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Robert Plant

Le plaisir des sens...

Très branché sur la musique orientale, Robert Plant a donc choisi Orange Blossom pour assurer le supporting act d'une partie de sa tournée en France. Une formation cosmopolite établie à Nantes qui pratique une musique résolument tournée vers l'Orient (NDR : l'Egypte en particulier) tout en y incluant des éléments électro et tzigane. Fondée en 1995, son line up actuel date cependant de 2001. Partagé entre un violoniste, un drummer, un percussionniste et une chanteuse, ce quatuor ne se débrouille pas trop mal sur scène. Dans le style, cet ensemble me fait penser à Transglobal Underground, lorsque Natacha Atlas était encore présente au chant ; mais en plus frénétique. Leïla Bounous possède un joli timbre velouté, onctueux, qui sied bien à leur solution sonore d'inspiration tribale. En outre, au cours de son set le groupe parvient à libérer un excellent groove propice à la danse. Evidemment, vu le monde en présence, on voit mal comment le public aurait pu remuer davantage que les doigts de pieds et la tête…

Les lumières faiblissent, la sono joue le remix « Shine it all around » à fond la caisse. Le public scande 'Robert' à tue-tête. Mais il faudra attendre la fin de cette intro pour voir apparaître Plant et son groupe : The Strange Sensation. En l'occurrence Clive Deamer aux drums (ex Portishead), John Baggot à la basse ou à la contrebasse (ex Portishead, ex Massive Attack), Skin à la première guitare (l'ancien guitariste de Cast) et Justin Adams, un musicien qui avait milité dans les groupes de Sinead O'Connor, Jah Wobble ou Wayward Shakes, à la seconde gratte. Le public est déjà très chaud et acclame cette entrée en scène. En ouverture, Plant se la joue blues et semi-acoustique, un titre des plus trompeurs, car la suite sera dominée par un son très rock, même si les influences arabisantes demeureront omniprésentes durant la quasi intégralité du set. Pour le second titre, le bassiste a déjà abandonné son imposant instrument à quatre cordes pour une contrebasse. Au gré des titres proposé, il va ainsi jongler entre ces deux instruments et une guitare électrique, pour répondre au riffeur de service, Justin Adams, un Justin dont les prouesses guitaristiques évoquent parfois un certain Jimmy Page, même si le comparse de Plant possède une réelle personnalité et surtout affiche un jeu absolument fascinant. Plant commence à frapper des mains en invitant le public à le rejoindre : c'est « Freedom fries », une composition davantage contaminée par la world. Et puis, le combo attaque le « Black Dog » du Led Zep, un des titres phares de l'album de « l'homme au fagot de bois ». Bien qu'ayant conservé toutes ses caractéristiques hymniques seventies, cette compo a subi un fameux lifting, particulièrement au niveau de son institutionnel riff de guitare, absolument méconnaissable. A tel point que certains fans ne réalisent pas de suite qu'on est bien en présence d'une version réactualisée et moins féroce d'un classique parmi les classiques. Plant nous parle du Pays de Galles. Une région de l'ouest de l'Angleterre qu'il aime tout particulièrement. C'est d'ailleurs là qu'il avait enregistré « No quarter », en compagnie de Page, en 1994. Pendant ce temps, les deux solistes de service ont empoigné respectivement une sèche et un banjo. L'émotion est particulièrement forte au sein de l'Aéronef bondé, tant l'organe vocal de Plant a conservé toute sa chaleur. Son timbre tant imité mais jamais égalé a à peine subi l'érosion du temps. Certains affirment même que sa voix a encore gagné en maturité. Place ensuite au single « 29 palms ». Le seul extrait de l'album « Fate of nations ». Un single encore régulièrement programmé sur de nombreuses stations radiophoniques, également proposé dans une version totalement remodelée. La play list continue à surprendre, même les fans les plus assidus ! Percussif, hypnotique, « Another tribe » nous donne l'occasion de découvrir l'immense talent et le jeu créatif du drummer charismatique Clive Deamer. Visiblement, Plant ne recrute pas chez les manchots, c'est le moins que l'on puisse écrire. De nouveaux claquements de mains et un tempo espagnol conduisent l'épatant « Four sticks ». Un climat fiévreux enrobe « Tin pan valley », une chanson du dernier album, une compo soutenue par des effets électroniques bouillonnants et balayée d'explosions extatiques. « Gallows pole » est incontestablement un des grands moments du concert. Le public enflammé par cette version très alternative du Led Zep se laisse alors transporter par l'ombre d'un dirigeable incontrôlable, alimenté par les sonorités ambiguës d'un folk psychédélique qui enivre et touche les âmes. Et pour clôturer le set proprement dit, Plant et sa bande reviennent au blues. Un blues au départ intimiste, mais qui graduellement va gagner en intensité.

