New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Roseland

Roseland au-delà de l’ordinaire…

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« Beyond the Usual » constitue le troisième album de Roseland, aka Emeline Marceau. Elle a composé les chansons de cet opus entre 2021 et 2023, période marquée pour la Bordelaise par des deuils familiaux, l’après Covid-19 et la naissance de sa fille.

Le disque évoque aussi bien la disparition ("Cycle", "Low") et le temps qui passe insatiablement ("Roses") que le dévouement parental ("Devotion Song"). La musicienne questionne aussi l'identité ("A piece of You"), parle d'amour utopique ("A Lover For No One") ou en ruine ("Drifting Apart", "Tell Me Something Sweet"), narre le besoin d'optimisme et de confiance en l'avenir ("Bring You blues") ou raconte le quotidien d’une vie en temps de guerre ("Slow Down").

Sans suivre aucune véritable chapelle artistique, elle affine son style entre énergie rock, sensibilité pop et textures électroniques, sur des titres aussi bien radiophoniques qu'intimes et dreamy ou d'autres construits en forme de gros 'build up' explosifs.

“Devotion Song” (sous forme de clip ic) est un hymne pop énergique et lumineux, conçu autour de rythmiques et de guitares rock et de refrains catchy. La chanson parle de dévotion maternelle, de l’amour que l’on ressent lorsqu’on devient parent ; un amour profond et transformateur qui donne un puissant sentiment de renaissance émotionnelle. C’est une déclaration profonde où l’autre devient un symbole de guérison et de douceur, comme un parfum rassurant, une trace indélébile du lien affectif.

Planterose

La paix de Planterose…

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C’est le premier album de Planterose, mais pas les premiers pas dans la musique pour ses équipiers.

Amoureux de pop culture, ce monde idéal où Flavien Berger partage un verre avec l’homme de Rio, Gainsbourg s’adonne à la Dream pop, et Laetitia Sadier conduit la Ford Mustang de Bullit.

Ce monde n’a pas de frontières, on peut y remonter le temps ou s’échapper vers le futur en épousant ses mélodies, éternelles. Mélodies des mots où résonnent en écho le bruit des ruptures, du temps qui court, du désir d’être là, encore.

Ecrire en français parce que les mots viennent comme ça et s’assemblent comme un jeu, Pong Game poétique, lunaire et mélancolique.

Les 8 chansons de ce premier disque restent dans la tête, Florence (chant), Thierry (guitare), Nicolas (basse), Éric (batterie) ont réussi à mélanger leurs influences d’hier et amours d’aujourd’hui pour offrir une musique actuelle et intemporelle, prête à conquérir ce monde parfait.

« En paix » est en écoute ici

 

Roseland

Les non-dits de Roseland…

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Deuxième long format, “Unsaid Words” fait suite à « To Save What Is Left », paru en 2020. Le nouvel album de la Bordelaise Roseland (de son vrai nom Émeline Marceau) a été composé en grande partie pendant le confinement de l’hiver-printemps 2020. Il dévoile un véritable patchwork d’émotions et de couleurs qui placent directement sa créatrice à mille lieues des modes et styles musicaux trop facilement codifiés ou codifiables par le diktat du marketing médiatique.

Ses contours pop, synthétiques, électroniques ou parfois presque post-rock habillent avec élégance une voix qui susurre autant qu’elle (s’) emporte et viennent gorger ses mélodies d’une sensibilité aussi lumineuse que mélancolique. Particulièrement riche et dense (12 titres), l’opus est ainsi à l’image de sa pochette : moderne, pluriel et virevoltant.

Coté textes, il évoquera aussi bien le regret d’une vie perdue sur notre chère planète Terre face à l’angoisse d’une vie éternelle dans l’Espace (sur l’hymne électronique et percussif “Eternal Eyes”) que l’urgence de se faire du bien et de cultiver une certaine légèreté (sur les très radiophoniques “Take It Easy” et “After Tonight”) à l’heure où le monde est de plus en plus régi par un stress prégnant, propice au burn-out ou à la dépression (“Empty Sentences” et son final intense).

Au fil des titres, la musicienne évoque aussi le poids du regard des autres et notre rapport à l’altérité, comme sur l’élégante ballade pop “Wasted”, composée piano-voix (qui suit un narrateur sans-abri), ou “All I Want”, chanson d’idolâtrie au synth-rock enivrant. Ailleurs, elle souligne aussi l’importance des gestes face à une parole parfois trop vaine pour s’exprimer (“Unsaid Words”).

Enfin, si la peur de la perte a par ailleurs toujours pignon sur rue dans les thématiques textuelles de Roseland (l’amnésie racontée sur le krautrock entêtant de “Stop”, la mort à travers le vocodeur fantomatique de “Silence”), la Bordelaise met également de la lumière dans sa musique en nous faisant encore croire à l’amour bienveillant et à l’espoir d’un avenir optimiste et apaisé (sur la pop mélancolique de “Glide Time” ou la léthargie enchanteresse de “Let It Go”).

Douze titres au synth-rock exaltant qui pourront parfois rappeler les pérégrinations sonores de M83, Radiohead, St Vincent ou Sharon Van Etten et leur conférer une esthétique raffinée et moderne, séduisante à tous points de vue.

“Take it easy“, le second single, est disponible sous la forme d’un clip ici

 

Rose City Band

Earth Trip

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Outre ses dérives psyché chez Wooden Shjips ou Moon Duo, Ripley Johnson s’autorise des aventures folk au sein de son projet solo, Rose City Band. Un retour à l’essentiel peut être dû à la crise de la Covid.

