'un des deux chanteurs/guitaristes qui, outre un LP solo, a développé une carrière de producteur et d’ingé-son, au point de créer son propre studio au sein duquel le groupe a enregistré et parachevé « Interplay ».

Un opus témoin de la progression d'une formation qui a bien évolué depuis les chevauchées ‘guitaristiques’ de ses débuts, proposant, depuis son retour, une musique plus ample et contrastée, en intégrant des références assumées aux bands que les musiciens appréciaient au cours de leur jeunesse (The Cure, New Order, Tears for Fears), sans pour autant se contenter de simples cartes postales musicales nostalgiques… mais plutôt afin de proposer un véritable voyage.  

Des titres comme « Essaouira », « Monaco », Portland » ou « Rocks » constituent-il une invitation au voyage ?

Chacun de nos albums est en quelque sorte un voyage. Pendant que nous ébauchions les morceaux, parce que nous ne parvenions pas à nous mettre d'accord sur les titres, nous avions choisi de leur attribuer des noms de lieux ; et certains sont restés, comme « Monaco ».

Une grande partie de ceux-ci ont été composés et réalisés dans mon studio, Oxford Sound. Pour la première fois, nous avons eu l'impression de disposer de notre home studio. 

Et nous avons pu prendre notre temps, sans ressentir de pression, comme à l'époque de la création du groupe ; c'est la base de tout cet album, dont pratiquement toutes les maquettes originelles proviennent de ces sessions.

Au début, nous n'avions même pas d'ingénieur ou de producteur ; je coiffais, par moments, une casquette d'ingénieur et à d'autres, celle de membre de Ride.

Après la Covid, être à nouveau ensemble dans une pièce et avoir le sentiment que nous pouvions créer de la musique sans avoir à subir la pression de l'argent et du chrono qui tourne, a été une belle émotion.  Personnellement, j'apprécie disposer de temps ; je ne suis pas très doué lorsqu'il s'agit de travailler de manière systématique en termes de créativité musicale. 

« Monaco » s'est concrétisé un soir où tout le monde était parti. J'ai branché le micro, me suis servi un verre de cidre et observé ce qui allait se produire. Je suis passé sans cesse de la console au studio, et j'ai enregistré toutes mes voix durant cette de soirée d'autothérapie. Cette chanson est devenue, en quelque sorte, un exorcisme des pensées noires qui m'ont rongé pendant et après la covid, quand je me suis retrouvé seul dans mon studio. A l'époque, j'ai même douté que nous rejouerions de la musique un jour et que nous accorderions à nouveau des concerts. Ces moments difficiles ont rendu cet album très puissant.

Comment êtes-vous parvenus à conserver la signature initiale d’un son, pendant 30 ans, sans ‘sonner’, justement, obsolète.

Dès le premier jour, nous avons tenté de proposer de la musique qui, à notre avis, était censée être intemporelle. Mais je ne suis pas certain de savoir ce que ce terme signifie (il rit) ; à mon avis, la musique ska est intemporelle, tout comme le hip-hop des débuts. La musique de bonne qualité s’avère quelque part éternelle, mais si vous optez pour un créneau ou une scène spécifique, elle peut rapidement devenir caduque, notamment si votre son est très typé. Les Sex Pistols demeurent excellents à l'écoute, mais d'autres groupes punks résistent moins au temps qui passe…

Il s'agit également d'une question de public, d'auditeurs et de la façon dont les humeurs changent.

En tant que producteur, mon seul véritable indicateur, c’est quand un morceau me touche vraiment. Il est achevé lorsqu'il enclenche chez moi le curseur émotion. Ce processus reste indéfinissable, magique ; et, ce qui est heureux, impossible à obtenir par le biais de l'intelligence artificielle !

Nous ne fabriquons pas des saucisses, mais parfois, un ingrédient peut manquer, pour en fabriquer une d’excellente qualité (rires).

La musique n'est donc pas une science exacte...

Exactement (rires) ! On a, bien sûr, recours à la science dans un studio, de la science sonore, de la technologie. Une fois que vous y avez accès, le reste n'est que pure créativité. Une sorte de peinture extrêmement colorée, où les tons sont les multiples sons que l'on tente d'agencer afin d'entrer en contact avec son public, son auditoire.

Le titre « Monaco » tourne sur lui-même à la manière d'un carrousel.

Oui comme une attraction de fête foraine.

J'ai écrit cette chanson partiellement en France, à la suite d’une conversation avec un musicien français en compagnie duquel je collabore. Il me confiait bosser huit ou neuf mois, puis disposer de temps, durant lequel le gouvernement le rétribuait, afin de réfléchir à d'autres projets.

Nous ne connaîtrons jamais rien de tel en Angleterre. Et il a ajouté :  ‘les Anglais et les Américains vivent pour travailler au lieu de travailler pour vivre’. Cette réflexion m'a paru juste et m'a vraiment marquée. C'est comme si l'Angleterre était devenue semblable à l'Amérique...