Le rappel était attendu et il ne s'est pas fait (trop) attendre. Le groupe l'entame par « Shine it all around », un extrait du dernier elpee, « Mighty rearranger ». Cosmique, presque floydien, cette chanson place les claviers à l'avant plan. A cet instant, le light show sobre mais efficace balaie toute la salle. Tout au long de cette plage à la fois planante et énergique, nostalgique quoique résolument moderne, le public est à genoux et n'a d'yeux que pour l'icône vivante qui semble prendre plaisir à lancer des vannes dans la langue de Molière dès qu'une bonne occasion se présente. Il fallait donc une apothéose. Ce sera le final. Un long medley incluant le standard du blues « Hoochie coochie man », une chanson en arabe et l'inévitable « Whole lotta love ». A cet instant, on se rend compte que la rythmique n'a rien perdu de son côté heavy. Au contraire ! Le refrain est scandé par une foule entièrement dévolue à la cause de ce géant du rock'n roll, qui a réussi à se renouveler tout en gardant une totale intégrité et puis à séduire près de quatre générations, sans jamais sombrer dans la facilité ou dans le piège de la médiatisation. Nonobstant son statut, Robert Plant et sa troupe remercient chaleureusement le public de leurs longs applaudissements. Et puis rideau ! Le temps de regarder sa montre, et on se rend compte que le set n'a duré qu'une heure quarante. Un moment de bonheur intense, mais trop bref à notre goût. Ils se produiront à Werchter cet été…

Organisation : France Leduc Production

Robert Plant

Lullaby And... The Caeseless Roar

Écrit par

Il s’agit déjà du dixième album solo de Plant, depuis qu’il a quitté Led Zeppelin. Plant s'affranchit définitivement de l'ombre du groupe légendaire qui l'a rendu célèbre. Ce n'est pas le cas de Page, qui faute de mieux, semble condamné à célébrer son oeuvre passée en rééditant les uns après les autres les albums du dirigeable, enrichis de quelques bonus. Il faut évoluer avec son temps Mr Page. Le passé, c’est le passé. Bob a 66 berges. Et depuis 1982, il va de l’avant. Bien sûr, il n’a plus la voix perçante des débuts. Il a donc décidé d’adapter sa musique à son timbre et ses inflexions actuels. Elle est devenue plus douce. Une évolution qu’on peut juger positive.                                                           

« Lullaby And... The Caeseless Roar » constitue le premier long playing réunissant des compositions originales depuis « Mighty ReArranger », publié en 2005. Entre-temps, Plant ne s’est pas tourné les pouces. Il a revisité la musique d’autres artistes, dont Alison Krauss, en 2007, à travers « Raising Sand ». Puis au sein du projet Band Of Joy, en 2010. Robert signe ici son premier LP sur son nouveau label, Nonesuch. Il en a assuré la production et a confié le mixing à Tchad Blake et Tim Oliver. Les sessions se sont déroulées en Angleterre, au Helium Studios, dans le Wiltshire, et au Real World de Bath. 

Plutôt blues et raisonnablement rock, ce long playing est balayé d’influences orientales, celtiques et même électroniques. Il recèle neuf pistes signées par Plant, une adaptation d'un blues traditionnel (« Little Maggie ») et un morceau issu de la plume du bluesman américain Lead Belly, « Poor Howard ».                                                                     

Depuis « Mighty ReArranger », l’artiste enregistre ses albums en compagnie d’un nouveau groupe. Pour la circonstance, il l’a baptisé The Sensational Space Shifters. Au sein du line up, le guitariste Justin Adams est également préposé au bendir (NDR : Justin a bossé en compagnie du combo touareg Tinariwen et Peter Gabriel. Puis le claviériste John Baggott, un proche de Massive Attack et de Portishead. Ensuite, le bassiste Billy Fuller (NDR : aux gènes plus rock) et le drummer Dave Smith (NDR : formé à l'école jazz). Adams et Baggott formaient déjà la section rythmique en 2002, pour « Dreamland ». Et enfin le Gambien Juldeh Camara, un virtuose du violon, préposé au peul ou ritti  (violon à une corde).                                                                                  

Plant ouvre l’elpee par la version du classique folk « Little Maggie ». Une compo qui a déjà fait l’objet d’une multitude de reprises. Dylan en tête. Le folk britannique, la country et la world music constituent trois des influences majeures chez Robert. Il les agrège ici à la perfection, en leur inoculant des rythmes électroniques. De l’électro dispensée tout au long d’« Up On The Hollow Hill (Understanding Arthur) ». Légèrement prog/rock, « Pocketful Of Golden » nous replonge apparemment dans le passé. Mais le concours des percus et du fifre irlandais, démontre qu’il cherche un chemin alternatif…                                                                                                                          

Robert Plant aime la world, ce n’est un secret pour personne. Et il adore en explorer toutes les facettes. Une expérimentation qu’il a remis au cœur de cet elpee, invoquant les énergies des transes du désert saharien sur plusieurs titres. A l’instar de « Rainbow », une compo qui puise ses lyrics dans un poème de William Morris, intitulé « Love Is Enough ».                                               

Plant s’intéresse également au patrimoine celtique. Pour lui, le folklore anglo-saxon et breton a une base commune. Il estime même qu’il existe un fil conducteur commun entre toutes les musiques traditionnelles d'Europe, d'Amérique et d'Afrique. « Poor Howard », une piste détournée du « Po' Howard » de Lead Belly en est la parfaite démonstration. Le duo banjo/violon y mène la danse.