Son second album, « Earth Trip », révèle ses envies opiacées. Il a ainsi déclaré : ‘J’essayais de capturer ce que l’on ressent lorsque l’on prend des drogues psychédéliques et qu’elles commencent juste à monter ; les objets commencent à bourdonner à la limite de votre champ de vision, vous commencez à voir de légères traînées, peut-être même que la nature du son change subtilement. Mais vous n’êtes pas encore complètement parti’. Hormis ces observations très particulières, le climat s’avère très roots et bluegrass, la présence d’une steel guitare accentuant cette impression. Cependant, cet americana est tellement bien ficelé qu’il devient rapidement irrésistible ! Un véritable plaisir laidback !


 

Roseaux

Roseaux 2

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Roseaux, c’est le projet d’Emile Omar, un ex-animateur et programmateur de radio, en France, dont le premier opus, est paru en 2012, un disque dont les chansons avaient été interprétées par Aloe Blacc. Au sein de son backing group figurent le muti-instrumentiste Alex Finkin et le violoncelliste Clément Petit. Pour concocter ce second long playing, il a invité toute une série de vocalistes, y compris Aloe Blacc, qui ne se charge cependant que d’un seul titre, « Dailey Bread », une compo dont le tempo hypnotique est tracé par le piano, au drumming aride et à l’intensité sinusoïdale. Parmi les guests figurent le chanteur camerounais Blick Blassy, qui se charge de « Kaät », une bossa nova traversée par une intervention de flûte virevoltante. Puis « Libäk », un titre soul à l’intensité dramatique, des chœurs répondant au lead vocal. Ben l’Oncle Paul se réserve le soul/jazz/skiffle « Island », une mélopée conduite par la ligne de contrebasse et soulignée de chœurs gospel. On le retrouve sur « I am going home » (NDR : rien à voir avec le morceau culte du Ten Years After, « I’m going home ») une valse orchestrale et emphatique, enrichie de cuivres jazzyfiants. Le timbre mélancolique d’Anna Majidson » se pose sur « I should have known », une piste dont les arrangements rappellent « Englishmen in New York » de Sting. Et celui plutôt fragile de Mélissa Laveaux, dont le débit évoque Selah Sue, sur la cover de John Martyn, « You can discover ». Une version plus allègre que l’originale.

Quelque part entre jazz, soul, world et folk, ce « Roseaux 2 » voyage entre le continent africain, les Caraïbes et le Brésil. Une œuvre à l’élégance rare, aux arrangements sophistiqués et classieux, qui devrait plaire aux tympans délicats des mélomanes. Et pour que votre info soit complète, sachez que c’est Renaud Letang (Manu Chao, Feist, Alain Souchon) qui s’est chargé du mixing. On épinglera encore la jolie pochette, même si elle n’est pas facile à caser, vu son format…

Rose Tattoo

Rose Tattoo - Goeie ouwe potige hard-rock’n’roll

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Opwarmers van de avond waren de onstuimige rockers V8 Wankers. De op basis van hun groepsnaam niet al te slimme Duitsers kwamen op de proppen met een portie extreem luide en vrij hersenloze ram-rock waar wij weinig boodschap aan hadden. In hun thuisland komen ze er misschien mee weg, maar hun poging om een zaal te doen meezingen op de woorden “We Are Wankers” kon in De Kreun niet bepaald op veel bijval rekenen. Meer dan een stel tuitende oren hebben we hier niet aan overgehouden. Bestond het genre ruk-rock al ? Bij deze.

Het Australische Rose Tattoo heeft door de jaren heen nogal wat groepsleden zien komen en gaan. Het boegbeeld van deze band, de kleine kaalkop Angry Anderson, is op vandaag de enige overgebleven krijger uit de originele bezetting die in 1978 de legendarische debuutplaat ‘Rose Tattoo’ uitbracht.

De huidige bezetting is wel volop trouw gebleven aan de rauwe spirit en rock’n’roll-oerkracht van dat onevenaarbare debuut. De fans die vanavond uit waren op een potje stampende en harde rock’n’roll-nostalgie kwamen volledig aan hun trekken. Rose Tattoo putte uitvoerig uit die plaat en dat was maar best ook want al die onsterfelijke rock’n’roll beestjes deden de rest van de setlist verbleken. Het waren vooral krakers als “One Of The Boys” en “Rock’n’roll Outlaw” die het vuur deden knetteren en met de geweldige blues “The Butcher and Fast Eddie” bracht Rose Tattoo de vlam er helemaal in. Angry Anderson had een beetje de tekst en zijn stemintonatie aangepast, maar het hield die onvergankelijke bluesparel niet tegen om uit te groeien tot één van de hoogtepunten van de avond.
De rauwe strot van Anderson, die nota bene al de 70 voorbij is, was trouwens ook nog altijd even indrukwekkend en intact. De zwaar getatoeëerde dwergrocker genoot nog evenzeer als vroeger van zijn podiumstekje. Hij wist zichzelf en zijn publiek aardig te entertainen met een uitgebreid gamma aan smoelengetrek en ondertussen dronk en spuugde hij er naarstig op los. Het leek ons best wel een sympathieke kerel, hoewel we weten dat de kleine klootzak er extreem rechtse sympathieën op nahoudt, maar daar bleef de Kreun vanavond gelukkig van gespaard.
Hoe verder in de set, hoe meer de ouwe rockers op dreef kwamen en hoe heviger en sneller de pure rock’n’roll uit de speakers spatte. “Remedy”, “Bad Boy For Love”, “Astra Wally” en natuurlijk “Nice Boys Don’t Play Rock’n’Roll” zetten De Kreun op zijn kop en maakten eens te meer duidelijk : Rose Tattoo is in de eerste plaats een pur sang rock’n’roll band, waarbij die rock’n’roll in zijn ruigste vorm de zaal wordt in gekwakt. Rauw, hard, smerig en potig.