J'ai ressenti cette colère que j'ai insufflée dans cette chanson ; le sentiment que nous sommes trop capitalistes, que le coût de la vie devient insupportable, que nous passons notre temps à éponger nos factures plutôt qu'à vivre. Parler de « Monaco », c'était évoquer le capitaliste outrancier dans toute sa splendeur, dans un lieu grotesque où il se concentre. Un autre monde, un univers de contes blingbling où je ne voudrais jamais vivre. S’il existait un peu plus d’équité dans la société, nous pourrions tous vivre un peu plus aisément et disposer d'un peu plus de temps pour... vivre correctement. Ce qui pourrait se révéler bénéfique pour tout le monde, y compris pour les riches.

« Monaco » est une sorte d'appel aux armes. Nous ne sommes pas obligés de nous soumettre à cette pression que l'on nous impose, de travailler comme des robots...

Ride : « Interplay » (Wichita) – sortie le 29 mars 2024

Photo : Cal McIntryre

 

Ride

L’interaction de Ride…

Écrit par

Le septième elpee studio de Ride, « Interplay », sortira le 29 janvier 2024. Ce nouvel album est le troisième du quatuor d'Oxford depuis sa reformation en 2014. Ces pionniers du shoegaze, quelquefois proche du noise rock des années 90, sont davantage ensemble lors de leur seconde phase que dans la première. Cette sortie est accompagnée du premier single de l'album, « Peace Sign », disponible dès maintenant.

« Interplay » suit « Weather Diaries » (2017) et « This Is Not A Safe Place » (2019), qui ont rallumé l'étincelle Ride, à la fois en faisant plaisir aux anciens fans et en présentant l'un des groupes de guitares les plus avant-gardistes de leur génération à un tout nouveau public. Il relie tous les points de sa carrière, reprenant les attaques de guitare frénétiques, les grooves hypnotiques et les accroches mélodiques rêveuses de ses premiers travaux et les plaçant sur un modèle sonore plus expansif, inspiré par les joyaux pop des années 80 tels que Tears For Fears, Talk Talk et le début de U2.

Sur le plan thématique, « Interplay » associe les caractéristiques lyriques classiques de Ride, telles que l'évasion, les rêves et l'insatisfaction de la vie moderne, à un sens de la résilience et de la persévérance résultant de l'implosion, puis de la reformation et de la recherche d'un moyen d'aller de l'avant vers leur deuxième sommet.

Avec sa ligne de basse entraînante, ses synthés et son saxophone euphoriques inspirés des années 80, « Peace Sign » est la parfaite introduction à « Interplay ». À propos de ce nouveau single, Andy déclare : ‘« Peace Sign » est né d'une jam enregistrée au studio OX4 de Marks, début 2021. Nous l'avons appelé « Berlin » et, au départ, il y avait Loz à la batterie, Steve à la basse et moi-même sur un synthé Prophet 5. Environ six mois plus tard, j'ai mis la main sur l'enregistrement et je l'ai transformé en chanson’.

Composé des guitaristes/chanteurs Andy Bell et Mark Gardener, ainsi que du batteur Laurence ‘Loz’ Colbert et du bassiste Steve Queralt, Ride s'est formé à Oxford, en 1988 ; quatre amis qui combinaient les sensibilités de la guitare-pop des années 60 avec des avalanches de bruits et des rythmes entraînants. Il s'agissait d'un recalibrage de l'indie-rock qui allait être défini comme ‘shoegaze’. C’est grâce au premier long palying « Nowhere », sorti en 1990 que le groupe a connu un succès critique et commercial qui s'est arrêté en 1996.

Il s’est reformé en 2014, découvrant une scène mondiale pleine de formations redevables à Ride et à ses pairs (Tame Impala, Beach House, Alvvays pour n'en citer que quelques-uns), et après une tournée réussie, les musicos sont entrés en studio sous la houlette du légendaire producteur Erol Alkan pour concocter « Weather Diaries », acclamé par la critique, et « This Is Not A Safe Place », qui lui a succédé. Aujourd'hui, en 2024, le shoegaze est l'un des genres musicaux qui se développe le plus rapidement. Un quart de siècle après sa formation et face à une nouvelle génération qui découvre leur musique, Ride atteint de nouveaux sommets créatifs et est plus fort que jamais avec « Interplay ».

« Peace sign » est en écoute ici

 

 

Mr. Paul & The Lowriders

Unguarded Thoughts

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Mr. Paul & The Lowriders, c’est le nouveau projet de Paul Van Bruystegem, l’ex-bassiste de Triggerfinger (NDR : il a pas mal bourlingué au cours de sa carrière, soit dit en passant). Enfin, ce n’est pas tout à fait un nouveau projet, puisque la formation avait déjà enregistré un premier elpee, « LowRider », en 2016. « Unguarded thougths », c’est le titre du second et… non, il ne sonne pas rock burné comme Triggerfinger, mais il explore des tas de styles musicaux. Dont le blues. Ainsi, le vétéran Roland Van Campenhout interprète le titre final, « Father death blues », un poème d’Alan Ginsberg. Ce n’est pas le seul invité, puisque ses deux ex-comparses de Triggerfinger, Mario Goossens et Ruben Block sont également de la partie. Ce dernier se consacre ainsi à d’étranges vocaux sur la cover improbable du « Eight miles high » des Byrds, une piste traversée par une judicieuse intervention au saxophone. En, résumé, Paul a convié la crème de la scène rock du Nord de la Belgique, dont Ilse Goovaert et Thijs Vanneste. Ou encore Alan Louie, dont la voix distordue s’intègre parfaitement au morceau le plus psychédélique, « Identical twins ».