« Embrace Another Fall », « Turn It Up » et « Arbaden (Maggie's Babby) » conjuguent harmonieusement rythmes métalliques et percussions orientales. Plant cède le micro à Julie Murphy sur « Embrace Another Fall ». Tendres, les accords de gratte ne sont pas sans rappeler ceux dispensés par Page sur « Somebody There » et « Turn It Up ». « House Of Love » se distingue par sa mélodie contagieuse. Tout comme « A Stolen Kiss », dont les écoutes répétées finissent par vous transcender l'âme. C'est beau et mélancolique à la fois.                                                          

Un très bel album pour cet artiste incontournable qui ne souhaite plus reprendre un quelconque envol à bord d’un vieux dirigeable…

           

Robert Plant & Alison Krauss

Un héros très discret

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Forest National, dans sa mouture ‘club’, accueillait ce dimanche 11 mai le légendaire Robert Plant venu présenter « Raising Sand », album de reprises enregistré en compagnie de la jolie country girl Alison Krauss. Pour sa tournée mondiale, le duo a également emmené dans ses bagages le producteur et musicien de talent, T. Bone Burnett, responsable de la mise en forme de cet excellent « Raising Sand ». Entre country, bluegrass, folk et rock, les trois stars ont électrifié l’assistance pendant deux bonnes heures.

A 20h précises, Scott Matthews –il assurait la première partie– prend place sur le podium, accompagné de deux musiciens. Pendant une toute petite demi-heure, l’Australien enchaîne en version acoustique quelques titres de son premier album, « Passing Stranger ». Des morceaux tels que « Dream Song », « Elusive » ou « Passing Stranger » ont merveilleusement survécu à leur dépouillement. Si bien que la courte prestation de Matthews a laissé un goût de trop peu, au moment de sa clôture.

Ensuite, à 21h, le grand Robert Plant effectue une entrée tout en délicatesse tandis qu’apparaît à l’autre bout de la scène sa compagne de route, Alison Krauss. Réuni au milieu de la scène, le duo entame sa prestation par quelques extraits du recueil « Raising Sand ». La délicieuse voix de Krauss mariée aux intonations familières de Plant atteint des sommets de beauté dès les premiers instants, notamment lors d’un introductif « Rich Woman », bien plus intense que sur disque. Après avoir survolé une série de morceaux tirés de leur album né de leur collaboration, Robert Plant commence à se montrer plus discret, laissant la lumière du projecteur illuminer la jeune femme qui transporte l’assistance à coups d’incroyables envolées lyriques, comme sur le joli « House Of Cries ». Plant laisse alors sa partenaire jouer un bon moment, n’intervenant qu’ici et là pour placer sa voix aux moments opportuns. Derrière eux, les musiciens se concentrent sur leurs tâches avec une passion visible. Le producteur et guitariste T. Bone Burnett s’installe d’ailleurs au centre de la scène afin d’interpréter deux titres extraits de son propre ouvrage. Un exercice quelque peu inefficace et futile qui sera vite effacé des mémoires à l’instant même où le duo refait son apparition. Le bluegrass des « Gone Gone Gone (Done Moved On) », « Please Read The Letter » et autres « Polly Come Home » vont conduire à la ‘standing ovation’ après 2h10 d’un show tout en grâce et élégance. On regrettera toutefois le trop plein d’humilité de Plant qui s’est montré légèrement trop circonspect. Certainement pour ne pas voler la vedette à Krauss et Burnett...

Organisation : Live Nation

 

Robert Plant

Mighty rearranger

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Robert Plant a toujours été fasciné par le Moyen-Orient ; une civilisation qui a d’ailleurs énormément influé sur son inspiration musicale. A l’âge de 57 ans, il continue à expérimenter, à chercher de nouvelles sonorités, à marier différentes cultures ou différents styles ; alors que de nombreux pairs tentent de ressusciter artificiellement (NDR : et surtout lucrativement) des symboles du passé. Pensez aux Doors ou à Queen. Pour Bob, remonter le Led Zeppelin sans John Bonham n’a jamais eu aucun sens. Et s’il a accepté de retravailler quelque temps en compagnie de Jimmy Page, c’était pour se ressourcer. En l’occurrence à travers la rencontre entre orchestre égyptien et symphonique. Et en ‘live’ de surcroît. « Mighty rearranger » a été concocté dans des conditions difficiles pour l’artiste. Et pour cause, à l’époque des sessions d’enregistrement, son père était occupé de rendre son dernier souffle. Un disque pour lequel il a, bien sûr, reçu le concours de son nouveau groupe Sweet Sensations. Mais aussi de musiciens de Portishead et de Massive Attack. Pour deux titres. Les plus trip hop, vous vous en doutez : « Shine it all around » et « The enchanter ». Le reste de l’opus oscille entre folk pastoral typiquement britannique, world music (NDR : surtout marocaine et malienne), blues, jazz et métal ; lorsqu’il ne mêle pas toutes ces tendances. « Tin pan valley » réussit même à transporter votre âme comme sur les compos les plus exaltantes du dirigeable (NDR : pensez à « Kashmir », « Black Dog », etc.), dans un registre mystique que cultive si bien aujourd’hui un certain Tea Party ; alors que « Dancing in heaven » et « All the kings horses » auraient pu figurer sur le « LZ III ». Et si la voix de Robert n’a plus la puissance d’antan, elle libère une telle sensibilité qu’elle n’en est que plus touchante. En outre, la richesse et l’originalité des percussions confèrent à l’œuvre une intensité constante. Enfin, les lyrics de qualité ainsi que les arrangements soignés et très contemporains posent en quelque sorte la cerise sur le gâteau. L’elpee recèle en bonus track un remix de « Shine it all around ». Ou si vous préférez un morceau caché. Il aurait mieux valu qu’il soit bien caché… N’empêche, cet opus constitue une excellente surprise. Un disque cependant pas facile à assimiler. Plusieurs écoutes sont d’ailleurs nécessaires avant de pouvoir s’en imprégner…