Neem gerust een kijkje naar de pics
http://www.musiczine.net/nl/fotos/rose-tattoo-14-09-2018/
http://www.musiczine.net/nl/fotos/v8-wankers-14-09-2018/
Organisatie: Alcatraz Music – Rock Tribune   

Ropoporose

Kernel, Foreign Moons

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Ropoporose est une histoire de famille… ‘Ro’ comme Romain (batterie) et ‘Popo’ (chant et guitare) comme Pauline, sont frère et sœur. Manifestement, un beau projet commun ! Une aventure familiale née à Vendôme et fortement influencée par la quintessence du rock indépendant de ces 20 dernières années. Et après avoir publié l’excellent « Elephant love », en 2015, le duo propose aujourd’hui une suite : « Kernel, Foreign Moons ».

L’inspiration du tandem français navigue à la croisée des chemins de Blonde Redhead (« Moon ») et Sonic Youth (« Guizmo »). Entre mélancolie (« Moon »), délire indistinct, si bien incarné par Deerhoof (« Faceless Man ») et intensité sonique alimentée par des guitares musclées (« Horses »), l’opus pose un pied dans la noise indie (« Spouknit ») et l’autre dans la pop déviante (« Holy Birds »). Ajoutez-y, une tachycardie rythmique quasi-math-rock et une excellent mise en forme signée Thomas Poli, guitariste de Dominique A et Laetitia Shériff, et vous atteindrez le cœur de ces lunes étrangères… Dans ces conditions comment résister à pareille confirmation ? Un conseil : n’essayez même pas ! 

Ne manquez pas le concert de la frangine et du frangin qui se déroulera ce 7 avril, à l’Atelier 210 de Bruxelles…

 

Rose Windows

Rose Windows

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En 2010, Chris Cheveyo se lasse du post rock qu’il pratique au sein de son groupe. Il décide donc de monter une nouvelle formation. Et fait appel à quelques potes –également musiciens– pour réaliser ce projet. Mais le line up n’est pas encore définitif. Et pour cause, un peu plus tard, il intègre la chanteuse Rabia Shaheen Qazi, qui va devenir la pièce maîtresse de Rose Windows. Puis un claviériste (un colocataire de Cheveyo !) ainsi que deux autres connaissances. Le sextuor publie la même année, son premier elpee, « The Sun Dog », chez Sub Pop. Un disque qui bénéficie du concours de Randall Dunn (Earth, Sunn O))), Akron/Family), à la mise en forme. Et il est à nouveau aux commandes pour cet opus éponyme. Manifestement, dès le départ, la formation a été bien encadrée.

A l’instar du précédent LP, Rose Windows nous entraîne dans un univers psyché/rock réminiscent des 60’s. Et comme chez Black Mountain, la voix féminine est puissante et bien mise en exergue. Dès « Glory, Glory », un plage aux accents particulièrement métalliques, elle affiche d’ailleurs toute sa maîtrise. Un potentiel que le band exploite à la perfection. Ainsi, sur « Strip Mall Babylon », la flûte traversière, le clavier et les chœurs soutiennent judicieusement son chant. Bien sûr, la formule est parfois prévisible, mais elle fonctionne parfaitement. D’autant plus que les compos du long playing sont variées. Il y a des grattes électriques, mais également acoustiques, comme sur « Come Get us Again ». En outre, le combo tente une incursion dans le blues/rock, à travers « The Old Crow ».

Pendant une bonne demi-heure, Rose Windows parvient à nous replonger dans l’atmosphère du psyché rock californien. On ne va donc pas cracher dessus. Profitez d’ailleurs bien de ces neuf morceaux. Ce seront les derniers, car Cheveyo a en effet décidé récemment de dissoudre le groupe, dont la carrière aura été brève mais intéressante…

 

Ropoporose

Elephant love

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Il y a quelques semaines, Yotanka nous permettait de découvrir l’électro-pop-rock de Kid Francescoli. Aujourd’hui, le label français dévoile un nouveau groupe issu de son écurie : Ropoporose.

Il s’agit, en fait, d’un duo familial originaire de Vendôme. Pauline assure le chant, les claviers la guitare et les percussions (rien que ça !) alors que Romain gère la batterie, la guitare et les chœurs. Alors qu’ils tentaient de reprendre des titres du groupe Californien Girls, le tandem décide de changer de cap ; et de se consacrer à un projet plus personnel. Grand bien leur en a pris !

Après avoir accordé de nombreux concert et passé de nombreuses heures à répéter, il enregistre son premier opus.

Chez Ropoporose, toutes les compos sont créées à partir de loops. Le frangin et la frangine s’évertuent à superposer les nappes de sons pour concocter un noisy/rock dense, mais surtout riche en variations. Lorsque le chant de Pauline devient nerveux, on pense à Sonic Youth (« Moïra », « Empty-Headed », « Elephant Love »). Par contre, lorsque les claviers débarquent en force, c’est l’ombre d’Arcade Fire qui se met à planer. Sous une forme plus épurée, of course. 

Et pour un premier album, il faut avouer que le résultat a de l’allure… 

 

Rose Windows

The Sun Dogs

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D’accord, la galette n’est pas neuve.

Apparue en plein solstice d’été 2013, nous ne nous y intéressons qu’aujourd’hui. Mais à l’écoute de l’œuvre, la fonction ‘espace/temps’ ne semble pas pertinente.

Dès l’ouverture, on est plongés 40 ans en arrière, lorsque les fantômes de Black Sabbath étaient encore menaçants. Alors, 12 mois d’écart entre la sortie et la chronique ne peuvent interférer dans la qualité qui au final en ressort.

Entre les nappes organiques des claviers rutilants, les cordes héroïques et lancinantes, la procession de Rose Windows vient cloîtrer immédiatement le mélomane au sein d’un univers psyché-rock. Epoustouflant ! En y ajoutant des interventions de flûte et de long solos de guitares fièrement déployés, on est vite déchiré entre mélancolie naïve et puissance maléfique, dévotion pieuse et hallucination chamanique.