L’opus réserve également une place au rhythm’n’blues. Notamment à cause du recours à un Hammond aux sonorités rognées, savoureusement poussiéreuses. On a aussi droit à du rock latino sur « Waiting for the dragon », et là manifestement, le spectre de Carlos Santana se met à rôder…

Glam, « Coconut tree » arait pu émaner du répertoire de T. Rex, s’il s’était mis au blues. Le delta blues, on le découvre tout au long de « Cinnamon blood » et le cajun sur « My Shangri-La ». Quant au presque instrumental « Evil dandy », il véhicule quelques accents jazzyfiants. Le tout a été enregistré à Pensacola, en Louisiane et retravaillé à Lier. Franchement, Paul a vraiment fait fort !

Mr. Paul & The Lowriders

Les pensées secrètes de Mr. Paul & The Lowriders…

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Mr. Paul & The Lowriders est le projet de Monsieur Pol, Nonkel Paul, Lange Polle ou Paul Van Bruystegem de Triggerfinger. Ces derniers mois, il a été très occupé. Et pour cause, outre son aventure chez Triggerfinger, qu’il a quitté au mois de juin dernier, il a enregistré son second elpee, qui sortira ce 29 septembre 2023. Intitulé "Unguarded Thoughts", il est annoncé psyché-blues-pop-rock…

En attendant, il nous propose le single "Cinnamon Blood", sous forme de clip, et il est disponible

Lorsque Monsieur Paul, Lord Of Bass Thunder avec la bête rock la mieux habillée de Belgique, Triggerfinger, décide de faire son propre truc, la variété d'idées et d'influences est aussi large que la côte canadienne. Parmi six milliards d'autres noms, Paul cite Duane Eddy, les premiers Pink Floyd, Allan Ginsberg, la variété française des années 50 et 60, Allen Toussaint, le ‘Gris Gris’ de Dr John, son propre steak tartare et sa soupe d'endives, Roger Ballen, T. Rex, le ‘Rock Bottom’ de Robert Wyatt, Joni Mitchell et la cuisine créole comme autant de lumières primaires, secondaires et secondaires. Un appétit vraiment vorace, et ça se voit. Car si Monsieur Paul & The Lowriders témoigne de quelque chose, c'est bien de l'amour de la musique et de la vie dans toute sa beauté glorieuse, multiforme et parfois désordonnée.

Cet automne, Paul ira défendre sa musique dans les clubs. Il sera soutenu par un backing group impressionnant : Stoy Stoffelen (batterie), Matthias Moors (basse), Patrick Cuyvers (clavier), Jan Oelbrandt (pedal steel et guitare), Alain Louie (chant et guitare) et Tijs Vanneste (chant et guitare). En outre, Sam Vloemans (trompette et percussions) et/ou Frank Deruytter (saxophone) viendront sporadiquement sur scène pour rejoindre la compagnie de M. Paul en tant qu'invités spéciaux.

En concert le 13 octobre au Het Depot et le 31 octobre au Vooruit.

Ride

This is not a safe place

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« This is not a safe place » constitue le deuxième elpee gravé par Ride, depuis sa reformation en 2014. Un disque qui fait suite à « Weather Diaries », paru en 2017. Il ne s’agit cependant que du sixième opus du groupe d’Oxford. Ouverte en 1996, la parenthèse ne s’est refermée que près de deux décennies plus tard, une période au cours de laquelle les musicos ont participé à des tas d’autres projets ou intégrés d’autres bands (Oasis, Hurricane # 1, Beady Eye, rinôçérôse, The Brian Jonestown Massacre, Jesus & Mary Chain, Supergrass, etc.). A l’instar de My Bloody Valentine ou de Swervedriver, Ride est considéré comme une des figures de proue du mouvement shoegazing. Première bonne nouvelle, le line up du quintet est identique à l’originel, Andy Bell est Mark Gardener assurant le chant, la composition et les parties de guitares. Tout comme pour « Weather diaries », c’est le Dj Erol Alkan qui s’est chargé de la mise en forme ; ce qui explique, bien évidemment, l’incorporation d’éléments électroniques dans l’expression sonore. Mais ils sont judicieusement intégrés.  

« This is not a safe place » s’ouvre par « R.I.D.E. », une plage étonnante, terriblement groovy, qui aurait pu naître des élucubrations de Kevin Shields, même si le rythme évoque plutôt Curve et les harmonies vocales Cocteau Twins. Des harmonies vocales éthérées, sans mots, hormis ceux du titre du morceau. Et ces harmonies vocales sont lumineuses tout au long de ce long playing, alors que bien conjuguées, les grattes se révèlent tour à tour chatoyantes, crépitantes pépiantes, grésillantes, carillonnantes ou même encore grondantes, selon. Les spectres de House of Love (« Future love »), Raveonettes (l’enlevé « Kill witch » à l’atmosphère ténébreuse et aux vocaux floydiens), Sonic Youth (« 15 minutes » qui ne dure que 3’13”) se mettent même à rôder sur une bonne moitié de l’elpee. Lorsque les synthés sont davantage présents, on ne peut s’empêcher néanmoins de penser à New Order (« Jump jet ») ; mais le plus étonnant procède de la présence de compos plus pop, dream pop même qui s’enfoncent tellement dans un univers atmosphérique qu’on se croirait presque revenu à l’époque du Barclay James Harvest lorsque Les Holroyd et Stuart ‘Woolly" Wolstenholme’ étaient encore complices, comme sur le tendrement mélancolique « Shadows behind the sun », le mid tempo « Eternal recurrence » (NDR : BJH ou les Moody Blues ?) ou encore l’épique « In this room » (9’ quand même) ; les remarquables harmonies vocales corroborant ce point de vue. Conclusion, il est fort probable qu’une partie des mélomanes adorent une moitié de l’album et détestent l’autre, et inversement, suivant qu’ils soient issus de la génération des seventies ou des nineties…