Robert Plant

Dreamland

Écrit par

Depuis le split du Led Zeppelin, consécutif au décès du drummer John Bonham, Robert Plant s'est évertué à multiplier les expérimentations dans le domaine du folk, du rythm'n blues, mais surtout de la world music. Avec pour conséquence une volée de bois vert émanant de la frange la plus conservatrice (NDR : qui a dit rétrograde ?) des métalleux. Avec le recul, il faut se rendre à l'évidence : Plant avait vu juste. Alors que la plupart de ses contemporains resservent la même soupe depuis plus de 20 ans, Robert a conservé ce goût du risque, au mépris du succès commercial. Pas qu'il ait délibérément craché dans la soupe. Mais parce qu'il a conservé ce souci d'innover. Même sa collaboration avec Jimmy Page a démontré ses limites discographiques. Pas scénique, il est vrai. Surtout lorsque le duo avait eu l'idée géniale d'effectuer une tournée en compagnie d'un orchestre symphonique et d'un ensemble folklorique égyptien. Bref, lorsque l'aventure a été de nouveau au rendez-vous. L'ex chanteur du dirigeable s'est attaqué, à travers " Dreamland " à pas moins de neuf reprises de psyché/blues/folk. Hormis la version décalée et orientaliste du " Hey Joe " de Jimi Hendrix et la fabuleuse adaptation du luxuriant " Song to the siren " de Tim Buckley, le reste est très peu connu du commun des mortels. A l'instar de l'autre cover écrite par Arthur Crudup, qui figurait également au répertoire de Jeff Buckley, l'atmosphérique et envoûtant " Win my train fare home ". Du " Funny in my mind " de Bukka White, embourbé dans les mêmes swamps louisianais que 16th Horsepower. De l'adaptation de " One more cup of coffee " de Bob Dylan, fragment dont la sensualité de feu et de souffre est dynamisée par une six cordes flamenco. Du luxuriant " Morning dew ", signé Tim Rose. Du funk blanc presque 'zeppelinien' " Last time I saw her ", de Gordon Lightfoot, et de l'anti-hymne bouleversant des Youngbloods, " Darkness, darkness " (NDR : une compo qui date de 69 !). Sans oublier le clin d'œil adressé au " Pinball Wizard " du Who, à travers le final " Skip's song " des Bottle Rockets. Quant au seul et véritable titre écrit par Plant (le blues spectral et slidé " Red dress "), il est de la même trempe. En fait, tout en s'immergeant dans la culture orientale, Plant exerce un contrôle mystérieux et efficace sur chaque adaptation. Grâce à sa voix qui a considérablement mûri. Et puis en s'appuyant sur un solide backing group, le Strange Sensation, au sein duquel on retrouve l'ex Cure Porl Thompson. Enfin à travers des expérimentations électroniques (NDR : y compris les arrangements orchestraux) qu'il mène avec beaucoup de feeling et d'à propos. En quelque sorte, il a repris son bâton de pèlerin, là où il l'avait laissé après " Fate of nations ". Du grand art !

 

Robert Plant & Jimmy Page

Walking into Clarksdale

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En 1994, Page et Plant scellaient leur réunion par l’enregistrement d’une vidéo, puis d’un nouvel album. Un événement qui trouvera son prolongement lors d’une tournée mondiale. Et quelle tournée, puisqu’elle allait mettre en présence les deux ex Led Zeppelin, un backing group, un ensemble folklorique égyptien et un orchestre symphonique. Un périple qui s’était arrêté en juin 95 à Forest National. Pour un concert absolument fabuleux. On ne vous en dit pas plus, ce serait remuer le couteau dans la plaie, et vous risqueriez d’en faire une jaunisse. Les deux compères ont cependant décidé de repasser par la Belgique. En automne prochain. Mais plus dans les mêmes conditions, l’expérience, bien que triomphale, leur ayant coûté la peau des fesses. Apparemment, ce sera plus classiquement sous la forme d’un groupe ; circonstanciellement élargi à l’un ou l’autre soliste. Mais nous en saurons plus d’ici quelques semaines. En attendant, le duo nous revient avec un nouvel elpee. " Walking into Clarksdale. Et, surprise, ce disque embrasse une nouvelle orientation musicale. Beaucoup moins sophistiquée, plus brute, plus âpre, et même parfois plus minimaliste. Un résultat qui s’explique, en partie, par la présence de Steve Albini (Nirvana, Pixies, PJ Harvey, Fleshtones, etc.), à la production. Un opus pas toujours facile à aborder, non plus. A la limite lo fi. Pas dans l’esprit de Pavement ou de Swell, mais avec un feeling mélodique et une approche redoutable du métal, propre au célèbre dirigeable ; y compris dans le traitement des sonorités acoustiques. Avec, bien sûr, quelques exceptions qui confirment la règle. Notamment " Upon a golden horse ", investi par un orchestre symphonique, " Please read the letter ", supposé célébrer la réunion hypothétique (NDR : et posthume !) entre Roy Orbison et Jerry Garcia, " Most high ", le remarquable single, touché par la grâce de " Kashmir ", le spectral " Heart in your hand ", caractérisé par des accords de guitare " surf ", réminiscence de Dick Dale flanqué de ses Ventures ; et puis surtout le titre maître, où le groupe semble avoir plutôt joué dans le maximalisme. Tout d’abord, ce fragment bénéficie du concours du drummer sikh de Dhol Foundation, transfuge du Transglobal Underground. Mais en outre, ce titre réussit à conjuguer le glam de Bowie (Jean Genie ?), la touching pop atmosphérique, allégorique du défunt et mythique Sad Lovers & Giants, observation née des envolées de cordes de guitare, le boogie d’Omar and the Howlers, ou plus exactement son tempo, et la frénésie du Led Zep circa " Heartbreaker " (NDR : excusez du peu !). Mais pour le reste, nous vous le répétons, ce " Walking into Clarksdale " nécessite un certain effort d’adaptation pour pouvoir être apprécié à sa juste valeur. Et à notre humble avis, à moins d’être un inconditionnel, toutes celles et tout ceux dont l’horloge s’est arrêtée depuis trop longtemps, risquent fort de tomber de leur chaise, et de ne plus pouvoir se relever…