Sous leur apparence d’hippies attardés, les 7 protagonistes du combo s’affichent tout feu tout flamme, sans la moindre gêne ; et dans une ambiance au sein de laquelle les éléments se baladent, s’entrechoquent, sont cajolés ou retournés, il envoient le bois sans aucune concession.

Au moment même ou l’on signerait le pacte qui lierait notre âme au diable, Rose Windows vient calmer le jeu et nous invite à prendre le recul nécessaire à cette hérésie via la voix superbe de Rabia Shaheen Qazi, la chanteuse, qui teinte les morceaux d’une douceur voluptueuse et permet un répit dans nos errances sataniques.

« The Sun Dog » épate, et peut même carrément laisser sans voix tant la qualité générale présente tout le long de l’album est tout simplement parfaite.

La justesse, tant dans les compositions que les voix, tant au niveau de la production que le choix rythmique des pistes ne pourrait être décortiquée, et c’est justement là que se situe la force imparable de l’elpee : il ne souffre d’aucune faiblesse.

Si l’on peut sourire en voyant débarquer la troupe sous ses airs de nostalgie ‘woodstockienne’ et mettre un fond de doute dans leur sérieux, une fois les amplis allumés et les instruments en branle, la ligne claire et fluide des compositions ne permettent qu’une seule option : tomber délicatement sur un matelas d’épines et s’en relever sans aucune égratignure.

« The Sun Dog » est un petit bijou ; et à l’instar de l’Anneau de Tolkien, il nous mène droit au brasier ardent d’un monde parallèle en plein essor. Et nous y allons, attirés malgré nous, tout en souriant au démon.

 

Paul Rose

Double Life

Écrit par

Paul Rose est un guitariste anglais. Quoique fondamentalement branché sur le rock, il est également capable de se débrouiller au sein d’un large éventail de styles, que ce soit le blues, la country et le folk. Il est originaire du nord de l'Angleterre. De Newcastle très exactement. Il avait été découvert par le populaire Rory Gallagher, en personne. Il compte déjà une bonne dizaine d'albums à son actif, dont un ‘best of’, au cours d’une carrière qui, il est vrai, s'étale déjà sur une vingtaine d'années.

Ce "Double life" est consacré à des reprises destinées à mettre en exergue l’amplitude de sa technique sur son instrument. Il ne chante d’ailleurs pas, mais a reçu le concours de plusieurs de ses amis pour se succéder au micro. Les sessions se sont déroulées au Steakhouse de Hollywood, au sein d’un studio qu’il a réservé pendant deux semaines, afin de pouvoir faire un choix parmi les chansons et soigner les arrangements.

L’elpee s’ouvre par "Cold sweat" un shuffle aussi solide que notoire. Issue de la plume de Pee Wee Ellis, cette compo figurait au répertoire de James Brown. Et il faut reconnaître que Mr Rose impressionne à la guitare, dans un style qui oscille entre Stevie Ray Vaughan et feu Rory. Raffia Ford est une chanteuse R&B, soul et jazz. La Californienne se réserve le "Honey Hush" de Big Joe Turner. Le flux de notes dispensé par Paul remplit parfaitement le moindre espace libre. Signée par Latimore, il y a plus de 40 ans, "Let's straighten it on" est une jolie ballade soul. Cet ancien succès est remarquablement interprété par Sweet Pea Atkinson, l'un des vocalistes de Was (Not was). La sortie aux cordes est empreinte d’une grande sensibilité. Autre ballade r&b, "Drowning in the sea of life" est illuminée par la présence du choriste habituel des Rolling Stones, Bernard Fowler. Blues rock funky, le "Crazy' bout you baby" d'Ike Turner est bien mis en valeur par la participation de Raffia Ford. Mais si Paul excelle sur son manche, il a souvent trop tendance à en remettre une couche ; m’enfin, c’est dans son style. Sculpté dans le country/rock, "Dark end of the street" libère une très belle mélodie, une piste issue de la plume de Dan Penn. Tio Banks siège derrière son l'orgue. La voix de Terry Evans est étincelante. Rose libère des notes exceptionnelles de sa gratte, rappelant même les sonorités d'une lap steel. Encore un autre blues rock shuffle : "Ball and chain" ; et rien à voir avec le même titre autrefois magnifié par Janis Joplin. Ce qui ressort le plus chez Paul, c’est le soul blues. A l’instar de cette cover d’"I don't want to be right" de Homer Banks, au cours de laquelle sa sortie à la six cordes est vraiment épatante. La fin de parcours de ce "Double life" vire au blues. Tout d’abord à travers le classique "Just a little bit" de Rosco Gordon, un "Uphill climb" signé Terry Evans, que le compositeur est venu chanter d’un timbre empreint de douceur et enfin l’illustre "Stormy Monday" de T-Bone Walker, un slow blues de près de 10'. Superbe, cette version opère une solide corrélation entre la voix de Sweet Pea et la guitare, parfois proche de Roy Buchanan. Excellent dans le style!

 

Perry Rose

Wonderful

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On savait Perry Rose grand admirateur des Beatles. Ainsi il a masterisé 7 plages de son nouvel opus, aux célèbres studios Abbey Road de Londres. D’ailleurs, hormis le titre qui ouvre l’album, « The magic lane », plage aux accents celtiques (ce banjo !) réminiscents de ses elpees précédents, ainsi que « She wants », pur jus Perry Rose, le disque se révèle instrumentalement plus riche. On y rencontre davantage de guitare électrique et même des cuivres (« Dreams »). Insouciante, contagieuse, sa pop peut même évoquer Paul McCartney. A l’instar du single « Carry on » ainsi que du superbe « Lines », tramé sur une ligne (?) de piano hypnotique et caressé d’arrangements de cordes. Des arrangements de cordes qui soulignent parfaitement le mélancolique, délicat et minimaliste « The one ». Une mélancolie qui envahit l’instrumental « Eden », piste illuminée par les ivoires. Embrayant sur « River », au sein du même climat, une ballade légèrement jazzyfiante, qui rend probablement hommage à Talk Talk. A contrario, « Answers » se révèle davantage allègre voire offensif et parvient à libérer une bonne dose de groove. Un excellent album de pop contagieuse !