En concert le 29 janvier 2020 au Trix à Anvers et le 13 février 2020 au Trianon de Paris

The Rides

Can't get enough

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Curieuse aventure que celle vécue par trois artistes issus de générations différentes qui ont décidé de fonder un groupe, alors que leur seul dénominateur commun était tout simplement l’amour des belles bagnoles et la passion pour le blues. Au sein de ce trio, on retrouve deux vétérans. Tout d’abord Stephen Stills, 68 ans. Ex-Buffalo Springfield, Crosby, Stills & Nash, sans et avec Neil Young et Manassas. Ensuite Barry Goldberg, 70 balais. Originaire de Chicago. Pianiste et organiste de blues. Ex-Electric Flag et autrefois membre du backing group de Bob Dylan. Et puis un jeune. Kenny Wayne Shepherd. 36 ans. Chanteur, guitariste et compositeur de blues rock. Pour la route, le line up est complété par une section rythmique réunissant Kevin McCormick à la basse et Chris Layton (ex-Double Trouble, le backing band de Stevie Ray Vaughan), à la batterie.

Le trio débute en force par "Mississippi road house". La voix de Stills adopte les inflexions qu’il empruntait autrefois chez Manassas. Assurées par Kenny Wayne et le père Stills, les parties de guitare sont bien équilibrées. Ce dernier libère des sonorités sixties et particulièrement fuzz, réminiscentes du Buffalo Springfield. Shepherd chante en puissance "That's a pretty good world", un R&B speedé, calqué sur la mélodie du "Hit the road Jack" de Ray Charles, permettant une rapide libération des cordes. Le style Stills (?!?!) est immédiatement identifiable, dès les premiers accords de "Don't want lies". Chaleureuse, sa voix n'a rien perdu de son charme ; et son sens mélodique est intact. Surprise, le combo adapte le "Search and distroy" d'Iggy Pop et des Stooges, une compo qui préludait la naissance du punk. Les spécificités du genre sont ici préservées. La jeunesse, la fougue et la vitalité de Shepherd font le reste. L’empreinte de Stephen est à nouveau très présente tout au long de "Can' get enough of loving you". Notamment à cause de son timbre. Légèrement éraillé. Qui domine parfaitement ce blues. Sa voix s’autorise même des inflexions enragées. Comme un shouter. Pendant que Goldberg tapisse de son orgue le décor sonore, Kenny Wayne s’autorise un envol empreint d’une grande sensibilité. Ce dernier se réserve le micro pour interpréter le classique de Muddy Waters, "Honey bee", un superbe slow blues, une piste au cours de laquelle Goldberg se charge à la fois du piano et de l'orgue. Dispensés dans leurs styles respectifs, les échanges de guitares sont magiques. Fluide, technique, le toucher de Shepherd est irréprochable. Ecorché, spasmodique, celui de Stills, authentique. Encore une surprise, la cover d’une des compos les plus notoires de Neil Young, "Rockin' in the free world". Stephen rend manifestement hommage à son ancien acolyte. Une version plutôt conventionnelle qu’il chante néanmoins autoritairement. Autre reprise, celle d’un classique du blues ; en l’occurrence le "Talk to me baby" d'Elmore James. Et c’est le sémillant Kenny Wayne qui balise le tout. "Only teardrops fall" est une ballade bluesy de bonne facture. En guise de morceau final, The Rides nous réserve "Word game", une composition signée Stills qui remonte à l’époque du Buffalo Springfield ; une plage qui n'avait jamais mise en boîte. Il existe une version de luxe de cet excellent cd, enrichie d’un Dvd et de trois bonus tracks.

 

Simon McBride

Crossing the line

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En Irlande du Nord, Rory Gallagher et Gary Moore sont de véritables symboles du blues rock énergique. Agé de 33 balais, Simon McBride est originaire de Belfast. Producteur, compositeur, guitariste, il est également chanteur. Gallagher n'est pas vraiment sa référence. Rory était intrinsèquement bien plus blues. Par contre, McBride peut revendiquer la succession de Gary Moore. De toute évidence, il relève de la face la plus rock du blues. Ses débuts, il les a d’ailleurs accomplis au sein de Sweet Savage, un groupe de métal ! Son talent est enfin reconnu en 2008, lors de la sortie de sa première production personnelle, "Rich man falling", un elpee déjà publié chez Nugene. Il embraie par "Since then" en 2010 et "Nine lives" en 2011, deux opus qui allaient confirmer la naissance d'une nouvelle étoile.