 

Robert Plant & Jimmy Page

No Quater

Quatorze ans après la séparation du Led Zeppelin, Jimmy Page et Robert Plant ont décidé de retravailler ensemble. Enfin, pas tout à fait quatorze années, puisque à l'occasion du 40ème anniversaire d'Atlanta, le dirigeable était remonté sur scène en compagnie du fils de feu John Bonham. En fait, l'étincelle a été allumée par MTV, intéressée par la rencontre des deux figures légendaires dans le cadre de l'émission ‘Unplugged’. Mais comme Page et Plant estimaient que cette formule était trop restrictive, il lui ont trouvé un autre format. Plus électrique, vous vous en doutez. Mais également ethnique et symphonique. Vous avez peut-être eu l'occasion d'assister à cette session d'enregistrement diffusée récemment sur la chaîne musicale insulaire. Le duo y est accompagné par le groupe de Plant, le London Metropolitan Orchestra et un orchestre arabe. Plusieurs compositions de cet opus ont été prélevées de ce concert. Et notamment la version fabuleuse de "Kashmir" qui met en exergue la voix fabuleuse de Nayma Akntar. Parce que d'autres titres inclus sur ce CD ont été réalisés tantôt à Marrakech, en compagnie du Gnaoua, musiciens marocains de souche noire africaine, tantôt au Pays de Galles ou même dans un studio de TV londonien. Des sessions nécessitées pour le tournage d'un film qui devrait sortir incessamment. "No Quarter" implique bien sûr de nouvelles compositions : "City Don't Cry", "Wah Wah", "Yallah" et bien sûr le titre maître. Mais aucune d'entre elles n'atteint le niveau des adaptations du catalogue de Led Zeppelin. En particulier "Friends", "That's The Way", "Gallows Pole" et bien sûr "Kashmir", dont l'étoffe mérire à elle seule l’acquisition de l'album...

 

Robert Plant & Jimmy Page

Page & Plant redécollent…

Écrit par

La nouvelle a fait des heureux sur toute la planète, dès sa publication. Oui, 14 ans après la séparation, Jimmy Page et Robert Plant, les leaders du légendaire Led Zeppelin, se sont retrouvés et retravaillent ensemble. Mais attention, il n'est nullement question ici d'une reformation de Led Zeppelin.

Cette résolution, Plant et Page l'ont clairement rappelé à ceux qui, comme nous, avaient eu l'honneur et l'avantage d'être conviés à une conférence de presse parisienne précédée de la projection en avant-première du film ‘Unledded’ (NDR : il a depuis été diffusé sur MTV, dans le cadre d'un week-end consacré à Led Zeppelin). Le film est assez extraordinaire et c'est cette expérience qui est à l’origine de la collaboration nouvelle entre les deux ex-divorcés. Même qu’ils donnent aujourd'hui, en public, l'image un peu idéale du couple parfait. La conférence de presse, sera folklorique. Robert Plant maniant l'ironie (NDR : parfois un peu grinçante) avec beaucoup de savoir-faire, notamment à l'égard de quelques confrères européens dont il jugeait les questions un peu bateau. En avançant timidement le nom de Deep Purple, le téméraire a été mouché et retourné comme une crêpe.

Au Maroc et au Pays de Galles

Plant et Page ont donc réalisé un document extraordinaire. ‘Unledded’ a été filmé partiellement au Maroc, mais aussi au Pays de Galles. Il recèle aussi certaines séquences enregistrées live dans un studio de télévision anglais. Il met en exergue la grande ouverture d'esprit et la recherche évidente de nouveauté –et d'une nouvelle personnalité!– dont ont fait preuve les deux protagonistes dans le cadre de leur collaboration nouvelle.