 

Brokken Roses

Dick Reverse

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Brokken Roses est le side-project de Pierre ‘Pit Samprass’, le chanteur/guitariste du combo français Burning Heads. L’aventure Brokken Roses démarre lorsque le keupon orléanais se découvre une passion commune pour le stoner rock avec Nico du groupe punk-noise Gravity Slaves. L’envie de riffs plombés démange les deux six-cordistes. Ils recrutent Dude, un autre Gravity Slave pour titiller les quatre dernières cordes disponibles et Lolux (Brigitte Pop, Art.64) pour mener tout le monde à la baguette. Quelques mois suffisent au quatuor pour mettre en boîte une galette grasse et fumante inspirée par Fu Manchu, Kyuss et Queens Of The Stone Age.

Passons rapidement sur le titre de la plaque et son jeu de mots franco-anglais à deux balles. Pas sûr qu’il puisse être compris hors de France (ou de Belgique francophone). Contrairement à l’humour, la musique elle ne connait pas de frontières linguistiques. Et de ce point de vue, « Dick Reverse » pourrait probablement donner la banane aux fans de stoner du monde entier.

Du stoner donc, inspiré de Kyuss, de Fu Manchu et des QOTSA. C’est la bio qui le dit. Inspiré d’accord, mais certainement pas copié ! Car ces ‘Roses Brisées d’Orléans’ poussent le vice jusqu'à interpréter le stoner à leur propre manière, en y incorporant des éléments tout à fait inédits. Comme ce « Ain't Got Love », par exemple, dont le style évoque aussi bien le désert rock de Kyuss que le swing délirant dont abusait David Lee Roth sur ses reprises de « Just a Gigolo » ou « That’s Life ». D’autre titres (« Do You Really Love », « Life Can Be Good », « Brokken Been », …), par contre, incorporent une bonne ration d’énergie punk à la lourdeur psychédélique de leur stoner. Le blues, aussi, opère quelques incursions bienvenues sur « Brain In a Box » ou « The Devil », par exemple. Plutôt atypique aussi cette surprenante reprise du « Kids In America » de Kim Wilde qui n’a vraiment aucun mal à détrôner la navrante version originale.

« Dick Riverse » est un album original et inspiré. Presque un OVNI dans ce style musical qui a parfois un peu tendance à se mordre la queue. Dommage que les Brokken Roses n’aient pas été aussi inspirés pour choisir un titre adéquat à leur chef-d’œuvre.

 

Frankie Rose

Frankie Rose and The Outs

Écrit par

Frankie Rose n’est pas exactement une inconnue. Jouissant d’une solide réputation au sein du microcosme brooklynien, la jeune New-Yorkaise exploite le minimalisme de Maureen Tucker et joue de sonorités modernes pour construire sa propre identité musicale. Une présence emblématique qui vient naturellement habiter les cocons de Crystal Stilts, Dum Dum Girls et Vivian Girls. Fers de lance d’une scène indie en effervescence, ces groupes usent de tout matériau pour tisser un univers onirique : un son garage lo-fi, une réverbération additive, une expérience ‘spectorienne’, une esthétique sonore empruntée à Jesus And Mary Chain, un esprit ‘velvetien’… Et, surtout, une solide éthique DIY (NDR : l’étiquette ‘Do It Yourself’ englobe les formations musicales qui assurent la réalisation d’un disque dans son intégralité, de la production au concert). Démarche artistique qui a influencé toute une génération de groupes à travers le monde (NDR : en particulier The Raveonettes). Similitude inquiétante que l’on retrouve d’ailleurs sur « That’s What People Told Me ». Titre dont la ligne de basse et les guitares frôlent incestueusement le « Gone Forever » du groupe danois.

Le premier opus de Frankie Rose and The Outs est éponyme. Et la dream-pop n’a jamais aussi bien porté son nom. Un voyage hautement atmosphérique qui se projette bien au-delà du mur du son. Une traversée épique qui oscille entre rêve et nostalgie. Entre hier et demain. Epoque atemporelle qui ne se borne pas à ressasser les airs sur lesquels vos parents ont perdu leur virginité mais les réinvente. Un non lieu aux paroles énigmatiques : ‘Bordel ! Parfois, je ne sais même pas ce que signifient mes chansons !’  

Lorsque « Candy » et « Girlfriend Island » revisitent les fantomatiques golden-oldies, le battement des pédales de « That’s What People Told Me » nappe le ciel de sons à vous couper le souffle. C’est comme si Cocteau Twins et Shangri-Las étaient montés, ensemble, dans une machine à remonter le temps pour réaliser un elpee fraîchement produit par Phil Spector.

Frankie Rose and the Outs (guitare : Margot Bianca – basse : Caroline Yes – batterie : Kate Ryan) parviennent globalement à ériger de splendides cathédrales de dream-pop sombre. Onze titres totalement voilés de reverb qui transcende le genre et s’enrichit d’une juxtaposition complexe d’influences. Des pistes ornées de claviers éthérés, de grelots frissonnants et de mélodies mélancoliques (« Hollow Life » et « Lullabye For Roads and Miles ») croisent des ballades étrangement désincarnées (« Save Me » et « Memo »). Le quatuor féminin réussit alors à créer une atmosphère aseptisée, une imagerie mentale qui ouvre les portes d’un no man’s land onirique que nulle âme n’habite. 