Le disque s’ouvre par "Lead us away". On pense immédiatement à Free, un groupe que Simon apprécie beaucoup. Même sa voix évoque leur chanteur, Paul Rodgers. Tout comme sur la cover du "Go down gamblin'" de David Clayton-Thomas. Dynamique, cette compo ouvrait le 4ème elpee de Blood Sweat & Tears, un long playing paru en 1971. "No room to breathe" est un premier sommet de l’opus. Cette compo baigne parfaitement dans le style de McBride. Le tempo est lent. Autoritaire et majestueuse, la voix est contrebalancée par la réplique féminine de Mia Simone. L’intro de "Don't be a fool" est imprimée sur un tempo saignant. Simon s’y multiplie. Tout d’abord à l'orgue Hammond. Enfin on suppose. Dans un registre réminiscent de Deep Purple voire de Whitesnake. Pensez à Jon Lord. Puis à la slide. A la manière de Mick Moody. Il est vraiment dans son trip, lorsqu’il attaque le blues lent aux accents dramatiques. A l’instar de "Starve this fever", une piste digne du jeune étasunien Joe Bonamassa ; cependant, il ne se contente pas de parodier le natif d’Utica. Il brille tant au chant qu’aux cordes. Elles vibrent. Leur intensité est maximale. McBride est agité par une passion trépidante. Pop/rock/blues, "Alcatraz" est soutenu par un riff solide. Les cuivres sont bien présents ; et on assiste, en même temps, au retour de Mia Simone aux chœurs. Le tout est raffiné par le travail de production. Jackie McAuley est un autre gratteur issu du Nord de l’Irlande que j’apprécie beaucoup. Il a milité auprès de Van Morrison, chez Them, et un peu plus tard, soit au milieu des sixties, au sein des Belfast Gypsies. Par la suite, il s’est converti au folk, avant de s’investir dans le rock celtique à travers Poormouth. Sixcordiste extraordinaire, il est injustement méconnu du grand public. McBride me fait furieusement penser à McAuley tout au long du superbe "One more try". Un nouveau point culminant de l’elpee. Simon chante passionnément "A rock and a storm", en s’accompagnant uniquement d’une gratte sèche. Il se réincarne en Jimmy Page lors de l'intro de "Heartbreaker" ; même si au chant il demeure le disciple de Paul Rodgers. Simon adapte "Home to me", une plage particulièrement mélodieuse signée par son jeune compatriote Gareth Dunlop. L’opus s’achève par une reprise puissante et magistrale de "Down the wire", une piste qui figurait sur "Since then", long playing gravé en 2010. Excellent!

 

Simon McBride

Nine lives

Écrit par

Simon McBride est un chanteur/guitariste irlandais qui a déjà fait son petit bout de chemin. Il n’a guère plus de 15 ans quand il est nominé ‘Young guitarist of the year’, par un magazine spécialisé notoire ! Comme il crèche à Belfast, il a souvent été comparé à quelques concitoyens célèbres ; et en particulier Gary Moore et Rory Gallagher. Encore qu’aujourd’hui ces comparaisons soient devenues banales et redondantes.

Simon a opéré ses débuts au sein de Sweet Savage, un groupe de heavy metal qui avait été fondé par l’un des musiciens de Def Leppard. Au fil du temps, il diversifie son style et embrasse une forme davantage blues, voire R&B. Il reconnaît alors puiser son inspiration chez des maîtres comme Jimi Hendrix et Jeff Beck. En 2008, il propose ses services au label anglais Nugene qui le signe. Une écurie au sein de laquelle militent des artistes proches du blues comme Matt Schofield et Ian Siegal. Son  premier essai, “Rich man feeling” suit rapidement. Et il embraie par “Since then”. Sa célébrité naissante lui permet d’ouvrir pour des grands gratteurs contemporains comme Joe Bonamassa, Joe Satriani et Derek Trucks.

Cet opus a été enregistré ‘live’, en mai 2011. La qualité sonore est excellente, proche de celle réalisée en studio. Presque toutes les plages sont des compos issues de ses deux albums précédents. McBride est soutenu par le drummer Paul Hamilton et le bassiste Carl Harvey. Le style de Simon est limpide. Sa technique est assez impressionnante. Perso, je ne détecte guère de références à ses illustres compatriotes, Gallagher et Moore, mais plutôt à Jeff Beck et Hendrix. Il est très doué, et n’hésite pas à libérer de nombreuses notes de son manche. Sans pour autant choquer. C’est manifestement un esthète des cordes. Son chant est naturellement puissant et adapté à sa musique. Peut-être manque-t-il un peu de relief ou de diversité!

“Down the river” est une plage qui colle manifestement à l’esprit de Jimi Hendrix. Mais une piste très réussie. Simon étale une telle virtuosité que sa technique en devient écœurante pour un débutant. Et il en remet une couche tout au long de la longue reprise du “Power of soul” du même Hendrix (NDR : ce  morceau avait été enregistré lors de son aventure vécue au sein du Band of Gypsys). L’album est sous-titré “Live in concert plus bonus acoustic tracks”. Pas étonnant, dès lors qu’en fin de parcours, on a droit à quatre plages acoustiques supplémentaires. Trois accordées lors de ce set en public et une inédite, “Coming home”. Et Simon me parait encore plus impressionnant dans ce registre non amplifié. En outre, sa voix semble mieux adaptée à ce style ! A suivre de très près!