Le cd ‘No Quarter’, dont la sortie est prévue le 7 novembre, est le prolongement purement musical de l'expérience et bénéficie, également, des mêmes qualités. Ce disque a toutes les chances de surprendre –et même très fort– ceux qui, à travers les retrouvailles de Robert Plant et Jimmy Page, n'imaginaient qu'un redécollage en bonne et due forme d'un dirigeable, avec les mêmes plans de vol. Même si ‘No Quarter’ épingle quelques chansons qui ont fait la gloire de Led Zep, il y a une marge.

Plant s’explique à ce sujet : « En ce qui concerne le choix des chansons du répertoire de Led Zeppelin que nous avons retravaillées pour ce disque, je suppose que nous l'avons effectué en fonction de nos possibilités actuelles, du confort physique que nous pouvions éprouver à les jouer, de leur compatibilité avec le projet dans son ensemble. II est clair qu'il y avait des chansons dont nous ne voulions pas ».

Mais venons-en à la genèse du concept que Bob commente : « MTV m'a jadis proposé de participer à une émission ‘Unplugged’. Je n'imaginais pas du tout assumer ce type de projet et jouer, dans le cadre d'une illustration de mes activités passées, des chansons de Led Zeppelin, sans la présence de Jimmy. Je lui en ai donc parlé. C'était en novembre 93. Et nous avons étudié la possibilité de réaliser cette aventure ‘acoustique’. Immédiatement, nous avons réagi de la même manière en nous disant qu'il serait vraiment dommage de nous limiter à interpréter, en version ‘débranchée’, des titres de Led Zep. Plutôt évoluer que revenir simplement sur ses pas. C'est ce que nous avons donc fait ».

Avec un beau résultat à la clé. A vrai dire, pour ‘No Quarter’, le duo a carrément ouvert la porte de son inspiration à la world. Certains morceaux ont été enregistrés à l’aide de musiciens marocains, égyptiens (NDR : ceux-ci utilisant leurs instruments, quelquefois cocasses). Sans oublier la participation du London Metropolitan Orchestra. Des plages aussi légendaires et imposantes que ‘Kashmir’ ou ‘The Battle of Evermore’ ont été complètement repensées en fonction du nouveau contexte de travail. Sans parler de celles spécialement écrites pour l'occasion. A propos de ‘Battle’, la version réservée à ‘No Quarter’ est magique, notamment grâce à la participation de Najma Akhtar, une chanteuse au timbre vocal absolument ahurissant, qui communique à la compo une dimension encore supérieure. Il y a aussi, dans ‘Kashmir’, un lumineux solo de violon...

Un bootleg japonais

Plant tient toujours le crachoir : « Nous voulions aller de l'avant et je suis fier du travail accompli. Mais l'ouverture que Jimmy et moi-même avons manifestée envers les colorations musicales orientales ne date pas d'hier. En 71 déjà, nous étions allés enregistrer en compagnie d’un orchestre local à Bombay, en Inde. Cet épisode est reproduit sur un très bon bootleg sorti au Japon ; je vous le recommande! Jimmy et moi avons été très marqués par la musique orientale. Je la trouve très belle car hypnotique, incantatoire, séduisante. Il en émane aussi cet esprit particulier lié au fait que, pour les gens qui la jouent, elle incarne une célébration. Elle ne nait pas d'un souci d'exploitation commerciale mais bien à l'occasion d'événements, de fêtes du calendrier, de mariages, etc. »

Au printemps dernier, Plant et Page se sont donc rendus au Maroc, à Marrakech. Ils ont rencontré les Gnaoui, membres descendants d'une population noire africaine jadis emmenée de force au Maroc pour y être exploitée comme esclaves. De leur collaboration sont nées trois chansons, ‘City Don't Cry’, ‘Wah wah’ et ‘Yallah’, des morceaux qui portent évidemment les larges marques de la culture musicale locale ; un retentissant mélange de culture orientale, de rock et de blues. Page commente : « Nous avons joué dans la rue à Marrakech. Au début, on voyait bien que les gens étaient surpris, amusés. Finalement, ils sont rentrés dans le jeu. Pour eux, peu importait qui faisait le ‘bruit’, ils se contentaient juste de ressentir ou pas ». Plant embraie : « Les gens des montagnes là-bas, qui jouent de la musique, utilisent des micros aussi performants que ceux que nous connaissons. Mais ils ont vraiment cette foi, en plus. Je crois que notre disque ne transmet pas l'aspect ‘sérieux’ qu'on attribue généralement à la world. D'ailleurs, ce serait bien qu'on arrête de considérer tout musicien qui ne parle pas anglais ou français comme un gourou extatique. Nous avons d’ailleurs aussi eu recours aux boucles sonores de Martin Meissonier (NDR : le mari d'Amina!) La musique orientale me remue à l'intérieur bien plus que la musique brésilienne, par exemple. J'aime beaucoup la samba, mais ce n'est pas la même chose ». Et il insiste : « II était très intéressant d'intégrer des musiciens d'origines et de cultures diverses à ce projet. Certaines chansons sont ressorties complètement changées. Certains musiciens nous ont apporté des choses très significatives. Ils nous ont aussi dégagé, Jimmy et moi, d'une partie de l'intensité, de la pression ».