Un bricolage savant qui passe facilement des symphonies de réverbération de « Little Brown Haired Girls » aux élans garage tordus de « That’s What People Told Me » et « Don’t Tread ». Soulignons, pour finir, l’excellente reprise de « You Can Make Me Feel Bad » d’Arthur Russel.

Un long playing que tout amoureux de musique indépendante peut dégoter dans les bacs depuis le 11 octobre 2010. Aux amateurs du genre, je conseille vivement de se hâter car aucun concert n’est prévu en Belgique pour promotionner ce disque.   

Rosemary

The Angel’s Share (Ep) + Tracks For A Lifetime (Ep)

Écrit par

Rosemary est un trio originaire de Chambéry en Savoie. J’aurais aimé écrire que j’ai apprécié les Eps « The Angel’s Share » (2009) et « Tracks For A Lifetime » (2007), mais malheureusement, ce n’est pas le cas.

La raison en est simple : Rosemary exhume quelque chose qui était mort et enterré et qui, à mon humble avis, aurait très bien pu le rester : le grunge. Je suis rancunier. Je n’ai jamais pardonné à ces arrogantes formations bruitistes de Seattle d’avoir manqué de respect au métal en déclarant qu’il était mort. Depuis cette époque, s’il y a quelque chose que je supporte encore moins que Nirvana, c’est un clone de Nirvana. Et, Rosemary a beau se définir comme punk et grunge avec une pointe de métal, tout ce que l’on entend, en écoutant sa musique, c’est Nirvana et Nirvana avec une pointe de Nirvana.

Au niveau de l’évolution dans la composition, Rosemary semble d’ailleurs suivre la voie tracée par Kurt Cobain et son groupe. L’Ep paru en 2007, « Tracks For A Lifetime », est cru, sale et méchant, comme l’était « Bleach ». Quant à « The Angel’s Share », sorti deux ans plus tard, il est –comme « Smells Like Teen Spirit»– plus poli, et propre sur lui. Il ne manque plus au groupe chambérien qu’une compilation de singles, un album studio, un live ‘unplugged’ et une balle dans la tête pour que nous puissions (enfin) passer à autre chose.

Le grunge est mort avec Kurt Cobain. Laissons le reposer en paix.

 

La Patère Rose

La Patère Rose

Écrit par

Mais qu’est-ce exactement qu’une Patère Rose ? Non, ce n’est pas une quelconque évolution de la célèbre panthère animée ; mais un groupe pop québécois issu de Sherbrook, fondé en 2008, et réunissant Thomas Hébert (aka Roboto, aux claviers et à la programmation), DJ Julien Harbec (aka Kilojules, à la batterie) et Fanny Grosjean (aka Fanny Bloom, au chant et piano).

Une seconde question vient à l’esprit : existerait-il un son spécifiquement québécois ? On serait tenté de le croire, car dès les premières notes, on a l’impression de vivre une rencontre un peu trop téléguidée entre Malajube et Cœur de Pirate (NDR : pas pour rien que La Patère Rose et Béatrice Martin relèvent de la même écurie, Grosse Boîte). Le trio s’est illustré, cet été dernier, lors des Francofolies de Spa. Et ce disque éponyme est leur tour premier.

Leur musique baigne au sein d’un climat mystérieux, une atmosphère entretenue par les accords de piano empreints de mélancolie. Des accords qui balisent des comptines énigmatiques qu’interprète, d’une voix enfantine, Fanny Bloom. Le tout éclaboussé par quelques touches électro, concédées par les claviers de Roboto. Le Vieux Continent ne devrait pas résister trop longtemps au charme de ces compos sculptées dans cette électro pop chargée de sensibilité, onirique et faussement naïve. Et des titres comme « Duet Tacet » ou « Pacemaker » en sont les plus belles illustrations. Il y manque peut-être ce zeste de folie, pour que ce soit parfait…

On risque, en tout cas, rapidement de ne plus pouvoir encadrer les morceaux de La Patère Rose, tant le succès semble leur tendre les bras. Le groupe assurera d’ailleurs le supporting act de la prochaine tournée de Mika, prévue pour cette fin 2010. Rien que ça !

 

Blue Roses

Blue Roses

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Blue Roses est une petite merveille insoupçonnée, que n’augure ni son nom ni sa pochette dénués de caractère. De l’intérieur, c’est pourtant le repère d’une multi-instrumentiste à la voix de velours. Laura Groves s’enrobe aussi aisément d’un piano enjoué que d’une guitare caressée du bout des doigts. L’album se déroule dans un naturel fascinant ; les vocalises se superposent en vagues soyeuses, se couvrent tantôt de claquements de mains tantôt d’un xylophone éthéré pour tracer tout droit le chemin vers cet univers résolument onirique. Sur ces arrangements impeccables, chaque envolée vocale, chaque note de piano semble délicatement soupesée (à l’exception peut-être du synthé incongru empiétant sur « I’m leaving »). En fait, ce folk féminin ne tombe dans le piège ni de la candeur ni de l’imitation.

On ne dissimulera pas la comparaison avec Laura Veirs, tant elle éclate au grand jour. Mais ce n’est que pour mieux faire l’éloge de la novice, à qui il n’aura pas fallu les cinq albums de la New-yorkaise pour se hisser jusqu’à une telle perfection. Et pour façonner ce plongeon renversant sur « Rebecca », à 2 min 31’, qui transforme instantanément en extase les derniers frissons contenus.

 

Guns n’ Roses

Chinese Democracy

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Plus de quinze années après la sortie d’un “Spaghetti Incident”, uniquement constitué de reprises de standards du punk, Axel Rose nous balance l’album le plus démago de toute l’histoire du rock. Le plus cher aussi. On parle d’un budget de 20 millions de dollars en frais de production, pour une plaque décrédibilisée bien avant sa sortie. Faut dire que le combo a été dégraissé de son line up original, Rose ayant décidé de demeurer seul maître à bord. Alors pourquoi ne pas sortir la galette sous l’unique nom de son leader ? La logique commerciale semble dans ce cas des plus évidentes ! Mais les fans de la première heure vont tomber de haut, de très haut. Car si « Chinese Democracy » s’ouvre vers d’autres champs, en dépassant le hard rock burné qui a fait ses heures de gloires, il s’éloigne totalement de ses racines. A un tel point qu’on ne reconnaît que rarement la marque de fabrique des GNR. Seule la voix d’Axel ne démérite pas.