 

Black Space Riders

Black Space Riders

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‘Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite non seulement de paysages et de sons, mais surtout d’esprits. Un voyage dans une contrée sans fin dont les frontières sont notre imagination. Un voyage au bout des ténèbres, où il n’y a qu’une seule destination : La Quatrième Dimension’.

Cette phrase tirée du générique de la série culte des années soixante « The Twighlight Zone / La Quatrième Dimension »  résume parfaitement l’état d’esprit dans lequel il est nécessaire de se plonger pour profiter pleinement de l’écoute du premier album des ‘space-rockers’ allemands de Black Space Rider. Inutile de rêver d’un périple confortable, l’arrière-train calé dans le siège rembourré du poste de pilotage de l’‘Enterprise’ ou du ‘Faucon Millenium’, les Black Space Riders, sont des bikers cosmiques, ils arpentent la voie lactée tous feux éteints, au son tonitruant du doom rock sidéral.

Intéressé par la ballade ? Rien n’est plus simple. Un petit coup de ‘kick’ sur la touche ‘play’ de votre lecteur et vous foncez à travers l’espace intersidéral au guidon d’une ‘Astral Davidson’. Le moteur ronronne à la vitesse de la lumière, boosté par les divagations soniques de quatre Riders : JE (chant/guitare), SLI (guitare/chant), SAQ (basse/chant) et CRIP (batterie/percussions/chant).

« Space Bomb » donne le ton. Le début de votre périple sera heavy et psychédélique. Un démarrage envoûtant qui n’est pas sans rappeler les débuts d’un certain Monster Magnet. Etape suivante : une ligne de basse monstrueuse introduit le riff doom, ondulant et hypnotique de « Black pt. II Space In Black ». Soudain, la vitesse s’accélère et « Stoned Bikers In Space », dans un style coincé quelque part entre Motörhead et Black Sabbath, vous fait du bien où ça fait mal. L’ivresse de l’espace vous gagne et le tempo hypnotique de « Hide From The Spacelight » vous invite à planer comme sur un titre des Doors. « Black Book Of Cosmic Salvation Part 2: I, Black Space Messiah », évoque le désert rock de Kyuss. La froideur noire de l’espace interstellaire est aussi intense que l’aridité des immensités désertiques d’Arizona. Mais l’espace est aussi un lieu où règnent la violence et la haine. La basse attaque, sale et hargneuse (NDR : Darth Lemmy aurait-il un fils caché au sein des Black Space Riders ?) C’est « Voodoo Spaceship », un titre rageur qui ferait même pogoter Jabba Le Hut ! La fin de votre odyssée est proche. Tout au long de votre périple vous avez senti la présence d’Hawkwind, le célèbre pirate de l’espace. Sa patte cosmique vous fait encore vibrer sur « Ride On, Black Space Rider » et « Lonely Space Trucking Man ». Il est temps de revenir sur terre. « Space Trilogy Part 1, 2 et 3 », dernier hommage au heavy rock spatial de Blue Öyster Cult ferme sur vous la porte des étoiles.

Le disque est terminé. Votre voyage aussi. Il a duré une heure. L’une des plus belles heures de votre vie.

Cosmic Rough Riders

The stars look different from down here

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Les Cosmic Rough Riders en sont déjà à leur sixième album. Un trio glasgowégien qui pratique de la britpop. Ou pour être moins caustique de la britrock. Un style pour l’instant totalement daté et systématiquement descendu en flammes par la critique. Suivant l’adage, on finit toujours par brûler ce qu’on a adoré… Partageant la sensibilité mélodique des Elbow, Coldplay, Travis, Doves et consorts, tout en vouant une grande admiration aux Beatles, les C.R.R. ne sont donc plus dans l’air de temps et leur « The stars look different from down here » risque donc fort d’être voué aux gémonies. Alors allez comprendre pourquoi, j’ai éprouvé énormément de satisfaction en écoutant cet opus. Probablement à cause des cordes de guitare chatoyantes, bringuebalantes, des mélodies contagieuses et des harmonies vocales limpides. Du tempo new wave exaltant l’épique « When you come around », de la fraîcheur émanant de l’hymnique « Lost in America » et du swing serpentant tout au long du jazzyfiant « Love won’t free me » (deux morceaux à siffloter sous la douche!). Sans oublier le très beau titre maître qui clôture l’album, une chanson réduite au piano et à la voix. Et puis parce que dehors il pleut, il fait gris ; et ce disque était un rayon de soleil sur ma platine. Mais ne le dites à personne…

Underride

Horsepower Kills

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Encore un groupe de Stoner/punk rock originaire de Seattle. Cette ville est décidément bien placée pour devenir le nouveau vivier en vogue du metal enfumé, héritier à la fois de Black Sabbath, Hüsker Dü et des Stooges. Underride place la barre très haute avec " Horsepower Kills " ; un elpee qui sera accueilli à bras ouverts par les fans de Fu Manchu et de notre national Cowboys and Aliens. Du brut de décoffrage ! Pas une minute de répit entre le punkisant " Suffocate ", qui ouvre l'album, et le lourdingue " Big Easy " qui le clôture. Tout en évitant de ressembler à une pâle copie de ses héros, Underride se détache de la vague florissante en incorporant à son Stoner aux allures classiques des éléments empruntés à la scène noisy ou même psychédélique. " Nice Boys ", la reprise de Rose Tatoo, parvient presque à surpasser la version originale ; et des titres tels que " Glass Eye ", " Mechanica " ou " Medicate " possèdent une énergie à couper le souffle. Les traces des liens familiaux avec les combos qui ont influencé Underride sont palpables tout au long de l'album, et le rendent éminemment sympathique, mais pas encore aussi transcendant que les derniers Queens of the Stone Age ou The Datsuns. Il manque juste une production à la hauteur des ambitions du groupe ; mais il est indéniable que de telles compos doivent percuter 'on stage'. Très prometteur!