Le duo ne s'est cependant pas contenté de cette coloration musicale particulière. Il a aussi cherché à retrouver certaines sonorités de la musique celtique. Ainsi, trois chansons, là-aussi, ont été composées pour l'occasion et bénéficient de la présence, entre autres, d'un joueur d'orgue de barbarie…

‘No Quarter’ est donc le travail d'un duo retrouvé mais que l'on dirait aussi presque libéré par près de quinze années de séparation. Etonnant! Pourtant peu disert jusqu’alors, Page en a rajouté une couche : « J'ai adoré la façon dont nous avons géré et conçu le projet. Je pense aussi qu'il nous ouvre des portes vers l'avenir! »

L’avenir ?

Les rumeurs de reformation de Led Zeppelin, qu’en pensent-ils ? Plant ironise « Pourquoi John Paul Jones n'est pas avec nous? Oh, on l'a oublié dans la voiture! Ha Ha... Que nous soyons capables de rejouer à trois, n'implique pas que tout le monde doit être présent pour une raison de nostalgie pure. Au début du projet, on était juste un chanteur et un guitariste qui comprenaient très vite si telle ou telle chose était bonne ou mauvaise. A trois, les prises de décision auraient été moins évidentes, moins confortables ». On chuchote que si tournée il y a, John Paul Jones pourrait quand même en être... Il poursuit : « Et puis, je n'imagine pas de rejouer sous le nom de Led Zeppelin en regardant un batteur dans les yeux et en ayant l'impression de voir quelqu'un d'autre qui n'est plus là ! ». A cet instant, bien sûr, il parle du possible remplacement envisagé, si reformation il y avait, de feu John Bonham par son fils Jason. *

Quant à savoir si le duo souhaite partir en tournée, Robert qui n'a visiblement aucune envie de s'éterniser sur le sujet, allez savoir pourquoi, avoue quand même : « Oui, nous comptons tourner, si nous ne nous séparons pas avant! Ha ha... Non, nous n'avons encore rien fixé ».

A Paris, DVH

*NDLR : une situation qui va quand même se produire le 10 décembre 2007, lors d’un concert caritatif accordé à l’Arena O2 de Londres.

Rétrospective…

A l'heure du retour en force de Jimmy Page et de Robert Plant, alors que John Paul a opéré un comeback avec Diamanda Galas, il nous a paru intéressant d'effectuer un bref retour en arrière sur la cellule familiale qui a permis leur explosion. Retour vers le futur, en quelque sorte !

Résumer l'histoire de Led Zeppelin revient à dresser le constat d'une grande partie de l'histoire du rock en général et de ses mécanismes. Un type comme Jimmy Page a, par exemple, débuté sa carrière en 62 (il est donc actif derrière sa gratte depuis 32 ans ; et vous quel est votre âge?), or la carrière de Led Zep  a été marquée par un incroyable succès autant que par une aura de mystère savamment entretenue, qui n’a jamais quitté le groupe. Plus près de nous, une association de ‘dangereux’ hard rockers (NDR : à quel point de vue?) nommés Guns N’ Roses (NDR : mais par pitié, n'allez pas comparer les deux groupes sur le plan de la qualité, hein !) ne s’y est pas prise autrement pour se payer un méga-succès planétaire. CQFD donc, et basta pour la théorie...

Tout le monde, dans l'univers du rock en général et du hard en particulier (même David Mustaine, c'est dire!), se plait à le reconnaître : Led Zeppelin a eu sur l'évolution du rock une emprise incontournable. Pour en être convaincu, il suffit simplement

1) de constater quel ramdam médiatique (là aussi organisé, hein bon, on ne jette pas, sans bonne raison, les bonnes recettes) cause aujourd'hui, la ‘nouvelle’ association Jimmy Page/Robert Plant)

2) de voir avec quelle vigueur le public s'est jeté sur les fameux "Remasters" livrés en pâture il y a quatre ans à peine.

3) de se dire que, des années durant, une radio aux States n’a émis que pour diffuser des chansons du Led Zep uniquement.

4) de jeter un œil aux chiffres (tous les albums de Led Zep ont été certifié disque de platine aux USA et en Angleterre)

et 5) rappeler à quel point les punks de 76 se sont démenés, sans succès, pour déboulonner les dinosaures du type de Led Zep. Le ‘dirigeable’ a eu, sur l'existence de toute une série de groupes, une influence majeure, c'est évident : les Black Crowes, Blind Melon, Alice ln Chains et autres Queensryche leur vouent, aujourd'hui une admiration sans borne et nous ne citons que quelques noms pour éviter de noircir la page...