Certaines interventions du guitariste Robin Fink (N.I.N.) évoquent le son si typique de Slash ; mais on se sent quelque peu désorienté, voire écoeuré, par l’emploi à outrance de boîtes à rythmes et autres effets synthétiques. Sur « If the World », on a même carrément droit à un titre Rn’B mâtiné de pop latino. On se doutait que « Chinese » sonnerait plus ‘actuel’, qu’il ne serait en rien une copie carbone des deux volumes « Use Your Illusion », mais que sa configuration soit à ce point commerciale, on ne l’aurait jamais imaginé…

Plus proche de Shakira que d’Aerosmith, le Guns cuvée 2008 a sans doute bénéficié d’un énorme travail en matière d’arrangements et de production. A ce prix là, ce serait le comble… Mais Axel, crédité soit dit en passant de la signature de tous les titres, a définitivement tiré un trait sur son passé, et vise désormais un tout autre public. Et même si l’on sait que la nostalgie est bien mauvaise conseillère, on a de plus en plus de mal à imaginer, un quart de seconde, que c’est ce même groupe qui a enfanté le fantastique « Appetite for Destruction ».

Pour l’anecdote, un nouveau scandale a frappé le combo dès la sortie de « Chinese Democracy ». Il a simplement suffi de laisser opérer le titre de l’album pour qu’il soit immédiatement banni du commerce en Chine. Certains journaux ont même émis l’hypothèse d’une authentique conspiration occidentale ! Ca c’est rock n’roll…

La fin d’un mythe, ni plus, ni moins.

 

Rosebud Blues Sauce

About love

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Rosebud Blues Sauce constitue incontestablement une des meilleures formations françaises contemporaines. Ses musiciens pratiquent du hot rhythm & swingin' blues, comme ils aiment le proclamer. Cette formation a été fondée à Cahors, en 2001, par le chanteur/guitariste Nico Duportal. Depuis, elle sillonne les routes de France et d'Europe. En permanence. Cette musique noire des années 40 et 50, inspirée tout particulièrement par T-Bone Walker, Joe Liggins et Louis Jordan, est interprétée avec passion et talent. Et au cours des dernières années, ce R&B participatif nous a totalement convaincus. Nico est soutenu par Ben Conti aux saxophones, Abdell Bouyousfi à la basse et Pascal Delmas à la batterie. En 2005, ils avaient déjà commis l'excellent "The dirty deal". Les Rosebud ont tapé dans l’oreille de Lynwood Slim, le brillantissime chanteur/harmoniciste californien. Il apprécie tout particulièrement leur collaboration, lorsqu’il se produit sur les scènes européennes. Aussi, ce n’est guère une surprise de le retrouver derrière les consoles du studio Crazy Neck Room. C’était fin 2006, lors de sa dernière tournée. Sa mise en forme respire la classe. Elle respecte absolument la musique mais aussi et surtout tous les musiciens.

 

Dès les premières notes du "Hey Bartender" de Floyd Dixon, nous pénétrons dans ce monde du R&B à la californienne. Un univers bourré de swing et de feeling. Chaleureux aussi. Et puis propice aux bonnes vibrations. Nico Conti et Julien Brunetaud sont les premiers à obtenir un billet de sortie. Le premier sur son sax baryton. Le jeune prodige de l’Hexagone au piano. La voix de Nico correspond parfaitement à son répertoire. Elle se fond dans ce style qui exalte ses auditeurs. L'album inclut des reprises mais aussi les compositions personnelles de Mr Duportal. Elles s’intègrent si parfaitement au répertoire classique qu'il devient difficile de les discerner. A ce titre, "Lost in the game" mérite une mention particulière. Tous les acteurs jouent si naturellement qu'ils prennent leur pied à chanter autour de Nico. Même Lynwood Slim ne peut résister à s’y associer. L'ami Paul Cheron vient souffler chaleureusement dans son sax ténor. Nico a forgé la réputation de son jeu en s’inspirant du grand T-Bone Walker. Et c’est un régal de l’entendre interpréter le "You don't love me" de Mr Walker. Son attaque rythmique sur les cordes est un véritable régal. Mme Christelle Bouyousfi chante "Five, ten, fifteen hours" face au piano jouissif de Julien. Benjamin ne tient plus en place et s'envole sur son ténor tandis que Nico ‘tbone’ à ravir! La voix décidemment bien musicale introduit un "Lil' frenchy boy" au swing délicat. Très jazz, le climat démontre la subtilité du travail opéré par la section rythmique. Abdell et Pascal ne font qu'un pour libérer Brunetaud, véritable héros sur ses 88 touches en ivoire. Un silence quasi religieux s'installe lorsque Lynwood Slim s'avance derrière le micro pour susurer le "Don't put me down" de Jimmy Liggins. On entendrait presque une mouche voler ; et pourtant, on distingue chaque note émise par les cordes de Nico. Du grand art ! Autre cover de T-Bone Walker, "Hard way" constitue un moment fort de l’opus. Une plage marquée par ses changements de rythme appuyés par le piano de Julien. Pour la circonstance, Slim est venu glisser sa flûte traversière entre le sax ténor et le baryton. Pas de déchet sur cet elpee qui manifeste une unité et une cohésion sans failles. Brunataud s'éclate à nouveau sur "Rock ya". Le souffle de Nico frétille au cœur du délicat "Nitelife boogie", un boogie signé Jimmy Liggins. Cet excellent opus s’achève par "Love you just the same", un blues plus classique chanté par Nico et au cours duquel Lynwood Slim assure les réponses vocales avant d'enfin nous accorder, en cadeau, une sublime sortie à l'harmonica. Un album à se procurer en priorité ; en outre, en manquez sous aucun prétexte les prochains concerts de Rosebud Blues Sauce.