The Sad Riders

Lay Your Head on the Soft Rock

Chris Wicky, leader du groupe emocore suisse Favez, a toujours aimé l'americana, et tout le toutim. Ces guitares traînantes, cette batterie pleine de rhumatismes, cette voix en sourdine : y a pas à dire, on se croirait davantage dans la Vallée de la Mort que dans un chalet près du Lac Leman. Sorte d'album solo, " Lay Your Head on the Soft Rock " a les qualités de ses défauts : pour coller au genre (l'alternative country), il faut ranger ses velléités rock'n'roll au placard, fermer sa grande gueule et se la jouer plaintif. Avec une barbe, c'est encore mieux ! A force de vouloir faire son Jayhawk, Wicky ne fait pourtant pas rire grand monde (en même temps, c'est le but)… Le pire, c'est qu'il ne s'agit ici que de country papier carbone : rien de bien neuf sous le soleil. Parfois, on dirait le Pink Floyd de l'ère bucolique (" The Radio Man "), du Tom McRae en santiags (" Ace "), voire du Francis Cabrel (" Past The Belvedere ", sorte de… ‘Je l'aime à mourir’ springsteenien !). Un bon morceau, quand même : " J-M ", l'histoire d'un dealer sur fond de country-rock bien enlevé, à la mélodie évidente. Mais c'est quand même un peu maigre pour crier au génie... Un conseil à notre ami helvète : qu'il retourne à son EMO et ne nous tanne plus avec ses histoires de cow-boy !

 

My Dying Bride

The Voice of the Wretched

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Enregistré dans le superbe complexe 013 de Tilburg (Hollande), une des meilleures salles de concerts d'Europe, ce premier live des anglais de My Dying Bride est le témoignage parfait de sa dernière tournée, opérée dans le cadre de la Peacefest. Toujours aussi doom, la formation nous livre en l'espace d'un mois, non seulement un album public, mais aussi un DVD enregistré en 1996 à Cracovie. Faut-il évoquer également les deux compilations, "Meisterwerk 1 et 2" sorties en 2001? L'actualité de ce groupe hors du commun est donc bel et bien chargée ; et le fan ne sait plus où donner du portefeuille. Live ou best-of supplémentaire? Toujours est-il que cette technique de marketing n'enlève rien à la grande qualité de la superbe musique dépressive de ce géant du métal des ténèbres. Les "She's in the Dark", "The Cry of Mankind", et autre "Your River" sont toujours aussi beaux à pleurer, mais on regrettera néanmoins l'absence du violoniste Martin Powell, dont un simple coup d'archet suffisait pour briser la monotonie de certaines plages. Une des faiblesses de l'elpee, je le concède ! Ce qui n'empêchera pas les fans de le considérer comme indispensable. Quant aux néophytes, ils se rabattront sur l'indispensable "Like Gods of the Sun", un sommet du genre.

 

My Dying Bride

34.78 8 %

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Le titre aux consonances digitales de la nouvelle plaque de " My Dying Bride " correspond parfaitement aux sonorités contemporaines qu'exploitent désormais les maîtres du heavy atmosphérique anglais. Truffées de résonances propres à la Cyberculture, ces nouvelles compositions donnent dans l'expérimental, sans pour autant gommer la marque de fabrique du combo qui n'a jamais caché le culte qu'il voue à Black Sabbath. Si les synthés se font plus présents, et le violon plus discret, le chant demeure plaintif et lugubre, la guitare bien lourde et l'atmosphère plus romantique que jamais. Avec " Heroin chic ", seul titre qui pourrait désorienter le fan de la première heure, My Dying Bride évolue carrément dans le style ambient, tandis que la plage d'introduction, longue de douze minutes, emprunte les lignes mélodiques d'Iron Maiden brutalement interrompues par un break aérien digne du Floyd.

 

My Dying Bride

The light at the end of the world

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My Dying Bride a toujours été une formation à part, sur la scène métal européenne. Affilié en début de carrière au death, il a rapidement affiché des prétentions nettement plus ambitieuses. Ainsi, avec l’excellent et expérimental 34 788 % paru fin 98, le groupe de Bradford incorporait, à son rock ténébreux, des éléments électro et même trip-hop, déconcertant les fans de la première heure. Avec " The, light at the end of the world ", sa nouvelle plaque, la formation renoue avec un métal d'une lourdeur écrasante, sombre, romantique, dépressif et souvent très lent, évoquant le Black Sabbath old school et les premiers Trouble. Rien de vraiment nouveau à l'horizon, mais une œuvre tout simplement belle, touchante, à écouter à haut volume les jours de grisaille. On regrettera juste l'absence du violoniste Martin Powell, dont les parcimonieuses interventions accentuaient davantage le caractère mélancolique des compositions d’un groupe qui fait aujourd'hui figure de référence.