Cocktail parfait

Au départ, le groupe formé par Jimmy s'appelle les New Yardbirds. La légende veut que ce soit Keith Moon (le batteur des Who pour lesquels Page a d'ailleurs été ‘sessionman’) qui ait trouvé le nom de Led Zeppelin. Dès le début, le cocktail est parfait : un guitariste fabuleux qui avait déjà fait l'unanimité autour de lui, au sein des Yardbirds (groupe dans lequel deux autres guitar heroes, Eric Clapton et Jeff Beck, se sont succédé); un chanteur véritable sex-symbol au déhanchement scénique très suggestif et au timbre vocal orgasmique (Robert Plant); un bassiste relativement effacé mais important élément régulateur du groupe (John Paul Jones) et un batteur qui martelait si fort sa batterie que la frappe à la baguette est devenue, depuis, un sport olympique (comment ça, je rêve?). Le tout sur un fond de rock/blues/rhythm'n'blues qui, rapidement, installera son rayonnement. Il ne faudra, de fait, guère plus d'un album (le premier, en toute logique, sorti en 68), à Led Zeppelin, pour marquer le terrain. "Good Times, Bad Times" et c'est parti pour une gloire monstrueuse. Gloire bien gérée dès le départ. Led Zeppelin ne donne pas –ou très peu– d'interviews, ne passe pas à la télé, ne veut pas sortir de singles (à l'époque, c'était encore très important, demandez à Sheila et Ringo!), n’attribue même pas de titre à ses albums...

Rumeurs dingues

Le groupe s'entoure d'une espèce d'aura énigmatique qui, bien entendu, renforce encore la curiosité du public... mais qui finira quand même par lui jouer des tours lorsque cette curiosité se muera en frustration médiatique. Puisque cette attitude ouvrira la porte aux rumeurs les plus dingues, On ira jusqu'à affirmer que Jimmy Page est un adepte des messes noires, et on lui imputera tous les malheurs qui se sont abattus sur le groupe, au milieu des années 80 : l'accident de voiture de Plant, la mort de son fils Karac, des incidents multiples lors de concerts, et bien sûr, le décès de John Bonham, le batteur, retrouvé mort au domicile de... Jimmy Page, le 25 septembre 1980...

Né dans l'allégresse à la fin des années 60, Led Zep connaitra donc une fin de carrière (liée au décès de ‘Bonzo’), un brin difficile. Dommage car le groupe était encore plus que valable, comme l’a démontré son dernier concert belge, accordé le 20 juin 80 à Forest National, et l'album "ln Through The Out Door" (au titre évocateur) paru quelques mois plus tôt. Entre 68 et 80, Led Zeppelin a donc accompli des prouesses plus souvent qu'à son tour. Révélé sur un mode blues rock frondeur qui contrastait un peu avec les velléités bluesy ‘puristes’ des grands défenseurs du genre de l'époque (style John Mayall), Led Zeppelin a rapidement évolué, appuyant les riffs, et en alourdissant les tempos ("Led Zep II" contient "Whole Lotta Love", une des plus grandes pièces hard jamais commise ; et nous ne sommes qu'en 69).

Touches folk

Dès "Led Zep III" (en 70), à côté du génial "Immigrant Song", le groupe assène des touches plutôt folk**. Une approche qui trouvera son idéale matérialisation sur "Led Zep IV", le chef-d’œuvre inégalable de la discographie du groupe. Sur ce disque, figure notamment "The Battle Of Evermore", une merveille ultime que l'actuel "No Quarter" remet magnifiquement en selle. Là, c'est plus que clair, Led Zeppelin offre une nouvelle dimension au hard-rock –c'est ce qui offre au groupe un ‘plus’ évident par rapport à un Deep Purple, bien plus conformiste– une dimension que le splendide double "Physica1 Graffiti" (successeur d'un "Houses of The Holy'' trop méconnu pour sa valeur intrinsèque) transforme en véritable institution. Il recèle notamment "Kashmir" une pièce maîtresse de l'histoire du rock en général (là aussi, "No Quarter" fait joujou avec).

Nous sommes en 75 et Led Zeppelin a mangé son pain blanc discographique. Dès "Presence", le groupe perd un peu le fil, semble connaître une période creuse... Il ne s'en remettra jamais vraiment et disparaîtra donc à l'aube des années 80, laissant l'image d'un groupe de musiciens extrêmement doués, inventifs, novateurs qui ont réussi à utiliser à bon escient tous les artifices du rock'n'roll. La vague punk (un tout petit peu) et la grande faucheuse (surtout) auront raison de Led Zep... Robert Plant et Jimmy Page s'orienteront vers des carrières inégales. Plant a réalisé de superbes choses en solo et il a mieux vendu que son compère. Page qui, jusqu'en 83 a eu des problèmes avec l'héroïne, a été moins efficace au sein de The Firm, en solo ou en duo avec Coverdale récemment. John Paul Jones s'est fait oublier mais semble rependre du poil de la bête (il a travaillé en compagnie de REM et plus récemment Diamanda Galas).

Quatorze années après leur séparation, Plant et Page se sont donc retrouvés. Qu'ils le veuillent ou non, à travers leur union retrouvée, c'est un peu Led Zeppelin qui revit. Les temps ont changé, le rock s'est transformé mais il restera toujours de la place pour les gens talentueux, quels que soient les contextes et les modes. In through the opened door?

(Articles parus dans le n°28 de novembre 1994 du magazine Mofo)

** NDLR : sur cet opus figure de véritables perles comme "Gallows Pole", "Friends" ou encore "Bron-Y-Aur Stomp". Cependant, cet elpee ne rencontrera pas l’adhésion du public des métalleux. A contrario il va devenir une référence à toute une vague de groupes ou d’artistes décidés à expérimenter les sonorités des guitares acoustiques électrifiées. Depuis le début des 80’s à aujourd’hui. Pensez à The Dodos. Mais il y en a bien d’autres…