                                                                                             

Rose

Rose

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Dans l’univers de Rose, l’amour se décline en quatre saisons, le bonheur est fait pour emmerder les envieux et la musique sert à fredonner ‘des maux qui sonnent en poésie’ (« J’ai »). Doucereuse mais pas candide, Keren Rose pose sa vie sentimentale à livre ouvert, en murmurant son pathétique et ses espoirs en do majeur. Sur un brin de rancœur envers ces vauriens, pauvres idiots ou sombres cons partis vers d’autres horizons, il ne reste plus qu’à ‘se pendre à d’autres ailes et se trouver belle dans d’autre yeux’. Histoires d’amours déchus côtoient ainsi la petitesse de la vie et ses périples chez Ikéa (« La liste »), pour un album puisant la consolation au creux du quotidien. Rose enrobe sa voix de guitares acoustiques, harmonicas mélancoliques (« Saisons ») et piano jazzy (« Je m’ennuie » et « Rose »). Sur ce ton aigre-doux sont alignées douze ballades contant le cafard des petits matins gris et le Prince charmant déserteur ; mais que peuvent donc ces prétendants, si la Belle espiègle réclame ‘un amoureux transi…toire’ (« Rose ») ? Au creux de ses paradoxes, Lolita se débat l’âme en peine, sur des mélodies qui raviront (peut-être) les fans de Carla Bruni et Olivia Ruiz.     

Rose City Kings

Holler out for more

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Les Rose City Kings sont issus du nord ouest des USA. De Portland dans l'Oregon, très exactement. Dan "Kingbee" Berkery en est le leader/compositeur/chanteur et guitariste. Et probablement un excellent showman. Une impression corroborée par l’écoute de cet opus. Il est épaulé par Ron Camacho à la basse, Roger E aux drums, Joe ‘Super’ Powers à l'harmonica et Jeff ‘El Nino’ Simonson à l'orgue. Après avoir commis "Delta Hop" en 2003 et "Up on it" en 2004, les RCK nous proposent cet elpee immortalisé ‘live’, le 1er avril dernier, aux studios Mississippi de Portland.
 
Une slide aux accents bien métalliques envahit l’espace sonore. Elle est bientôt rejointe par l'ensemble des musiciens, orgue et harmonica en tête ! Dès les premiers cris, la voix de Kingbee vous prend à la gorge. Une voix forte, perçante et fortement nasillarde. L'attaque est tranchante, assez agressive. Le chant domine sans discussion. Le son de la slide est largement amplifié, mais Kingbee dompte parfaitement cet instrument afin d’éviter le moindre égarement. Un jeu peu orthodoxe et inusité qui alimente un climat d'outre-tombe ; mais également empreint de violence. Le chanteur tempère quelque peu ses ardeurs sur "Devil in my shoes". Il récite plus qu'il ne chante. Le son produit par les cordes est toujours aussi amplifié. Mais il passe bien la rampe. Super sort enfin de sa réserve et passe à l'attaque sur l'harmonica. La vivacité du rythme réapparaît pour "Biscuits n' gravy". Le chant est toujours incisif. La slide - décidément mystérieuse - et l'harmo sonnent la charge. El Nino se met à y croire lui aussi derrière son piano. Afin de suivre le chant de leur leader, les Rose City Kings déploient une énergie peu banale. Les instruments sont malmenés en permanence. Pourtant, l'éventail des possibilités s'élargit sur "Up on it". Les vocaux du bassiste et du batteur rejoignent ceux du leader. L'harmo vagabonde, puis crève l'écran! "Tequila blues" est le long blues lent sur lequel Kingbee peut éructer ses vocaux perçants sur fond d'orgue Hammond ; un fragment qui autorise les sorties de la guitare et de l'harmonica. Rock un tantinet countrysant, "Baybelline" galope avec détermination. Berkery est manifestement un homme de scène. Il maîtrise son public à sa guise. Il reprend la slide. Elle émerge d’un magma sonore à la fois poisseux et poussiéreux. Nous sommes du côté de Chicago. Son "Coffee blues" est dispensé de manière brute, sans la moindre fioriture. Une formule qui plait au public ; surtout lorsqu’elle est émaillée de solides apparitions de la slide, de l'harmo et du piano. "Way down low" replonge dans le slow blues aux accents volontiers dramatiques. La voix de Berkery est toujours énergique et enthousiaste ; même en fin de concert. Il se fait shouter sur "Put a little wiggle in it", une plage au cours de laquelle une forme de passion gagne la foule. Un riff démoniaque hante "Double belly twist". Une plage meurtrière torturée par cette slide pas possible qui émerge au beau milieu des cris de l'harmonica. Nous ne sommes alors plus très loin de l’univers du Muddy Waters Band. Kingbee épile sa Fender Telecaster en picking tout au long de "Sweet nothings", un blues rythmé dominé par la voix ravagée. Lorsqu’ils quittent la scène, les Kings parviennent encore à nous surprendre, en interprétant "Reckless sinner", une jolie ballade chantée avec une infinie douceur. Les Kings ont déjà décroché plusieurs Awards auprès de la Cascade Blues Association (NDR : un groupement très actif à Portland et Vancouver). Nantis d’une forte personnalité, ils sont considérés comme un des grands espoirs de la Cité des Roses et en Berkery. Si vous êtes d’un naturel curieux, vous ne pouvez passer à côté de ce que je considère comme une véritable découverte…
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