 

Pridebowl

Where you put your trust

On assiste, pour l'instant, à une véritable invasion de groupes scandinaves, et suédois en particulier. Mais si la plupart d'entre eux s'essayent à la pop, d'autres, comme ce Pridebowl ne jure que par le punk. Et ce, à la limite du punkcore, voire metalcore. Véhiculant tous ces clichés caractéristiques: vocaux limites, vindicatifs, énergie débordante, texte engagés, rythmes échevelé et tout le saint tremblement. Honnêtement ce n'est peut-être pas mal fichu, mais pour l'originalité, faudra repasser!

 

Ride

Tarantula

Après huit années d'existence, Ride a splitté. Influencé à l'origine par My Bloody Valentine, House of Love et Jesus & Mary Chain, le quatuor d'Oxford était arrivé au sommet de la pop indie, au moment où elle était devenue une véritable alternative à la scène musicale. Bénéficiant dès 1990 d'articles dithyrambiques, dans la presse insulaire, la formation allait en quelque sorte symboliser le renouveau de la britpop. Et puis les musiciens étaient damnablement jeunes, beaux et middle-class. "Tarantula" constitue donc le chant du cygne du combo. En fait, Andy Bell avait pris de plus en plus d'importance au niveau de la composition. A un tel point que pour cet opus, le rôle de Mark Gardener était réduit à la portion congrue. Deux titres issus de sa plume sur douze fragments! Mark s'est donc senti frustré et a préféré mettre la clef sous le paillasson, provoquant dans la foulée l'éclatement de la formation... On avait déjà pu le constater lors de la sortie de "Carnival of light", mais Ride s'éloignait progressivement de son style ‘noisy’ prodigué par les célèbres elpees "Nowhere" et "Going blank again". Et pour ce "Tarantula" il est même à des années lumières de la magnificence sculpturale des accords de guitares diffusés sur "Leave them all behind"... En fait, tout en continuant à tracer des méandres dans le catalogue des Byrds, Ride s'est ouvert davantage d'accents rythm'n blues, house même. Un peu à la manière de Primal Scream, de Chapterhouse et de Telescopes. Nappé de claviers fluides, "Deep inside my pocket" aurait ainsi tout aussi pu relever du répertoire des Charlatans, alors que "The dawn patrol" privilégie les breaks vertigineux à la manière des Godfathers. Mais la véritable métamorphose se situe au niveau de la sensibilité mélodique. Beaucoup plus américaine. Et même radicalement sur la composition acoustique, pigmentée par la steel guitar, "Castle on the hill", ou ce morceau de garage électrique typiquement californien, "Gonna be alright"...

 

Pridebowl

Drippings of the past

Douze titres en 21 minutes! Par un calcul rapide, vous aurez rapidement compris que le temps consacré à chacune des chansons est plutôt restreint. Evidemment, pour un groupe punk pur et dur, cette recette n'a strictement rien d'étonnant. D'autant plus que les compositions de ce quintette suédois défilent à plus de 200 à l'heure. Un seul débrayage, "The Soft Song", juste avant d'aborder le virage consacré à China Drum. Pour le reste, "Dripping of the past" consomme un punkcore échevelé, sorte de Green Day survitaminé ou d'Offspring méticuleux (ça existe!) soucieux de la qualité de son carburant mélodique, régulièrement raffiné de cordes de guitares incisives mais aussi capable de déraper dans l'un ou l'autre riff métallique. Idéal pour pogoter !

 

Joyrider

Be special

Sois spécial! C'est le cri de cœur prononcé par ce quatuor issu d'Irlande du Nord. De Portadown très exactement. Une formation qui accorde beaucoup d'importance au poids de ses lyrics. Dénonçant tantôt les frustrations de sa génération ou s'élevant face au fanatisme religieux. Mais si le punk pop de Joyrider est aussi provocateur que celui de Green Day, il dispense cependant une énergie juvénile davantage insulaire. Plus proche d'Ash que des formations d'Outre Atlantique. Le groupe apporte d'ailleurs un soin tout particulier au sens mélodique de ses compositions, à l'instar des Undertones. Un mythe pour les Irlandais! Album frais, abrasif, percutant, "Be special" pioche même parfois dans l'univers hymnique du grebo. Celui de Senseless Things, de Ned's Atomic Dustbin et du défunt Wonderstuff. Ce qui justifie probablement le titre de cet album de Joyrider, déjà considéré comme grand espoir de la scène pop/rock britannique...

 

Pride & Glory

Pride & Glory

Un zeste de blues (Allman Brothers Band) et deux doigts de rock sudiste (Lynyrd Skynyrd) noyés dans un grand verre de hard conventionnel constituent les ingrédients nécessaires et indispensables à la préparation du cocktail sonore de Pride & Glory. Un trio californien drivé par un certain Zakk Wylder, guitariste qui a forgé sa réputation auprès d'Ozzy Osbourne. Si vous l'ignorez encore, Ozzy Osbourne était au début des seventies, le premier chanteur du Black Sabbath. C'est d'ailleurs à cette époque que Pride & Glory aurait dû vivre. Et ce n'est qu'à ce prix que l'ensemble aurait pu escompter se couvrir de gloire. Faudrait une machine à remonter le temps !